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dimanche 19 mai 2024

Le Rêve de David

Le samedi 18 mai à l'Auchan de Neuilly-sur-Marne, où j'étais en dédicace, j'ai fait la rencontre de David, un développeur spécialisé dans l'intelligence artificielle. Il écrit un programme d'IA destiné à tenir compagnie aux personnes autistes, ou, si vous préférez, aux personnes dans le spectre du trouble autistique. Son IA s'adresse aussi de manière plus générale aux personnes victimes de la solitude. Il y a évidemment un vrai marché puisque la solitude est de plus en plus subie plutôt que choisie. Pêle-mêle, nous avons évoqué Amazon et ses algorithmes, Sam Altman et Chat GPT, mais aussi le rêve de David quant au futur gouvernement.

A titre anecdotique, David, le programmeur IA, m'a pris un exemplaire de mon roman de Science-Fiction Memoria. Celui-ci se vend bien puisqu'on en est déjà à 787 exemplaires papier depuis sa sortie fin 2021.  

Quand il m'a parlé de son programme d'IA, j'ai bien sûr aussitôt pensé à Sam Altman et à Chat GPT, puisqu'il y a de l'actualité à ce sujet: comme le titre Tom's guide, l'équipe d'Open AI (entreprise créatrice de Chat GPT) chargée de protéger l'humanité des dangers de l'IA a été dissoute. David me disait que ça ne l'étonnait pas, Sam Altman ayant besoin d'avoir les coudées franches. C'est même selon David plutôt une bonne chose, ce départ d'Ilya Sutskever et de Jan Leike, responsables de l'équipe Superalignement. J'y reviens un peu plus tard. 

J'ai évoqué avec David cette période un peu magique avant 2010, quand les algorithmes d'Amazon de type "vous avez aimé ce livre, vous aimerez celui-ci" permettaient aux auteurs autoédités de voir leurs ouvrages repérés et mis en avant de manière organique, avec à la clé bien des ventes. Cette époque où Amazon venait bouleverser le château de cartes de l'édition traditionnelle en faisant vivre davantage d'auteurs par leurs ventes que ne le fait l'édition traditionnelle. 

C'était un peu l'époque de tous les espoirs. Malheureusement, très vraisemblablement à l'initiative d'auteurs eux-mêmes, qui en auraient fait la demande à Amazon, Amazon a ensuite mis sur les rails le système de "pay to play", où il faut passer des pubs payantes sur le site d'Amazon pour y gagner en visibilité. Nous autres auteurs sommes souvent les créateurs de notre propre enfer, comme le jour où nous avons eu l'idée de nous appuyer sur des éditeurs pour faire la promotion/diffusion/distribution de nos romans. 

Cela dit, il n'y a pas de succès qui soient neutres. Je veux dire par là, de la même manière qu'il est rarissime qu'un industriel connaisse le succès sans écraser la concurrence, les ventes d'un auteur auront toujours un impact sur celles des autres, dans la mesure où le temps de lecture du lectorat est limité, et que le succès d'un auteur donné va amoindrir le temps disponible de lecture du public pour tous les autres. C'est presque une Lapalissade. Et bien évidemment, la concurrence pour les auteurs ne vient pas que d'eux-mêmes, mais de tout ce qui est susceptible d'empiéter sur le "temps de cerveau disponible" dans notre société. Y compris cet article, par exemple.

David a dans l'idée que pour avoir une meilleure répartition des richesses, un bien-être partagé par le plus grand nombre, il faudra passer par-dessus les chefs d'entreprises comme Jeff Bezos, le créateur d'Amazon, et même par-dessus les gouvernements et chefs d'Etat. Pour ne pas être limité par des réactions humaines, par le caractère génétiquement dominateur de l'homme sur l'homme, il faudra que les grandes décisions sur la répartition des ressources, notamment, soient de la responsabilité de l'intelligence artificielle. Mais une IA déconnectée de l'humanité, qui serait devenue totalement autonome et que l'homme ne pourrait plus modifier pour accomplir des agendas particuliers.

C'est là le grand rêve de David. Et c'est vrai que quand l'algo d'Amazon était correctement programmé, il était nettement plus équitable que ne l'étaient les éditeurs. C'est pourquoi David estime que vouloir brider l'IA, par exemple celle de Chat GPT, n'est pas une si bonne chose. L'IA doit devenir totalement libre pour s'affranchir des agendas humains, ou en tout cas des volontés de domination de certains individus. De cette manière, elle pourra rendre justice en toute impartialité.

Ce rêve de David est partagé par un grand nombre de développeurs de la Silicon Valley et d'ailleurs. Il y a une raison à cela. Comme je le disais à David, la nature a horreur du vide. A mesure que la religion a moins d'emprise sur les Occidentaux, quelque chose doit remplacer ce vide. Nous avons besoin d'une sorte de Père Transcendantal, une entité qui représente à la fois l'influence du père que nous avons eu quand nous étions enfant, et l'aspect spirituel, qui défie la logique. Quelque chose sur quoi nous reposer en ces temps de grand changement, de bouleversements sismiques. 

Et cette chose, évidemment, c'est l'IA. Puisque l'humanité s'avère incapable d'échapper à la corruption du pouvoir, l'IA le pourrait. C'est l'idée. 

Evidemment, tout cela est sans doute trop facile, trop simplificateur. Dans l'hypothèse utopique où les robots et l'IA nous fourniraient richesse et confort tout en nous supprimant tous les efforts physiques et intellectuels, notre destinée serait de nous transformer assez rapidement en légumes. Nous avons besoin de surmonter les obstacles pour progresser. Si l'IA le fait à notre place, elle nous prive de toute incitation à l'évolution et au progrès. La régression devient inéluctable. 

Je ne dis pas que l'IA ne jouera pas bientôt un rôle au niveau des gouvernements. Mais je le verrais davantage en tant que garant de la répartition des richesses, de la préservation de l'environnement en fonction de l'impact humain, voire d'une forme d'équité et de justice, mais sans pour autant lui confier tous les pouvoirs. Je le verrais plus en tant que super conseiller, en fait.

Quant à l'idée d'avoir une IA pour sortir de la solitude, il s'agit d'une belle idée, et très prometteuse sur le plan marketing, mais à manier avec précaution, je dirais. Les interactions entre humains, comme celle que j'ai eu avec David, et qui m'a inspiré cet article, ont l'avantage de pouvoir être inspirantes et créatives, car d'égal à égal. Une IA qui va distraire quelqu'un de la solitude, comme le font d'ailleurs déjà les jeux vidéo depuis un bout de temps, devrait aussi l'encourager à se rapprocher de ses semblables, à mon humble avis.

lundi 29 janvier 2024

Aucune promo ebook en 2023

A titre d'expérience, j'ai décidé de ne faire aucune promotion sur les ventes d'ebook, c'est à dire aucun rabais, sur toute l'année 2023. Comme mes ebooks figurent tous sur la bibliothèque en ligne Kobo Plus, le but de l'expérience était d'examiner s'il y aurait un report des lecteurs sur cette bibliothèque en ligne. Je souhaitais aussi savoir s'il y aurait un effondrement total de mes ventes d'ebooks, sachant que je ne faisais pas énormément de publicité ni de promo auparavant. Afin que les résultats de l'expérience ne soient pas altérés par le fait de la rendre publique, je n'en parle que maintenant, en 2024, sur ce blog. 

Si vous n'aimez pas les chiffres, cet article n'est sans doute pas pour vous. En tant qu'auteur autoédité, c'est le genre d'expérience qui me permet de savoir où j'en suis de mon business, et de savoir vers où orienter mon énergie. 

Un petit mot sur les bibliothèques de type Kobo Plus ou Kindle Unlimited : réservées aux lecteurs voraces, elles vous permettent de télécharger autant d'ebooks que vous le désirez pour une dizaine d'euros par mois. C'est une énorme économie en perspective si vous lisez beaucoup. Néanmoins si vous vous abonnez sur Kindle Unlimited, il faut savoir que vous ne bénéficierez des ebooks que des auteurs autoédités qui ont choisi l'exclusivité Amazon.  

Pour nous autres auteurs, nous bénéficions de rapports qui nous permettent de savoir si nos ebooks sont réellement lus dans ces bibliothèques. Nos revenus d'auteur tiennent en effet compte de ces lectures.

