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dimanche 2 avril 2023

Ursula montre la voie

Il faut toujours suivre la Grande Ourse pour trouver son chemin. En 1974 dans son roman The Dispossessed, bien avant que l'autoédition ne devienne aussi populaire, la romancière de Science-Fiction Ursula Le Guin a montré la voie à tous les auteurs autoédités. 

He was therefore certain, by now, that his radical and unqualified will to create was, in Odonian terms, its own justification. His sense of primary responsibility towards his work did not cut him off from his fellows, from his society, as he had thought. It engaged him with them absolutely. -- Ursula Le Guin, The Dispossessed, 1974

Il était par conséquent certain, à présent, que sa volonté radicale et sans réserves de créer était, en termes Odoniens, sa propre justification. Son sens de la responsabilité première envers son œuvre ne le coupait pas de ses semblables, de la société, comme il l'avait cru. Il l'engageait absolument avec eux. -- Ursula Le Guin, Les Dépossédés, 1974

Tel est donc le magistral coup de pied qu'Ursula Le Guin envoya au syndrome de l'imposteur dans son roman du cycle de Hainish Les Dépossédés, en 1974. Bien sûr, la phrase est prise en dehors de son contexte: elle s'applique ici au théoricien scientifique Shevek et non à un auteur. Néanmoins, on peut facilement l'étendre à tous les auteurs autoédités, ce que je m'empresse ici de faire. 

C'est peut-être parce que mon frère aîné est chercheur en astrophysique, mais j'ai toujours assimilé notre travail d'auteur à un travail de recherche. Depuis que je connais l'existence des expériences de pensée d'Einstein, j'ai tendance à rapprocher fortement ce processus de notre processus créatif, à nous autres auteurs. 

Shevek se rapproche pour moi par certains côtés d'un auteur autoédité: il s'agit d'un scientifique de haut vol dont la science ne sert à rien à la société, car le niveau technologique de son monde ne lui permet pas de mettre en pratique ses découvertes théoriques par le truchement de l’ingénierie. Et du coup, sa société a tendance à l'employer à des tâches bassement matérielles, sans exploiter son véritable potentiel. C'est pourquoi Shevek va devoir s'exiler pour se réaliser.

Nous autres auteurs autoédités sommes reconnus pour notre travail et notre vaillance par une grande majorité de lecteurs. Ce n'est donc pas tant au niveau de la société que le bât blesse qu'au niveau de nos pairs qui font le choix de l'édition traditionnelle. Et bien sûr de l'édition traditionnelle elle-même et par extension, d'une bonne partie des professionnels de la chaîne du livre.

La société est en effet bâtie de telle manière que ce sont les branches professionnelles qui se structurent afin de filtrer les membres de chaque profession par la sélection, de manière à légitimer auprès de la société ceux qui sont censés être les plus doués.

C'est cette fonction de légitimation, de gardien du portail, que l'autoédition enjambe allègrement pour rapprocher les auteurs de leur public. 

Ce que ne nous dit pas Ursula Le Guin est en l'occurrence aussi important que ce qu'elle nous dit. Elle ne nous dit pas que la justification de la volonté de créer de Shevek est le fait que Shevek soit doué, qu'il soit un chercheur talentueux. Elle ne nous dit pas, en d'autres termes, que Shevek a le droit de créer parce qu'il est doué ou compétent. Non. Elle nous dit que la volonté de création emporte sa propre justification.

Et ça, chers amis victimes du complexe de l'imposteur, doutant de votre propre talent ou bien de la reconnaissance par vos pairs, ou par la société, de votre talent et de vos compétences, c'est la clé. Et j'ajouterais personnellement que cette justification, pour interne qu'elle puisse paraître, devra bien un jour ou l'autre être reconnue officiellement par la société.

mercredi 21 décembre 2022

1150 livres

Retour à la normale, ou presque. Après les deux années de Covid qui auront marqué une forte baisse de mon activité, 2020 et 2021, cette année 2022 m'aura permis, avec 1150 livres papier vendus, de retrouver un niveau de vente plus habituel. Pas de quoi s'enrichir, bien sûr, tout juste survivre, mais l'essentiel pour moi a toujours été de vivre de ma passion. 

Imaginez cent mille Alan Spade. Juste cent mille auteurs autoédités en France qui vendent plus de 1000 livres en un an. Cela ferait plus de 100 millions de livres vendus qui échapperaient à l'édition traditionnelle chaque année. Soit entre un quart et un cinquième de la vente totale de livres en France en un an (2021 avait été une année exceptionnelle pour l'édition, avec 480 millions de livres vendus). 

Et encore. Si on ne compte que les romans de fiction, je suis sûr que plus de 100 millions de romans de fiction vendus en autoédition, ça donnerait un poids bien supérieur à un quart ou un cinquième du secteur pour l'autoédition. 

Mais bien sûr, c'est juste une fantaisie. Il n'y aurait pas assez de place en dédicace pour 100 000 auteurs: les lieux sont limités, les temps de dédicace aussi. C'est juste un exercice de pensée, mais qui garde son intérêt, pour montrer que l'édition traditionnelle n'est pas invincible, y compris dans ce qu'elle considère comme ses bastions. 

Je continue de penser que seul le revenu universel inconditionnel est adapté pour les artistes et auteur. Et bien sûr, si ce revenu universel inconditionnel existait, il ne serait pas soumis aux cotisations Ursaff, puisque ce serait un revenu de subsistance: on n'ôte pas le pain de la bouche des gens avec des cotisations! Ces cotisations pourraient être versées sur les sommes gagnées par les auteurs et artistes en plus de ce revenu universel inconditionnel.  

Et je pense que ce revenu doit être universel, et non réservé aux seuls auteurs et artistes, pour de simples raisons d'équité sociale: les auteurs et artistes ne sont pas meilleurs que les autres, ne méritent pas plus de vivre que les autres. En faisant en sorte que les personnes qui sont en emploi perçoivent ce revenu universel, on maintient intacte la motivation pour le travail. Ce revenu universel doit aussi s'accompagner d'un logement universel afin de rendre les gens d'autant plus indépendants.

J'ai vendu ces 1150 livres sur une seule région, l'Ile de France. Sur ces 1150, à peine une dizaine ont été vendus par Amazon, les autres signés en dédicace. En raison de trop grandes difficultés de règlements facture, j'ai abandonné toute collaboration sur les livres papier avec la Fnac. Si j'avais eu les moyens de me démultiplier, de vendre sur les 13 régions françaises métropolitaines, je serais peut-être à plus de 10 000 livres papier vendus. Mais avec des "si", bien sûr...

Ce qu'il faut savoir, c'est que je n'ai nullement l'intention d'industrialiser mon activité: passer en offset, avec des tirages à 800 ou 1000 exemplaires pour chaque titre, ce serait beaucoup d'investissement, du stockage en entrepôt, davantage de temps de déplacement et de frais de déplacement, une logistique plus complexe. Et donc, beaucoup de risque en plus. 

Je préfère conserver l'aspect artisanal de mon activité, avec des tirages entre 100 et 500 exemplaires.

Je suis en train d'écrire mon septième roman destiné à la publication, de nouveau un roman de Science-Fiction, mais quelque part, c'est un crève-cœur pour moi de me dire qu'avec l'augmentation du nombre de titres, je vais forcément devoir en laisser de côté, ou réaliser une sorte de système de tournante pour permettre à chaque titre d'être vendu, au moins sur l'année si ce n'est à chaque séance. Parce que la place sur une table de dédicace n'est pas extensible à l'infini. 

Et ce ne sont pas les ebooks qui m'offrent de réelles perspectives: j'en ai vendu dix fois moins que de livres papier, 150 cette année. Et encore, c'est en raison d'une promotion que j'avais faite en fin d'année 2021, sans quoi je serai à 100 ebooks. 

J'ai en effet décidé de laisser tomber complètement cette année la pub Facebook et Amazon, ainsi que la promotion de mes titres en anglais via des newsletters américaines. Plus de pub du tout, en fait. Parce que ce n'est plus rentable pour moi, tout simplement. Et je ne vous dis pas de faire la même chose si vous êtes auteur: calculez en fonction de ce que ça vous rapporte.

Je vais vous faire une confidence: je déteste me mettre au service d'un algorithme. Surtout en sachant que ce dernier peut être modifié à tout moment.

La fin des confinements et de la plupart des restrictions liés au covid a donc permis un regain de mon activité. Néanmoins, les choses sont plus difficiles que par le passé, je trouve. Certains endroits qui recevaient des auteurs ont profité des restrictions pour garder leurs portes fermées aux auteurs, même après la fin des restrictions. C'est compliqué.

Le titre qui s'est le mieux vendu à mon catalogue est Memoria, avec plus de 360 exemplaires, suivi du Souffle d'Aoles et de Passager clandestin, avec respectivement 190 et 177 exemplaires. 

Depuis mes débuts de manière réellement suivie dans l'autoédition en 2010, j'en suis à plus de 12500 livres papier vendus, et 5300 ebooks. Mieux que rien, quand on n'est pas présent dans les rayons autres que numériques.

J'ai eu l'impression que Memoria méritait un bon accueil du public, et j'ai été heureux de voir les réactions de gens en dédicace. Je suis bien conscient, croyez-moi, de tenir mes ventes à bout de bras, et de n'avoir aucune maîtrise sur ce qu'on pourrait appeler "l'étincelle du bouche-à-oreille". Mais comme on dit, c'est le voyage qui compte, pas la destination. Enjoy!

jeudi 16 mai 2019

Le Paradoxe de l'Auteur

Dans le système actuel, tous les auteurs, quels qu'ils soient, sont en compétition pour le Temps Disponible de Cerveau des lecteurs. En cela, ils s'inscrivent dans un système beaucoup plus global qui comprend aussi bien des artistes que des non-artistes: après tout, même un scientifique cherchant à faire publier un article est à la recherche de Temps Disponible de Cerveau. 

