Affichage des articles dont le libellé est publicité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est publicité. Afficher tous les articles

mercredi 4 février 2026

Artistes, auteurs et réseaux sociaux : visibilité ou invisibilité?

L'avènement d'Internet, puis des réseaux sociaux, semblait promettre aux artistes, parmi lesquels les auteurs, une visibilité quasi universelle, synonyme d'exposition pour nos œuvres, et bien sûr de rentrées financières importantes. Ou en tout cas suffisantes pour vivre de notre art. Et puis il y a eu la montée en puissance de Facebook, laquelle nous a confronté à la réalité. Facebook, c'est 3 milliards d'utilisateurs actifs par mois en 2024. On pourrait donc penser que la portée de nos publications y est exponentielle. En réalité, c'est allé dans l'autre sens: Facebook nous a invisibilisés. Dans mon précédent article de blog, je parlais d'un statut "viral" parce qu'il avait dépassé les 270 réactions, et qu'il devait donc avoir été vu par entre 3000 et 4000 personnes. Mais j'avais 3900 personnes qui étaient censées me suivre à l'époque où j'étais sur Facebook (mon compte y étant toujours suspendu)! Et le pire dans tout ça, c'est que si je parlais de "viralité", c'était en comparaison avec mes posts habituels, qui provoquaient dix fois moins de réactions, et touchaient de dix à cent fois moins de personnes! Alors, oui, il y a eu une forme d'insensibilisation des gens sur internet. De manque de réactivité. D'apathie. Néanmoins, on peut penser qu'une bonne part du problème actuel vient de la situation de quasi monopole de Facebook. Si Facebook était divisé en plusieurs entités qui se feraient concurrence pour offrir aux artistes la meilleure visibilité possible, il est évident que nous toucherions beaucoup plus de monde de manière organique, sans avoir à monétiser les choses. Malheureusement, l'administration Trump 2025 est celle qui ne lance aucun procès antitrust. Ce procès, dans le cas de Facebook, devrait déjà avoir eu lieu depuis un bon moment. 

Depuis août dernier et le décès de ma belle-mère, je me suis mis à utiliser beaucoup plus le site Leboncoin pour revendre la montagne de bricoles que celle-ci nous a légué. Avec, à la clé, un gain de près de 1400 €. 

J'ai le sentiment, depuis que je suis quelque peu monté en puissance sur ce site, de toucher bien plus de monde avec mes annonces que je ne touchais de monde sur Facebook. Ce qui signifie bien sûr une chose : il n'est pas nécessaire d'avoir un réseau connecté à plusieurs milliards de personnes pour toucher du monde. Quelques millions suffisent. Plus précisément, en 2024, Leboncoin a touché 28 millions d'utilisateurs uniques par mois. 

J'adore Leboncoin, parce que c'est de l'organique qui fonctionne. Les fonctions payantes ne se font pas, à ma connaissance, et jusqu'à nouvel ordre, au détriment de l'organique. Ce qui n'est bien sûr pas le cas de Facebook. 

Alors non, je n'utilise pas Leboncoin pour vendre mes livres, puisqu'il s'agit de seconde main, et que les livres que je vends en temps normal sont neufs. On peut trouver certains de mes romans sur Leboncoin, mais ce n'est pas moi qui les vend. Et je ne suis pas vendeur pro sur Leboncoin. Uniquement particulier.

Comme Facebook, Leboncoin fait de la vérification d'identité. Mais comme j'y utilise mon nom d'état civil et non mon nom de plume, je n'ai pas été expulsé du site. 

Réfléchissez, d'ailleurs, à l'absurdité de la suspension de mon compte sur le réseau social de Zuckerberg: toutes proportions gardées, c'est comme si Johnny Halliday avait, de son vivant, eu son compte Facebook suspendu parce qu'il employait un nom d'artiste. Alors qu'à ses débuts, Facebook était le concurrent de sites comme Myspace!

Cela dit, Johnny Halliday était rarement un artiste engagé, contrairement à votre serviteur. 

Lui ne dénonçait pas, en tout cas, les big techs en situation de monopole, et qui invisibilisent les gens qui ont le plus besoin de visibilité pour vivre, à savoir les artistes et auteurs. 

Car plus le nom d'Alan Spade, et son association en tant qu'auteur de Fantasy, de Thrillers et de SF se répand, plus il y a de chances que quelqu'un fasse une recherche sur ce nom sur Amazon, et y déniche mes livres en version papier, ebook ou audio. Ou sur Kobo, ou Apple, pour les ebooks. 

Et vous savez quoi?  Ce que j'ai dit au sujet de Facebook s'applique dans une large mesure à Amazon également. Si Amazon était scindé en plusieurs se faisant concurrence, il y aurait plus de chances que l'un d'eux rende les recherches organiques (et non monnayées) sur le site plus payantes, ce qui bénéficierait bien sûr aux auteurs.

Cette administration Trump ne permettra pas cela, car elle a été élue grâce aux Big Techs. C'est pourquoi le changement d'administration pour un gouvernement démocrate peut avoir un véritable impact pour nous autres auteurs. A condition bien sûr que la prochaine administration lance ces fameux procès antitrusts, qui permettront un renforcement de la classe moyenne et non plus des milliardaires.   

dimanche 19 juin 2022

« Pourquoi vous n'êtes pas très connu ? »

Lorsqu'un libraire me demande « Pourquoi vous n'êtes pas très connu ? », ma réaction dans mon for intérieur est celle-ci : 😅😅😅😓😓. Parce que ce genre de question, bien sûr, va tout de suite me confronter à mes limites, et à celles de l'exercice de ma profession. C'est une question qui dépend bien sûr de ce que l'on met derrière l'expression "très connu", mais qui garde malgré tout, dans sa naïveté, une certaine légitimité.

« Vous êtes l'un des auteurs qui vendent le plus ici, et de très loin. Très peu vendent autant. Pourquoi vous n'êtes pas très connu ? » C'est à peu près en ces termes que l'un des employés du rayon librairie du centre commercial Auchan à Soisy m'a posé la question qui m'a fait suer intérieurement.

Je lui ai aussitôt répondu, bien sûr, par rapport à l'absence de mes romans en rayons, le manque d'exposition lié au fait que je refuse la politique de retours des libraires, c'est à dire de devoir rembourser des livres, au bout de plusieurs mois, qui n'auraient pas été vendus. Je lui ai aussi parlé de mon carnet d'adresse proche du zéro absolu, qui ne me permet pas de passer par exemple à La Grande librairie, l'émission télé. De mes tentatives de pub payantes sur Facebook et Amazon, qui n'ont rien donné. De la traduction en anglais de la trilogie Ardalia, en Fantasy, et des Nouveaux Gardiens, en Thriller, suivis de publicités payantes dans des newsletters à plusieurs centaines de milliers d'abonnés US, qui n'ont rien donné non plus. Du fait que j'étais plutôt doué pour vendre mes bouquins en live, mais pas du tout pour le marketing sur internet. 

J'aurais aussi pu lui répondre que j'étais juste un borgne parmi des aveugles. J'aurais pu lui dire que mon record de vente sur une journée était de 42 livres, alors que Brandon Sanderson a physiquement dédicacé 1000 livres papier en une seule journée (cycle de la Roue du Temps dont il a écrit les derniers opus).

J'aurais pu lui dire, aussi, que Brandon Sanderson, qui a vendu des millions de livres, est inconnu du grand public, qu'il n'est connu que des amateurs de Fantasy, qui peuvent retrouver ses romans dans les rayons appropriés. Lui faire comprendre que le terme "très connu" est vraiment très subjectif, et que même JK Rowling est toujours l'inconnue de quelqu'un d'autre.

J'aurais pu lui parler de quelque chose de plus intime, de ma méfiance par rapport à la célébrité et tous ses pièges, qui transparaît dans mon article Mortelle célébrité. 

Mais si je savais que sa question avait malgré tout une légitimité, si je savais pourquoi elle me mettait mal à l'aise, c'est qu'en mon for intérieur, d'une certaine manière, je pense en connaître la réponse. C'est que pour moi, un best-seller qui se vend à plus d'une centaine de milliers d'exemplaires est une anomalie. Et que mes romans ne sont pas des anomalies, ce sont des livres "normaux". 

