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vendredi 9 septembre 2022

Ma Kindle lit des fichiers epub !

Comme l'avait annoncé Amazon, il est désormais possible de lire les fichiers epub directement sur nos liseuses kindle. A condition, toutefois, que les fichiers en question ne soient pas protégés par verrou numérique (DRM). Inutile de racheter une nouvelle liseuse kindle: mon ancienne paperwhite de 2012 est arrivée à lire sans problème l'epub de Pandore abusée, de Peter Hamilton.

Mine de rien, c'est une révolution. Qui aurait pensé qu'Amazon abandonnerait le caractère propriétaire de son format? Pas moi, en tout cas. Je pensais que Jeff Bezos s'était calé sur le modèle Apple, et qu'Amazon resterait avec ses fichiers propriétaires sans jamais accepter de recevoir des epubs. 

Il est donc maintenant possible de s'envoyer des fichiers epub sans verrou numérique sur sa liseuse Kindle de deux manières : 

- via l'application smartphone Kindle (Android ou iOS)

- en s'envoyant le fichier sans DRM sur son adresse kindle par email, comme je l'ai fait moi-même avec Pandore abusée

Plus besoin, donc, de recourir au logiciel Calibre pour effectuer la conversion de l'epub au format compatible kindle par exemple. 

Qu'est-ce que ça change pour moi? 

En tant que lecteur, c'est plus simple bien sûr, puisque je peux acheter des ebooks sur d'autres sites qu'Amazon et me les envoyer directement sur ma liseuse, à condition bien sûr de vérifier qu'il n'y ait pas de verrou numérique. Sinon, il faut les faire sauter, ce qui reste bien sûr toujours possible avec le logiciel approprié. Vous trouverez en suivant ce lien un tutoriel pour le faire.

Autre possibilité, acheter directement l'ebook et ses DRM sur Amazon, solution qu'on privilégiera souvent par simplicité, et parce que les prix sont homogènes quel que soit le site de vente. 

En tant qu'auteur, je gagne aussi en simplicité avec mes lecteurs. Comme je leur offre l'ebook gratuit sans DRM s'ils prennent le livre papier en dédicace, je n'aurais plus besoin de leur demander quel appareil ils ont chez eux. Je pourrai leur envoyer systématiquement l'epub s'ils l'acceptent. Vive la simplification!

Vous ne connaissez pas votre adresse email kindle? Deux méthodes pour la retrouver. Soit vous allumez votre kindle, vous allez dans les paramètres, puis options de l'appareil, puis "personnalisez votre kindle", et vous tomberez sur le pavé du bas, "adresse d'email d'envoi du kindle". 

Soit vous vous rendez sur l'onglet "gérez votre contenu et vos appareils" sur le site d'Amazon. Vous cliquez ensuite sur l'onglet Préférences, puis sur le lien tout en bas, "paramètres de documents personnels". Votre adresse kindle apparaît alors. 

Bonne chance!

dimanche 1 février 2015

Opération Portes Ouvertes: un mois de gratuité

Afin de faire découvrir les différentes facettes de mon style, je lance pour le mois de février une opération Ebooks Portes Ouvertes: la grande majorité de mes nouvelles Science-Fiction et Thrillers sous forme d'ebooks en téléchargement gratuit illimité pendant un mois entier. C'est une opération dont l'ampleur et la durée sont inédites pour moi, et c'est aussi une manière de mettre en valeur l'ebook en tant que moyen de lecture tout en privilégiant la diversité de plates-formes (dans la mesure où lesdites plates-formes sont ouvertes aux auteurs indépendants), puisqu'on retrouvera ces ebooks gratuits sur Apple, Kobo et la Fnac en plus d'Amazon. 

Si vous souhaitez me témoigner votre reconnaissance, rien ne vous empêche d'acquérir mes deux seules nouvelles qui ne sont pas gratuites, celle de SF Confrontation (Amazon  Apple  Fnac  Kobo) et le thriller Votre Santé, c'est notre avenir (Amazon  Apple  Fnac  Kobo), ou mêmes les recueils de SF Les Explorateurs (Amazon  Apple  Fnac  Kobo) et le thriller Le Vagabond (Amazon  Apple  Fnac  Kobo).

Autre manière de m'aider: après lecture, noter les livres et/ou les commenter. Sur Apple, par exemple, si vous n'avez pas le temps de poster un commentaire, une simple note en un clic est déjà essentielle pour la visibilité de mes ouvrages. Pour vous prendre un exemple, la nouvelle gratuite Les Explorateurs a été notée 97 fois et téléchargée 16 000 fois, avec pourtant seulement deux commentaires.

Et n'oubliez pas que vous pouvez maintenant très facilement noter et commenter sur Kobo. Pour ceux d'entre vous qui auraient déjà commenté mes ouvrages sur Amazon, si vous êtes en faveur de la pluralité des plates-formes, vous pouvez très facilement copier/coller vos commentaires.
Merci d'avance.

Science-Fiction (les liens Amazon seront ajoutés dès que ce site se sera aligné sur la gratuité) : 

Marinopolis

Secondé de son androïde Jenkins, un champion de discosurf (surf autopropulsé) mène l’enquête dans les profondeurs du Grand Océan pour retrouver sa soeur kidnappée. Il ne se doute pas que ses compétences hors du commun vont être mises à contribution par les Azal'nams, les étranges résidents des fonds marins...


Amazon    Apple    Fnac    Kobo

Entre deux feux

Ulem Beltran, séducteur dans l’âme, s'est lancé un défi : séduire une Elsevienne à la peau mauve, dont on dit que le charme est irrésistible. Comme à son habitude, il poursuivra en parallèle sa relation avec sa dernière conquête, la ravissante Fenentha – une blonde incendiaire. Mais le mot "aventure" va bientôt prendre un sens tout à fait inattendu.




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La Chasse

Pour se former au métier de chasseur de primes et venger son épouse, victime d’un attentat terroriste, un agent immobilier décide dans un premier temps de participer à une chasse. Il choisit pour première cible une créature à la fois intelligente et imprévisible, un scorpicore. Mais n’aurait-il pas dû, avant de se lancer dans l’aventure, s’assurer avoir vaincu ses propres démons ? 


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Source de jouvence

Le génial ingénieur Iskal Nerdeb doit présenter l’un des androïdes les plus perfectionnés de tous les temps au XXXVIIIème Congrès de Cybernétique Avancée. Hélas, le voyage que lui et sa petite famille ont entrepris s'avère plus dangereux que prévu. 

 
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Thrillers (les liens Amazon seront ajoutés dès que ce site se sera aligné sur la gratuité) :

Le baiser de la lionne

Au fil de ses errances, Vick Lempereur, aventurier et surtout vagabond sans le sou, se retrouve à Kahama, cité tanzanienne en pleine expansion. A la recherche d’un moyen de subsistance, il rencontre Albert Granjean, photographe de son état, qui lui propose de devenir son chauffeur pour quelques jours. Vick ne peut refuser l’offre généreuse.

En se lançant à la poursuite de grands fauves dans un safari endiablé, il ignore encore quels fantômes vont le rattraper.



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Grand Pouvoir Séculaire

Hippolyte N’Djamiey a toujours été un flambeur. Trop pour son propre bien, sans doute. En empruntant à tombeau ouvert cette petite route vallonnée au volant de sa Porsche Carrera, ce footballeur pro, accro à l’adrénaline, ne sait pas encore qu’il va réveiller de très anciens pouvoirs. Déjà, son GPS lui indique le prochain virage. Derrière celui-ci l’attend l’aventure de sa vie... 


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Shopping

Karine est une scientifique de la société Cyberzyme, spécialisée dans la biotechnologie. Trop occupée, cela fait longtemps qu’elle se contente de faire son shopping sur Internet. 

Julie, à l’inverse, pose dès qu’elle le peut une RTT pour aller faire du lèche-vitrine avec sa meilleure amie, Hélène. Un soir, Hélène, pourtant très peu portée sur les jeux vidéo, surprend Julie en lui prêtant un jeu intitulé Shopping. Révolutionnaire, le programme développé par Cyberzyme suscite l’engouement général. Il s’avère en effet capable d’analyser l’ADN de l’utilisateur pour s’adapter, anticiper ses désirs et réactions et fournir une expérience inoubliable.

Une expérience beaucoup plus marquante, d’ailleurs, que ne l’aurait souhaité Julie...