Le plus dur pour un auteur, c'est de survivre à la sortie de ses livres. C'est ce que je disais encore l'autre jour sur Facebook, et je parle bien sûr d'expérience. L'espoir que l'on va projeter dans l'écriture d'un livre, le temps que l'on y passe, l'investissement que ça demande, tout cela peut se retourner contre nous si l'on se met en position d'attente. 

Même en essayant de baliser le terrain, même en se créant un groupe avancé de bêta lecteurs chargés de vous lire avant tout le monde, des gens que vous avez déjà rencontrés, dont vous êtes sûr qu'ils ont acheté au moins l'un de vos livres précédents et qui se sont portés volontaires pour lire le suivant avant tout le monde, même ainsi, on court le risque d'être déçu, si l'on se met en tête que l'objectif de ce genre de groupe n'est pas de limiter la casse. Il faut attendre très très peu de ses écrits pour éventuellement bénéficier de bonnes surprises, et savoir se contenter de petites victoires qui viendront avec le temps. 

C'est ce que me dit mon expérience, en tout cas. 

Comment pourrait-il en être autrement, quand vous voyez des réductions de plus de 70% sur des jeux géniaux sur PS4? Quand vous voyez que telle ou telle appli super innovante, et gratuite, va révolutionner le quotidien d'une personne? Quand vous voyez les myriades de promo sur une myriade de livres? Mais aussi de films? 

Quand vous voyez des photos si admirables sur Instagram ou Snapchat? Quand il existe un nombre extraordinaire de tutoriels sur Youtube, ou de vidéos de divertissement, de quoi en regarder de sa naissance jusqu'à la mort sans discontinuer, et sans épuiser le stock? 

Quand il existe des millions de sites web parfaitement léchés (vous avez vu celui de Robert Galbraith)? Bref, quand vous voyez que l'humanité entière se bat pour grappiller de précieuses minutes du Temps Disponible de Cerveau de chacun, avec des moyens dont l'auteur indépendant ne peut que rêver? 

Dans le livre Le Secret, dont je parlais dans mon précédent billet, l'auteur Rhonda Byrne conseille de se concentrer sur l'abondance et non sur la rareté. Le fait de se voir dans une compétition est mauvais, car cela envoie des ondes négatives. 

Il n'empêche, le constat est là: le Temps Disponible de Cerveau est loin d'être infini. Le seul système qui pourrait garantir à chaque individu de ne pas nourrir de pensées de rareté ou de pauvreté serait un système où le Revenu universel inconditionnel existerait, ce qui permettrait d'avancer de manière beaucoup plus sereine dans la vie.

Et vous savez quels sont mes rêves, en tant qu'auteur? Je ne pense pas être très original en cela, je pense que de nombreux d'auteurs de fiction en rêvent aussi: 

- de voir mes romans adaptés au cinéma (j'avoue que c'est aussi ainsi que je justifie d'avoir traduit ou fait traduire en anglais les trois tomes du cycle d'Ardalia: pour conserver cette part de rêve)
- de voir mes romans adaptés en bande dessinée
- de voir mes romans adaptés en manga
- de voir mes romans adaptés en jeu vidéo


Vous voyez où je veux en venir, avec mon Paradoxe de l'Auteur? Si tous mes vœux se réalisent, je vais me priver pour mes prochains romans, et priver aussi les autres auteurs, de Temps Disponible de Cerveau. 

Pire, si l'un de mes romans inspire un auteur, si cet auteur se met à écrire et à connaître le succès, c'est la cata en termes de disponibilité du lecteur. Un peu comme si chaque mot que j'écrivais, y compris sur ce blog, me construisait un avenir de plus en plus désastreux. 

Bon, je ne vais pas vous laisser sur cette note légèrement négative, voire déprimante. Je crois que les auteurs, et en particulier les auteurs de fiction, sont dans une position artistique unique: ce sont des sources. Nous sommes tous des sources en fait, tout ceux qui ont accès à l'écrit et ont la capacité d'écrire des histoires. 

Vous allez me dire:
- oui mais Alan, la musique d'Interstellar provoque plus d'émotion et raconte mieux l'histoire encore que le scénario
- tu as vu les scénarios rédigés par les commerciaux de Disney pour les derniers Star Wars? 


A cette dernière question, je répondrais que certaines sources peuvent être frelatées. Et à la première, que la musique est sans doute, sur certains points, supérieure à l'écrit. 

Mais cette idée selon laquelle nous sommes des sources ne signifie pas selon moi une supériorité de l'écrit sur les autres formes d'art. C'est juste que c'est plus pratique de travailler sur une adaptation cinématographique ou même sur un jeu vidéo de type jeu de rôle en se fondant sur des écrits. Si le roman est de qualité et que l'auteur s'y connaît suffisamment pour participer par exemple à l'adaptation en film, cela peut même devenir un gage de réussite du long métrage.

Les novélisations de films ou de jeu vidéo existent aussi, et il existe peut-être même des novélisations de musique, mais ce ne sont pas des débouchés naturels, et le succès est plus rarement au rendez-vous. 
Cette capacité de chaque être humain d'être une source est infiniment précieuse. A elle seule, j'y vois la justification d'un revenu universel inconditionnel qui nous permettrait de sortir d'un contexte de compétitivité assez monstrueux, finalement, pour des civilisations dites avancées, pour nous tourner vers un contexte de coopération. Enfin! 

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lundi 17 décembre 2018

Terry Goodkind, l'Epée de Vérité et l'autoédition

C'est un paradoxe : au moment où je lisais le septième tome de l'Epée de Vérité, de Terry Goodkind, un auteur traditionnellement édité, je suis tombé sur un passage des Piliers de la Création qui correspond parfaitement à la philosophie que je mets derrière l'autoédition. Je n'irais pas jusqu'à en conclure que les auteurs autoédités sont eux-mêmes des piliers de la création, mais dans ce contexte, j'avoue que c'est assez amusant.

Oui, oui, oui, je sais. Vouloir détourner les paroles d'un auteur pour l'attribuer à une idéologie ou un dogme, c'est le Mal. Le philosophe Friedrich Nietzsche aurait-il apprécié de voir une partie de ses concepts détournés et repris à son compte par le parti Nazi, je ne crois pas. 

De la même manière, le romancier de Fantasy Terry Goodkind n'aimerait sans doute pas qu'on lui attribue des pensées liées au mouvement de l'autoédition. 

Donc, que les choses soient claires: l'analogie entre ce passage d'un roman de Terry Goodkind et la philosophie de l'autoédition n'est qu'une vision personnelle. Cela correspond à l'idée que je me fais de l'autoédition. 

Et moi, Alan Spade, ne prétend aucunement représenter l'autoédition. Ce mouvement, par ailleurs très ancien, puisque Denis Diderot lui-même s'autoéditait, ne peut être défini ou limité par les pensées ou élucubrations d'un seul. De nombreux auteurs autoédités vous diront sans doute en commentaire qu'ils ne sont pas d'accord avec ma vision, et c'est aussi toute la richesse de ce mouvement dans lequel je m'inscris.

Ceci posé, voici le passage en question (la traduction est de ma pomme, puisque je lis l'ouvrage directement en anglais): "Si vous voulez être un esclave dans la vie, alors continuez à aller de-ci de-là en demandant aux autres de faire les choses à votre place. Ils vous rendront service, mais vous vous apercevrez que le prix est vos choix, votre liberté, votre vie elle-même. Ils feront à votre place, et au final vous serez réduit en esclavage pour toujours, ayant fait don de votre identité à un prix dérisoire. Alors, et seulement alors, vous ne serez personne, un esclave, parce que vous-même et nul autre l'avez voulu ainsi."

Des paroles fortes. Si je bâtissais un temple à la gloire de l'autoédition, ce sont sans doute ces paroles que je graverais sur le frontispice. Je reconnais qu'elles peuvent aussi être valables, dans une certaine mesure, pour l'édition traditionnelle -- de nombreux auteurs traditionnellement édités ne seraient pas arrivés où ils en sont s'ils n'avaient pas su prendre en main leur destin.

Une traduction pouvant être détournée, voici les paroles originales: "If you want to be a slave in life, then continue going around asking for others to do for you. They will oblige, but you will find the price is your choices, your freedom, your life itself. They will do for you, and as a result you will be in bondage to them forever, having given your identity away for a paltry price. Then, and only then, you will be a nobody, a slave, because you yourself and nobody else made it so."

Comme je le disais, l'autoédition existe depuis toujours, mais ces paroles de Terry Goodkind, ont, pour moi, fait particulièrement écho à l'essor de l'autoédition sous format ebook depuis 2009, suite à la sortie de la liseuse Kindle en 2007. Une autoédition à l'américaine, où effectivement, on ne laisse plus faire à la place, et pour laquelle chaque livre représente en quelque sorte une parcelle à revendiquer, dans cette ruée vers l'Ouest sauvage des lettres. 

Et si vous me dites que les choses n'étaient pas d'emblée aussi pures, notamment parce qu'Amazon, l'inventeur du Kindle, n'a proposé 70% de droits sur les ebooks (royalties d'auteur) que pour s'aligner sur ce que proposait déjà Apple, je suis d'accord. 

Si vous me dites  que les choses ne sont pas restées aussi pures depuis qu'Amazon s'efforce d'obtenir l'exclusivité de publication des auteurs autoédités sur sa plate-forme (programme Kindle Select), je suis également d'accord. 

