lundi 19 octobre 2026

Pris la main dans le sac

Aujourd'hui est un jour de revanche pour tous les auteurs, et ils sont nombreux, victimes de commentaires fallacieux. Des commentaires souvent écrits par des concurrents, que ceux-ci soient d'autres auteurs ou des maisons d'édition. J'ai en effet pris l'un de ces "fake commentateurs" en flagrant délit d'arnaque. Il faut savoir que ces faux commentaires nuisent réellement aux ventes, et ont donc un impact économique réel pour tous les auteurs qui en sont les victimes.

Le titre du commentaire que la version audio anglaise de ma Trilogie Ardalia a reçu est déjà à la limite de l'insulte, et offensant pour toutes les personnes atteintes de dyslexie : "Si vous aimez les livres écrits par des vaches dyslexiques, alors celui-ci est pour vous."

Je vous joins la capture d'écran du commentaire, vous pourrez juger par vous-mêmes. 

Le commentaire évoque un rocher envoyé à 150 yards et touchant une personne à la poitrine. La scène dont il est question ici n'existe pas dans toute la trilogie. C'est une manœuvre visant à faire croire que l'on a lu (ou ici, écouté) le livre audio en citant un passage concret. Sauf que ce passage concret est monté de toutes pièces. Inventé par le commentateur. Vicieux, n'est-ce pas?

Autre preuve que je suis en mesure d'apporter, cette capture de mes ventes de la trilogie Ardalia dans sa version audio, depuis la parution de celui-ci en 2024. 

Comme l'atteste cette capture, je n'ai vendu que deux livres audio de la Trilogie Ardalia dans sa version anglaise depuis sa parution. Eh oui, le marché du livre audio est particulièrement difficile et concurrentiel aux Etats-Unis et au Royaume Uni. 

Il n'y a aucune chance d'obtenir un commentaire non sollicité pour à peine deux ventes d'un même audiobook. Demandez à n'importe quel auteur, il vous répondra qu'un tel ratio n'existe tout simplement pas. Sauf, si bien sûr, l'audiobook n'a pas été écouté. Là, ça change tout, parce qu'on se met à parler de manipulation.

Quel pourrait être le mobile d'un tel acte? Comme d'habitude en pareil cas, il faut suivre l'argent. Nous sommes bel et bien en présence d'une volonté délibérée de nuire aux ventes de l'audiobook d'un concurrent. Pourquoi, me direz-vous, ai-je été perçu comme un concurrent sérieux, suffisamment sérieux en tout cas pour prendre le temps d'écrire un faux commentaire avec une fausse scène du livre? 

Sans doute parce que j'ai vendu plus de 1000 ebooks de la Trilogie Ardalia en anglais. Des ebooks, soit dit en passant, qui ont à cette date reçu une moyenne de 3,9 étoiles sur 5 (41 notes). Quelle que soit la raison, elle est liée à la perception d'une menace qu'aurait fait peser mon livre sur les ouvrages d'un concurrent. Ce qui est, bien sûr, ridicule. De mon point de vue, les ventes d'audiobooks ou de livres, quels qu'ils soient, rejaillissent sur d'autres auteurs. Dans le cas d'une expérience malheureuse d'écoute ou de lecture, il est bien sûr légitime de vouloir permettre à d'autres personnes d'éviter de perdre du temps sur un livre. Mais ici, ce n'est clairement pas le cas. 

En revanche, il est possible, si vous avez l'habitude d'écouter des romans, que vous n'ayez pas retrouvé les miens sur Audible, qu'ils soient lus en français ou en anglais. La méthode pour les retrouver est simple : sélectionnez votre profil sur l'application Audible. Puis, tapotez la roue dentelée des paramètres, et choisissez la boutique aux Etats-Unis. Si vous tapez Alan Spade dans la barre de recherche (loupe), vous y retrouverez aussi bien mes audiobooks en version anglaise ou française. 

Enfin, vous pouvez aussi les commander, et les commenter, sur Amazon Etats-Unis (Amazon.com). 

De mon côté, je vais de ce pas signaler le commentaire à Audible afin de le faire retirer. Si vous êtes auteur et que vous recevez des commentaires sur des livres que vous n'avez pas vendu, et que vous soyez en mesure de le prouver, je vous engage au moins à les signaler sur la plate-forme, ou mieux, à dénoncer ces faux commentaires sur les réseaux et votre blog, si vous en avez un.  

