Faire partie de l'Alliance Rebelle des Auteurs Indépendants implique certaines responsabilités.
Oui, on peut vendre des livres pendant le Salon du livre de Paris porte de Versailles.
Une petite parenthèse tout d'abord: si vous vous demandez si mes chiffres sont exacts, n'hésitez pas à vérifier auprès des magasins concernés: même s'ils ne peuvent vous répondre sur une période précise, ils auront au moins une idée du nombre de livres que j'ai vendus chez eux depuis mes débuts.
Le samedi 22 mars 2014, en plein salon du livre de Paris porte de Versailles, j'ai dédicacé 19 livres au Cultura la Queue en Brie, dans le 94.
Le samedi 21 mars 2015, pendant que 200 auteurs manifestaient au salon du livre de Paris, j'ai vendu 21 livres chez Auchan Plaisir, dans le 78.
Le samedi 19 mars 2016, tandis que le salon du livre de Paris battait son plein à la porte de Versailles, je dédicaçais 24 livres au Cultura Villennes, dans le 78.
Le samedi 25 mars et dimanche 26 mars 2017, pendant que se déroulait le salon du livre de Paris rebaptisé Livre Paris 2017, j'ai dédicacé 42 livres au Cultura Franconville, dans le 95.
Donc, oui, on peut vendre des livres pendant le Salon du livre de Paris porte de Versailles. On peut même les vendre ailleurs. Surtout si on est auteur indépendant.
Quand je disais que je faisais partie de l'Alliance Rebelle des Auteurs Indépendants, c'était une boutade. Une telle structure n'existe pas, en tout cas pas de manière formelle.
Il faut savoir que pour moi, qu'on l'appelle Livre Paris ou Salon du Livre de Paris porte de Versailles, ce salon organisé par Reed-Elsevier, devenu le groupe RELX, se trouve être le symbole absolu de l'édition traditionnelle dans tout ce qu'elle peut avoir de prédateur.
Le prix des stands, tout d'abord. Je n'ai pas vérifié dans le détail pour cette année, mais il y a quelques années, c'était dans les 900 euros pour un stand riquiqui. Les stands des gros éditeurs peuvent dépasser les 100 000 €.
Mais aussi bien sûr, le fait qu'Elsevier souffre d'une très mauvaise réputation de par ses pratiques prédatrices dans l'édition universitaire. Avec des marges phénoménales.
Vous me direz, la principale qualité d'un tel salon est de nouer des contacts au niveau professionnel, et vous aurez raison. Cela peut être une bonne idée, par exemple, pour un auteur indépendant, de parcourir les travées du salon pour vérifier quels sont les prix pratiqués par les imprimeurs. Ou de contacter des graphistes. Ou des correcteurs.
Le salon draine également énormément de monde, et même si une grande partie du public vient pour les stars, il y aura cette année un stand d'auteurs indépendants.
Mais en ce qui me concerne, et cet avis est tout personnel, vous l'aurez compris, j'ai énormément de mal avec ce salon. Le samedi 17 mars 2018, je serai à l'Espace culturel Leclerc Le Plessis Belleville, dans le 60.
Je ne me déplace plus aux Imaginales d'Epinal pour une raison similaire, qui est le prix des stands.
En tant qu'auteur artisan, je préfère les ventes à la notion de notoriété et de retombées, d'ailleurs aussi hypothétiques l'une que l'autre.
On pourrait me reprocher de m'encroûter, de me rigidifier dans une posture d'auteur idéaliste arc-bouté sur ses grands principes.
Eh bien, cela vous surprendra peut-être, mais il m'est arrivé d'applaudir la signature d'un contrat d'édition traditionnelle par un auteur indé. Pourquoi? Parce que je connais le sens de l'entreprise de l'auteur en question, et que je lui fais confiance pour prendre la meilleure solution pour lui. Parce que je sais que l'édition tradi connaît une certaine évolution, dans ce sens où des éditeurs précis, qui souhaitent démarcher les auteurs connaissant le succès sur Amazon, sont prêts à leur laisser leurs droits numériques, en tout cas sur la plate-forme Amazon, qui se trouve être souvent la plate-forme pour laquelle ces auteurs publiaient auparavant en exclusivité.
Oui, on peut s'hybrider sans perdre son âme.
Quand je vois le nombre de pages lues via Kindle Unlimited et le classement de ces auteurs sur Amazon, je comprends aussi leur choix d'y publier en exclusivité, même si ce choix n'est pas le mien.
