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dimanche 19 juin 2022

« Pourquoi vous n'êtes pas très connu ? »

Lorsqu'un libraire me demande « Pourquoi vous n'êtes pas très connu ? », ma réaction dans mon for intérieur est celle-ci : 😅😅😅😓😓. Parce que ce genre de question, bien sûr, va tout de suite me confronter à mes limites, et à celles de l'exercice de ma profession. C'est une question qui dépend bien sûr de ce que l'on met derrière l'expression "très connu", mais qui garde malgré tout, dans sa naïveté, une certaine légitimité.

« Vous êtes l'un des auteurs qui vendent le plus ici, et de très loin. Très peu vendent autant. Pourquoi vous n'êtes pas très connu ? » C'est à peu près en ces termes que l'un des employés du rayon librairie du centre commercial Auchan à Soisy m'a posé la question qui m'a fait suer intérieurement.

Je lui ai aussitôt répondu, bien sûr, par rapport à l'absence de mes romans en rayons, le manque d'exposition lié au fait que je refuse la politique de retours des libraires, c'est à dire de devoir rembourser des livres, au bout de plusieurs mois, qui n'auraient pas été vendus. Je lui ai aussi parlé de mon carnet d'adresse proche du zéro absolu, qui ne me permet pas de passer par exemple à La Grande librairie, l'émission télé. De mes tentatives de pub payantes sur Facebook et Amazon, qui n'ont rien donné. De la traduction en anglais de la trilogie Ardalia, en Fantasy, et des Nouveaux Gardiens, en Thriller, suivis de publicités payantes dans des newsletters à plusieurs centaines de milliers d'abonnés US, qui n'ont rien donné non plus. Du fait que j'étais plutôt doué pour vendre mes bouquins en live, mais pas du tout pour le marketing sur internet. 

J'aurais aussi pu lui répondre que j'étais juste un borgne parmi des aveugles. J'aurais pu lui dire que mon record de vente sur une journée était de 42 livres, alors que Brandon Sanderson a physiquement dédicacé 1000 livres papier en une seule journée (cycle de la Roue du Temps dont il a écrit les derniers opus).

J'aurais pu lui dire, aussi, que Brandon Sanderson, qui a vendu des millions de livres, est inconnu du grand public, qu'il n'est connu que des amateurs de Fantasy, qui peuvent retrouver ses romans dans les rayons appropriés. Lui faire comprendre que le terme "très connu" est vraiment très subjectif, et que même JK Rowling est toujours l'inconnue de quelqu'un d'autre.

J'aurais pu lui parler de quelque chose de plus intime, de ma méfiance par rapport à la célébrité et tous ses pièges, qui transparaît dans mon article Mortelle célébrité

Mais si je savais que sa question avait malgré tout une légitimité, si je savais pourquoi elle me mettait mal à l'aise, c'est qu'en mon for intérieur, d'une certaine manière, je pense en connaître la réponse. C'est que pour moi, un best-seller qui se vend à plus d'une centaine de milliers d'exemplaires est une anomalie. Et que mes romans ne sont pas des anomalies, ce sont des livres "normaux". 

Un roman qui suscite une réaction d'accroche immédiate et un bouche à oreille très important, ce qui signifie que des lecteurs sont prêts à dépenser leur énergie pour le faire connaître, un roman qui créé un effet boule de neige, d'augmentation exponentielle des ventes, ce roman-là, et je suis désolé pour tous les lecteurs qui ont lu et apprécié mes livres, je ne l'ai pas écrit, tout simplement. Pas encore écrit? Peut-être. Je n'en sais rien, à vrai dire. C'est quelque chose qui ne dépend de moi qu'en partie. 

A une seule occasion, il m'est arrivé de ressentir cette anomalie qui peut être le signe d'un best-seller. C'était pour ma nouvelle gratuite Les Explorateurs. En décembre 2014, cette nouvelle s'est retrouvée n°1 au classement des téléchargements d'ebooks gratuits d'Amazon. Un peu plus de 600 exemplaires ont été téléchargés sur le mois de décembre 2014. Et je n'avais rien fait pour cela. Quelqu'un a juste parlé de cette nouvelle sur un site. 

La nouvelle Les Explorateurs est d'ailleurs la plus téléchargée de mon catalogue: 16700 téléchargements chez Apple, 4400 chez Amazon. Mais c'est du gratuit. Et pour les Explorateurs, j'avais fait l'effort d'inciter des proches à noter le livre sur Apple, parce qu'à partir de 10 notes, la nouvelle se retrouve davantage montrée aux lecteurs de l'application iBooks. Donc sur Apple, j'avais une sorte de levier pour le faire connaître. Je trouvais pénible de faire cet effort envers mes proches pour les autres livres, donc je ne l'ai pas reproduit, même si j'incite toujours mes lecteurs à mettre des notes et commentaires sur mes livres. 

De nos jours, il faut le savoir, le simple fait de mettre des étoiles à propos d'un livre sur un site de vente ou une application demande un effort gigantesque aux lecteurs. En tout cas à la plupart des lecteurs, pas à vous, bien sûr, cher lecteur, qui avez lu, noté, et même commenté au moins l'un de mes livres.

Donc, voilà, tout ça pour dire que je suis un auteur normal qui vend des livres normaux.  


samedi 24 mars 2018

Expressediteur.com: un bon plan

Expressediteur, géré par le libraire La Générale du livre, est un service de livraison de livres en 48h00 s'adressant à la fois aux libraires, aux auteurs autoédités référencés Dilicom et Electre et aux éditeurs. Quel bilan depuis que j'ai commencé à utiliser ce service, en 2016? 

Si vous avez raté l'épisode précédent concernant Expressediteur, je vous renvoie à mon article de 2016, que je vous conseille vivement de lire pour savoir de quoi il retourne exactement.

J'y explique notamment pourquoi j'ai consenti à laisser 45% de marge sur le prix de mes livres pour bénéficier de ce service. 

Bien que je n'ai pas eu beaucoup de commandes par ce biais, quelques-unes sont arrivées, et l'expérience est très positive, selon moi. 

Je vais prendre un exemple: en février dernier, j'ai reçu une commande de trois livres, deux Passager clandestin et un Eau Turquoise (j'avais aussi reçu une commande en janvier). 

Le site est très pratique. L'impression de l'étiquette à coller sur le colis se fait très vite. Au bureau de Poste, il faut faire la queue pour faire tamponner son colis. Mais comme c'est un service rapide et que mon bureau est bien organisé, ils ont un employé qui remonte la file d'attente et gère ce genre de cas rapide. Bref, je n'attends pas trop pour que le colis soit pris en charge et pour bénéficier du coup de tampon sur le récépissé. 

Le paiement est également très rapide et fiable: en l'occurrence, le virement de 30 € pour ces trois livres s'est fait dans la semaine. 

Je n'ai pas à établir de facture pour ces cas précis, parce que le site Expressediteur fait des factures proforma.

Je peux vous dire, moi qui ait déjà envoyé des livres à une librairie sans jamais être payé, que c'est très très appréciable, cette fiabilité et cette rapidité de paiement. No stress.

Comme je reçois un peu plus de commande expressediteur cette année, du coup, j'ai commandé des cartons au format exact de mes livres, pour éviter les problèmes de livres abimés à l'arrivée. J'ai fait le test, et cela rentre parfaitement, les livres ne bougent pas dans le colis. 

Le seul vrai souci que me pose Expressediteur vient de leurs emails: ils sont classés systématiquement en spam par mon logiciel de messagerie, Thunderbird. J'ai eu beau les déclarer acceptables, ajouter l'adresse d'Expressediteur dans mon carnet d'adresses, et même créer des filtres pour que les emails arrivent bien dans la boîte de réception, ils sont toujours renvoyés dans les indésirables. 

Donc, si vous êtes auteur autoédité ou éditeur et que vous ayez recours à ce service, vérifiez votre courrier indésirable régulièrement. 

Autre possibilité encore plus sûre: se connecter sur le site expressediteur de temps en temps pour vérifier ses commandes.  

Je pense être quelqu'un de suffisamment réaliste pour ne pas faire d'angélisme au sujet de ce service. Je sais qu'il y a d'autres solutions: par exemple, l'imprimeur ICM vous propose de stocker vos livres et d'en gérer l'expédition. Cet imprimeur français fait par ailleurs de très bon prix sur les livres. 

Cela pourrait sembler une solution idéale pour rentabiliser au maximum l'envoi de livres. Malheureusement, le problème ne se pose pas pour moi en termes de stockage et d'expédition.

Le vrai problème, pour de petites commandes ponctuelles, selon moi, c'est le problème de la rapidité de l'envoi, d'une part, et de la fiabilité et rapidité de paiement de la facture de la part du libraire d'autre part. 

