vendredi 24 juillet 2026

Orbite basse : Space X nous mène dans l'impasse

Il y a dix ans, j'ai fait partie des premières personnes en France à s'extasier sur le niveau technologique de Space X, considérant même que de ne pas en parler constituait le plus grand scandale médiatique de ces dernières années. Aujourd'hui, alors que jamais, l'environnement n'a été autant attaqué, avec autant d'incendies absolument ravageurs en Europe et en France, je considère que la trajectoire techno-industrielle de Space X va devenir de plus en plus dangereuse pour la nature, et nous mène dans l'impasse. J'irai jusqu'à dire, en tant qu'auteur de Science-Fiction, que le type de technologie développé par Space X n'est pas une technologie d'avenir, dans la mesure où elle ne s'inscrit pas dans un développement durable. 

 

Comme tant d'autres choses aujourd'hui, de la guerre de la Russie contre l'Ukraine à celle des Etats-Unis contre l'Iran, ou à la politique écologique d'Emmanuel Macron en France (et sa politique tout court), la stratégie de Space X a tout d'une fuite en avant. Un article d'aujourd'hui vendredi 24 juillet de Presse Citron décrit de manière précise, si ce n'est exhaustive (il aurait fallu beaucoup plus d'un simple article pour cela) la catastrophe à venir. Comment, non seulement la saturation de l'orbite basse par les dizaines de milliers de satellites Starlink, plus des millions (oui, millions!) de data centers orbitaux d'Elon Musk vont nuire à la science en empêchant les observations partout dans le monde. Et bien sûr, dégrader l'environnement suite à la destruction progressive dans l'atmosphère de tous ces satellites, une fois arrivés en fin de vie. 

Par ailleurs, la technologie du Starship est tellement incroyablement coûteuse en ergols, c'est à dire le carburant spatial, que Space X a désespérément besoin d'espace sur Terre. L'entreprise de Musk cherche actuellement à s'étendre et à s'implanter un peu partout dans les niches non habitées, c'est à dire les niches de biodiversité dans le monde. Avec, bien sûr, un impact cataclysmique à prévoir sur l'environnement. 

Et quand vous détruisez l'environnement, vous détruisez toute la science qui va avec.

Ce que l'on n'a pas réussi à faire complètement avec la bétonisation et l'urbanisation, Musk promet de l'achever avec ses fusées. C'est rien moins que la promesse d'achever l'environnement, partout où il le pourra. 

Le tableau est trop noir? Trop dramatique? En cet été 2026 où les forêts européennes flambent comme jamais en raison du réchauffement climatique, où xAI, autre entreprise de Musk, opère illégalement des centrales à gaz pour ses datas centers, même des personnes autant attachées au progrès technologique que votre serviteur tirent la sonnette d'alarme. 

Oui, pour reprendre une citation célèbre, je fais partie des gens qui pensent que la Terre est le berceau de l'humanité, et que l'on n'est pas fait pour rester dans son berceau toute sa vie. Je pense que tout le sens de l'évolution du cerveau humain au travers des générations, pour atteindre le niveau d'ingénieur, d'astronome, d'expert en génétique, d'astrophysicien, de chirurgien cardiaque, toute cette évolution ne nous prédestine pas à redevenir de simples chasseurs-cueilleurs. Je pense que notre destin est dans les étoiles et pas seulement sur Terre. Oui, je suis en faveur d'une base sur la Lune (à condition toutefois de prévoir des solutions de repli et d'urgence pour les premiers astronautes, ce qui n'est pas le cas actuellement) et sur Mars, voire ailleurs dans le système solaire. 

En revanche, je m'inscris en faux contre le concept de croissance perpétuelle, de production et d'enrichissement en constante augmentation. Je pense même que l'idée des sphères de Dyson pour amasser toujours plus d'énergie et modifier ainsi le niveau de la civilisation humaine, ou d'une civilisation extraterrestre, cette idée est fort probablement erronée, car trop simpliste. Dyson se basait pour sa prédiction sur la démographie exponentielle d'une civilisation. La vérité, c'est que même les Chinois n'ont plus une croissance exponentielle de leur démographie.

On n'arrête pas le progrès, dit-on. Et ne plus progresser, c'est régresser. Encore faudrait-il savoir de quel progrès, de quelle technologie on parle. En voulant industrialiser l'espace avec son Starship, Musk va probablement réussir, à coût d'économies d'échelle, à rendre la mise en orbite encore beaucoup moins coûteuse. Plus l'homme sera présent dans l'espace, plus les découvertes, et donc les progrès liés à un environnement aussi contraint seront importants. 

A condition toutefois de préserver l'essentiel. A condition de préserver notre bonne vieille planète. Or, une technologie aussi ravageuse pour l'environnement que celle qui nous permet à l'heure actuelle de nous affranchir de la gravité ne saurait être une technologie d'avenir. 

En d'autres termes, il est urgent d'inventer d'autres modes de propulsion que le Starship. Des modes beaucoup plus propres. Je ne sais pas s'il s'agira de catapultes magnétiques ou d'autres systèmes, mais comme je le disais, la course technologique actuelle de Space X, mais aussi des autres sociétés et agences spatiales dans le monde, nous conduit dans le mur. Le fait de pouvoir reposer sur Terre dans leur totalité les fusées lancées, pour les réutiliser avec le minimum de maintenance, ne suffira pas à compenser les destructions environnementales qu'elles occasionnent. 

Le problème de saturation de l'orbite basse ne trouvera sans doute sa vraie solution qu'avec un gouvernement mondial pour réguler tout ça, et bien sûr, bloquer les entreprises absurdes, nuisant à la science.

