Affichage des articles dont le libellé est dictature. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est dictature. Afficher tous les articles

mardi 9 décembre 2025

Stratégie nationale de sécurité des Etats-Unis d'Amérique - novembre 2025

Bon, je me suis fadé les 29 pages de la Stratégie Nationale de Sécurité des Etats-Unis d'Amérique, de novembre 2025.
Je ne vais pas tout analyser ici, uniquement ce qui me saute aux yeux.
  
 
Déjà, on peut se demander si le fait même d'afficher en toute transparence la stratégie de sécurité nationale de son pays relève de l'arrogance ou du désespoir. Arrogance parce qu'il sera plus facile aux adversaires ou ennemis des Etats-Unis de contrer leur stratégie, connaissant les différents axes. Désespoir parce que ce type de document peut quelque part être interprété comme un appel à l'aide des USA à ses alliés, pour mettre en place cette stratégie. 
 
Ce qui m'a frappé dans ce document, c'est la non reconnaissance de la position historique de première superpuissance mondiale des Etats-Unis par l'administration Trump. Partant de là, il y a une incapacité de cette même administration à reconnaître que c'est la politique post seconde guerre mondiale, et notamment la politique vis-à-vis de l'Europe, qui a permis aux USA de s'assurer cette place de première superpuissance mondiale. 
 
A aucun moment, l'existence de la CIA ni des services de renseignements n'est mentionnée dans ce document. Or, on sait que l'administration Trump est en désaccord profond avec la CIA.
Le texte va même jusqu'à encourager les USA à ne pas s'occuper du reste du monde, par exemple du continent africain, et de n'avoir une politique que réactive et non préventive envers le terrorisme. 
 
C'est à dire, en gros, de devenir aveugle par rapport à l'étranger, ou en tout cas une bonne partie du monde.
 
Une telle politique est évidemment catastrophique, et ne peut que mener à de futurs 11 septembre 2001 (au fait, c'était un président démocrate qui était à la maison blanche le 11 septembre 2001? Je n'en ai pas l'impression). 
 
Evidemment, il y a toute la politique d'extrême-droite de la maison blanche qui ressort, et la politique anti-Europe dont les médias ont parlé. 
 
Etonnamment, le texte s'enorgueillit du soft power des USA, alors même que Trump est celui qui aura le plus contribué à détruire ce soft power, avec notamment l'abolition de USAID. Cela fait partie de ce que l'on pourrait appeler "les mots creux" du texte. Il y en a beaucoup, et notamment par rapport à l'OTAN. Le texte n'évoque pas le désengagement des USA de l'OTAN, se contentant de réasséner l'objectif de 5% de budget des Etats-membres.
 
Là où l'on perçoit le désengagement des USA vis-à-vis de l'OTAN, et de l'Europe, c'est lorsque le texte se réclame de la doctrine Monroe. Une doctrine condamnant toute intervention européenne dans les affaires « des Amériques » (Nord et Sud), tout comme celle des États-Unis dans les affaires européennes. Le texte parle même de "corollaire Trump", de la même manière qu'il existait le "corollaire Roosevelt" à cette doctrine Monroe. C'est à dire que l'administration Trump ne veut pas se désengager totalement des affaires internationales. Elle ne veut y être impliquée que dans la limite où ça sert ses intérêts et son business. Une attitude, bien sûr, de la plus totale irresponsabilité. 
 
Le document démontre ainsi une totale méconnaissance du mécanisme des guerres en Europe et du rôle stabilisateur des USA, en prônant le nationalisme pour toutes les différentes nations. C'est la porte ouverte à la guerre, ce texte. 
 
La plus grande trahison au monde que commet ce texte reste bien entendu le fait de nier les changements climatiques et les régulations qui s'imposent. L'écologie n'est donc mentionnée qu'en passant, pour la dénigrer, alors que ce devrait être l'un des premiers objectifs du texte. Parce qu'en protégeant la nature et le monde, on protège les USA.
 
