Après avoir intitulé cet article "Discriminé par Amazon", j'ai décidé de le modifier à la suite de l'inclusion de l'ebook dont il était question, la Trilogie Ardalia, au sein du service Kindle Unlimited. Cette intégration a finalement pu être possible grâce à Librinova et Amazon France, mais ne concerne, pour tous les auteurs qui y ont recours, que Kindle Unlimited France et Royaume Uni.
Le service Kindle Unlimited, qui permet au lecteur de télécharger, pour 9,99€ par mois, dix ebooks que l'on peut renouveler autant qu'on le souhaite, est pour moi ce qui se rapproche le plus, dans le privé, d'une bibliothèque d'ebooks.
Cela permet de toucher des lecteurs voraces et qui ne veulent pas se ruiner, qu'on ne toucherait pas autrement.
Ayant fait, sur l'un de mes ebooks anglais, l'expérience de la rémunération Kindle Unlimited, je peux attester que celle-ci reste intéressante. Infiniment plus, par exemple que ce que fait Deezer au niveau musical, pour ne pas même parler de Youtube (qui devrait être renommé Radin.com).
La condition d'exclusivité restait quelque chose qui m'empêchait d'opter pour KDP Select. Jusqu'au jour où j'ai appris que Librinova préparait, avec 50 auteurs tests, une formule permettant de bénéficier d'une version de Kindle Unlimited quelque peu différente de celle que connaissent les auteurs autoédités.
Une version, en gros, destinée aux éditeurs et à des prestataires comme Librinova.
Librinova n'est pas un éditeur. Librinova est une entreprise d'aide à l'autoédition, qui peut se transformer en agent si vous vendez plus de 1000 livres. L'auteur qui y a recours garde tous ses droits. En dessous de 1000 livres, il faut s'acquitter du prix initial du pack, 75€ par an si votre ebook fait plus de 45 000 mots, 50€ s'il fait moins de 45 000 mots. On touche alors 100% du prix de vente des revendeurs en ligne, après déduction de leur marge, c'est à dire autant qu'un auteur autoédité.
Si on vend plus de 1000 livres (emprunts KU non compris), Librinova se transforme en agent, et nous prend 15% sur les ventes. Il n'y a alors plus besoin de renouveler le paiement annuel des packs, et on peut publier avec Librinova de nouveaux romans sans "tarif d'entrée" autre que les 15%.
Evidemment, ce prix d'entrée de 75 € par an au minimum était quelque peu rédhibitoire. Néanmoins, la perspective de contourner les conditions d'exclusivité d'Amazon, et ce en parfait accord avec la plate-forme, était pour moi assez séduisante.
Je savais aussi que des auteurs passés par Librinova avaient pu bénéficier de la fameuse offre éclair d'Amazon, celle que la plate-forme réserve d'habitude aux utilisateurs de KDP Select et à des auteurs triés sur le volet.
Bref, j'ai décidé d'utiliser ce service très tôt, en devenant le 51ème auteur test, en quelque sorte.
Dès le 11 décembre 2017, Librinova a demandé l'intégration de l'ebook que j'avais choisi pour ce test, La Trilogie Ardalia, à Kindle Unlimited.
La formule de Librinova permet d'être distribué sur plus de 200 libraires en ligne, mais je savais que même des auteurs Librinova à succès, c'est à dire ayant vendu plus de 25000 ebooks, vendaient très peu en dehors des trois ou quatre plus grosses plates-formes, et je n'attendais vraiment pas grand-chose des autres librairies en ligne.
Je misais tout sur Kindle Unlimited, et d'autant plus que Librinova avait fait preuve de souplesse, en me permettant de continuer à distribuer moi-même sur Kobo, la Fnac, Apple et Google Play.
Cette intégration a mis plus de trois mois à se faire, puisqu'elle a été effective le 26 février 2018 seulement. Cela a entraîné la parution initiale de cet article sous le titre "Discriminé par Amazon". En effet, j'avais lancé une campagne de promo en décembre, et l'absence sur la plate-forme d'emprunt m'a été préjudiciable, ainsi qu'au roman.