La course à l'IA va devoir elle aussi être modérée, en raison de la participation au réchauffement climatique de l'IA, là où ça devrait être l'inverse. Et ce, alors même que les états-majors de tous les pays vont pousser pour accélérer dans ce domaine, l'IA étant intégrée de plus en plus aux armées.

La vie n'est pas une fuite en avant. La vie c'est la vie, tout court. 

L'humanité, on le sent tous, je pense, est entrée dans une période critique où il nous faut faire les bons choix pour l'avenir. Il faut arriver à concilier une meilleure exploitation de l'espace et de ses ressources, indispensable au progrès technologique, avec une modération des technologies non durables. Rendre l'espace moins coûteux, oui, mais pas au prix de la vie sur Terre, et en premier lieu de la biodiversité. Un sacré challenge.  

Autres articles sur le même sujet : 

- Le plus grand scandale médiatique de ces dernières années
- Le match Arianespace contre Space X

- Un boulet nommé Boeing 

mardi 30 juin 2026

Quand Auchan se fait (encore) tirer l'oreille pour les factures

En mai 2022, j'écrivais l'un des articles "coup de gueule" les plus lus de ce bog (près de 5000 vues), au sujet des problèmes que je rencontrais pour voir mes factures réglées par le groupe Auchan. "On a beaucoup parlé de vous", m'avait confié l'un des chefs de rayon de l'un des magasins, plusieurs semaines après la parution de l'article. Malheureusement, quatre ans plus tard, le problème se repose de nouveau. Et d'après ce que j'ai appris, je ne suis pas le seul auteur concerné. 

Qu'on se le dise, l'autoédition reste un combat pour gagner son beefsteak. Un chef de rayon me disait que d'autres auteurs se plaignent de ne pas avoir été réglés à temps par la centrale. L'un d'eux ne l'a pas été depuis 3 mois. 

En ce qui me concerne, j'ai pu me faire régler au début du mois de juin plusieurs factures en souffrance chez Auchan, dont l'une dépassait les deux mois de retard et était soumise à pénalités de règlement. Il y en avait pour un peu plus de 900 € en tout.  

Le site de règlement ASAP ne rend plus compte depuis bien longtemps maintenant de chaque facture envoyée. En d'autres termes, aucun accusé de réception. Le site ne fonctionne que lorsqu'on est sur le point d'être payé. Ainsi, la somme d'environ 900 € n'est apparue dans l'échéancier des règlements que quelques jours avant le paiement effectif.  

Il est aussi impossible de joindre la comptabilité générale par téléphone. Les emails ne sont pas répondus, ou alors, seulement lorsqu'une pression suffisante est exercée.  

Ce problème chronique de retards de règlements pourrait-il concerner d'autres fournisseurs Auchan que les auteurs autoédités? J'en ai peur.  

Lorsque l'on constate des problèmes de paiement aussi récurrents chez un groupe comme Auchan, dont on sait qu'il est en difficulté au  point d'avoir dû se séparer d'environ 300 supermarchés en 2025, on peut formuler deux hypothèses : 

- soit les effectifs de la comptabilité générale sont trop faibles, et celle-ci est débordée

- soit les comptables ont reçu pour instruction de ne pas régler certains fournisseurs parmi les moins puissants ou influents

Les deux hypothèses peuvent d'ailleurs être toutes les deux valables. Elles ont pour point commun de permettre au groupe Auchan de faire des économies. 

Mais attention, parce qu'il y a des économies qui coûtent cher. Souvenons-nous de mon fameux article de 2022. Je disais à l'époque un comptable local, en magasin, m'a confié que chacun des emails qu'ils envoyaient à la centrale étaient supprimés avant même d'être lus

On a l'impression que ces pratiques sont encore en vigueur. Il y aurait de quoi demander un audit des services de comptabilité générale du groupe Auchan, tenu par la famille Mulliez.   

Le covid, la guerre en Ukraine en 2022, la guerre en Iran de 2026, la canicule... Le pouvoir d'achat des Français baisse année après année. En même temps, la fréquentation des hypermarchés s'amoindrit. Les choses deviennent plus dures pour tout le monde. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas acquitter ses factures en temps et en heure. 

Lorsque, il y a quelques mois, les services comptables de Cultura m'ont adressé par erreur un virement de plus de 3000 € en règlement d'une facture de 400 €, j'aurais pu dire, "tiens, les temps sont durs, je vais les faire attendre plusieurs mois avant de les rembourser." 

Mais non, je les ai remboursés dans la semaine. 

D'ailleurs, au sujet des Cultura, je n'ai pas de problèmes de règlements avec eux. Avec les Leclerc, ça dépend un peu des endroits, mais ce n'est pas aussi difficile qu'avec Auchan en ce moment.

Et quant à la Fnac? Je ne dédicace pas à la Fnac, qui prend 40% du prix de chaque livre aux auteurs et éditeurs, là où Auchan et Leclerc prennent 20%, et Cultura 30%. Je dédicace d'autant moins à la Fnac que j'ai souvenir, à l'époque où je vendais mes livres papier en ligne, d'une facture qui avait traîné un an avant d'être réglée. Ce qui m'a conduit, d'ailleurs, à cesser de distribuer mes livres papier sur la Fnac. 