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vendredi 12 décembre 2014

[Archive 11 décembre 2012] Quand le net devient un véritable outil de partage

Vous avez remarqué à quel point Internet devient interconnecté? Avec, par exemple, des sites comme Facebook qui vous permettent de vous connecter à de nombreux autres sites sans changer de mot de passe. Cela devient d'autant plus intéressant pour les auteurs quand cette interconnexion peut permettre de relier votre livre sur Babelio à votre page de vente Amazon, sans que vous n'ayez eu aucune intervention à faire. Et l'intérêt se démultiplie encore avec les fonctions de partage d'extraits de livres sur les réseaux sociaux des nouvelles liseuses à base d'encre électronique.
 
Oui, cela a été une bonne surprise pour moi de voir les pages de mes livres sur Babelio se doter, non seulement de boutons Facebook et Twitter où tout un chacun peut "cliquer son intérêt" pour les ouvrages en question, mais aussi de boutons de partage vers une adresse mail ou même un blog - avec dans ce dernier cas le code HTML de la page du livre Babelio à recopier dans votre billet. Ce à quoi il faut ajouter, bien sûr, le bouton d'achat vers la page Amazon de mes ebooks et livres papier.
 
Tout cela sans mon intervention. Il a bien sûr fallu que je me crée un profil Babelio et que je référence mes livres, mais ensuite, les pages ont évolué "toutes seules". C'est une bonne surprise parce que l'aspect promotionnel sur internet est une sorte de gouffre où l'on a le plus souvent l'impression de perdre son temps.
 
Babelio a d'ailleurs bien progressé, devenant un réseau social du livre convivial et dynamique, avec une sélection très rapide des titres que vous avez lu, la possibilité de les noter (et, comme on a vu, de les partager), un quizz sur les ouvrages qui apparaît sur la page d'accueil, des critiques et appréciations, et même des vidéos (interviews d'auteur notamment). Bref, tout ce qu'il faut pour les vrais mordus des livres, en évitant les myriades de gadgets inutiles de Facebook.
 
Tout cela est donc excellent pour les lecteurs et les auteurs. Avec un bémol, toutefois, c'est que les ventes, quant à elles, se font malgré tout rarement toutes seules.
 
En fait, plus je progresse dans ma connaissance des outils promotionnels, plus je me rends compte que chez certains auteurs, lesquels ne font en cela qu'imiter les éditeurs, l'amélioration des ventes est un jeu de pouvoir et d'influence. Il faut se créer une base de "fans", de "vrais lecteurs", et, en quelque sorte, les instrumentaliser en leur envoyant des livres ou ebooks, à condition qu'ils rédigent des commentaires sur les différents sites de vente sur le net au moment de (ou même avant) la parution de l'ouvrage.
 
On se retrouve ainsi avec de nombreux commentaires, sur les sites en question, qui ne représentent finalement que ces "groupes de pression", du moins dans un premier temps. Une tradition qui nous vient, comme je le disais, des éditeurs.
 
On peut aussi, à un niveau corporatiste, pour un groupe d'auteurs ou d'éditeurs, tout miser sur une seule identité d'un commentateur internet, afin de le faire monter en crédibilité auprès du public. Je n'explique pas autrement les 28 000 commentaires et plus d'Harriet Klausner sur Amazon. A ce sujet, il serait grand temps que les sites de ventes signalent quand un commentaire a été rémunéré, en nature (livre ou ebook) ou par virement. Question d'honnêteté.
 
Ces aspects promotionnels seraient, je dois dire, plutôt de nature à me dégoûter par rapport à mon statut d'auteur qu'à m'encourager à l'écriture. Je les comprends (il faut bien faire bouillir la marmite) sans pour autant les accepter.
 
Heureusement, il y a aussi des auteurs qui réussissent à percer sans mettre sur pied ces groupes de pression. Et puis il y a la passion de la lecture, qui doit de toute façon nous relier au public. Et justement, les fonctions de partage des dernières liseuses électroniques, ou derniers lecteurs d'ebooks, comme on veut, ouvrent des perspectives aux lecteurs.
 
Je viens d'acquérir une liseuse Kindle Paperwhite. Il est possible d'y partager un livre (lien d'achat) sur Facebook et Twitter, mais aussi des passages d'un livre, qui peuvent représenter plus d'une page. On peut y ajouter un message d'une centaine de caractères au maximum. Dommage que cela ne soit pas (encore ?) relié à des sites comme Babelio.
 
Dictionnaire intégré, possibilités de traduction d'une langue à l'autre de certains mots (à condition d'être en mode connecté), recherche de termes sur un ou plusieurs volumes (mode déconnecté ou connecté sur le cloud) ou sur Wikipédia (connecté), les possibilités de la Paperwhite n'ont plus rien en commun avec les premières générations d'ebooks.
 
Le goût de lire s'en trouve stimulé, et on peut espérer qu'à l'avenir, il soit de plus en plus facile de découvrir et d'apprécier de nouveaux auteurs.

jeudi 4 décembre 2014

[Archive 21 avril 2012] Le spectre des DRM

Dans la panoplie d'arguments cités par les détracteurs de l'ebook, l'on avance souvent les DRM (Digital Rights Management, verrous numériques). Et pour faire bien peur, on cite la possibilité pour Amazon d'effacer des lecteurs d'ebooks des livres déjà achetés, par le biais de ces DRM. Scandaleux, n'est-ce pas ? Or, on oublie une chose : Amazon donne la possibilité aux éditeurs de mettre ou non des DRM. Ils ont le choix.
 
A ma connaissance, l'un des rivaux d'Amazon, le Nook de Barnes & Noble, impose les DRM à tous les auteurs indépendants et éditeurs qui y mettent en ligne leurs ebooks. De même, la plate-forme de vente en ligne Numilog impose les DRM pour tous les ebooks qui y sont vendus. Et qui retrouve-t-on derrière Numilog? Le groupe Hachette. [EDIT 04/12/2014] : Numilog a été rétrocédé à son fondateur, Denis Zwirn. La nouvelle date du 17 avril 2012. Source : Cnet. En outre, Numilog permet désormais aux autoédités de publier sans DRM, mais le site reste payant.
 
Dans les romans policiers, les détectives recherchent toujours le mobile du crime. Qui a intérêt à imposer un contrôle maximal pour lutter contre le piratage ? Les éditeurs, bien sûr. Encore qu'il n'est pas sûr que leur véritable intérêt soit bien compris d'eux-mêmes, ni de leurs auteurs. Amazon a eu l'intelligence de permettre aux éditeurs, et aux auteurs indépendants, de ne pas mettre de DRM sur leurs ebooks. Je crois qu'il est important de le rappeler ici, étant donné certaines infos qui circulent, y compris sur des sites comme ActuaLitté. 
 
Le plus grand défaut du site d'Amazon vient à mon sens de l'absence d'indication "avec ou sans DRM", c'est pourquoi, pour mes propres ebooks vendus chez eux, j'ai fait le choix de mentionner dans la présentation qu'ils sont vendus sans DRM.
 
Attention aussi à ne pas faire l'amalgame entre DRM et format propriétaire. Amazon impose un format propriétaire : en conséquence, vos ebooks Kindle ne pourront être lus sur d'autres lecteurs d'ebooks que si vous vous servez d'un logiciel gratuit comme calibre pour les convertir au format epub, le plus universel. Les DRM empêchent la conversion en un autre format. Et vous ne pourrez rapatrier des epubs sur votre Kindle qu'en les convertissant en format prc mobi ou azw (formats amazon).
 
D'autres concurrents utilisent des systèmes propriétaires, comme Apple ou Barnes & Noble. Ces systèmes visent à fidéliser les lecteurs. C'est cette stratégie qui a d'ailleurs historiquement permis à Apple de survivre contre Microsoft et Windows. Dans le cadre des ebooks, je n'y suis pas favorable personnellement, puisque les formats propriétaires nuisent à la liberté des lecteurs.
 
Mais il faut être réaliste : toutes les personnes ne sauront ou ne voudront utiliser un logiciel comme calibre. Tout le monde n'aime pas "mettre les mains dans le cambouis". Tout le monde n'est pas geek. Si vous êtes un lecteur non geek, que vous recherchez la compatibilité et êtes prioritairement intéressés par les ebooks gratuits, j'aurais tendance à vous conseiller une liseuse numérique de type Bookeen, Sony ou Kobo.
 
Si vous êtes non geek et que vous cherchez à lire les dernières nouveautés de librairie, en français ou en anglais, je recommanderais le Kindle. Pas forcément à cause de l'appareil en lui-même, mais parce que l'écosystème du site d'Amazon est supérieur à tous les autres. Meilleure navigabilité, plus grand choix de livres, etc.
 