Mes ventes, comme je l'avais prévu, se sont faites en très large majorité sur Amazon et non sur les 200 autres libraires en ligne (mais j'avais gardé la main sur la distribution Kobo/Fnac, Apple et Google Play). Elles n'ont jamais pu décoller, l'absence d'intégration à KU étant un handicap majeur pour ce qui concerne la plate-forme Amazon.
On va dire que le système était encore en rôdage. Si vous souhaitez souscrire à l'offre que Librinova a rendue officielle, et ouverte à tous, il y a peu, sachez que l'intégration se fait de manière manuelle chez Amazon. Il suffit d'en faire la demande par email à Librinova après avoir acquis l'un des packs.
Examinons maintenant les particularités, avantages et défauts du pack à 75€ de Librinova, avec intégration Kindle Unlimited.
Tout d'abord, ce service n'est valable que pour les emprunts de votre ebook en France et au Royaume Uni. Le Kindle Unlimited US n'est pour l'instant pas proposé par Amazon à Librinova. Si vous êtes auteur anglo-saxon, ce service n'est donc vraisemblablement pas pour vous.
Si vous êtes fan des relevés de vente quotidien, il vous faudra faire une croix dessus, sauf à opter pour le pack Liberté à 120€ par an, lequel ne vous donnera ces relevés de vente que pendant 6 mois.
Concernant les fameuses "pages lues Kindle Unlimited", vous ne pourrez pas les repérer dans vos relevés de vente, parce que ça ne fonctionne pas ainsi. Votre ebook se retrouve bien sur KU, et vous bénéficiez du boost sur le classement à chaque fois qu'il est empruné, mais, comme le précise cet article de Librinova, "Un emprunt sur Kindle Unlimited est rémunéré 30% du PPHT dès que l’emprunteur a lu plus de 20% du livre."
C'est à dire que c'est l'ancienne formule de Kindle Unlimited qui fonctionne: vous êtes rémunéré le même prix quel que soit le nombre de pages de votre ouvrage, ce qui favoriserait la publication de livres courts... si vous ne deviez payer un nouveau pack à Librinova pour chacun de vos ouvrages, chaque année.
Si vous en vendez plus de 1000, en revanche, vous pourrez en publier autant que vous le souhaiterez sans ce coût d'entrée des packs, mais avec le prélèvement de 15% sur les ventes.
Je pense que, si l'on ne tient pas compte du prix des packs, les gains KU pour l'auteur sont à peu près équivalents à ceux qu'un auteur autoédité KDP Select obtient, mais cela reste à confirmer.
Une chose qui joue en faveur de Librinova est la souplesse et la réactivité de cet acteur, qui vous permet de garder la main sur les plates-formes de votre choix (il suffit de l'indiquer par email).
Un autre avantage, pour les auteurs ne voulant pas s'embêter à publier sur de nombreuses plates-formes, est que tout est pris en charge et se fait rapidement: c'est comme si vous ne publiiez que sur une seule plate-forme.
L'argument de la simplicité pour choisir KDP Select est en effet souvent utilisé. Avec Librinova, les choses sont tout aussi simples.
Il y a aussi des défauts: avec le pack à 75€, vous n'avez droit qu'à un relevé de ventes tous les 6 mois, et vous n'êtes rémunéré que tous les 6 mois. Vous ne pouvez pas non plus, en principe, changer le prix de votre ebook en cours de route -- même si j'ai constaté une certaine souplesse de Librinova à ce sujet.
L'une des contraintes que j'ai trouvé particulièrement ennuyeuses, c'est le nombre de caractères très limité pour la description Amazon. On ne peut pas jouer non plus sur l'interlignage et la présentation en gras, ni bénéficier de cette excellent outil en ligne pour la description de son livre.