Pour ne prendre aucun risque avec les libraires, je demande toujours à être payé avant d'envoyer les livres. Cela génère évidemment des délais d'envoi plus importants. 

Expressediteur résout tout cela: les livres arrivent beaucoup plus vite chez le libraire, et l'auteur ou l'éditeur est payé plus rapidement. 

C'est un service, selon moi, qui vaut tout à fait les 10% supplémentaires par rapport à la remise libraire habituelle de 35%. Mais vous avez le droit de ne pas être d'accord, et de me donner vos arguments en commentaire...

PS: si vous n'êtes référencé que Dilicom et pas Electre, à mon avis, il y a moyen de négocier avec Expressediteur pour qu'ils vous acceptent malgré tout. Dans ce cas, ils référenceront eux-mêmes vos livres.

lundi 15 mai 2017

Mes livres imprimés par Orséry

Vous vous souvenez de l'Espresso Book Machine, l'imprimante capable de fabriquer et sortir un exemplaire d'un livre en librairie, devant vous, en cinq à dix minutes? Eh bien, quatre des cinq livres des Editions Emmanuel Guillot sont maintenant disponibles chez le concurrent de l'Espresso Book Machine, Orséry. On peut les faire fabriquer au Cultura la Villette ou chez le libraire Une page de vie à Viroflay (78).

L'impression à la demande en librairie connaîtrait-elle le début d'un frémissement? J'ai en tout cas souhaité être à la pointe de la technologie, en permettant à mes lecteurs de faire fabriquer en une petite dizaine de minutes maximum par livre les quatre cinquièmes de mon catalogue dans ces deux points de vente, le Cultura la Villette et la librairie Une page de vie à Viroflay (78)

Il s'agit des titres: 
- Le Souffle d'Aoles (Ardalia, premier tome)
- Eau Turquoise (Ardalia, deuxième tome)
- Les Explorateurs
- Le Vagabond

Seul manque à l'appel le troisième tome de la trilogie Ardalia, Les Flammes de l'Immolé, en raison d'une contrainte technique: la machine ne peut imprimer des livres au-delà des 400 pages, et ce tome en fait plus de 500. 

J'ai eu entre les mains un exemplaire de test du Vagabond. Malheureusement, les pages sont très blanches à mon goût, je n'ai pas eu la possibilité d'obtenir des pages couleur crème comme c'est le cas d'habitude. La couverture est un peu plus souple que de coutume, mais solide. 

J'ai donc signé un contrat avec Orséry, et je me réjouis de ce partenariat. Il ne s'agit pas tant, pour moi, d'espérer gagner beaucoup d'argent que de dépanner certains lecteurs. 

En effet, je gagnerai entre 2 et 4 € par livre imprimé par ce biais, avec relevé de ventes et paiement une fois par an seulement, après l'établissement par l'éditeur/auteur d'une facture. Ça, c'est le côté un peu frustrant.

La rémunération de l'éditeur, ou dans mon cas, de l'auteur autoédité, est de 40% de la marge globale du livre, le reste étant réparti entre Orséry et le libraire. 

Le coût hors taxe de fabrication pour un livre est de 4,20 € plus 0,013€ par page noir et blanc, 0,036€ par page couleur, et 0,330€ pour la couverture. 

Pour un recueil de 224 pages comme Le Vagabond, le coût de fabrication serait de 3,24 + 4,20 = 7,44 € HT, soit 7,85 € TTC. Le recueil coûtant 14€ à l'achat, la marge globale du livre est de 6,56€. 

Je toucherai donc 40% de ces 6,56 €, soit 2,62 € par exemplaire du Vagabond vendu.

La marge dépend donc du prix global de chaque livre et du nombre de pages.

On le voit, la vente de livres par ce biais ne rapporte pas beaucoup plus qu'un ebook, mais de nombreuses personnes étant encore attachées au livre papier, cela permet de rendre ce service directement en librairie. 

S'il s'avère que j'écoule plus de 10 exemplaires d'Eau Turquoise, le tome 2 d'Ardalia, par an par ce biais (c'est à dire fabriqués par Orséry), alors je réaliserai la maquette d'un tome 3 et d'un tome 4 qui ne seront imprimés que par Orséry, et qui feront environ 250 pages chacun. Ces deux tomes correspondront au tome 3 actuel.

La réalisation de maquettes de livres prenant du temps, je préfère pour l'instant me consacrer à mon prochain roman, qui devrait sortir d'ici la fin de l'année. 

J'espère en tout cas qu'Orséry pourra s'étendre dans tout le réseau Cultura, pourquoi pas dans les Espaces culturel Leclerc, et dans de nombreuses librairies!

vendredi 25 novembre 2016

Mes livres référencés par Expressediteur.com

Plus d'excuses! Les libraires peuvent désormais passer par le site expressediteur.com pour recevoir mes livres en 48h, avec optimisation des frais de port et une remise fixe de 35% sur le prix de mes livres. Pour cela il était nécessaire que mes livres soient référencés Dilicom et Electre, ce qui est le cas. 

J'ai déjà dit sur ce blog que je conseillais de réduire le nombre d'intermédiaires entre les lecteurs et l'auteur autoédité, et je ne renie pas ce conseil pour ce qui est du livre numérique, ou ebook. 

Le livre papier obéit à des lois différentes. On peut bien sûr appliquer ce conseil de réduire les intermédiaires en dédicaçant soi-même ses livres, et c'est ce que je fais avec suffisamment de succès pour en vivre à plein temps. 

Mais d'un autre côté, je constate encore et toujours que les commandes de libraires sont vraiment rares. Pire: il m'est arrivé, en arrivant dans un Cultura avec lequel je travaille régulièrement, que la libraire repère une commande pour un de mes livres datant de plusieurs mois auparavant, commande qui n'avait pas été transmise aux Editions Emmanuel Guillot (mon alter ego davantage orienté édition qu'écriture, ce qui, j'imagine, fait de moi un être plutôt schizo, lol).

Je suis persuadé que ce n'est que le sommet de l'iceberg: d'autres commandes de libraires ne me sont sans doute jamais parvenues, n'ayant pas été jugées prioritaires, en particulier dans les périodes de fêtes où les commandes sont nombreuses. 

Le but de mon partenariat avec expressediteur.com est donc avant tout de rassurer les libraires en leur suggérant un partenaire fiable.

Mais pourquoi ce choix d'Express editeur, me direz-vous, alors que la marge sur chacun de mes livres imprimés à la demande est très forte, 45%. 

Parce que :

- Express éditeur dépend de la Générale du livre, duquel dépend la Générale libr'est, librairie avec laquelle j'ai déjà travaillé à plusieurs reprises, qui m'a commandé des livres en compte ferme, et avec laquelle tout s'est bien passé
- chaque commande est une commande en compte ferme, et le virement (paiement) est effectué par Express éditeur sur mon compte avant même que je n'envoie les livres
- je n'ai pas à régler les frais de port, puisque Express éditeur m'envoie une étiquette prépayée à imprimer
- mes seuls frais supplémentaires consistent donc à acheter des enveloppes à bulles, ce que recommande d'ailleurs Express éditeur

Je ne vais pas vous mentir, je n'attends pas monts et merveilles de ce service. Je sais que les commandes vont rester rares. En fait, si les commandes devaient être quotidiennes, cela voudrait aussi dire des visites quotidiennes à la Poste, et moins de temps pour écrire, donc je ne me plains pas.

Si j'ai choisi d'utiliser ce service, c'est donc non seulement pour augmenter mes ventes, mais aussi pour rendre service à la fois aux lecteurs et aux libraires. 

Combien vais-je toucher sur un livre vendu 21€? Je dirais entre 5 et 6€, après déduction de la marge, du prix de l'enveloppe et de celui du livre.

Si vous êtes lecteur et qu'un libraire n'arrive pas à commander mes livres, demandez-lui donc de se connecter sur le site expressediteur, et de passer sa commande à partir de ce site.

De nombreux lecteurs tiennent en effet à préserver le métier de leur libraire, et c'est tout à leur honneur.

En dehors des séances de dédicace, il n'a pas été simple pour moi de trouver des points de convergence avec les libraires, et ce site, Express éditeur, me semble vraiment être une solution adéquate et sécurisée pour les deux parties.

Alors, il est vrai que les auteurs autoédités, en principe, ne peuvent être référencés Electre. Je ne sais pas si c'est le nombre de mes ventes, le fait que je travaille avec une trentaine de centres commerciaux spécialisés on non dans les livres, mon ancienneté ou ma volonté de tendre vers le professionnalisme qui ont fait accepter mes livres, ou bien un peu de tout cela à la fois. 