Les choses sont rarement toutes blanches ou toutes noires.

Il n'empêche que pour moi, l'esprit de départ, ce qui a présidé à ce mouvement, se retrouve dans cette citation de Terry Goodkind. 

mercredi 30 mai 2018

Prestation de services et commentaires

Les commentaires sur les sites de vente concernant les romans ou livres en général, s'ils ne suffisent pas à eux seuls à générer des ventes, sont un ingrédient quasiment incontournable pour l'auteur autoédité. Ces commentaires représentent donc un enjeu économique fort, non seulement pour les autoédités, mais aussi pour tous les acteurs du marché. Ces quelques lignes d'appréciation si précieuses surviennent rarement d'elles-mêmes. Pour l'auteur inconnu, en obtenir représente une débauche de temps et d'énergie considérable. Cet état de fait pourrait s'améliorer en France, à condition que des prestataires de service s'y prennent intelligemment. 

Je suis auteur depuis 2001, autoédité depuis 2006 (avec une brève parenthèse vers l'édition en 2009-2011). Mon but est de vivre de ma plume, ce que j'arrive à faire depuis 2014. On me pardonnera donc la portée utilitaire de mon propos, sachant que de nombreux blogueurs font preuve d'une bonne volonté admirable, et soutiennent activement les auteurs autoédités. 

J'ai conscience que tous les blogueurs, quels qu'ils soient, sont des êtres humains et non des outils au service des auteurs. 

Maintenant, voici ce que j'ai constaté au sujet des commentaires de livres : 

- les commentaires sur les blogs, hormis certains blogs très rares que l'on peut appeler "blogs prescripteurs", et qui sont assiégés par les éditeurs, n'ont pas d'effet direct sur les ventes
- un commentaire sur un blog, quel qu'il soit, peut néanmoins être utilisé de manière indirecte, par exemple à l'occasion d'une séance de dédicace, et se révéler utile pour l'auteur
- les commentaires sur les sites de vente peuvent générer des ventes, et/ou des "pages lues" (emprunts dans le cadre des abonnements Kindle ou KoboPlus)
- les ebooks classés dans les meilleures ventes suscitent nettement plus de commentaires, comme si certains lecteurs se sentaient obligés de donner leur avis (leur aval?) sur le dernier titre à la mode
- il est de plus en plus difficile, pour un auteur inconnu, d'obtenir un commentaire sur un site de vente
- on obtient nettement plus facilement un commentaire sur un site dédié ou un blog si on envoie le livre papier plutôt que l'ebook, que ce soit en passant par un site comme Goodreads, Livraddict ou Simplement pro
- un site comme Goodreads propose à présent d'envoyer des ebooks à des lecteurs moyennant paiement de l'auteur, dans le but d'obtenir des commentaires

On ne va pas se cacher les choses: envoyer un livre papier, pour l'auteur autoédité, représente d'autant plus un budget que les frais de port vont en augmentant, si on passe par La Poste. 

Donc, si l'on regarde les choses de manière lucide, les auteurs qui tiennent le plus à obtenir des commentaires sont prêts à investir de l'argent pour ce faire. 

On constate aussi, lorsqu'on a comme moi des romans traduits en anglais, que les sites qui, aux Etats-Unis, vous permettent d'être vus par des dizaines de milliers d'abonnés, ces sites payants qui vous permettent de faire la promo de vos ebooks, réclament au moins une dizaine de commentaires positifs pour accepter votre ebook. 

En conséquence, aux Etats-Unis, outre l'offre payante de Goodreads précédemment évoquée, un prestataire de service nommé Hidden gems books s'est mis en place. 

Il est intéressant de voir que ce prestataire a débuté uniquement avec des romances: les romances sont en effet le genre le plus actif de l'autoédition, et sans doute aussi le plus lu. Le service s'est par la suite ouvert aux autres genres. 

Amazon interdit à juste raison que l'on paye quelqu'un pour qu'il vous commente votre livre. J'ai toujours recommandé d'éviter ce genre de pratique. 

Hidden gems books (HGB) va jouer le rôle d'intermédiaire: c'est ce service que vous paierez, et non les commentateurs. Cela fait toute la différence, puisque HGB ne rémunère pas, d'après ce que j'ai pu voir, les commentateurs. 

Le site procède à une sélection de lecteurs souhaitant lire des livres gratuits en échange de commentaires, en évacuant au fil du temps les lecteurs qui ne commentent pas, ou bien dont le commentaire est trop succinct ou trop peu argumenté. Le site affirme qu'il obtient ainsi en moyenne 80% de commentaires, c'est à dire que si vous payez pour obtenir 50 commentaires, vous êtes sûr d'en obtenir une quarantaine. 

Les tarifs, 2$ par lecteur, m'ont semblé raisonnables compte tenu de la difficulté qu'il y a en temps normal à obtenir des commentaires, et du côté fastidieux, notamment, d'envoyer des livres papier - les commentaires sont faits sur des versions électroniques. 

Attention, ce que l'auteur paye, c'est la mise en relation avec le lecteur, ceci afin de ne pas enfreindre les règles d'Amazon. Le nombre de commentaires n'est donc pas garanti, et si un site se met en place, il devra veiller à ce que les lecteurs s'engageant à commenter des livres dans un délai imparti tiennent leurs engagements à 50% au minimum. En dessous de ce seuil, la déception des auteurs fera que le site ne sera plus viable.

Il faudra surveiller cela genre par genre: si les personnes qui s'occupent d'un tel site s'aperçoivent que seulement 2 commentateurs de roman de Fantasy sur 10 tiennent leurs engagements, là où 9 commentateurs sur 10 tiennent leurs engagements en romance, ça veut dire que la recherche de commentateurs intéressés doit davantage s'orienter vers des lecteurs de Fantasy. Ou vice-versa, bien sûr. 


Ce qui m'a décidé à essayer ce prestataire pour ma trilogie en anglais, c'est à la fois parce que le service avait plutôt bonne réputation auprès des auteurs, mais aussi parce qu'il arrive assez souvent que les commentaires obtenus par le biais de HGB ne soient pas élogieux. 

Masochisme? Eh bien, je me mets à la place du lecteur. En tant que lecteur, j'ai envie d'avoir des commentaires honnêtes, pointant aussi bien les failles du livre que ses qualités. Il est essentiel qu'un prestataire comme Hidden Gems Books puisse garantir l'impartialité des commentaires. 

Ce type de service, à ma connaissance, n'existe pas en France. Je trouve cela vraiment dommageable pour les nouveaux auteurs, ceux qui ont besoin des quelques premiers commentaires indispensables pour commencer à faire bouger les choses au niveau des ventes.

Indispensables, ces commentaires, mais pas toujours suffisants, nous sommes bien d'accord. D'autres efforts promotionnels seront tout aussi indispensables de la part de l'auteur (newsletter, pubs sur Facebook ou Amazon pour le marché anglo-saxon, dédicaces).

Donc, si vous connaissez quelqu'un qui a un projet de start-up dans l'univers de l'ebook et qu'il ou elle puisse mettre en place dans la francophonie quelque chose de similaire à ce que fait Hidden Gems Books, à la condition que les tarifs soient honnêtes et que l'impartialité des commentaires soit garantie, je pense que vous serez bien accueillis par les auteurs autoédités. 

En effet, tant qu'à mettre de l'argent sur de l'envoi de livres, pourquoi ne pas réserver ce budget à un prestataire qui simplifierait grandement les choses pour les auteurs? Un prestataire qui serait capable de garantir un certain nombre de commentaires en fonction d'une somme d'argent, et dans un temps donné.

La demande est là. Le succès d'un tel service dépendra bien sûr de sa capacité d'attirer aussi bien des lecteurs intéressés et sérieux, du côté des commentateurs, que des auteurs désireux de voir leur livre commentés sur les sites de vente. 

PS: A noter que Kobo propose déjà, dans ses "services pour les auteurs" la possibilité d'obtenir des commentaires de la part "d'un professionnel de l'édition de Publishers Weekly". Cela coûte cher, et n'a rien à voir avec ce que je propose, à savoir un service d'intermédiation entre les auteurs et les lecteurs/commentateurs. 

[EDIT 31/05/2018] : un auteur me parlait sur Facebook des "commentaires pourris qui nous flinguent les ventes". J'ai dernièrement reçu le commentaire 1 étoile suivant sur Kobo, pour mon dernier roman, Passager clandestin, qui s'intitule "A fuir." En voici le copier-coller:  "Completemnt nul ennuyeux a ne pas perdre son temps."  

Il est évident qu'après cela, mes ventes ont nettement baissé sur le site, et j'en suis dégoûté. Mais justement, un prestataire qui emploie des gens qui lisent vraiment le livre et le commentent évitera ce genre de commentaires. Ils ne seront pas acceptés, car pas assez argumentés. L'auteur qui commande des commentaires à un prestataire doit avoir au moins l'impression que les lecteurs rédigeant les commentaires ont lu le livre. C'est le principe de base. Mais oui, bien sûr, se faire commenter de manière honnête comporte toujours le risque de ne pas plaire. Il faut faire avec. 

lundi 9 avril 2018

Similitudes entre romans

Je connais des auteurs qui ont pour principe de lire le moins possible dans leur genre littéraire d'écriture dès lors qu'ils sont en cours d'écriture d'un roman. Le risque d'être influencé, consciemment ou non, est en effet bien réel. Mais faut-il vraiment le redouter? Même pour des romans extrêmement populaires, les similitudes peuvent être frappantes. Attention, cet article contient des spoilers pour Le Seigneur des Anneaux, de J.R.R. Tolkien, et La Tour sombre, de Stephen King. 