 

lundi 5 octobre 2026

Les mots justes

Pour moi, dans mon travail d'auteur, ce ne sont pas seulement les mots et les phrases qui doivent sonner juste. Ce sont aussi les personnages, les lieux et les situations. C'est une quête de sens et de vérité. Ou en tout cas, de véracité.

samedi 8 août 2026

La Boutique Alan Spade

C'est une demande récurrente de lecteurs rencontrés en séances de dédicaces : est-il possible de vous acheter vos livres directement sur votre site? Si j'étais totalement cynique, je dirais qu'il faut y voir seulement les bonnes intentions dont l'enfer est pavé. Mais j'ai déjà eu des lecteurs qui sortaient le portefeuille devant moi, et qui voulaient vraiment m'acheter un ou plusieurs livres en centre commercial. Beaucoup savent les galères que l'on peut vivre en étant indépendant, et veulent authentiquement aider. Bien sûr, je leur explique que ce n'est pas possible, qu'il faut rémunérer le centre commercial, que tout le monde s'y retrouve. Mais la chance, et Chat GPT, ont voulu que d'un seul coup, il me soit devenu possible de vendre facilement des ebooks sur une boutique en ligne en conservant 95% du prix hors-taxe. Avec même la possibilité d'exporter les boutons d'achat sur mon site d'auteur, Alan Spade. Pour l'instant, je ne vends que les ebooks mais il est possible que je passe aussi aux livres papier si suffisamment de personnes sont intéressées.

Vous trouverez ma boutique en ligne en suivant ce lien. Comme je le disais, on peut aussi acheter mes ebooks en me permettant de conserver 95% de ma marge hors taxe sur mon site d'auteur en français, et en anglais. Toutes les couvertures de livres sur la colonne de droite de ce blog ont désormais leur lien sur ma boutique en ligne.

Celle-ci se divise en dix sections. La principale et la plus exhaustive, All Products, est aussi la plus bordélique. Je conseille de naviguer plutôt en empruntant les différentes sections que sont Science-Fiction, Thriller, Fantasy, Essai, Autobiographie, et Ebooks bilingues / Bilingual ebooks. Il existe également trois sections pour celles et ceux qui préfèrent lire en anglais, Fantasy (English), Thriller (English), et Science-Fiction (English). Dans chacune des principales catégories, Fantasy, Thriller et Science-Fiction, vous trouverez un ebook gratuit à télécharger. 

Faisons maintenant un peu d'histoire (avec un petit h, pour le coup). En 2008, à la suite de brainstormings intenses avec d'autres auteurs indépendants, nous avons donné naissance au concept Babelpocket. L'objectif? Permettre aux auteurs de devenir totalement indépendants, aussi bien des éditeurs que des libraires, grâce à la vente sur Internet. 

Le site Sci-fi Universe en avait parlé, à l'époque. 

L'objectif correspondait à un idéal, bien sûr. Mais à l'instar de Lucinda, le personnage principal de Memoria, roman de SF que je devais écrire nettement plus tard, je m'efforce de me donner les moyens de réaliser mes idéaux tout en surmontant les épreuves. Et en fouinant sur le net, j'ai fini par dénicher le site Payloadz, qui permettait, avec les adresses email Paypal des auteurs, de déclencher les téléchargements d'ebooks tout en rémunérant directement les auteurs. 

C'était juste avant la révolution du Kindle en 2009. Nous étions donc précurseurs. 

Je me suis du coup improvisé webmaster, avec un résultat bien sûr très amateur. Avec ce système de Payloadz, je n'avais aucune idée des ventes des auteurs, l'argent rentrant directement sur le compte Paypal de ces derniers, sans que je ne touche aucune marge. Du bénévolat pur et dur, sans même la récompense de savoir si cela fonctionnait pour les autres. 

Cependant, comme on s'en aperçoit en lisant la charte Babelpocket, j'avais conscience de devoir, en cas de succès, être rapidement débordé par la tâche, et, afin de me décharger du boulot, j'invitais d'autres auteurs à jouer ce même rôle de webmaster. Une telle chose n'est jamais arrivée. Peut-être parce que je n'ai pas assez appris aux autres comment faire, je me suis retrouvé seul à la barre. 

A l'époque, la mise au point de ce site m'a pris deux mois de travail intensif et répétitif au possible. J'avais le feu sacré, tout en connaissant une limitation importante de Payloadz : si nous dépassions un certain seuil de vente, il faudrait passer à l'abonnement sur le site, ce qui n'arrangeait personne et limitait nos perspectives. Payloadz, pour moi, n'était pas une solution d'avenir.

Malheureusement, les ventes n'ont pas suivi, d'après les retours des autres auteurs et mes propres constatations. Comme on dit dans le Sud, je me suis "empégué le mur" -- fracassé sur le mur de la réalité. Les auteurs ont peu à peu vogué vers d'autres rivages, et le site n'est plus fonctionnel.

Revenons au présent. En procrastinant, je tombe sur le site Sellfy, qui permet aussi de transférer des fichiers numériques de type ebooks, et de les vendre. Je m'aperçois que le site a le même type de système d'abonnement que Payloadz, mais à tout hasard, je pose à Chat GPT la question des opinions des gens au sujet de cette plate-forme. 