Les centres commerciaux recevant les auteurs en France n'étant pas si nombreux, et moins nombreux qu'auparavant depuis que le groupe Cora a été avalé par Carrefour, qui ne reçoit aucun auteur, je n'ai pas d'autre choix que de continuer à travailler avec Auchan pour le moment. Mais je souhaite bien sûr que les problèmes que je rencontre soient réglés. Pour moi aussi bien que pour mes collègues qui éprouvent les mêmes difficultés.    

mardi 9 juin 2026

Infini Respect pour le Cerveau Humain

La montée en puissance des modèles de langage de grande taille, les fameux LLM plus communément appelés Intelligence Artificielle (IA), a donné naissance à des jugements péremptoires chez certains auteurs, jugeant ces IA plus intelligentes que l'être humain. Ou même, estimant que de leur vivant, dans quelques années, il sera possible de télécharger le cerveau humain dans une machine. Ma propre réaction a été ambivalente. L'émerveillement de la puissance de ces LLM, qui seront sans doute capables bientôt d'écrire des romans très convaincants, mais aussi l'effarement et la stupéfaction par rapport à cette révolution si soudaine et abrupte apportée dans la société. La réaction émotionnelle liée à la peur d'être remplacé et de devenir inutile, teintée de dépression et du doute de moi-même. Tout en ayant conscience, grâce à mes connaissances, que le cerveau humain, dans bien des domaines, est encore loin d'être battu par l'IA, et que si l'on veut aborder ce sujet, il faut aller plus loin que le simple cerveau, pour aller vers le rapport au corps humain tout entier. 

Personne n'aime être remplacé, bien sûr. Mais chez nous autres auteurs, cette irruption de l'IA, et même son intronisation en tant que puissance, a un impact tout particulier. Je ne fais pas référence au fait que les auteurs ont depuis déjà un bon moment voulu créer la vie (Frankenstein, évidemment, mais pas que), et qu'en SF en particulier, l'IA avait été prédite depuis un bon moment. Je n'évoque pas non plus cette espèce d'accélération de la concurrence que provoque l'IA: après avoir perdu en bonne partie mon boulot de journaliste jeux vidéo en raison de la concurrence d'Internet au début des années 2000, je me rends compte que l'IA vient encore booster cette concurrence d'Internet et rendre plus prégnant et redoutable encore ce remplacement des professions du tertiaire que j'avais déjà vécu personnellement. Avec une différence majeure, cette fois, c'est que les ingénieurs informatiques eux-mêmes deviennent remplaçables, pour la plupart d'entre eux. Une différence qui, soit dit en passant, en toute logique, devrait forcer la société à aller vers un revenu universel inconditionnel. Mais c'est un autre sujet. 

Non, cet impact si particulier chez les auteurs est psychologique. Nous autres auteurs sommes en grande partie touchés par le syndrome de l'imposteur. Vous savez, cette tendance à penser que nous ne méritons pas le pain que nous gagnons. Une tendance qui nous a conduit en tant que profession à accorder des super pouvoirs à d'autres êtres humains appelés "éditeurs". Le super pouvoir de refuser 99,9% des manuscrits que nous leur envoyons. Le super pouvoir de mettre fin à nos carrières en une seule décision. En une seule phrase. Cette tendance qui nous confère la certitude que l'on ne peut pas gagner sa vie avec sa plume en écrivant des romans, et qu'il nous faut un autre métier. Cette tendance qui nous déprofessionnalise et nous décrédibilise auprès des gens du métier du livre. 

Sauf, bien sûr, si on fait le choix de l'autoédition. Dans ce cas, en devenant des auteurs autoédités, on se réapproprie nos pouvoirs. On se dévictimise, en étant les seuls responsables de nos succès et de nos échecs. On devient adultes et responsables. On devient de véritables professionnels de notre métier. 

Mais bref, je diverge. Même les auteurs autoédités qui ne dépendent pas d'un éditeur pour mener leur barque de manière professionnelle sont sujets au syndrome de l'imposteur. C'est humain. Les auteurs autoédités peuvent lutter plus efficacement contre ce syndrome grâce à leurs chiffres de ventes, parce qu'ils savent qu'ils ne doivent rien à un éditeur. Mais parfois, ce syndrome resurgit malgré tout. Et donc, l'irruption d'une IA concurrente ne peut que renforcer ce syndrome. 

Le moyen de ne pas céder au fatalisme? Décider, comme je l'expliquais dans mon précédent article, Tristan, d'utiliser l'IA comme l'outil qu'elle est, et non de la voir comme une concurrente. Un outil qui nous permet de nous professionnaliser encore plus en bénéficiant d'une sorte de regard extérieur si précieux.  

Revenons maintenant au cœur du sujet du jour, à savoir, la rivalité entre le cerveau humain et l'IA. Il faut d'abord avoir conscience que jouer au jeu de la comparaison entre les deux a quelque chose de stupide. Ces LLM, modèles de langage de grande taille, se servent de réseaux neuronaux directement inspirés de la manière de fonctionner du cerveau humain. Comment une IA qui duplique une partie seulement des fonctions du cerveau pourrait-elle en être supérieure? Alors oui, l'agrégation de multiprocesseurs, de disques durs et de bases de données qui stockent et analysent l'intégralité du savoir humain vont venir rivaliser et battre l'humain dans de nombreux domaines, au prix toutefois d'une dépense énergétique croissante, de nature à mettre en danger l'écologie. 

On est battus aux échecs, au jeu de go, en programmation, en puissance de calcul brute. Peut-être demain en littérature.

Mais... mais un enfant de deux ans va battre l'IA dès lors qu'il s'agira de représenter une forme connue, comme un chat par exemple. L'hyperspécialisation innée de notre cerveau dans des domaines ardus comme l'interprétation des expressions faciales demande des ressources absolument dévorantes à l'IA pour rivaliser. 