Bref, la description est extrêmement basique. Comparez l'ebook Le Souffle d'Aoles, que j'ai autoédité sur Amazon à celui de la Trilogie Ardalia édité par Librinova pour vous en convaincre.
Par ailleurs, il me semble que l'on peut rentrer moins de mots-clés par rapport au roman qu'en publiant directement via KDP.
Autre contrainte, vous devez envoyer votre manuscrit word ou open office, et c'est Librinova qui se charge de la transformation en ebook. Le travail est certes bien fait, mais ne vous permet pas de peaufiner l'ebook de manière professionnelle, comme le permet gratuitement le site Draft2Digital.
Si vous vous demandez ce que je veux dire, n'hésitez pas à télécharger un extrait de mon dernier roman, Passager clandestin.
Il faut donc abandonner énormément de contrôle.
J'espère que mon article permettra à Librinova de remédier à ces défauts. Je pense en effet que leur formule, à condition d'être utilisée pour un ebook que l'on est sûr de pouvoir promouvoir, ne serait-ce qu'auprès d'une mailing list suffisamment importante, est rentabilisable.
Cela comporte un risque, bien sûr. Mais en passant par Librinova, si vous avez une liste de lecteurs suffisamment nombreuse, des lecteurs lisant à la fois sur Kobo, Apple et Kindle, ou même ailleurs, vous êtes sûrs de pouvoir tous les contenter, tout en bénéficiant de l'aide non négligeable de Kindle Unlimited pour la montée en classement de l'ebook sur Amazon. C'est extrêmement appréciable et professionnel.
Si vous avez une assise de lecteurs suffisante, cela vaut la peine d'essayer, avec par exemple juste un ebook pour commencer.
Vous vous demandez peut-être pourquoi Amazon permet en toute légalité le contournement des règles d'exclusivité de KU. Je dirais que le fait qu'il faille payer un acteur privé pour bénéficier de ce contournement valorise d'autant leur service.
Comme je le disais dans mes précédents articles, il faut néanmoins être prudent avec Kindle Unlimited, car le prix de l'emprunt (ou de la page lue, selon les cas) varie d'un mois sur l'autre puisqu'il dépend d'une sorte de pot commun qu'Amazon réactualise chaque mois.
Même avec une super base de lecteurs pour vous aider à revenir sur le prix annuel du pack Librinova, il viendra peut-être un jour où cet article ne sera plus pertinent, c'est à dire que la rémunération KU sera trop faible pour vous permettre d'engranger des bénéfices intéressants sur une année.
Pour l'instant, il y a moyen de limiter les risques pour un auteur expérimenté.
[EDIT 06/03/2018] L'avis d'une romancière auto-publiée depuis plusieurs années avec l'aide de Librinova, sur le blog Vivre de ses Romans.
Ecriture, édition, livres numériques, science-fiction, fantasy et fantastique (thrillers/polars) sous toutes leurs formes : autant de sujets qui me passionnent et qui font l'actualité de ce blog.
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mardi 20 février 2018
jeudi 23 novembre 2017
Vivre de l'écriture, c'est résister
"Résiste! Prouve que tu existes!" scandait France Gall dans une chanson célèbre composée par Michel Berger. Si l'on souhaite s'enrichir financièrement, les métiers de la banque ou de la Bourse conviendront beaucoup mieux que l'écriture, c'est un fait. En revanche, le fait de vouloir gagner sa vie, mener une carrière avec l'écriture dénature-t-il ce que l'on écrit ou pire encore, l'artiste en nous, comme semble le suggérer l'auteur Luc Landrot dans son dernier billet? Gérer son entreprise d'autoédition nous transforme-t-il en entrepreneurs sans scrupules? En commerciaux, en obsédés de la vente? Bien que ne vivant de l'écriture de mes romans de fiction que depuis un peu moins de quatre ans, je peux déjà faire part de mes impressions.