Et là, le miracle. Chat GPT me sort une réponse plus longue que prévue, en me listant plusieurs sites ayant les mêmes fonctionnalités, comme Shopify, Gumroad, Woocommerce, et Payhip. Entre tous, il me recommande Payhip. 

Je découvre que le business system de Payhip est idéal: la formule gratuite permet d'emblée de bénéficier de toute la puissance de la plate-forme, et ce, de manière pérenne, c'est à dire sans limite de temps. En gardant, donc, 95% du prix hors taxe de l'ebook, ce qui est carrément le meilleur deal du marché. Bien mieux qu'Amazon, Apple, Kobo/la Fnac, etc.

Le site est conçu de manière admirable, et permet une prise en main hyper rapide. J'avais mis deux mois à mettre en place la plate-forme Babelpocket de manière un peu complète. J'ai mis trois jours à créer la boutique Alan Spade, ainsi que les boutons de vente sur mon site d'auteur. Il faut dire que pour la première fois depuis Babelpocket, j'ai retrouvé le feu sacré, cette énergie intense qui avait parcouru mes veines en 2008.

Et je pense que le résultat est sympatoche. 

J'ai demandé à Chat GPT depuis quand la plate-forme Payhip existait. Réponse, 2011. Une époque où je n'avais pas encore abandonné Babelpocket, mais où j'avais cessé de rechercher une alternative à Payloadz. J'avais d'autres projets, et Babelpocket était sur le déclin, n'ayant pas décollé. 

Et donc, oui, merci Chat GPT. Des années que j'attendais ce type de solution. C'est fou de voir comme la technologie du net a progressé en 18 ans!

Je vais voir si je me fracasse de nouveau sur ce mur de la réalité. Même si ça arrive, cela dit, je suis content d'avoir retrouvé ce niveau d'énergie pour un projet. Et très heureux d'en avoir fini avec cette boutique en trois jours!

Je terminerais en rappelant comme je le décris dans cet article et dans celui-ci, que non seulement mon compte Facebook, mais aussi mon compte Instagram, après avoir été suspendus par Méta, ont été supprimés définitivement. Et que je ne compte pas revenir sur ces réseaux, privilégiant BlueSky. 

La raison? Mon activisme politique anti-Trump, qui n'a pas plu à Zuckerberg ou ses sbires. Oui, l'une de mes marottes. Je suis habitué, puisque les lieutenants de Musk m'avaient déjà viré de Twitter après des critiques en série du milliardaire high-tech. Il peut m'arriver, à la marge, de ne pas avoir la langue dans ma poche.

Toujours est-il que je me retrouve sans possibilité de communiquer sur ces réseaux. Donc, si vous trouvez ma boutique d'auteur sympa, et que vous souhaitiez en faire la promo un peu partout (y compris Tiktok et autres), ne vous gênez surtout pas! 

Afin de fêter l'ouverture officielle de cette boutique, l'ebook Le Souffle d'Aoles et Eau Turquoise (tome 1 et 2 du cycle d'Ardalia, Fantasy), sont vendus respectivement à 0,99 et 1,99 € au lieu de 3,99 et 4,99 €. Même chose pour les versions anglaises de ces titres. Attention, les prix sont annoncés hors taxe sur le site. Ils paraissent moins cher que sur des sites de vente tels Amazon, mais ce n'est pas le cas. Sauf peut-être quand ils sont en promo... ;)    

lundi 27 juillet 2026

Meta supprime mes comptes Facebook et Instagram

"Votre compte a été définitivement désactivé". Le message en provenance de Meta Support arrivé sur ma boîte email, et datant du 25 juillet, est clair et sans ambigüité. Six mois après la procédure d'appel, lancée le 26 janvier, et sans que cet appel ait pu être examiné suite à la lenteur excessive de Facebook, la sentence de désactivation automatique au bout de 180 jours est donc tombée. Après avoir vu mon compte Twitter désactivé suite à mes critiques répétées à l'encontre d'Elon Musk, mon compte Facebook est donc à son tour supprimé suite à un post viral au sujet de Trump. Ai-je l'impression d'être l'un de ces canaris (ou cobayes) de la liberté d'expression sur les réseaux sociaux? La réponse est oui. Et le test de liberté d'expression est négatif avec Facebook, comme il l'a été avec Twitter devenu X sous l'impulsion de Musk. Comme je vais le démontrer dans cet article, Facebook pratique le flicage de la pensée. J'irai même plus loin: à l'instar de son fondateur Mark Zuckerberg, Facebook est devenu MAGA... ce qui ne va pas manquer de poser d'énormes problèmes aux démocraties occidentales. 


