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mercredi 2 octobre 2019

Laisser l'auteur encaisser ses ventes en dédicace

Pour un libraire, recevoir un auteur en dédicace nécessite une certaine organisation: le référencement des livres peut être un écueil et dissuader des libraires de recevoir des auteurs. Pour l'auteur, l'écueil, c'est parfois de se faire payer ses factures par la librairie.  L'un et l'autre peuvent résoudre ces deux obstacles d'un commun accord, en permettant à l'auteur de tenir sa propre caisse et d'encaisser directement la vente de ses livres en dédicace en librairie.

Cela se fait en salon, mais jamais dans des librairies: faire en sorte que l'auteur encaisse directement la vente de ses livres auprès des clients au moment de la séance de dédicace. C'est peut-être bien une opportunité manquée de simplifier grandement les choses pour les deux parties.

Il faut bien sûr que le libraire fasse confiance à l'auteur pour lui reverser, soit directement à l'issue de la séance de dédicace un chèque adressé au libraire, ou au service comptabilité du centre commercial, soit peu après la séance, un virement qui correspondra à la marge laissée sur chaque livre vendu. Le règlement peut bien sûr se faire en espèces, si la somme correspondante est réunie à l'issue de la séance. 


Grâce à des terminaux comme Sum up, le règlement par carte bancaire, y compris le règlement sans contact, est maintenant très facile pour les auteurs. 

Le lecteur va se présenter à la sécurité du centre commercial avec ses livres, il les présente au vigile, qui vérifie la signature de l'auteur et met les livres sous scellé, dans un sac, comme cela se fait déjà.

Personnellement, j'ai l'habitude d'établir une préfacture dès la fin de la séance de dédicace, avec le nombre de livres vendus, la marge du libraire, etc. Cela me permet d'avoir le tampon de la librairie et une preuve de passage. Cette préfacture se transformerait donc en facture définitive, avec la notification "Réglée". 

Un avantage supplémentaire dans les grands centres commerciaux ou culturels, c'est qu'il n'y a plus de livres redéposés par les lecteurs: l'auteur demande le règlement pour chaque livre avant même d'apposer sa dédicace. Le chiffre de vente est donc fiabilisé dès le départ. Plus de vérification ultérieure.

Du côté du libraire, il aurait juste à fournir la table et la chaise. Aucune autre démarche nécessaire de sa part.  

Bref, cette solution serait une véritable avancée pour les deux parties. A condition de se faire confiance. 

[EDIT 02/10/2019] : Un auteur m'a fait cette réflexion pertinente: "sous quelle dénomination les libraires vont-ils encaisser leur marge? Parce que si les livres ne sont pas référencés, ils risquent d'être obligés de les référencer tout de même, pour justifier la marge qu'ils touchent."

J'ai eu une idée: la location d'un espace de dédicace dans le magasin. La marge libraire sur chaque livre devient le prix de location de l'espace pour la journée.

samedi 19 mai 2018

Un nouveau concept

Oui, je sais, vous allez me dire que je suis peut-être le seul à trouver nouveau ce concept. Il n'empêche qu'au cours de ma carrière d'auteur autoédité, je ne l'ai jamais vu mis en pratique dans des romans de Fantasy. L'idée? Permettre à mes lecteurs de découvrir à la fois les versions française et anglaise de ma trilogie de Fantasy dans un même ebook. Un marché de niche, certes, mais qui me permet pour la première fois d'aborder une catégorie qui semblait jusqu'alors l'exclusivité de la non-fiction: l'apprentissage de la langue. 


L'idée m'est venue en voyant scintiller les yeux de certains de mes lecteurs quand je leur proposais, en dédicace, de leur envoyer gratuitement la version anglaise de l'ebook, pour compléter leur achat du livre papier. 

Je me suis dit: le fait de pouvoir lire à la fois en anglais et en français suscite donc de l'intérêt pour certains de mes lecteurs, que ce soient des mères de famille dont l'ado apprend l'anglais et apprécie la Fantasy, ou bien des lecteurs ayant un intérêt pour le bilinguisme, ou la traduction. 

Un intérêt suffisant pour mettre un peu plus d'argent dans un ebook à la fois en français et en anglais? Ça a été mon impression, mais je ne pourrais bien sûr répondre à cette question qu'empiriquement, au vu de mes courbes de ventes. 

De plus en plus de lecteurs achètent directement en VO les romans de Fantasy, il faut le savoir. Ils peuvent avoir envie de s'améliorer dans leur connaissance de la langue anglaise.

J'aime énormément l'impression d'être un pionnier dans le domaine de l'autoédition, et, même si cette expérience se traduit par des courbes aussi plates que la mer du Nord, je suis heureux d'expérimenter, parce que ça fait aussi partie du métier. Oui, c'est assez grisant, même si d'autres l'ont sans doute déjà fait avant moi, se sont plantés et ont eu tellement honte de leur échec qu'ils n'ont pas parlé de cette expérience (ce qui expliquerait que je pense, dans ma grande naïveté, avoir innové). 

Je trouve le format ebook propice à la navigation entre chapitres, et passer d'un chapitre anglais à un chapitre en français offre un plus non négligeable par rapport au simple fait d'appuyer sur le mot anglais pour en avoir la définition. Le contexte, voilà ce qui est très appréciable. Le sens, la manière dont le traducteur (et j'ai traduit deux de mes trois romans de Fantasy, Eau Turquoise et Les Flammes de l'Immolé, moi-même) va surmonter des difficultés ou aborder des tournures de phrase. 



Bien sûr, même si Dawn Lewis, la correctrice professionnelle de langue anglaise qui m'a aidé à traduire, corriger et remettre dans le bon ordre la trilogie en anglais, est à mon avis très talentueuse et a fait un travail magnifique, je ne vais pas vous demander de me croire sur parole quant à la qualité de la traduction. 

Vous pouvez vous faire votre propre opinion, en téléchargeant gratuitement Une brève histoire d'Ardalia - Duo français anglais.  

Vous pouvez aussi lire les critiques anglo-saxonnes sur les sites de vente

En pratique, pour les romans dont la couverture est française, j'ai mis la version française en premier, et la version anglaise en deuxième. Pour les romans dont la couverture est anglo-saxonne, j'ai mis la version anglaise en premier, et la version française en deuxième.

Si l'idée vous séduit, n'hésitez pas à télécharger les romans, ou bien à les recommander aux personnes autour de vous susceptibles d'être intéressées. Y compris via les réseaux sociaux! 






Prix: 5,99 €



Prix: 7,99 €



Prix: 8,99 €

lundi 19 février 2018

Cultura : une nouvelle politique de dédicaces ?

Je viens d'apprendre que les magasins Cultura ne recevraient dorénavant que deux auteurs par mois. Soit 24 séances de dédicace au total par an, dans un magasin donné. Une politique nettement plus restrictive, qui, en tant qu'auteur indépendant, va bien sûr me compliquer la tâche. S'agit-il d'une nouvelle politique nationale de l'enseigne, s'imposant à tous les magasins, ou bien ces derniers gardent-ils une marge de manoeuvre? Cette politique s'applique-t-elle à la fois aux éditeurs et aux auteurs indépendants? Ces points restent encore flous ou à confirmer. 

"On croule sous les sollicitations, et les séances de dédicace sont à chaque fois complexes à organiser. Cela nous prend trop de temps." Les magasins Cultura, à l'instar des Fnac, vendent des produits culturels de manière large: livres, liseuses électroniques, DVD, musique, jeux vidéo. Une enseigne qui semble avoir le vent en poupe, puisque de nouveaux magasins ont ouvert ces dernières années, et notamment dans la région parisienne. 

Le personnel de la librairie ne chôme pas, à tel point qu'en discutant de l'enseigne avec d'autres auteurs, le terme "sous-effectif" a tendance à revenir souvent. 

Un point symptomatique est le fait que les libraires demandent de plus en plus à être sollicité(e)s uniquement par email pour des séances de dédicace, mais que ces emails sont de moins en moins répondus.

C'est aussi un point qui fait penser que les demandes de dédicaces d'auteurs et éditeurs, avec notamment l'essor de l'autoédition, sont en nette augmentation. Voire ont tendance à exploser.

D'où la réponse, très nette et sans détour, que j'ai obtenue après mon appel au Cultura Franconville, en ce mois de février 2018 (voir les premières lignes de l'article). 