Je pense simplement que si un auteur autoédité tend vers le professionnalisme, il ne faut pas désespérer, ses efforts seront reconnus par au moins une partie de la profession.

vendredi 1 janvier 2016

Top 10 des articles les plus utiles de ce blog

Mon but en créant ce blog était avant tout de me créer une plate-forme à des fins promotionnelles. Cela peut se comprendre, je suis auteur. Mais je désirais aussi que d'autres puissent y découvrir les articles que j'aurais aimé trouver, moi, en tant qu'auteur à mes débuts. Pour ne pas tomber dans des embûches. Pour me faire gagner du temps. Pour apprendre. Voici donc regroupés les 10 articles qui sont à mon sens les plus utiles pour un auteur, sur les 118 que comporte ce blog. J'en profite bien sûr pour vous souhaiter mes meilleurs vœux, et une excellente année 2016!

Si ce sont des articles pratiques et des tutoriels qui occupent la plus grande partie de ce top 10, c'est parce que ce sont les articles qui ont été les plus commentés, les plus vus et ont donc eu le plus d'impact auprès des lecteurs de ce blog, qui sont en grande majorité des auteurs. 

Le combat que je mène depuis un certain temps, celui de prouver, par l'exemple, que l'autoédition est un meilleur choix que l'édition traditionnelle pour un auteur (à l'exception des quelques bestsellers déjà en place dans les grosses maisons) me semble gagné, c'est pourquoi les articles théoriques qui peuvent guider un auteur par rapport au choix entre l'édition traditionnelle et l'autoédition n'interviennent qu'en deuxième partie de classement. 

Quand je dis que le combat de l'autoédition me semble gagné, il ne faut pas comprendre que c'est un acquis définitif: chaque nouveau livre autoédité doit bien sûr continuer à faire la preuve qu'il est aussi réussi, sur la forme comme sur le fond, sinon meilleur qu'un livre traditionnellement édité. Il faut continuer à se retrousser les manches pour chaque livre, cela va de soi. 

Mais disons que je serais très surpris qu'un auteur puisse fonder son opinion sur la seule lecture de ce blog. Les sources d'information sont tellement diverses et variées de nos jours que je ne peux prétendre, au mieux, qu'être un facilitateur de choix pour une fraction infime d'auteurs. 

Disons que si vous êtes vraiment sérieux par rapport à l'écriture, si vous avez réfléchi à la masse de travail que représente un livre, si vous vous êtes rendu(e) compte que vous n'aviez qu'une chance sur mille d'être sélectionné par une maison d'édition, si vous avez compris que cette maison ne publiera votre livre qu'un an ou deux après l'avoir sélectionné, si vous savez que les maisons d'édition ont tendance à mettre en avant en priorité leurs auteurs phares en termes de marketing, si vous avez, finalement, calculé que votre livre n'aura qu'une chance sur mille de rester plus de trois mois en librairie une fois traditionnellement publié, vous en aurez déduit logiquement que la démarche d'envoyer votre manuscrit à un éditeur ne portera ses fruits que dans un cas sur un million. 

Et si vous avez de l'expérience dans le domaine de l'écriture, vous n'aurez peut-être pas envie de jouer au loto avec quelque chose qui vous a demandé autant de travail, non?

L'article qui occupe le premier rang dans le classement est un article concernant l'impression à la demande, et ce n'est évidemment pas sans raison eu égard à mon parcours personnel.  Malgré son ancienneté, il garde toute son actualité.

J'estime en effet que les marges dégagées par l'impression à la demande sont plus importantes que celles de l'ebook, et selon cette logique, un auteur aura plus de chances d'en vivre en vendant moins de livres. 

Mais je concède volontiers que l'impression à la demande est aussi ce qui va demander le plus de travail. Je n'oublie pas que 95% des ventes sur le papier viennent dans mon cas personnel des séances de dédicace indiquées en colonne de droite de ce blog.  

Vous êtes libres d'effectuer votre propre classement. Mon évaluation est forcément subjective, car tirée de mon parcours personnel. D'autres expériences seront entièrement différentes.

Si vous êtes auteur et que ce blog vous a aidé à un moment ou à un autre, que vous vous souveniez d'un article en particulier ou non, je vous invite à laisser un commentaire au bas de ce post. N'hésitez pas à poster des liens vers vos articles préférés, s'il y en a! 

1. Mon expérience avec Createspace... et Cyberscribe/Ediweb

2. Les étapes de la création d'un ebook 1ère partie

3. Les étapes de la création d'un ebook 2ème partie

4. Retour sur une promo réussie, ou comment les pubs Facebook m'ont donné le coup de pouce nécessaire au moment d'une promo négociée avec la plate-forme Kobo/La Fnac

5. Mon point de vue sur les corrections et réécritures en externe

6. Traduction de romans: attention, terrain miné!

7. Bilan 2010 à 2014, année par année

8. Un rêve, cela peut coûter cher

9. L'illusion de la "diffusion/distribution universelle"

10. Le dépôt-vente en librairie

Comme je suis un grand rebelle et que je me sens à l'étroit dans ces dix articles, je rajoute l'un des articles qui explique le mieux ma position par rapport à l'édition traditionnelle, Une industrie de sommet de pyramide.

jeudi 24 septembre 2015

Mon blog Overblog supprimé

Après en avoir discuté avec l'auteur Cyril Godefroy, j'ai décidé de supprimer mon ancien blog d'Overblog. Je ne l'ai pas fait de gaieté de cœur, puisque ce blog avait reçu quelques commentaires, heureusement peu nombreux, qui sont bien évidemment une vraie richesse. La raison ? Mon ancien blog apparaissait en tête des recherches sur mon nom sur Google. Je souhaitais éviter aux personnes faisant une recherche sur mon nom de cliquer sur un lien inutile. Ce qui prouve au moins que je ne suis pas narcissique au point de rechercher sans cesse mon nom dans Google! ;)

J'ai également fait subir, toujours sur le conseil décidément éclairé de Cyril,  de légers changement à ce blog (colonne de droite) et à mon site, en donnant la possibilité aux lecteurs amateurs de Fantasy, de Science-Fiction ou de Thrillers, de s'inscrire dans mon Groupe de lecteurs beaucoup plus facilement. 

Comme cadeau de bienvenue, ils recevront un lien avec le premier tome du Cycle d'Ardalia en version epub ou Kindle (mobi).

Ils seront bien évidemment les premiers informés de mes promotions, mais il est possible que je les informe aussi d'autres promos dans les domaines qui les intéressent.





lundi 17 août 2015

Vers un portail des auteurs indépendants ?

En me mettant à la place d'un site de ventes d'ebooks sur Internet, et en supposant que les responsables du site cherchent à élargir leur catalogue d'ebooks d'auteurs indépendants, je me suis demandé comment ce site s'y prendrait. De nombreux auteurs censés être indépendants ne le sont en effet plus vraiment, puisque ayant la totalité de leur catalogue en exclusivité sur Amazon. Les responsables du site de ventes d'ebooks pourraient certes aller consulter Smashwords ou Kobobooks, mais comment être sûr de ne pas être envoyé sur les roses dès le premier contact avec l'auteur? M'est alors venue l'idée d'un portail d'auteurs vraiment indépendants, qui rendrait ce contact plus facile.

On pourrait me reprocher de vouloir monter les auteurs les uns contre les autres avec cette idée d'auteurs "vraiment" indépendants.  Malheureusement, Amazon l'a déjà fait.

En truquant son système de classement pour rendre les ebooks exclusifs à Amazon plus visibles que les autres, le site de Jeff Bezos permet à ces auteurs exclusifs, qui sont déjà presque des auteurs maison, de passer devant sur les différentes listes de bestsellers. 

En effet, devenir exclusif à Amazon, c'est aussi enrôler son ebook dans Kindle Unlimited. Une fois l'ebook dans Kindle Unlimited, chaque téléchargement dans le cadre de cet abonnement de 9,99 € par mois compte dans les listes de bestsellers comme une vente, même si l'ebook n'est pas lu. 

D'où le regain de visibilité. Qui ne se fait pas en l'occurrence forcément parce que le livre est meilleur, mais parce que l'auteur a refusé de le rendre accessible aux autres sites. 

Evidemment, il n'y a rien d'automatique. On peut très bien être sur Kindle Unlimited et rester invisible, sans aucun téléchargement. Amazon joue sur le fait qu'une partie non négligeable d'auteurs développe des talents marketing et promotionnels, qui sont de toute façon indispensables dès lors que l'on veut s'autoéditer un peu sérieusement. 

On pourrait estimer que Kindle Unlimited est une stratégie marketing comme une autre pour les auteurs, mais à partir du moment où cette stratégie induit une distorsion de concurrence majeure (1 million d'ebooks exclusifs à Amazon, comme déjà évoqué dans mes autres posts, contre 400 000 pour Kobo au niveau mondial), il y a selon moi un très gros risque. 