C'est donc bien sur Bluesky que vous pouvez désormais retrouver mon profil, puisque Bluesky autorise la liberté d'expression. Le message de Facebook fait référence aux Standards de la communauté pour expliquer la suppression de mon compte. Ceux-ci se déclinent en quatre axe, l'Authenticité, la Confidentialité, la Sécurité et la Dignité. 

 

Au sujet de la Dignité, Facebook stipule "Nous attendons de chaque personne qu'elle respecte la dignité d'autrui, et qu'elle ne harcèle pas ni ne rabaisse pas les autres."

Au premier abord, cette politique peut sembler noble, puisque de nature à éviter le cyber harcèlement, qui provoque des drames si cruels. Mais bien sûr, tout est dans l'esprit et la lettre. Imaginez: si chaque personne qui s'estime avoir été rabaissée un tant soit peu par une autre faisait un signalement Facebook. Par exemple : "cette personne n'est pas d'accord avec moi, donc j'estime que cette personne m'a rabaissé, par son opinion divergente". Si Facebook suspendait automatiquement tous les comptes faisant l'objet d'un signalement. 

Il n'y aurait plus aucun véritable débat, plus aucune recherche de vérité par la confrontation des arguments. Très vite, le nombre d'utilisateurs de la plate-forme serait en chute libre. De la même manière, les revenus publicitaires de Facebook s'effondreraient, et l'avenir de la plate-forme serait rapidement menacé. 

Donc, il n'y a vraisemblablement pas de suspension automatique des comptes. Il doit y avoir intervention humaine, pour discerner les fausses allégations des plus sérieuses. 

Maintenant, si vous vous en prenez à un homme ou une femme politique. Si vous déclarez que tel homme ou femme politique ment, par exemple. Au moment de l'intervention humaine des modérateurs, Facebook va pouvoir décréter, ou non selon les consignes de la hiérarchie, que vous avez porté atteinte à la dignité de cet homme ou de cette femme. Facebook va pouvoir suspendre votre compte. 

Et si vous ne portez aucun jugement sur l'homme ou la femme politique? S'il s'agit, par exemple, du président des Etats-Unis, et que vous vous contentiez de faire un petit bilan, dans un post, des rumeurs sur son état physique et mental? Même si vous déclarez au début de votre post qu'il s'agit de spéculations, les modérateurs Facebook peuvent considérer que vous avez porté atteinte à la dignité de cette personne.  

Cela signifie que, juste en appliquant les consignes générales des standards de la communauté, les modérateurs Facebook s'octroient le droit de suspendre n'importe quel compte faisant l'objet d'un questionnement ou d'une réflexion politique un tant soit peu critique.

Cela signifie aussi qu'en intervenant de manière aussi rigoureuse, les équipes Facebook pratiquent un flicage de la pensée, ce qui va bien sûr encourager l'autocensure et le conformisme le plus abêtissant sur leur plate-forme. 

A présent, quelle décision prendre, pour un artiste un tant soit peu engagé comme moi, quant à sa présence sur Facebook? Dois-je me créer un autre compte? Au risque de le voir de nouveau supprimé au premier signalement?

Je l'ai déjà écrit dans un article datant de février 2026, j'estime que Facebook invisibilise les artistes en limitant beaucoup trop la portée organique des sujets. Pour moi, Facebook doit être scindé en plusieurs entités du fait de sa position dominante. Certains artistes, cela dit, font de l'argent grâce aux pubs Facebook. A ceux-là, je conseille d'y rester, et de se créer un autre compte Facebook si les équipes de Meta suppriment le compte habituel. 

Après tout, l'argent n'a pas d'odeur. Même s'il est prouvé que Mark Zuckerberg s'est mis à faire le jeu de Trump, même si des exemples comme le mien prouvent que Facebook est devenu MAGA, si cette plate-forme est pour vous un outil de revenu irremplaçable, continuez à en profiter. 

J'ai déjà expliqué que Facebook ne me rapportait rien, si ce n'est peut-être un peu de notoriété, puisque mon profil comptait plus de 3000 abonnés. Le fait de ne plus revenir du tout sur Facebook n'est donc une perte pour moi que dans la mesure où j'y avais développé des relations humaines. Ainsi, Facebook me permettait de me tenir au courant de l'évolution de mes amis et contacts. J'y pratiquais aussi une forme de journalisme qui est devenue, avec l'évolution politique de la plate-forme, la cause même de mon exclusion. 