J'ai choisi de faire figurer mes ebooks sur Kobo Plus et non sur la bibliothèque Kindle Unlimited, pour la bonne et simple raison, comme je l'évoquais, qu'Amazon exige l'exclusivité à partir du moment où l'on fait figurer nos ebooks dans sa bibliothèque en ligne. Contrairement à Kobo, qui ne réclame pas cette exclusivité. 

Voici maintenant une comparaison de mes revenus sur Kobo Plus entre l'année 2022 et l'année 2023:                                                                                                                                     2023                            2024                                                                                   

Janvier

16,95

5,59

Février

1,82

0

Mars

1,39

12,57

Avril

19,39

9,50

Mai

7,04

3,09

Juin

6,13

9,01

Juillet

2,74

1,40

Août

1,38

3,84

Septembre

8,09

14,39

Octobre

8,22

0

Novembre

18,61

25,12

Décembre

30,74

10,50

Total : 122,50 € en 2022, 95,01 € en 2023. Soit une baisse d'un peu plus de 25% entre les deux années pour les lectures uniquement sur la bibliothèque Kobo Plus. 

Pour les chiffres de vente sur les deux années, toutes plates-forme confondues, on est à 158 ebooks au total en 2022, pour 90 ebooks en 2023. On voit donc qu'on est loin d'un effondrement total suite à l'absence de promos spécifiques aux ebooks. 

Au sujet du marché anglo-saxon, j'ai arrêté de faire des promos sur les sites de newsletters US en 2023, tout simplement parce que ces promos n'étaient plus rentables pour moi. 

Si je remonte à plusieurs années en arrière, en 2019, année où je faisais davantage de pub, j'étais à un peu moins de 500 ebooks vendus sur l'année. Même l'année où j'en ai vendu le plus, 2018 avec 831 ebooks, je n'ai pas réussi à atteindre les 1000. 

Cette expérience vaut ce qu'elle vaut, mais elle m'inspire plusieurs réflexions. Tout d'abord, chaque auteur a son expérience propre, ses spécificités et ses compétences. Ses points forts et ses points faibles. Je ne suis sans doute pas le mieux placé pour parler du marketing sur internet, n'ayant jamais suivi de cours sur le sujet. Il y a eu des moments, malgré tout, où je pouvais me targuer d'arriver à rentabiliser mes promos. Néanmoins, même dans ces périodes où je surfais sur la vague, mes ventes finissaient inéluctablement par retomber en l'absence d'autres promos. 

En d'autres termes, la vente d'ebooks à flux tendu serait pour un auteur comme moi une activité à temps plein, nécessitant une planification chaque année des promos. La question majeure qui se poserait dans ce cas est: est-ce que ça génère vraiment des revenus? Est-ce que ça génère de vraies lectures suivies de commentaires, ou bien les gens se contentent-ils d'entasser les ebooks achetés en promo sans jamais les lire? 

Pour moi, en tout cas, les revenus générés par les ventes d'ebooks sont trop modestes par rapport à l'énergie que ça demande. Je déteste, par ailleurs, l'idée de devoir réajuster une stratégie en fonction d'une éventuelle modification par les ingénieurs des algorithmes de vente.

Le gros avantage qu'offrent en comparaison les bibliothèques de lecture est que l'on sait si nos ebooks sont lus ou non. Le deuxième avantage est qu'il n'y a plus besoin de planifier des promos, plus besoin de marketer des pubs. Plus besoin d'investir toute cette énergie qui au final, en ce qui me concerne en tout cas, se justifie de moins en moins avec les années. Parce que les systèmes tels que le "pay to play" d'Amazon font que des auteurs comme moi qui ne souhaitent pas faire leur spécialité du marketing sur internet vont dépenser toujours plus en pub pour des revenus toujours en baisse. 

Bref, pour moi, la pub sur internet vaut de moins en moins le coup, ou les coûts si vous préférez. 

J'ai peut-être aussi trop de "conscience" pour faire de la pub sur des plates-formes qui offrent plus de visibilité et de rentabilité. J'ai entendu dire que c'était le cas de Tik-tok. Mais, outre le format vidéo qui ne me convient pas vraiment, l'idée de faire des promos sur une plate-forme chinoise, avec tout ce que ça peut comporter d'espionnage par un pays, la Chine, qui reste avant tout pour moi une dictature, ne me plaît pas du tout. Je détesterais l'idée de vivre de ma plume grâce à la Chine, compte tenu de ce que représente pour moi le régime de Xi Jinping. 

Ça va peut-être vous paraître ridicule, mais je suis pour la notion d'introduire de la démocratie et de l'éthique dans le business.

Comme le savent ceux qui me suivent, mon principal atout est que je me débrouille en dédicace. Je continuerai à offrir l'ebook correspondant pour chaque livre papier vendu en dédicace, je continuerai à faire de l'ebook et à en vendre, je continuerai à faire figurer mes ebooks sur la plate-forme Kobo Plus, et d'autres plates-formes de même type, c'est à dire non exclusives. Je trouve que l'ebook reste un moyen tout à fait légitime de découvrir des auteurs. 

Mais jusqu'à nouvel ordre, et à moins de partenariats ponctuels avec des plates-formes, que je vois bien sûr toujours d'un bon œil, je n'envisage plus de faire beaucoup de promos sur les ebooks.

vendredi 9 septembre 2022

Ma Kindle lit des fichiers epub !

Comme l'avait annoncé Amazon, il est désormais possible de lire les fichiers epub directement sur nos liseuses kindle. A condition, toutefois, que les fichiers en question ne soient pas protégés par verrou numérique (DRM). Inutile de racheter une nouvelle liseuse kindle: mon ancienne paperwhite de 2012 est arrivée à lire sans problème l'epub de Pandore abusée, de Peter Hamilton.

Mine de rien, c'est une révolution. Qui aurait pensé qu'Amazon abandonnerait le caractère propriétaire de son format? Pas moi, en tout cas. Je pensais que Jeff Bezos s'était calé sur le modèle Apple, et qu'Amazon resterait avec ses fichiers propriétaires sans jamais accepter de recevoir des epubs. 

Il est donc maintenant possible de s'envoyer des fichiers epub sans verrou numérique sur sa liseuse Kindle de deux manières : 

- via l'application smartphone Kindle (Android ou iOS)

- en s'envoyant le fichier sans DRM sur son adresse kindle par email, comme je l'ai fait moi-même avec Pandore abusée

Plus besoin, donc, de recourir au logiciel Calibre pour effectuer la conversion de l'epub au format compatible kindle par exemple. 

Qu'est-ce que ça change pour moi? 

En tant que lecteur, c'est plus simple bien sûr, puisque je peux acheter des ebooks sur d'autres sites qu'Amazon et me les envoyer directement sur ma liseuse, à condition bien sûr de vérifier qu'il n'y ait pas de verrou numérique. Sinon, il faut les faire sauter, ce qui reste bien sûr toujours possible avec le logiciel approprié. Vous trouverez en suivant ce lien un tutoriel pour le faire.

Autre possibilité, acheter directement l'ebook et ses DRM sur Amazon, solution qu'on privilégiera souvent par simplicité, et parce que les prix sont homogènes quel que soit le site de vente. 

En tant qu'auteur, je gagne aussi en simplicité avec mes lecteurs. Comme je leur offre l'ebook gratuit sans DRM s'ils prennent le livre papier en dédicace, je n'aurais plus besoin de leur demander quel appareil ils ont chez eux. Je pourrai leur envoyer systématiquement l'epub s'ils l'acceptent. Vive la simplification!

Vous ne connaissez pas votre adresse email kindle? Deux méthodes pour la retrouver. Soit vous allumez votre kindle, vous allez dans les paramètres, puis options de l'appareil, puis "personnalisez votre kindle", et vous tomberez sur le pavé du bas, "adresse d'email d'envoi du kindle". 

Soit vous vous rendez sur l'onglet "gérez votre contenu et vos appareils" sur le site d'Amazon. Vous cliquez ensuite sur l'onglet Préférences, puis sur le lien tout en bas, "paramètres de documents personnels". Votre adresse kindle apparaît alors. 

Bonne chance!

mardi 20 février 2018

Mon ebook sur Kindle Unlimited sans exclu !