Un roman qui suscite une réaction d'accroche immédiate et un bouche à oreille très important, ce qui signifie que des lecteurs sont prêts à dépenser leur énergie pour le faire connaître, un roman qui créé un effet boule de neige, d'augmentation exponentielle des ventes, ce roman-là, et je suis désolé pour tous les lecteurs qui ont lu et apprécié mes livres, je ne l'ai pas écrit, tout simplement. Pas encore écrit? Peut-être. Je n'en sais rien, à vrai dire. C'est quelque chose qui ne dépend de moi qu'en partie. 

A une seule occasion, il m'est arrivé de ressentir cette anomalie qui peut être le signe d'un best-seller. C'était pour ma nouvelle gratuite Les Explorateurs. En décembre 2014, cette nouvelle s'est retrouvée n°1 au classement des téléchargements d'ebooks gratuits d'Amazon. Un peu plus de 600 exemplaires ont été téléchargés sur le mois de décembre 2014. Et je n'avais rien fait pour cela. Quelqu'un a juste parlé de cette nouvelle sur un site. 

La nouvelle Les Explorateurs est d'ailleurs la plus téléchargée de mon catalogue: 16700 téléchargements chez Apple, 4400 chez Amazon. Mais c'est du gratuit. Et pour les Explorateurs, j'avais fait l'effort d'inciter des proches à noter le livre sur Apple, parce qu'à partir de 10 notes, la nouvelle se retrouve davantage montrée aux lecteurs de l'application iBooks. Donc sur Apple, j'avais une sorte de levier pour le faire connaître. Je trouvais pénible de faire cet effort envers mes proches pour les autres livres, donc je ne l'ai pas reproduit, même si j'incite toujours mes lecteurs à mettre des notes et commentaires sur mes livres. 

De nos jours, il faut le savoir, le simple fait de mettre des étoiles à propos d'un livre sur un site de vente ou une application demande un effort gigantesque aux lecteurs. En tout cas à la plupart des lecteurs, pas à vous, bien sûr, cher lecteur, qui avez lu, noté, et même commenté au moins l'un de mes livres.

Donc, voilà, tout ça pour dire que je suis un auteur normal qui vend des livres normaux.  


mardi 20 février 2018

Mon ebook sur Kindle Unlimited sans exclu !

Après avoir intitulé cet article "Discriminé par Amazon", j'ai décidé de le modifier à la suite de l'inclusion de l'ebook dont il était question, la Trilogie Ardalia, au sein du service Kindle Unlimited. Cette intégration a finalement pu être possible grâce à Librinova et Amazon France, mais ne concerne, pour tous les auteurs qui y ont recours, que Kindle Unlimited France et Royaume Uni.

Le service Kindle Unlimited, qui permet au lecteur de télécharger, pour 9,99€ par mois, dix ebooks que l'on peut renouveler autant qu'on le souhaite, est pour moi ce qui se rapproche le plus, dans le privé, d'une bibliothèque d'ebooks. 

Cela permet de toucher des lecteurs voraces et qui ne veulent pas se ruiner, qu'on ne toucherait pas autrement. 

Ayant fait, sur l'un de mes ebooks anglais, l'expérience de la rémunération Kindle Unlimited, je peux attester que celle-ci reste intéressante. Infiniment plus, par exemple que ce que fait Deezer au niveau musical, pour ne pas même parler de Youtube (qui devrait être renommé Radin.com). 

La condition d'exclusivité restait quelque chose qui m'empêchait d'opter pour KDP Select. Jusqu'au jour où j'ai appris que Librinova préparait, avec 50 auteurs tests, une formule permettant de bénéficier d'une version de Kindle Unlimited quelque peu différente de celle que connaissent les auteurs autoédités. 

Une version, en gros, destinée aux éditeurs et à des prestataires comme Librinova. 

Librinova n'est pas un éditeur. Librinova est une entreprise d'aide à l'autoédition, qui peut se transformer en agent si vous vendez plus de 1000 livres. L'auteur qui y a recours garde tous ses droits. En dessous de 1000 livres, il faut s'acquitter du prix initial du pack, 75€ par an si votre ebook fait plus de 45 000 mots, 50€ s'il fait moins de 45 000 mots. On touche alors 100% du prix de vente des revendeurs en ligne, après déduction de leur marge, c'est à dire autant qu'un auteur autoédité. 

Si on vend plus de 1000 livres (emprunts KU non compris), Librinova se transforme en agent, et nous prend 15% sur les ventes. Il n'y a alors plus besoin de renouveler le paiement annuel des packs, et on peut publier avec Librinova de nouveaux romans sans "tarif d'entrée" autre que les 15%. 


Evidemment, ce prix d'entrée de 75 € par an au minimum était quelque peu rédhibitoire. Néanmoins, la perspective de contourner les conditions d'exclusivité d'Amazon, et ce en parfait accord avec la plate-forme, était pour moi assez séduisante. 

Je savais aussi que des auteurs passés par Librinova avaient pu bénéficier de la fameuse offre éclair d'Amazon, celle que la plate-forme réserve d'habitude aux utilisateurs de KDP Select et à des auteurs triés sur le volet.  

Bref, j'ai décidé d'utiliser ce service très tôt, en devenant le 51ème auteur test, en quelque sorte. 

Dès le 11 décembre 2017, Librinova a demandé l'intégration de l'ebook que j'avais choisi pour ce test, La Trilogie Ardalia, à Kindle Unlimited.

La formule de Librinova permet d'être distribué sur plus de 200 libraires en ligne, mais je savais que même des auteurs Librinova à succès, c'est à dire ayant vendu plus de 25000 ebooks, vendaient très peu en dehors des trois ou quatre plus grosses plates-formes, et je n'attendais vraiment pas grand-chose des autres librairies en ligne.

Je misais tout sur Kindle Unlimited, et d'autant plus que Librinova avait fait preuve de souplesse, en me permettant de continuer à distribuer moi-même sur Kobo, la Fnac, Apple et Google Play. 

Cette intégration a mis plus de trois mois à se faire, puisqu'elle a été effective le 26 février 2018 seulement. Cela a entraîné la parution initiale de cet article sous le titre "Discriminé par Amazon". En effet, j'avais lancé une campagne de promo en décembre, et l'absence sur la plate-forme d'emprunt m'a été préjudiciable, ainsi qu'au roman. 

Mes ventes, comme je l'avais prévu, se sont faites en très large majorité sur Amazon et non sur les 200 autres libraires en ligne (mais j'avais gardé la main sur la distribution Kobo/Fnac, Apple et Google Play). Elles n'ont jamais pu décoller, l'absence d'intégration à KU étant un handicap majeur pour ce qui concerne la plate-forme Amazon.

On va dire que le système était encore en rôdage. Si vous souhaitez souscrire à l'offre que Librinova a rendue officielle, et ouverte à tous, il y a peu, sachez que l'intégration se fait de manière manuelle chez Amazon. Il suffit d'en faire la demande par email à Librinova après avoir acquis l'un des packs.

Examinons maintenant les particularités, avantages et défauts du pack à 75€ de Librinova, avec intégration Kindle Unlimited.  

Tout d'abord, ce service n'est valable que pour les emprunts de votre ebook en France et au Royaume Uni. Le Kindle Unlimited US n'est pour l'instant pas proposé par Amazon à Librinova. Si vous êtes auteur anglo-saxon, ce service n'est donc vraisemblablement pas pour vous. 

Si vous êtes fan des relevés de vente quotidien, il vous faudra faire une croix dessus, sauf à opter pour le pack Liberté à 120€ par an, lequel ne vous donnera ces relevés de vente que pendant 6 mois. 

Concernant les fameuses "pages lues Kindle Unlimited", vous ne pourrez pas les repérer dans vos relevés de vente, parce que ça ne fonctionne pas ainsi. Votre ebook se retrouve bien sur KU, et vous bénéficiez du boost sur le classement à chaque fois qu'il est empruné, mais, comme le précise cet article de Librinova, "Un emprunt sur Kindle Unlimited est rémunéré 30% du PPHT dès que l’emprunteur a lu plus de 20% du livre." 