N'oubliez jamais que le cerveau est l'un des objets les plus complexes de l'univers. Einstein lui-même disait que notre plus grand pouvoir, c'est l'imagination. Un pouvoir issu des interactions quantiques à l'intérieur de notre cerveau. Un savoir quantique que l'être humain est très loin de maîtriser, même avec l'aide de l'informatique. 

Et il ne faut pas s'arrêter au cerveau. Ses interactions avec le reste du corps humain ne sont pas toujours parfaitement comprises. Le lien entre des sentiments basiques qui nous viennent des tripes, ou d'autres parties du corps. 

Dans le fonctionnement même du corps, les ingénieurs ont toutes les peines, ne serait-ce qu'à faire marcher des robots. Et pourtant, ils se servent de l'IA.

Est-ce que vous réalisez la merveille d'économie de moyens alliée à la puissance que représente le cerveau humain, et la débauche gigantesque d'énergie que représente l'IA? Il y a un moment où il faut arrêter l'autoflagellation. En tant qu'auteur de SF, je suis persuadé, par exemple, que je ne verrais jamais de mon vivant le téléchargement intégral d'un esprit humain dans une machine.   

Il y a une dimension mystique, spirituelle à cette recherche de l'émergence d'une intelligence artificielle générale, autonome et douée de volonté, qui semble être la quête actuelle des ingénieurs de la Silicon Valley. Ces ingénieurs cherchent à remplacer dieu, à créer une entité en tous points supérieure à l'humain. Mais ces ingénieurs sont loin, très loin d'avoir compris l'intégralité de cet objet le plus complexe de l'univers qu'est le cerveau humain. 

Je ne cherche pas à minimiser la révolution que représente l'IA. J'ose espérer que les progrès vont s'axer de plus en plus sur une consommation moindre d'énergie par celle-ci. Mais si j'ai un message à faire passer ici, c'est qu'il n'y a qu'en nous rabaissant en tant qu'espèce que nous ferons en quelque sorte passer l'IA devant nous, en faire une sorte d'être supérieur. Si l'IA arrive un jour à un degré d'autonomie comparable au nôtre, ce dont je doute, sa nature profonde sera très différente de l'être humain. Et on ne compare pas des oranges avec des pommes.  

mercredi 22 avril 2026

Tristan

De quelle manière le creuset familial a-t-il pu former les auteurs que nous sommes devenus? Je crois que les auteurs ont tout intérêt à se poser cette question, afin de mieux se connaître eux-mêmes. Sinon, il est fort probable que nous commettions encore et toujours les mêmes erreurs.

On a tous besoin d'un modèle pour grandir. Le mien était Tristan, mon frère aîné. Un esprit brillant. Affûté. Rigoureux. Critique. Je l'admirais au point qu'à un certain moment, il s'est plaint aux parents que j'essayais trop de lui ressembler. Copycat, quand tu nous tiens...

Dans le même temps, il y avait de la rivalité fraternelle entre nous, somme toute naturelle. Au quotidien, côtoyer quelqu'un capable de déceler la moindre faille de raisonnement, et qui ne va pas se priver pour pointer le doigt dessus, peut s'avérer un tantinet pénible. Pour nous défouler, nous avions une table de ping-pong dans le jardin. Nous faisions des matches. Tristan me battait systématiquement. 

Avec l'adolescence est aussi venu l'esprit de rébellion. La rivalité fraternelle a joué un rôle dans mon idée, non seulement de m'inscrire au club de ping-pong voisin, le légendaire TT Manosquin, mais aussi d'y pratiquer la compétition. C'était les années 80. J'ai eu la chance d'avoir pour entraîneur Christophe Lebrun. Victime d'un handicap physique, "Chris" n'a jamais pu coller au niveau de son frère Stéphane. Oui, Stéphane Lebrun, le papa des prodiges Félix et Alexis, les stars du ping français. 

Mais Chris était doué, et, grâce à ma participation à des compètes, j'ai pu battre à mon tour Tristan. Suffisamment souvent, d'ailleurs, pour que ça devienne une source de frustration pour lui.  

Bourreau de travail, inspiré par une rencontre déterminante avec Hubert Reeves, Tristan est devenu astrophysicien, médaille de bronze du CNRS, puis, en 2023, titulaire de la médaille Runcorn-Florensky

Une vraie fierté pour la famille. Tristan avait sauté deux classes. Moi qui avais redoublé ma sixième, j'ai fini par devenir auteur autoédité. On pourrait presque dire, si on voulait être un peu acerbe ou amer, "l'un est devenu une star de l'astrophysique, l'autre une bouse de la littérature". 

Mais une bouse, vous savez, ça a au moins l'avantage de fertiliser. 

Je plaisante, bien sûr. Il n'est pas étonnant que je ressente encore cette rivalité, parce que je n'ai jamais vraiment franchi le cap de l'adolescence. 

Alors, oui, c'est vrai, quand vous avez la curiosité de taper Alan Spade sur Google et que le premier résultat, c'est Alan S.Blood, poète, vous vous dites, vous qui n'avez jamais écrit un poème de votre vie, que même Google ne sait pas qui vous êtes. Mais, au-delà de votre référencement ultra merdique, l'important, c'est de savoir que vous avez dépassé les 16000 livres papier vendus en romans SF, Fantasy et Thrillers, et que de ce fait, vous appartenez à un cercle fermé. Encore plus fermé pour un auteur autoédité dont les livres ne sont pas présents en rayon de librairie. Eh oui, nous ne sommes pas nombreux à en avoir vendu autant en volumes physiques. 