En résumé, ce texte, en méconnaissant tout ce qui a fait la grandeur des Etats-Unis, ne peut qu'en accélérer le déclin.

jeudi 6 mars 2025

L'Europe doit déclarer la guerre à la Russie

Le désengagement des Etats-Unis en Europe conjugué à la course effrénée aux armements en Russie ne nous laisse pas le choix. Dans les deux prochaines années, en 2026 ou au plus tard en 2027, l'Europe doit déclarer la guerre à la Russie. Dans cette guerre, l'Europe devra être l'agresseur. Les colonnes de blindés européennes devront franchir les frontières de la Russie, les forces aériennes violer l'espace aérien russe. Il ne s'agit pas d'envahir la Russie, bien sûr. Nous devrons juste détruire l'armée de terre, l'armée de l'air et la marine russe. Et surtout, surtout, pulvériser l'appareil militaro-industriel russe. Les moyens? Uniquement conventionnels. Le but de cette opération, que l'on pourrait baptiser Strike and Return? Empêcher la Russie de s'en prendre à ses voisins pour les 20 prochaines années. L'Europe devra agir seule, sans le soutien des Etats-Unis, et se préparer à une riposte nucléaire. L'hypothèse d'un conflit nucléaire n'est en effet pas à écarter, mais nous devons en prendre le risque. Sinon, c'est inéluctable, la Russie va s'attaquer aux pays baltes, et à ses autres voisins proches, voire moins proches, dans les cinq prochaines années.

L'histoire de la Russie comme de l'Europe ne trompent pas. Une course aux armements telle que la met en œuvre la Russie, avec la mise en chantier de 7000 chars d'assaut pour 2030, ne peut signifier que de prochaines guerres menées par la Russie.
L'Europe doit donc attaquer en premier. Profiter de l'affaiblissement actuel de la Russie pour frapper, et frapper fort.
 

A combien de morts faut-il s'attendre ? On ne peut pas savoir, et d'autant moins qu'on ne peut pas prévoir si cette guerre ne va pas basculer dans le nucléaire. Mais en admettant que ce soit uniquement sur le plan conventionnel, les Européens doivent s'attendre à un million de morts dans leurs rangs. Donc oui, il faut se mettre à construire de nouveaux cimetières, et à agrandir ceux qui existent. 

Néanmoins, ce million de morts européens permettra de sauver la vie de nombreux millions d'autres Européens. Elle empêchera une bonne partie de l'Europe de tomber sous le joug d'une nouvelle dictature néo staliniste. Il nous faudra sans doute occuper provisoirement certaines villes stratégiques russes, le temps de s'assurer de la destruction de l'appareil militaro-industriel. 

Nous pourrons en profiter pour exhorter le peuple russe à se débarrasser du FSB et des divers réseaux de renseignement, qui sont le fléau de ce pays. 

Et le régime de Poutine? Ma foi, si l'intégralité de son armée est détruite, je ne sais pas si ce régime tiendra. Si je m'en réfère à la Seconde Guerre Mondiale, les occidentaux n'ont pas eu besoin de s'en prendre à la tête du régime directement, et les tentatives d'assassinat de Hitler se sont toutes soldées par des échecs. 

C'est pourquoi je suis persuadé qu'il faudra en venir à la guerre. Le but de ce billet n'est d'ailleurs pas de chercher à intimider ou à menacer. Ce sont les dictateurs qui pratiquent la menace et le chantage. Les démocraties, elles, se préparent tranquillement et font ce qu'il y a à faire le moment venu. C'est ce qu'on appelle la force tranquille. De la détermination, mais sans gesticulations ni rodomontades.