Concernant les évolutions en cours, le message que j'ai envie de lancer à la sphère indé, c'est que les prochains droits qu'il faudra défendre avec vigueur, outre le numérique, ce sont les droits des livres audio.
L'auteur Michael Sullivan s'est ainsi séparé de son éditeur Del Rey parce que la maison mère de Del Rey, Penguin Random House, avait décrété que les contrats ne pouvaient être signés que si l'auteur cédait ses droits audio à l'éditeur.
Si vous lisez l'anglais, cet article est vraiment édifiant.
Or, Michael Sullivan et son épouse, dans leur grande sagesse, avaient déjà négocié les droits audio avec un éditeur audio, parce que l'argent que leur donnait cet éditeur ne se refusait pas, et l'emportait sur leur contrat initial avec Del Rey.
Faire en sorte qu'il n'y ait rien à négocier avec l'éditeur pour votre prochain livre parce que les droits en question ont déjà été cédés est donc une excellente manoeuvre, susceptible de vous mettre en position de force... à condition d'avoir fait vos calculs, et d'être prêt à aller jusqu'au bout dans le "non", en rompant le prochain contrat faute d'accord.
Ce qui me fait aussi dire que vous ne devriez vous engager dans vos signatures de contrat que sur un seul roman, pas davantage.
Ecriture, édition, livres numériques, science-fiction, fantasy et fantastique (thrillers/polars) sous toutes leurs formes : autant de sujets qui me passionnent et qui font l'actualité de ce blog.
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dimanche 4 février 2018
vendredi 13 février 2015
Pas de salon pour moi en 2015
J'ai eu confirmation cette semaine qu'il n'y avait pas de place cette année pour moi au salon Trolls & Légendes. Un salon de la Fantasy qui devient complètement mainstream puisqu'il n'accueille si j'en juge par la liste des participants aucun auteur autoédité en 2015. Je ne participerai donc cette année à un aucun salon du livre. La bonne nouvelle, c'est qu'il y a parfaitement moyen de vivre de sa plume et de rencontrer des lecteurs en se passant complètement des salons. Vous avez dit contre-intuitif ?
J'ai réalisé en parcourant la liste des participants à Trolls & Légendes que si j'y avais participé, j'aurais été le seul auteur autoédité à le faire.
Je suis bien sûr déçu de ne pas y aller, d'autant que j'ai de la famille à Mons: c'est pour moi l'occasion de revoir l'une de mes tantes et sa famille.
Néanmoins, je trouve une vraie satisfaction à ne pas être la "caution morale" de l'autoédition à Trolls & Légendes: au moins, les choses sont claires, le salon s'adresse à des auteurs traditionnellement édités (et si vous êtes auteur autoédité de Fantasy et présent à Mons, n'hésitez pas à opposer votre démenti en commentaire de ce blog, vous serez le bienvenu).
Maintenant, la question que vous vous posez peut-être si vous êtes auteur autoédité depuis peu: est-ce que ça vaut le coup de participer à un salon du livre?
Après tout, il existe pléthore de salons, dont de nombreux sont gratuits, et il m'arrive même d'être démarché par des organisateurs de salon lorsque je suis en dédicace en centre culturel.
Eh bien, ce qu'il faut savoir, c'est que les salons sont conçus avant tout pour l'édition traditionnelle.
Certes de nombreux salons accueillent des autoédités, mais d'après mon expérience, on n'y vend pas, ou très peu. La fréquentation y est vraiment très basse.
Le seul salon d'autoédités auquel j'ai participé avait été une véritable catastrophe: prévu pour des auteurs autoédités et non pour le public, il n'y avait été fréquenté que par des auteurs. Mon pire souvenir de dédicace.
Plus vous montez en grade dans la fréquentation du salon, plus vous avez des gros stands tenus par des libraires, des auteurs publiés "à l'ancienne" connus, et plus les tarifs de participation pour tenir un stand grimpent. Trolls & Légendes restait à cet égard une rare exception, mais maintenant qu'il est devenu complètement mainstream (ou "respectable", si vous préférez), je ne serais pas surpris que les prix des stands grimpent.
Alors, oui, il est sans doute possible de trouver quelques salons "juteux" pour l'autoédité en France. Toutefois, cela nécessite de développer une véritable expertise des salons, et pour cela, il faut avoir cette fibre particulière, et ne pas craindre de se prendre son lot de gadins...