En même temps, lorsqu'on a des souvenirs qui nous reviennent, et que l'on a quelques notions de psychologie, on se pose des questions. A la fin de mon examen de permis de conduire, à mes 18 ans, l'examinateur m'avait dit que je me noyais dans un verre d'eau. Avant de me délivrer malgré tout ledit sésame, parce qu'il savait faire la part des choses, et discerner le bon conducteur de l'individu perdant ses moyens en raison du regard critique porté sur lui.  

Souvenir aussi d'une conversation avec ma mère, m'apprenant que mon père avait tendance à se dévaloriser. Beaucoup plus récemment, en 2023, dans un autre article de ce blog, j'écrivais ceci: En tant qu'auteur notamment de Science-Fiction, quand j'écris mes romans, j'ai souvent l'impression d'avoir mon frère aîné Tristan Guillot qui regarde par-dessus mon épaule de son œil féroce. Non pas que je fasse appel à lui pour mes romans, non. C'est juste une impression qui me vient sans doute de mon enfance et de mon adolescence et du rôle qu'il a joué dans celles-ci. 

En termes freudiens, le surmoi vient contrecarrer le ça, les instincts primaires, ce qui est essentiel. Mais du surmoi émane également l'esprit critique. Ma théorie vaut ce qu'elle vaut, bien sûr. D'après celle-ci, j'ai incorporé les critiques de Tristan dans mon surmoi. Mon "moi" n'a pas été spécialement renforcé par l'identification à mon père, qui avait tendance à se dévaloriser. Et donc mon surmoi, survitaminé par l'influence de mon frère, a débordé de son rôle pour me dévaloriser, et m'entraîner dans un complexe d'infériorité. 

Pourquoi je vous raconte des choses aussi intimes? Pour démontrer que tout ça peut avoir un impact sur votre activité d'auteur, si vous êtes confronté à des problèmes psychologiques du même ordre. Le dicton du jour, et que je viens d'inventer : le daim, la nuit, dans les phares de l'auto, ne se sent plus aussi sûr de lui. 

Les phares, dans cette métaphore, c'est votre surmoi. Mais c'est aussi le coup de projecteur sur votre bouquin. 

En principe, avec un surmoi plus développé, votre sens critique au top va vous permettre de choisir la meilleure couverture, le meilleur titre pour votre roman et la meilleure présentation. 

Ou pas. 

La couverture, le titre et la présentation représentent l'exposition de votre bouquin au public. C'est le moment où vous êtes dans la lumière des phares. Malgré tout le sens critique du monde, si vous êtes comme moi, alors vous n'avez pas forcément tous vos moyens. 

Depuis le changement de titre de mon roman de SF L'Essence des Sens en L'Indicible Complot, j'ai cette impression familière et dérangeante. Cette impression que mon pire ennemi, c'est moi.

J'ai opéré ce changement de titre grâce au point de vue extérieur de ma femme, qui m'avait fait une réflexion à ce sujet. Et je me rends compte que je ne suis sans doute pas le mieux à même de prendre les décisions qui vont permettre à mes romans une meilleure visibilité. Il n'y a qu'à voir mon référencement, n'est-ce pas... En même temps, je ne veux pas dépendre entièrement de mes proches pour le choix des titres, présentation, et couvertures. Parce que si ça ne marche pas, ce serait trop facile de leur en faire le reproche.  

Et donc, j'ai décidé de faire appel à l'intelligence artificielle pour deux de ces trois éléments, et de demander son avis à l'IA pour la troisième. Je continuerai donc à faire appel à des artistes pour mes couvertures, mais en demandant une suggestion de couverture à l'IA sous forme textuelle. C'est à dire que les artistes travailleront selon les critères de l'IA correspondant à mon bouquin. Et je confierai le titre et la quatrième de couverture à l'IA. Avec bien sûr un regard critique sur le résultat, et des corrections possibles, par exemple si l'IA spoile (divulgue trop) l'intrigue. 

De cette manière, l'IA joue le rôle d'une personne extérieure compétente. Un peu comme un directeur de collection dans une maison d'édition. J'externalise. C'est le secret, je pense, pour ne plus être pris dans la lueur des phares et se mettre, de manière perverse, à jouer contre son propre camp. 

Si vous êtes auteur, peut-être tirerez-vous parti de mon conseil. On ne pourra pas vous reprocher de faire appel à l'intelligence artificielle, du moment que celle-ci se contente de piller votre propre bouquin

Mais si vous êtes lecteur? Ou les deux? 

Quand vous lisez l'un de mes romans, si vous n'arrivez pas à trouver de faille logique dans l'intrigue. Si la cohérence de l'histoire, sa cohésion interne vous semble à l'épreuve des balles, c'est Tristan qu'il vous faut remercier.   

mercredi 8 avril 2026

La stratégie de Trump en Iran

Pourquoi Trump n'a-t-il pas monté une vraie coalition pour attaquer l'Iran? Pourquoi s'est-il fâché avec ses alliés? Pourquoi envoie-t-il des forces en Iran de manière aussi fragmentaire, espacée dans le temps? Pourquoi impose-t-il des ultimatums à l'Iran, et pourquoi autant? La réponse à ces questions dans mon article de blog, où l'on constate que la stratégie de Trump répond à des objectifs réels. 