lundi 20 janvier 2025

Trump, TikTok et Taïwan

L'étonnant épisode de TikTok, l'application que Trump voulait bannir, de nouveau autorisée par le même Trump, suivie de la présence du PDG de TikTok à l'intronisation, le 20 janvier 2025, du nouveau président des Etats-Unis, n'est pas si étonnant si l'on creuse un peu. Si vous vous souvenez, Trump a rarement autant dansé au cours de ses meetings de campagne qu'en 2024. Or, sa popularité a grimpé en flèche sur TikTok, l'application de musique et de danse, contribuant ainsi grandement à sa réélection à la présidence des Etats-Unis. Les algorithmes de TikTok étant gérés au plus haut niveau par le gouvernement de Xi Jinping, le dictateur chinois n'aurait pas accepté de favoriser Trump à ce point s'il n'avait pas passé un accord secret avec lui. Le deal? Que les Etats-Unis ne bougent pas lorsque la marine et l'armée chinoise envahiront Taïwan. 


"Allô Donald? C'est Vladimir. 

- Bonjour Vladimir.

- Bonjour bonjour. J'ai trouvé le moyen de garantir ta réélection. 

- Tu as toute mon attention. 

- Il va juste falloir que tu danses encore beaucoup plus pendant tes meetings. 

- Comment ça?

- Je sors d'une conversation avec Xi. Il accepte de soutenir à fond ta candidature sur TikTok, à une seule condition. Tu devras le laisser s'occuper de Taïwan. Aucune intervention américaine. 

- TikTok, ça vaut le coup? 

- Demande à ton ami Elon. Il te dira. 

[Pause de deux minutes pendant laquelle Trump appelle Elon Musk, qui lui confirme les dires de Vladimir Poutine concernant le potentiel d'audience de TikTok, notamment auprès de la jeunesse américaine.]

- D'accord. Admettons que j'accepte. Et comment je fais passer cet accord auprès de mon opinion publique, moi? 

- C'est simple. L'accord reste secret. Officiellement, tu restes le pire ennemi de la Chine. Tu fais ce que tu fais de mieux. Tu agites tes menaces de taxes contre la Chine. Tu dois être le prestidigitateur qui attire l'attention de la foule et des médias ailleurs. Ça ne peut marcher que comme ça. 

- Ça me paraît jouable. Je vais voir ce que je peux faire."

[Trump raccroche et compose un numéro sur son téléphone. Celui de Xi Jinping.]

Voilà comment les choses ont pu se passer entre Donald Trump et Vladimir Poutine, selon moi. Il est aussi possible que la stratégie TikTok n'ait pas été du fait de Poutine, mais vienne d'Elon Musk. Je ne prétends pas tout connaître. Certains détails peuvent différer dans la vraie vie, par rapport à ce scénario.

Vous allez me dire: pourquoi parler de pacte secret entre Trump et Xi Jinping? Est-ce que tu ne cherches pas juste à faire le buzz, Alan? Les dictateurs s'entendent naturellement entre eux. C'est juste que Xi Jinping déteste la démocratie, et préfère Trump au pouvoir. 

Et là, je répondrais par la négative. L'obsession de Xi Jinping, c'est d'envahir Taïwan. Et l'obsession de Trump, c'était de revenir au pouvoir. Mais Xi Jinping n'aurait pas décidé d'aider activement Trump sans passer d'accord. Pour lui, l'occasion était trop belle d'avoir enfin l'opportunité d'attaquer Taïwan. 

Cela explique la présence du PDG de TikTok pour la cérémonie d'investiture de Trump, alors même que Tiktok va être revendu, au moins à 50%, à une entreprise américaine... qui pourrait bien être le X d'Elon Musk, favorable à la dictature. Eh oui, cela donne le tournis. Mais tout se tient.

Ma prédiction pour le mandat de Trump (dont on ignore la véritable date de fin) est donc la suivante: pendant le cours du mandat, la Chine va attaquer militairement Taïwan. Le régime de Xi Jinping ne supporte pas d'avoir une démocratie à ses portes. Et encore moins une démocratie de Chinois qui parlent Chinois. 