A ce sujet, cela tombe bien, les nouveaux Kindle Touch et Kindle 3G sortent aujourd'hui. Amazon a avancé sa date de sortie d'une semaine. A noter qu'il y a aussi des ebooks gratuits sur les sites marchands que sont Kobobooks et Amazon, entre autres.
 
Enfin, si vous êtes un geek, vous irez forcément vers les liseuses assurant le plus de compatibilité, donc les Bookeen, Sony, Kobo, ou autres capables de lire directement de l'epub. Quitte à récupérer ensuite des ebooks que vous ne pouvez trouver que sur Amazon pour les convertir sur votre liseuse grâce à Calibre.
 
Dernier conseil : lisez les extraits de livres avant d'acheter. Des sites comme Kobobooks et Amazon, contrairement au site de la Fnac.fr, donnent la possibilité de télécharger directement sur votre liseuse les extraits d'ebooks. Profitez-en pour tester les auteurs que vous ne connaissez pas. Le cas échéant, n'hésitez pas à vous rendre sur leur site personnel, pour savoir ce qu'ils font d'autre. Et si vous souhaitez vraiment encourager les auteurs indépendants, vous pouvez même acquérir leurs ebooks sur leur site !
 
Sur le mien, par exemple, vous trouverez les deux formats, PRC Mobi et epub. ;)

mardi 18 novembre 2014

[Archive 22 juillet 2013] La deuxième identité secrète de J.K. Rowling

Cela a été révélé récemment : l'auteur de Harry Potter, J.K. Rowling, avait écrit un polar, The Cuckoo's Calling, sous l'identité secrète de Robert Galbraith. Polar qu'elle avait fait éditer, sans doute par l'intermédiaire de son agent. Et si nous nous laissions aller à une petite fiction? Qui sait si elle n'a pas autoédité, sous une deuxième identité secrète (un troisième nom), un autre roman?

Cela peut paraître fou de se dire qu'une auteur plus riche que la reine d'Angleterre aurait autoédité un livre. Elle ne l'a sans doute pas fait, bien sûr. Mais l'idée, c'est qu'elle a pu le faire.

En réalité, elle a à tout moment la possibilité, de chez elle, d'autoéditer un ebook sans en parler à personne, et en particulier sans en parler à son agent, en prenant un autre nom de plume. De nos jours, l'édition, et l'autoédition, est quasiment devenue aussi simple que de presser un bouton - et oui, c'est une grande et belle chose.

Et vous savez quoi ? Si j'étais auteur édité, mais que mes relations avec mon éditeur ne se passent pas bien, c'est ce que je ferais dans un premier temps avec un roman inédit, pour "tester les eaux". Dans un deuxième temps, bien sûr, si l'essai est concluant, je m'arrangerais pour récupérer mes droits sur mes romans publiés, et pour les passer progressivement en autoédition.

Je crois fort possible, à l'avenir, d'avoir des révélations de type : tel auteur célèbre a secrètement autoédité l'un de ses livres. Pourquoi ? Parce que les auteurs édités, en particulier aux Etats-Unis, ont depuis longtemps été habitués à prendre de nouveaux noms de plume lorsqu'ils connaissaient l'échec commercial et que l'un de leurs noms se retrouvait "grillé".

lundi 17 novembre 2014

[Archive 9 mai 2012] Aux Etats-Unis, les mauvais comptes ne font plus les bons amis

Je tiens à saluer ici le courage des auteurs américains Kristine Rusch et Joe Konrath. La première, pour avoir dénoncé des malversations dans le paiement de ses droits d'auteur et pour avoir mis en lumière le comportement plus que douteux de certains agents littéraires. A la suite de ses dénonciations, elle s'est fait pirater ses sites internet. Le second, pour avoir donné la parole à une auteur d'Harlequin qui, après calcul, s'est rendue compte qu'elle ne percevait que 2,4% de droits d'auteur par livre. Joe Konrath appelle les auteurs à témoigner sur son blog et à se révolter contre ces tarifs outrageusement bas, qui n'apparaissent souvent pas en tant que tels dans les contrats.
 
Ceux qui regardent de près le contenu de ce blog savent que je ne fais pas dans le manichéisme. Il ne s'agit pas de dire que les éditeurs sont tous pourris et les auteurs, tous des anges. Il est évident, à mes yeux, que ce qui était caché jusqu'à présent dans les contrats d'édition arrive à la lumière grâce à l'arrivée du premier véritable concurrent aux éditeurs qu'est Amazon (dans le domaine du livre, dans la musique, Apple avait joué le même rôle).
 
Donc, de nombreux auteurs savaient. Ou du moins, ils se doutaient. Ils fermaient les yeux. Ce qui me fait dire ça ? Le fait d'avoir vu, sur Internet, un auteur commenter sur un blog qu'il serait prêt à toucher 0% de droits d'auteur pour être présent dans toutes les librairies. Certains auteurs seraient prêts à signer à 0%.
 
J'irais plus loin : je ne serais pas surpris que certains l'aient déjà fait. Après cette révélation de droits d'auteur à 2,4% chez Harlequin, je ne serais pas surpris d'apprendre que des auteurs se soient faits éditer pour leur premier livre à compte d'auteur déguisé par de grands éditeurs. C'est à dire que de grands éditeurs aient accepté de l'argent en provenance d'auteurs pour les éditer à 0% de droits d'auteur sous le couvert d'une édition à compte d'éditeur. Etant donné l'opacité des contrats et l'omerta (loi du silence) dans le milieu de l'édition, comment ferait-on pour le savoir ? Bien sûr, je n'ai aucune preuve. Il s'agit uniquement de supputations de ma part.
 
Alors, qui serait coupable, dans ce cas-là ? L'auteur, ou l'éditeur ? Les deux, mon commandant. Et quel est le mobile du crime ? Le fait de vouloir être diffusé le plus largement possible, pour l'un et de tirer parti de cette demande pour l'autre. De la même manière, des auteurs autoédités, dont je fais partie, vont mener des opérations de gratuité ponctuelle sur un ouvrage numérique, afin d'augmenter leur lectorat. Tout n'est pas tout blanc ou tout noir en ces matières. Il y a des nuances de gris.
 
Evidemment, ce n'est pas parce que l'esclavage volontaire existe dans le milieu de la littérature qu'il ne faut pas le dénoncer. Dans le cas de ce qui se passe aux Etats-Unis, même si les auteurs savaient, ou se doutaient, un contrat est quelque chose de légal. Si ses termes ne sont pas respectés, on est en droit d'attaquer en justice. L'action actuelle de Joe Konrath et de Kristine Rusch est on ne peut plus légitime, et devrait apporter un bol d'air sain dans un milieu on ne peut plus vicié.
 
Pourquoi les auteurs apparaissent-ils si souvent comme la cinquième roue du carosse, l'élément dont on peut se passer dès qu'il s'agit de rémunération ? Tout simplement parce que l'offre, en matière de manuscrits, est pléthorique. Pour un éditeur, il n'y a qu'à se baisser pour ramasser. Et c'est d'autant plus facile, lorsque l'on bénéficie du prestige de l'éditeur.
 
Je pense sincèrement que les choses vont évoluer. Avec les actions menées par des auteurs comme Kris Rusch et Joe Konrath, les éditeurs vont enfin perdre de leur aura.
 
Dans un univers numérique dominant, les myriades d'ebooks gratuits et à 0,99 € écrits par des auteurs d'aujourd'hui seront identifiés comme suspects par les lecteurs. Des ebooks plus chers autoédités seront des succès, et rapporteront 70% à leurs auteurs.
 
C'est pour cela que je milite à fond pour les ebooks et livres numériques. Parce que le prix de l'édition et la diffusion des livres papier en librairie se paie trop souvent au prix fort pour les auteurs. Celui de l'esclavage. Parce qu'il est plus facile de vérifier avec Amazon si une vente effective se traduit en droits d'auteur. Les choses sont beaucoup plus transparentes.

jeudi 13 novembre 2014

[Archive 2 septembre 2012] Les chiffres du numérique et comment les interpréter

Le "mommy porn" Fifty Shades of Grey s'est vendu à trente millions d'exemplaires dont la moitié d'ebooks. Parallèlement, Hachette Book Group aux Etats-Unis annonce que le numérique représente 27 % de ses profits. Et à titre personnel, ma nouvelle gratuite Les Explorateurs a été téléchargée plus de 10 000 fois sur l'iTunes Store d'Apple. Qu'indiquent ces chiffres ? Que les choses bougent, bien sûr, mais on peut déjà faire certaines déductions plus fines sans risque de se tromper.
 