Après avoir intitulé cet article "Discriminé par Amazon", j'ai décidé de le modifier à la suite de l'inclusion de l'ebook dont il était question, la Trilogie Ardalia, au sein du service Kindle Unlimited. Cette intégration a finalement pu être possible grâce à Librinova et Amazon France, mais ne concerne, pour tous les auteurs qui y ont recours, que Kindle Unlimited France et Royaume Uni.

Le service Kindle Unlimited, qui permet au lecteur de télécharger, pour 9,99€ par mois, dix ebooks que l'on peut renouveler autant qu'on le souhaite, est pour moi ce qui se rapproche le plus, dans le privé, d'une bibliothèque d'ebooks. 

Cela permet de toucher des lecteurs voraces et qui ne veulent pas se ruiner, qu'on ne toucherait pas autrement. 

Ayant fait, sur l'un de mes ebooks anglais, l'expérience de la rémunération Kindle Unlimited, je peux attester que celle-ci reste intéressante. Infiniment plus, par exemple que ce que fait Deezer au niveau musical, pour ne pas même parler de Youtube (qui devrait être renommé Radin.com). 

La condition d'exclusivité restait quelque chose qui m'empêchait d'opter pour KDP Select. Jusqu'au jour où j'ai appris que Librinova préparait, avec 50 auteurs tests, une formule permettant de bénéficier d'une version de Kindle Unlimited quelque peu différente de celle que connaissent les auteurs autoédités. 

Une version, en gros, destinée aux éditeurs et à des prestataires comme Librinova. 

Librinova n'est pas un éditeur. Librinova est une entreprise d'aide à l'autoédition, qui peut se transformer en agent si vous vendez plus de 1000 livres. L'auteur qui y a recours garde tous ses droits. En dessous de 1000 livres, il faut s'acquitter du prix initial du pack, 75€ par an si votre ebook fait plus de 45 000 mots, 50€ s'il fait moins de 45 000 mots. On touche alors 100% du prix de vente des revendeurs en ligne, après déduction de leur marge, c'est à dire autant qu'un auteur autoédité. 

Si on vend plus de 1000 livres (emprunts KU non compris), Librinova se transforme en agent, et nous prend 15% sur les ventes. Il n'y a alors plus besoin de renouveler le paiement annuel des packs, et on peut publier avec Librinova de nouveaux romans sans "tarif d'entrée" autre que les 15%. 


Evidemment, ce prix d'entrée de 75 € par an au minimum était quelque peu rédhibitoire. Néanmoins, la perspective de contourner les conditions d'exclusivité d'Amazon, et ce en parfait accord avec la plate-forme, était pour moi assez séduisante. 

Je savais aussi que des auteurs passés par Librinova avaient pu bénéficier de la fameuse offre éclair d'Amazon, celle que la plate-forme réserve d'habitude aux utilisateurs de KDP Select et à des auteurs triés sur le volet.  

Bref, j'ai décidé d'utiliser ce service très tôt, en devenant le 51ème auteur test, en quelque sorte. 

Dès le 11 décembre 2017, Librinova a demandé l'intégration de l'ebook que j'avais choisi pour ce test, La Trilogie Ardalia, à Kindle Unlimited.

La formule de Librinova permet d'être distribué sur plus de 200 libraires en ligne, mais je savais que même des auteurs Librinova à succès, c'est à dire ayant vendu plus de 25000 ebooks, vendaient très peu en dehors des trois ou quatre plus grosses plates-formes, et je n'attendais vraiment pas grand-chose des autres librairies en ligne.

Je misais tout sur Kindle Unlimited, et d'autant plus que Librinova avait fait preuve de souplesse, en me permettant de continuer à distribuer moi-même sur Kobo, la Fnac, Apple et Google Play. 

Cette intégration a mis plus de trois mois à se faire, puisqu'elle a été effective le 26 février 2018 seulement. Cela a entraîné la parution initiale de cet article sous le titre "Discriminé par Amazon". En effet, j'avais lancé une campagne de promo en décembre, et l'absence sur la plate-forme d'emprunt m'a été préjudiciable, ainsi qu'au roman. 

Mes ventes, comme je l'avais prévu, se sont faites en très large majorité sur Amazon et non sur les 200 autres libraires en ligne (mais j'avais gardé la main sur la distribution Kobo/Fnac, Apple et Google Play). Elles n'ont jamais pu décoller, l'absence d'intégration à KU étant un handicap majeur pour ce qui concerne la plate-forme Amazon.

On va dire que le système était encore en rôdage. Si vous souhaitez souscrire à l'offre que Librinova a rendue officielle, et ouverte à tous, il y a peu, sachez que l'intégration se fait de manière manuelle chez Amazon. Il suffit d'en faire la demande par email à Librinova après avoir acquis l'un des packs.

Examinons maintenant les particularités, avantages et défauts du pack à 75€ de Librinova, avec intégration Kindle Unlimited.  

Tout d'abord, ce service n'est valable que pour les emprunts de votre ebook en France et au Royaume Uni. Le Kindle Unlimited US n'est pour l'instant pas proposé par Amazon à Librinova. Si vous êtes auteur anglo-saxon, ce service n'est donc vraisemblablement pas pour vous. 

Si vous êtes fan des relevés de vente quotidien, il vous faudra faire une croix dessus, sauf à opter pour le pack Liberté à 120€ par an, lequel ne vous donnera ces relevés de vente que pendant 6 mois. 

Concernant les fameuses "pages lues Kindle Unlimited", vous ne pourrez pas les repérer dans vos relevés de vente, parce que ça ne fonctionne pas ainsi. Votre ebook se retrouve bien sur KU, et vous bénéficiez du boost sur le classement à chaque fois qu'il est empruné, mais, comme le précise cet article de Librinova, "Un emprunt sur Kindle Unlimited est rémunéré 30% du PPHT dès que l’emprunteur a lu plus de 20% du livre." 

C'est à dire que c'est l'ancienne formule de Kindle Unlimited qui fonctionne: vous êtes rémunéré le même prix quel que soit le nombre de pages de votre ouvrage, ce qui favoriserait la publication de livres courts... si vous ne deviez payer un nouveau pack à Librinova pour chacun de vos ouvrages, chaque année. 

Si vous en vendez plus de 1000, en revanche, vous pourrez en publier autant que vous le souhaiterez sans ce coût d'entrée des packs, mais avec le prélèvement de 15% sur les ventes. 

Je pense que, si l'on ne tient pas compte du prix des packs, les gains KU pour l'auteur sont à peu près équivalents à ceux qu'un auteur autoédité KDP Select obtient, mais cela reste à confirmer. 

Une chose qui joue en faveur de Librinova est la souplesse et la réactivité de cet acteur, qui vous permet de garder la main sur les plates-formes de votre choix (il suffit de l'indiquer par email). 

Un autre avantage, pour les auteurs ne voulant pas s'embêter à publier sur de nombreuses plates-formes, est que tout est pris en charge et se fait rapidement: c'est comme si vous ne publiiez que sur une seule plate-forme. 

L'argument de la simplicité pour choisir KDP Select est en effet souvent utilisé. Avec Librinova, les choses sont tout aussi simples. 

Il y a aussi des défauts: avec le pack à 75€, vous n'avez droit qu'à un relevé de ventes tous les 6 mois, et vous n'êtes rémunéré que tous les 6 mois. Vous ne pouvez pas non plus, en principe, changer le prix de votre ebook en cours de route -- même si j'ai constaté une certaine souplesse de Librinova à ce sujet. 

L'une des contraintes que j'ai trouvé particulièrement ennuyeuses, c'est le nombre de caractères très limité pour la description Amazon. On ne peut pas jouer non plus sur l'interlignage et la présentation en gras, ni bénéficier de cette excellent outil en ligne pour la description de son livre.  

Bref, la description est extrêmement basique. Comparez l'ebook Le Souffle d'Aoles, que j'ai autoédité sur Amazon à celui de la Trilogie Ardalia édité par Librinova pour vous en convaincre. 

Par ailleurs, il me semble que l'on peut rentrer moins de mots-clés par rapport au roman qu'en publiant directement via KDP. 

Autre contrainte, vous devez envoyer votre manuscrit word ou open office, et c'est Librinova qui se charge de la transformation en ebook. Le travail est certes bien fait, mais ne vous permet pas de peaufiner l'ebook de manière professionnelle, comme le permet gratuitement le site Draft2Digital. 