La discussion est restée courtoise, bien sûr. La libraire de Franconville (95) m'a expliqué que la nouvelle politique de l'enseigne était d'organiser deux séances de dédicace par mois. Elle a ajouté qu'il n'y avait plus de place cette année, et qu'il faudrait faire le point d'ici la fin de l'année. 

Quand je lui ai demandé s'il était possible de réserver une séance de dédicace plusieurs années à l'avance, elle m'a répondu que c'était impossible, que cela se faisait sur une année seulement. 

Je me suis mis à sa place. Je me suis vu recevoir 800 emails à la fin de l'année 2018 pour les 24 séances de dédicace en 2019. 

Comment le choix va-t-il être fait? Sans doute par genre littéraire, et peut-être par date de venue précédente dans la librairie. Mais si l'enseigne opère de manière classique dans le cadre professionnel, ce sont d'abord ce qu'on appelle les "comptes en or" qui vont être privilégiés: pas forcément les auteurs qui vendent le mieux, mais ceux qui dépendent des éditeurs ayant le plus d'influence auprès du magasin. 

Bref, j'ai compris que les critères de "nouveau livre paru, que je n'ai jamais dédicacé chez vous", ou même de nombre de lecteurs qui attendraient la suite d'un de mes livres, ces critères-là ne pèseraient pas lourd. 

Pour les auteurs indépendants, il est important de savoir faire preuve de souplesse et d'adaptabilité. Est-ce que cela vaut encore la peine de faire une demande de dédicace auprès d'une enseigne Cultura, ou bien est-ce une perte de temps et d'énergie? 

Est-ce que cette politique s'impose vraiment au niveau national à tous les magasins? Si c'est vraiment le cas, je conseillerais à mes confrères auteurs de pratiquer la stratégie du footballeur. 

Prenons un footballeur qui mouille le maillot et donne entière satisfaction. Un nouveau coach débarque, et voilà notre footballeur relégué sur le banc de touche. Si ce footballeur souhaite retrouver du temps de jeu, il n'aura qu'une seule option: demander son transfert, et signer avec une autre équipe. 

Je n'ai aucune raison de mettre en doute la parole de la libraire que j'ai eue au téléphone. 

Une autre expérience me conforte dans l'idée qu'il s'agit d'une consigne nationale (reste à savoir si c'est une consigne obligatoire ou non). 

Le premier signal d'alarme en 2018 s'est mis à résonner dans ma tête quand j'ai reçu un email du Cultura Carré Sénart me demandant de venir récupérer des livres restés en dépôt chez eux. 

En général, je fais deux ou trois séances de dédicace par an dans ce magasin situé en Seine et Marne. Je récupère les livres restés en dépôt (invendus redéposés en rayon) à cette occasion. 

J'avais donc renvoyé un email sollicitant de nouvelles séances de dédicace pour 2018, en disant que je récupérerai les livres à cette occasion. Email non répondu. Trois semaines plus tard, au retour de vacances de la personne s'occupant des dédicaces, j'apprends qu'une nouvelle politique est mise en place. Voici un large extrait de l'email que j'ai reçu: 

Tout d'abord, nous souhaitons organiser nos dédicaces en fonction des opérations qui ont lieu en magasin (Par exemple, programmer des auteurs de littérature jeunesse en dédicace, lors du mois de la jeunesse, des auteurs de polars lors du mois du polars etc ...)

Par ailleurs, notre agenda de dédicaces est toujours complet presque 6 mois à l'avance avec des auteurs que nous recevons fréquemment, pour ne pas dire régulièrement. 
Nous souhaitons aujourd'hui diversifier nos dédicaces et permettre notamment à de nouveaux auteurs de pouvoir faire une dédicace dans notre magasin.
Chose qu'ils ne peuvent faire, et que nous ne pouvons pas organiser, puisque les places disponibles sont généralement prises par les auteurs "habituels" si je puis dire. 

Je ne remets pas en cause les ventes d'ouvrages effectivement, mais comprenez que nous ne sommes pas obligés de programmer des dédicaces selon le bon vouloir des auteurs, et qu'il s'agit d'un service rendu et d'un choix de notre part.

Nouvelle politique, donc, mais apparemment différente de celle du Cultura Franconville, puisqu'il est question d'opérations comme le mois de la jeunesse ou le mois du polar. 

En fait, l'enseigne Cultura a mis en place des opérations similaires, et notamment Livres en live, au cours des années précédentes, donc pour moi, il ne s'agissait pas réellement d'un changement. 

Le vrai changement, c'était d'apprendre que je ne pourrai pas revenir dédicacer dans ce magasin sur toute l'année 2018 si je n'y étais pas invité. Et ce, malgré la sortie de Passager clandestin, mon dernier thriller, début janvier 2018. 

Et ce, malgré plus de 550 livres vendus depuis 2010 dans ce Cultura en 22 séances d'une journée chacune. 

Malgré les 31 livres vendus lors de la dernière séance au Cultura Carré Sénart en décembre 2017.

Ouch.

A la lumière des révélations qui m'ont été faites à Franconville, je suis en droit de penser qu'en réalité, le magasin de Carré Sénart se met à appliquer la politique de deux séances de dédicace par mois. Tout en cherchant en effet à faire venir de nouveaux auteurs, mais sur un nombre de dates très réduit dans l'année.

Donc, on ne m'a pas menti: on ne m'a simplement pas dit toute la vérité. 

L'enjeu financier est évidemment important pour moi: je vis des ventes de mes livres en séance de dédicace. J'ai aussi appris à ne pas dépendre d'un seul acteur, ce dont je me félicite aujourd'hui. 

Il faut aussi savoir que lorsqu'une enseigne reçoit un auteur, ce n'est pas juste une faveur que cette enseigne fait à l'auteur: cela fait de l'animation pour le magasin, et l'enseigne perçoit, dans le cas d'un Cultura, 30% de marge par livre vendu. Dans le cas de centres commerciaux de type Auchan ou Cora, c'est plutôt 20%.

Enjeu ou non, je ne harcèle jamais les libraires, même s'il m'arrive d'appeler si un email renvoyé plusieurs fois n'est pas répondu. Le harcèlement est très logiquement puni par la loi, je déconseille fortement cette voie à tous les auteurs.

Si je dois me résoudre à dédicacer mes livres dans le coffre de ma voiture, je le ferai, bien sûr. Cela peut sembler contre-intuitif étant donné le nombre d'enseignes commerciales présentes sur l'Ile de France, mais il faut savoir s'adapter. S'il est vraiment trop difficile pour un libraire de recevoir un auteur, nous aurons toujours moyen de nous débrouiller par nous-mêmes.

Pour l'instant, mes dates sont heureusement presque bouclées pour l'année 2018. Si vous êtes lecteur et que vous vous demandez où vous pouvez me retrouver en dédicace, toutes mes dates figurent sur la colonne de droite de ce blog. 

[EDIT 21/02/2018]: je viens d'avoir la réponse à la question que je me posais, de la part d'une libraire d'un autre Cultura que ceux précédemment cités, qui me disait que pour sa part, elle organisait quatre séances de dédicace par mois. Il n'y a donc pas de nombre de dédicaces imposées au niveau national par magasin, j'en ai eu la confirmation formelle.

dimanche 4 février 2018

Salon du Livre Paris Porte de Versailles

Faire partie de l'Alliance Rebelle des Auteurs Indépendants implique certaines responsabilités. 



Oui, on peut vendre des livres pendant le Salon du livre de Paris porte de Versailles. 

Une petite parenthèse tout d'abord: si vous vous demandez si mes chiffres sont exacts, n'hésitez pas à vérifier auprès des magasins concernés: même s'ils ne peuvent vous répondre sur une période précise, ils auront au moins une idée du nombre de livres que j'ai vendus chez eux depuis mes débuts. 

Le samedi 22 mars 2014, en plein salon du livre de Paris porte de Versailles, j'ai dédicacé 19 livres au Cultura la Queue en Brie, dans le 94.

Le samedi 21 mars 2015, pendant que 200 auteurs manifestaient au salon du livre de Paris, j'ai vendu 21 livres chez Auchan Plaisir, dans le 78. 

Le samedi 19 mars 2016, tandis que le salon du livre de Paris battait son plein à la porte de Versailles, je dédicaçais 24 livres au Cultura Villennes, dans le 78. 

Le samedi 25 mars et dimanche 26 mars 2017, pendant que se déroulait le salon du livre de Paris rebaptisé Livre Paris 2017, j'ai dédicacé 42 livres au Cultura Franconville, dans le 95. 