Le romancier Stephen King qualifie sa série de romans La Tour sombre, de "Jupiter du système solaire de son imagination". Les romans se sont vendus à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde (sans doute davantage depuis 2010, date de cette estimation). 

On ne peut donc pas considérer La Tour sombre comme une fan-fiction. D'autant moins que le roman possède son univers propre, très spécifique et à nul autre pareil. 

Néanmoins, dans la préface du roman, Stephen King évoque deux œuvres qui l'ont inspiré: Le Seigneur des Anneaux, de John Ronald Reuel Tolkien, et, au niveau du cinéma, la trilogie des dollars, les fameux westerns spaghetti de Sergio Leone (Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le Bon, la Brute et le Truand). 

Je n'ai pas terminé ma lecture de la Tour sombre. J'en suis au quatrième volume, Wizard and Glass (Magie et Cristal est le titre français). 

Il faut bien reconnaître que les similitudes avec une oeuvre aussi emblématique que celle de Tolkien sont réelles. Ainsi le protagoniste principal, Roland le pistoléro, est-il, à l'instar d'Aragorn, un Roi qui s'ignore. Il descend en effet d'une longue lignée qui remonte jusqu'à Arthur Eld. La référence au roi Arthur, des Chevaliers de la Table Ronde, est bien évidemment voulue. 

Vous allez me dire, à juste raison, que cette idée de roi déchu est une idée, un concept, et qu'on ne peut, fort heureusement d'ailleurs, mettre des copyrights sur les idées.

Mais cela peut aller assez loin dans le concept. Dans le Seigneur des Anneaux, il existe les Palantiri, des boules de cristal capables d'espionner à distance. Le Seigneur des Anneaux lui-même, Sauron, en possède une, et s'arrange pour influencer les pensées de quiconque se sert d'un autre Palantir, en ne lui montrant que des images susceptibles de conduire au désespoir, et en minant à distance sa volonté (entre parenthèses, quelle belle allégorie des médias!). 

Dans Magie et Cristal, de Stephen King, il y a une boule de cristal issue de l'arc-en-ciel (chaque boule représente une couleur de l'arc-en-ciel). Ironiquement, celle-ci est rose, mais ne permet pas de voir le monde en rose. Elle semble en effet habitée par un démon, et ne montre que les aspects négatifs des événements, et les défauts des gens. Tout en devenant très addictive (on ne peut très vite plus s'en passer), et en aspirant l'énergie vitale de son utilisateur. 

Nul besoin d'être voyant pour s'apercevoir que ce sont des concepts extrêmement proches, et pourtant, Stephen King ne s'est pas interdit de les utiliser. Et sa série de romans a connu le succès.

Au passage, on remarquera que ce sont des concepts forts que Stephen King a chopé. Le roi déchu, ces boules de cristal perverses, cela résonne en nous. 

J'ai beau reconnaître ces similitudes, cela n'entache en rien mon plaisir de lire La Tour sombre, parce que l'auteur ne se contente pas de faire de la redite. Ces éléments communs sont parfaitement intégrés à son univers, et cela fait sens.

Est-ce que j'aurais osé utiliser un concept aussi proche, dans mon univers? Alors qu'au contraire, je me suis efforcé de rechercher l'originalité, au point de refuser l'usage de la thématique du héros prophétique, un grand classique des romans de Fantasy ? Eh oui, moi aussi je suis un auteur complexé, qui cherche à innover. 

Le concept de boule de cristal n'est pas tout à fait absent de ma trilogie Ardalia, notez-le. Les êtres affiliés à l'eau, les Malians, sont capables d'utiliser des Bulles de Vision, dont la portée est tout de même limitée, mais qui, invisibles, leur permettent d'observer sans être vus. C'est une faculté qui est totalement intégrée à mon univers, et qui coule de source, pourrait-on dire, pour un peuple voué à l'eau. 

Tout cela pour dire que nous autres auteurs inconnus avons des complexes, ou des scrupules, dont ne font pas preuve des bestsellers. 

C'est une bonne chose à partir du moment où travailler sous la contrainte permet la naissance d'univers, et de scénars originaux. C'est une moins bonne chose quand cela doit limiter la créativité, ou carrément interdire aux auteurs la lecture d'autres romans de fiction. 

Mais bien sûr, à chacun ses méthodes, loin de moi l'idée de jeter la pierre (fût-ce une boule de cristal) à quiconque!

samedi 24 mars 2018

Expressediteur.com: un bon plan

Expressediteur, géré par le libraire La Générale du livre, est un service de livraison de livres en 48h00 s'adressant à la fois aux libraires, aux auteurs autoédités référencés Dilicom et Electre et aux éditeurs. Quel bilan depuis que j'ai commencé à utiliser ce service, en 2016? 

Si vous avez raté l'épisode précédent concernant Expressediteur, je vous renvoie à mon article de 2016, que je vous conseille vivement de lire pour savoir de quoi il retourne exactement.

J'y explique notamment pourquoi j'ai consenti à laisser 45% de marge sur le prix de mes livres pour bénéficier de ce service. 

Bien que je n'ai pas eu beaucoup de commandes par ce biais, quelques-unes sont arrivées, et l'expérience est très positive, selon moi. 

Je vais prendre un exemple: en février dernier, j'ai reçu une commande de trois livres, deux Passager clandestin et un Eau Turquoise (j'avais aussi reçu une commande en janvier). 

Le site est très pratique. L'impression de l'étiquette à coller sur le colis se fait très vite. Au bureau de Poste, il faut faire la queue pour faire tamponner son colis. Mais comme c'est un service rapide et que mon bureau est bien organisé, ils ont un employé qui remonte la file d'attente et gère ce genre de cas rapide. Bref, je n'attends pas trop pour que le colis soit pris en charge et pour bénéficier du coup de tampon sur le récépissé. 

Le paiement est également très rapide et fiable: en l'occurrence, le virement de 30 € pour ces trois livres s'est fait dans la semaine. 

Je n'ai pas à établir de facture pour ces cas précis, parce que le site Expressediteur fait des factures proforma.

Je peux vous dire, moi qui ait déjà envoyé des livres à une librairie sans jamais être payé, que c'est très très appréciable, cette fiabilité et cette rapidité de paiement. No stress.

Comme je reçois un peu plus de commande expressediteur cette année, du coup, j'ai commandé des cartons au format exact de mes livres, pour éviter les problèmes de livres abimés à l'arrivée. J'ai fait le test, et cela rentre parfaitement, les livres ne bougent pas dans le colis. 

Le seul vrai souci que me pose Expressediteur vient de leurs emails: ils sont classés systématiquement en spam par mon logiciel de messagerie, Thunderbird. J'ai eu beau les déclarer acceptables, ajouter l'adresse d'Expressediteur dans mon carnet d'adresses, et même créer des filtres pour que les emails arrivent bien dans la boîte de réception, ils sont toujours renvoyés dans les indésirables. 

Donc, si vous êtes auteur autoédité ou éditeur et que vous ayez recours à ce service, vérifiez votre courrier indésirable régulièrement. 

Autre possibilité encore plus sûre: se connecter sur le site expressediteur de temps en temps pour vérifier ses commandes.  

Je pense être quelqu'un de suffisamment réaliste pour ne pas faire d'angélisme au sujet de ce service. Je sais qu'il y a d'autres solutions: par exemple, l'imprimeur ICM vous propose de stocker vos livres et d'en gérer l'expédition. Cet imprimeur français fait par ailleurs de très bon prix sur les livres. 

Cela pourrait sembler une solution idéale pour rentabiliser au maximum l'envoi de livres. Malheureusement, le problème ne se pose pas pour moi en termes de stockage et d'expédition.

Le vrai problème, pour de petites commandes ponctuelles, selon moi, c'est le problème de la rapidité de l'envoi, d'une part, et de la fiabilité et rapidité de paiement de la facture de la part du libraire d'autre part. 

Pour ne prendre aucun risque avec les libraires, je demande toujours à être payé avant d'envoyer les livres. Cela génère évidemment des délais d'envoi plus importants. 

Expressediteur résout tout cela: les livres arrivent beaucoup plus vite chez le libraire, et l'auteur ou l'éditeur est payé plus rapidement. 

C'est un service, selon moi, qui vaut tout à fait les 10% supplémentaires par rapport à la remise libraire habituelle de 35%. Mais vous avez le droit de ne pas être d'accord, et de me donner vos arguments en commentaire...

PS: si vous n'êtes référencé que Dilicom et pas Electre, à mon avis, il y a moyen de négocier avec Expressediteur pour qu'ils vous acceptent malgré tout. Dans ce cas, ils référenceront eux-mêmes vos livres.

mardi 20 février 2018

Mon ebook sur Kindle Unlimited sans exclu !

Après avoir intitulé cet article "Discriminé par Amazon", j'ai décidé de le modifier à la suite de l'inclusion de l'ebook dont il était question, la Trilogie Ardalia, au sein du service Kindle Unlimited. Cette intégration a finalement pu être possible grâce à Librinova et Amazon France, mais ne concerne, pour tous les auteurs qui y ont recours, que Kindle Unlimited France et Royaume Uni.

Le service Kindle Unlimited, qui permet au lecteur de télécharger, pour 9,99€ par mois, dix ebooks que l'on peut renouveler autant qu'on le souhaite, est pour moi ce qui se rapproche le plus, dans le privé, d'une bibliothèque d'ebooks. 

Cela permet de toucher des lecteurs voraces et qui ne veulent pas se ruiner, qu'on ne toucherait pas autrement. 

