mercredi 8 avril 2026

La stratégie de Trump en Iran

Pourquoi Trump n'a-t-il pas monté une vraie coalition pour attaquer l'Iran? Pourquoi s'est-il fâché avec ses alliés? Pourquoi envoie-t-il des forces en Iran de manière aussi fragmentaire, espacée dans le temps? Pourquoi impose-t-il des ultimatums à l'Iran, et pourquoi autant? La réponse à ses questions dans mon article de blog, où l'on constate que la stratégie de Trump répond à des objectifs réels. 

Tout d'abord, le fait que Trump s'en prenne à l'Iran semble aller à l'encontre de mon hypothèse précédente, selon laquelle Trump est un agent de Poutine. L'Iran est en effet un allié de la Russie de Poutine. Je dois reconnaître que les dégâts infligés à l'Iran pendant tout le mois de mars 2026 sont sans commune mesure avec le fait que Trump ait levé les sanctions sur le pétrole, non seulement sur la Russie, mais aussi, et c'est un vrai paradoxe, sur l'Iran. La stratégie de Trump en Iran ne vient donc pas confirmer qu'il soit un agent de Poutine. Mais elle n'infirme pas cela non plus. 

La stratégie de Trump en Iran, comme tout le reste de sa politique, est conditionné par le fait que Trump est un narcissique pervers ayant pour but de se faire un maximum de pognon. On parle ici d'une politique spectacle digne de son ancien show The Apprentice.  

Le but d'un narcissique pervers comme Trump est d'être au centre de l'attention en permanence. Pour cela, il lui faut agréger un maximum de pouvoir tout en impactant la vie des autres. Pour agréger un maximum de pouvoir, il lui faut s'affranchir des règles. Pour s'affranchir des règles, il lui faut défaire les anciennes alliances. Et tout ce qui peut ressembler à des institutions, comme l'ONU ou l'OTAN.

Là, déjà, on a la réponse à l'une de mes questions, pourquoi Trump s'est-il fâché avec les alliés historiques des Etats-Unis. Pour gagner en marge de manœuvre. En gros, pour pouvoir faire ce qu'il veut. 

Non seulement Trump se donne les moyens d'être au centre de l'attention par sa politique spectacle, mais il veut faire de l'argent. Et cette priorité-là est supérieure pour lui aux échéances politiques, et en particulier aux élections de mi-mandat de novembre 2026. 

Influencé par Nétanyahou, il s'est donc lancé dans une véritable guerre contre l'Iran. Pourquoi n'a-t-il donc pas monté de coalition avec les alliés historiques des Etats-Unis d'Amérique? Parce que cela était incompatible avec son objectif précédent, la marge de manœuvre. Trump veut faire à sa façon, selon ses caprices. Mais ça ne veut pas dire faire n'importe quoi. Sa façon, c'est de se faire un maximum d'argent, ne l'oublions pas. 

Et voilà pourquoi Trump n'a envoyé ses forces que de manière espacée dans le temps. Parce que ça lui permet de procéder par à-coups. Cela va complètement de pair avec la mise en place de différents ultimatums. Chaque ultimatum crée une séquence temporelle qui donne le temps à des unités ou troupes supplémentaires d'arriver sur le théâtre d'opérations. 

Chaque ultimatum est l'occasion pour Trump de se livrer au délit d'initié en empochant une véritable fortune en bourse. On fait dans un premier temps monter la tension au maximum en se faisant passer pour un dingue, avant de déclencher une résolution de cette tension. La guerre, c'est le chaos, mais quand vous avez moyen de diriger ce chaos, vous vous faites un maximum de pognon en bourse. 

On se souvient que début avril 2026, les forces aériennes israélo-américaines s'en sont prises à des ponts en Iran. Cela n'est pas du tout un hasard. J'y vois la préparation d'une offensive terrestre. 

Ces ponts ne seront pas réparés en deux semaines. Entre le 7 et le 8 avril de cette année, Trump a tout à coup déclaré "négociable" un plan en dix points de l'Iran qui est en fait totalement inacceptable, puisqu'il inclut le départ des troupes israélo-américaines et l'enrichissement de l'uranium par le régime des gardiens de la révolution. 

En déclarant ce plan négociable tout juste avant la fin de son ultimatum le plus terrible (en finir avec la civilisation iranienne), il a fait coup triple :

- en faisant baisser le cours du pétrole, ce qui va lui permettre d'en racheter à moindre prix, dans le but d'en revendre dès que la guerre aura repris et que les cours seront au plus haut

- en s'octroyant un délai de deux semaines de soi-disant négociations afin de faire venir de nouvelles troupes

- en faisant libérer le détroit d'Ormuz au prix d'une fin provisoire des bombardements, ce qui reste bien sûr à vérifier, mais lui permet de regagner un peu de crédibilité politique. Militairement, cela tombait bien, car l'on commençait à manquer tout à la fois de munitions et de cibles "légitimes" iraniennes  

Et donc, je prédis qu'avant la fin de cette période de deux semaines, vraisemblablement dans une dizaine de jours, soit vers le 18 avril, les Etats-Unis et Israël vont de nouveau bombarder et envoyer des missiles à tout va afin de préparer pour de bon, cette fois, l'invasion au sol. Etant donné le nombre assez faible de troupes, celle-ci sera probablement limitée dans un premier temps. Il faut s'attendre à l'invasion par les Etats-Unis de différentes îles, dont celle de Kharg, et la prise de la ville de Bandar Abbas. Peut-être aussi la ville de Chabahar et l'aéroport de Chahabar-Konarak, qui paraissent accessibles.