Donc, oui, on peut vendre des livres pendant le Salon du livre de Paris porte de Versailles. On peut même les vendre ailleurs. Surtout si on est auteur indépendant. 

Quand je disais que je faisais partie de l'Alliance Rebelle des Auteurs Indépendants, c'était une boutade. Une telle structure n'existe pas, en tout cas pas de manière formelle. 

Il faut savoir que pour moi, qu'on l'appelle Livre Paris ou Salon du Livre de Paris porte de Versailles, ce salon organisé par Reed-Elsevier, devenu le groupe RELX, se trouve être le symbole absolu de l'édition traditionnelle dans tout ce qu'elle peut avoir de prédateur. 

Le prix des stands, tout d'abord. Je n'ai pas vérifié dans le détail pour cette année, mais il y a quelques années, c'était dans les 900 euros pour un stand riquiqui. Les stands des gros éditeurs peuvent dépasser les 100 000 €.

Mais aussi bien sûr, le fait qu'Elsevier souffre d'une très mauvaise réputation de par ses pratiques prédatrices dans l'édition universitaire. Avec des marges phénoménales.

Vous me direz, la principale qualité d'un tel salon est de nouer des contacts au niveau professionnel, et vous aurez raison. Cela peut être une bonne idée, par exemple, pour un auteur indépendant, de parcourir les travées du salon pour vérifier quels sont les prix pratiqués par les imprimeurs. Ou de contacter des graphistes. Ou des correcteurs.

Le salon draine également énormément de monde, et même si une grande partie du public vient pour les stars, il y aura cette année un stand d'auteurs indépendants

Mais en ce qui me concerne, et cet avis est tout personnel, vous l'aurez compris, j'ai énormément de mal avec ce salon. Le samedi 17 mars 2018, je serai à l'Espace culturel Leclerc Le Plessis Belleville, dans le 60.

Je ne me déplace plus aux Imaginales d'Epinal pour une raison similaire, qui est le prix des stands. 

En tant qu'auteur artisan, je préfère les ventes à la notion de notoriété et de retombées, d'ailleurs aussi hypothétiques l'une que l'autre. 

On pourrait me reprocher de m'encroûter, de me rigidifier dans une posture d'auteur idéaliste arc-bouté sur ses grands principes. 

Eh bien, cela vous surprendra peut-être, mais il m'est arrivé d'applaudir la signature d'un contrat d'édition traditionnelle par un auteur indé. Pourquoi? Parce que je connais le sens de l'entreprise de l'auteur en question, et que je lui fais confiance pour prendre la meilleure solution pour lui. Parce que je sais que l'édition tradi connaît une certaine évolution, dans ce sens où des éditeurs précis, qui souhaitent démarcher les auteurs connaissant le succès sur Amazon, sont prêts à leur laisser leurs droits numériques, en tout cas sur la plate-forme Amazon, qui se trouve être souvent la plate-forme pour laquelle ces auteurs publiaient auparavant en exclusivité. 

Oui, on peut s'hybrider sans perdre son âme.

Quand je vois le nombre de pages lues via Kindle Unlimited et le classement de ces auteurs sur Amazon, je comprends aussi leur choix d'y publier en exclusivité, même si ce choix n'est pas le mien. 

Concernant les évolutions en cours, le message que j'ai envie de lancer à la sphère indé, c'est que les prochains droits qu'il faudra défendre avec vigueur, outre le numérique, ce sont les droits des livres audio. 

L'auteur Michael Sullivan s'est ainsi séparé de son éditeur Del Rey parce que la maison mère de Del Rey, Penguin Random House, avait décrété que les contrats ne pouvaient être signés que si l'auteur cédait ses droits audio à l'éditeur.

Si vous lisez l'anglais, cet article est vraiment édifiant.

Or, Michael Sullivan et son épouse, dans leur grande sagesse, avaient déjà négocié les droits audio avec un éditeur audio, parce que l'argent que leur donnait cet éditeur ne se refusait pas, et l'emportait sur leur contrat initial avec Del Rey. 

Faire en sorte qu'il n'y ait rien à négocier avec l'éditeur pour votre prochain livre parce que les droits en question ont déjà été cédés est donc une excellente manoeuvre, susceptible de vous mettre en position de force... à condition d'avoir fait vos calculs, et d'être prêt à aller jusqu'au bout dans le "non", en rompant le prochain contrat faute d'accord. 

Ce qui me fait aussi dire que vous ne devriez vous engager dans vos signatures de contrat que sur un seul roman, pas davantage. 

jeudi 23 novembre 2017

Vivre de l'écriture, c'est résister

"Résiste! Prouve que tu existes!" scandait France Gall dans une chanson célèbre composée par Michel Berger. Si l'on souhaite s'enrichir financièrement, les métiers de la banque ou de la Bourse conviendront beaucoup mieux que l'écriture, c'est un fait. En revanche, le fait de vouloir gagner sa vie, mener une carrière avec l'écriture dénature-t-il ce que l'on écrit ou pire encore, l'artiste en nous, comme semble le suggérer l'auteur Luc Landrot dans son dernier billet? Gérer son entreprise d'autoédition nous transforme-t-il en entrepreneurs sans scrupules? En commerciaux, en obsédés de la vente? Bien que ne vivant de l'écriture de mes romans de fiction que depuis un peu moins de quatre ans, je peux déjà faire part de mes impressions. 

Le billet de Luc est à la fois très sincère et touchant dans sa manière de vouloir préserver le cœur, l'essence même de notre passion. Ce désir d'écrire des histoires qui vont nous emporter avant peut-être, qui sait, d'emporter quelques lecteurs, de leur permettre de s'évader, de vivre cette union télépathique avec l'auteur. Et pourquoi pas, si l'on a autour de soi des gens avec lesquels on partage les mêmes goûts, d'échanger sur un livre comme on échangerait sur un film, de comparer son ressenti.

Ce qui m'a frappé c'est que, d'après ce billet, Luc exerçait la mission d'ingénieur en CDI avant de déposer sa démission pour "voyager et faire ce qui [lui] plaît."

L'un des passages de son billet est particulièrement marquant:

Certains sont même “jaloux/admiratifs” de ma situation, dans le sens où ils estiment n’avoir jamais le cran de faire pareil. Et pourtant, parfois on a quand même l’impression qu’on est illégitime. J’avais beau me répéter à moi-même que j’assumais mes choix, qu’ils étaient fondés, raisonnés, légitimes, je n’arrive pas à me débarrasser de ce poids social qui ne vient même pas des gens directement mais de la culture globale.

Vers la fin de son billet, Luc, qui a écrit un seul roman, indique que son métier principal "redeviendra probablement ingénieur". 

Je ne vais bien sûr pas me lancer dans un jugement de valeur sur le parcours d'un collègue.

Ce que je peux vous dire, c'est que ce "poids social" ressenti par Luc, il pèse aussi sur mes épaules. Je me le représente comme une entropie sociétale : si l'on envisage les métiers classiques comme le centre d'une planète, c'est un peu comme une force de la gravitation, ou une courbure de l'espace-temps, pour reprendre la théorie d'Einstein, qui vous force à glisser vers le centre si vous exercez un métier un peu plus périphérique. L'un de ces métiers qui ne sont pas préconisés par la société. Un métier artistique. 

Alors, qu'est-ce qui me différencie de quelqu'un comme Luc? D'abord, je n'ai rien d'un matheux. Notre société privilégie la fonction d'ingénieur, avec des études à base de maths et de physique. On trouve beaucoup plus facilement un métier si l'on souhaite devenir ingénieur, et c'est beaucoup mieux rémunéré. Luc a donc énormément de mérite d'avoir su briser ce carcan, cette entropie, pour poser sa démission et explorer d'autres facettes de la vie.

Ma volonté de tracer mon sillon s'est traduite par plusieurs combats, et tout d'abord celui de vivre de ma plume, principalement en tant que journaliste pigiste dans la presse écrite. J'y suis parvenu pendant huit ans, avant de céder à cette fameuse entropie, aux nécessités matérielles pour devenir conseiller emploi, pendant huit ans également. 

Fin 2013, j'ai déposé ma démission, et depuis, je vis de nouveau de l'écriture, mais de romans de fiction cette fois. Ayant déjà eu à mener ce combat pour vivre de ma plume, je sais ce que c'est. 

Alors j’ai commencé à effleurer le tourbillon infernal du marketing offensif, nous dit Luc. Lentement mais sûrement, j’opérais la transformation d’artiste à pro du marketing. 