Mettons de côté le cas Fifty Shades of Grey, parce qu'on est dans l'érotique, que les livres électroniques permettent davantage de discrétion dans la lecture et que ce chiffre n'est sans doute pas tout à fait représentatif du marché. Celui qui me frappe le plus est celui d'Hachette Book Group: 27% des profits avec les ebooks !
 
Hachette a tendance à vendre ses ebooks plus cher qu'il ne devrait pour protéger ses ventes papier. Et on parle de profits. Cela signifie qu'en terme de nombres d'exemplaires, les ebooks représentent déjà au moins 30 ou 35 % du nombre d'exemplaires vendus par Hachette aux Etats-Unis. 
 
Imaginez maintenant, si Hachette Book Group divisait par deux le prix de ses ebooks. On peut imaginer qu'en termes de nombres d'exemplaires vendus, cela représenterait au moins 60 ou 70% du total. En termes de profit, on serait à au moins 50%.
 
Le chiffre total de vente d'ebooks aux Etats-Unis en 2012 représenterait environ 25% du total tous livres confondus. Mais ce sont les chiffres officiels. Ces chiffres prennent-ils vraiment en compte les autoéditeurs, qui vendent leurs ebooks moins cher ? J'ai un doute.
 
Je ne serais pas surpris qu'en termes de nombre d'exemplaires, on soit déjà à plus de 50% d'ebooks vendus aux Etats-Unis, tous livres confondus.
 
Pourquoi le nombre d'exemplaires est-il si important ? Parce que cela détermine le nombre de lecteurs que l'on touche. Tous les auteurs édités savent qu'ils touchent moins de lecteurs que s'ils autoéditaient le même ebook en fixant eux-mêmes son prix, parce que les éditeurs ont des frais, et augmentent donc le prix des ebooks. Plus vous touchez de lecteurs, plus vous avez de chances de vendre d'autres livres. C'est là que la logique de l'éditeur diverge profondément de celle de l'autoéditeur.
 
Après, bien sûr, il y a la question du "prestige de l'éditeur". Mais attention, parce que là, on entre dans le TRES subjectif.
 
Mais la France, dans tout ça ? Totalement à l'écart du phénomène ? Pas tant que cela. L'éditeur de l'imaginaire Voy'el explique dans une interview sur iDBOOX que ses chiffres de vente sur le numérique lui permettent de survivre. Les retours de livre papier lui coûtent en effet trop cher, et sans le numérique, Voy'el aurait sans doute déjà dû mettre un terme à son activité.
 
Ce n'est pas une surprise pour moi. Tous les libraires que je vois en séance de dédicaces me parlent du déclin de la vente des livres, et l'on sait par ailleurs que les éditeurs les plus prospères louent les meilleurs emplacements pour les ventes, au détriment des autres.
 
Cette année 2012 de l'ebook en France est en tout cas porteuse d'espoir. En ce qui me concerne, il faut une cinquantaine de téléchargements gratuits pour avoir une vente d'un exemplaire payant, soit du recueil complet Les Explorateurs, soit d'une autre des nouvelles payantes du même recueil (je dois être à 200 ebooks vendus de mes nouvelles de SF et du recueil pour l'année 2012).
 
L'intérêt, c'est aussi les notes et les commentaires, pour les ebooks gratuits. Les Explorateurs a été noté 81 fois sur iTunes. Il m'est arrivé à plusieurs reprises d'encourager des proches à me rédiger des commentaires en ligne, mais je ne le fais plus. J'ai décidé de laisser les choses se faire d'elles-mêmes pour ne pas truquer le système. Et si vous regardez le seul commentaire fait sur ma nouvelle Les Explorateurs sur iTunes, il y a un vrai parfum d'authentique, non ?
 
Le parfum que j'apprécie le plus, celui de la sincérité.

lundi 3 novembre 2014

[Archive 18 mars 2012] De la rareté à l'abondance

L'auteur Kristine Kathryn Rusch (oui, le blog est en anglais) explique dans un remarquable billet les modèles de rareté et d'abondance dans le monde de l'édition et de l'autoédition. Je résume ci-dessous son article tel que je l'ai compris en y entremêlant quelques réflexions personnelles au passage.
 
L'édition traditionnelle et tous ses acteurs, auteurs, libraires, éditeurs, agents, etc. a été habituée à penser les choses en termes de rareté et de dates de péremption, l'espace sur les rayons des libraires étant limité. Seuls quelques livres sont présentés de face et ont réellement des chances d'être choisis par les lecteurs. A l'exception des grands classiques et des locomotives, ils ne doivent pas rester trop longtemps dans les rayons, car on doit attirer les lecteurs avec des nouveautés.
 
Le nouveau modèle est celui de l'abondance : les livres électroniques restent accessibles en permanence et les moteurs de recherche et les algorithmes permettent de les trouver en effectuant des recherches avec différents mots clés. Parmi les nouveaux acteurs du livre électronique, ceux qui développent les meilleurs modèles de recherche sont ceux qui gagnent, et c'est pourquoi Amazon est en tête pour le moment.
 
Si l'on s'en tient au marché du livre papier en particulier, pour les autoéditeurs comme moi qui refusent de laisser la totalité de ce marché aux éditeurs, mais s'interdisent aussi de prendre le risque financier de passer par un distributeur,  le modèle traditionnel de la rareté devient un modèle de la super-rareté. Ainsi par exemple, si l'on ne veut pas commander mes livres brochés par correspondance sur mon site, sur Amazon ou la Fnac.fr, le meilleur moyen est encore de regarder dans la colonne de droite de ce blog où je serai en dédicace dans les jours ou semaines à venir. Oui, oui, j'en profite pour me faire de la pub. Honte à moi.
 
Les exemples de deal d'autoédités avec de grandes maisons d'édition où les premiers gardent leurs droits sur les livres papiers et ebooks, comme celui de John Locke sont rarissimes, et le resteront longtemps en France.
 
Pour tous les acteurs habitués à ce marché de la rareté (note personnelle : oui, je suis au courant que dans le marché traditionnel, 56 000 livres brochés sortent en France par an, néanmoins ce marché ne représente qu'un petit pourcentage de la totalité des livres écrits chaque année), le nouveau modèle de l'abondance promulgué par l'ebook entraîne une énorme peur : celle de ne pas être repéré, noyé dans la masse.
 
Comment va-t-on faire pour remarquer mon ebook parmi des centaines de milliers d'autres ? Kathryn Rusch explique très bien dans son billet que le modèle de la rareté était fondé sur l'instinct des éditeurs, mais également des lecteurs au moment de leur choix du livre ou de l'auteur. Le nouveau modèle devient mathématique : vous serez trouvé, forcément, mathématiquement, parce que vous ne vous contentez pas de publier un seul ebook et que vous essayez d'améliorer aussi bien la qualité d'écriture, de l'histoire, que la qualité visuelle des couvertures, ainsi que la qualité des quatrième de couverture (présentations).
 
Quelqu'un me disait hier en dédicace qu'il faut un don pour écrire. Je pense simplement que certains ont plus de facilités que d'autres. Tout le monde ne peut pas écrire et en vivre, c'est certain. Combien d'écrivains, d'ailleurs, vivent de leur plume en France et uniquement de leur plume (sans compter l'argent qui vient des ateliers d'écriture) ? Une centaine ? Il est important de donner ce chiffre, car même dans ce nouveau monde de l'ebook, les choses ne vont pas d'un seul coup devenir très faciles pour tout le monde. Même pour les pros (dont je ne fais pas partie), cela va rester dur. Quoi qu'il en soit, ce chiffre est amené à progresser fortement.
 
Evidemment, dans ce nouveau monde de l'abondance, les auteurs habitués à se reposer sur leur éditeur seront les plus démunis, du moins au début. Mais à partir du moment où le marché de l'ebook sera arrivé à maturité en France, ceux qui sauront s'adapter y trouveront leur compte.
 
Et bien davantage qu'avec l'édition traditionnelle.

mardi 21 octobre 2014

[Archive 3 avril 2013] Droits numériques: votre bien le plus précieux

Avec l'émergence (lente, mais indiscutable en France) de l'ebook, on assiste à la naissance de nouvelles maisons d'édition spécialisées dans le numérique. Un gros éditeur comme Bragelonne va même jusqu'à créer des contrats qui n'incluent que la distribution numérique, à l'exclusion de toute autre. Ces contrats peuvent être limités dans le temps, ils n'en sont pas moins à examiner avec la plus grande méfiance par les auteurs. Cinq ou dix ans dans l'univers du numérique, c'est une éternité d'opportunités que vous pouvez laisser échapper...
 