Je ne me revois pas revenir sur Facebook, en tout cas pas tant que la plate-forme conservera son identité actuelle. Je trouve anormal, d'ailleurs, qu'une sanction sur un profil s'étende sur l'aspect artistique, non seulement de type groupe Facebook et page artistique, mais aussi sur le voisin Instagram, où je ne pratiquais pas de politique. S'il y a un élément qui atteste de la tournure fascisante de Facebook et de Meta, c'est bien celui-là. Heureusement, tout n'est pas perdu, puisque je suis sur Bluesky.  

vendredi 24 juillet 2026

Orbite basse : Space X nous mène dans l'impasse

Il y a dix ans, j'ai fait partie des premières personnes en France à s'extasier sur le niveau technologique de Space X, considérant même que de ne pas en parler constituait le plus grand scandale médiatique de ces dernières années. Aujourd'hui, alors que jamais, l'environnement n'a été autant attaqué, avec autant d'incendies absolument ravageurs en Europe et en France, je considère que la trajectoire techno-industrielle de Space X va devenir de plus en plus dangereuse pour la nature, et nous mène dans l'impasse. J'irai jusqu'à dire, en tant qu'auteur de Science-Fiction, que le type de technologie développé par Space X n'est pas une technologie d'avenir, dans la mesure où elle ne s'inscrit pas dans un développement durable. 

 

Comme tant d'autres choses aujourd'hui, de la guerre de la Russie contre l'Ukraine à celle des Etats-Unis contre l'Iran, ou à la politique écologique d'Emmanuel Macron en France (et sa politique tout court), la stratégie de Space X a tout d'une fuite en avant. Un article d'aujourd'hui vendredi 24 juillet de Presse Citron décrit de manière précise, si ce n'est exhaustive (il aurait fallu beaucoup plus d'un simple article pour cela) la catastrophe à venir. Comment, non seulement la saturation de l'orbite basse par les dizaines de milliers de satellites Starlink, plus des millions (oui, millions!) de data centers orbitaux d'Elon Musk vont nuire à la science en empêchant les observations partout dans le monde. Et bien sûr, dégrader l'environnement suite à la destruction progressive dans l'atmosphère de tous ces satellites, une fois arrivés en fin de vie. 

Par ailleurs, la technologie du Starship est tellement incroyablement coûteuse en ergols, c'est à dire le carburant spatial, que Space X a désespérément besoin d'espace sur Terre. L'entreprise de Musk cherche actuellement à s'étendre et à s'implanter un peu partout dans les niches non habitées, c'est à dire les niches de biodiversité dans le monde. Avec, bien sûr, un impact cataclysmique à prévoir sur l'environnement. 

Et quand vous détruisez l'environnement, vous détruisez toute la science qui va avec.

Ce que l'on n'a pas réussi à faire complètement avec la bétonisation et l'urbanisation, Musk promet de l'achever avec ses fusées. C'est rien moins que la promesse d'achever l'environnement, partout où il le pourra. 

Le tableau est trop noir? Trop dramatique? En cet été 2026 où les forêts européennes flambent comme jamais en raison du réchauffement climatique, où xAI, autre entreprise de Musk, opère illégalement des centrales à gaz pour ses datas centers, même des personnes autant attachées au progrès technologique que votre serviteur tirent la sonnette d'alarme. 

Oui, pour reprendre une citation célèbre, je fais partie des gens qui pensent que la Terre est le berceau de l'humanité, et que l'on n'est pas fait pour rester dans son berceau toute sa vie. Je pense que tout le sens de l'évolution du cerveau humain au travers des générations, pour atteindre le niveau d'ingénieur, d'astronome, d'expert en génétique, d'astrophysicien, de chirurgien cardiaque, toute cette évolution ne nous prédestine pas à redevenir de simples chasseurs-cueilleurs. Je pense que notre destin est dans les étoiles et pas seulement sur Terre. Oui, je suis en faveur d'une base sur la Lune (à condition toutefois de prévoir des solutions de repli et d'urgence pour les premiers astronautes, ce qui n'est pas le cas actuellement) et sur Mars, voire ailleurs dans le système solaire. 

En revanche, je m'inscris en faux contre le concept de croissance perpétuelle, de production et d'enrichissement en constante augmentation. Je pense même que l'idée des sphères de Dyson pour amasser toujours plus d'énergie et modifier ainsi le niveau de la civilisation humaine, ou d'une civilisation extraterrestre, cette idée est fort probablement erronée, car trop simpliste. Dyson se basait pour sa prédiction sur la démographie exponentielle d'une civilisation. La vérité, c'est que même les Chinois n'ont plus une croissance exponentielle de leur démographie.

On n'arrête pas le progrès, dit-on. Et ne plus progresser, c'est régresser. Encore faudrait-il savoir de quel progrès, de quelle technologie on parle. En voulant industrialiser l'espace avec son Starship, Musk va probablement réussir, à coût d'économies d'échelle, à rendre la mise en orbite encore beaucoup moins coûteuse. Plus l'homme sera présent dans l'espace, plus les découvertes, et donc les progrès liés à un environnement aussi contraint seront importants. 