 


Image : Chat GPT 

Tout d'abord, le fait que Trump s'en prenne à l'Iran semble aller à l'encontre de mon hypothèse précédente, selon laquelle Trump est un agent de Poutine. L'Iran est en effet un allié de la Russie de Poutine. Je dois reconnaître que les dégâts infligés à l'Iran pendant tout le mois de mars 2026 sont sans commune mesure avec le fait que Trump ait levé les sanctions sur le pétrole, non seulement sur la Russie, mais aussi, et c'est un vrai paradoxe, sur l'Iran. La stratégie de Trump en Iran ne vient donc pas confirmer qu'il soit un agent de Poutine. Mais elle n'infirme pas cela non plus. 

La stratégie de Trump en Iran, comme tout le reste de sa politique, est conditionné par le fait que Trump est un narcissique pervers ayant pour but de se faire un maximum de pognon. On parle ici d'une politique spectacle digne de son ancien show The Apprentice.  

Le but d'un narcissique pervers comme Trump est d'être au centre de l'attention en permanence. Pour cela, il lui faut agréger un maximum de pouvoir tout en impactant la vie des autres. Pour agréger un maximum de pouvoir, il lui faut s'affranchir des règles. Pour s'affranchir des règles, il lui faut défaire les anciennes alliances. Et tout ce qui peut ressembler à des institutions, comme l'ONU ou l'OTAN.

Là, déjà, on a la réponse à l'une de mes questions, pourquoi Trump s'est-il fâché avec les alliés historiques des Etats-Unis. Pour gagner en marge de manœuvre. En gros, pour pouvoir faire ce qu'il veut. 

Non seulement Trump se donne les moyens d'être au centre de l'attention par sa politique spectacle, mais il veut faire de l'argent. Et cette priorité-là est supérieure pour lui aux échéances politiques, et en particulier aux élections de mi-mandat de novembre 2026. 

Influencé par Nétanyahou, il s'est donc lancé dans une véritable guerre contre l'Iran. Pourquoi n'a-t-il donc pas monté de coalition avec les alliés historiques des Etats-Unis d'Amérique? Parce que cela était incompatible avec son objectif précédent, la marge de manœuvre. Trump veut faire à sa façon, selon ses caprices. Mais ça ne veut pas dire faire n'importe quoi. Sa façon, c'est de se faire un maximum d'argent, ne l'oublions pas. 

Et voilà pourquoi Trump n'a envoyé ses forces que de manière espacée dans le temps. Parce que ça lui permet de procéder par à-coups. Cela va complètement de pair avec la mise en place de différents ultimatums. Chaque ultimatum crée une séquence temporelle qui donne le temps à des unités ou troupes supplémentaires d'arriver sur le théâtre d'opérations. 

Chaque ultimatum est l'occasion pour Trump de se livrer au délit d'initié en empochant une véritable fortune en bourse. On fait dans un premier temps monter la tension au maximum en se faisant passer pour un dingue, avant de déclencher une résolution de cette tension. La guerre, c'est le chaos, mais quand vous avez moyen de diriger ce chaos, vous vous faites un maximum de pognon en bourse. 

On se souvient que début avril 2026, les forces aériennes israélo-américaines s'en sont prises à des ponts en Iran. Cela n'est pas du tout un hasard. J'y vois la préparation d'une offensive terrestre. 

Ces ponts ne seront pas réparés en deux semaines. Entre le 7 et le 8 avril de cette année, Trump a tout à coup déclaré "négociable" un plan en dix points de l'Iran qui est en fait totalement inacceptable, puisqu'il inclut le départ des troupes israélo-américaines et l'enrichissement de l'uranium par le régime des gardiens de la révolution. 

En déclarant ce plan négociable tout juste avant la fin de son ultimatum le plus terrible (en finir avec la civilisation iranienne), il a fait coup triple :

- en faisant baisser le cours du pétrole, ce qui va lui permettre d'en racheter à moindre prix, dans le but d'en revendre dès que la guerre aura repris et que les cours seront au plus haut

- en s'octroyant un délai de deux semaines de soi-disant négociations afin de faire venir de nouvelles troupes

- en faisant libérer le détroit d'Ormuz au prix d'une fin provisoire des bombardements, ce qui reste bien sûr à vérifier, mais lui permet de regagner un peu de crédibilité politique. Militairement, cela tombait bien, car l'on commençait à manquer tout à la fois de munitions et de cibles "légitimes" iraniennes  

Et donc, je prédis qu'avant la fin de cette période de deux semaines, vraisemblablement dans une dizaine de jours, soit vers le 18 avril, les Etats-Unis et Israël vont de nouveau bombarder et envoyer des missiles à tout va afin de préparer pour de bon, cette fois, l'invasion au sol. Etant donné le nombre assez faible de troupes, celle-ci sera probablement limitée dans un premier temps. Il faut s'attendre à l'invasion par les Etats-Unis de différentes îles, dont celle de Kharg, et la prise de la ville de Bandar Abbas. Peut-être aussi la ville de Chabahar et l'aéroport de Chahabar-Konarak, qui paraissent accessibles.

Cette stratégie délayée dans le temps permettra de nouveaux mouvements très forts sur le cours du pétrole, avant de faire venir bien davantage de troupes pour "sauver les soldats américains" et terrasser enfin ce régime des gardiens de la révolution. Car il n'y a qu'un changement de régime, qu'on se le dise, qui règlera de manière durable le problème du détroit d'Ormuz. 

Le but avec la toute prochaine offensive terrestre (dans une dizaine de jours) étant bien sûr, en faisant en sorte de faire prendre en otage les soldats américains, ou en tout cas de les mettre en péril, de mettre le couteau sous la gorge du Congrès, qui sera forcé d'accorder à Trump un envoi de troupes massif en Iran. 