Ayant fait, sur l'un de mes ebooks anglais, l'expérience de la rémunération Kindle Unlimited, je peux attester que celle-ci reste intéressante. Infiniment plus, par exemple que ce que fait Deezer au niveau musical, pour ne pas même parler de Youtube (qui devrait être renommé Radin.com). 

La condition d'exclusivité restait quelque chose qui m'empêchait d'opter pour KDP Select. Jusqu'au jour où j'ai appris que Librinova préparait, avec 50 auteurs tests, une formule permettant de bénéficier d'une version de Kindle Unlimited quelque peu différente de celle que connaissent les auteurs autoédités. 

Une version, en gros, destinée aux éditeurs et à des prestataires comme Librinova. 

Librinova n'est pas un éditeur. Librinova est une entreprise d'aide à l'autoédition, qui peut se transformer en agent si vous vendez plus de 1000 livres. L'auteur qui y a recours garde tous ses droits. En dessous de 1000 livres, il faut s'acquitter du prix initial du pack, 75€ par an si votre ebook fait plus de 45 000 mots, 50€ s'il fait moins de 45 000 mots. On touche alors 100% du prix de vente des revendeurs en ligne, après déduction de leur marge, c'est à dire autant qu'un auteur autoédité. 

Si on vend plus de 1000 livres (emprunts KU non compris), Librinova se transforme en agent, et nous prend 15% sur les ventes. Il n'y a alors plus besoin de renouveler le paiement annuel des packs, et on peut publier avec Librinova de nouveaux romans sans "tarif d'entrée" autre que les 15%. 


Evidemment, ce prix d'entrée de 75 € par an au minimum était quelque peu rédhibitoire. Néanmoins, la perspective de contourner les conditions d'exclusivité d'Amazon, et ce en parfait accord avec la plate-forme, était pour moi assez séduisante. 

Je savais aussi que des auteurs passés par Librinova avaient pu bénéficier de la fameuse offre éclair d'Amazon, celle que la plate-forme réserve d'habitude aux utilisateurs de KDP Select et à des auteurs triés sur le volet.  

Bref, j'ai décidé d'utiliser ce service très tôt, en devenant le 51ème auteur test, en quelque sorte. 

Dès le 11 décembre 2017, Librinova a demandé l'intégration de l'ebook que j'avais choisi pour ce test, La Trilogie Ardalia, à Kindle Unlimited.

La formule de Librinova permet d'être distribué sur plus de 200 libraires en ligne, mais je savais que même des auteurs Librinova à succès, c'est à dire ayant vendu plus de 25000 ebooks, vendaient très peu en dehors des trois ou quatre plus grosses plates-formes, et je n'attendais vraiment pas grand-chose des autres librairies en ligne.

Je misais tout sur Kindle Unlimited, et d'autant plus que Librinova avait fait preuve de souplesse, en me permettant de continuer à distribuer moi-même sur Kobo, la Fnac, Apple et Google Play. 

Cette intégration a mis plus de trois mois à se faire, puisqu'elle a été effective le 26 février 2018 seulement. Cela a entraîné la parution initiale de cet article sous le titre "Discriminé par Amazon". En effet, j'avais lancé une campagne de promo en décembre, et l'absence sur la plate-forme d'emprunt m'a été préjudiciable, ainsi qu'au roman. 

Mes ventes, comme je l'avais prévu, se sont faites en très large majorité sur Amazon et non sur les 200 autres libraires en ligne (mais j'avais gardé la main sur la distribution Kobo/Fnac, Apple et Google Play). Elles n'ont jamais pu décoller, l'absence d'intégration à KU étant un handicap majeur pour ce qui concerne la plate-forme Amazon.

On va dire que le système était encore en rôdage. Si vous souhaitez souscrire à l'offre que Librinova a rendue officielle, et ouverte à tous, il y a peu, sachez que l'intégration se fait de manière manuelle chez Amazon. Il suffit d'en faire la demande par email à Librinova après avoir acquis l'un des packs.

Examinons maintenant les particularités, avantages et défauts du pack à 75€ de Librinova, avec intégration Kindle Unlimited.  

Tout d'abord, ce service n'est valable que pour les emprunts de votre ebook en France et au Royaume Uni. Le Kindle Unlimited US n'est pour l'instant pas proposé par Amazon à Librinova. Si vous êtes auteur anglo-saxon, ce service n'est donc vraisemblablement pas pour vous. 

Si vous êtes fan des relevés de vente quotidien, il vous faudra faire une croix dessus, sauf à opter pour le pack Liberté à 120€ par an, lequel ne vous donnera ces relevés de vente que pendant 6 mois. 

Concernant les fameuses "pages lues Kindle Unlimited", vous ne pourrez pas les repérer dans vos relevés de vente, parce que ça ne fonctionne pas ainsi. Votre ebook se retrouve bien sur KU, et vous bénéficiez du boost sur le classement à chaque fois qu'il est empruné, mais, comme le précise cet article de Librinova, "Un emprunt sur Kindle Unlimited est rémunéré 30% du PPHT dès que l’emprunteur a lu plus de 20% du livre." 

C'est à dire que c'est l'ancienne formule de Kindle Unlimited qui fonctionne: vous êtes rémunéré le même prix quel que soit le nombre de pages de votre ouvrage, ce qui favoriserait la publication de livres courts... si vous ne deviez payer un nouveau pack à Librinova pour chacun de vos ouvrages, chaque année. 

Si vous en vendez plus de 1000, en revanche, vous pourrez en publier autant que vous le souhaiterez sans ce coût d'entrée des packs, mais avec le prélèvement de 15% sur les ventes. 

Je pense que, si l'on ne tient pas compte du prix des packs, les gains KU pour l'auteur sont à peu près équivalents à ceux qu'un auteur autoédité KDP Select obtient, mais cela reste à confirmer. 

Une chose qui joue en faveur de Librinova est la souplesse et la réactivité de cet acteur, qui vous permet de garder la main sur les plates-formes de votre choix (il suffit de l'indiquer par email). 

Un autre avantage, pour les auteurs ne voulant pas s'embêter à publier sur de nombreuses plates-formes, est que tout est pris en charge et se fait rapidement: c'est comme si vous ne publiiez que sur une seule plate-forme. 

L'argument de la simplicité pour choisir KDP Select est en effet souvent utilisé. Avec Librinova, les choses sont tout aussi simples. 

Il y a aussi des défauts: avec le pack à 75€, vous n'avez droit qu'à un relevé de ventes tous les 6 mois, et vous n'êtes rémunéré que tous les 6 mois. Vous ne pouvez pas non plus, en principe, changer le prix de votre ebook en cours de route -- même si j'ai constaté une certaine souplesse de Librinova à ce sujet. 

L'une des contraintes que j'ai trouvé particulièrement ennuyeuses, c'est le nombre de caractères très limité pour la description Amazon. On ne peut pas jouer non plus sur l'interlignage et la présentation en gras, ni bénéficier de cette excellent outil en ligne pour la description de son livre.  

Bref, la description est extrêmement basique. Comparez l'ebook Le Souffle d'Aoles, que j'ai autoédité sur Amazon à celui de la Trilogie Ardalia édité par Librinova pour vous en convaincre. 

Par ailleurs, il me semble que l'on peut rentrer moins de mots-clés par rapport au roman qu'en publiant directement via KDP. 

Autre contrainte, vous devez envoyer votre manuscrit word ou open office, et c'est Librinova qui se charge de la transformation en ebook. Le travail est certes bien fait, mais ne vous permet pas de peaufiner l'ebook de manière professionnelle, comme le permet gratuitement le site Draft2Digital. 

Si vous vous demandez ce que je veux dire, n'hésitez pas à télécharger un extrait de mon dernier roman, Passager clandestin

Il faut donc abandonner énormément de contrôle. 

J'espère que mon article permettra à Librinova de remédier à ces défauts. Je pense en effet que leur formule, à condition d'être utilisée pour un ebook que l'on est sûr de pouvoir promouvoir, ne serait-ce qu'auprès d'une mailing list suffisamment importante, est rentabilisable. 

Cela comporte un risque, bien sûr. Mais en passant par Librinova, si vous avez une liste de lecteurs suffisamment nombreuse, des lecteurs lisant à la fois sur Kobo, Apple et Kindle, ou même ailleurs, vous êtes sûrs de pouvoir tous les contenter, tout en bénéficiant de l'aide non négligeable de Kindle Unlimited pour la montée en classement de l'ebook sur Amazon. C'est extrêmement appréciable et professionnel. 

Si vous avez une assise de lecteurs suffisante, cela vaut la peine d'essayer, avec par exemple juste un ebook pour commencer. 

Vous vous demandez peut-être pourquoi Amazon permet en toute légalité le contournement des règles d'exclusivité de KU. Je dirais que le fait qu'il faille payer un acteur privé pour bénéficier de ce contournement valorise d'autant leur service. 

Comme je le disais dans mes précédents articles, il faut néanmoins être prudent avec Kindle Unlimited, car le prix de l'emprunt (ou de la page lue, selon les cas) varie d'un mois sur l'autre puisqu'il dépend d'une sorte de pot commun qu'Amazon réactualise chaque mois. 

Même avec une super base de lecteurs pour vous aider à revenir sur le prix annuel du pack Librinova, il viendra peut-être un jour où cet article ne sera plus pertinent, c'est à dire que la rémunération KU sera trop faible pour vous permettre d'engranger des bénéfices intéressants sur une année. 

Pour l'instant, il y a moyen de limiter les risques pour un auteur expérimenté. 