A condition toutefois de préserver l'essentiel. A condition de préserver notre bonne vieille planète. Or, une technologie aussi ravageuse pour l'environnement que celle qui nous permet à l'heure actuelle de nous affranchir de la gravité ne saurait être une technologie d'avenir. 

En d'autres termes, il est urgent d'inventer d'autres modes de propulsion que le Starship. Des modes beaucoup plus propres. Je ne sais pas s'il s'agira de catapultes magnétiques ou d'autres systèmes, mais comme je le disais, la course technologique actuelle de Space X, mais aussi des autres sociétés et agences spatiales dans le monde, nous conduit dans le mur. Le fait de pouvoir reposer sur Terre dans leur totalité les fusées lancées, pour les réutiliser avec le minimum de maintenance, ne suffira pas à compenser les destructions environnementales qu'elles occasionnent. 

Le problème de saturation de l'orbite basse ne trouvera sans doute sa vraie solution qu'avec un gouvernement mondial pour réguler tout ça, et bien sûr, bloquer les entreprises absurdes, nuisant à la science.

La course à l'IA va devoir elle aussi être modérée, en raison de la participation au réchauffement climatique de l'IA, là où ça devrait être l'inverse. Et ce, alors même que les états-majors de tous les pays vont pousser pour accélérer dans ce domaine, l'IA étant intégrée de plus en plus aux armées.

La vie n'est pas une fuite en avant. La vie c'est la vie, tout court. 

L'humanité, on le sent tous, je pense, est entrée dans une période critique où il nous faut faire les bons choix pour l'avenir. Il faut arriver à concilier une meilleure exploitation de l'espace et de ses ressources, indispensable au progrès technologique, avec une modération des technologies non durables. Rendre l'espace moins coûteux, oui, mais pas au prix de la vie sur Terre, et en premier lieu de la biodiversité. Un sacré challenge.  

Autres articles sur le même sujet : 

- Le plus grand scandale médiatique de ces dernières années
- Le match Arianespace contre Space X

- Un boulet nommé Boeing 

mardi 30 juin 2026

Quand Auchan se fait (encore) tirer l'oreille pour les factures

En mai 2022, j'écrivais l'un des articles "coup de gueule" les plus lus de ce bog (près de 5000 vues), au sujet des problèmes que je rencontrais pour voir mes factures réglées par le groupe Auchan. "On a beaucoup parlé de vous", m'avait confié l'un des chefs de rayon de l'un des magasins, plusieurs semaines après la parution de l'article. Malheureusement, quatre ans plus tard, le problème se repose de nouveau. Et d'après ce que j'ai appris, je ne suis pas le seul auteur concerné. 

Qu'on se le dise, l'autoédition reste un combat pour gagner son beefsteak. Un chef de rayon me disait que d'autres auteurs se plaignent de ne pas avoir été réglés à temps par la centrale. L'un d'eux ne l'a pas été depuis 3 mois. 

En ce qui me concerne, j'ai pu me faire régler au début du mois de juin plusieurs factures en souffrance chez Auchan, dont l'une dépassait les deux mois de retard et était soumise à pénalités de règlement. Il y en avait pour un peu plus de 900 € en tout.  

Le site de règlement ASAP ne rend plus compte depuis bien longtemps maintenant de chaque facture envoyée. En d'autres termes, aucun accusé de réception. Le site ne fonctionne que lorsqu'on est sur le point d'être payé. Ainsi, la somme d'environ 900 € n'est apparue dans l'échéancier des règlements que quelques jours avant le paiement effectif.  

Il est aussi impossible de joindre la comptabilité générale par téléphone. Les emails ne sont pas répondus, ou alors, seulement lorsqu'une pression suffisante est exercée.  

Ce problème chronique de retards de règlements pourrait-il concerner d'autres fournisseurs Auchan que les auteurs autoédités? J'en ai peur.  

Lorsque l'on constate des problèmes de paiement aussi récurrents chez un groupe comme Auchan, dont on sait qu'il est en difficulté au  point d'avoir dû se séparer d'environ 300 supermarchés en 2025, on peut formuler deux hypothèses : 

- soit les effectifs de la comptabilité générale sont trop faibles, et celle-ci est débordée

- soit les comptables ont reçu pour instruction de ne pas régler certains fournisseurs parmi les moins puissants ou influents

Les deux hypothèses peuvent d'ailleurs être toutes les deux valables. Elles ont pour point commun de permettre au groupe Auchan de faire des économies. 

Mais attention, parce qu'il y a des économies qui coûtent cher. Souvenons-nous de mon fameux article de 2022. Je disais à l'époque un comptable local, en magasin, m'a confié que chacun des emails qu'ils envoyaient à la centrale étaient supprimés avant même d'être lus. 

On a l'impression que ces pratiques sont encore en vigueur. Il y aurait de quoi demander un audit des services de comptabilité générale du groupe Auchan, tenu par la famille Mulliez.   