C'est à dire que c'est l'ancienne formule de Kindle Unlimited qui fonctionne: vous êtes rémunéré le même prix quel que soit le nombre de pages de votre ouvrage, ce qui favoriserait la publication de livres courts... si vous ne deviez payer un nouveau pack à Librinova pour chacun de vos ouvrages, chaque année. 

Si vous en vendez plus de 1000, en revanche, vous pourrez en publier autant que vous le souhaiterez sans ce coût d'entrée des packs, mais avec le prélèvement de 15% sur les ventes. 

Je pense que, si l'on ne tient pas compte du prix des packs, les gains KU pour l'auteur sont à peu près équivalents à ceux qu'un auteur autoédité KDP Select obtient, mais cela reste à confirmer. 

Une chose qui joue en faveur de Librinova est la souplesse et la réactivité de cet acteur, qui vous permet de garder la main sur les plates-formes de votre choix (il suffit de l'indiquer par email). 

Un autre avantage, pour les auteurs ne voulant pas s'embêter à publier sur de nombreuses plates-formes, est que tout est pris en charge et se fait rapidement: c'est comme si vous ne publiiez que sur une seule plate-forme. 

L'argument de la simplicité pour choisir KDP Select est en effet souvent utilisé. Avec Librinova, les choses sont tout aussi simples. 

Il y a aussi des défauts: avec le pack à 75€, vous n'avez droit qu'à un relevé de ventes tous les 6 mois, et vous n'êtes rémunéré que tous les 6 mois. Vous ne pouvez pas non plus, en principe, changer le prix de votre ebook en cours de route -- même si j'ai constaté une certaine souplesse de Librinova à ce sujet. 

L'une des contraintes que j'ai trouvé particulièrement ennuyeuses, c'est le nombre de caractères très limité pour la description Amazon. On ne peut pas jouer non plus sur l'interlignage et la présentation en gras, ni bénéficier de cette excellent outil en ligne pour la description de son livre.  

Bref, la description est extrêmement basique. Comparez l'ebook Le Souffle d'Aoles, que j'ai autoédité sur Amazon à celui de la Trilogie Ardalia édité par Librinova pour vous en convaincre. 

Par ailleurs, il me semble que l'on peut rentrer moins de mots-clés par rapport au roman qu'en publiant directement via KDP. 

Autre contrainte, vous devez envoyer votre manuscrit word ou open office, et c'est Librinova qui se charge de la transformation en ebook. Le travail est certes bien fait, mais ne vous permet pas de peaufiner l'ebook de manière professionnelle, comme le permet gratuitement le site Draft2Digital. 

Si vous vous demandez ce que je veux dire, n'hésitez pas à télécharger un extrait de mon dernier roman, Passager clandestin. 

Il faut donc abandonner énormément de contrôle. 

J'espère que mon article permettra à Librinova de remédier à ces défauts. Je pense en effet que leur formule, à condition d'être utilisée pour un ebook que l'on est sûr de pouvoir promouvoir, ne serait-ce qu'auprès d'une mailing list suffisamment importante, est rentabilisable. 

Cela comporte un risque, bien sûr. Mais en passant par Librinova, si vous avez une liste de lecteurs suffisamment nombreuse, des lecteurs lisant à la fois sur Kobo, Apple et Kindle, ou même ailleurs, vous êtes sûrs de pouvoir tous les contenter, tout en bénéficiant de l'aide non négligeable de Kindle Unlimited pour la montée en classement de l'ebook sur Amazon. C'est extrêmement appréciable et professionnel. 

Si vous avez une assise de lecteurs suffisante, cela vaut la peine d'essayer, avec par exemple juste un ebook pour commencer. 

Vous vous demandez peut-être pourquoi Amazon permet en toute légalité le contournement des règles d'exclusivité de KU. Je dirais que le fait qu'il faille payer un acteur privé pour bénéficier de ce contournement valorise d'autant leur service. 

Comme je le disais dans mes précédents articles, il faut néanmoins être prudent avec Kindle Unlimited, car le prix de l'emprunt (ou de la page lue, selon les cas) varie d'un mois sur l'autre puisqu'il dépend d'une sorte de pot commun qu'Amazon réactualise chaque mois. 

Même avec une super base de lecteurs pour vous aider à revenir sur le prix annuel du pack Librinova, il viendra peut-être un jour où cet article ne sera plus pertinent, c'est à dire que la rémunération KU sera trop faible pour vous permettre d'engranger des bénéfices intéressants sur une année. 

Pour l'instant, il y a moyen de limiter les risques pour un auteur expérimenté. 

[EDIT 06/03/2018] L'avis d'une romancière auto-publiée depuis plusieurs années avec l'aide de Librinova, sur le blog Vivre de ses Romans.

dimanche 28 mai 2017

Pubs Facebook: attention aux "j'aime" frauduleux !

Facebook est malade de ses faux profils, supprimés chaque année par centaines de milliers par l'équipe de Mark Zuckerberg. Le dévoiement, ou détournement des profils n'est d'ailleurs pas propre à Facebook: c'est juste qu'il semble monter en puissance avec la popularité d'un réseau social. Les détournements et arnaques sont de nature diverses, et peuvent provenir aussi bien d'individus malintentionnés, de bots (robots) que de "clicks farms", les fameuses "fermes à clic". Le problème pour les auteurs est que ces détournements touchent le nerf de la guerre, les publicités Facebook, qui risquent de devenir de moins en moins pertinentes. 

Ce dimanche 28 mai est la Fête des Mères. A cette occasion, et depuis mardi dernier, j'ai baissé le prix de chacun de mes ebooks, Le Souffle d'Aoles, Eau Turquoise et Les Flammes de l'Immolé, à 0,99€ chacun. 

Pour en avertir les utilisateurs de Facebook, j'ai choisi de propulser un article élogieux portant sur Les Flammes de l'Immolé, celui du blog Des livres, des fils et un peu de farine...

Il m'en a coûté 45€ pour booster cet article, somme que j'ai définie moi-même, avec la possibilité d'interrompre cette publicité Facebook, et donc le versement d'argent, à tout moment.

Voici le lien vers la publicité en question. 

Très rapidement j'ai obtenu des "j'aime", mais tout aussi rapidement, je me suis interrogé sur la provenance d'une bonne part de ces appréciations. 

Si je vendais sur une base régulière mes ebooks en Afghanistan, aux Comorres ou en Turquie, je n'aurais pas été surpris d'avoir des utilisateurs de Facebook en provenance de ces pays cliquant sur "j'aime". 

Malheureusement, ce n'est pas le cas. 

Je vous invite à cliquer sur le lien des "j'aime" de cette publicité, et à examiner les profils en question. 

De la même manière, si vous êtes auteur et faites de la pub en utilisant Facebook, je vous recommande fortement de cliquer sur les appréciations de chacune de vos pubs pour en vérifier la fiabilité. 

Sur les 69 "j'aime" de ma pub, je dirais qu'au moins 45 sont de provenance douteuse ou très douteuse. Une très grande majorité hélas!

Ce n'est pas le cas de toutes les pubs ou articles sponsorisés que l'on trouve sur Facebook, cela dit. Certains ne souffrent pas de ce problème, c'est pourquoi je recommande d'agir au cas par cas plutôt que de manière systématique.

L'auteur autoédité Mark Dawson, que j'ai interrogé à ce sujet, et qui possède une mailing list de plus de 65 000 personnes, m'a confirmé qu'il tirait toujours la plupart de ses revenus de pubs Facebook, qu'il s'agisse d'accroître sa newsletter ou de faire des ventes directes.


Pour plus de transparence, voici quel était le "ciblage" de ma pub Facebook: 

- Pays: France et Wallonie
- Audience: hommes et femmes entre 16 et 44 ans
- Centres d'intérêts : Heroic Fantasy, les auteurs Robert Jordan, Frank Herbert, David Gemmell, Terry Goodkind, Robin Hobb, Fiona McIntosh, Brandon Sanderson, Ursula K. Le Guin, Jack Vance, Morgan Rice, Rick Riordan, plus le roman Les Enfants de la Terre et le personnage de Percy Jackson

Cette audience représentait plus de 1,5 millions de personnes. La publicité a démarré le mardi. En supprimant Heroic Fantasy et Percy Jackson après une journée, dès le mercredi, j'ai réduit l'audience à 30 000 personnes. J'espérais ainsi éviter les clicks farms.