Le risque que de plus en plus d'auteurs amènent leurs lecteurs sur Amazon, privant les autres sites de ces mêmes lecteurs, et le risque, donc, à terme, pour les auteurs, de ne plus être indépendants du tout, c'est à dire de dépendre d'une seule source pour leurs revenus ebook. Ce qui est évidemment très dangereux, comme nous l'a appris l'expérience de l'édition traditionnelle. 

N'oublions pas que Kindle Unlimited (KU) est un système de souscription artificiellement financé, qui subventionne pour l'instant les auteurs bien au-delà de la réalité économique de l'argent rapporté par les quelques 1,1 million de personnes inscrites dans KU au niveau mondial. 

Je suis en effet persuadé que le fonds mondial est bien plus important que les 10 millions d'euros annoncés, et il faut aussi tenir compte des frais de fonctionnement du système de souscriptions. 

Cela explique pourquoi Kobo n'a pas lancé son système de souscription, et pourquoi Scribd a connu des déboires: les auteurs devraient être payés beaucoup, beaucoup moins que 0,00529 € la page (le tarif actuel) pour que le système soit rentable, compte tenu du nombre d'inscrits et de pages lues chaque mois.

Mais revenons à nos moutons. En tant qu'auteur indépendant, j'ai déjà été contacté par des plates-formes de vente. Youboox, par exemple, justement un système de souscription. Chapitre.com.

Je n'ai pas donné suite pour Youboox parce que je ne suis pas intéressé par un site qui ne travaille qu'à l'abonnement. L'abonnement constitue une bonne affaire pour les lecteurs, et donne de la visibilité aux auteurs, mais seul un système permettant à la fois l'abonnement et la vente directe, comme le fait Amazon, peut permettre une rémunération décente pour l'auteur.

Je renvoie ici à mon article sur la lecture équitable

J'ai arrêté de travailler avec le portail ebook de Chapitre.com, parce que l'idée de devoir envoyer moi-même des factures à chaque vente d'ebook mensuelle me paraissait extravagante par rapport à ce que proposent les plates-formes Kindle, Kobo, Apple et Google. Donc tous les concurrents majeurs. 

On voit donc que ce n'est pas parce que des auteurs seraient présents sur ce portail d'auteurs indépendants qu'ils seraient prêts à travailler avec des sites dans n'importe quelles conditions. Nos partenaires ont des critères de qualité sur les ebooks qu'ils souhaitent voir publiés sur leurs plates-formes? Nous avons des critères de qualité se rapportant aux conditions de publication, de rémunération, de transparence des ventes, et de facilité globale d'usage du site de publication.

Je pense que ce portail indépendant, s'il est mis un jour en place, devrait permettre aux auteurs de poster eux-même les informations sur leur livre, à l'instar de Smashwords. 

Il comporterait des informations propres à ce site:

- chez quels revendeurs est déjà proposé l'ebook (liens inclus)
- comment contacter l'auteur? (formulaire de contact présent dans le site)
- préférences de paiement: système automatisé ou envoi de factures par l'auteur
- DRM (verrou numérique)? Oui/non
- l'auteur accepte-t-il de travailler avec un distributeur numérique de type Immatériel? 
- l'auteur accepte-t-il de travailler avec un service d'abonnement de type Youboox?

Vous me direz, Smashwords remplit déjà pas mal de ces fonctions, puisqu'il référence de nombreux canaux de distribution, et joue le rôle de distributeur numérique. 

Mais justement, les auteurs indépendants n'ont pas forcément envie (et c'est d'ailleurs mon cas) de fonctionner avec un distributeur numérique. Nous préférons parfois le rapport direct avec chaque revendeur, pour des raisons de contrôle sur le contenu, de transparence des ventes et des délais de règlement. 

En plus de cela, Smashwords reste anglophone, et n'est pas forcément adapté ici en France.

Je suis persuadé qu'il faut un contrepoids, aussi modeste soit-il, à ces conditions d'exclusivité d'Amazon. En ce sens, un site permettant une visibilité aux auteurs réellement indépendants (avec au moins 90% de leur catalogue multi-plates-formes) me paraît indispensable. 

Evidemment, la question du nombre de ventes par plates-formes se pose aussi. Pourquoi faire la démarche de mettre son ebook sur une plate-forme, si celle-ci ne génère aucune vente?  Je reconnais par exemple avoir retiré mes ebooks de Youscribe parce que les ventes n'y étaient pas au rendez-vous.

Je n'ai évidemment ni l'expertise technique, ni le temps pour créer un tel portail d'auteurs indépendants. Je n'ai pas fait d'étude de marché pour savoir si un tel site pourrait réellement correspondre à un besoin de la part de sites de revendeurs d'ebooks, qui chercheraient à référencer des ebooks non exclusifs à Amazon. 

Le cherchent-ils vraiment, d'ailleurs?

Si un tel besoin devait se faire sentir, et si suffisamment d'auteurs voulaient se joindre à moi pour financer ce site, je serais prêt à mettre la main au porte-monnaie. Ou peut-être pourrait-on imaginer un partenariat avec un site d'auteurs tels qu'Iggybook.

Cela fait tout de même deux gros "si", mais l'idée est lancée.


N'hésitez pas pas à laisser vos idées en commentaire, ou encore à y référencer des sites d'auteurs indépendants que vous connaîtriez.

mardi 2 juin 2015

"Point de bascule" officiellement atteint aux Etats-Unis

Dans un article d'IDBoox au premier abord négatif par rapport aux ventes d'ebooks, puisque intitulé "Baisse des ventes d'ebooks aux USA en 2014" figure en réalité l'information cruciale pour les auteurs autoédités écrivant dans le domaine de la romance, du thriller, de la fantasy et des polars (et à mon avis aussi de la Science-Fiction). Selon cette information officielle du non moins officiel institut de statistiques Nielsen, le point de bascule a été atteint aux Etats-Unis en 2014 pour les œuvres relevant des genres que je viens de citer. 


C'est sans doute le cas depuis plusieurs années, et je l'avais d'ailleurs déjà annoncé sur ce blog. C'est maintenant officiel, d'après Nielsen: En 2014, le genre des livres numériques pour adultes sont ceux qui se vendent le plus et particulièrement la romance, la fantasy, les thrillers et les polars. Ces catégories représentent 50% des ventes (citation de l'article d'IDBoox).

Les statistiques officielles mettent toujours un certain temps à rattraper la réalité. Alors pourquoi ce terme de point de bascule?

Parce que les auteurs bien informés, notamment par le site Author Earnings, savent, chiffres à l'appui que les auteurs autoédités vendent plus d'ebooks, ou livres numériques, que les cinq plus gros éditeurs des Etats-Unis réunis. 

Ils savent aussi que leurs statistiques de vente ne sont pour l'instant pas prises en compte par les organismes officiels, mais le sont par un site comme Author Earnings, mis en place par des autoédités. 

Ils savent donc, qu'à partir du moment où en tant qu'auteurs autoédités pris collectivement, ils vendent plus d'ebooks que les plus gros éditeurs, et qu'à partir du moment où de manière générale, dans les genres où ils écrivent (romance, thriller, fantasy, polar, excusez du peu!) il y a plus d'ebooks qui se vendent que de livres papier, l'avenir est clairement dans le camp de l'autoédition et non de l'édition traditionnelle.

Pourquoi? Parce que les auteurs n'ont plus besoin de passer par des éditeurs pour diffuser leurs ebooks sur Amazon (KDP Publishing), Kobo/la Fnac (Kobo Writing Life) ou Apple (iTunes Producer, Smashwords). Ils peuvent le faire tout seul, de même qu'ils peuvent externaliser les corrections, voire corriger leurs ouvrages entre auteurs pour faire baisser les coûts, trouver eux-mêmes leurs couvertures, etc.

Et ils fixent leur prix eux-mêmes, et décident de leurs promotions et de leur stratégie.

Ce qui arrive aux Etats-Unis se répercute de manière très claire en Grande-Bretagne et en Allemagne, mais aussi, de manière moins nette sans doute pour le moment, en France. 

En France, on parle de 5% de vente d'ebooks, mais on ne dispose pas des statistiques sur les différents genres. Si vous mettez les ventes d'ebooks sur le même registre que les ventes de livres scolaires, de non fiction, etc., c'est sûr qu'il y a moyen de biaiser fortement les stats qui intéressent directement les auteurs autoédités de fiction.

Si vous ne prenez que les chiffres des éditeurs (par exemple du SNE) sans tenir compte des ventes d'auteurs autoédités, vous biaisez encore plus les statistiques et les chiffres.