Le covid, la guerre en Ukraine en 2022, la guerre en Iran de 2026, la canicule... Le pouvoir d'achat des Français baisse année après année. En même temps, la fréquentation des hypermarchés s'amoindrit. Les choses deviennent plus dures pour tout le monde. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas acquitter ses factures en temps et en heure. 

Lorsque, il y a quelques mois, les services comptables de Cultura m'ont adressé par erreur un virement de plus de 3000 € en règlement d'une facture de 400 €, j'aurais pu dire, "tiens, les temps sont durs, je vais les faire attendre plusieurs mois avant de les rembourser." 

Mais non, je les ai remboursés dans la semaine. 

D'ailleurs, au sujet des Cultura, je n'ai pas de problèmes de règlements avec eux. Avec les Leclerc, ça dépend un peu des endroits, mais ce n'est pas aussi difficile qu'avec Auchan en ce moment.

Et quant à la Fnac? Je ne dédicace pas à la Fnac, qui prend 40% du prix de chaque livre aux auteurs et éditeurs, là où Auchan et Leclerc prennent 20%, et Cultura 30%. Je dédicace d'autant moins à la Fnac que j'ai souvenir, à l'époque où je vendais mes livres papier en ligne, d'une facture qui avait traîné un an avant d'être réglée. Ce qui m'a conduit, d'ailleurs, à cesser de distribuer mes livres papier sur la Fnac. 

Les centres commerciaux recevant les auteurs en France n'étant pas si nombreux, et moins nombreux qu'auparavant depuis que le groupe Cora a été avalé par Carrefour, qui ne reçoit aucun auteur, je n'ai pas d'autre choix que de continuer à travailler avec Auchan pour le moment. Mais je souhaite bien sûr que les problèmes que je rencontre soient réglés. Pour moi aussi bien que pour mes collègues qui éprouvent les mêmes difficultés.    

mardi 9 juin 2026

Infini Respect pour le Cerveau Humain

La montée en puissance des modèles de langage de grande taille, les fameux LLM plus communément appelés Intelligence Artificielle (IA), a donné naissance à des jugements péremptoires chez certains auteurs, jugeant ces IA plus intelligentes que l'être humain. Ou même, estimant que de leur vivant, dans quelques années, il sera possible de télécharger le cerveau humain dans une machine. Ma propre réaction a été ambivalente. L'émerveillement de la puissance de ces LLM, qui seront sans doute capables bientôt d'écrire des romans très convaincants, mais aussi l'effarement et la stupéfaction par rapport à cette révolution si soudaine et abrupte apportée dans la société. La réaction émotionnelle liée à la peur d'être remplacé et de devenir inutile, teintée de dépression et du doute de moi-même. Tout en ayant conscience, grâce à mes connaissances, que le cerveau humain, dans bien des domaines, est encore loin d'être battu par l'IA, et que si l'on veut aborder ce sujet, il faut aller plus loin que le simple cerveau, pour aller vers le rapport au corps humain tout entier. 

Personne n'aime être remplacé, bien sûr. Mais chez nous autres auteurs, cette irruption de l'IA, et même son intronisation en tant que puissance, a un impact tout particulier. Je ne fais pas référence au fait que les auteurs ont depuis déjà un bon moment voulu créer la vie (Frankenstein, évidemment, mais pas que), et qu'en SF en particulier, l'IA avait été prédite depuis un bon moment. Je n'évoque pas non plus cette espèce d'accélération de la concurrence que provoque l'IA: après avoir perdu en bonne partie mon boulot de journaliste jeux vidéo en raison de la concurrence d'Internet au début des années 2000, je me rends compte que l'IA vient encore booster cette concurrence d'Internet et rendre plus prégnant et redoutable encore ce remplacement des professions du tertiaire que j'avais déjà vécu personnellement. Avec une différence majeure, cette fois, c'est que les ingénieurs informatiques eux-mêmes deviennent remplaçables, pour la plupart d'entre eux. Une différence qui, soit dit en passant, en toute logique, devrait forcer la société à aller vers un revenu universel inconditionnel. Mais c'est un autre sujet. 

Non, cet impact si particulier chez les auteurs est psychologique. Nous autres auteurs sommes en grande partie touchés par le syndrome de l'imposteur. Vous savez, cette tendance à penser que nous ne méritons pas le pain que nous gagnons. Une tendance qui nous a conduit en tant que profession à accorder des super pouvoirs à d'autres êtres humains appelés "éditeurs". Le super pouvoir de refuser 99,9% des manuscrits que nous leur envoyons. Le super pouvoir de mettre fin à nos carrières en une seule décision. En une seule phrase. Cette tendance qui nous confère la certitude que l'on ne peut pas gagner sa vie avec sa plume en écrivant des romans, et qu'il nous faut un autre métier. Cette tendance qui nous déprofessionnalise et nous décrédibilise auprès des gens du métier du livre. 