Cette stratégie délayée dans le temps permettra de nouveaux mouvements très forts sur le cours du pétrole, avant de faire venir bien davantage de troupes pour "sauver les soldats américains" et terrasser enfin ce régime des gardiens de la révolution. Car il n'y a qu'un changement de régime, qu'on se le dise, qui règlera de manière durable le problème du détroit d'Ormuz. 

Le but avec la toute prochaine offensive terrestre (dans une dizaine de jours) étant bien sûr, en faisant en sorte de faire prendre en otage les soldats américains, ou en tout cas de les mettre en péril, de mettre le couteau sous la gorge du Congrès, qui sera forcé d'accorder à Trump un envoi de troupes massif en Iran. 

En prévision, beaucoup beaucoup de pognon pour Trump et ses sbires en raison des fluctuations dramatiques à venir sur la Bourse. Encore plus dramatiques qu'un show télévisé.

Pourquoi les Américains ont-ils élu un pervers narcissique comme Trump, qui ne gouverne que par caprice? Peut-être, tout simplement, sont-ils habitués à être gouvernés par des pervers narcissiques en entreprise. Et donc, ça ne leur semblait pas une si mauvaise chose. 

Je pense, cela dit, que ce n'est pas la majorité des Américains qui sont dans ce cas. Et donc, que les prochaines élections se solderont par une déconfiture de Trump, même en cas de victoire finale en Iran. Si ces élections de midterm ont bien lieu...

 Autres articles sur Trump : 

- maladies mentales 

- A truand, truand et demi

- Stratégie nationale de sécurité des Etats-Unis d'Amérique - novembre 2025

- Trump est bel et bien un agent de Poutine

- Mes comptes Facebook et Instagram suspendus  

 

lundi 23 février 2026

Fin de partie pour L'Essence des Sens

Il est facile, pour un auteur autoédité, de se tromper. C'est plus difficile de reconnaître son erreur, l'ego faisant souvent barrage. Donc oui, je me suis planté pour L'Essence des Sens. Le titre n'était pas assez signifiant. Je n'ai pas écouté le conseil de mes proches, peu convaincus par ce titre. Je savais que le temps des livres en autoédition est un temps long, et je voulais vraiment laisser sa chance à L'Essence des Sens. La sortie du roman a également coïncidé avec un ralentissement général des ventes de livres sur le marché, donc, j'avais mes raisons pour ne pas tenir compte du premier indice, la quasi non vente du livre en ebook (un seul en tout et pour tout). La difficulté pour cet ouvrage à trouver son public en dédicace a achevé de me convaincre. Place donc à L'Indicible Complot, un titre un peu plus explicite, mais qui conserve sa part de mystère. 

Depuis sa parution en juillet 2024, L'Essence des Sens s'est vendu à 116 exemplaires dans sa version papier. Mieux que rien, mais pas tout à fait au niveau de ce que j'attendais. Même si l'on considère que Memoria a surperformé depuis sa sortie en 2022, avec 1138 exemplaires papier vendus, ce qui fait presque 300 par an, j'étais en droit d'attendre mieux qu'une cinquantaine par an avec sa suite, L'Essence des Sens. Pour moi, la couverture n'est pas en cause dans ce semi-échec, ou en tout cas pas autant que le titre. 


 

Pour resituer le contexte, pour la première fois depuis mes débuts en tant qu'auteur, j'aborde dans ce roman une science-fiction nettement plus politique, voire satyrique. Cela situe L'Indicible Complot dans la lignée d'un autre journaliste-auteur, un certain George Orwell. 

Evidemment, la comparaison avec La Ferme des Animaux ou 1984 n'est pas entièrement valide. D'autres influences sont très fortes dans le roman, celle d'Asimov bien sûr pour le côté space opera, mais aussi celle de Philippe K. Dick pour l'aspect dystopien et cyberpunk. Néanmoins, on pourrait dire que c'est ce que j'ai écrit qui se rapproche le plus d'Orwell. Sans chercher à le copier bien sûr. 

Le roman m'est venu dans l'inspiration du moment, et n'aurait bien sûr pas existé sans la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine. Cela pour retracer le contexte. 

J'ai réécrit la quatrième de couverture, ou présentation du roman:  

Plus c’est gros, plus ça passe : pilier de bar de son état, Grendchko va bénéficier d’un coup de piston aussi phénoménal qu’inespéré numéro deux d’une multinationale. Mais sa véritable obsession est autre : rendre sa grandeur à son peuple. Il va se lancer en politique, et son ascension sera irrésistible.

Ingénieur talentueux spécialisé dans les réacteurs, Jaynak a croisé son chemin. Il se pose des questions, au sujet de l’accession récente d’un personnage aussi controversé que Grendchko au pouvoir. Jaynak a-t-il vraiment eu le choix au moment de son vote ? Les élections ne seraient-elles pas truquées ?

Déterminé à examiner toutes ses options, il va se rapprocher des Réfractaires, une société secrète organisant la résistance. Jaynak ignore que ce faisant, il vient de sceller son destin.