Malgré cela, l'hémorragie des fausses appréciations, vraisemblablement en provenance de "fermes à clics" s'est poursuivie durant toute la durée de la pub, que j'ai interrompue le vendredi soir. 
 
L'explication de ce problème se trouve sans doute dans cette vidéo de langue anglaise de 2014 intitulée Facebook Fraud: 


Pour résumer, les employés des fameuses Clicks Farms, afin de légitimer leurs appréciations, de faire en sorte qu'elles soient validées par Facebook, vont cliquer sur les "j'aime" ou "j'adore" des publicités de manière aléatoire, et parviennent à localiser leurs profils dans les pays ciblés par ces publicités. 

En gros, ce n'est pas parce que vous ne ciblez pas l'Afghanistan, que vous n'aurez pas un Afghan dont il est écrit sur le profil qu'il vit à Paris qui va vous aimer votre pub. 

Comme le précise la vidéo ci-dessus, ces appréciations sont en fait très néfastes par rapport à votre pub, parce que nuisant à l'effet boule de neige, Facebook ayant mis en place des contre-mesures pour réduire la popularité en cas de doute sur la provenance des clics.

En plus, n'importe qui cliquant sur les appréciations se demandera si vous n'avez pas vous-même fait appel à une "ferme à clics". 

Inutile de dire que j'ai eu très peu de ventes à la suite de cette pub: moins d'une dizaine. 

Il fut un temps où je parlais d'une promo réussie en raison de deux facteurs, l'aide de la plate-forme de vente et les pubs Facebook.

Les choses ont bien changé.

Il s'avère qu'il va devenir de plus en plus difficile de s'appuyer sur les pubs Facebook pour faire connaître ses romans.    

mercredi 10 février 2016

EbookGang, un nouveau site pour les lecteurs - et pour les auteurs

Pour les lecteurs en quête de nouveauté, trouver un ebook correspondant à leurs goûts et à leur liseuse, smartphone ou tablette sans se ruiner relève souvent du défi. Comment donc faire connaître aux lecteurs des ebooks de qualité en promotion, tout en permettant aux auteurs, traditionnellement édités ou indépendants, d’exposer leurs œuvres à la lumière? EbookGang fait partie de ces nouveaux sites visant à procurer des lectures satisfaisantes dans le maquis Internet. Bref, à relier enfin l’offre des auteurs à la demande des lecteurs. J’ai eu la chance de pouvoir m’entretenir avec l’auteur Cyril Godefroy, son créateur.

Alan : Bonjour, Cyril, et merci d’avoir accepté de répondre à mes questions.

Cyril : C’est moi qui te remercie Alan, j’ai plutôt l’habitude que ça se passe dans l’autre sens, que ce soit moi qui pose les questions. Mais comme j’aime bien m’entendre parler, ou écrire, je pense que ça va bien se passer…

Alan : Pourquoi ce nom d’EbookGang? Ça a un côté frondeur, non?

Cyril : Un peu, mais c’est aussi que c’est très difficile de trouver un nom avec ebook à l’intérieur. Pour le côté frondeur, il y a du vrai, dans le sens où j’essaie (pour le moment, je suis seul) de trouver le maximum de promotions et d’opportunités d’avoir des ebooks sans rester dans les silos habituels des distributeurs.

iBooks va avoir sa page de promotions sur un thème, Kobo va aussi faire des opérations commerciales, avec un email ou pas, quant à Amazon, entre les offres éclair, les offres du mois etc, ils mettent le paquet.


Mais pour savoir quel livre est disponible moins cher en ce moment et le trouver sur toutes les plateformes, c’est plus difficile. Donc ebookgang cherche à aller au delà de ces silos, de briser les barrières.

Par ailleurs, si tu n’es pas dans les offres de promotion des distributeurs, tu n’existes pas : je veux dire que ta promotion n’a pas de visibilité. Une autrice me disait l’autre jour en regardant le site : oui, mais ce livre il est en promo mais on ne voit pas le prix barré. Pourtant le livre est bien en promo, je le sais car le prix habituel n’est pas 0,99 €.

La fronde est de proposer des promotions en dehors des circuits habituels de promotion des distributeurs de livres numériques.

Alan : Quel était ton objectif en créant ce site?

Cyril : J’en ai deux concomitants. Deux objectifs qui se tiennent la main.

  1. Fournir aux lecteurs l’opportunité de découvrir de nouveaux livres moins chers et ciblés sur leurs préférences.
    Quel est l’intérêt de recevoir des offres de réduction sur les romans, si ce qui t’intéresse ce sont les livres de recettes et de cuisine ? Quel est l’intérêt d’avoir des offres de romans policiers si tu es fan de fantastique ?

  1. Trouver des débouchés pour que les auteurs et les éditeurs puissent mettre en avant leurs livres sans se ruiner et avec un véritable retour sur investissement en termes de nombre de lecteurs.

En effet je regarde le panel d’offres, et à part casser sa tirelire pour s’offrir des affichages en relais H, faire des publicités sur Facebook et spammer les groupes facebook et son entourage, quand on est auteur, on a peu de moyens de promotion.

Alors évidemment, il y a d’autres axes que le prix pour faire des recommandations de livres, mais au bout d’un moment, cela reste un de ceux qui sont les plus efficaces.

Alan : Est-ce que tu t’es inspiré d’autres sites, et si oui, lesquels?

Cyril : Je peux te citer au moins cinq sites équivalents dans le monde anglo-saxon : Freebooksy, Fussy Librarian, Bookbub bien sûr, Book Gorilla, Book Sends, eReader news today et même eReaderIQ. Comme quoi, c’est un créneau qui mérite d’avoir de la diversité. J’ai mis en balance différents modèles, par exemple celui d’eReaderIQ contre Bookbub, Bookbub contre Fussy Librarian, et Bookbub est toujours ressorti comme vainqueur.

Je suis moi même abonné à Bookbub depuis 1 an et demi et j’ai profité de plusieurs offres qu’ils relayaient. 

Pourquoi est-il ressorti comme vainqueur ? Parce qu’ils arrivent à faire une sélection des livres, et proposer des ebooks dont on sait qu’ils vont plaire (forcément pas à tout le monde, et c’est tant mieux).

Ce n’est pas forcément le modèle le plus adapté au marché français actuel, car la gestion des promotions par les éditeurs et les auteurs n’est pas encore rentrée dans la stratégie, ou mal, et que beaucoup d’auteurs ont avant tout besoin de trouver leurs premiers lecteurs.

J’espère que d’autres services se développeront pour compléter ce que je fais avec eBookgang et permettront à tous les lecteurs et tous les auteurs de rentrer en contact les uns avec les autres, en fonction des affinités, des besoins. Je connais les fondateurs d’Hibooks Club par exemple.

Il y a forcément un peu de gêne entre nous, mais je pense qu’il faut la dépasser car nous sommes complémentaires d’une certaine façon.

Il y a combien de livres chez les distributeurs, combien qui mériteraient une mise en avant, par exemple en utilisant le ressort du prix ? Franchement, même s’il y avait 4 services distincts en France, on ne se sentirait pas à l’étroit.


Alan : Quels sont les genres que les lecteurs peuvent choisir?

Cyril : Aujourd’hui, j’ai fait une sélection assez large, peut être même un peu trop large. Et j’ai déjà commencé à rentrer dans les sous-catégories. C’est un pari, car je n’arrive pas à remplir toutes les catégories (même si ce n’est pas le but essentiel, ce serait bien). Par exemple, je parlais de cuisine et recettes, c’est une catégorie que j’ai mais je n’ai aucune promotion à mettre en avant.

Sur le choix des catégories il est arbitraire, et assez proche des choix de premier niveau des distributeurs de livres numériques. Et j’en ai pas mal : 23.