[EDIT 06/03/2018] L'avis d'une romancière auto-publiée depuis plusieurs années avec l'aide de Librinova, sur le blog Vivre de ses Romans.

dimanche 4 février 2018

Salon du Livre Paris Porte de Versailles

Faire partie de l'Alliance Rebelle des Auteurs Indépendants implique certaines responsabilités. 



Oui, on peut vendre des livres pendant le Salon du livre de Paris porte de Versailles. 

Une petite parenthèse tout d'abord: si vous vous demandez si mes chiffres sont exacts, n'hésitez pas à vérifier auprès des magasins concernés: même s'ils ne peuvent vous répondre sur une période précise, ils auront au moins une idée du nombre de livres que j'ai vendus chez eux depuis mes débuts. 

Le samedi 22 mars 2014, en plein salon du livre de Paris porte de Versailles, j'ai dédicacé 19 livres au Cultura la Queue en Brie, dans le 94.

Le samedi 21 mars 2015, pendant que 200 auteurs manifestaient au salon du livre de Paris, j'ai vendu 21 livres chez Auchan Plaisir, dans le 78. 

Le samedi 19 mars 2016, tandis que le salon du livre de Paris battait son plein à la porte de Versailles, je dédicaçais 24 livres au Cultura Villennes, dans le 78. 

Le samedi 25 mars et dimanche 26 mars 2017, pendant que se déroulait le salon du livre de Paris rebaptisé Livre Paris 2017, j'ai dédicacé 42 livres au Cultura Franconville, dans le 95. 

Donc, oui, on peut vendre des livres pendant le Salon du livre de Paris porte de Versailles. On peut même les vendre ailleurs. Surtout si on est auteur indépendant. 

Quand je disais que je faisais partie de l'Alliance Rebelle des Auteurs Indépendants, c'était une boutade. Une telle structure n'existe pas, en tout cas pas de manière formelle. 

Il faut savoir que pour moi, qu'on l'appelle Livre Paris ou Salon du Livre de Paris porte de Versailles, ce salon organisé par Reed-Elsevier, devenu le groupe RELX, se trouve être le symbole absolu de l'édition traditionnelle dans tout ce qu'elle peut avoir de prédateur. 

Le prix des stands, tout d'abord. Je n'ai pas vérifié dans le détail pour cette année, mais il y a quelques années, c'était dans les 900 euros pour un stand riquiqui. Les stands des gros éditeurs peuvent dépasser les 100 000 €.

Mais aussi bien sûr, le fait qu'Elsevier souffre d'une très mauvaise réputation de par ses pratiques prédatrices dans l'édition universitaire. Avec des marges phénoménales.

Vous me direz, la principale qualité d'un tel salon est de nouer des contacts au niveau professionnel, et vous aurez raison. Cela peut être une bonne idée, par exemple, pour un auteur indépendant, de parcourir les travées du salon pour vérifier quels sont les prix pratiqués par les imprimeurs. Ou de contacter des graphistes. Ou des correcteurs.

Le salon draine également énormément de monde, et même si une grande partie du public vient pour les stars, il y aura cette année un stand d'auteurs indépendants

Mais en ce qui me concerne, et cet avis est tout personnel, vous l'aurez compris, j'ai énormément de mal avec ce salon. Le samedi 17 mars 2018, je serai à l'Espace culturel Leclerc Le Plessis Belleville, dans le 60.

Je ne me déplace plus aux Imaginales d'Epinal pour une raison similaire, qui est le prix des stands. 

En tant qu'auteur artisan, je préfère les ventes à la notion de notoriété et de retombées, d'ailleurs aussi hypothétiques l'une que l'autre. 

On pourrait me reprocher de m'encroûter, de me rigidifier dans une posture d'auteur idéaliste arc-bouté sur ses grands principes. 

Eh bien, cela vous surprendra peut-être, mais il m'est arrivé d'applaudir la signature d'un contrat d'édition traditionnelle par un auteur indé. Pourquoi? Parce que je connais le sens de l'entreprise de l'auteur en question, et que je lui fais confiance pour prendre la meilleure solution pour lui. Parce que je sais que l'édition tradi connaît une certaine évolution, dans ce sens où des éditeurs précis, qui souhaitent démarcher les auteurs connaissant le succès sur Amazon, sont prêts à leur laisser leurs droits numériques, en tout cas sur la plate-forme Amazon, qui se trouve être souvent la plate-forme pour laquelle ces auteurs publiaient auparavant en exclusivité. 

Oui, on peut s'hybrider sans perdre son âme.

Quand je vois le nombre de pages lues via Kindle Unlimited et le classement de ces auteurs sur Amazon, je comprends aussi leur choix d'y publier en exclusivité, même si ce choix n'est pas le mien. 

Concernant les évolutions en cours, le message que j'ai envie de lancer à la sphère indé, c'est que les prochains droits qu'il faudra défendre avec vigueur, outre le numérique, ce sont les droits des livres audio. 

L'auteur Michael Sullivan s'est ainsi séparé de son éditeur Del Rey parce que la maison mère de Del Rey, Penguin Random House, avait décrété que les contrats ne pouvaient être signés que si l'auteur cédait ses droits audio à l'éditeur.

Si vous lisez l'anglais, cet article est vraiment édifiant.

Or, Michael Sullivan et son épouse, dans leur grande sagesse, avaient déjà négocié les droits audio avec un éditeur audio, parce que l'argent que leur donnait cet éditeur ne se refusait pas, et l'emportait sur leur contrat initial avec Del Rey. 

Faire en sorte qu'il n'y ait rien à négocier avec l'éditeur pour votre prochain livre parce que les droits en question ont déjà été cédés est donc une excellente manoeuvre, susceptible de vous mettre en position de force... à condition d'avoir fait vos calculs, et d'être prêt à aller jusqu'au bout dans le "non", en rompant le prochain contrat faute d'accord. 

Ce qui me fait aussi dire que vous ne devriez vous engager dans vos signatures de contrat que sur un seul roman, pas davantage. 

jeudi 23 novembre 2017

Vivre de l'écriture, c'est résister

"Résiste! Prouve que tu existes!" scandait France Gall dans une chanson célèbre composée par Michel Berger. Si l'on souhaite s'enrichir financièrement, les métiers de la banque ou de la Bourse conviendront beaucoup mieux que l'écriture, c'est un fait. En revanche, le fait de vouloir gagner sa vie, mener une carrière avec l'écriture dénature-t-il ce que l'on écrit ou pire encore, l'artiste en nous, comme semble le suggérer l'auteur Luc Landrot dans son dernier billet? Gérer son entreprise d'autoédition nous transforme-t-il en entrepreneurs sans scrupules? En commerciaux, en obsédés de la vente? Bien que ne vivant de l'écriture de mes romans de fiction que depuis un peu moins de quatre ans, je peux déjà faire part de mes impressions. 

Le billet de Luc est à la fois très sincère et touchant dans sa manière de vouloir préserver le cœur, l'essence même de notre passion. Ce désir d'écrire des histoires qui vont nous emporter avant peut-être, qui sait, d'emporter quelques lecteurs, de leur permettre de s'évader, de vivre cette union télépathique avec l'auteur. Et pourquoi pas, si l'on a autour de soi des gens avec lesquels on partage les mêmes goûts, d'échanger sur un livre comme on échangerait sur un film, de comparer son ressenti.

Ce qui m'a frappé c'est que, d'après ce billet, Luc exerçait la mission d'ingénieur en CDI avant de déposer sa démission pour "voyager et faire ce qui [lui] plaît."

L'un des passages de son billet est particulièrement marquant:

Certains sont même “jaloux/admiratifs” de ma situation, dans le sens où ils estiment n’avoir jamais le cran de faire pareil. Et pourtant, parfois on a quand même l’impression qu’on est illégitime. J’avais beau me répéter à moi-même que j’assumais mes choix, qu’ils étaient fondés, raisonnés, légitimes, je n’arrive pas à me débarrasser de ce poids social qui ne vient même pas des gens directement mais de la culture globale.

Vers la fin de son billet, Luc, qui a écrit un seul roman, indique que son métier principal "redeviendra probablement ingénieur". 

Je ne vais bien sûr pas me lancer dans un jugement de valeur sur le parcours d'un collègue.

Ce que je peux vous dire, c'est que ce "poids social" ressenti par Luc, il pèse aussi sur mes épaules. Je me le représente comme une entropie sociétale : si l'on envisage les métiers classiques comme le centre d'une planète, c'est un peu comme une force de la gravitation, ou une courbure de l'espace-temps, pour reprendre la théorie d'Einstein, qui vous force à glisser vers le centre si vous exercez un métier un peu plus périphérique. L'un de ces métiers qui ne sont pas préconisés par la société. Un métier artistique. 

Alors, qu'est-ce qui me différencie de quelqu'un comme Luc? D'abord, je n'ai rien d'un matheux. Notre société privilégie la fonction d'ingénieur, avec des études à base de maths et de physique. On trouve beaucoup plus facilement un métier si l'on souhaite devenir ingénieur, et c'est beaucoup mieux rémunéré. Luc a donc énormément de mérite d'avoir su briser ce carcan, cette entropie, pour poser sa démission et explorer d'autres facettes de la vie.

Ma volonté de tracer mon sillon s'est traduite par plusieurs combats, et tout d'abord celui de vivre de ma plume, principalement en tant que journaliste pigiste dans la presse écrite. J'y suis parvenu pendant huit ans, avant de céder à cette fameuse entropie, aux nécessités matérielles pour devenir conseiller emploi, pendant huit ans également. 

Fin 2013, j'ai déposé ma démission, et depuis, je vis de nouveau de l'écriture, mais de romans de fiction cette fois. Ayant déjà eu à mener ce combat pour vivre de ma plume, je sais ce que c'est. 