Quelles étapes pour L'Indicible Complot? Le roman est d'ores et déjà disponible dans sa version papier sur Amazon, en version ebook sur le même site, en version audio française sur Amazon.com pour 5,26 dollars (narration virtuelle avec une voix IA), et en version ebook sur Kobo et Apple. A l'instar de tous mes romans sur Kobo, L'Indicible Complot est téléchargeable dans la bibliothèque Kobo+. En revanche, pour des raisons d'exclusivité demandées par Amazon, on ne le retrouvera pas dans la bibliothèque Kindle. 

Le prix des ebooks ne change pas, 3,99 €. Le prix du livre papier baisse d'un euro à 18 €. 

Notez bien toutefois que pour le moment, L'Indicible Complot dans sa version papier est une exclusivité Amazon. En effet, L'Essence des Sens va continuer d'être vendu à la commande en librairie, et en dédicace, jusqu'à épuisement du stock des 184 exemplaires qu'il me reste. Contrairement aux gros éditeurs, en tant qu'auteur autoédité, je suis engagé dans une démarche de développement durable qui m'interdit de pilonner, ou de faire détruire, si vous préférez, mes ouvrages. Je vais donc continuer à présenter les exemplaires restants en séance de dédicace. 

Cela fait d'office, bien sûr, de ces livres des exemplaires à tirage limité. Ce qui va les rendre plus rares, et donc peut-être plus précieux. A vous de voir si vous voulez en commander à votre libraire, ou me rencontrer à l'occasion de l'un de mes déplacements sur l'Ile de France et l'Oise pour vous en procurer un.

Afin d'éviter toute confusion, L'Indicible Complot va bénéficier d'un nouvel ISBN au moment de sa sortie papier (hors Amazon). Le contenu reste identique à celui de L'Essence des Sens. Donc, ne vous précipitez pas en pensant avoir affaire à quelque chose de nouveau, seul l'emballage, pour ainsi dire, change. 

Mais c'est une seconde chance que je tiens vraiment à donner à cet ouvrage, lequel, à mon sens, la mérite.  

mercredi 4 février 2026

Artistes, auteurs et réseaux sociaux : visibilité ou invisibilité?

L'avènement d'Internet, puis des réseaux sociaux, semblait promettre aux artistes, parmi lesquels les auteurs, une visibilité quasi universelle, synonyme d'exposition pour nos œuvres, et bien sûr de rentrées financières importantes. Ou en tout cas suffisantes pour vivre de notre art. Et puis il y a eu la montée en puissance de Facebook, laquelle nous a confronté à la réalité. Facebook, c'est 3 milliards d'utilisateurs actifs par mois en 2024. On pourrait donc penser que la portée de nos publications y est exponentielle. En réalité, c'est allé dans l'autre sens: Facebook nous a invisibilisés. Dans mon précédent article de blog, je parlais d'un statut "viral" parce qu'il avait dépassé les 270 réactions, et qu'il devait donc avoir été vu par entre 3000 et 4000 personnes. Mais j'avais 3900 personnes qui étaient censées me suivre à l'époque où j'étais sur Facebook (mon compte y étant toujours suspendu)! Et le pire dans tout ça, c'est que si je parlais de "viralité", c'était en comparaison avec mes posts habituels, qui provoquaient dix fois moins de réactions, et touchaient de dix à cent fois moins de personnes! Alors, oui, il y a eu une forme d'insensibilisation des gens sur internet. De manque de réactivité. D'apathie. Néanmoins, on peut penser qu'une bonne part du problème actuel vient de la situation de quasi monopole de Facebook. Si Facebook était divisé en plusieurs entités qui se feraient concurrence pour offrir aux artistes la meilleure visibilité possible, il est évident que nous toucherions beaucoup plus de monde de manière organique, sans avoir à monétiser les choses. Malheureusement, l'administration Trump 2025 est celle qui ne lance aucun procès antitrust. Ce procès, dans le cas de Facebook, devrait déjà avoir eu lieu depuis un bon moment. 

Depuis août dernier et le décès de ma belle-mère, je me suis mis à utiliser beaucoup plus le site Leboncoin pour revendre la montagne de bricoles que celle-ci nous a légué. Avec, à la clé, un gain de près de 1400 €. 

J'ai le sentiment, depuis que je suis quelque peu monté en puissance sur ce site, de toucher bien plus de monde avec mes annonces que je ne touchais de monde sur Facebook. Ce qui signifie bien sûr une chose : il n'est pas nécessaire d'avoir un réseau connecté à plusieurs milliards de personnes pour toucher du monde. Quelques millions suffisent. Plus précisément, en 2024, Leboncoin a touché 28 millions d'utilisateurs uniques par mois. 

J'adore Leboncoin, parce que c'est de l'organique qui fonctionne. Les fonctions payantes ne se font pas, à ma connaissance, et jusqu'à nouvel ordre, au détriment de l'organique. Ce qui n'est bien sûr pas le cas de Facebook. 

Alors non, je n'utilise pas Leboncoin pour vendre mes livres, puisqu'il s'agit de seconde main, et que les livres que je vends en temps normal sont neufs. On peut trouver certains de mes romans sur Leboncoin, mais ce n'est pas moi qui les vend. Et je ne suis pas vendeur pro sur Leboncoin. Uniquement particulier.