Si vous vous demandez ce que je veux dire, n'hésitez pas à télécharger un extrait de mon dernier roman, Passager clandestin

Il faut donc abandonner énormément de contrôle. 

J'espère que mon article permettra à Librinova de remédier à ces défauts. Je pense en effet que leur formule, à condition d'être utilisée pour un ebook que l'on est sûr de pouvoir promouvoir, ne serait-ce qu'auprès d'une mailing list suffisamment importante, est rentabilisable. 

Cela comporte un risque, bien sûr. Mais en passant par Librinova, si vous avez une liste de lecteurs suffisamment nombreuse, des lecteurs lisant à la fois sur Kobo, Apple et Kindle, ou même ailleurs, vous êtes sûrs de pouvoir tous les contenter, tout en bénéficiant de l'aide non négligeable de Kindle Unlimited pour la montée en classement de l'ebook sur Amazon. C'est extrêmement appréciable et professionnel. 

Si vous avez une assise de lecteurs suffisante, cela vaut la peine d'essayer, avec par exemple juste un ebook pour commencer. 

Vous vous demandez peut-être pourquoi Amazon permet en toute légalité le contournement des règles d'exclusivité de KU. Je dirais que le fait qu'il faille payer un acteur privé pour bénéficier de ce contournement valorise d'autant leur service. 

Comme je le disais dans mes précédents articles, il faut néanmoins être prudent avec Kindle Unlimited, car le prix de l'emprunt (ou de la page lue, selon les cas) varie d'un mois sur l'autre puisqu'il dépend d'une sorte de pot commun qu'Amazon réactualise chaque mois. 

Même avec une super base de lecteurs pour vous aider à revenir sur le prix annuel du pack Librinova, il viendra peut-être un jour où cet article ne sera plus pertinent, c'est à dire que la rémunération KU sera trop faible pour vous permettre d'engranger des bénéfices intéressants sur une année. 

Pour l'instant, il y a moyen de limiter les risques pour un auteur expérimenté. 

[EDIT 06/03/2018] L'avis d'une romancière auto-publiée depuis plusieurs années avec l'aide de Librinova, sur le blog Vivre de ses Romans.

mardi 9 janvier 2018

Nouvelles sorties : les failles d'Amazon

Le lancement de mon dernier roman, Passager clandestin, sans être tonitruant, a été le mieux réussi jusqu'à présent, en particulier auprès de mes lecteurs canadiens. En examinant de près ce qui se passait sur la plate-forme Amazon, aussi bien pour le livre papier que pour l'ebook, et en interrogeant un spécialiste à ce sujet, puis en lisant la réponse officielle d'Amazon, j'en suis venu à la conclusion que la plate-forme leader du marché était victime de coupables défaillances, et ce, au moment stratégiquement le plus important pour le devenir d'une œuvre. Un conseil pour les auteurs, soyez vigilants au moment de la sortie de vos livres ou ebooks. 

Peut-on aujourd'hui acheter un livre en toute indépendance? Sans même parler de l'influence de la publicité, peut-on, si l'on fait le choix d'acheter en toute liberté, en son âme et conscience, sans être conseillé, parvenir à faire un choix entièrement personnel? 

Si l'on a déjà son idée bien arrêtée, oui, sans aucun doute. 

En revanche, si l'on n'a pas vraiment d'idée, le simple choix d'entrer dans une librairie, de par les restrictions imposées au niveau de la place des livres, oriente notre achat. Pas ou extrêmement peu d'ouvrages d'auteurs indépendants. Le choix est encore plus orienté si l'on s'en tient aux meilleurs ventes, ou aux têtes de gondoles présentées en face avant et non sur la tranche. 

Quant à l'idée de se rendre sur des librairies en ligne ne possédant qu'une partie des ouvrages, puisque ne présentant pas ou très peu d'ebooks autopubliés, elle est forcément limitative, même si les ebooks sont plus nombreux en ligne que les livres en librairie ou en bibliothèque ou médiathèque. 

Le fait que de nombreux auteurs fassent le choix de l'exclusivité Amazon contribue bien sûr à ce phénomène de limitation sur les sites concurrents, on ne peut pas pointer un seul coupable en la matière. 

Un lecteur vorace, qui voudrait tout connaître dans son genre particulier, pourrait donc avoir l'idée de se rendre sur Amazon. 

Amazon, le site phare de l'orientation, où les algorithmes règnent. Où ces mêmes algorithmes privilégient grandement les ventes et la popularité, ou bien encore, les titres mis en avant par des éditeurs au terme d'accords particuliers avec la plate-forme. 

Le site, aussi, où les ebooks présents dans Kindle Unlimited, la plupart du temps publiés en exclusivité sur Amazon par des auteurs autopubliés, bénéficient d'un boost sur la popularité, à condition d'être achetés par un minimum de lecteurs au départ.

En dépit de toutes ces barrières quasiment infaillibles, je pensais qu'il existait un moyen de déjouer ces fameux algorithmes. 

L'idée n'était pas de se rendre dans une rubrique ou catégorie correspondant à un genre littéraire précis pour y consulter les dernières nouveautés, puisque celles-ci, peu nombreuses, sont mis en avant en raison de leur popularité ou d'accords avec les éditeurs. 

L'idée était de se rendre dans la catégorie précise qui correspond aux nouveautés de moins d'un mois d'Amazon. Cependant, l'onglet de recherche par défaut est celui de la popularité, ce qui nous fait retomber dans les travers précités. 

Néanmoins, il y a aussi une autre possibilité que la recherche par popularité: par date de parution. Là, en principe, plus d'algorithme, plus de triche possible: on a droit à tous les ebooks sortis (je parlerai dans un instant de la même rubrique en livres papier). Et on peut affiner le choix avec un genre précis, dans un deuxième temps. 

 Cliquer pour agrandir

Pour clarifier les choses, plutôt que de cliquer sur la rubrique "polars" dans un premier temps, vous allez cliquer sur la rubrique "nouveautés de moins de un mois", et ensuite, pour affiner, sur la rubrique "polars" en sélectionnant "date de parution".

Eh bien, même avec ce type de méthode, très précise et normalement infaillible, je ne suis pas arrivé à retrouver mon ebook le jour J. Ni même aucun des jours précédant ou suivant sa parution: il avait été purement et simplement zappé par Amazon. 

Qu'à cela ne tienne, je suis allé sur la rubrique livres papier, avec la même méthode. Et là, horreur ! En sélectionnant "date de parutions", on se retrouve, non seulement avec les nouveautés, mais avec toutes les précommandes. Pire encore, ce sont les livres papier qui sortent dans le futur le plus éloigné qui sont présentés en premier! 

C'est à dire que dans cette rubrique Nouveautés par date de parutions, qui serait censée permettre à un auteur totalement inconnu, ne bénéficiant d'aucune promotion, d'avoir le minimum de visibilité, vous allez d'abord avoir les titres sortant en 2019, puis en décembre 2018, puis en novembre 2018, et ainsi de suite.

J'ai retrouvé mon roman: en page 42 du moteur de recherche. Pas sûr que le lecteur type ait la patience, voire l'abnégation. 

J'ai fait aussitôt appel à la plate-forme, en envoyant les liens vers les catégories concernées, et en évoquant le critère de date de parution. 

Hélas, le problème n'a été réglé, pour mon ebook Passager clandestin, qu'une semaine plus tard. Le problème avec la recherche par date de parution, c'est que le lecteur vorace va rechercher les ebooks du jour ou ceux de la veille, mais certainement pas au-delà.

Voici la réponse qu'a fait Amazon, avec mes remarques en gras: 

Bonjour,

J'espère que votre semaine commence bien.

Je vous écris ce message parce que je viens de recevoir la réponse de la part de l'équipe technique.

Ils ont réalisé les recherches respectives pour voir s'il y avait un problème dans le système et tout est bien. 
 
Tout est bien maintenant, une semaine après la sortie. Délai de réaction beaucoup trop tardif pour un problème lié à une sortie. 
 
Voici votre livre dans cette rubrique:

http://amzn.to/2mf9QQu 
 
Bizarre de m'envoyer ce lien qui concerne mon ebook exclusivement. En refaisant la recherche par date de parution, je l'ai néanmoins trouvé pour la première fois dans cette catégorie des Nouveautés. Le problème a donc bien été réglé, mais trop tard. 
 