Dès que j’aurai des lecteurs et des éditeurs ou auteurs qui seront assez nombreux à demander une nouvelle catégorie ou sous-catégorie, je la rajouterai. Par exemple Romance peut ensuite être décliné en romance érotique, chick-lit, romance contemporaine. Policier, c’est un peu plat, non ? Si tu arrives avec Miss Maple, tu dois vraiment aller dans « policier » ?

Alan : En s’inscrivant, les lecteurs reçoivent-ils des ebooks en promo tous les jours dans leur boîte mail? Selon les genres qu’ils ont choisis?

Cyril : Ils reçoivent l’email qui met en avant des réductions s’il y a une réduction qui correspond aux genres qu’ils ont choisi. Donc, pour reprendre l’exemple cuisine et recette, je vais pas t’embêter si c’est ça qui t’intéresse. Moi, je reçois l’email tous les jours car j’ai choisi tous les genres. Mais quelqu’un de « normal » ne va pas forcément le recevoir tous les jours.

A terme, cela peut devenir vraiment quotidien, si cela correspond aux attentes des lecteurs et que les éditeurs et les auteurs y trouvent leur compte, avec plus de ventes, plus de lecteurs, des lecteurs qui lisent plus d’ebooks.

Je dois aussi faire fonctionner le mail hebdomadaire et mensuel, mais c’est plus difficile car les promotions sont rarement étalées sur d’aussi longues périodes. Je suis encore en phase de béta, de tests.

Alan : Le site est ouvertement multi plate-formes, puisque les lecteurs qui s’y inscrivent peuvent choisir parmi trois revendeurs, Amazon, iBooks (Apple) et Kobo (les choix multiples sont possibles). Pourquoi ces trois-là?

Cyril : Ce sont les trois seuls qui offrent aujourd’hui des programmes d’affiliation faciles à mettre en place, et me permettent de financer un peu des coûts du service. J’ai gagné 0,86 € en une semaine, je crois que ça fait la moitié du coût du serveur.

Blague à part, le principe est «les meilleurs ebooks aux meilleurs prix» pour tous les lecteurs d’ebooks. Si je peux intégrer d’autres boutiques et que l’effort rencontre du succès, c’est à dire que les lecteurs se dirigent vers cette plateforme, même si je n’ai pas de programme d’affiliation, et que je ne gagne pas 0,05 € quand un lecteur achète chez eux, je le ferai.

Mais ces trois là représentent 90% au moins du marché des livres numériques. Ce sont les trois qui sont les plus accessibles aux autoédités, et même si je n’ai rien contre les éditeurs (ce serait dommage, j’en suis un moi-même), je vais essayer de favoriser les autoédités. D’ailleurs, j’ai le front de croire que ce seront les autoédités qui pourront le plus bénéficier des promotions et des gratuités, donc que c’est eux qui vont appuyer le service.

Je signale aussi que sur les livres gratuits, évidemment, je ne gagne pas de commissions d’affilié.

Alan : Que réponds-tu à ceux qui estiment que ces sites ont recours à des formats propriétaires?

Cyril : Silo : c’est un mot que j’ai utilisé. Avant, dans la téléphonie mobile et sur les premiers portails internet, on parlait de « walled garden », de jardin muré. L’idée est d’avoir un utilisateur et de le garder chez soi. De lui rendre plus facile certes l’achat et l’utilisation des livres numériques, mais aussi de faire en sorte qu’il n’aille pas voir ailleurs.

Je ne vais pas revenir sur le débat sur les fichiers verrouillés par des systèmes de DRM, gestion des droits numériques. Pour moi c’est un verrouillage qui va à l’encontre des utilisateurs, et qui pose plus de soucis qu’il n’en résout.

Le problème à mon sens c’est qu’aujourd’hui le lecteur ne sait pas ce qu’il achète. S’il achète un livre qu’il pourra utiliser de manière étendue, passer à ses enfants ou à son conjoint, un livre qui survivra à la mort de son distributeur, à l’avancée de la technologie. Kindle le dit de manière pas très claire, et je crois que c’est le seul. [Note d’Alan: Kobobooks indique en fait les ebooks avec ou sans DRM, cela figure dans le pavé « Détails de l’ebook/Options de téléchargement »]

Sur iBooks, impossible de le savoir. De toutes façons, récupérer le fichier de ses livres sur iBooks, c’est la croix et la bannière. Et quand tu achètes un ebook interactif « conçu pour iBooks», tu es forcément limité…

Maintenant, je ne sais pas si l’évolution de la technologie, des distributeurs va permettre de casser ces jardins murés. Regarde l’évolution d’internet : il y avait Compuserve, puis AOL, puis les portails à la Yahoo. Et aujourd’hui ils sont tous moribonds, remplacés par… le groupe des 4 (Google Amazon, Facebook et Apple). Je suis donc assez pessimiste.


Alan : L’image de fond en page d’accueil suggère clairement qu’EbookGang propose aussi bien aux lecteurs des ebooks traditionnellement édités comme des ebooks d’auteurs indépendants. Peux-tu confirmer?

Cyril : Les meilleurs ebooks aux meilleurs prix. Qu’ils soient écrits par Maurice Druon de l’Académie Française chez Julliard ou par Françoise Jesaispasqui qui fait des romans à l’eau de rose dans l’exploitation agricole de son mari. Qu’ils soient édités par Bragelonne, Eyrolles, Fayard ou par l’auteur lui-même.

Alan : J’ai vu qu’il y avait un lien "Blog partenaires" en bas à droite de la page d’accueil. En tant qu’auteur, faut-il cliquer sur ce lien pour te signaler une promotion, et si oui, combien de temps à l’avance?

Cyril : Je parcours les promotions pour repérer celles qui sont les plus intéressantes. Pour fournir quotidiennement des offres intéressantes. Mais comme je l’ai dit, je ne veux pas être uniquement en réaction, surtout que la durée des promotions n’est pas toujours connue. Je ne veux pas être uniquement sur les mises en avant par les boutiques elles-même.

Si tu fais une réduction sur un de tes romans à un moment pour trouver de nouveaux lecteurs pour celui-ci et les autres, je t’invite à me prévenir à l’avance. Cela donnera le temps de planifier, de travailler ensemble sur une description plus appropriée que celle qui est chez le distributeur, de définir la durée de la mise en avant.

A terme, quand je pourrai dire qu’une mise en avant sur ebookgang rapporte à l’auteur tant de nouveaux lecteurs, tant de ventes, je passerai à un modèle payant, comme tout média qui vend de l’espace de pub. Donc ce sera le point d’entrée pour s’inscrire pour une promotion, pour planifier celle-ci le cas échéant, pour avoir les statistiques qui permettent à un auteur ou à un éditeur de se dire que ça a valu le coup ou pas.

Alan : As-tu l’objectif, comme Bookbub le pratique, de proposer 50% d’œuvres indépendantes et 50% d’œuvres publiées en maison d’édition?

Cyril : Je n’ai pas d’objectif chiffré. In fine, ce sont les lecteurs et les éditeurs, indépendants ou non, qui fixeront cette proportion. A l’inverse, je trouverai le moyen de rendre ce service plus accessible aux indépendants, parce que c’est une forme d’investissement dans les auteurs indépendants qui me plaît.

Alan : J’ai vu que le site était relié au blog EbookGang, peux-tu nous le présenter?

Cyril : Le blog est plus un blog « medias », dont l’objectif est de faire découvrir un panel de lectures possibles. Je sors complètement de ma zone de confort en faisant cela. Je ne suis pas chroniqueur, je n’ai certainement pas le temps de lire absolument tous les livres dont je parlerai. Si faire un blog de chroniques faisait partie de mes compétences, j’aurais probablement commencé par là ;-)

Il y a des livres qu’il faut découvrir ou redécouvrir, qu’ils soient en promo ou pas. Là encore, je n’ai pas trouvé d’équivalent en France, mais j’ai forcément mal cherché. En tout cas, dans la presse, des articles de ce genre, je n’en ai jamais vu. Pourtant, il y a plus dans les livres que les nouveautés, c'est un bonheur que de découvrir un "vieux" livre qu'on n'avait pas encore lu.