Comme Facebook, Leboncoin fait de la vérification d'identité. Mais comme j'y utilise mon nom d'état civil et non mon nom de plume, je n'ai pas été expulsé du site. 

Réfléchissez, d'ailleurs, à l'absurdité de la suspension de mon compte sur le réseau social de Zuckerberg: toutes proportions gardées, c'est comme si Johnny Halliday avait, de son vivant, eu son compte Facebook suspendu parce qu'il employait un nom d'artiste. Alors qu'à ses débuts, Facebook était le concurrent de sites comme Myspace!

Cela dit, Johnny Halliday était rarement un artiste engagé, contrairement à votre serviteur. 

Lui ne dénonçait pas, en tout cas, les big techs en situation de monopole, et qui invisibilisent les gens qui ont le plus besoin de visibilité pour vivre, à savoir les artistes et auteurs. 

Car plus le nom d'Alan Spade, et son association en tant qu'auteur de Fantasy, de Thrillers et de SF se répand, plus il y a de chances que quelqu'un fasse une recherche sur ce nom sur Amazon, et y déniche mes livres en version papier, ebook ou audio. Ou sur Kobo, ou Apple, pour les ebooks. 

Et vous savez quoi?  Ce que j'ai dit au sujet de Facebook s'applique dans une large mesure à Amazon également. Si Amazon était scindé en plusieurs se faisant concurrence, il y aurait plus de chances que l'un d'eux rende les recherches organiques (et non monnayées) sur le site plus payantes, ce qui bénéficierait bien sûr aux auteurs.

Cette administration Trump ne permettra pas cela, car elle a été élue grâce aux Big Techs. C'est pourquoi le changement d'administration pour un gouvernement démocrate peut avoir un véritable impact pour nous autres auteurs. A condition bien sûr que la prochaine administration lance ces fameux procès antitrusts, qui permettront un renforcement de la classe moyenne et non plus des milliardaires.   

mercredi 28 janvier 2026

Mes comptes Facebook et Instagram suspendus

Depuis le dimanche 26 janvier 2026, mes comptes Facebook et Instagram ont été suspendus pour vérification d'identité. J'ai fait appel et envoyé ma carte d'identité au site, et cette suspension peut prendre, avant décision définitive, de quelques jours à plus d'un mois. Ces suspensions n'ont pratiquement aucun impact sur mon activité d'auteur autoédité, puisque j'ai cessé toute pub Facebook depuis un certain temps et que je n'utilise ni Facebook ni Instagram pour vendre. En gros, aucun impact sur mes ventes, bien qu'il m'arrive d'utiliser ces réseaux sociaux pour annoncer des séances de dédicace. Je me servais surtout ces derniers temps de la fonction de "journaliste autoédité" telle que je la décris dans cet article de 2020. A cet égard, cette suspension est évidemment frustrante, même s'il s'agissait pour moi d'un travail bénévole. J'ai identifié deux causes possibles, et peut-être concomitantes, de ma suspension. L'une est la mention, sur mon profil Facebook, de "création digitale", mention que j'avais réussi à supprimer la semaine précédant la suspension. L'autre est un statut que l'on peut qualifier de viral par rapport à mes posts habituels, puisqu'il a dépassé les 270 réactions ("j'aime" ou autres) et plusieurs dizaines de commentaires. Cet article, de type spéculatif et donc, possédant un réel potentiel de polémique, a pu générer des signalements. Il a pour sujet les mains de Trump, et les fameux hématomes observés, avec des photos prises à Davos par l'AFP et Getty Images, que je reposte ici. 

 



Comme j'utilise mon nom de plume sur Facebook depuis 2010 (environ 16 ans), la comparaison avec ma carte d'identité peut m'être défavorable au premier abord, le nom d'Alan Spade ne figurant pas sur cette carte d'identité. En revanche, une vérification rapide du titre de mes livres et de la mention de l'éditeur sur la plupart des couvertures, sachant bien sûr que, comme l'indiquait mon profil Facebook, je suis auteur autoédité, cette vérification suffira à établir le lien entre Alan Spade et l'identité apparaissant sur la carte du même nom. Pour être clair, je n'ai jamais fait mystère auprès de mes lecteurs qu'Alan Spade est mon nom de plume et Emmanuel Guillot mon véritable nom. On pourrait arguer que le "marketing artistique" est une tromperie en soi, mais dans ce cas, il faudrait l'interdire, et ça peut aller très loin.

Est-ce que vous auriez vu Johnny Hallyday poster sous son nom de Smet sur les réseaux sociaux? Je suis dans le même cas de figure, quoiqu'un tout petit peu moins célèbre. ;) 

Revenons maintenant aux causes de cette suspension. Depuis l'émergence de l'IA, j'ai remarqué sur Instagram que les profils de "création digitale" correspondaient souvent, soit à des bots générés par l'IA, soit à des créateurs de contenus utilisant l'IA pour modifier leur image. Et donc, dans mon esprit, s'est rapidement installée l'idée que la création digitale correspondait à du fake. 

En constatant par la suite que mon profil Facebook était labellisé "création digitale", j'ai compris qu'il serait aisé de m'associer, pour une personne ne me connaissant pas, à un créateur de contenu IA. Ce que je ne suis pas. Or, la visibilité demeure essentielle pour un auteur tel que moi, et la notoriété est bien sûr un "plus" pour vendre mes romans. 