Est-ce mon cas? Oui, dans une certaine mesure, je ne peux nier avoir dû intégrer des notions de marketing. Est-ce que ça m'a pour autant privé de mon âme d'auteur? Je laisserai chacun en décider en lisant mon prochain roman, Passager clandestin, qui sortira fin décembre. ;)

Pour appuyer son propos, Luc cite Victor Hugo: Qui n'est pas capable d'être pauvre n'est pas capable d'être libre. Ce qu'il y a de curieux dans cette citation, c'est que justement, ceux qui font le choix d'une carrière dans l'écriture, s'ils sont bien informés, savent qu'ils ont des chances infimes de s'enrichir. Ils font donc le choix, si l'on veut, de la pauvreté matérielle et de la richesse intellectuelle. 

L'autoédition est aussi vieille que la littérature. Avant que des géants comme Amazon ne boostent ce phénomène de l'autoédition, le métier se pratiquait loin des projecteurs. Officiellement, ce que la société voulait, c'est que l'auteur s'abrite derrière un éditeur qui lui, assumerait les démarches commerciales... de la même manière, si vous voulez, qu'un ingénieur va s'abriter derrière les forces de vente pour que les produits qu'il imagine et développe trouvent des débouchés.

La société semble admettre difficilement qu'un auteur fasse la promotion de ses propres œuvres: il doit donc le faire par des moyens détournés.

L'autoédition assumée a, quant à elle, donné lieu à des dérives: harcèlement, spam en tout genre, que Luc dénonce à juste titre. Forcer un lecteur à faire quoi que ce soit n'a rien de bon, et détruit en effet l'essence même du rêve.

Pour autant, faut-il renoncer à faire carrière dans ce métier d'auteur? Je ne le crois pas. Mon expérience me fait dire qu'il y a moyen de faire comprendre les choses sans brusquer, sans heurter. 

Nous devons garder le rêve intact. Mais tout le sens de mon combat pour vivre de ma plume, c'est aussi de faire comprendre à la société que ce métier est légitime. 

Ce n'est pas à la société, ou à l'administration fiscale, de dicter à l'auteur la manière dont il entend gagner sa vie. Ce combat, nous autres auteurs pouvons seuls le mener. Si nous nous y prenons de la bonne manière, nous gagnerons le soutien des lecteurs.

Vous aimez vous évader, et la société vous traite de lunatique? Parlez-lui des expériences de pensée d'Einstein. Dites-lui que sans ces expériences, il n'aurait pu établir l'équation E=MC². Cette équation n'a pour l'instant comme application pratique que le GPS, mais ouvre des perspectives phénoménales pour la société humaine dans son ensemble.  Demandez-vous, aussi, ce que pensait Einstein de l'imagination...

Si nous sommes suffisamment nombreux à résister à l'effet d'entropie, peut-être parviendrons-nous à créer des points d'amarrage suffisants pour crédibiliser notre activité, et le fait d'en vivre.    


jeudi 10 août 2017

Dix mille

Quand on est auteur, toutes les occasions sont bonnes pour boire un coup! Blague à part, je suis heureux d'annoncer aujourd'hui avoir dépassé les 10 000 livres et ebooks vendus en autoédition en ce mois d'août, et ce depuis l'année 2010 (l'année de sortie du Souffle d'Aoles, roman de fantasy). Je tiens à remercier mes proches, qui m'ont soutenu tout du long, mes lecteurs, pour leur fidélité, et bien sûr mes partenaires, libraires et plate-formes de vente. Le chemin aura été escarpé, avec des hauts et des bas, mais comme tout chemin de montagne, c'est ce qui en fait la beauté.

On a beau vouloir être indépendant, et s'autoéditer, il faut bien reconnaître que c'est du travail d'équipe. 

Sans le soutien de mes proches, et en particulier de mon épouse, je n'en serais pas là aujourd'hui. 

Sans les partenaires avec lesquelles je travaille, centres culturels et centres commerciaux en Ile de France, plates-forme de vente, je ne serais pas arrivé à toucher un aussi large public. 

Sans ma correctrice professionnelle de langue anglaise, je ne serais pas parvenu à exporter mes ebooks au Royaume Uni et aux Etats-Unis dans la langue de Shakespeare.

Sur ces 10 000 livres et ebooks vendu, près de 6800, une large majorité, donc, sont des livres papier. 

C'est une fierté, parce que les promos d'ebooks à 0,99€ peuvent parfois gonfler les ventes sans que cela reflète une réelle adhésion du public au contenu. 

Ainsi par exemple, les quelques 250 ventes en une semaine de ma promo anglo-saxonne la plus réussie, ont été obtenues en vendant la trilogie complète en anglais, de plus de 1400 pages, à 0,99$. Eh oui...

Ça ne signifie pas qu'il soit facile de générer ce genre d'intérêt, spécialement dans le monde anglo-saxon, où la concurrence est plus rude encore qu'en France. Mais il s'agit d'une marque d'intérêt plus que de réel engagement. 

Les commentaires sont mieux à même de mesurer l'engagement, et je suis heureux de ceux que j'ai reçu jusqu'à présent. De même, recevoir un email d'un lecteur enthousiaste est toujours un moment fort pour moi.  Ça et les ventes, c'est ce qu'il y a de plus tangible pour un auteur.

Est-ce que, malgré tout, on peut parfois être tenté de jeter l'éponge? Je dirais que le parcours d'artiste, pour mes semblables, ceux, du moins, qui ne transforment pas tout ce qu'ils touchent en or, c'est un peu comme dans Rocky, il faut savoir encaisser. 

Ces dix mille livres et ebooks vendus, c'est avant tout de la persévérance et de la patience.

Et le chapitre suivant de ma vie d'auteur sera bien sûr un nouveau livre. :)

dimanche 28 mai 2017

Pubs Facebook: attention aux "j'aime" frauduleux !

Facebook est malade de ses faux profils, supprimés chaque année par centaines de milliers par l'équipe de Mark Zuckerberg. Le dévoiement, ou détournement des profils n'est d'ailleurs pas propre à Facebook: c'est juste qu'il semble monter en puissance avec la popularité d'un réseau social. Les détournements et arnaques sont de nature diverses, et peuvent provenir aussi bien d'individus malintentionnés, de bots (robots) que de "clicks farms", les fameuses "fermes à clic". Le problème pour les auteurs est que ces détournements touchent le nerf de la guerre, les publicités Facebook, qui risquent de devenir de moins en moins pertinentes. 

Ce dimanche 28 mai est la Fête des Mères. A cette occasion, et depuis mardi dernier, j'ai baissé le prix de chacun de mes ebooks, Le Souffle d'Aoles, Eau Turquoise et Les Flammes de l'Immolé, à 0,99€ chacun. 

Pour en avertir les utilisateurs de Facebook, j'ai choisi de propulser un article élogieux portant sur Les Flammes de l'Immolé, celui du blog Des livres, des fils et un peu de farine...

Il m'en a coûté 45€ pour booster cet article, somme que j'ai définie moi-même, avec la possibilité d'interrompre cette publicité Facebook, et donc le versement d'argent, à tout moment.

Voici le lien vers la publicité en question

Très rapidement j'ai obtenu des "j'aime", mais tout aussi rapidement, je me suis interrogé sur la provenance d'une bonne part de ces appréciations. 

Si je vendais sur une base régulière mes ebooks en Afghanistan, aux Comorres ou en Turquie, je n'aurais pas été surpris d'avoir des utilisateurs de Facebook en provenance de ces pays cliquant sur "j'aime". 

Malheureusement, ce n'est pas le cas. 

Je vous invite à cliquer sur le lien des "j'aime" de cette publicité, et à examiner les profils en question. 

De la même manière, si vous êtes auteur et faites de la pub en utilisant Facebook, je vous recommande fortement de cliquer sur les appréciations de chacune de vos pubs pour en vérifier la fiabilité. 

Sur les 69 "j'aime" de ma pub, je dirais qu'au moins 45 sont de provenance douteuse ou très douteuse. Une très grande majorité hélas!

Ce n'est pas le cas de toutes les pubs ou articles sponsorisés que l'on trouve sur Facebook, cela dit. Certains ne souffrent pas de ce problème, c'est pourquoi je recommande d'agir au cas par cas plutôt que de manière systématique.