En prévision, beaucoup beaucoup de pognon pour Trump et ses sbires en raison des fluctuations dramatiques à venir sur la Bourse. Encore plus dramatiques qu'un show télévisé.

Pourquoi les Américains ont-ils élu un pervers narcissique comme Trump, qui ne gouverne que par caprice? Peut-être, tout simplement, sont-ils habitués à être gouvernés par des pervers narcissiques en entreprise. Et donc, ça ne leur semblait pas une si mauvaise chose. 

Je pense, cela dit, que ce n'est pas la majorité des Américains qui sont dans ce cas. Et donc, que les prochaines élections se solderont par une déconfiture de Trump, même en cas de victoire finale en Iran. Si ces élections de midterm ont bien lieu...

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lundi 23 février 2026

Fin de partie pour L'Essence des Sens

Il est facile, pour un auteur autoédité, de se tromper. C'est plus difficile de reconnaître son erreur, l'ego faisant souvent barrage. Donc oui, je me suis planté pour L'Essence des Sens. Le titre n'était pas assez signifiant. Je n'ai pas écouté le conseil de mes proches, peu convaincus par ce titre. Je savais que le temps des livres en autoédition est un temps long, et je voulais vraiment laisser sa chance à L'Essence des Sens. La sortie du roman a également coïncidé avec un ralentissement général des ventes de livres sur le marché, donc, j'avais mes raisons pour ne pas tenir compte du premier indice, la quasi non vente du livre en ebook (un seul en tout et pour tout). La difficulté pour cet ouvrage à trouver son public en dédicace a achevé de me convaincre. Place donc à L'Indicible Complot, un titre un peu plus explicite, mais qui conserve sa part de mystère. 

Depuis sa parution en juillet 2024, L'Essence des Sens s'est vendu à 116 exemplaires dans sa version papier. Mieux que rien, mais pas tout à fait au niveau de ce que j'attendais. Même si l'on considère que Memoria a surperformé depuis sa sortie en 2022, avec 1138 exemplaires papier vendus, ce qui fait presque 300 par an, j'étais en droit d'attendre mieux qu'une cinquantaine par an avec sa suite, L'Essence des Sens. Pour moi, la couverture n'est pas en cause dans ce semi-échec, ou en tout cas pas autant que le titre. 


 

Pour resituer le contexte, pour la première fois depuis mes débuts en tant qu'auteur, j'aborde dans ce roman une science-fiction nettement plus politique, voire satyrique. Cela situe L'Indicible Complot dans la lignée d'un autre journaliste-auteur, un certain George Orwell. 

Evidemment, la comparaison avec La Ferme des Animaux ou 1984 n'est pas entièrement valide. D'autres influences sont très fortes dans le roman, celle d'Asimov bien sûr pour le côté space opera, mais aussi celle de Philippe K. Dick pour l'aspect dystopien et cyberpunk. Néanmoins, on pourrait dire que c'est ce que j'ai écrit qui se rapproche le plus d'Orwell. Sans chercher à le copier bien sûr. 

Le roman m'est venu dans l'inspiration du moment, et n'aurait bien sûr pas existé sans la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine. Cela pour retracer le contexte. 

J'ai réécrit la quatrième de couverture, ou présentation du roman:  

Plus c’est gros, plus ça passe : pilier de bar de son état, Grendchko va bénéficier d’un coup de piston aussi phénoménal qu’inespéré numéro deux d’une multinationale. Mais sa véritable obsession est autre : rendre sa grandeur à son peuple. Il va se lancer en politique, et son ascension sera irrésistible.

Ingénieur talentueux spécialisé dans les réacteurs, Jaynak a croisé son chemin. Il se pose des questions, au sujet de l’accession récente d’un personnage aussi controversé que Grendchko au pouvoir. Jaynak a-t-il vraiment eu le choix au moment de son vote ? Les élections ne seraient-elles pas truquées ?

Déterminé à examiner toutes ses options, il va se rapprocher des Réfractaires, une société secrète organisant la résistance. Jaynak ignore que ce faisant, il vient de sceller son destin.

Quelles étapes pour L'Indicible Complot? Le roman est d'ores et déjà disponible dans sa version papier sur Amazon, en version ebook sur le même site, en version audio française sur Amazon.com pour 5,26 dollars (narration virtuelle avec une voix IA), et en version ebook sur Kobo et Apple. A l'instar de tous mes romans sur Kobo, L'Indicible Complot est téléchargeable dans la bibliothèque Kobo+. En revanche, pour des raisons d'exclusivité demandées par Amazon, on ne le retrouvera pas dans la bibliothèque Kindle. 

Le prix des ebooks ne change pas, 3,99 €. Le prix du livre papier baisse d'un euro à 18 €. 

Notez bien toutefois que pour le moment, L'Indicible Complot dans sa version papier est une exclusivité Amazon. En effet, L'Essence des Sens va continuer d'être vendu à la commande en librairie, et en dédicace, jusqu'à épuisement du stock des 184 exemplaires qu'il me reste. Contrairement aux gros éditeurs, en tant qu'auteur autoédité, je suis engagé dans une démarche de développement durable qui m'interdit de pilonner, ou de faire détruire, si vous préférez, mes ouvrages. Je vais donc continuer à présenter les exemplaires restants en séance de dédicace. 

Cela fait d'office, bien sûr, de ces livres des exemplaires à tirage limité. Ce qui va les rendre plus rares, et donc peut-être plus précieux. A vous de voir si vous voulez en commander à votre libraire, ou me rencontrer à l'occasion de l'un de mes déplacements sur l'Ile de France et l'Oise pour vous en procurer un.