Prestige et validation. Telles sont les deux mamelles que l'auteur en herbe aspire à têter, tant et si bien qu'il serait prêt à tous les sacrifices pour cela. Le prestige d'un nom d'éditeur reconnu, par exemple dans le milieu de la SFFF avec Bragelonne, peut faire tourner bien des têtes.
 
Imaginez-vous en tant qu'auteur signer un contrat de distribution exclusivement numérique. L'un de vos contacts sur un réseau social apprend que vous êtes édité et enfin reconnu. Votre livre est sorti. Il n'a pas bien vu le côté exclusif de la distribution et se précipite en librairie.
 
Que va-t-il penser, en s'apercevant que votre ouvrage ne figure pas dans les rayons aux côtés des autres auteurs Bragelonne ? Quand il va savoir que vous êtes publié uniquement en numérique ? "L'éditeur ne veut prendre aucun risque avec cet auteur." Ou bien : "c'est un auteur de deuxième catégorie". Voilà ce qui risque fort de lui traverser l'esprit.
 
Croyez-moi, même au début de votre carrière, vous ne voulez pas être l'auteur de deuxième catégorie. A moins, bien sûr, de vouloir un aller simple pour le pays de l'Anonymat et de l'Oubli.
 
Vous me direz, en tant qu'autoédité, mes livres ne sont pas distribués non plus physiquement en librairie.
 
Certes, mais je touche aussi 70% sur mes ventes d'ebook. Et je vends aussi mes livres en version papier, quoique uniquement en dédicace ou par correspondance.
 
L'auteur Joe Konrath nous signale dans la partie "commentaires" de son blog que certains contrats proposés par les éditeurs mentionnent 25% de droits sur les bénéfices de l'éditeur. Une manière très retorse de masquer le fait que l'auteur ne touchera en fait que 15% du prix de l'ebook, au final. Ce type de modèle de contrat peut se retrouver en France. Cela paraît fou, mais ce n'est pas de la parano que de le redouter.
 
Par ailleurs, ce que l'on pourrait appeler les stigmates de l'autoédition sont, grâce à des auteurs comme Joe Konrath, Hugh Howey ou Marie Force aux Etats-Unis, David Forrest ou Jacques Vandroux en France, en train de disparaître plus vite qu'on ne l'aurait cru possible. Vous préférez toucher 70% en publiant directement par KDP Publishing, Kobo Writing Life et les autres ou bien 15 % ?
 
Pourquoi une auteur comme Marie Force arriverait-elle à faire des bénéfices à sept chiffres (donc, dépassant le million de dollars) avec ses ebooks autoédités si les lecteurs se préoccupaient de la manière dont sont édités les livres ? Cette hantise est une hantise d'auteur.
 
"Oui, mais la validation ?" me demanderez-vous.
Sans vouloir faire de la psychologie à deux sous, ce besoin de validation remonte à notre petite enfance - d'où la métaphore mammaire du début. Il est utilisé par les parents pour éduquer leurs enfants. Puis, par les enseignants pour sanctionner ou récompenser leurs élèves. Et enfin, par les grands éditeurs pour faire de l'argent. 
 
Tous les gens qui savent relire un roman et le corriger de manière satisfaisante ne travaillent pas en maison d'édition, croyez-moi.
 
Je vais maintenant vous révéler le secret des auteurs qui commencent à avoir de la bouteille. Les seules véritables personnes habilitées à vous valider, ce sont les lecteurs. Les lecteurs, parmi lesquels peuvent se trouver d'autres auteurs talentueux. Pas les éditeurs. A bon entendeur...

mercredi 8 octobre 2014

[Archives 17/06/2012] L'expérience numérique d'Edouard Brasey terminée ?

Un article du site ActuaLitté du vendredi 15 juin indique que l'écrivain Edouard Brasey a mis fin à son expérience numérique en autoédition avec La Prophétie de Pierre. L'écrivain a en effet signé avec les Editions Télémaque pour une publication papier de son roman La Prophétie de Pierre dès la rentrée de septembre, et l'ebook, encore sur la boutique Kindle aujourd'hui, en sera retiré dès demain lundi 18 juin. L'expérience numérique est-elle pour autant terminée ? A mon humble avis, non. A moins d'avoir signé une clause de non-concurrence, Edouard Brasey garde la possibilité d'autoéditer de futures oeuvres qui ne trouveraient pas leur éditeur.
 
Plusieurs réflexions me viennent : les Editions Télémaque ont dû mettre sur la table une avance suffisante pour compenser, non seulement les gains déjà engrangés par Edouard Brasey sur La Prophétie de Pierre, mais également les futurs gains. Un ebook a en effet une durée de vie illimitée. Il ne disparaît pas des rayons comme les livres papier. Même s'il tombe un temps dans les profondeurs du classement, il peut se relever grâce à une nouvelle parution du même auteur, par exemple.
 
La conclusion si rapide de cet accord entre Edouard Brasey et un éditeur après l'article sur mon blog et l'interview d'Edouard Brasey dans la newsletter du Kindle est-elle un simple hasard, une coïncidence fortuite, auquel cas cette publication serait à mettre au seul crédit de l'auteur et de son roman ? Ou ne relève-t-elle pas d'un réflexe corporatiste du milieu de l'édition ? En publiant sur un délai aussi court Edouard Brasey, les Editions Télémaque n'entendraient-elles pas couper l'herbe sous le pied de ceux qui prétendent que l'autoédition peut s'avérer une solution viable ?
 
Autre réflexion : on a déjà vu aux Etats-Unis des auteurs autoédités en numérique obtenir des contrats avec des éditeurs suite à leurs très bonnes ventes. On pense évidemment à Amanda Hocking (plus d'un million d'ebooks vendus). Depuis qu'elle a trouvé un éditeur, l'un des six plus grands américains, St Martin Press, ses ventes stagnent, et la promotion aux Etats-Unis (ce serait mieux en Europe et en Australie) n'est pas à la hauteur. Le prix de ses ebooks a remonté.
 
Un exemple moins connu en France est celui de Boyd Morrison. Il a été l'un des premiers auteurs américains autoédités à obtenir un gros contrat avec Simon & Schuster, un autre des six plus grands éditeurs outre-Atlantique. Et que s'est-il passé ? Eh bien, Simon & Schuster l'a laissé tomber en cours de route. Ils avaient conclu un marché sur la publication de plusieurs romans, et ils ont refusé de publier l'un d'entre eux. Boyd Morrison a récupéré ses droits. Et devinez quoi ? Il autoédite de nouveau les mêmes romans.
 
Pour les anglophones, un article très éclairant à ce sujet, celui de l'auteur Kristine Rusch intitulé : the changing definition of publishing.
 
Je me permets de féliciter Edouard Brasey. Trouver un éditeur, et obtenir une bonne avance, avoir l'assurance que la version papier se trouvera en librairie, est très réconfortant pour un écrivain. Comme je le disais dans mon précédent article, se faire éditer peut toujours constituer un choix judicieux, même de nos jours, si le marché est équilibré entre l'auteur et l'éditeur. Et notamment, si l'on ne cède pas ses droits à vie. Stephen King ne cède pas ses droits à vie, par exemple. En outre, des rumeurs indiquent que le partage des droits se ferait à 50/50 entre lui et son éditeur.
 
Mais la communauté des auteurs autoédités n'a pas non plus à s'en faire. Un petit détour sur ce blog américain vous apprendra qu'il existe plus de 160 auteurs ayant vendu à au moins 50 000 exemplaires leurs ebooks autoédités.
 
Et, je le répète, l'expérience numérique d'Edouard Brasey n'est à mon avis pas terminée. Ne serait-ce que du fait qu'à partir de septembre 2012, date de la parution de la Prophétie de Pierre aux Editions Télémaque, il va pouvoir comparer qui fait le mieux sur son thriller, son éditeur ou lui-même avec ses ventes en trois mois en 2012 sur Kindle. Gardons-nous de tirer des conclusions hâtives. 