L'auteur autoédité Mark Dawson, que j'ai interrogé à ce sujet, et qui possède une mailing list de plus de 65 000 personnes, m'a confirmé qu'il tirait toujours la plupart de ses revenus de pubs Facebook, qu'il s'agisse d'accroître sa newsletter ou de faire des ventes directes.


Pour plus de transparence, voici quel était le "ciblage" de ma pub Facebook: 

- Pays: France et Wallonie
- Audience: hommes et femmes entre 16 et 44 ans
- Centres d'intérêts : Heroic Fantasy, les auteurs Robert Jordan, Frank Herbert, David Gemmell, Terry Goodkind, Robin Hobb, Fiona McIntosh, Brandon Sanderson, Ursula K. Le Guin, Jack Vance, Morgan Rice, Rick Riordan, plus le roman Les Enfants de la Terre et le personnage de Percy Jackson

Cette audience représentait plus de 1,5 millions de personnes. La publicité a démarré le mardi. En supprimant Heroic Fantasy et Percy Jackson après une journée, dès le mercredi, j'ai réduit l'audience à 30 000 personnes. J'espérais ainsi éviter les clicks farms.

Malgré cela, l'hémorragie des fausses appréciations, vraisemblablement en provenance de "fermes à clics" s'est poursuivie durant toute la durée de la pub, que j'ai interrompue le vendredi soir. 
 
L'explication de ce problème se trouve sans doute dans cette vidéo de langue anglaise de 2014 intitulée Facebook Fraud


Pour résumer, les employés des fameuses Clicks Farms, afin de légitimer leurs appréciations, de faire en sorte qu'elles soient validées par Facebook, vont cliquer sur les "j'aime" ou "j'adore" des publicités de manière aléatoire, et parviennent à localiser leurs profils dans les pays ciblés par ces publicités. 

En gros, ce n'est pas parce que vous ne ciblez pas l'Afghanistan, que vous n'aurez pas un Afghan dont il est écrit sur le profil qu'il vit à Paris qui va vous aimer votre pub. 

Comme le précise la vidéo ci-dessus, ces appréciations sont en fait très néfastes par rapport à votre pub, parce que nuisant à l'effet boule de neige, Facebook ayant mis en place des contre-mesures pour réduire la popularité en cas de doute sur la provenance des clics.

En plus, n'importe qui cliquant sur les appréciations se demandera si vous n'avez pas vous-même fait appel à une "ferme à clics". 

Inutile de dire que j'ai eu très peu de ventes à la suite de cette pub: moins d'une dizaine. 

Il fut un temps où je parlais d'une promo réussie en raison de deux facteurs, l'aide de la plate-forme de vente et les pubs Facebook.

Les choses ont bien changé.

Il s'avère qu'il va devenir de plus en plus difficile de s'appuyer sur les pubs Facebook pour faire connaître ses romans.    

mercredi 19 avril 2017

Promos anglo-saxonnes : enfin des bénéfices !

Il aura fallu de la patience. J'ai publié sur les différentes plates-formes d'autoédition la traduction anglaise du Souffle d'Aoles, The Breath of Aoles, en février 2014, il y a trois ans. Sa suite, Turquoise Water, est sortie en mars 2015. Le dernier tome, The Flames of the Immolated, est sorti en août 2016. Il aura malgré tout fallu attendre cette année 2017, et ma promo sur la trilogie anglaise réunie en coffret ebook pour qu'enfin, l'argent investi dans les sites de promo de livres électroniques, américains pour la plupart, engendre un retour sur investissement. Deux facteurs auront été déterminants pour obtenir ce résultat.  

Vous vous souvenez de mon article de janvier dernier sur une promo anglo-saxonne? J'avais investi quelque chose comme 315 € dans différents sites de vente que je détaille dans l'article

Cet investissement n'avait pas été remboursé en janvier (de toute façon, il faut attendre deux mois avant le versement d'un mois en cours), puisque malgré les 250 ebooks vendus en une semaine, je n'avais gagné que 155 €.

Mais quatre mois plus tard, après de nouvelles ventes, à plein tarif cette fois, j'en suis à plus de 345 € de revenus pour The Ardalia trilogy. 

Le retour de bénéfice, une trentaine d'euros, est donc extrêmement modeste, mais réel. L'important pour moi est que je sais quels sites de promo ont été les plus efficaces, et que je suis à peu près sûr de faire mieux la prochaine fois.

Toutes mes promos précédentes sur le marché anglo-saxon les autres années, qu'il s'agisse de pubs Facebook ou de promos sur des sites payants, avaient été déficitaires.

Qu'est-ce qui a changé? Quels ont donc été ces deux facteurs principaux déterminants? 

Si vous avez lu mon article de janvier, vous savez que le coffret ebook The Ardalia trilogy est vendu exclusivement sur Amazon, contrairement aux romans pris individuellement. 

Eh bien ce sont les pages lues sur Kindle Unlimited qui expliquent en grande partie ces bénéfices, il me faut bien le reconnaître. 

Si en janvier, la trilogie anglaise a bénéficié de 4818 pages lues aux Etats-Unis et 3347 au Royaume Uni, ces chiffres sont montés respectivement à 15644 et 4283 en février.

Bien que le chiffre de 15644 pages lues paraisse impressionnant, cela a représenté en réalité 77 $. Néanmoins, cela s'ajoute au reste, et j'ai encore des pages lues ce mois-ci.

Cela prouve aussi que ma trilogie est lue par au moins quelques personnes, ce qui est réconfortant. :)


En mars, on est passé à un tout petit peu moins de 9000 pages lues (US) et seulement 163 (UK).

Les ventes d'ebooks de la trilogie à plein tarif ont été d'une quinzaine en février-mars.

Le second facteur déterminant, celui qui a sans doute permis une partie des ventes à taux plein et des pages lues, me vient des abonnés à ma newsletter anglaise, au nombre d'un millier.

J'ai toujours dit que KDP Select était défavorable à la grande majorité des auteurs, parce que la grande majorité des auteurs ne maîtrisent pas le marketing.

Je le maintiens. Rien n'a changé. Il m'a fallu plusieurs années pour élaborer la bonne stratégie marketing.

Bien qu'étant opposé à la notion d'exclusivité, j'ai malgré tout décidé de tirer parti de Kindle Unlimited, parce que ce service de souscription est ce qui se rapproche le plus d'une bibliothèque dans l'univers des ebooks, parce qu'il me faut diversifier mes sources de revenu, et parce que, de manière pragmatique, je reconnais qu'Amazon est très nettement dominant pour le marché anglo-saxon. 

Néanmoins, j'avais aussi à cœur de satisfaire ceux des lecteurs de ma newsletter anglaise qui possédent un appareil autre qu'une Kindle, et ceux qui habitent dans des pays où Kindle Countdown n'est pas en place (la promo réalisée en janvier était une promo Kindle Countdown exclusive à Amazon), et notamment l'Australie.

J'ai donc mis, la semaine dernière, mes ebooks anglais Turquoise Water et The Flames of the Immolated (The Breath of Aoles étant gratuit) à 0,99$/£ sur les différentes plates-formes. La réponse a été très favorable, puisque, en ne faisant cette fois appel à aucun site de promo, j'ai réalisé 35 ventes. 

Cette promo ne devrait pas générer autant de retombées que celle sur la trilogie complète, mais elle m'a permis, sans rien dépenser, de satisfaire certains lecteurs qui auraient pu être frustrés par la précédente.

Il est intéressant de voir qu'une portion non négligeable des abonnés à ma newsletter anglaise ne sont pas abonnés à Kindle Unlimited. En revanche, la domination d'Amazon est bel et bien validée par cette expérience menée la semaine dernière: bien qu'ayant fourni les liens vers Barnes & Noble, Apple et Kobo en plus d'Amazon dans ma newsletter, je n'ai obtenu que deux ventes sur Kobo (une pour le tome 2 et une pour le 3). Aucune sur les autres plates-formes, et 33 sur Amazon!

Voilà en tout cas deux campagnes coup sur coup qui me rapportent des bénéfices, certes très modestes, mais encourageants! 

Autres articles sur le même sujet:

Une promotion anglo-saxonne 

Traduction de romans: attention, terrain miné!

lundi 6 mars 2017

Nous sommes nos propres labels de qualité

Il existe un débat amical à l'heure actuelle entre auteurs indépendants pour savoir s'il faut mettre en place un label de qualité des auteurs indépendants. Il semblerait que ce label soit réclamé par de nombreux lecteurs. Je suis dans l'autoédition depuis suffisamment longtemps pour avoir mené cette réflexion de manière assez intense avec d'autres auteurs il y a déjà plusieurs années, et mon avis là-dessus est tranché: l'idée du label est une perte de temps. Certains disent qu'il n'y a pas un label de qualité, mais des labels de qualité, et je suis d'accord. J'irais même plus loin, chaque auteur indépendant est son label de qualité, de la même manière que chaque maison d'édition est son label de qualité.