Afin d'éviter toute confusion, L'Indicible Complot va bénéficier d'un nouvel ISBN au moment de sa sortie papier (hors Amazon). Le contenu reste identique à celui de L'Essence des Sens. Donc, ne vous précipitez pas en pensant avoir affaire à quelque chose de nouveau, seul l'emballage, pour ainsi dire, change. 

Mais c'est une seconde chance que je tiens vraiment à donner à cet ouvrage, lequel, à mon sens, la mérite.  

mercredi 4 février 2026

Artistes, auteurs et réseaux sociaux : visibilité ou invisibilité?

L'avènement d'Internet, puis des réseaux sociaux, semblait promettre aux artistes, parmi lesquels les auteurs, une visibilité quasi universelle, synonyme d'exposition pour nos œuvres, et bien sûr de rentrées financières importantes. Ou en tout cas suffisantes pour vivre de notre art. Et puis il y a eu la montée en puissance de Facebook, laquelle nous a confronté à la réalité. Facebook, c'est 3 milliards d'utilisateurs actifs par mois en 2024. On pourrait donc penser que la portée de nos publications y est exponentielle. En réalité, c'est allé dans l'autre sens: Facebook nous a invisibilisés. Dans mon précédent article de blog, je parlais d'un statut "viral" parce qu'il avait dépassé les 270 réactions, et qu'il devait donc avoir été vu par entre 3000 et 4000 personnes. Mais j'avais 3900 personnes qui étaient censées me suivre à l'époque où j'étais sur Facebook (mon compte y étant toujours suspendu)! Et le pire dans tout ça, c'est que si je parlais de "viralité", c'était en comparaison avec mes posts habituels, qui provoquaient dix fois moins de réactions, et touchaient de dix à cent fois moins de personnes! Alors, oui, il y a eu une forme d'insensibilisation des gens sur internet. De manque de réactivité. D'apathie. Néanmoins, on peut penser qu'une bonne part du problème actuel vient de la situation de quasi monopole de Facebook. Si Facebook était divisé en plusieurs entités qui se feraient concurrence pour offrir aux artistes la meilleure visibilité possible, il est évident que nous toucherions beaucoup plus de monde de manière organique, sans avoir à monétiser les choses. Malheureusement, l'administration Trump 2025 est celle qui ne lance aucun procès antitrust. Ce procès, dans le cas de Facebook, devrait déjà avoir eu lieu depuis un bon moment. 

Depuis août dernier et le décès de ma belle-mère, je me suis mis à utiliser beaucoup plus le site Leboncoin pour revendre la montagne de bricoles que celle-ci nous a légué. Avec, à la clé, un gain de près de 1400 €. 

J'ai le sentiment, depuis que je suis quelque peu monté en puissance sur ce site, de toucher bien plus de monde avec mes annonces que je ne touchais de monde sur Facebook. Ce qui signifie bien sûr une chose : il n'est pas nécessaire d'avoir un réseau connecté à plusieurs milliards de personnes pour toucher du monde. Quelques millions suffisent. Plus précisément, en 2024, Leboncoin a touché 28 millions d'utilisateurs uniques par mois. 

J'adore Leboncoin, parce que c'est de l'organique qui fonctionne. Les fonctions payantes ne se font pas, à ma connaissance, et jusqu'à nouvel ordre, au détriment de l'organique. Ce qui n'est bien sûr pas le cas de Facebook. 

Alors non, je n'utilise pas Leboncoin pour vendre mes livres, puisqu'il s'agit de seconde main, et que les livres que je vends en temps normal sont neufs. On peut trouver certains de mes romans sur Leboncoin, mais ce n'est pas moi qui les vend. Et je ne suis pas vendeur pro sur Leboncoin. Uniquement particulier.

Comme Facebook, Leboncoin fait de la vérification d'identité. Mais comme j'y utilise mon nom d'état civil et non mon nom de plume, je n'ai pas été expulsé du site. 

Réfléchissez, d'ailleurs, à l'absurdité de la suspension de mon compte sur le réseau social de Zuckerberg: toutes proportions gardées, c'est comme si Johnny Halliday avait, de son vivant, eu son compte Facebook suspendu parce qu'il employait un nom d'artiste. Alors qu'à ses débuts, Facebook était le concurrent de sites comme Myspace!

Cela dit, Johnny Halliday était rarement un artiste engagé, contrairement à votre serviteur. 

Lui ne dénonçait pas, en tout cas, les big techs en situation de monopole, et qui invisibilisent les gens qui ont le plus besoin de visibilité pour vivre, à savoir les artistes et auteurs. 

Car plus le nom d'Alan Spade, et son association en tant qu'auteur de Fantasy, de Thrillers et de SF se répand, plus il y a de chances que quelqu'un fasse une recherche sur ce nom sur Amazon, et y déniche mes livres en version papier, ebook ou audio. Ou sur Kobo, ou Apple, pour les ebooks. 

Et vous savez quoi?  Ce que j'ai dit au sujet de Facebook s'applique dans une large mesure à Amazon également. Si Amazon était scindé en plusieurs se faisant concurrence, il y aurait plus de chances que l'un d'eux rende les recherches organiques (et non monnayées) sur le site plus payantes, ce qui bénéficierait bien sûr aux auteurs.

Cette administration Trump ne permettra pas cela, car elle a été élue grâce aux Big Techs. C'est pourquoi le changement d'administration pour un gouvernement démocrate peut avoir un véritable impact pour nous autres auteurs. A condition bien sûr que la prochaine administration lance ces fameux procès antitrusts, qui permettront un renforcement de la classe moyenne et non plus des milliardaires.