Alors, l'article parle d'une baisse des ventes des ebooks de 6% aux Etats-Unis. Rien d'étonnant à cela, puisque, à la suite des négociations entre Amazon et Hachette, Amazon a perdu le droit de pratiquer des rabais sur les ebooks des éditeurs traditionnels, qui du coup, vendent de facto plus cher, et donc, moins d'ebooks, afin de protéger leur marché sur les livres papier. 

Il est important de préciser que cette étude porte sur les 30 éditeurs les plus importants du pays. Eux voient leurs ventes d'ebooks baisser, et mécaniquement, on constate dans le dernier rapport d'Author Earnings portant sur les 50,000 ebooks les plus vendus sur le seul Amazon (Amazon représente 65% du marché sur les ventes d'ebooks aux Etats-Unis), que les auteurs indépendants sont passés devant en termes de vente d'ebooks, sans doute pas devant les 30 éditeurs les plus importants, mais du moins devant les 5 plus gros, ce qui est déjà considérable. 

Les auteurs indépendants ne sont pas concernés par la baisse des ventes de 6%, n'ayant pas augmenté les tarifs de leurs ebooks afin de leur faire atteindre le même niveau de prix que les ebooks des gros éditeurs maintenant affichés à leur prix réel, c'est à dire sans rabais de la part d'Amazon. 

Il n'est pas dit du tout que le volume total d'ebooks vendus aux Etats-Unis ait baissé en 2014. Selon moi, il est probable qu'il ait encore augmenté.

Il ne s'agit pas non plus de dire que le marché de l'ebook est ou sera une mine d'or pour les auteurs en France. Même pour l'édition traditionnelle, les ventes moyennes de livres en France se situent entre 100 et 600 exemplaires par roman (lire l'interview instructive en bas de cet article). On est très très loin d'un Eldorado. 

Ceux qui touchent pour l'instant le pactole à coup sûr sont les financiers à la tête des groupes d'édition, groupes issus de la fusion de nombreux éditeurs. Pour l'instant. Cela peut, cela doit changer.

Ce qui me réjouit, c'est que de plus en plus, l'information devient transparente sur les chiffres de vente, ainsi que sur les possibilités et perspectives: pourquoi aller alimenter une sorte de Veau d'Or, quand on sait qu'on a la possibilité de se forger un petit appoint, aussi modeste soit-il, en vendant soi-même directement ses écrits?

mardi 10 février 2015

Un article à lire absolument pour les auteurs indépendants

L'article publié aujourd'hui sur la plate-forme Autoédition est à lire absolument si l'on s'intéresse à l'autopublication de romans sous le format ebook. Traduit par l'auteur Bruno Challard, originellement publié sur le site allemand selfpublisherbibel, il prouve en analysant le fonctionnement des fameux algorithmes d'Amazon que Kindle Unlimited, loin d'être un service comme un autre, vient bouleverser la donne pour tous les ebooks publiés sur Amazon. Y compris ceux qui ne participent pas au programme Kindle Select. Un changement dont le seul véritable bénéficiaire est incontestablement Amazon. 

La méthodologie du test, que vous pouvez retrouver en cliquant sur ce lien, me semble très rigoureuse, et le site allemand qui l'a mis en place milite en faveur des auteurs indépendants. Je n'ai donc aucune raison de mettre en doute ses conclusions.

Kindle Unlimited est la nouvelle offre d'abonnement illimité d'Amazon pour 9,99€ par mois, j'en ai parlé peu après sa sortie en France dans cet article.

Je n'ai pas eu l'occasion de tester ce service pour mon propre compte, puisque je suis en faveur de la diffusion sur un maximum de plates-formes.

Néanmoins, je croyais benoîtement qu'il fallait qu'un ebook présent sur Kindle Unlimited et emprunté soit en partie lu, à hauteur de 10% minimum, pour que le livre soit compté comme une vente par les algorithmes d'Amazon.

En effet, Amazon ne commence à reverser de l'argent aux auteurs ayant leur livre sur KDP Select et bénéficiant du programme Kindle Unlimited que si 10% de l'ebook a été lu par le lecteur l'ayant téléchargé.

Or, l'article  de selfpublisherbibel vient démontrer qu'en fait chacun des prêts, même si les 10% n'ont pas été atteint, compte comme une vente.

Cela revient à favoriser énormément les ebooks qui se vendent déjà très bien sur Amazon et étant inscrits dans KDP Select, service qui impose l'exclusivité sur Amazon, au détriment des autres plates-formes de vente d'ebooks.

Est-ce que cela aide tous les auteurs autoédités passant par KDP Select? Pas forcément, selon moi. En effet, pour que l'on commence à emprunter vos ebooks, il vous faut déjà une forme de "reconnaissance préalable".

Oui, cela peut aider si vous avez des ventes, ou même des ebooks gratuits téléchargés régulièrement, c'est incontestable.

Mais l'effet le plus immédiat est de dévoyer le système de ventes d'Amazon: les plus visibles ne seront plus forcément ceux qui vendent le mieux, mais ceux qui vendent et "prêtent" le mieux et ont passé allégeance auprès d'Amazon.

Par la mise en place de ce sytème, Amazon augmente considérablement la pression sur les épaules de l'autoéditeur qui souhaite rester indépendant, et ne pas avoir recours à KDP Select.

Le message sous-jacent que je perçois, c'est : "soit tu plies, soit on ne verra plus tes livres". C'est mathématique.Tous les auteurs diffusés en version numérique par Amazon se retrouvent donc impactés par Kindle Select et Kindle Unlimited, même ceux ne participant pas à ces programmes.

Le degré le plus élevé d'allégeance à Amazon, pour un auteur, vient évidemment des ebooks que l'on fait publier par les maisons d'édition d'Amazon (et Amazon cherche aussi à créer une maison d'édition en France).

Or, que constate-t-on en jetant un coup d'oeil sur le top 100 d'Amazon US? Que les "ebooks maisons" d'Amazon (Thomas &Mercer, Amazon Crossing, Amazon Encore, 47 North, Montlake Romance, Grand Harbor Press, Little A, Two lions, Skyscape, Lake Union, Waterfall et j'en passe) sont en train de truster de plus en plus de places sur ce top 100.

Il faut dire que les ebooks de ces maisons bénéficient aussi d'un programme maison (sans jeu de mots), Kindle First permettant aux ebooks téléchargés gratuitement de compter comme des ventes, comme on l'avait vu avec l'exemple de l'ebook de Jacques Vandroux publié par Amazon Crossing.

Si j'en crois les auteurs Joe Konrath et Barry Eisler, les conditions de ces maisons d'édition ne sont plus aussi favorables aux auteurs que par le passé.

Je détesterais dire qu'Amazon est en train de "refermer le piège" sur les auteurs, parce que cela ressemble beaucoup trop à un discours de peur, celui des gros éditeurs, qui restent de toute façon bien moins favorables pour les auteurs que l'autoédition notamment via Amazon.

Néanmoins, il est certain que l'étau se resserre et que la pression va s'accroître de plus en plus sur les autoédités.

Avec un bémol: les derniers chiffres d'Author Earnings (janvier 2015) restent heureusement excellents pour les autoédités aux Etats-Unis, où ils sont impactés depuis plus longtemps que nous par Kindle Unlimited.

Plus que jamais je me félicite de ne pas dépendre de mes ventes Amazon. Vous allez me dire, c'est leur site. Ils en font ce qu'ils veulent. S'ils souhaitent transformer ce qui était sans doute la plate-forme la plus équitable pour les auteurs en la plus inéquitable (même si on est heureusement encore très loin du compte, après tout, on reste à 70% de marge par ebook vendu), c'est leur droit.

S'ils veulent que des auteurs passant par KDP Select et voyant leur courbes de ventes monter s'aperçoivent peu après que non seulement, ils n'ont pas fait une vente, mais en plus l'ebook n'a même pas été lu suffisamment sur Kindle Unlimited pour leur assurer un petit revenu, c'est leur droit aussi.

S'ils veulent transformer un terrain qui était à peu près clean en bourbier dont ils seront les seuls vrais bénéficiaires, en tout cas à court terme, qu'ils y aillent.

Je ne doute pas que de nombreux autoédités profiteront à court terme d'un regain de visibilité. Mais je vous fait une prédiction qui se réalise déjà en grande partie depuis l'arrivée de Kindle Unlimited: la visibilité sur Amazon (et en particulier sur Amazon.fr) ne signifiera plus forcément des revenus décents.  