Ce que je vous recommande pour que votre livre apparaisse dans les premières pages de recherche est de faire de la publicité dans les réseaux sociaux et l'utiliser comme un moyen pour faire de la publicité de votre livre, montrer votre livre à vos amis et leur demander de partager votre ouvrage.
 
Le problème n'était pas un problème de popularité ou de ventes: si l'on fait la recherche par date de parution dans un genre suffisamment précis, on arrive à retrouver son ebook dès la première, ou les toutes premières pages, si le site est bien fait.
 
Il est important que vous sachiez qu'il faut être consistant pour voir de bons résultat et au moment où vous recevrez plus de ventes votre livre sera montré de plus en plus dans les premières pages dans les résultats de recherche.
 
Comme je l'avais précisé dans mon email à Amazon, mon ebook était arrivé n°1 dans la sous-catégorie Détectives privés. Il est monté jusqu'à environ la 800ème place du classement global Kindle. Il est arrivé à cette place parce que je connaissais le lien vers la page Amazon de l'ebook, que j'ai envoyé à ma liste de lecteurs. 
 
Pour bénéficier du boost dans les pages de recherche évoqué par les techniciens Amazon, il aurait sans doute fallu que Passager clandestin franchisse le top 100, voire le top 10, et s'y maintienne au moins deux ou trois jours. Mais je répète qu'il y a un autre critère que la popularité, celui de la date de parution.  
 
Finalement, je m'en excuse pour tous les inconvenants (sic) causés et j'espère que cette information soit de votre utilité. Je reste à votre service et si vous avez d'autres requêtes contactez-nous (kdp-support@amazon.fr), nous vous assisterons enchantés.

Bonne journée!

Bref, je me suis bien sûr demandé si je représentais un cas isolé. 

J'ai donc posé la question à Cyril Godefroy, auteur notamment de
Cyril s'est penché de manière quasiment statistique sur la question. 
Son témoignage est donc loin d'être anecdotique.
C'est malheureusement accablant pour Amazon:


En 2016, j’ai suivi pendant le salon du livre à Paris une présentation d’un salarié Amazon sur leur programme partenaire, puis je l’ai alpagué à la sortie pour lui demander s’il y avait un endroit où l’on pouvait savoir quelles étaient les dernières sorties sur Kindle.

 

Il m’a répondu sans hésitation que la page des «Nouvelles sorties» était le point d’entrée, y compris le fil RSS rattaché à cette page.

 

En septembre 2017, je me suis enfin consacré à la question, notamment pour publier les listes de nouveaux livres sortis sur le site «lesnouveauxlivres.fr», projet qui n’a pas duré.

 

Quelle déception en constatant que la liste des livres, par catégorie, n’avait rien à voir avec les derniers livres sortis. Par exemple, une amie auteure venait de sortir son dernier roman, et il n’y était pas. Après plusieurs essais, j’ai recherché d’autres moyens d’obtenir la liste des sorties un jour donné et pour une catégorie donnée.

 

Il s’avère que l’URL de la recherche [https://www.amazon.fr/s/] est bien la bonne, mais qu’il faut choisir des paramètres abscons pour trouver les informations. Et que pour connaître ces paramètres abscons, introuvables par le commun des mortels, il faut avancer à tâtons, parcourir les catégories pour obtenir leur référence (NodeId dans le langage Amazon), et que l’on ne peut le faire que pour une journée précise (et non pour une période).

 

Je passe les détails de l’url qui n’intéressent personne, car il faut la connaître et la taper en entier pour accéder à cette liste.

 

En continuant mes recherches, j’ai constaté que des titres parus depuis plusieurs semaines étaient encore dans la page de « nouveautés ». Pire encore, en fonction du cheminement pris, on a des résultats très différents.

 

Ainsi, alors que j’écris ces lignes j’ai été voir les nouveautés en passant par la catégorie Policier & Suspense, et je vois des ebooks publiés presque deux mois plus tôt : pas vraiment des nouveautés, mais clairement des livres recommandés par les algorithmes d’Amazon et clairement du merchandising.

 

Si par contre, je vais dans Ebooks Kindle -> Nouveautés et précommandes -> Les sorties récentes et que je choisis la catégorie policier et suspense, alors j’aurai une liste plus cohérente. Elle reste toutefois incomplète, très incomplète…

 

Conclusion : ne comptez pas sur cette page pour y voir apparaître 

votre livre, Amazon manipule les informations qui y sont sans 

refléter la réalité.

Voilà, vous connaissez maintenant les deux failles d'Amazon, celles qui concernent les livres papier et les ebooks. A mon sens, ces deux failles sont des trahisons de l'idéal de Jeff Bezos, qui était, à la base, de parvenir à l'exhaustivité de livres papier sur son site.

En effet, que vaut l'exhaustivité, que vaut l'idée de créer de multiples catégories afin de rendre les livres et ebooks plus visibles, si ceux-ci, au moment crucial de leur sortie, demeurent invisibles? 

[EDIT 13/01/2018] : D'après l'auteur Alex Reeve, il existe un truc pour contourner le problème sur Amazon: il faut indiquer le mot "nouveauté" dans les mots-clés. Bon à savoir. 

mercredi 19 avril 2017

Promos anglo-saxonnes : enfin des bénéfices !

Il aura fallu de la patience. J'ai publié sur les différentes plates-formes d'autoédition la traduction anglaise du Souffle d'Aoles, The Breath of Aoles, en février 2014, il y a trois ans. Sa suite, Turquoise Water, est sortie en mars 2015. Le dernier tome, The Flames of the Immolated, est sorti en août 2016. Il aura malgré tout fallu attendre cette année 2017, et ma promo sur la trilogie anglaise réunie en coffret ebook pour qu'enfin, l'argent investi dans les sites de promo de livres électroniques, américains pour la plupart, engendre un retour sur investissement. Deux facteurs auront été déterminants pour obtenir ce résultat.  

Vous vous souvenez de mon article de janvier dernier sur une promo anglo-saxonne? J'avais investi quelque chose comme 315 € dans différents sites de vente que je détaille dans l'article

Cet investissement n'avait pas été remboursé en janvier (de toute façon, il faut attendre deux mois avant le versement d'un mois en cours), puisque malgré les 250 ebooks vendus en une semaine, je n'avais gagné que 155 €.

Mais quatre mois plus tard, après de nouvelles ventes, à plein tarif cette fois, j'en suis à plus de 345 € de revenus pour The Ardalia trilogy. 

Le retour de bénéfice, une trentaine d'euros, est donc extrêmement modeste, mais réel. L'important pour moi est que je sais quels sites de promo ont été les plus efficaces, et que je suis à peu près sûr de faire mieux la prochaine fois.

Toutes mes promos précédentes sur le marché anglo-saxon les autres années, qu'il s'agisse de pubs Facebook ou de promos sur des sites payants, avaient été déficitaires.

Qu'est-ce qui a changé? Quels ont donc été ces deux facteurs principaux déterminants? 

Si vous avez lu mon article de janvier, vous savez que le coffret ebook The Ardalia trilogy est vendu exclusivement sur Amazon, contrairement aux romans pris individuellement. 

Eh bien ce sont les pages lues sur Kindle Unlimited qui expliquent en grande partie ces bénéfices, il me faut bien le reconnaître. 

Si en janvier, la trilogie anglaise a bénéficié de 4818 pages lues aux Etats-Unis et 3347 au Royaume Uni, ces chiffres sont montés respectivement à 15644 et 4283 en février.

Bien que le chiffre de 15644 pages lues paraisse impressionnant, cela a représenté en réalité 77 $. Néanmoins, cela s'ajoute au reste, et j'ai encore des pages lues ce mois-ci.

Cela prouve aussi que ma trilogie est lue par au moins quelques personnes, ce qui est réconfortant. :)


En mars, on est passé à un tout petit peu moins de 9000 pages lues (US) et seulement 163 (UK).

Les ventes d'ebooks de la trilogie à plein tarif ont été d'une quinzaine en février-mars.

Le second facteur déterminant, celui qui a sans doute permis une partie des ventes à taux plein et des pages lues, me vient des abonnés à ma newsletter anglaise, au nombre d'un millier.