C’est aussi une forme de pénitence que je m'impose : je propose des livres à la lecture, par thématiques, sans tenir compte de leur prix.

Alan : On a parfois l’impression en tant qu’auteurs que les lecteurs sont entraînés à attendre des rabais sur les ebooks, ce type de sites ne risque-t-il pas d’accroître cette tendance?

Cyril : Oh si, désolé ! C’est le but : attirer le chaland avec des promos. Tu pourrais passer tes journées à ne lire que des livres gratuits ou en promo de toute façon. Pas besoin de moi pour les trouver, il « suffit » de les chercher.

A l’inverse, je vois mon attitude, mon habitude : je vois un livre en promo, par exemple Invasion, de Sean Platt et Johnny B. Truant sur Bookbub. Tu sais ce qui est terrible ? C’est qu’avec ce bouquin, ils m’ont entraîné dans Contact et que je vais probablement lire Colonization aussi.

J’ai acheté le dernier pavé de Jacques Vandroux (Projet Anastasis) quand il était en offre de lancement à 2,99 €, et ensuite j’ai acheté les autres (Les pierres couchées et Au cœur du solstice) sans me poser la question du prix, qui n’était pas très élevé, hein !

Ce site de promotion est une porte d’entrée vers de nouveaux lecteurs, vers de nouvelles lectures. Ce n’est pas une fin en soi.

Alan : Au-delà du fait qu’ils soient en promotion et sur les plates-formes adéquates, comment choisis-tu les ebooks que tu vas envoyer aux lecteurs?

Cyril : Mes critères de choix, car je choisis : des bonnes notes, une distribution la plus large possible, une réduction qui vaut le coup pour le lecteur.

Alan : Est-ce qu’il t’arrive de rejeter des offres d’ebooks en promo? Si oui, pour quelles raisons?

Cyril : La qualité perçue de l’ebook d’abord. Perçue par les lecteurs. Je mettrai très rarement des livres en avant pendant la phase de lancement, sauf si je suis sûr de la qualité du livre (par exemple parce que je l’édite).

Le planning ensuite : je ne veux pas que cela devienne une drogue, un moyen de faire des ventes et le seul. Donc au fur et à mesure, je réduirai les opportunités. Cela permettra aux éditeurs et aux auteurs de choisir ce qui est vraiment… de choisir leurs meilleurs titres pour ce genre d’opération.


Et j’ai déjà refusé de mettre en avant des promotions trouvées sur les sites.

Alan : Penses-tu mettre systématiquement le nombre de commentaires et notes obtenus par les ebooks sur les sites de ventes?

Cyril : Trop complexe. Et ce n’est pas la finalité du site. Si tu veux, tu peux faire un méta catalogue avec les infos de tout le monde. Techniquement, récupérer les notes sur Amazon, facile, iBooks un peu plus délicat, je n’ai pas vu de documentation dessus. Kobo encore moins, mais je ne me suis jamais penché sur la question. Les autres services, je n’en sais rien non plus. Mais avec leur mentalité de silo, je doute.

D’un autre côté, il ne faut pas oublier que c‘est un service publicitaire. Si le nombre de commentaires et la note permettent de mettre en avant un ebook en apportant ce que l’on appelle dans mon jargon « une preuve sociale », je le ferai.

En ce moment, il y a Les limbes, 4,8 étoiles sur 5 avec 132 commentaires sur Amazon au moment où je l’ai vu. C’est à mettre en avant.

Alan : T’es-tu fixé un nombre maximum d’ebooks en promo par jour? Si oui, lequel?

Deux ebooks par catégorie me semble un bon nombre. Quand je pourrai proposer 46 promotions quotidiennes ! Wow.

Alan : Entre le site et le blog que tu as créés, plus tes autres activités, cela fait beaucoup de travail pour un seul homme. Un grand bravo pour ton implication, d’ailleurs! Penses-tu, à terme, demander aux auteurs ou éditeurs souhaitant annoncer leurs promotions une participation financière?

Cyril : Ça fait peut être un peu trop, même. Je suis en train de payer le prix de trop longues heures devant mon ordinateur. Pas en tendinite et RSI comme je le croyais, mais plutôt avec ce qui ressemble fort à une hernie cervicale. Ecrire est un métier dangereux ! N’oubliez pas d’être actif, de vous déplacer, de marcher, de faire de l’exercice, très régulièrement.

Pour ce qui est de la participation, oui, comme je l’ai évoqué, à partir du moment où il permet aux auteurs et aux éditeurs de vendre plus de livres, réellement, je demanderai une participation proportionnelle.

Alan : Dans quel délai et de quel ordre?

Cyril : Le délai c’est à partir du moment où cela apporte un réel plus qui est économiquement viable pour les éditeurs et les auteurs. Prenons un exemple : en tant qu’auteur, en faisant une promotion sur 10 000 personnes d’un genre, sur une promo qui fonctionne bien, tu peux avoir 1% de ventes générées, soit 100 ventes. 

Sur une journée, c’est loin d’être négligeable aujourd’hui, et tu es assuré de rentrer dans le top 100 des ventes. Après, en fonction des prix, cela fait plus ou moins d’argent qui rentre dans ta poche. Je demanderai évidemment moins… et ce sera au forfait.

Quand je dis 10 000, ce n’est pas mon objectif. Mon objectif est d’avoir tous les lecteurs francophones assidus.

Alan : Le site vient tout juste d’être lancé et n’est donc pas encore connu, ni du grand public ni même des passionnés. Envisages-tu, s’il devient plus connu, de dévoiler le nombre total d’abonnés? Si oui, à partir de quel nombre d’abonnés penses-tu le faire?

Cyril : C’est un critère de choix pour les auteurs et les éditeurs. Quand tu vas voir tel ou tel magazine pour y placer une publicité, la régie doit pouvoir te donner la distribution ou la diffusion, le profil etc. On rentre dans un modèle économique qui est balisé par des années de pratique.

Et comme je l’ai dit en justifiant le fait qu’un jour le site devienne payant pour les éditeurs et les auteurs, je dirai aussi quels résultats on peut s’attendre. Enfin, je donnerai les statistiques de clics vers les différentes boutiques, parce que mesurer permet d’agir. Si je pouvais donner systématiquement le nombre de ventes générées, ce serait carrément parfait.

Aujourd’hui, après quelques jours seulement, on a 80 abonnés. On est très loin de mon objectif. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas me signaler si en tant qu’auteur vous faites une promotion dans les semaines qui viennent ! Le coût pour vous est presque nul (le temps de m’écrire un mail ou deux).

J’ai fait une opération de promotion à Noël, et on a vu qu’avec quelques centaines d’inscrits, on pouvait déjà commencer à générer quelques ventes et téléchargements. Un lecteur de plus, c’est toujours bien.

Alan : On sait que l’info relative à un site comme EbookGang circule très vite parmi les auteurs, notamment grâce à Facebook. Quelles opérations de communication envisages-tu afin de faire connaître le site des lecteurs?

Cyril : Je souhaite vraiment avoir une croissance organique par le biais des lecteurs qui conseillent le site à leurs amis, etc. Ce sera un meilleur moyen de grandir vite, mais aussi la marque de la qualité du service.

Reste la question de l’amorçage. Comment avoir les premiers utilisateurs pour amorcer un cercle vertueux ? Je ferai comme n’importe qui : de la pub, du marketing de contenu. 

J’ai déjà des pubs qui tournent sur Facebook, qui à mon goût est aujourd’hui le média le plus adapté pour la promotion de ce type de service, grâce à son ciblage par intérêts. Si la presse veut parler du service, je serais bien embêté, je n’ai pas préparé de dossier presse.

Alan : J’ai le projet en tant qu’auteur de parler de ton site dans une newsletter que j’enverrai à mes lecteurs, en leur présentant un lien direct. J’estime en effet que de nombreux lecteurs me seront reconnaissants de leur avoir fait découvrir un site d’ebooks de qualité à bas prix. Je crois aussi que cela peut être un moyen efficace de faire se rencontrer les lectorats entre auteurs. Que penses-tu de cette démarche?