Et donc, même si je maintiens que Facebook ne génère aucune vente directe de mes romans, ce réseau social peut néanmoins faciliter la reconnaissance de mon nom par d'éventuels lecteurs, ce qui faciliterait les ventes. Il faut bien reconnaître que depuis pas mal d'années, il est devenu très difficile de générer ce que l'on pourrait appeler des posts, des sujets connaissant une croissance organique, c'est à dire naturelle, sans faire appel à de la pub, et du fait de leur intérêt propre. C'est pourquoi, tout ce qui peut aider à une meilleure diffusion, pour un auteur autoédité tel que moi, ne peut que générer un intérêt. 

La création digitale n'est pas du tout le cœur de mon métier. Le cœur de mon métier est la création intellectuelle et littéraire. La création basée sur de l'humain, à savoir moi-même et ce que j'observe autour, plutôt que la création purement digitale. On ne peut pas parler de création digitale par rapport à l'écriture de livres sur du traitement de texte, mais plutôt de retranscription digitale, en numérique, d'une création humaine. Il en va de même pour la création d'ebooks. Seule la création d'image de couverture peut emprunter à la création digitale. Et encore, je m'arrange pour embaucher des humains avec une vraie fibre artistique pour mes images de couverture, et je m'abstiens donc de recourir à l'IA.

Supprimer la mention "création digitale" sur mon profil n'était pas pour moi une tromperie, mais une volonté de me démarquer de l'IA. Et, comme par hasard, peu après avoir supprimé cette mention, j'écris un statut Facebook qui connaît une diffusion inédite pour moi depuis plusieurs années. Le post sur la main gauche de Trump à Davos. 

Ce court article précisait que le diable était dans les détails, et qu'après la main droite de Trump, c'était la main gauche qui présentait un hématome très visible sur les photos obtenues par l'AFP et Getty Image. J'ajoutais que l'excuse de la maison blanche consistant à dire que Trump serrait de nombreuses mains n'était plus valable pour la main gauche, puisqu'il est droitier. J'ai bien pris garde, dans ce post, de préciser que l'absence de bilan de santé transparent de Trump et de la maison blanche était ce qui alimentait la spéculation autour de ce genre de détail. Depuis, Trump a expliqué la chose en disant qu'il s'était cogné la main gauche sur une table. Mais on sait l'individu adepte du mensonge. 

Dans les commentaires, j'ai utilisé le moteur de traduction DeepL pour traduire l'un des posts à ce sujet sur reddit qui avait été le plus apprécié. Et ce commentaire, qui n'est pas de moi, a également obtenu plusieurs dizaines de "j'aime" : Allons, il souffre clairement d'insuffisance cardiaque congestive avec œdème aux pieds. La somnolence est un symptôme classique. Il reçoit un diurétique par voie intraveineuse, comme le Lasix, pour traiter sa crise hydrique. Impossible de lui poser un cathéter, il doit donc subir une piqûre tous les deux ou trois jours. Son incontinence urinaire semble s'aggraver, d'où la poche urinaire et le pantalon ample. Le problème de démence est distinct, mais tout à fait évident, en particulier le syndrome du crépuscule et les délires nocturnes. 

Au-delà de la volonté de faire du buzz, qu'est-ce qui m'a incité à évoquer le sujet? Le fait d'avoir bien sûr affaire à un président des Etats-Unis tellement narcissique qu'il cherche à évacuer sa notion humaine. Rien que le fait de publier ce post le ramenait à une dimension humaine. 

Je précisais dès le départ qu'il s'agissait de spéculation. Aux personnes qui me demandaient si je me prenais pour un médecin, je répétais la position officielle de la maison blanche, le fait qu'il prenne trop d'aspirine pour fluidifier son sang et le serrage de mains. J'évoquais la contradiction de cette excuse avec la situation présente, même du point de vue du néophyte. A celles qui trouvaient scandaleuse l'intrusion dans le domaine privé, je rappelais l'affaire Mitterrand. En précisant que pour moi, un président atteint d'un cancer peut tout à fait gouverner, dans la mesure où il le signale et où des mesures sont prises pour prendre le relais en cas d'incapacité. Le poste de président d'un Etat oblige à bien plus de transparence sur un aspect aussi privé que la santé, en raison des enjeux qui pèsent sur un pays entier en cas de déclin cognitif ou de problème de santé majeur. 

Le débat était respectueux, sans injures. En conjuguant mon coup d'œil d'artiste avec mon apprentissage en école de journalisme, ma curiosité et ma maîtrise de l'anglais, j'estime pouvoir, de temps en temps, "lever des lièvres". Ici, il me semble bien que c'était le cas. Mais il est possible que la popularité même de ce sujet par essence polémique ait généré un signalement. Ce qui pose problème, bien sûr, dans le cadre de la liberté d'expression. Dans la mesure où le sujet n'a franchi aucune limite légale, mon compte n'aurait pas dû être suspendu. 

N'oublions pas non plus le contexte : un président, Donald Trump, élu grâce aux big techs, dont Facebook. Un président privilégiant un retour au "Gilded Age", soit l'Age Doré entre 1870 et 1900 qui a vu les monopoles détruire la classe moyenne. Cette même classe moyenne qui a pu renaître après 1900 grâce aux lois anti-trusts. Ces mêmes lois anti-trusts qui menaceraient notamment Facebook si une présidence démocrate devait succéder à Trump. 