[EDIT 11/02/2015]: A voir aussi comment l'auteur Nick Stephenson a augmenté ses ventes après avoir retiré la plupart de ses titres de KDP Select.

jeudi 15 janvier 2015

L'illusion de la "diffusion/distribution universelle"

La plupart des auteurs cherchant à se faire publier ou s'autoéditant ont en eux un idéal, celui que leurs ouvrages soient présents partout, de manière universelle et à tout moment. Cet idéal, qui peut aussi se rapprocher de celui de la culture universelle, partagée par tous, se heurte bien sûr à la réalité. Même (et surtout) à l'ère d'Internet... 

Le dernier exemplaire de Charlie Hebdo est tiré à cinq millions d'exemplaires. On pourrait donc penser qu'il devrait être omniprésent, et pourtant, nombre de personnes ayant voulu s'en procurer un ont échoué en raison de la très forte demande, et des personnes sans scrupules en revendent des exemplaires à des tarifs assassins au marché noir et sur ebay. 

Ce qui prouve, d'une part, les limites de la distribution physique, mais aussi la manière dont un idéal peut se heurter à la réalité. 

De manière rationnelle, on sait que même avant qu'Internet ne débarque en créant une nouvelle catégorie de personnes, celles qui ne lisent qu'en ligne, tout le monde n'était pas fait pour la lecture, et même pas pour la bande dessinée.

Tous les auteurs qui se posent la question deux secondes savent que leur idéal de diffusion/distribution universelle ne tient pas la route. Ils savent que cela fait partie d'un rêve qui les aide à avancer, même s'il peut aussi coûter cher...

Ils se disent donc que mieux vaut ne pas tomber dans la rationalisation excessive pour ne pas tuer le rêve. "D'accord, je ne serai pas présent exactement partout," concèdent-ils à la rigueur "mais je serai au moins dans toutes les librairies." 

Ceux qui ont une certaine expérience de la publication savent en revanche qu'il vaut mieux avoir une idée du dessous des cartes si l'on ne veut pas se retrouver bien vite plumé... Ainsi, la durée de la présence en librairie est-elle une donnée essentielle, et là encore, la confrontation avec la réalité risque de faire tomber de haut, puisque la moyenne est estimée à deux à trois mois pour des auteurs traditionnellement publiés.

Et pour ceux qui veulent vivre de leur art et ne sont pas là uniquement pour le prestige, ils constateront aussi qu'il n'y a pas forcément corrélation entre la présence en librairie et le nombre de ventes (même si, pour les auteurs connus, les théories de "prophéties auto-satisfaites" se réalisent souvent). 

On pourrait se consoler en se disant: "mon éditeur est forcé d'envoyer les exemplaires de mon livre à la BnF, dans le pire des cas j'ai une chance d'y être lu". Sauf que la BnF et ses bibliothèques partenaires sont soupçonnées de pilonner (détruire) des exemplaires de dépôt légal. 

La plupart des auteurs traditionnellement édités le sont par des petits éditeurs. Ils sont les mieux placés pour savoir que même après être passé par le tamis d'un comité de lecture et avoir été "officiellement approuvé", leur ouvrage n'est pas diffusé dans toutes les librairies, loin s'en faut. Les plus gros éditeurs occupent déjà le terrain, parce qu'ils ont l'argent pour louer les meilleurs emplacements à l'année, parce qu'ils ont de quoi financer des diffuseurs, distributeurs et espaces de stockage. 

Et même les auteurs diffusés par les éditeurs les plus en vue savent le côté éphémère de la présence de leur ouvrage en librairie. 

Depuis quelques années (on va dire, pour ratisser large, les deux dernières décennies), une nouvelle force est entrée en jeu pour venir entretenir cette illusion d'universalité de la diffusion tout en nous rappelant également à la réalité de manière brutale: Internet. 

Internet peut permettre d'être présent partout... où il y a des ordinateurs, des réseaux câblés, des fournisseurs d'accès, bref toute l'infrastructure et les services qui vont avec. Et il peut permettre à tout un chacun de se publier en ligne, que ce soit sur un site Internet ou, dans le cadre des ebooks, via des fournisseurs de service spécialisés style KDP Publishing ou Kobo Writing Life.

Le rêve de l'universalité pouvait presque être touché du doigt aux débuts d'Internet, mais bien sûr, le retour à la réalité vient de la profusion des contenus: le temps que l'on a à accorder à votre livre est divisé par la masse énorme de contenu, que ce soit du contenu de qualité, ou du contenu dont la qualité première et quasiment unique est celle d'attirer l'attention.

Le pouvoir de l'argent, bien que dilué dans une certaine mesure par la masse de contenu gratuit, est également bien présent, et l'on sait que des sites comme Kobo ou la Fnac offrent une meilleure visibilité aux éditeurs en échange de financements, de la même manière d'ailleurs qu'Amazon. 

Amazon, qui a l'immense mérite de permettre un bien meilleur référencement de base à un auteur autoédité, et donc un meilleur potentiel de visibilité (le meilleur du marché). 

Toutefois, cet acteur majeur bat lui-même en brèche la notion d'universalité de la diffusion et de la culture, en offrant les meilleurs avantages promotionnels internes à des auteurs autoédités en exclusivité chez Amazon. 

En d'autres termes, pour bénéficier du meilleur référencement possible chez Amazon, votre ebook ne doit pas être présent chez la concurrence. Amazon veut bien de l'universalité de la diffusion, mais à condition d'être le seul acteur sur le marché. De la même manière, d'ailleurs, que les gros éditeurs cherchent, au niveau de la distribution physique, à faire en sorte que leurs ouvrages soient les seuls distribués en librairie. 

On voit donc bien que l'universalité de la diffusion n'est qu'une vaste blague, un leurre. En fonction du choix qu'un auteur va faire, il va favoriser tel ou tel acteur économique, acteur qui lui permettra une visibilité de ses ouvrages en un temps et sur des lieux donnés. 

Afin de nous garantir à nous autres auteurs auto-édités les meilleurs marges possibles, le meilleur choix, je l'ai toujours dit sur ce blog, est de favoriser la diversité de partenaires, et la concurrence.

Comme je le disais, Amazon permet à des auteurs non distribués exclusivement de faire des ventes, et leur assure une vraie visibilité et des marges tout à fait honnêtes. Tant qu'il en sera ainsi, je continuerai à le considérer comme un partenaire de valeur, mais le fait qu'Amazon s'efforce d'obtenir une exclusivité de diffusion/distribution de manière électronique me rendra toujours très vigilant à son égard.

vendredi 12 décembre 2014

[Archive 11 décembre 2012] Quand le net devient un véritable outil de partage

Vous avez remarqué à quel point Internet devient interconnecté? Avec, par exemple, des sites comme Facebook qui vous permettent de vous connecter à de nombreux autres sites sans changer de mot de passe. Cela devient d'autant plus intéressant pour les auteurs quand cette interconnexion peut permettre de relier votre livre sur Babelio à votre page de vente Amazon, sans que vous n'ayez eu aucune intervention à faire. Et l'intérêt se démultiplie encore avec les fonctions de partage d'extraits de livres sur les réseaux sociaux des nouvelles liseuses à base d'encre électronique.
 
Oui, cela a été une bonne surprise pour moi de voir les pages de mes livres sur Babelio se doter, non seulement de boutons Facebook et Twitter où tout un chacun peut "cliquer son intérêt" pour les ouvrages en question, mais aussi de boutons de partage vers une adresse mail ou même un blog - avec dans ce dernier cas le code HTML de la page du livre Babelio à recopier dans votre billet. Ce à quoi il faut ajouter, bien sûr, le bouton d'achat vers la page Amazon de mes ebooks et livres papier.
 
Tout cela sans mon intervention. Il a bien sûr fallu que je me crée un profil Babelio et que je référence mes livres, mais ensuite, les pages ont évolué "toutes seules". C'est une bonne surprise parce que l'aspect promotionnel sur internet est une sorte de gouffre où l'on a le plus souvent l'impression de perdre son temps.
 
Babelio a d'ailleurs bien progressé, devenant un réseau social du livre convivial et dynamique, avec une sélection très rapide des titres que vous avez lu, la possibilité de les noter (et, comme on a vu, de les partager), un quizz sur les ouvrages qui apparaît sur la page d'accueil, des critiques et appréciations, et même des vidéos (interviews d'auteur notamment). Bref, tout ce qu'il faut pour les vrais mordus des livres, en évitant les myriades de gadgets inutiles de Facebook.
 
Tout cela est donc excellent pour les lecteurs et les auteurs. Avec un bémol, toutefois, c'est que les ventes, quant à elles, se font malgré tout rarement toutes seules.
 
En fait, plus je progresse dans ma connaissance des outils promotionnels, plus je me rends compte que chez certains auteurs, lesquels ne font en cela qu'imiter les éditeurs, l'amélioration des ventes est un jeu de pouvoir et d'influence. Il faut se créer une base de "fans", de "vrais lecteurs", et, en quelque sorte, les instrumentaliser en leur envoyant des livres ou ebooks, à condition qu'ils rédigent des commentaires sur les différents sites de vente sur le net au moment de (ou même avant) la parution de l'ouvrage.
 