Sauf, bien sûr, si on fait le choix de l'autoédition. Dans ce cas, en devenant des auteurs autoédités, on se réapproprie nos pouvoirs. On se dévictimise, en étant les seuls responsables de nos succès et de nos échecs. On devient adultes et responsables. On devient de véritables professionnels de notre métier. 

Mais bref, je diverge. Même les auteurs autoédités qui ne dépendent pas d'un éditeur pour mener leur barque de manière professionnelle sont sujets au syndrome de l'imposteur. C'est humain. Les auteurs autoédités peuvent lutter plus efficacement contre ce syndrome grâce à leurs chiffres de ventes, parce qu'ils savent qu'ils ne doivent rien à un éditeur. Mais parfois, ce syndrome resurgit malgré tout. Et donc, l'irruption d'une IA concurrente ne peut que renforcer ce syndrome. 

Le moyen de ne pas céder au fatalisme? Décider, comme je l'expliquais dans mon précédent article, Tristan, d'utiliser l'IA comme l'outil qu'elle est, et non de la voir comme une concurrente. Un outil qui nous permet de nous professionnaliser encore plus en bénéficiant d'une sorte de regard extérieur si précieux.  

Revenons maintenant au cœur du sujet du jour, à savoir, la rivalité entre le cerveau humain et l'IA. Il faut d'abord avoir conscience que jouer au jeu de la comparaison entre les deux a quelque chose de stupide. Ces LLM, modèles de langage de grande taille, se servent de réseaux neuronaux directement inspirés de la manière de fonctionner du cerveau humain. Comment une IA qui duplique une partie seulement des fonctions du cerveau pourrait-elle en être supérieure? Alors oui, l'agrégation de multiprocesseurs, de disques durs et de bases de données qui stockent et analysent l'intégralité du savoir humain vont venir rivaliser et battre l'humain dans de nombreux domaines, au prix toutefois d'une dépense énergétique croissante, de nature à mettre en danger l'écologie. 

On est battus aux échecs, au jeu de go, en programmation, en puissance de calcul brute. Peut-être demain en littérature.

Mais... mais un enfant de deux ans va battre l'IA dès lors qu'il s'agira de représenter une forme connue, comme un chat par exemple. L'hyperspécialisation innée de notre cerveau dans des domaines ardus comme l'interprétation des expressions faciales demande des ressources absolument dévorantes à l'IA pour rivaliser. 

N'oubliez jamais que le cerveau est l'un des objets les plus complexes de l'univers. Einstein lui-même disait que notre plus grand pouvoir, c'est l'imagination. Un pouvoir issu des interactions quantiques à l'intérieur de notre cerveau. Un savoir quantique que l'être humain est très loin de maîtriser, même avec l'aide de l'informatique. 

Et il ne faut pas s'arrêter au cerveau. Ses interactions avec le reste du corps humain ne sont pas toujours parfaitement comprises. Le lien entre des sentiments basiques qui nous viennent des tripes, ou d'autres parties du corps. 

Dans le fonctionnement même du corps, les ingénieurs ont toutes les peines, ne serait-ce qu'à faire marcher des robots. Et pourtant, ils se servent de l'IA.

Est-ce que vous réalisez la merveille d'économie de moyens alliée à la puissance que représente le cerveau humain, et la débauche gigantesque d'énergie que représente l'IA? Il y a un moment où il faut arrêter l'autoflagellation. En tant qu'auteur de SF, je suis persuadé, par exemple, que je ne verrais jamais de mon vivant le téléchargement intégral d'un esprit humain dans une machine.   

Il y a une dimension mystique, spirituelle à cette recherche de l'émergence d'une intelligence artificielle générale, autonome et douée de volonté, qui semble être la quête actuelle des ingénieurs de la Silicon Valley. Ces ingénieurs cherchent à remplacer dieu, à créer une entité en tous points supérieure à l'humain. Mais ces ingénieurs sont loin, très loin d'avoir compris l'intégralité de cet objet le plus complexe de l'univers qu'est le cerveau humain. 

Je ne cherche pas à minimiser la révolution que représente l'IA. J'ose espérer que les progrès vont s'axer de plus en plus sur une consommation moindre d'énergie par celle-ci. Mais si j'ai un message à faire passer ici, c'est qu'il n'y a qu'en nous rabaissant en tant qu'espèce que nous ferons en quelque sorte passer l'IA devant nous, en faire une sorte d'être supérieur. Si l'IA arrive un jour à un degré d'autonomie comparable au nôtre, ce dont je doute, sa nature profonde sera très différente de l'être humain. Et on ne compare pas des oranges avec des pommes.