Alors j’ai commencé à effleurer le tourbillon infernal du marketing offensif, nous dit Luc. Lentement mais sûrement, j’opérais la transformation d’artiste à pro du marketing. 

Est-ce mon cas? Oui, dans une certaine mesure, je ne peux nier avoir dû intégrer des notions de marketing. Est-ce que ça m'a pour autant privé de mon âme d'auteur? Je laisserai chacun en décider en lisant mon prochain roman, Passager clandestin, qui sortira fin décembre. ;)

Pour appuyer son propos, Luc cite Victor Hugo: Qui n'est pas capable d'être pauvre n'est pas capable d'être libre. Ce qu'il y a de curieux dans cette citation, c'est que justement, ceux qui font le choix d'une carrière dans l'écriture, s'ils sont bien informés, savent qu'ils ont des chances infimes de s'enrichir. Ils font donc le choix, si l'on veut, de la pauvreté matérielle et de la richesse intellectuelle. 

L'autoédition est aussi vieille que la littérature. Avant que des géants comme Amazon ne boostent ce phénomène de l'autoédition, le métier se pratiquait loin des projecteurs. Officiellement, ce que la société voulait, c'est que l'auteur s'abrite derrière un éditeur qui lui, assumerait les démarches commerciales... de la même manière, si vous voulez, qu'un ingénieur va s'abriter derrière les forces de vente pour que les produits qu'il imagine et développe trouvent des débouchés.

La société semble admettre difficilement qu'un auteur fasse la promotion de ses propres œuvres: il doit donc le faire par des moyens détournés.

L'autoédition assumée a, quant à elle, donné lieu à des dérives: harcèlement, spam en tout genre, que Luc dénonce à juste titre. Forcer un lecteur à faire quoi que ce soit n'a rien de bon, et détruit en effet l'essence même du rêve.

Pour autant, faut-il renoncer à faire carrière dans ce métier d'auteur? Je ne le crois pas. Mon expérience me fait dire qu'il y a moyen de faire comprendre les choses sans brusquer, sans heurter. 

Nous devons garder le rêve intact. Mais tout le sens de mon combat pour vivre de ma plume, c'est aussi de faire comprendre à la société que ce métier est légitime. 

Ce n'est pas à la société, ou à l'administration fiscale, de dicter à l'auteur la manière dont il entend gagner sa vie. Ce combat, nous autres auteurs pouvons seuls le mener. Si nous nous y prenons de la bonne manière, nous gagnerons le soutien des lecteurs.

Vous aimez vous évader, et la société vous traite de lunatique? Parlez-lui des expériences de pensée d'Einstein. Dites-lui que sans ces expériences, il n'aurait pu établir l'équation E=MC². Cette équation n'a pour l'instant comme application pratique que le GPS, mais ouvre des perspectives phénoménales pour la société humaine dans son ensemble.  Demandez-vous, aussi, ce que pensait Einstein de l'imagination...

Si nous sommes suffisamment nombreux à résister à l'effet d'entropie, peut-être parviendrons-nous à créer des points d'amarrage suffisants pour crédibiliser notre activité, et le fait d'en vivre.    


mercredi 23 août 2017

Droits audiovisuels: la stratégie Rowling

La romancière à laquelle on doit (entre autres) les Harry Potter, J.K. Rowling, est aussi une businesswoman avisée. Elle a su faire fructifier le fruit les adaptations audiovisuelles de son œuvre avec une habileté et une volonté dignes d'une indépendante. Peut-être plus important encore, elle a su garder le contrôle créatif, ce qui compte souvent autant que l'argent pour nous autres auteurs. Attention, cet article contient un spoiler sur la saga Harry Potter.

"Monnaie de singe": c'est ainsi que, dans le milieu du cinéma, on qualifie les revenus d'auteurs, que ce soit le scénariste ou bien l'auteur d'une œuvre adaptée au cinéma. 

Vous trouvez le terme insultant pour la profession? Eh bien sachez que ce pourcentage, qui, avant amortissement du film, se situerait entre 0,5% et 1,5% des recettes en salles, d'après ce document officiel (p.59), est rarement versé. Il s'agit donc bien de monnaie de singe au sens péjoratif du terme.

Pourquoi cela? Parce que si l'auteur va en justice, les avocats de la partie adverse vont s'ingénier à lui faire perdre du temps et de l'argent en frais d'avocat, et le jeu pour récupérer ce qui est souvent une somme assez faible n'en vaut pas la chandelle.

Tenez-vous le pour dit: à partir du moment où vous pénétrez dans le milieu du cinéma, vous entrez dans un monde fondamentalement hostile aux créateurs.

Alors bien sûr, il y a d'autres modalités de versement, pour l'auteur d'un roman: 

- l'option, un document donnant une option exclusive à un producteur sur l'adaptation de votre roman, en échange d'une somme d'argent
- l'à-valoir, une somme fixe que le producteur se remboursera sur le montant de votre pourcentage, et qui vous restera due, même si le film est un échec commercial
- le pourcentage après amortissement du film, qui peut aller de 2 à 10% selon le document plutôt optimiste précité
- les autres exploitations
- les droits en cas de remake

Sans l'à-valoir, en particulier, on peut penser que le cinéma ne parviendrait pas à convaincre des éditeurs de céder des droits sur des œuvres à succès.

C'est d'ailleurs une chose à garder en tête dans vos relations avec le milieu du cinéma: ne jamais démarcher des producteurs. Attendre qu'ils viennent vers vous, afin d'être en position de force pour la négociation.

Il est en effet beaucoup plus facile de dire "non" lorsqu'on vient vous faire une proposition. C'est d'ailleurs tout l'objet de cet article (en anglais) de Kristine Kathryn Rusch, dont je recommande la lecture.

Si vous avez vraiment écrit un méga succès, qui vous a déjà rendu riche, et si vous êtes sûr du succès de l'adaptation au cinéma de votre poule aux œufs d'or, le mieux est encore de faire comme l'autrice J.K. Rowling: devenir producteur de cinéma.

C'est ce qu'elle a fait pour le tome 7 d'Harry Potter, Les Reliques de la Mort, dont elle a été la productrice des deux films. 

En y réfléchissant, je me suis demandé: mais, même riche, comment a-t-elle pu devenir productrice du film? La série Harry Potter au cinéma, c'est une franchise à succès. Les producteurs attitrés, David Heyman et David Barron, n'avaient sans doute pas très envie de partager les bénéfices au-delà des maigres revenus traditionnellement accordés à l'auteur.

Que les choses soient claires: je ne connais pas les deux David. Ce que je formule, ce n'est qu'une supposition, une conjecture que j'espère la plus éclairée possible.

D'après ce que je connais du milieu du cinéma, je suppose que Rowling est allée au rapport de force: "si je ne suis pas co-productrice, les deux derniers films ne se font pas".

Si elle a pu y parvenir, c'est parce que l'éditeur de Rowling avait dû avoir la sagesse de ne pas accorder de droit de préférence, ni encore moins d'exclusivité, aux producteurs du début. 

De la même manière, dans un contrat d'édition, je suis partisan de n'accorder des droits que sur un livre après l'autre, même dans le cadre d'une série. 

Ainsi, si quelque chose se passe mal, vous pouvez tout arrêter.

Mais bien sûr, vous me connaissez, en matière de livres, je suis plutôt partisan de l'autoédition.

A partir du deuxième roman, l'éditeur de Rowling, ou Rowling elle-même, n'a donc vendu les options d'adaptation que sur chaque roman individuellement, et pas avant de connaître le succès commercial du film précédent.

Quand Rowling a vu que le succès des films était au rendez-vous, elle était apparemment en situation de s'imposer en tant que productrice.

Ce qui me fait dire que Rowling a agi de la sorte comme une autrice indépendante, c'est qu'elle avait eu également la sagesse de se garder les droits sur les versions ebook. Quand vous allez sur un ebook Harry Potter sur Amazon, vous remarquez ainsi la mention: "Editeur: Pottermore from J.K. Rowling". 


Vous allez me dire, Rowling est un cas très particulier qui ne se reproduira probablement jamais dans le milieu de l'édition. Elle a pu imposer ses conditions dans le milieu de l'audiovisuel parce qu'elle avait connu un succès phénoménal en librairie. 

Certes, vous ne serez sans doute pas à même de négocier au même niveau. Mais cet article ne vise pas à vous faire contacter des producteurs pour adapter votre livre: ça ne marchera pas, ou bien vous êtes sûr de vous faire exploiter à mort. 

Le message que j'ai envie de faire passer est bien celui-ci: en cas de succès de votre livre, si l'on vient vous voir, c'est que l'on sera motivé par le potentiel de ce que vous avez écrit. Ce potentiel a une valeur marchande : à vous d'en tirer le meilleur profit. Si le producteur ne met pas les moyens que vous jugez appropriés, autant dire non. Un film, ça représente beaucoup de stress, donc si dès le départ, vous sentez qu'il y a un loup, autant ne pas donner suite. Une adaptation ne peut être un but en soi. Le but reste toujours le livre. 

Pour revenir à la saga Harry Potter, on s'aperçoit aussi que, dès le premier film, Rowling a su s'assurer le contrôle créatif, ou droit de regard sur le scénario. 

Tous les auteurs savent qu'adapter, c'est trahir. En d'autres termes, la liberté artistique du metteur en scène va très souvent transformer une œuvre, en faire quelque chose d'autre. Parfois, le résultat est meilleur, parfois, il est pire. 