J'ai toujours dit que KDP Select était défavorable à la grande majorité des auteurs, parce que la grande majorité des auteurs ne maîtrisent pas le marketing.

Je le maintiens. Rien n'a changé. Il m'a fallu plusieurs années pour élaborer la bonne stratégie marketing.

Bien qu'étant opposé à la notion d'exclusivité, j'ai malgré tout décidé de tirer parti de Kindle Unlimited, parce que ce service de souscription est ce qui se rapproche le plus d'une bibliothèque dans l'univers des ebooks, parce qu'il me faut diversifier mes sources de revenu, et parce que, de manière pragmatique, je reconnais qu'Amazon est très nettement dominant pour le marché anglo-saxon. 

Néanmoins, j'avais aussi à cœur de satisfaire ceux des lecteurs de ma newsletter anglaise qui possédent un appareil autre qu'une Kindle, et ceux qui habitent dans des pays où Kindle Countdown n'est pas en place (la promo réalisée en janvier était une promo Kindle Countdown exclusive à Amazon), et notamment l'Australie.

J'ai donc mis, la semaine dernière, mes ebooks anglais Turquoise Water et The Flames of the Immolated (The Breath of Aoles étant gratuit) à 0,99$/£ sur les différentes plates-formes. La réponse a été très favorable, puisque, en ne faisant cette fois appel à aucun site de promo, j'ai réalisé 35 ventes. 

Cette promo ne devrait pas générer autant de retombées que celle sur la trilogie complète, mais elle m'a permis, sans rien dépenser, de satisfaire certains lecteurs qui auraient pu être frustrés par la précédente.

Il est intéressant de voir qu'une portion non négligeable des abonnés à ma newsletter anglaise ne sont pas abonnés à Kindle Unlimited. En revanche, la domination d'Amazon est bel et bien validée par cette expérience menée la semaine dernière: bien qu'ayant fourni les liens vers Barnes & Noble, Apple et Kobo en plus d'Amazon dans ma newsletter, je n'ai obtenu que deux ventes sur Kobo (une pour le tome 2 et une pour le 3). Aucune sur les autres plates-formes, et 33 sur Amazon!

Voilà en tout cas deux campagnes coup sur coup qui me rapportent des bénéfices, certes très modestes, mais encourageants! 

Autres articles sur le même sujet:

Une promotion anglo-saxonne 

Traduction de romans: attention, terrain miné!

jeudi 16 février 2017

Une promotion anglo-saxonne

J'ai parfois l'impression d'être le canari dans la mine, ou si vous préférez, de jouer les cobayes pour la trentaine d'auteurs qui me suivent sur Facebook. Je ne me plains pas, cela dit: c'est un choix personnel, et je ne suis pas le seul auteur dans ce cas. Cela donne un peu plus de sens à mon activité d'auteur autoédité. Aujourd'hui, je présente le résultat d'une promotion Kindle Countdown Deal de mon coffret anglais The Ardalia trilogy, vendu en exclusivité sur Amazon. 

Un petit mot sur l'exclusivité Amazon: l'idéaliste en moi est toujours contre cette notion d'exclusivité. C'est pourquoi mes romans à titre individuel sont toujours vendus, même en anglais, sur chaque plate-forme. 

Il faut aussi savoir que je ne vends pas le coffret en français de la trilogie Ardalia, roman de Fantasy, sur les sites d'Amazon. Vous le trouverez notamment sur Kobo ou la Fnac, mais pas sur le site de Jeff Bezos. En contrepartie, j'ai donc choisi de vendre le coffret en anglais en exclu sur Amazon. 

C'est une concession que j'ai faite au pragmatique qui est en moi. 

Je vends très très peu d'ebooks en anglais sur d'autres plates-formes qu'Amazon, qui possède 75% du marché sur les ebooks aux Etats-Unis. Mes expériences avec un coffret en exclu peuvent aussi être utiles à la communauté d'auteurs. Par ailleurs, un seul coffret vendu en exclu n'est pas suffisant pour entraîner une dépendance envers Amazon.

Pour conclure sur le sujet, je dirais que, même après cette expérience du Kindle Countdown Deal que je présente ici, je ne retranche pas un mot du billet que j'avais adressé à l'attention d'Amazon

Les lecteurs de ce blog se souviennent de la promo réussie que j'avais effectuée en collaboration avec la plate-forme Kobo/Fnac sur la trilogie Ardalia en français. Elle avait donnée lieu à cette capture d'écran (cliquez sur l'image pour agrandir): 





La promo avait duré une semaine. J'avais reçu un soutien fort de la plate-forme Kobo/Fnac, avec l'équivalent de l'Offre éclair d'Amazon sur une journée, ce qui avait occasionné 63 ventes sur la journée en question, le dimanche 8 novembre 2015. 

Sur le mois complet, j'avais vendu 120 trilogies, mais une seule le mois suivant (!), ce qui ne m'avait pas permis de rentabiliser mes investissements sur les pubs Facebook. Je considère néanmoins toujours cette promo comme réussie, parce qu'elle a apporté de la visibilité à la trilogie. 

La promo Kindle Countdown Deal sur la trilogie anglaise a quant à elle eu lieu récemment, du 23 au 29 janvier 2017. 

Kindle Countdown Deal (KCD) ne représente pas une aide aussi massive que celle que j'avais reçue de Kobo, ou l'Offre éclair d'Amazon, laquelle n'est proposée qu'à des auteurs triés sur le volet. KCD est réservé aux auteurs ayant un ebook en exclusivité sur Amazon (KDP Select), et ne fonctionne que sur les plates-formes américaines et Royaume Uni.

Avec KCD, votre ebook est listé dans une catégorie spéciale d'Amazon. J'ai vérifié, mon ebook y était bien. Néanmoins, cette catégorie ne peut pas être trouvée par un lecteur sans recherche spécifique "Kindle Countdown Deal" sur le moteur de recherche Amazon. Autant dire que ce coup de pouce d'une catégorie spécifique est en réalité quasiment inexistant. 

En revanche, Amazon va indiquer, directement sur la page de vente de l'ebook, un décompte de type compte à rebours du temps restant avant le prochain changement de prix.

Ce décompte est ce qui signale une promo spéciale sur la page du livre. Ce type de signalement par rapport à une promo est unique à Amazon, et gagnerait à être utilisé par la concurrence. C'est en effet très utile, notamment grâce aux mailing lists (lecteurs abonnés), qui vont vous permettre "d'envoyer" vos lecteurs directement sur la page de vente de l'ebook sur Amazon Etats-Unis ou Royaume Uni. 

On a la possibilité de mettre différentes tranches de prix pendant la semaine de promo KCD. On n'est pas obligé de dépenser toute sa semaine de promo KCD d'un coup, on peut la répartir sur différents jours par période d'exclusivité de trois mois. Néanmoins, à mon sens c'est plus efficace d'utiliser toute la semaine d'un coup. 

De la même manière que pour la promo Kobo, j'ai baissé le prix de la trilogie à 0,99$ la plupart du temps, mais en le remontant tout de même à 3,99$ les deux derniers jours. Ces variations de prix sont permises par la promo KCD, ce qui est très utile pour étalonner les performances suivant les prix. 

Pour cette promo, j'ai principalement utilisé des sites payants préconisés par l'auteur britannique de thrillers Mark Dawson: Kindle Books & Tips le premier jour, Ereader News Today, Bargain Booksy et Bookraid le deuxième jour,  The Fussy Librarian le troisième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly les quatrième et cinquième jour. 

A mon grand regret, je n'ai pu utiliser les services de Book Barbarian, un site très utile pour la promo des ebooks de Fantasy et Science-Fiction. Il fallait s'y prendre plus de trois mois à l'avance, je n'avais pas la patience. Mais pour l'avoir déjà testé, je sais que ce site vaut les 50$ qu'il demande, pour mes romans de Fantasy en tout cas. 

J'ai aussi utilisé ma mailing list d'un peu moins de 1200 lecteurs anglophones amateurs de Fantasy, en grande majorité Américains. Si j'ai déjà obtenu autant de lecteurs abonnés anglais, c'est notamment grâce au site Instafreebie, gratuit le premier mois et coûtant 20$ par mois ensuite, et qui permet de grouper des promos avec des auteurs anglo-saxons. Le site est relié à la plate-forme de newsletter Mailchimp, ce qui est très utile.