Trump va également s'efforcer de diminuer l'étau de sanctions qui pèsent sur la Russie. En particulier les sanctions contre les entreprises chinoises. Et en particulier dans les six mois qu'il s'est donné pour soi-disant obtenir la paix en Ukraine. En fait, il est fort probable que sous Trump, la Chine sera à même d'aider la Russie dans sa guerre comme jamais auparavant. 

Trump est une putain sans honneur. Oui, vous m'avez bien lu. En 2016, il s'est servi de Facebook pour se faire élire et a vendu l'Amérique à Poutine. En 2024, il s'est servi de TikTok pour se faire élire, et a vendu l'Amérique à Xi Jinping. Quant au parti républicain, dans les deux cas, il a fait le choix conscient de la tyrannie afin de se maintenir au pouvoir. 


jeudi 26 décembre 2024

Quand les méchants emportent le morceau

Trump, Musk et, par ricochet, Poutine et Kim Jung-un, mais aussi, Nétanyahou : 2024 restera dans mon esprit comme l'année où les méchants ont gagné. Dans ces ténèbres de plus en plus épaisses, l'éclat de lumière de la chute du régime le plus terrible au monde, celui de Bashar el Assad, n'en a été que plus aveuglant. Même si Bashar lui-même vit maintenant comme un roi en Russie, ce qui est d'une ironie pour le moins cruelle.

 Dessin : Guy Venables

 
Par égoïsme, par calcul à court terme, mais aussi par haine notamment de l'islam, par détestation du changement dans les mœurs et par anti-wokisme, les occidentaux semblent de plus en plus nombreux à vouloir rejeter les idées de démocratie et de droit de l'homme pour se jeter dans les bras de futurs dictateurs en votant pour eux. Parmi les gens qui votent rassemblement national, on trouve aussi bien le villageois qui n'a pas un seul musulman ni une seule personne issue de l'immigration dans son village, que le musulman, citadin d'une grande ville qui cherche à garder son pré carré et ne veut surtout pas que d'autres personnes de couleur émigrent en France.
Peur, haine, égoïsme s'allient au rejet des valeurs issues de la seconde guerre mondiale pour nous plonger dans un monde de plus en plus violent et poutinien, pourrait-on dire. Les démocraties, déjà moins nombreuses et apparemment plus fragiles que les dictatures dans le monde, rejettent les idées de coopération et d'entente qui les ont menées au progrès économique et à la prospérité pour aller vers quelque chose de beaucoup plus négatif.
A l'image de l'emblématique Bolloré, certaines personnalités à la tête de grands groupes font la promotion d'un nouveau fascisme décomplexé. D'une part, ils espèrent situer le combat sur le terrain politique pour détourner l'attention de leurs propres pratiques économiques déjà dictatoriales, d'autre part, étant dictateurs de leurs propres entreprises, ils se disent que des systèmes autoritaires sont plus efficaces pour s'enrichir de manière immense. L'exemple de Bashar el Assad, là encore, vient à l'esprit, prêt à fabriquer du captagon pour s'enrichir en dehors de toute contrainte et de toute morale.
2025 s'ouvre donc avec des peuples occidentaux qui semblent prêts à se rallier à l'exemple suprémaciste de Trump. Quelles que soient apparemment les exactions de Trump, comme l'idée de faire main basse sur le Canada. Mais Trump n'étant que le pion de Poutine, on sait dans ce cas quelle personne diffuse les idées qui semblent à présent prévalentes dans le monde. Réseaux sociaux et mensonges jouent bien sûr un rôle essentiel là-dedans, à l'image du X de Musk.
La guerre en Ukraine, en 2025, va rester le pivot qui fera pencher le monde dans un sens ou dans l'autre. Saurons-nous garder un soupçon de dignité humaine en continuant à soutenir l'Ukraine, ou bien l'égoïsme va-t-il encore l'emporter en 2025 ? La question va se poser avec de plus en plus de force.