Cyril : En parlant d’un outil qui permet aux auteurs de trouver des lecteurs, justement à des lecteurs, tu plantes la graine qui te permettra toi aussi de récolter des fruits dans le futur. On va essayer d’éviter que cela prenne autant de temps que les forêts de Colbert, hein ?

Sans parler d’un service public pour les auteurs, car faut pas se mentir, j’ai pas de subventions du SNE et je tiens à garder une forme d’indépendance dans les ebooks recommandés et mis en avant, je veux quand même faire un service et un outil qui rassemble auteurs et lecteurs autour du plaisir de lire et de découvrir.


Je ne peux pas te dire que c’est une mauvaise idée en fait. Surtout si tu as un lectorat ciblé et que j’ai déjà mis en avant des livres qui plairont à ton lectorat, ou que je peux le faire.

Alan : Pour un ebook donné, combien recommanderais-tu d’opérations promotionnelles par an?

Cyril : Je déconseille par principe de faire plus de deux promotions par an, justement pour éviter le côté « faut attendre la promo ». Et le site utilise aussi le ressort de l’immédiateté : profitez de la promo tant qu’elle dure.

Alan : Penses-tu ajouter à ton site une section "ebooks en gratuité permanente", pour les lecteurs?

Cyril : Non, et ce pour plusieurs raisons :
  • La culture de l’instant, de l’immédiat, de l’éphémère. Je ne vais pas me battre contre elle, je sais qu’elle est là. Je te l’ai dit, je vais plutôt la mettre en exergue.

  • La découverte. Je veux faire tourner les livres pour que les lecteurs les découvrent. Si j’ai toujours les mêmes livres, c’est beaucoup plus difficile de les faire tourner.

  • Le service fonctionne beaucoup par email. Si je ne fais pas tourner, pas besoin de faire d’email.

  • Il faudrait que je remette tout Gallica et tout le catalogue des livres gratuits des différents distributeurs. Franchement, aucun intérêt, aucune valeur ajoutée.

Alan : Pour terminer, je tiens à dire que ton site répond à un besoin réel, du côté des lecteurs comme des auteurs. Dans toute entreprise, le facteur chance intervient: il s’agit de ne se présenter ni trop tôt, ni trop tard, d’être repéré par les bonnes personnes au bon moment.

Je souhaite sincèrement le plus grand succès à ton site, car nous, lecteurs et auteurs, avons tous à y gagner, et c’est une très belle manière de faire vivre le livre.

Merci, donc, d’avoir répondu à mes questions, Cyril.

Cyril : Merci Alan, c’est un plaisir. J’attends avec impatience le jour où toi, et de nombreux autres auteurs, pourrez en tirer parti. 

Alan :

Pour découvrir ebookgang et vous inscrire vous aussi, ou signaler vos promotions, c'est ici : http://ebookgang.fr


Articles liés: 


vendredi 15 janvier 2016

La liste des blogs et sites qui ne vous chroniqueront pas

Chaque action génère une réaction. A l'incroyable ouverture engendrée par l'autoédition, qui n'est pas sans engendrer ses propres excès (Charlie Hebdo existerait-il sans la liberté d'expression?), succède en s'amplifiant une vague de rejet de cette même autoédition. Rejet qui vient le plus souvent des auteurs, et parfois, paradoxe des paradoxes, des auteurs autoédités eux-mêmes! Plutôt que de s'entredéchirer, je crois qu'il serait plus constructif pour les auteurs comme pour les lecteurs de signaler les blogs qui font preuve de sectarisme intellectuel, en se cantonnant aux œuvres traditionnellement éditées. Ceci, afin de ne pas perdre son temps et son énergie à contacter des blogueurs qui non seulement n'auront aucun intérêt pour ce que vous écrirez, mais, du haut de leur tour d'ivoire, vous jetteront à la figure leur refus plein de morgue.  

Bookbub est un site américain qui s'est développé à l'international (notamment Canada et Royaume Uni), et qui envoie chaque semaine ses newsletters à plus de 4 millions de membres. 

Ses newsletters concernent des ebooks, ou livres numériques, dont ils recommandent la lecture. En 2014, 131 ebooks qui ont bénéficié d'une mise en avant sur Bookbub sont devenus des best-sellers du New-York Times. 

Eh bien devinez quoi? Bookbub a annoncé dans son dernier article de blog que la moitié des livres acceptés chaque année sont des œuvres indépendantes ou autoéditées. 

Quel est le premier gagnant? Le lecteur, bien sûr, qui bénéficie d’œuvres triées sur le volet par l'équipe de Bookbub, d'une très grande diversité. 

Je précise n'avoir jamais bénéficié d'une promo Bookbub. Ces promos, il faut le signaler, sont payantes pour l'auteur. Mais j'admire le travail qu'ils font. 

En France, pays où les institutions continuent à revêtir un aspect sacré là où l'initiative individuelle est fortement dépréciée - et se retrouve d'ailleurs matraquée en termes fiscaux, ce qui pourrait faire l'objet d'un autre article - de nombreux blogs ne chroniquent que des livres papier aux dépens des ebooks. 

Et parmi ces blogs, une foultitude ne chronique que des romans édités par la "grande" ou "petite" édition.

Quels sont les perdants? Les auteurs indépendants, bien sûr, qui y perdent très largement en termes de visibilité de leurs œuvres.

Mais aussi les lecteurs, qui eux, perdent en diversité de conseils de lecture. Eux sont souvent bien plus attachés à l'histoire qu'à des problèmes techniques ou stylistiques d'écriture.


Le raison du rejet des œuvres indépendantes vient souvent d'un manque de moyens de ces derniers auteurs, qui ne peuvent se permettre d'envoyer 150 de leurs œuvres en format papier à des blogs. 

C'est une démarche pro que de faire cela, et les petits éditeurs qui s'y emploient ont toute mon estime. 

Personnellement, je vis à temps plein de l'écriture, et mon expérience personnelle me fait dire que ce ne serait pas rentable pour moi d'avoir cette démarche. 

Mais voilà, il y a aussi les ebooks, qui sont de plus en plus adoptés en France (on parle de 17 ou 18% de lecteurs qui lisent de l'ebook je crois). Et qui plaisent en premier lieu aux dévoreurs de livres... qui sont souvent des blogueurs, et en particulier des blogueuses. 

J'ai été ravi de constater que certaines blogueuses de Livraddict ont récemment chroniqué mes ouvrages en format ebook. Même expérience positive avec Have a break, have a book.  

Cette ouverture d'esprit est un véritable rayon de lumière dans la forêt bien ténébreuse, il faut le dire, du sectarisme intellectuel.

A ce sujet, j'ai dernièrement secoué la tête en lisant l'article intitulé Je ne lis pas d'auto édition d'une blogueuse. 

La seule chose qui m'ait tiré un sourire a été cette citation du Manifeste Dada 1918 dans l'à propos du blog: Une œuvre d’art n’est jamais belle, par décret, objectivement, pour tous. La critique est donc inutile, elle n’existe que subjectivement, pour chacun, et sans le moindre caractère de généralité. 

On aurait pu croire qu'une telle citation aurait incité la blogueuse en question à un peu plus d'humilité par rapport à l'extraordinaire richesse et diversité des œuvres autoéditées.

Je n'ai pas été étonné de constater que la personne affichant un tel rejet était elle-même auteur.

Elle n'est pas la seule dans ce cas. Bien sûr, elle est libre de son opinion, et elle a ses arguments, qui, de son point de vue, sont défendables. 

Mais ces blogueurs qui préfèrent systématiquement se maintenir dans le confort intellectuel, d'ailleurs tout relatif, étant donné que les œuvres traditionnellement éditées sont loin d'être irréprochables, sur le fond comme sur la forme par les temps qui courent, ces blogueurs sont une perte d'énergie et de temps pour nous autres auteurs qui cherchons à nous faire connaître.
  
Je propose donc de commencer ici une liste des blogs et sites qui rejettent systématiquement les œuvres indépendantes. Cette liste pourra être augmentée en fonction des blogs que l'on me signale (y compris par les auteurs des blogs eux-mêmes, d'ailleurs), et n'a pas de caractère définitif: elle pourra être retouchée en fonction des changements de politique des sites et blogs. 