[EDIT 08/10/2014] Plus de deux ans après, qu'en est-il de la Prophétie de Pierre? Eh bien, si l'ouvrage en format papier est toujours édité par les Editions Télémaque, en format numérique, il a été réédité par Edouard Brasey en autoédition et se nomme maintenant Le dernier pape et la prophétie de Pierre. A l'heure où j'écris ces lignes, sur Amazon il est n°1 au classement des polars historiques, n°5 en ebook Fantasy et n°102 dans la boutique Kindle. Quand je vous disais que l'expérience numérique d'Edouard Brasey n'était pas terminée. Ma conclusion? Quand on a goûté à l'autoédition, il est difficile de faire complètement une croix dessus (et à titre personnel, je serais curieux d'avoir un comparatif entre les ventes aux Editions Télémaque et en autoédition (ebook) sur La prophétie de Pierre).

mardi 7 octobre 2014

[Archive 11 juin 2012] L'écrivain Edouard Brasey montre la voie

L'écrivain Edouard Brasey, auteur de 70 ouvrages, édité notamment chez Belfond et Calmann-Lévy, a choisi l'autoédition pour son thriller La Prophétie de Pierre. Bien lui en a pris, puisque moins de trois mois après sa parution (le 21 mars 2012) sur le seul Kindle Store d'Amazon, Edouard a atteint le cap des 2700 ventes ! A 4,99 euros l'ebook et environ 60% d'euros net de revenus d'auteur après déduction des taxes, il est aisé de calculer le bénéfice... Tout le monde n'a pas la carrière et le lectorat d'Edouard Brasey, mais il est certain que celui-ci montre la voie à de nombreux auteurs, qu'ils aient déjà été édités ou non. Vous pouvez consulter ses statistiques officielles pour son livre et le site de l'écrivain.





Aucun succès n'est reproductible tel quel en édition. A moins d'un coup de chance, obtenir un succès auprès des lecteurs prend la plupart du temps des années. Et cela continuera avec l'ebook. Le métier d'auteur, qu'il soit édité ou autoédité, restera très difficile, et demandera beaucoup de courage et de persévérance, sans parler bien sûr du talent et de la chance.
 
L'objet de ce court billet est néanmoins de provoquer une prise de conscience parmi les auteurs. Sachez que d'autres voies sont possibles que l'édition traditionnelle. Des voies qui permettent à l'auteur de voir la concrétisation de son travail parvenir beaucoup plus rapidement au lecteur, tout en étant rémunéré de manière beaucoup plus juste et rapide. Des voies qui vous permettent aussi, de travailler vous-même en collaboration directe avec un artiste (ou de réaliser vous-même votre couverture, si vous êtes doué) tout en le rémunérant, et d'être satisfait du résultat final.
 
La qualité de l'écriture et de l'édition restera un défi, car les auteurs autoédités doivent prouver qu'ils peuvent constituer une alternative viable à l'édition, s'ils veulent pouvoir en vivre.
 
Se faire éditer peut toujours s'avérer un choix judicieux, si l'avance est conséquente, et surtout, si l'on ne sacrifie pas ses droits à vie, mais pour une période déterminée. Réfléchissez par vous-même, faites vos calculs et au moment de prendre votre décision, procédez en toute connaissance de cause.

vendredi 3 octobre 2014

[Archive 7/10/2012] Les trois sacrifices de l'auteur

Une fois son livre écrit, il existe trois sacrifices possibles pour un auteur. Le premier est celui de 90% de ses droits d'auteur s'il passe par un éditeur. Si au contraire il a choisi l'autoédition au format ebook, il se trouvera rapidement confronté au choix stratégique suivant : sacrifier des ventes en baissant dramatiquement les prix au cours d'opérations promotionnelles, ou bien même en offrant son livre en échange d'un regain de visibilité, et d'un espoir de ventes ultérieures. C'est le deuxième sacrifice. Lors de sa dernière opération de gratuité, l'auteur Joe Konrath a ainsi laissé partir 70 000 ebooks. Le troisième sacrifice est celui du "temps promotionnel" de l'auteur. Celui que je passe par exemple en ce moment à écrire ce billet, ou le temps passé sur les réseaux sociaux. Le problème, c'est que les deux derniers sacrifices ne sont plus l'apanage des autoédités. Ils sont aussi initiés ou encouragés par les éditeurs eux-mêmes.
 
L'exemple qui vient évidemment tout de suite à l'esprit est celui de l'éditeur Bragelonne, qui, à l'occasion de son 200 000 ème ebook vendu, a baissé, pour une période limitée, le prix de 200 de ses ebooks à 0,99 €. Pour les auteurs des livres en question, à moins qu'un système de compensation n'ait été mis en place, ce dont on me permettra de douter, le sacrifice est donc double: le premier sur les droits d'auteur, le deuxième sur les droits d'auteur liés à ces ouvrages promotionnels.
 
Et le sacrifice devient triple si l'éditeur a par exemple demandé aux auteurs concernés de répandre partout autour d'eux, sur les réseaux sociaux et autres, la nouvelle de cette promotion.
 
En 2012 et étant donné l'état du marché du livre en France, les auteurs sont peut-être encore gagnants malgré ce triple sacrifice. En effet, les ventes de livres papier des éditeurs dominants restent largement supérieures à celles de l'ebook (excepté dans des domaines comme la science-fiction et justement la fantasy où cette différence est moins affirmée).
 
Les auteurs de Bragelonne peuvent espérer que le regain de visibilité engendré par cette opération promotionnelle se répercute sur les ventes de livres papier. Ce serait pour eux, étant donné leurs droits d'auteur, le seul moyen de revenir sur leurs pertes.
 
A moins bien sûr que Bragelonne n'offre à ses auteurs 50% de droits pour les ventes sur le numérique, mais j'ai comme un doute.
 
Au moment du choix de s'autoéditer ou non, l'auteur averti réfléchira donc sérieusement aux implications que suppose le fait d'être édité, sachant bien sûr que le marché de l'ebook est en expansion en France (ce que confirment, non seulement les 200 000 ebooks vendus par Bragelonne, mais mes propres ventes, puisque j'en suis à 700 ebooks écoulés cette année contre 93 en 2011).
 
Il devra se souvenir que les éditeurs dominants contractualisent pour de très looooongues périodes. Il devra aussi se souvenir que les stratégies des autoédités sont aussi à présent de plus en plus celles des éditeurs.
 
Bien sûr, il devra aussi réfléchir aux investissements, financiers ou par son travail propre, dans les corrections et la couverture s'il s'autoédite.
 
Il pourra aussi envisager les avantages liés à l'autoédition : la liberté de choix sur la couverture et sur les corrections, l'opportunité de tester très vite la manière dont l'ouvrage va être reçu par le public, contre une attente souvent très longue et hypothétique s'il se contente d'envoyer son manuscrit, une nouvelle attente si son manuscrit devait être retenu (en fonction du planning de parution de l'éditeur), avec la perspective d'une présence éphémère dans les rayons (de l'ordre de deux à trois mois) pour des livres papier qui ne pourront que perdre de leur attractivité avec le temps.
 
Sans parler, bien sûr, de compte-rendus de ventes des éditeurs très longs  eux aussi à obtenir et souvent peu clairs,  à cause du sytème des retours de libraires, et de versements beaucoup moins fréquents que lorsqu'on s'autoédite.
 
Je noircis le tableau ? Discutez-en avec des auteurs édités.

lundi 29 septembre 2014

[Archive 9/11/2012] Les DRM facultatifs chez Numilog

Après avoir appris l'existence d'un onglet "sans DRM" sur le site de ventes d'ebooks Numilog, j'ai contacté par l'entremise de Facebook et du site jepublie.com l'une des personnes en charge des relations avec les autoéditeurs pour obtenir plus de précisions. Il en ressort que les DRM sont bel et bien devenus facultatifs chez Numilog.
 
C'est une évolution très importante, qui montre, à l'instar de ce qui s'est passé aux Etats-Unis avec l'éditeur Tor (filiale de l'un des Big 6, Macmillan) que le non-DRM gagne du terrain. Et franchement, je m'en réjouis, car cela montre que certains parmi les milieux traditionnels de l'édition prennent en compte ce qui s'est passé avec la musique, et comprennent que ce n'est pas en entravant les lecteurs que l'on s'attire leurs faveurs. 
 
Il est encore suffisamment tôt, en France, pour développer cette politique anti-DRM qui, conjuguée à des prix abordables et à une éventuelle présence en bibliothèque (à condition que le prêt d'ebooks en bibliothèque soit tout de même plus contraignant que l'achat en ligne), devrait permettre d'éviter le piratage à tout-va.
 
A partir du moment où le piratage devient la norme, il ne faut pas s'étonner que les gens s'éduquent à l'idée fausse que le numérique doit être gratuit. 
 