Rowling a su faire en sorte que les adaptations soient fidèles aux romans. Elle en a profité pour faire l'éclatante démonstration envers Hollywood que ce n'est pas parce qu'une romancière se mêle du scénario d'un film que celui-ci va faire un flop.

ATTENTION SPOILER : 

Le danger pour un auteur qui tient vraiment à son livre, c'est de voir celui-ci complètement dénaturé à l'écran: imagine-t-on un film historique contre l'esclavagisme avoir pour protagoniste principal un esclave blanc dans un champ de coton du Sud américain, quand dans le livre, ce même protagoniste avait la peau noire? 

C'est un cas un peu extrême, mais vous voyez ce que je veux dire. Un simple détail peut tout changer. Si, par exemple, le personnage du professeur Rogue dans Harry Potter avait été entièrement négatif, s'il avait fait partie des méchants d'un bout à l'autre, sans être le personnage ambivalent, et au final, positif, qu'il est dans la saga, c'est tout le scénario conçu par l'autrice qui aurait été foutu en l'air. 

Donc oui, dans la mesure où l'on s'intéresse au devenir cinématographique de son livre, et à son image de marque, le contrôle créatif me semble important pour un auteur. 

"J'ai vendu mes enfants à des marchands d'esclave", telle a été la réaction de George Lucas après la sortie de Star Wars Episode 7. Il n'y a pas que l'argent...

Il est possible, pour un auteur, de s'assurer de ce contrôle créatif dès le stade de l'option, et c'est ce que je recommande. Vous pouvez télécharger un modèle d'option sur le site de la SACD.
  

jeudi 10 août 2017

Dix mille

Quand on est auteur, toutes les occasions sont bonnes pour boire un coup! Blague à part, je suis heureux d'annoncer aujourd'hui avoir dépassé les 10 000 livres et ebooks vendus en autoédition en ce mois d'août, et ce depuis l'année 2010 (l'année de sortie du Souffle d'Aoles, roman de fantasy). Je tiens à remercier mes proches, qui m'ont soutenu tout du long, mes lecteurs, pour leur fidélité, et bien sûr mes partenaires, libraires et plate-formes de vente. Le chemin aura été escarpé, avec des hauts et des bas, mais comme tout chemin de montagne, c'est ce qui en fait la beauté.

On a beau vouloir être indépendant, et s'autoéditer, il faut bien reconnaître que c'est du travail d'équipe. 

Sans le soutien de mes proches, et en particulier de mon épouse, je n'en serais pas là aujourd'hui. 

Sans les partenaires avec lesquelles je travaille, centres culturels et centres commerciaux en Ile de France, plates-forme de vente, je ne serais pas arrivé à toucher un aussi large public. 

Sans ma correctrice professionnelle de langue anglaise, je ne serais pas parvenu à exporter mes ebooks au Royaume Uni et aux Etats-Unis dans la langue de Shakespeare.

Sur ces 10 000 livres et ebooks vendu, près de 6800, une large majorité, donc, sont des livres papier. 

C'est une fierté, parce que les promos d'ebooks à 0,99€ peuvent parfois gonfler les ventes sans que cela reflète une réelle adhésion du public au contenu. 

Ainsi par exemple, les quelques 250 ventes en une semaine de ma promo anglo-saxonne la plus réussie, ont été obtenues en vendant la trilogie complète en anglais, de plus de 1400 pages, à 0,99$. Eh oui...

Ça ne signifie pas qu'il soit facile de générer ce genre d'intérêt, spécialement dans le monde anglo-saxon, où la concurrence est plus rude encore qu'en France. Mais il s'agit d'une marque d'intérêt plus que de réel engagement. 

Les commentaires sont mieux à même de mesurer l'engagement, et je suis heureux de ceux que j'ai reçu jusqu'à présent. De même, recevoir un email d'un lecteur enthousiaste est toujours un moment fort pour moi.  Ça et les ventes, c'est ce qu'il y a de plus tangible pour un auteur.

Est-ce que, malgré tout, on peut parfois être tenté de jeter l'éponge? Je dirais que le parcours d'artiste, pour mes semblables, ceux, du moins, qui ne transforment pas tout ce qu'ils touchent en or, c'est un peu comme dans Rocky, il faut savoir encaisser. 

Ces dix mille livres et ebooks vendus, c'est avant tout de la persévérance et de la patience.

Et le chapitre suivant de ma vie d'auteur sera bien sûr un nouveau livre. :)

dimanche 28 mai 2017

Pubs Facebook: attention aux "j'aime" frauduleux !

Facebook est malade de ses faux profils, supprimés chaque année par centaines de milliers par l'équipe de Mark Zuckerberg. Le dévoiement, ou détournement des profils n'est d'ailleurs pas propre à Facebook: c'est juste qu'il semble monter en puissance avec la popularité d'un réseau social. Les détournements et arnaques sont de nature diverses, et peuvent provenir aussi bien d'individus malintentionnés, de bots (robots) que de "clicks farms", les fameuses "fermes à clic". Le problème pour les auteurs est que ces détournements touchent le nerf de la guerre, les publicités Facebook, qui risquent de devenir de moins en moins pertinentes. 

Ce dimanche 28 mai est la Fête des Mères. A cette occasion, et depuis mardi dernier, j'ai baissé le prix de chacun de mes ebooks, Le Souffle d'Aoles, Eau Turquoise et Les Flammes de l'Immolé, à 0,99€ chacun. 

Pour en avertir les utilisateurs de Facebook, j'ai choisi de propulser un article élogieux portant sur Les Flammes de l'Immolé, celui du blog Des livres, des fils et un peu de farine...

Il m'en a coûté 45€ pour booster cet article, somme que j'ai définie moi-même, avec la possibilité d'interrompre cette publicité Facebook, et donc le versement d'argent, à tout moment.

Voici le lien vers la publicité en question

Très rapidement j'ai obtenu des "j'aime", mais tout aussi rapidement, je me suis interrogé sur la provenance d'une bonne part de ces appréciations. 

Si je vendais sur une base régulière mes ebooks en Afghanistan, aux Comorres ou en Turquie, je n'aurais pas été surpris d'avoir des utilisateurs de Facebook en provenance de ces pays cliquant sur "j'aime". 

Malheureusement, ce n'est pas le cas. 

Je vous invite à cliquer sur le lien des "j'aime" de cette publicité, et à examiner les profils en question. 

De la même manière, si vous êtes auteur et faites de la pub en utilisant Facebook, je vous recommande fortement de cliquer sur les appréciations de chacune de vos pubs pour en vérifier la fiabilité. 

Sur les 69 "j'aime" de ma pub, je dirais qu'au moins 45 sont de provenance douteuse ou très douteuse. Une très grande majorité hélas!

Ce n'est pas le cas de toutes les pubs ou articles sponsorisés que l'on trouve sur Facebook, cela dit. Certains ne souffrent pas de ce problème, c'est pourquoi je recommande d'agir au cas par cas plutôt que de manière systématique.

L'auteur autoédité Mark Dawson, que j'ai interrogé à ce sujet, et qui possède une mailing list de plus de 65 000 personnes, m'a confirmé qu'il tirait toujours la plupart de ses revenus de pubs Facebook, qu'il s'agisse d'accroître sa newsletter ou de faire des ventes directes.


Pour plus de transparence, voici quel était le "ciblage" de ma pub Facebook: 

- Pays: France et Wallonie
- Audience: hommes et femmes entre 16 et 44 ans
- Centres d'intérêts : Heroic Fantasy, les auteurs Robert Jordan, Frank Herbert, David Gemmell, Terry Goodkind, Robin Hobb, Fiona McIntosh, Brandon Sanderson, Ursula K. Le Guin, Jack Vance, Morgan Rice, Rick Riordan, plus le roman Les Enfants de la Terre et le personnage de Percy Jackson

Cette audience représentait plus de 1,5 millions de personnes. La publicité a démarré le mardi. En supprimant Heroic Fantasy et Percy Jackson après une journée, dès le mercredi, j'ai réduit l'audience à 30 000 personnes. J'espérais ainsi éviter les clicks farms.

Malgré cela, l'hémorragie des fausses appréciations, vraisemblablement en provenance de "fermes à clics" s'est poursuivie durant toute la durée de la pub, que j'ai interrompue le vendredi soir. 
 
L'explication de ce problème se trouve sans doute dans cette vidéo de langue anglaise de 2014 intitulée Facebook Fraud


Pour résumer, les employés des fameuses Clicks Farms, afin de légitimer leurs appréciations, de faire en sorte qu'elles soient validées par Facebook, vont cliquer sur les "j'aime" ou "j'adore" des publicités de manière aléatoire, et parviennent à localiser leurs profils dans les pays ciblés par ces publicités. 

En gros, ce n'est pas parce que vous ne ciblez pas l'Afghanistan, que vous n'aurez pas un Afghan dont il est écrit sur le profil qu'il vit à Paris qui va vous aimer votre pub. 

Comme le précise la vidéo ci-dessus, ces appréciations sont en fait très néfastes par rapport à votre pub, parce que nuisant à l'effet boule de neige, Facebook ayant mis en place des contre-mesures pour réduire la popularité en cas de doute sur la provenance des clics.

En plus, n'importe qui cliquant sur les appréciations se demandera si vous n'avez pas vous-même fait appel à une "ferme à clics". 

Inutile de dire que j'ai eu très peu de ventes à la suite de cette pub: moins d'une dizaine. 

Il fut un temps où je parlais d'une promo réussie en raison de deux facteurs, l'aide de la plate-forme de vente et les pubs Facebook.

Les choses ont bien changé.

Il s'avère qu'il va devenir de plus en plus difficile de s'appuyer sur les pubs Facebook pour faire connaître ses romans.