J'ai beau pratiquer le bénévolat dans mon activité journalistique sur les réseaux sociaux ou sur ce blog, je ne suis pas dupe par rapport aux revenus générés par les plates-formes. Dans mon article "Le journaliste autoédité, c'est vous", j'en appelais à un revenu universel, qui viendrait récompenser la création de contenus par des gens tels que votre serviteur sur Facebook. Les IA ayant tendance à piller les contenus du net de tous ordres, les revenus issus de l'IA devraient bien sûr être taxés et reversés à tout un chacun sous forme de revenu universel inconditionnel.  

Voyons maintenant, pour terminer, quelle est ma position finale au sujet de ma présence sur Facebook. Si mon compte Alan Spade est validé, je reviendrais sur la plate-forme. Si ce n'est pas le cas ou si on me demande de poster sous un autre nom, je ne reviendrais pas. Et en attendant, vous pouvez toujours me suivre sur Bluesky...   

vendredi 16 janvier 2026

Trump est bel et bien un agent de Poutine

Les sanctions américaines contre Rosneft et Lukoil, la capture du dictateur Maduro au Vénézuéla, l'arraisonnement de pétroliers de la flotte fantôme russe par les Etats-Unis, ces différents actes ne sont que des écrans de fumée de la part de Trump. Ils sont destinés à masquer une réalité : le président Donald Trump est bel et bien un agent de Poutine. Trump sait déjà qu'il va perdre les élections de mi-mandat. Il sait aussi que 71% de ses concitoyens sont opposés à l'annexion du Groenland par les Etats-Unis. Malgré cela, il continue à faire le forcing dans ses déclarations, assurant qu'il veut le Groenland. C'est le meilleur moyen de faire imploser l'OTAN. Cela explique pourquoi Poutine a réagi aussi mollement au sujet de Maduro et des pétroliers arraisonnés par les Etats-Unis. Le gain potentiel de l'implosion de l'OTAN l'emporte en effet largement, pour la Russie, par rapport aux quelques coups ponctuels qu'a pu délivrer Trump. Rappelons aussi que l'Ukraine n'a jamais autant souffert depuis le début de la guerre en 2022 qu'en 2025, soit la première année du mandat de Trump.

 

Le compte-à-rebours des midterms, les fameuses élections de mi-mandat, est bel et bien déclenché pour Trump. Et Trump sait qu'il va les perdre. C'est pourquoi il précipite ses actes politiques, dans le but de faire en sorte que les Etats-Unis ne puissent plus revenir en arrière. 

Ainsi, ses déclarations forcenées sur le Groenland n'ont pour véritable objectif que de faire imploser l'OTAN, ce qui permettra à Trump de remplir ses obligations d'agent à l'égard de Poutine.  

Il faut savoir qu'à l'époque de la guerre froide, la base américaine de Pituffik, au Groenland, comptait 10 000 soldats. Le prétexte de Trump pour prendre possession du Groenland est la menace extrême posée par les Russes et les Chinois. En toute logique, Donald Trump, dès le début de son second mandat, aurait dû renforcer de manière considérable les effectifs de cette base, pour faire face à la menace.  

En réalité, d'après le journal Le Monde, il y a en ce moment 150 soldats américains qui occupent cette base de Pituffik.
150.

Depuis qu'il est arrivé au pouvoir, Trump n'a donc rien fait pour accroître les effectifs de l'armée américaine au Groenland. Parce que ce n'était tout simplement pas justifié. Trump est pris en flagrant délit de mensonge, de surévaluation dramatique de la menace des Russes et des Chinois et de leurs visées sur le Groenland. Ce n'est là qu'un prétexte. 

Est-ce que Trump entend tirer un parti personnel des ressources du Groenland? 

Non, car il sera mort bien avant de pouvoir en profiter. L'exploitation de ressources dans un milieu si difficile, si tant est qu'elle soit rentable, va prendre des décennies. 

Je pensais au début qu'il voulait tirer un parti politique de l'annexion du Groenland, d'un regain de popularité. Les 71% d'Américains opposés à l'annexion m'ont fait revenir sur cette opinion. Trump ne le fait que pour remplir son contrat avec Poutine. 

De son coté, le Danemark continue de clamer haut et fort que le Groenland n'est pas à vendre, et a convaincu ses alliés européens comme l'Allemagne et la France de faire bloc en y envoyant quelques dizaines de soldats, effectifs symboliques qui vont probablement être renforcés dans les jours à venir. 

Le but du Danemark et de l'Europe est d'éviter d'entrer dans le jeu de Trump en rompant les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, ce qui serait une sorte de bouton nucléaire. En revanche, il s'agit de forcer Trump à déclarer la guerre au Groenland et au Danemark, en envoyant au préalable des troupes au Groenland. 

Cette déclaration de guerre devra être validée par le Congrès des Etats-Unis. C'est à mon avis le point fort de la stratégie européenne, ce qui en fait une stratégie gagnante. 

Le jeu de Trump sera de mettre le couteau sous la gorge aux députés républicains, en leur disant qu'il lui faut le Groenland avant les élections de mi-mandat s'ils veulent avoir une chance de les remporter. Ce qui est évidemment totalement faux, puisque les sondages indiquent que les Américains sont contre. 