On se retrouve ainsi avec de nombreux commentaires, sur les sites en question, qui ne représentent finalement que ces "groupes de pression", du moins dans un premier temps. Une tradition qui nous vient, comme je le disais, des éditeurs.
 
On peut aussi, à un niveau corporatiste, pour un groupe d'auteurs ou d'éditeurs, tout miser sur une seule identité d'un commentateur internet, afin de le faire monter en crédibilité auprès du public. Je n'explique pas autrement les 28 000 commentaires et plus d'Harriet Klausner sur Amazon. A ce sujet, il serait grand temps que les sites de ventes signalent quand un commentaire a été rémunéré, en nature (livre ou ebook) ou par virement. Question d'honnêteté.
 
Ces aspects promotionnels seraient, je dois dire, plutôt de nature à me dégoûter par rapport à mon statut d'auteur qu'à m'encourager à l'écriture. Je les comprends (il faut bien faire bouillir la marmite) sans pour autant les accepter.
 
Heureusement, il y a aussi des auteurs qui réussissent à percer sans mettre sur pied ces groupes de pression. Et puis il y a la passion de la lecture, qui doit de toute façon nous relier au public. Et justement, les fonctions de partage des dernières liseuses électroniques, ou derniers lecteurs d'ebooks, comme on veut, ouvrent des perspectives aux lecteurs.
 
Je viens d'acquérir une liseuse Kindle Paperwhite. Il est possible d'y partager un livre (lien d'achat) sur Facebook et Twitter, mais aussi des passages d'un livre, qui peuvent représenter plus d'une page. On peut y ajouter un message d'une centaine de caractères au maximum. Dommage que cela ne soit pas (encore ?) relié à des sites comme Babelio.
 
Dictionnaire intégré, possibilités de traduction d'une langue à l'autre de certains mots (à condition d'être en mode connecté), recherche de termes sur un ou plusieurs volumes (mode déconnecté ou connecté sur le cloud) ou sur Wikipédia (connecté), les possibilités de la Paperwhite n'ont plus rien en commun avec les premières générations d'ebooks.
 
Le goût de lire s'en trouve stimulé, et on peut espérer qu'à l'avenir, il soit de plus en plus facile de découvrir et d'apprécier de nouveaux auteurs.

lundi 3 novembre 2014

[Archive 18 mars 2012] De la rareté à l'abondance

L'auteur Kristine Kathryn Rusch (oui, le blog est en anglais) explique dans un remarquable billet les modèles de rareté et d'abondance dans le monde de l'édition et de l'autoédition. Je résume ci-dessous son article tel que je l'ai compris en y entremêlant quelques réflexions personnelles au passage.
 
L'édition traditionnelle et tous ses acteurs, auteurs, libraires, éditeurs, agents, etc. a été habituée à penser les choses en termes de rareté et de dates de péremption, l'espace sur les rayons des libraires étant limité. Seuls quelques livres sont présentés de face et ont réellement des chances d'être choisis par les lecteurs. A l'exception des grands classiques et des locomotives, ils ne doivent pas rester trop longtemps dans les rayons, car on doit attirer les lecteurs avec des nouveautés.
 
Le nouveau modèle est celui de l'abondance : les livres électroniques restent accessibles en permanence et les moteurs de recherche et les algorithmes permettent de les trouver en effectuant des recherches avec différents mots clés. Parmi les nouveaux acteurs du livre électronique, ceux qui développent les meilleurs modèles de recherche sont ceux qui gagnent, et c'est pourquoi Amazon est en tête pour le moment.
 
Si l'on s'en tient au marché du livre papier en particulier, pour les autoéditeurs comme moi qui refusent de laisser la totalité de ce marché aux éditeurs, mais s'interdisent aussi de prendre le risque financier de passer par un distributeur,  le modèle traditionnel de la rareté devient un modèle de la super-rareté. Ainsi par exemple, si l'on ne veut pas commander mes livres brochés par correspondance sur mon site, sur Amazon ou la Fnac.fr, le meilleur moyen est encore de regarder dans la colonne de droite de ce blog où je serai en dédicace dans les jours ou semaines à venir. Oui, oui, j'en profite pour me faire de la pub. Honte à moi.
 
Les exemples de deal d'autoédités avec de grandes maisons d'édition où les premiers gardent leurs droits sur les livres papiers et ebooks, comme celui de John Locke sont rarissimes, et le resteront longtemps en France.
 
Pour tous les acteurs habitués à ce marché de la rareté (note personnelle : oui, je suis au courant que dans le marché traditionnel, 56 000 livres brochés sortent en France par an, néanmoins ce marché ne représente qu'un petit pourcentage de la totalité des livres écrits chaque année), le nouveau modèle de l'abondance promulgué par l'ebook entraîne une énorme peur : celle de ne pas être repéré, noyé dans la masse.
 
Comment va-t-on faire pour remarquer mon ebook parmi des centaines de milliers d'autres ? Kathryn Rusch explique très bien dans son billet que le modèle de la rareté était fondé sur l'instinct des éditeurs, mais également des lecteurs au moment de leur choix du livre ou de l'auteur. Le nouveau modèle devient mathématique : vous serez trouvé, forcément, mathématiquement, parce que vous ne vous contentez pas de publier un seul ebook et que vous essayez d'améliorer aussi bien la qualité d'écriture, de l'histoire, que la qualité visuelle des couvertures, ainsi que la qualité des quatrième de couverture (présentations).
 
Quelqu'un me disait hier en dédicace qu'il faut un don pour écrire. Je pense simplement que certains ont plus de facilités que d'autres. Tout le monde ne peut pas écrire et en vivre, c'est certain. Combien d'écrivains, d'ailleurs, vivent de leur plume en France et uniquement de leur plume (sans compter l'argent qui vient des ateliers d'écriture) ? Une centaine ? Il est important de donner ce chiffre, car même dans ce nouveau monde de l'ebook, les choses ne vont pas d'un seul coup devenir très faciles pour tout le monde. Même pour les pros (dont je ne fais pas partie), cela va rester dur. Quoi qu'il en soit, ce chiffre est amené à progresser fortement.
 
Evidemment, dans ce nouveau monde de l'abondance, les auteurs habitués à se reposer sur leur éditeur seront les plus démunis, du moins au début. Mais à partir du moment où le marché de l'ebook sera arrivé à maturité en France, ceux qui sauront s'adapter y trouveront leur compte.
 
Et bien davantage qu'avec l'édition traditionnelle.

mercredi 15 octobre 2014

[Archive 24 juin 2009] Dans la peau d'un éditeur

Auteur est un métier difficile, je ne vous apprend rien. Il faut déjà se mettre dans la peau du lecteur, savoir ce qui va l'intéresser, l'intriguer, le faire frissonner ou lui nouer les tripes. Lui faire tourner la page, au sens propre et non au sens figuré. Mais en ce qui me concerne en tout cas, cela ne suffit pas. Peut-être est-ce dû à ma nature angoissée, ou bien aux nombreux refus qu'ont essuyé mes manuscrits. Toujours est-il que j'ai tendance à me demander : quel intérêt va avoir un éditeur à publier mon manuscrit ? Pour répondre à cette question, il faut franchir un nouveau cap, et tenter de se glisser dans la peau de l'éditeur. Si par chance la question est résolue et l'étape franchie,  eh bien il faut y rester un peu, dans la peau de l'éditeur. Car à moins d'avoir affaire à un très gros, c'est un métier fragile, risqué et si vous êtes auteur, l'éditeur aura besoin de l'aide que vous pourrez lui apporter. Certaines questions peuvent sembler ne regarder que lui, il n'empêche que s'il échoue dans ses tentatives, chacun des auteurs qu'il publie sera impacté. L'auteur doit donc être solidaire du travail de l'éditeur comme l'éditeur est solidaire et défend le travail de l'auteur. La question qui m'occupe en ce moment est celle de la distribution. Faut-il faire appel à un distributeur en plus du diffuseur, quand on est éditeur ? Tentative de réponse, avec le concours amical des sites Wikipédia, 01 men, Actua Litté et celui du Syndicat national de l'édition.