Qu'une immense partie du numérique soit gratuite (ebooks libre de droits), je trouve cela formidable, que l'on puisse trouver sur des sites des documents ou des livres qui ne sont plus exploités par les éditeurs ou les auteurs est une excellente chose, mais désolé, tout travail mérite salaire, à mon sens. Ou alors, on instaure un revenu universel plus conséquent que le RSA. Nous n'en sommes pas encore là.
 
Pour en revenir à Numilog, en principe, plus rien ne s'oppose donc à ce que l'on y trouve mes ebooks. Sauf que. Sauf que Numilog fait toujours payer des forfaits (un auteur m'a parlé de 80 € pour un fichier epub) pour intégrer les fichiers ebooks à son site. Sauf que les revenus d'auteur n'y sont que de 50%.
 
Voici donc ce que j'ai répondu par e-mail en substance en guise de conclusion à nos échanges : Après mûre réflexion, j'ai décidé de ne pas travailler avec vous pour le moment : les redevances d'auteur sont inférieures chez Numilog à celles de grands concurrents comme Amazon, Apple ou Kobo, qui offrent 70%. Ces trois concurrents ne font payer aucun forfait sur les ebooks aux auteurs et éditeurs. La possibilité de télécharger des extraits existe aussi chez ces concurrents, et compense l'absence de la fonction particulière de feuilletage (qui existe pour les livres papier chez Amazon). Et enfin, le fait que Numilog ait développé des applications pour Android et Apple ne compense pas l'absence de liseuse dédiée liée exclusivement à Numilog comme Chapitre.com peut par exemple l'être à Sony, ou Cultura.fr à Bookeen.

Le changement par rapport aux DRM est une évolution positive que je salue, mais désolé, cela ne suffit pas en ce qui me concerne.
 
Des sites comme Amazon tiennent compte des retours de leurs développeurs ou partenaires, et je suis presque certain que Numilog sera réceptif à mes critiques et remarques. Je ne suis en la matière que le porte-parole d'une logique de marché et de compétitivité implacable. Cette même logique qui a si souvent joué contre les auteurs...

dimanche 28 septembre 2014

[Archive 21/04/2012] Le spectre des DRM

Dans la panoplie d'arguments cités par les détracteurs de l'ebook, l'on avance souvent les DRM (Digital Rights Management, verrous numériques). Et pour faire bien peur, on cite la possibilité pour Amazon d'effacer des lecteurs d'ebooks des livres déjà achetés, par le biais de ces DRM. Scandaleux, n'est-ce pas ? Or, on oublie une chose : Amazon donne la possibilité aux éditeurs de mettre ou non des DRM. Ils ont le choix.
 
A ma connaissance, l'un des rivaux d'Amazon, le Nook de Barnes & Noble, impose les DRM à tous les auteurs indépendants et éditeurs qui y mettent en ligne leurs ebooks. De même, la plate-forme de vente en ligne Numilog impose les DRM pour tous les ebooks qui y sont vendus. Et qui retrouve-t-on derrière Numilog ? Le groupe Hachette. [EDIT] : Numilog vient d'être rétrocédé à son fondateur, Denis Zwirn. La nouvelle date du 17 avril. Source : Cnet. Je m'en réjouis, et ce n'est pas trop tôt. Néanmoins, mon argumentaire reste valide, puisqu'on ne connait pas encore la politique que mettra en place Denis Zwirn.
 
Dans les romans policiers, les détectives recherchent toujours le mobile du crime. Qui a intérêt à imposer un contrôle maximal pour lutter contre le piratage ? Les éditeurs, bien sûr. Encore qu'il n'est pas sûr que leur véritable intérêt soit bien compris d'eux-mêmes, ni de leurs auteurs. Amazon a eu l'intelligence de permettre aux éditeurs, et aux auteurs indépendants, de ne pas mettre de DRM sur leurs ebooks. Je crois qu'il est important de le rappeler ici, étant donné certaines infos qui circulent, y compris sur des sites comme ActuaLitté. 
 
Le plus grand défaut du site d'Amazon vient à mon sens de l'absence d'indication "avec ou sans DRM", c'est pourquoi, pour mes propres ebooks vendus chez eux, j'ai fait le choix de mentionner dans la présentation qu'ils sont vendus sans DRM.
 
Attention aussi à ne pas faire l'amalgame entre DRM et format propriétaire. Amazon impose un format propriétaire : en conséquence, vos ebooks Kindle ne pourront être lus sur d'autres lecteurs d'ebooks que si vous vous servez d'un logiciel gratuit comme calibre pour les convertir au format epub, le plus universel. Les DRM empêchent la conversion en un autre format. Et vous ne pourrez rapatrier des epubs sur votre Kindle qu'en les convertissant en format prc mobi ou azw (formats amazon).
 
D'autres concurrents utilisent des systèmes propriétaires, comme Apple ou Barnes & Noble. Ces systèmes visent à fidéliser les lecteurs. C'est cette stratégie qui a d'ailleurs historiquement permis à Apple de survivre contre Microsoft et Windows. Dans le cadre des ebooks, je n'y suis pas favorable personnellement, puisque les formats propriétaires nuisent à la liberté des lecteurs.
 
Mais il faut être réaliste : toutes les personnes ne sauront ou ne voudront utiliser un logiciel comme calibre. Tout le monde n'aime pas "mettre les mains dans le cambouis". Tout le monde n'est pas geek. Si vous êtes un lecteur non geek, que vous recherchez la compatibilité et êtes prioritairement intéressés par les ebooks gratuits, j'aurais tendance à vous conseiller une liseuse numérique de type Bookeen, Sony ou Kobo.
 
Si vous êtes non geek et que vous cherchez à lire les dernières nouveautés de librairie, en français ou en anglais, je recommanderais le Kindle. Pas forcément à cause de l'appareil en lui-même, mais parce que l'écosystème du site d'Amazon est supérieur à tous les autres. Meilleure navigabilité, plus grand choix de livres, etc.
 
A ce sujet, cela tombe bien, les nouveaux Kindle Touch et Kindle 3G sortent aujourd'hui. Amazon a avancé sa date de sortie d'une semaine. A noter qu'il y a aussi des ebooks gratuits sur les sites marchands que sont Kobobooks et Amazon, entre autres.
 
Enfin, si vous êtes un geek, vous irez forcément vers les liseuses assurant le plus de compatibilité, donc les Bookeen, Sony, Kobo, ou autres capables de lire directement de l'epub. Quitte à récupérer ensuite des ebooks que vous ne pouvez trouver que sur Amazon pour les convertir sur votre liseuse grâce à Calibre.
 
Dernier conseil : lisez les extraits de livres avant d'acheter. Des sites comme Kobobooks et Amazon, contrairement au site de la Fnac.fr, donnent la possibilité de télécharger directement sur votre liseuse les extraits d'ebooks. Profitez-en pour tester les auteurs que vous ne connaissez pas. Le cas échéant, n'hésitez pas à vous rendre sur leur site personnel, pour savoir ce qu'ils font d'autre. Et si vous souhaitez vraiment encourager les auteurs indépendants, vous pouvez même acquérir leurs ebooks sur leur site !
 
Sur le mien, par exemple, vous trouverez les deux formats, Mobi et epub. ;)

samedi 27 septembre 2014

[Archive 23/10/2012] Dupliquez vos ebooks !

Etant données les possibilités d'achat à distance qu'offrent à présent les liseuses numériques connectées, étant donnés les services de "cloud computing" qui permettent de stocker des Gigas de données sur des serveurs dédiés, on pourrait aisément se demander à quoi sert l'espace de stockage de nos ordinateurs ou disques durs personnels. L'exemple de cette cliente norvégienne (Linn Jordet Nygaard) qui stockait tous ses ebooks sur son Kindle et qui s'est vu effacer son compte par Amazon pour un problème de règlement intérieur nous enseigne que nos disques dur et autres clés USB déconnectés sont encore, et pour un bon bout de temps, précieux.
 
Le Big brother du numérique va-t-il vous spolier de vos ebooks ? L'ogre capitaliste menace-t-il de régner en despote sur le contenu de vos liseuses numériques ? Sur Internet, il est facile de monter en épingle un fait isolé comme la déconvenue brutale dont a été victime Linn Jordet Nygaard.
 
Pourtant, si l'on y réfléchit deux secondes, on se rend compte que la prise de contrôle de données via les DRM (protections numériques) d'une liseuse connectée n'est que l'un des aspects du problème. Le fait de stocker tous ses ebooks au même endroit, dans sa liseuse, peut aussi entraîner le même type de désagrément, en cas de perte de l'appareil par exemple. 
 