C'est pourquoi la stratégie européenne est gagnante au sujet du Groenland, à condition de continuer à montrer les muscles sans pour autant provoquer. Une fermeté absolue de l'Europe, c'est ce qui va conduire Trump à demander les pleins pouvoirs au Congrès. Et il ne les obtiendra pas. 

Rappelons aussi que le Groenland, comme le Vénézuéla auparavant, comme l'Iran sans doute demain, sont des moyens de détourner les yeux du public du dossier Epstein. Les fichiers n'ont toujours pas été délivrés au public dans leur totalité. Par ailleurs, trop nombreux ont été ceux qui ont été caviardés, souvent au grand dam des victimes elles-mêmes. Ces fichiers ont toujours, et peut-être plus que jamais, le pouvoir de détruire le restant de crédibilité de Trump. 

J'ai l'intuition que ce dossier Epstein ne sera pas l'un des grands oubliés de 2026. Ce cadavre-là va continuer à frapper à la porte... 
 

mardi 16 décembre 2025

Une longue liste

Quand on vieillit suffisamment, on s'aperçoit que le nombre de personnes que l'on a connues et qui sont mortes représente une foule considérable. En ce qui me concerne, en cette année 2025 en particulier, les morts sont venus toquer à la porte. 

J'aime, de temps en temps dans ce blog, aborder des sujets tabous. Des sujets qui, en temps normal, forcent en quelque sorte au silence. C'est une manière pour moi de défier l'entropie. J'avais déjà abordé le sexe dans cet article

Aujourd'hui, c'est la mort. Je le fais en pensant non seulement à mes proches décédés en cette année 2025, mais aussi bien sûr, à leurs familles et à leurs proches, qui ressentent du chagrin et qui souffrent. J'ai envie, au travers de cet article, de leur envoyer de l'amour. Bien sûr, ils ne le liront pas forcément. Il y a donc aussi, pour moi, une fonction thérapeutique à écrire cet article. Je n'ai pas pu me rendre à tous les enterrements. J'ai envie, en quelque sorte, de marquer le coup, pour mieux traverser cette épreuve. La mort fait partie de la vie, il n'est pas question ici de se complaire dans la douleur ni de se plaindre. 

Désolé pour l'aspect funèbre en une période qui devrait être de fête, aujourd'hui étant, de surcroît, l'anniversaire de mon fils.

Il y a d'abord eu ma tante Cécile début 2025. L'une des sœurs de ma mère, qui avait plus de 80 ans et vivait à Mons, en Belgique. Elle qui avait en horreur l'impotence a été victime d'une maladie cardiaque qui l'a rendue, à son corps défendant, impotente. Plutôt que de la faire admettre en soins palliatifs, sa famille proche a fait corps de manière admirable. Elle est restée à son domicile, où nous sommes allés la visiter en famille, et ses filles et ses petites filles se sont relayées pour l'assister jour et nuit jusqu'à la fin. Ma mère elle-même, qui a 82 ans, est venue lui porter assistante pendant une semaine. Elle en est revenue lessivée. Cécile et Jean-Pierre m'avaient généreusement accueilli chez eux à l'époque où le festival Trolls & Légendes recevait encore des auteurs autoédités.

Il y a eu Izoumi, notre chat domestique. La présence dans cet article d'un animal de compagnie peut sembler incongrue, mais le cœur ne fait pas de différence entre les espèces. On s'attache à ces petites choses. Ses problèmes rénaux se sont aggravés, il ne cessait de maigrir et à la fin, ne se nourrissait plus. Nous avons dû le faire euthanasier. C'était l'animal domestique au caractère le plus doux que j'ai connu.

Et puis il y a eu la maman d'Anne-Christine, ma femme. Malgré le décès de son mari en 2020, et le fait qu'elle se retrouve seule à Dijon, Emmanuelle n'a jamais voulu quitter son appartement pour se rapprocher de nous à Pontoise. Elle voyait de moins en moins souvent son médecin, se contentant de sa pharmacienne. Ses jambes faiblissaient malgré la pratique de vélo d'appartement. Pour une raison inconnue, à la fin juillet, elle a fait un malaise dans son appartement. Elle est tombée et s'est ouvert le crâne sur son parquet. Elle avait 86 ans. Nous n'avons pris conscience du drame que trois jours plus tard, grâce à un voisin qui avait remarqué qu'elle n'avait pas ouvert ses volets. C'était quelqu'un d'un bord radicalement opposé politiquement par rapport à moi, mais nous étions complices malgré tout et avions des débats enflammés. Une mamie gâteau, très généreuse envers nous. Anne-Christine se remet peu à peu de cette perte inattendue.

Ensuite, il y a eu Djamchid, le père d'un ami de l'époque du lycée de mon frère Tristan, Keyvan, qui est aussi devenu le mien un peu plus tard. Les relations que nous tissons sont ce qui nous définit. J'ai vu Keyvan fonder sa "première famille" à Volx et je garde un souvenir heureux des moments passés ensemble. La vocation musicale de Keyvan lui est venue de son père, je sais donc que les liens qui les unissaient étaient forts. Je lui envoie, à lui comme à tous les autres, mon amour. 