J'ai mis un budget d'un peu plus de 300€ dans ces différents sites et sur une pub Facebook qui ciblait ma propre mailing list. A comparer avec les 200€ de ma promo de 2015. 

Le site qui m'a coûté le plus cher a été Books Butterfly: 167€. Le site est censé garantir les ventes, mais en fait, ne fournit qu'un acompte pour une prochaine promo si l'on n'atteint pas le chiffre garanti. Il n'est pas très adapté aux ebooks de Fantasy et s'est révélé décevant dans mon cas. 

Mon objectif était de vendre 200 ebooks dans la semaine, ce qui peut sembler ambitieux, mais j'avais déjà une idée des performances de la trilogie grâce à la promo Kobo, et de mon ebook anglais The Breath of Aoles, notamment sur des sites comme Kindle Books & Tips et Ereader News Today.

C'était ma toute première promo Kindle Countdown Deal, et dans un premier temps, j'ai complètement loupé le marché du Royaume Uni: si vous lancez une promo KCD, vous devez en effet définir les prix sur chaque plate-forme, américaine et anglaise, une à une. Ça n'est pas globalisé. 

Ma promo en direction des lecteurs UK n'a donc débuté que le mercredi au lieu du lundi, ce qui m'a conduit à envoyer un email d'excuses à ma mailing list. Voyons maintenant les différents résultats: 


Premier jour, Kindle Books & Tips + newsletter 


53 exemplaires. Un bon départ compte tenu du fait que je n'avais jamais utilisé ma newsletter anglaise pour des promos uniquement sur mes ebooks: en général c'était pour des promos communes avec d'autres auteurs. Nous y reviendrons. 

Le jour suivant, l'ebook a grimpé aux alentours de la 6000ème place: 

Deuxième jour Ereader News Today, Bargain Booksy et BookRaid: 

Les ventes atteignent leur pic, 81 exemplaires. Ce qui est mieux, sur une journée, que ma trilogie française avec la mise en avant Kobo. C'est principalement dû au site Ereader News Today, mais aussi à ma newsletter, qui continue à produire des ventes. 

L'ebook entre dans le top 3000 des livres payants, sa meilleure place:  

Dans la sous-catégorie "Mythe enfance, général & autre", cela lui permet de se classer brièvement, ô joie, à la première place devant les ebooks de Rick Riordan! 


Par rapport au classement précédent de la trilogie, au-delà de la millionième place, la remontée est spectaculaire: 






A noter ce mail très classe de Book Raid, un site honnête, qui ne vous facture qu'en fonction du nombre de clics sur le lien dans leur newsletter (8 grâce à eux): 



Troisième jour The Fussy Librarian, relance de la newsletter

On descend ensuite à 22 exemplaires  (oui, la chute est rude). 

Quatrième et Cinquième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly

Des deux sites, c'est Books Butterfly qui donnera le plus de ventes. Néanmoins, avec 15 ventes le quatrième jour et 37 le cinquième, ce site ne vaut pas la somme importante que j'ai mise dedans (plus de 160€). C'est sur ce poste que je réduirai mes coûts la prochaine fois. 

Sixième et septième jour, deux bonnes surprises

Le sixième jour, alors que l'ebook est passé à 3,99 € et que je n'ai plus aucune promo sur aucun site, j'obtiens 23 ventes ce qui est une bonne surprise. L'ebook reste parmi les 7000 mieux vendus d'Amazon US.





Enfin le septième jour (le dimanche), bien que ne vendant que 7 exemplaires, j'obtiens 3312 pages lues sur KEMP, c'est à dire des livres lus via le système d'abonnement Kindle Unlimited. Cela correspond à une somme d'une vingtaine d'euros assez modeste, mais toujours bonne à prendre! D'autant que les prêts pendant la période de promo n'ont pas été aussi importants qu'espérés.



Retour sur la mailing list

Un petit retour sur les abonnés anglo-américains à mon Groupe de Lecteurs (mailing list). J'ai obtenu seulement 35% d'ouverture du mail le lundi, ce qui représente 778 personnes laissées sur le carreau.

Le mercredi, le nombre de personnes abonnées à ma newsletter est passé de 1194 à 1136! Et je n'ai obtenu que 36,2% d'ouverture du mail, ce qui représente 727 personnes laissées sur le carreau.

Le vendredi, en utilisant Mailchimp, j'ai ciblé les personnes n'ayant pas ouvert aucun des deux premiers emails, et j'ai obtenu 20,8% d'ouverture, et donc 695 personnes qui ont totalement ignoré cette campagne de promo. 

Et en termes de clics sur la page de vente de l'ebook, me direz-vous? Eh bien, 126 clics le lundi, 83 le mercredi, et tout de même 52 clics le vendredi, pour les lecteurs n'ayant pas ouvert les deux premiers emails. 

Cela fait donc 261 clics en tout pour ma mailing list. On peut évaluer à 20% le chiffre de ventes par rapport à ces clics, c'est à dire que ma mailing list m'a rapporté 52 ebooks vendus. Et croyez-moi, ce n'est pas négligeable, même si le chiffre peut sembler dérisoire par rapport au nombre initial total d'abonnés (1194). 

L'apport de la mailing list est donc très intéressant. Mais il faut voir que le service Mailchimp est pour l'instant gratuit, mais me coûtera, je crois, une vingtaine d'euros par mois au-delà des 2000 abonnés. 

Comme une bonne partie de cette mailing list est en quelque sorte une masse inerte, un poids mort, j'ai tout intérêt à faire du tri. Ma méthode va donc consister à envoyer un email avec comme sujet: "Veuillez répondre à cet email si vous souhaitez rester dans mon groupe de lecteurs". 

Et ensuite? Ecrémage. En tant qu'auteur autoédité, on ne peut pas s'offrir le luxe de payer pour des gens qui ne s'intéressent pas à vous.

L'une des leçons que je tire de cette promo, c'est de ne pas attendre que votre liste ait atteint les 2000 personnes. Il vous faut faire le tri par rapport aux personnes qui vous lisent vraiment, et le plus tôt est le mieux. L'auteur Mark Dawson fait aussi des sondages qui lui permettent de mieux connaître sa mailing list. 

Quant à la pub Facebook qui ciblait ma mailing list, elle m'a coûté 16€. J'ai très rapidement arrêté: j'ai su que je ciblais bien mon Groupe de lecteurs grâce à un "j'adore" mis par une lectrice de ma liste, mais le coût, à ma surprise, était prohibitif en regard du nombre de clics (genre plus de 2€ par clic).

Je n'ai pas essayé les Lookalike audience (audiences similaires), mais j'avoue que ma foi en l'outil Facebook n'est pas au top en ce moment. 

Ventes globales

Si j'ai attendu après le 15 février pour rédiger ce blog, c'est qu'il me fallait obtenir mon relevé de compte en provenance d'Amazon, pour connaître mes revenus d'auteur sur la période de promo. 

J'ai fait en tout 246 ventes de la trilogie, 226 aux Etats-Unis et 20 au Royaume Uni. Objectif atteint, donc.

Dans les tableaux suivants, c'est la colonne "Redevance" qui importe, car elle correspond à ce que je vais réellement toucher, et non celle "Revenu": 


En tenant compte des livres prêtés sur Kindle Unlimited, mes revenus d'auteur s'élèveront à 155€ sur la période de janvier, ce qui ne couvre évidemment pas les 300 € dépensés. 

La surprise désagréable que j'ai eue, ça a été les coûts moyens de livraison de la trilogie, qui fait plus de 1200 pages: à 0,43$ le coût moyen de livraison, si vous multipliez par 226 exemplaires, on est à 97$ (environ 94€) rien que pour le marché américain. 

A cause de ces coûts de livraison, le fait de percevoir 70% pendant la promo KCD sur des ebooks vendus à 0,99$ n'est qu'un mince avantage: chaque ebook vendu m'a rapporté 0,38 cents. 

Bref, sans ces coûts, il serait tout à fait envisageable d'avoir un retour sur investissement. 

En effet, l'effet boule de neige est plus important en ce mois de février pour cette promo KCD qu'elle ne l'avait été sur Kobo. Avec 7 ebooks vendus à plein tarif (9,99$), plus les lectures Kindle Unlimited, nombreuses, j'en suis à environ 100$ de revenus d'auteur estimés rien que pour ce mois de février (qui n'est pas encore achevé, nous sommes le 16 au moment où j'écris ces lignes).  