Pour se débarrasser des DRM, on peut, comme l'indique le site Actualitté, faire appel à certaines ressources sur le net. Mais pour être sûr d'avoir son ebook en double, on peut décider de l'acheter systématiquement à partir de son ordinateur de bureau, pour ne le transférer que dans un deuxième temps dans son Kindle ou Kobo ou autre (pour Amazon, le dossier où l'on retrouve ses ebooks se nomme My Kindle content sur son ordinateur).
 
Ou bien, lorsqu'on recharge sa liseuse (en la branchant via un câble USB à son ordinateur), on peut en profiter pour copier tous les fichiers ebooks de sa liseuse dans le disque dur de l'ordinateur, en créant un dossier ebooks. On peut aussi dans un deuxième temps, précaution supplémentaire, transférer le tout dans une clé USB dédiée, ou sur un disque dur externe. Cela marchera à condition que ces fichiers ebooks n'embarquent pas de DRM.
 
D'où l'importance d'acheter des ebooks sans DRM. Amazon.fr est le site où l'on aura le plus de chance de les y trouver, car les auteurs indépendants y sont mis en avant en fonction de leurs ventes (système d'algorithme propre à Amazon). Il suffit de regarder le top 100 des ventes Kindle sur Amazon.fr pour s'en persuader. Or, les indépendants vendent le plus souvent sans DRM.
 
Sur les sites de la Fnac ou de Kobo, ce sont les ouvrages des grandes maison d'édition qui sont mis en avant. A de rares exceptions près, les maisons d'édition en question privilégient les ebooks avec DRM, que vous ne pourrez pas copier si facilement. Eh oui.
 
Je regrette toutefois qu'Amazon ne signale pas clairement sur son site les ebooks avec ou sans DRM. [EDIT 27/09/2014] : en fait, Amazon le signale: voir cet article] C'est pourquoi, comme le savent les fidèles de ce blog puisque c'est un sujet récurrent, je précise au début des présentations de mes ebooks qu'ils sont vendus sans DRM. Après, chacun fait comme il veut, mais je trouve cela plus clair pour tout le monde.

jeudi 11 septembre 2014

[Archive 15/04/2012] Quand le site ActuaLitté s'en prend à Amazon

Ce qu'il y a d'intéressant avec la guerre éditoriale qui fait rage à l'heure actuelle, c'est que certains acteurs prennent résolument parti, et montrent ainsi dans quel camp ils se trouvent. Pour résumer, cette guerre oppose cinq grands éditeurs américains, alliés de circonstance à Apple, à Amazon. Le Département de la justice américain a en effet assigné lesdits éditeurs et Apple en justice pour entente illicite sur le prix des livres numériques (ebooks). On s'aperçoit que le site ActuaLitté, pourtant un site d'information, n'hésite pas à se ranger résolument du côté d'Apple et des cinq éditeurs en cause en parlant de "monopole d'Amazon sur les ebooks", du "lavage de cerveau façon Jeff Bezos", et du "miroir aux alouettes de la politique tarifaire du Kindle". Bonjour l'objectivité...
 
Tout le monde sait qu'Amazon est loin d'être un gentil nounours. On sait par exemple qu'avant l'arrivée de l'ipad, Amazon ne donnait que 35% aux auteurs et éditeurs sur le prix des livres numériques. L'arrivée d'Apple sur le marché des ebooks, à cet égard, a fait un bien fou, permettant aux auteurs et éditeurs de bénéficier de 70%. Mais Amazon a aussi compris, en faisant passer la marge des auteurs à 70%, qu'il pourrait concurrencer très sérieusement les éditeurs traditionnels. En effet, les auteurs autoédités, n'ayant pas à subir les frais de fonctionnement des grandes maisons d'édition, peuvent concurrencer celles-ci efficacement.
 
Or, on sait que les éditeurs traditionnels disposent d'une main-mise sur le marché de la distribution de livres physiques. Il ne s'agit pas, en France, d'un monopole, mais d'un duopole, avec la domination du groupe Lagardère (Hachette) et de Publicis. C'est pourquoi il convient de remettre en perspective les articles d'ActuaLitté. Le site ne cesse de pointer du doigt le monopole supposé d'Amazon, sans jamais remettre en cause le duopole de Lagardère et Publicis. Pourquoi le fait-il ? Pour protéger la sacro-sainte "chaîne du livre".
 
Cette chaîne du livre, en acceptant de rester sous le joug d'un duopole, est tout de même responsable, d'une part de prix trop élevés, d'autre part d'un choix plus restreint d'ouvrages (en fonction de l'avis de quelques directeurs littéraires), et enfin de l'exploitation sans merci d'un très grand nombre d'auteurs. 
 
ActuaLitté n'hésite pas à citer Scott Turow, le très décrié président de la guilde des Auteurs aux Etats-Unis, selon lequel Amazon va de nouveau pouvoir vendre des titres à perte, ce qui mettra en danger toutes les librairies qui veulent se lancer dans le livre numérique. Le modèle de prix d'agence, en instituant un prix unique des livres numériques, favoriserait les libraires.
 
Admettons ce dernier point. Les libraires sont en effet protégés par le prix unique. Mais pas les lecteurs. Les lecteurs, quant à eux, doivent continuer à payer le prix fort pour les ebooks. En tant qu'auteur, je pourrais me réjouir de ce fait : mes ebooks sont beaucoup moins cher que ceux des grands éditeurs, et je peux donc les concurrencer à loisir. Mais je suis aussi lecteur, et je trouve cela révoltant.
 
Ce modèle de prix unique du livre est un modèle artificiel. La protection de l'emploi ne doit pas figer les choses, elle doit au contraire favoriser l'innovation et l'esprit d'entreprise. Pourquoi Amazon, avant l'arrivée de ce "prix d'agence" (entente sur les prix des ebooks), possédait-il 90% du marché de l'ebook ? Parce que son site est meilleur, tout simplement. Plus efficace. Plus juste pour les auteurs, comme pour les lecteurs.
 
Je ne dis pas qu'Amazon est une oie blanche. J'ai déjà dit ici à quel point j'étais contre la formule KDP Select. Il est tout à fait possible que la société ne se soit pas acquittée de ses taxes en Grande Bretagne comme on l'en accuse. Mais pour moi, le vrai problème ne vient pas d'Amazon. Il vient de l'absence d'une concurrence à la hauteur. Ce n'est pas par le biais d'ententes entre éditeurs que les grandes maisons devraient lutter contre Amazon, mais en favorisant la recherche, en développant des sites plus efficaces et qui donnent le sentiment de liberté aux lecteurs, en s'interdisant l'usage des DRM (verrous numériques). En permettant à un maximum d'acteurs de fournir une grande diversité de contenus aisément accessible aux lecteurs.
 
L'abus de position dominante est un problème permanent, d'où qu'il provienne. Quand mes livres sont virés des rayons d'un grand libraire en n'y étant restés que trois jours parce qu'un grand éditeur arrive avec ses livres, je suis victime d'une position dominante. 
 
Or, je suis persuadé qu'il est beaucoup plus difficile de contrôler un marché numérique qu'un marché physique. Si Amazon devait abuser de sa situation dominante, les auteurs et éditeurs privilégieraient d'autres acteurs. Ces acteurs existent déjà : Apple (même si, pour moi, Apple n'est pas un "pure player" du livre numérique, puisqu'il n'existe aucun ebook Apple à base d'encre électronique) Bookeen, Kobo, le Nook de Barnes & Noble, Sony. Tout ce qu'il leur faut pour vraiment concurrencer Amazon, c'est un site de qualité, avec des algorythmes aussi performants que ceux d'Amazon.
 
Il y a un auteur américain dont l'avis me semble très pertinent. Il s'agit de Mickael A.Stackpole. Dans un billet, il explique pourquoi il est vital pour les auteurs de pouvoir faire de la vente directe, via leur site d'auteur. Dans un autre intitulé "l'opinion d'un profane", il tente de décrypter le procès en cours (il ne reste plus que Apple, Mc Millan et Penguin contre le Département de justice américain, Hachette, HarperCollins et Simon & Schuster ayant signé un arrangement).
 
Les auteurs et les lecteurs doivent plus que jamais garder les yeux grands ouverts, et l'esprit critique. Quand une guerre de l'ampleur de celle qui oppose les différents acteurs éclate, la désinformation est une arme.