Enfin, autre rappel d'un passé plus lointain encore, il y a eu Martine, une amie de mes parents à l'époque de la Côte d'Ivoire. Dans son cas, c'est comme si le destin l'avait pointée du doigt et avait décidé qu'elle ne passerait pas 2025. Diagnostiquée d'un cancer foudroyant en septembre, elle est décédée en décembre, à l'âge de 79 ans. Son mari, Jean-Yves, montre un courage admirable. Quelle sagesse, quelle sérénité dans cet homme! Leurs enfants Alexis, Marie-Liesse, Joëlle et François sont de la même génération que mes frères, ma sœur et moi, et nous avons eu une enfance heureuse, et d'excellents souvenirs. Il y a des amis plus proches que d'autres, que l'on considère comme sa propre famille. Ils en font partie.  

Même si c'est un prisme nombriliste, en rassemblant tous les morts avec lesquels nous avons été en relation, il y a moyen de retracer des pans entiers de notre vie. Ces morceaux de vie ne meurent pas avec les défunts, mais sont ravivés au contraire, et nous rappellent à nos souvenirs. 

En général, je préfère regarder vers l'avant plutôt que vers l'arrière. Vivre le moment présent en préparant l'avenir. Mais le regard vers le passé permet aussi de se prémunir du déni. De comprendre et d'accepter. Et d'aimer. Qu'ils reposent en paix. 

mardi 9 décembre 2025

Stratégie nationale de sécurité des Etats-Unis d'Amérique - novembre 2025

Bon, je me suis fadé les 29 pages de la Stratégie Nationale de Sécurité des Etats-Unis d'Amérique, de novembre 2025.
Je ne vais pas tout analyser ici, uniquement ce qui me saute aux yeux.
  
 
Déjà, on peut se demander si le fait même d'afficher en toute transparence la stratégie de sécurité nationale de son pays relève de l'arrogance ou du désespoir. Arrogance parce qu'il sera plus facile aux adversaires ou ennemis des Etats-Unis de contrer leur stratégie, connaissant les différents axes. Désespoir parce que ce type de document peut quelque part être interprété comme un appel à l'aide des USA à ses alliés, pour mettre en place cette stratégie. 
 
Ce qui m'a frappé dans ce document, c'est la non reconnaissance de la position historique de première superpuissance mondiale des Etats-Unis par l'administration Trump. Partant de là, il y a une incapacité de cette même administration à reconnaître que c'est la politique post seconde guerre mondiale, et notamment la politique vis-à-vis de l'Europe, qui a permis aux USA de s'assurer cette place de première superpuissance mondiale. 
 
A aucun moment, l'existence de la CIA ni des services de renseignements n'est mentionnée dans ce document. Or, on sait que l'administration Trump est en désaccord profond avec la CIA.
Le texte va même jusqu'à encourager les USA à ne pas s'occuper du reste du monde, par exemple du continent africain, et de n'avoir une politique que réactive et non préventive envers le terrorisme. 
 
C'est à dire, en gros, de devenir aveugle par rapport à l'étranger, ou en tout cas une bonne partie du monde.
 
Une telle politique est évidemment catastrophique, et ne peut que mener à de futurs 11 septembre 2001 (au fait, c'était un président démocrate qui était à la maison blanche le 11 septembre 2001? Je n'en ai pas l'impression). 
 
Evidemment, il y a toute la politique d'extrême-droite de la maison blanche qui ressort, et la politique anti-Europe dont les médias ont parlé. 
 
Etonnamment, le texte s'enorgueillit du soft power des USA, alors même que Trump est celui qui aura le plus contribué à détruire ce soft power, avec notamment l'abolition de USAID. Cela fait partie de ce que l'on pourrait appeler "les mots creux" du texte. Il y en a beaucoup, et notamment par rapport à l'OTAN. Le texte n'évoque pas le désengagement des USA de l'OTAN, se contentant de réasséner l'objectif de 5% de budget des Etats-membres.
 
Là où l'on perçoit le désengagement des USA vis-à-vis de l'OTAN, et de l'Europe, c'est lorsque le texte se réclame de la doctrine Monroe. Une doctrine condamnant toute intervention européenne dans les affaires « des Amériques » (Nord et Sud), tout comme celle des États-Unis dans les affaires européennes. Le texte parle même de "corollaire Trump", de la même manière qu'il existait le "corollaire Roosevelt" à cette doctrine Monroe. C'est à dire que l'administration Trump ne veut pas se désengager totalement des affaires internationales. Elle ne veut y être impliquée que dans la limite où ça sert ses intérêts et son business. Une attitude, bien sûr, de la plus totale irresponsabilité. 
 
Le document démontre ainsi une totale méconnaissance du mécanisme des guerres en Europe et du rôle stabilisateur des USA, en prônant le nationalisme pour toutes les différentes nations. C'est la porte ouverte à la guerre, ce texte. 
 
La plus grande trahison au monde que commet ce texte reste bien entendu le fait de nier les changements climatiques et les régulations qui s'imposent. L'écologie n'est donc mentionnée qu'en passant, pour la dénigrer, alors que ce devrait être l'un des premiers objectifs du texte. Parce qu'en protégeant la nature et le monde, on protège les USA.
 
En résumé, ce texte, en méconnaissant tout ce qui a fait la grandeur des Etats-Unis, ne peut qu'en accélérer le déclin.