Sous l'impulsion de la romancière Elen Brig Koridwen, un groupe, ou fédération des Auteurs Indépendants s'est mis en place. Ce groupe, que je soutiens, se veut avant tout un site ressource pour les auteurs. Vous retrouverez le site officiel en suivant ce lien

C'est principalement cette Fédération qui mène en ce moment une réflexion sur le label de qualité, sur ce groupe Facebook.

En parallèle, l'Alliance des auteurs indépendants (AAIF) a été lancée par l'auteur Neil Jomunsi, sorte de syndicat des auteurs indépendants. Constatant l'existence du groupe des Auteurs Indépendants, Neil a cependant préféré s'effacer au profit de ce dernier. 

D'autres ressources existent, créées par et pour les auteurs indépendants. Me viennent pêle-mêle à l'esprit l'indispensable Mag des Indés de Chris Simon, le site ebookgang, pour les lecteurs, mais utilisé comme site promotionnel par les auteurs, le site Espaces comprises, le blog de Jacques Vandroux, et le site Indylicious, centre de presse destiné à faire la promo des auteurs indépendants. 

L'idée de pouvoir avoir un centre de ressources où sont regroupées toutes les initiatives des auteurs indépendants me semble donc bonne, car on le voit, ça foisonne! 

Mais si vous voulez connaître mes raisons contre le label de qualité, lisez l'article de Neil Jomunsi. Je suis entièrement d'accord avec ses arguments, et notamment ce passage: En créant des différences labelisées entre les différents ouvrages, on ne fait ni plus ni moins que reproduire le travail d’un éditeur, sans les moyens – ce qui semble assez bizarre quand on se lance justement dans la publication indépendante. 

Je comprends et partage le désir d'Elen et de bien d'autres que notre travail soit reconnu pour sa qualité par des tiers indépendants, qui pourraient donner une sorte de "coup de tampon officiel" à la qualité de nos ouvrages. 

Ce travail sur la reconnaissance de la qualité, on peut le faire, bien sûr, mais je préfère prévenir Elen: c'est épuisant de se lancer là-dedans.

Il existe des structures composées d'auteurs indépendants qui choisissent des textes indés sur des critères de qualité, et notamment le magazine l'Indépanda

Je ne veux rien décourager, bien au contraire: j'ai soutenu le projet l'Indépanda en leur soumettant l'une de mes nouvelles, Le Vagabond, et j'ai eu la fierté de le voir sélectionné pour le numéro 2 du mag. 

J'ai aussi été heureux de voir rassembler ainsi des textes de qualité dans des magazines facilement téléchargeables au format ebook sur Amazon. 

De même, quand j'ai vu que Bookelis, site de bonne réputation d'aide à l'autoédition, lançait cette année, pour la deuxième année le Prix Fantasy des Booktubers, j'ai sauté à pieds joints: un prix de la Fantasy pour les auteurs indés, et qui ne soit pas organisé par Amazon? Bien sûr que l'on peut compter sur moi! 

Non pas que je ne soutienne pas Amazon, mais je ne souhaite pas que la notion d'auteurs indépendants devienne l'équivalent chez le grand public, à force d'incitation à l'exclusivité, d'"auteurs Amazon". 

Tout cela est utile, mais prix ou label, cela demande du travail, c'est souvent le projet de deux ou trois personnes, et comme n'importe quelle petite maison d'édition, c'est très fragile. 

Par ailleurs, j'ai presque terminé (91% sur ma liseuse) le formidable roman d'Elen Brig Koridwen, Les trois Sages, Elie et l'Apocalypse. Incroyable d'érudition et de maîtrise, et très prenant!

Eh bien ce roman est en lui-même son propre label de qualité. Non pas qu'il n'aurait pas besoin d'être davantage connu, bien sûr que c'est le cas! 

En fait, je préfère que la romancière continue à écrire et faire sa promo plutôt que d'épuiser son énergie dans des structures qui sont avant tout dévoreuses de temps, dont l'efficacité en terme de diffusion envers les lecteurs est encore à construire intégralement, et qui resteront de toute façon fragiles par définition. 

En revanche, je me positionne en faveur de sites ressources qui ne demandent pas trop d'investissement. L'idéal pourrait sembler être une sorte de Wikipédia des auteurs autoédités, mais même cela demanderait énormément d'investissement en temps pour les modérateurs/correcteurs des articles. 

Nous cumulons déjà beaucoup de casquettes en tant qu'auteurs autoédités. A-t-on vraiment besoin de créer de nouvelles structures, ou la structure globale pour la recherche de qualité et la recherche de ressources n'existe-t-elle pas déjà, sous la forme d'Internet?

jeudi 16 février 2017

Une promotion anglo-saxonne

J'ai parfois l'impression d'être le canari dans la mine, ou si vous préférez, de jouer les cobayes pour la trentaine d'auteurs qui me suivent sur Facebook. Je ne me plains pas, cela dit: c'est un choix personnel, et je ne suis pas le seul auteur dans ce cas. Cela donne un peu plus de sens à mon activité d'auteur autoédité. Aujourd'hui, je présente le résultat d'une promotion Kindle Countdown Deal de mon coffret anglais The Ardalia trilogy, vendu en exclusivité sur Amazon. 

Un petit mot sur l'exclusivité Amazon: l'idéaliste en moi est toujours contre cette notion d'exclusivité. C'est pourquoi mes romans à titre individuel sont toujours vendus, même en anglais, sur chaque plate-forme. 

Il faut aussi savoir que je ne vends pas le coffret en français de la trilogie Ardalia, roman de Fantasy, sur les sites d'Amazon. Vous le trouverez notamment sur Kobo ou la Fnac, mais pas sur le site de Jeff Bezos. En contrepartie, j'ai donc choisi de vendre le coffret en anglais en exclu sur Amazon. 

C'est une concession que j'ai faite au pragmatique qui est en moi. 

Je vends très très peu d'ebooks en anglais sur d'autres plates-formes qu'Amazon, qui possède 75% du marché sur les ebooks aux Etats-Unis. Mes expériences avec un coffret en exclu peuvent aussi être utiles à la communauté d'auteurs. Par ailleurs, un seul coffret vendu en exclu n'est pas suffisant pour entraîner une dépendance envers Amazon.

Pour conclure sur le sujet, je dirais que, même après cette expérience du Kindle Countdown Deal que je présente ici, je ne retranche pas un mot du billet que j'avais adressé à l'attention d'Amazon

Les lecteurs de ce blog se souviennent de la promo réussie que j'avais effectuée en collaboration avec la plate-forme Kobo/Fnac sur la trilogie Ardalia en français. Elle avait donnée lieu à cette capture d'écran (cliquez sur l'image pour agrandir): 





La promo avait duré une semaine. J'avais reçu un soutien fort de la plate-forme Kobo/Fnac, avec l'équivalent de l'Offre éclair d'Amazon sur une journée, ce qui avait occasionné 63 ventes sur la journée en question, le dimanche 8 novembre 2015. 

Sur le mois complet, j'avais vendu 120 trilogies, mais une seule le mois suivant (!), ce qui ne m'avait pas permis de rentabiliser mes investissements sur les pubs Facebook. Je considère néanmoins toujours cette promo comme réussie, parce qu'elle a apporté de la visibilité à la trilogie. 

La promo Kindle Countdown Deal sur la trilogie anglaise a quant à elle eu lieu récemment, du 23 au 29 janvier 2017. 

Kindle Countdown Deal (KCD) ne représente pas une aide aussi massive que celle que j'avais reçue de Kobo, ou l'Offre éclair d'Amazon, laquelle n'est proposée qu'à des auteurs triés sur le volet. KCD est réservé aux auteurs ayant un ebook en exclusivité sur Amazon (KDP Select), et ne fonctionne que sur les plates-formes américaines et Royaume Uni.

Avec KCD, votre ebook est listé dans une catégorie spéciale d'Amazon. J'ai vérifié, mon ebook y était bien. Néanmoins, cette catégorie ne peut pas être trouvée par un lecteur sans recherche spécifique "Kindle Countdown Deal" sur le moteur de recherche Amazon. Autant dire que ce coup de pouce d'une catégorie spécifique est en réalité quasiment inexistant. 