On trouvera aussi dans cette liste certains sites qui m'ont déjà chroniqué lorsque je n'étais pas franchement engagé dans l'autoédition, mais ce sont dans un deuxième temps détournés. S'ils s'avèrent que ces sites continuent à chroniquer des auteurs autoédités sous format ebook, je les enlèverai de la liste.

- SophieLit, pour les raisons que l'on sait
- le blog de Fantasy accro Livrement : un seul auteur de Fantasy indépendant chroniqué, Hugh Howey 
- le site Sci-Fi Universe: partenariat rompu
- le site Actu SF: partenariat rompu
- le site Fantastinet: partenariat rompu 
- le blog Encore du Noir!
- le blog un papillon dans la lune
- le blog La Prophétie des ânes
- le blog Welcome to Nebalia
- le site Vampirisme.com
- le blog De Livres & d'Epices
- le blog Le Dragon Galactique
- le blog Book en Stock
- le blog l'affaire Herbefol
- le site MyInnershelf
- blog Books and iced coffee
- blog RSF blog
- blog Plume de Cajou
- blog Le monde fantastique de Chinmoku
- blog de Mirrorcle World
- blog By Kimysmile
- blog Lectures et Voyages
- blog Enjoy Books
- blog Les P'tits loisirs de Simi
- blog Snow White of the Moon
- blog Ombre lunaire
- blog Double Page
- blog Croq' livres
- blog / chaîne Booktube JessLivraddict
- blog Lire une passion
- blog April the Seven
- webzine Onirik.net
- blog Pomme's book 
- blog Ansible
- blog La Puce à l'oreille
- blog Les chroniques de Miawka
- blog Délivrer des livres
- blog Les petits mots de Saefiel
- blog Once Upon a Time  
- blog Enna lit, Enna vit
- blog Le Brocolis de Merlin
- site limaginaria 


Certains de ces blogueurs ont déjà chroniqué des autoédités, mais ont demandé à être rajoutés malgré tout.

La très grande majorité ne m'a pas été signalée, mais provient de blogueurs s'étant eux-mêmes désignés.

C'est leur choix, et je le respecte. Je souhaite que tous les auteurs respectent aussi leur choix, et les respectent eux avant tout, en tant qu'être humains. C'est primordial. Je vous renvoie aux commentaires pour plus de précisions.

Je déplore bien sûr le manque d'égards dû aux blogueurs au moment de les contacter qui a été signalé en commentaires. Manque d'égards qui aurait trop souvent tendance à se transformer en harcèlement, hélas.

Ces témoignages n'ont fait que me renforcer dans l'idée de l'utilité de cette liste, même si elle-même peut apparaître comme une insulte pour les blogueurs - ce n'était pas le but recherché.


Ceux qui souhaitent être désinscrits peuvent bien sûr me le signaler.

Les commentaires étant suffisamment nombreux, j'écrirai un nouveau billet, avec les sites ou blogs qui acceptent de chroniquer les auteurs autoédités sous format ebook, et un second pour ceux qui acceptent de chroniquer sous format papier.

[EDIT 17/01/2016]: cet article de blog est devenu viral, ce dont j'ai été le premier surpris.

J'ai exclu les blogs ne chroniquant que des livres papier: il était très maladroit de ma part de les inscrire dans ce contexte, certains étant réellement favorables aux autoédités. 

Je prie les personnes concernées de bien vouloir m'excuser de cette erreur. C'est entièrement ma faute.

Il est en revanche très important pour les auteurs indépendants de pouvoir distinguer les blogs n'acceptant que les livres papier de ceux ouvert au numérique. Cela fera l'objet de deux nouveaux articles, en fonction des remarques sur Facebook et dans les commentaires ici.

Articles liés: - Quelques précisions au sujet du précédent billet
- La liste des sites et blogs ouverts à tous les livres et/ou ebooks

vendredi 20 novembre 2015

Terrorisme médiatique

"Bien des premiers seront les derniers et bien des derniers seront les premiers", nous dit la Bible. Est-il pour autant nécessaire de surmédiatiser les cancres devenus des petites frappes de banlieue, puis des terroristes? En une semaine, l'un de ces cancres à l'origine des attentats de vendredi dernier est devenu le terroriste dont on parle le plus depuis celui à l'origine des attentats du World Trade Center, s'il faut en croire le New-York Times. Ne serait-il pas temps de laisser ces cancres dans l'anonymat dont ils ne devraient jamais sortir? Afin d'éviter de devoir revivre dans un cycle sans fin ces attentats à grand spectacle? Quel modèle veut-on donner à nos enfants?

Une télé-réalité du terrorisme. Voilà ce à quoi j'ai l'impression d'assister depuis une semaine. Alors oui, il est temps pour moi de m'écarter très provisoirement des sujets de prédilection de ce blog. 

Certains diront, "Alan Spade, c'est l'exemple type de l'artiste jaloux du succès médiatique d'autrui". Il y a sans doute du vrai là-dedans, puisque après tout, écrire et vouloir être lu, c'est s'exposer à la lumière, mais qui est cet autrui? Quels sont ses mérites, en dehors d'avoir planifié une opération militaire réussie (de son point de vue), dans laquelle il a fini par sacrifier sa vie? 

Lorsque les médias disent: "cela va se reproduire, c'est certain", ne peut-on y voir une prophétie auto-réalisatrice? 

J'imagine les journalistes de TF1 parler en "off" du visage du cancre ennemi public n°1. "Tu as vu sa trombine? Il a une gueule super charismatique. Il faut qu'on le montre, les gens vont adorer le détester." Et ils nous l'auront montré, sa gueule. Ça oui!

Il est temps de clamer haut et fort que les médias, en offrant à ce cancre le paradis médiatique à défaut de celui des 72 vierges, sont en train de donner naissance à des vocations. 

Ils se comportent en imbéciles narcissiques et irresponsables. Mettre ce terroriste à la Une, même pour dénoncer ses actes, c'est aussi se complaire dans la contemplation d'un pouvoir médiatique collectif, au niveau international aussi bien que national. Un pouvoir morbide, en l'occurrence.

Je reconnais que j'avais réagi au moment de l'attentat de Charlie Hebdo en mettant une bannière "Je suis Charlie" sur ma page Facebook. Je me sentais proche des gens de Charlie, mon propre père ayant été dessinateur.

Là, je n'ai pas réfléchi très longtemps avant de refuser la suggestion de Facebook de mettre un drapeau français en transparence sur mon profil. Non pas que j'ai quoi que ce soit à reprocher à ce drapeau. 

C'est juste que les apprentis djihadistes qui visitent les réseaux sociaux peuvent voir chaque drapeau comme un trophée. Inutile et contre-productif de leur donner cette satisfaction - même si, bien sûr, je sais pertinemment que ceux qui affichent ce drapeau le font pour ce qu'ils pensent être de bonnes raisons.

Les médias de toute nature envoient des messages subliminaux aux terroristes, mais en ce moment, c'est devenu tellement lourdingue qu'on n'est plus vraiment dans le subliminal. 

Alors, comment traiter l'info? Faut-il ne parler de rien, faire l'autruche?

Non, bien sûr. Les Français avaient le droit de savoir ce qu'il se passait. Il faut anonymiser les terroristes. En clair, ne jamais donner leur nom. Ne jamais montrer leur photo. Ne jamais les filmer. Se concentrer sur les victimes, mais tout en évitant de s'étendre.

Cesser de filmer en direct les assauts, et prendre des mesures pour que tout ceux qui filment tombent sous le coup de l'apologie du terrorisme. Tourner la page au plus vite. Ne jamais se faire le complice de la célébrité d'un de ces cancres. Faire taire la fascination morbide qui existe en chacun de nous, et tend à nous transformer en vautours.

Cela n'empêchera ni la police, ni les enquêteurs de faire leur travail. On sera bien plus en sécurité en décourageant les vocations qu'en les encourageant ainsi. 

Les médias doivent grandir. Apprendre le sens des responsabilités. Car leur pouvoir est immense, et un grand pouvoir entraîne de grandes responsabilités.