Je peux me tromper puisque je ne suis qu'auteur, mais à mon avis lorsqu'on est éditeur et que l'on diffuse ses ouvrages en librairie, l'une des hantises, ce sont les retours d'invendus. Les invendus, ces livres qui ne sont pas vendus en librairie, soit parce que le libraire n'a pas même ouvert la caisse de livres (cela arrive, hélas comme vous le constaterez en lisant cet article du 12 janvier 2007 de 01 men), soit parce que l'ouvrage n'a pas bénéficié d'un buzz favorable ou tout simplement n'a pas plu. Le retour des invendus est à la charge des éditeurs, et représente un coût non négligeable (sans parler bien sûr de l'empreinte carbone). A tel point que l'éditeur américain Harperstudio a décidé en décembre 2008 d'éliminer cette pratique, comme on peut le voir dans cet article d'Actua Litté. Une annonce qui fait suite à celle d'Harper Collins en avril 2008 non seulement de supprimer les retours d'invendus, mais aussi dans la foulée les à-valoir des auteurs, c'est à dire des avances aux auteurs. Pour ce dernier point, c'est un autre débat que je laisse de côté aujourd'hui.

Restons sur la distribution. Comment s'organisent en France ces fameux retours ? Et pourquoi prendre un distributeur, quand on est éditeur ? Je copie-colle ici l'article de Wikipédia, qui est assez éclairant:

"En librairie, les « retours » sont les livres reçus à l'office par une librairie, invendus pendant une certaine période, qui sont renvoyés au fournisseur.
La politique dite des « retours » est un mode de distribution qui s'applique en France aux livres (soumis à une TVA de 5,5%). Le système est simple : le libraire reçoit les livres que lui propose le distributeur (cela ne s'applique pas aux livres commandés expressément par le libraire) et les paie. On appelle ces livres distribués sans commande l'Office. Il a ensuite un an pour renvoyer les invendus (non-défraîchis ou abimés) qui lui sont remboursés, généralement sous forme d'un avoir. C'est l'éditeur qui paie le retour (puis le pilonnage, le stockage ou le ré-acheminement) de ses propres ouvrages. Cette méthode permet aux éditeurs d'obtenir une grande visibilité mais ne va pas sans risques, puisqu'un livre fortement distribué mais ne se vendant pas coûte extrêmement cher à son éditeur et peut causer de graves problèmes de trésorerie. Certains micro-éditeurs (éditeurs associatifs dans des domaines spécialisés par exemple) refusent les retours et ne sont donc distribués que chez les libraires qui acceptent de commander leurs livres en compte ferme.
Ce système occasionne des trafics complexes dans l'édition de masse : un ouvrage destiné à recevoir une forte audience (biographie d'un présidentiable, ennième tome d'une bande dessinée à la mode, etc.) est souvent placé à plusieurs centaines d'exemplaires sur un point de vente très fréquenté (en hypermarché par exemple). Sur ces centaines d'exemplaires, seul un certain pourcentage est vendu (mais le nombre de livres vendus aurait été moindre si le nombre de livres placés avait été plus modeste), les invendus sont alors retournés au distributeur, qui les diffuse à nouveau dans des libraires plus petites et moins fréquentées."

En lisant le dernier paragraphe, on comprend mieux l'intérêt d'avoir un distributeur pour un éditeur, si le distributeur est capable de faire de la redistribution dans d'autres enseignes. On fait de la répartition de livres là où ils se vendent le mieux, c'est logique.  Et il y a une autre raison à cela : baisser les frais de retour pour les éditeurs. En effet, si l'éditeur fait le choix de se passer de distributeur pour prendre en charge par voie postale les retours d'invendus en provenance des libraires, il y a fort à parier que cela va lui revenir plus cher qu'en faisant appel à un distributeur.  C'est ce qui ressort  en tout cas du site du Syndicat national de l'édition. Notamment par rapport à la distribution en province, on s'aperçoit que la profession s'est arrangée pour partager les coûts, à la fois à l'aller, où les commandes sont remises à une plate-forme de regroupement, le GIE Prisme. Le libraire choisit son transporteur dans ce groupement Prisme et si l'éditeur paie les envois au GIE Prisme, c'est bien le libraire qui s'acquittera de l'acheminement final du livre du GIE à sa librairie. De même, le libraire paie une partie des retours, jusqu'au GIE. Restera aux frais de l'éditeur le réacheminement en direction d'autres points de vente ou vers ses propres locaux. En Ile de France, l'un de ces GIE est Calibre (situé à Ivry), un organisme à but non lucratif et qui distribue pas moins de 110 petits éditeurs. Un acteur important, donc, dans la lutte pour la diversité culturelle.

Evidemment, cette fameuse distribution occasionne un nombre non négligeable d'intermédiaires qui peuvent rendre un livre plus cher, d'où la réflexion d'Harper Collins. Une réflexion qui ne concerne que les retours, notez bien. Mais si un éditeur fait le choix de se passer de distributeur (on le voit mal se passer de diffuseur, la personne qui fait la promotion des livres auprès des libraires en échange d'une commission), il est évident qu'il devra trouver un système tout aussi efficace et au moins aussi valable économiquement dans le sens des envois aux libraires comme de la gestion des invendus. Lequel ? C'est toute la question, et si vous souhaitez débattre à ce sujet en commentaire de ce blog, n'hésitez pas ! ;)

jeudi 9 octobre 2014

[Archives 14/10/2009] Le dépôt-vente en librairie

La diffusion est, comme les acteurs concernés par le marché du livre le savent bien, le secteur-clé. Le problème auxquels sont confrontés les auteurs comme les petits et moyens éditeurs est de parvenir, non seulement à diffuser leurs ouvrages, mais à y intéresser suffisamment les libraires pour qu'ils puissent en parler et les proposer à leurs clients qui seraient susceptibles d'en faire l'acquisition. Or, la proposition que font dans 99% des cas les libraires aux auteurs et petits éditeurs qui font de la négociation directe, sans diffuseur, c'est le dépôt-vente. Et ce fameux dépôt-vente, qu'est-ce que c'est exactement ? Explications.

Certains libraires ont mis au point des contrats de dépôt-vente. Celui de la librairie Antiqvaria, par exemple, permet d'y voir plus clair. La commission que prend le libraire sur les livres en dépôt vente y est de de 35% du prix du livre entre 0 et 1500 € de vente, et de 30% de prix du livre au-delà de 1500 € de vente. Ce contrat est de 4 mois ferme renouvelable tacitement, mais l'article 4.4 stipule que :

A compter de la fin du contrat de dépôt-vente notifiée par écrit au déposant pour une cause autre que celle stipulée à l'article 4.1, la Librairie Antiqvaria conserve l'article pendant 15 jours. Si au-delà de ce délai, le déposant n'est pas venu retirer l'article invendu, la Librairie Antiqvaria peut à son choix : A. faire livrer l'article à l'adresse du déposant à ses frais  -  B. disposer de l'article comme il l'entend (vente, don, destruction) ; en cas de vente, le produit total de la vente est acquis à la Librairie Antiqvaria à titre d'indemnisation des frais de garde, de dossier, et d'assurance.

C'est à dire qu'avec le système de dépôt-vente, le libraire garde les livres un certain temps et c'est à l'auteur ou l'éditeur ou son représentant de venir rechercher les ouvrages si le libraire le lui signifie. Tout serait parfait dans un monde parfaitement équitable si tous les livres vendus par les libraires étaient soumis à ce système de dépôt-vente. Malheureusement, on s'aperçoit qu'il existe aussi la possibilité de contrats entre libraires et éditeurs, contrats qui  peuvent donner lieu à des achats de livres sur catalogue par les libraires (les offices).

Maintenant, mettez-vous à la place d'un libraire. Vous avez, d'un côté un livre pour lequel vous avez dépensé de l'argent. Si vous ne le vendez pas il va vous côuter des frais de retour, même si une partie est prise en charge par l'éditeur. De l'autre vous avez le livre que vous a gentiment déposé un auteur, qui ne vous a rien coûté sinon un peu d'espace de présentation dans votre librairie et va certes vous rapporter 30 ou 35%, mais qui ne génèrera aucun frais de retour si vous ne le vendez pas. Pour quel livre allez-vous vous battre ? Lequel allez-vous chercher à vendre en priorité à votre clientèle ?

On voit bien que l'auteur ou le petit éditeur, avec le dépôt-vente, se voit placé en situation évidente d'infériorité : non seulement il devra reverser une marge de 30% si par miracle, le livre en dépôt-vente se vend, mais il est assuré, sauf à connaître personnellement le libraire ou à venir le harceler tous les deux jours, qu'on ne fera rien pour vendre son ouvrage.

Je serais curieux de savoir s'il existe un observatoire du livre qui permette de savoir statistiquement quelles sont les ventes des livres en dépôt-vente en comparaison de celles des ouvrages achetés par les libraires ? Y a-t-il des exemples de succès littéraires qui ont commencé exclusivement par du dépôt-vente ? Si vous êtes un acteur de la chaîne du livre et que vous souhaitiez répondre à mes interrogations, je vous invite cordialement à me laisser un commentaire...