En revanche, Amazon va indiquer, directement sur la page de vente de l'ebook, un décompte de type compte à rebours du temps restant avant le prochain changement de prix.

Ce décompte est ce qui signale une promo spéciale sur la page du livre. Ce type de signalement par rapport à une promo est unique à Amazon, et gagnerait à être utilisé par la concurrence. C'est en effet très utile, notamment grâce aux mailing lists (lecteurs abonnés), qui vont vous permettre "d'envoyer" vos lecteurs directement sur la page de vente de l'ebook sur Amazon Etats-Unis ou Royaume Uni. 

On a la possibilité de mettre différentes tranches de prix pendant la semaine de promo KCD. On n'est pas obligé de dépenser toute sa semaine de promo KCD d'un coup, on peut la répartir sur différents jours par période d'exclusivité de trois mois. Néanmoins, à mon sens c'est plus efficace d'utiliser toute la semaine d'un coup. 

De la même manière que pour la promo Kobo, j'ai baissé le prix de la trilogie à 0,99$ la plupart du temps, mais en le remontant tout de même à 3,99$ les deux derniers jours. Ces variations de prix sont permises par la promo KCD, ce qui est très utile pour étalonner les performances suivant les prix. 

Pour cette promo, j'ai principalement utilisé des sites payants préconisés par l'auteur britannique de thrillers Mark Dawson: Kindle Books & Tips le premier jour, Ereader News Today, Bargain Booksy et Bookraid le deuxième jour,  The Fussy Librarian le troisième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly les quatrième et cinquième jour. 

A mon grand regret, je n'ai pu utiliser les services de Book Barbarian, un site très utile pour la promo des ebooks de Fantasy et Science-Fiction. Il fallait s'y prendre plus de trois mois à l'avance, je n'avais pas la patience. Mais pour l'avoir déjà testé, je sais que ce site vaut les 50$ qu'il demande, pour mes romans de Fantasy en tout cas. 

J'ai aussi utilisé ma mailing list d'un peu moins de 1200 lecteurs anglophones amateurs de Fantasy, en grande majorité Américains. Si j'ai déjà obtenu autant de lecteurs abonnés anglais, c'est notamment grâce au site Instafreebie, gratuit le premier mois et coûtant 20$ par mois ensuite, et qui permet de grouper des promos avec des auteurs anglo-saxons. Le site est relié à la plate-forme de newsletter Mailchimp, ce qui est très utile.

J'ai mis un budget d'un peu plus de 300€ dans ces différents sites et sur une pub Facebook qui ciblait ma propre mailing list. A comparer avec les 200€ de ma promo de 2015. 

Le site qui m'a coûté le plus cher a été Books Butterfly: 167€. Le site est censé garantir les ventes, mais en fait, ne fournit qu'un acompte pour une prochaine promo si l'on n'atteint pas le chiffre garanti. Il n'est pas très adapté aux ebooks de Fantasy et s'est révélé décevant dans mon cas. 

Mon objectif était de vendre 200 ebooks dans la semaine, ce qui peut sembler ambitieux, mais j'avais déjà une idée des performances de la trilogie grâce à la promo Kobo, et de mon ebook anglais The Breath of Aoles, notamment sur des sites comme Kindle Books & Tips et Ereader News Today.

C'était ma toute première promo Kindle Countdown Deal, et dans un premier temps, j'ai complètement loupé le marché du Royaume Uni: si vous lancez une promo KCD, vous devez en effet définir les prix sur chaque plate-forme, américaine et anglaise, une à une. Ça n'est pas globalisé. 

Ma promo en direction des lecteurs UK n'a donc débuté que le mercredi au lieu du lundi, ce qui m'a conduit à envoyer un email d'excuses à ma mailing list. Voyons maintenant les différents résultats: 


Premier jour, Kindle Books & Tips + newsletter 


53 exemplaires. Un bon départ compte tenu du fait que je n'avais jamais utilisé ma newsletter anglaise pour des promos uniquement sur mes ebooks: en général c'était pour des promos communes avec d'autres auteurs. Nous y reviendrons. 

Le jour suivant, l'ebook a grimpé aux alentours de la 6000ème place: 

Deuxième jour Ereader News Today, Bargain Booksy et BookRaid: 

Les ventes atteignent leur pic, 81 exemplaires. Ce qui est mieux, sur une journée, que ma trilogie française avec la mise en avant Kobo. C'est principalement dû au site Ereader News Today, mais aussi à ma newsletter, qui continue à produire des ventes. 

L'ebook entre dans le top 3000 des livres payants, sa meilleure place:  

Dans la sous-catégorie "Mythe enfance, général & autre", cela lui permet de se classer brièvement, ô joie, à la première place devant les ebooks de Rick Riordan! 


Par rapport au classement précédent de la trilogie, au-delà de la millionième place, la remontée est spectaculaire: 






A noter ce mail très classe de Book Raid, un site honnête, qui ne vous facture qu'en fonction du nombre de clics sur le lien dans leur newsletter (8 grâce à eux): 



Troisième jour The Fussy Librarian, relance de la newsletter

On descend ensuite à 22 exemplaires  (oui, la chute est rude). 

Quatrième et Cinquième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly

Des deux sites, c'est Books Butterfly qui donnera le plus de ventes. Néanmoins, avec 15 ventes le quatrième jour et 37 le cinquième, ce site ne vaut pas la somme importante que j'ai mise dedans (plus de 160€). C'est sur ce poste que je réduirai mes coûts la prochaine fois. 

Sixième et septième jour, deux bonnes surprises

Le sixième jour, alors que l'ebook est passé à 3,99 € et que je n'ai plus aucune promo sur aucun site, j'obtiens 23 ventes ce qui est une bonne surprise. L'ebook reste parmi les 7000 mieux vendus d'Amazon US.





Enfin le septième jour (le dimanche), bien que ne vendant que 7 exemplaires, j'obtiens 3312 pages lues sur KEMP, c'est à dire des livres lus via le système d'abonnement Kindle Unlimited. Cela correspond à une somme d'une vingtaine d'euros assez modeste, mais toujours bonne à prendre! D'autant que les prêts pendant la période de promo n'ont pas été aussi importants qu'espérés.



Retour sur la mailing list

Un petit retour sur les abonnés anglo-américains à mon Groupe de Lecteurs (mailing list). J'ai obtenu seulement 35% d'ouverture du mail le lundi, ce qui représente 778 personnes laissées sur le carreau.

Le mercredi, le nombre de personnes abonnées à ma newsletter est passé de 1194 à 1136! Et je n'ai obtenu que 36,2% d'ouverture du mail, ce qui représente 727 personnes laissées sur le carreau.

Le vendredi, en utilisant Mailchimp, j'ai ciblé les personnes n'ayant pas ouvert aucun des deux premiers emails, et j'ai obtenu 20,8% d'ouverture, et donc 695 personnes qui ont totalement ignoré cette campagne de promo. 

Et en termes de clics sur la page de vente de l'ebook, me direz-vous? Eh bien, 126 clics le lundi, 83 le mercredi, et tout de même 52 clics le vendredi, pour les lecteurs n'ayant pas ouvert les deux premiers emails. 

Cela fait donc 261 clics en tout pour ma mailing list. On peut évaluer à 20% le chiffre de ventes par rapport à ces clics, c'est à dire que ma mailing list m'a rapporté 52 ebooks vendus. Et croyez-moi, ce n'est pas négligeable, même si le chiffre peut sembler dérisoire par rapport au nombre initial total d'abonnés (1194). 

L'apport de la mailing list est donc très intéressant. Mais il faut voir que le service Mailchimp est pour l'instant gratuit, mais me coûtera, je crois, une vingtaine d'euros par mois au-delà des 2000 abonnés. 

Comme une bonne partie de cette mailing list est en quelque sorte une masse inerte, un poids mort, j'ai tout intérêt à faire du tri. Ma méthode va donc consister à envoyer un email avec comme sujet: "Veuillez répondre à cet email si vous souhaitez rester dans mon groupe de lecteurs". 

Et ensuite? Ecrémage. En tant qu'auteur autoédité, on ne peut pas s'offrir le luxe de payer pour des gens qui ne s'intéressent pas à vous.