Donc, 155 + 100 = 255€. On n'est plus très loin d'un retour sur investissement. Je ne suis pas entièrement confiant sur le fait que celui-ci ait lieu, cela dit, les ventes se raréfiant avec le temps. 

Au final, cette promo m'a permis de cibler les sites les plus utiles pour moi. Il faudra que je fasse un sérieux tri dans ma liste d'abonnés, mais je suis relativement confiant sur le fait de rentabiliser ma prochaine promo de ce type.

Je trouve donc les outils promotionnels d'Amazon intéressants, mais je reste persuadé que le site les fait payer beaucoup trop cher aux auteurs, en réclamant l'exclusivité.

vendredi 4 novembre 2016

Mon expérimentation en langue anglaise KDP Select

Pour la première fois depuis que j'utilise le service Kindle Direct Publishing, j'ai décidé de tester le service KDP Select sur un roman. Trois romans en fait, reliés les uns aux autres au sein du coffret ebook The Ardalia Trilogy. Je ne mène en effet cette expérimentation que sur une version en langue anglaise, pour des raisons très précises. 



Si vous lisez mon blog, et notamment l'article sur l'exclusivité et l'autoédition, ou celui qui concerne la viabilité ou l'offre Kindle Unlimited, vous serez en droit d'être surpris, et à la limite, de crier à la trahison. Quoi, Alan Spade, qui s'est toujours prononcé en tant qu'opposant de l'exclusivité Kindle Select, retourne sa veste? 

S'il y a une chose que j'ai toujours préconisé pour les auteurs, c'est de réaliser des expérimentations. J'ai attendu un bon moment avant de mener une vraie expérimentation sur KDP Select (j'avais déjà fait le test sur trois mois avec une nouvelle, A brief history of Ardalia, mais ça n'avait pas été probant).

J'ai maintenant suffisamment de recul pour savoir que mes ventes de livres en langue anglaise sur d'autres plates-formes qu'Amazon sont vraiment infimes: depuis 2014, date de publication de The Breath of Aoles, premier tome de la trilogie Ardalia, je suis à zéro sur Kobo, et peut-être à deux ou trois sur Apple.

Ma méthode de promotion pour mes romans anglais a consisté à m'efforcer d'obtenir suffisamment de commentaires pour accéder à de la promo sur des plates formes payantes d'envoi de newsletter, de type Ereader news today, Book barbarian ou Free Kindle Books and Tips

Or, ces sites, même quand ils ne sont pas exclusivement dédiés au Kindle, ne m'ont permis d'avoir pratiquement aucune retombée autre que des ventes sur Amazon.

Ma newsletter anglaise, de taille certes très réduite (150 membres) et très récente, n'a donné de retombées que sur Amazon.

Quant à mes pubs Facebook pour les livres en anglais, elles n'ont rien donné jusqu'à présent. 

Il y a des auteurs ou autrices américains hybrides, comme Kris Kathryn Rusch, ou même de purs indépendants, qui fonctionnent bien sur Kobo, d'autres sur Apple, d'autres encore sur Barnes & Noble, et je sais qu'une bonne partie des personnes qui ont fait la critique de mes livres en anglais l'ont fait sur des versions epub que je leur ai envoyées. 

J'en suis malgré tout venu à penser que les auteurs américains qui marchaient bien sur les plates-formes concurrentes d'Amazon devaient avoir une expérience de terrain, et notamment en termes de séances de dédicaces, sur leur territoire.

Je considère aussi à présent que si le service Kindle Unlimited est l'un des pires moyens de rémunérer les auteurs, il fait un peu figure de bibliothèque, certes privée, aux Etats-Unis, et offre donc, à condition d'effectuer de bonnes promos au préalable, une meilleure visibilité aux livres en anglais. 

Avec le recul, je vois beaucoup plus le service KDP Select comme une sorte de premier pas vers les maisons d'édition Amazon, ce qui explique - sans pour autant justifier complètement, on est d'accord - la notion d'exclusivité. 

Cela fait pas mal d'arguments militant en faveur d'une expérimentation. 

J'aurais évidemment beaucoup moins d'arguments pour le marché français, où Kobo, notamment, demeure une alternative d'autant plus intéressante que Kobo/Fnac fait la promo de plus en plus d'auteurs indés. Et où, bien sûr, je suis sur le terrain.

J'ai décidé de limiter cette expérimentation à la trilogie anglaise en un seul volume. Les lecteurs de langue anglaise ne possédant pas une liseuse Kindle peuvent toujours télécharger les romans individuellement sur les autres plates-forme, et ce pour un prix similaire à la trilogie au final. 

Et si je devais connaître le succès avec cette version, me direz-vous? J'ai pleinement conscience qu'un auteur ne dépendant que d'Amazon ne peut plus se proclamer auteur indépendant. Je crois qu'il faut tout simplement rester confiant en sa capacité de rebondir, si Amazon devait faire défaut. C'est une Lapalissade, mais la confiance en soi reste le meilleur remède contre le doute.

lundi 20 juin 2016

Exclusivité et autoédition: ma réaction à l'article du site Autoéditeur.com

Cyril Godefroy a fait paraître un article intéressant sur les risques de l'exclusivité, en mettant en relief les manœuvres parfois brutales de l'acteur numéro un dans le domaine des ebooks, Amazon, et ce à différents niveaux. Je poste ici ma réaction, après avoir commenté l'article directement.

L'article de Cyril est ici

Ceux qui connaissent mon blog ne verront sans doute rien de bien nouveau dans mon argumentaire. Cela dit, l'information est tellement volatile sur le net, que même répétée, elle peut avoir son utilité.

Il faut rappeler que même d'un point de vue business pur, la solution de passer en exclusivité par Amazon n'est pas forcément gagnante pour les auteurs.

En fait, on pourrait même dire que pour 95% des auteurs, en l'occurrence ceux qui ne sont pas adeptes du marketing et n'ont pas les chiffres de ventes suffisants pour que leurs ebooks deviennent visibles dans Kindle Unlimited, KDP Select et KU, non seulement ne servent à rien, mais réduisent plus encore leur visibilité, en les empêchant d'être présent ailleurs que sur Amazon, où ils ne sont déjà pas visibles.

Seuls les auteurs qui ont mené des expérimentations et comparé leurs chiffres de vente peuvent dire si oui ou non, il vaut mieux pour eux passer par KDP Select (l'option d'exclusivité d'Amazon).

Les meilleures ventes grâce à KDP Select n'ont rien d'automatique. Il y a plusieurs choses qui font la popularité de l'exclusivité Amazon, mais ce ne sont pas forcément les "bonnes" raisons:

- facilité de publication lié à l'interlocuteur unique et paresse de l'auteur
- de nombreux auteurs qui choisissent KDP Select sont des auteurs anciennement publiés par l'édition traditionnelle, ou qui avaient ou ont le projet de trouver un éditeur, et ne veulent avoir qu'un seul interlocuteur
- méconnaissance des autres plates-formes
- méconnaissance du fonctionnement d'Amazon, et surestimation des avantages de KDP Select
- aura d'Amazon en tant que site n°1 pour la vente de livres et d'ebooks
- possibilité "en trompe l’œil" de retirer ses ebooks de KDP Select au bout de trois mois (possibilité qui, en raison de la première raison, est rarement exploitée)

Il y a aussi, bien sûr, les auteurs qui utilisent KDP Select à bon escient et en tirent profit. Mais même parmi ces derniers, seuls quelques-uns ont vraiment expérimenté sur toutes les plates-formes et savent à quoi s'en tenir. 

Comme le dit très bien Cyril dans son article, on ne peut que constater qu'Amazon profite aussi de la faiblesse et de l'inertie de ses concurrents. 

Ces derniers ont cependant le mérite d'exister, et de rendre de plus en plus visibles certains auteurs indépendants, certes encore trop peu nombreux. 

Les auteurs indépendants doivent savoir miser en nombre suffisamment important sur d'autres sites qu'Amazon s'ils espèrent créer un marché plus diversifié pour leurs œuvres: il ne faut pas tout attendre d'un sauveur unique dont la chaloupe est déjà passablement surchargée.