Participer à un salon en tant qu'auteur autoédité débutant peut être une expérience à mener, cela dit. Il faut tout essayer.
Moi, j'ai déjà donné, merci.
Mais vous n'avez qu'à regarder dans la colonne de droite de ce blog pour savoir que j'ai trouvé d'autres moyens d'être présent en dédicace, des moyens qui excluent une grande partie du risque financier pour l'auteur puisque les centres qui m'accueillent prennent simplement une marge sur les livres vendus.
Et je pense que mon bilan 2014, première année où j'ai vécu à temps plein de l'écriture, prouve que l'on peut être auteur et tout à fait exister sans salon, en faisant vivre ses livres auprès du public, et en faisant de belles rencontres.
Je participerai d'ailleurs à l'opération Livre en live des Cultura, avec une première dédicace prévue au magasin de Ste Geneviève le 21 février à partir de 10h00, et une deuxième dès le lendemain, le 22 février au Cultura Plaisir (et pour la première fois dans ce centre culturel).
J'ai réalisé en parcourant la liste des participants à Trolls & Légendes que si j'y avais participé, j'aurais été le seul auteur autoédité à le faire.
Je suis bien sûr déçu de ne pas y aller, d'autant que j'ai de la famille à Mons: c'est pour moi l'occasion de revoir l'une de mes tantes et sa famille.
Néanmoins, je trouve une vraie satisfaction à ne pas être la "caution morale" de l'autoédition à Trolls & Légendes: au moins, les choses sont claires, le salon s'adresse à des auteurs traditionnellement édités (et si vous êtes auteur autoédité de Fantasy et présent à Mons, n'hésitez pas à opposer votre démenti en commentaire de ce blog, vous serez le bienvenu).
Maintenant, la question que vous vous posez peut-être si vous êtes auteur autoédité depuis peu: est-ce que ça vaut le coup de participer à un salon du livre?
Après tout, il existe pléthore de salons, dont de nombreux sont gratuits, et il m'arrive même d'être démarché par des organisateurs de salon lorsque je suis en dédicace en centre culturel.
Eh bien, ce qu'il faut savoir, c'est que les salons sont conçus avant tout pour l'édition traditionnelle.
Certes de nombreux salons accueillent des autoédités, mais d'après mon expérience, on n'y vend pas, ou très peu. La fréquentation y est vraiment très basse.
Le seul salon d'autoédités auquel j'ai participé avait été une véritable catastrophe: prévu pour des auteurs autoédités et non pour le public, il n'y avait été fréquenté que par des auteurs. Mon pire souvenir de dédicace.
Plus vous montez en grade dans la fréquentation du salon, plus vous avez des gros stands tenus par des libraires, des auteurs publiés "à l'ancienne" connus, et plus les tarifs de participation pour tenir un stand grimpent. Trolls & Légendes restait à cet égard une rare exception, mais maintenant qu'il est devenu complètement mainstream (ou "respectable", si vous préférez), je ne serais pas surpris que les prix des stands grimpent.
Alors, oui, il est sans doute possible de trouver quelques salons "juteux" pour l'autoédité en France. Toutefois, cela nécessite de développer une véritable expertise des salons, et pour cela, il faut avoir cette fibre particulière, et ne pas craindre de se prendre son lot de gadins...
Participer à un salon en tant qu'auteur autoédité débutant peut être une expérience à mener, cela dit. Il faut tout essayer.
Moi, j'ai déjà donné, merci.
Mais vous n'avez qu'à regarder dans la colonne de droite de ce blog pour savoir que j'ai trouvé d'autres moyens d'être présent en dédicace, des moyens qui excluent une grande partie du risque financier pour l'auteur puisque les centres qui m'accueillent prennent simplement une marge sur les livres vendus.
Et je pense que mon bilan 2014, première année où j'ai vécu à temps plein de l'écriture, prouve que l'on peut être auteur et tout à fait exister sans salon, en faisant vivre ses livres auprès du public, et en faisant de belles rencontres.
Je participerai d'ailleurs à l'opération Livre en live des Cultura, avec une première dédicace prévue au magasin de Ste Geneviève le 21 février à partir de 10h00, et une deuxième dès le lendemain, le 22 février au Cultura Plaisir (et pour la première fois dans ce centre culturel).
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