L'une des leçons que je tire de cette promo, c'est de ne pas attendre que votre liste ait atteint les 2000 personnes. Il vous faut faire le tri par rapport aux personnes qui vous lisent vraiment, et le plus tôt est le mieux. L'auteur Mark Dawson fait aussi des sondages qui lui permettent de mieux connaître sa mailing list. 

Quant à la pub Facebook qui ciblait ma mailing list, elle m'a coûté 16€. J'ai très rapidement arrêté: j'ai su que je ciblais bien mon Groupe de lecteurs grâce à un "j'adore" mis par une lectrice de ma liste, mais le coût, à ma surprise, était prohibitif en regard du nombre de clics (genre plus de 2€ par clic).

Je n'ai pas essayé les Lookalike audience (audiences similaires), mais j'avoue que ma foi en l'outil Facebook n'est pas au top en ce moment. 

Ventes globales

Si j'ai attendu après le 15 février pour rédiger ce blog, c'est qu'il me fallait obtenir mon relevé de compte en provenance d'Amazon, pour connaître mes revenus d'auteur sur la période de promo. 

J'ai fait en tout 246 ventes de la trilogie, 226 aux Etats-Unis et 20 au Royaume Uni. Objectif atteint, donc.

Dans les tableaux suivants, c'est la colonne "Redevance" qui importe, car elle correspond à ce que je vais réellement toucher, et non celle "Revenu": 


En tenant compte des livres prêtés sur Kindle Unlimited, mes revenus d'auteur s'élèveront à 155€ sur la période de janvier, ce qui ne couvre évidemment pas les 300 € dépensés. 

La surprise désagréable que j'ai eue, ça a été les coûts moyens de livraison de la trilogie, qui fait plus de 1200 pages: à 0,43$ le coût moyen de livraison, si vous multipliez par 226 exemplaires, on est à 97$ (environ 94€) rien que pour le marché américain. 

A cause de ces coûts de livraison, le fait de percevoir 70% pendant la promo KCD sur des ebooks vendus à 0,99$ n'est qu'un mince avantage: chaque ebook vendu m'a rapporté 0,38 cents. 

Bref, sans ces coûts, il serait tout à fait envisageable d'avoir un retour sur investissement. 

En effet, l'effet boule de neige est plus important en ce mois de février pour cette promo KCD qu'elle ne l'avait été sur Kobo. Avec 7 ebooks vendus à plein tarif (9,99$), plus les lectures Kindle Unlimited, nombreuses, j'en suis à environ 100$ de revenus d'auteur estimés rien que pour ce mois de février (qui n'est pas encore achevé, nous sommes le 16 au moment où j'écris ces lignes).  

Donc, 155 + 100 = 255€. On n'est plus très loin d'un retour sur investissement. Je ne suis pas entièrement confiant sur le fait que celui-ci ait lieu, cela dit, les ventes se raréfiant avec le temps. 

Au final, cette promo m'a permis de cibler les sites les plus utiles pour moi. Il faudra que je fasse un sérieux tri dans ma liste d'abonnés, mais je suis relativement confiant sur le fait de rentabiliser ma prochaine promo de ce type.

Je trouve donc les outils promotionnels d'Amazon intéressants, mais je reste persuadé que le site les fait payer beaucoup trop cher aux auteurs, en réclamant l'exclusivité.

dimanche 15 janvier 2017

Trois ans déjà

Trois ans déjà que j'ai quitté mon CDI au Pôle Emploi pour travailler à temps plein sur l'écriture. Je ne regrette rien, et j'ai de la gratitude envers mes proches, qui ont soutenu ma démarche, et envers mes lecteurs. 

Quand je pense à ma situation d'auteur autoédité, et à cette décision de tout lâcher pour m'efforcer de vivre à temps plein de l'écriture, au fait aussi que je ne m'endette pas suite à ce choix, je repense immanquablement à cette scène du film de Pulp Fiction, à partir de 1 minute 25 dans la vidéo: 


Je me sens comme les personnages joués par John Travolta et Samuel L. Jackson après qu'on leur ait tiré dessus -- incroyablement chanceux. 

J'avais pris cette décision en décembre 2013, pas totalement par moi-même, mais à la suite de la décision du déménagement de l'agence Spectacle parisienne du Pôle Emploi, à l'époque situé dans le XIème arrondissement (rue de Malte), pour aller dans le XVème. 

J'avais eu besoin de ce petit coup de pied aux fesses du destin pour prendre cette décision. Je me souviens de m'être dit qu'en étant au pied du mur, en n'ayant pas d'autre choix, je serai forcé de faire le nécessaire pour survivre. 

Je dois reconnaître aussi qu'à l'époque, j'étais dans une situation extrêmement privilégiée par rapport à de nombreux Français, n'ayant pas de loyer à payer, et ayant remboursé mon prêt immobilier suite à certains héritages (pas le genre d'héritages qui vous rendent riche à millions, mais de ceux qui vous permettent de compléter l'achat d'un pavillon). 

Depuis ce passage à temps plein dans mon activité d'auteur autoédité, j'ai écrit et publié un recueil de nouvelles, Le Vagabond et quatre autres thrillers, j'ai travaillé sur les corrections et la publication de la traduction du Souffle d'Aoles, The Breath of Aoles, et, avec l'aide précieuse de ma correctrice anglaise Dawn Lewis, j'ai assuré la traduction des deuxième et troisième tome, Turquoise Water et The Flames of the Immolated

Bref, j'ai réalisé un rêve. 

J'ai aussi vendu, la plupart du temps en dédicace, 975 livres papier en 2014, 1167 en 2015 et 1387 en 2016. 

Il faut bien vivre. 

Tout cela demande du travail. Ecriture, relecture, mise en page des exemplaires papier, création des ebooks, investissement sur les couvertures, sur les exemplaires auprès des imprimeurs, sur la correction, la traduction (pour le premier tome de ma trilogie), les déplacements, la promotion via les pubs Facebook ou sur des sites spécialisés. Investir toujours, prendre des risques calculés, et apprendre sans cesse, se former au marketing. Et bien sûr, les signatures dans les grands centres commerciaux, entre 10h00 et 19h00 chaque semaine.

Je pourrais estimer que chaque auteur qui travaille moins que moi ne mérite pas de travailler à temps plein sur l'écriture. Je pourrais estimer que le revenu universel inconditionnel est un renoncement par rapport à la valeur travail, qu'il va favoriser les fainéants et les parasites.


Mais ce serait oublier que quelqu'un comme Manuel Valls me considère peut-être bien déjà comme un fainéant et un parasite, du moment que je ne travaille pas 10 heures par jour à creuser des piscines. 

Ce serait oublier à quel point je me sens chanceux d'être dans ma situation. 

Le revenu universel inconditionnel est un vaste sujet, que je ne résoudrai pas en quelques lignes sur ce blog. 

Il faudrait s'arrêter dans un premier temps sur ce que l'on considère comme la "valeur travail", dans un pays où le secteur industriel a quasiment disparu. Le travail me semble beaucoup plus difficile à quantifier et à évaluer dès lors qu'il devient essentiellement intellectuel et non plus physique. 

Le président de Total n'extrait pas lui-même le pétrole avec ses petits bras musclés. Les ingénieurs et techniciens qui ont mis au point les machines d'extraction, les mathématiciens qui ont mis au point les formules et algorithmes permettant la création de robots, les professeurs qui ont enseigné les mathématiques aux grands hommes, ne contribuent-ils pas davantage au PIB que le président de Total?

Combien de métiers qui n'en sont pas dans notre société? Combien de métiers très bien payés à ne rien faire, à la fois dans les grandes entreprises et dans la fonction publique? 

Ce qu'il faut traquer, c'est le gaspillage de ressources, à la fois dans le public comme dans le privé. 

Avec le revenu universel, il faut absolument considérer le verre à moitié plein. C'est pourquoi il faut le mettre en place de manière à "protéger et à émanciper les individus"

Il faut le considérer comme un investissement sur l'avenir, sur chaque Français.

Il faut considérer que la dette de la France est organisée par les grandes entreprises qui ne payent pas leurs impôts comme elles le devraient

Il faut considérer que le chômage en France est organisé par les grandes entreprises, des multinationales dont dépendent le plus souvent les milliers de PME: il faut maintenir une tension sur le travail, il faut que le chômage reste une menace pour "motiver les troupes".

Il faut aussi considérer que l'effort pour que les entreprises s'acquittent de leurs impôts doit être fait au niveau mondial et non national. Puisque l'on a affaire à des multinationales.

Les vrais parasites ne sont pas ceux que l'on croit.