Le billet de Luc est à la fois très sincère et touchant dans sa manière de vouloir préserver le cœur, l'essence même de notre passion. Ce désir d'écrire des histoires qui vont nous emporter avant peut-être, qui sait, d'emporter quelques lecteurs, de leur permettre de s'évader, de vivre cette union télépathique avec l'auteur. Et pourquoi pas, si l'on a autour de soi des gens avec lesquels on partage les mêmes goûts, d'échanger sur un livre comme on échangerait sur un film, de comparer son ressenti.
Ce qui m'a frappé c'est que, d'après ce billet, Luc exerçait la mission d'ingénieur en CDI avant de déposer sa démission pour "voyager et faire ce qui [lui] plaît."
L'un des passages de son billet est particulièrement marquant:
Certains sont même “jaloux/admiratifs” de ma situation, dans le sens où ils estiment n’avoir jamais le cran de faire pareil. Et pourtant, parfois on a quand même l’impression qu’on est illégitime. J’avais beau me répéter à moi-même que j’assumais mes choix, qu’ils étaient fondés, raisonnés, légitimes, je n’arrive pas à me débarrasser de ce poids social qui ne vient même pas des gens directement mais de la culture globale.
Vers la fin de son billet, Luc, qui a écrit un seul roman, indique que son métier principal "redeviendra probablement ingénieur".
Je ne vais bien sûr pas me lancer dans un jugement de valeur sur le parcours d'un collègue.
Ce que je peux vous dire, c'est que ce "poids social" ressenti par Luc, il pèse aussi sur mes épaules. Je me le représente comme une entropie sociétale : si l'on envisage les métiers classiques comme le centre d'une planète, c'est un peu comme une force de la gravitation, ou une courbure de l'espace-temps, pour reprendre la théorie d'Einstein, qui vous force à glisser vers le centre si vous exercez un métier un peu plus périphérique. L'un de ces métiers qui ne sont pas préconisés par la société. Un métier artistique.
Alors, qu'est-ce qui me différencie de quelqu'un comme Luc? D'abord, je n'ai rien d'un matheux. Notre société privilégie la fonction d'ingénieur, avec des études à base de maths et de physique. On trouve beaucoup plus facilement un métier si l'on souhaite devenir ingénieur, et c'est beaucoup mieux rémunéré. Luc a donc énormément de mérite d'avoir su briser ce carcan, cette entropie, pour poser sa démission et explorer d'autres facettes de la vie.
Ma volonté de tracer mon sillon s'est traduite par plusieurs combats, et tout d'abord celui de vivre de ma plume, principalement en tant que journaliste pigiste dans la presse écrite. J'y suis parvenu pendant huit ans, avant de céder à cette fameuse entropie, aux nécessités matérielles pour devenir conseiller emploi, pendant huit ans également.
Fin 2013, j'ai déposé ma démission, et depuis, je vis de nouveau de l'écriture, mais de romans de fiction cette fois. Ayant déjà eu à mener ce combat pour vivre de ma plume, je sais ce que c'est.
Alors j’ai commencé à effleurer le tourbillon infernal du marketing offensif, nous dit Luc. Lentement mais sûrement, j’opérais la transformation d’artiste à pro du marketing.
Est-ce mon cas? Oui, dans une certaine mesure, je ne peux nier avoir dû intégrer des notions de marketing. Est-ce que ça m'a pour autant privé de mon âme d'auteur? Je laisserai chacun en décider en lisant mon prochain roman, Passager clandestin, qui sortira fin décembre. ;)
Pour appuyer son propos, Luc cite Victor Hugo: Qui n'est pas capable d'être pauvre n'est pas capable d'être libre. Ce qu'il y a de curieux dans cette citation, c'est que justement, ceux qui font le choix d'une carrière dans l'écriture, s'ils sont bien informés, savent qu'ils ont des chances infimes de s'enrichir. Ils font donc le choix, si l'on veut, de la pauvreté matérielle et de la richesse intellectuelle.
L'autoédition est aussi vieille que la littérature. Avant que des géants comme Amazon ne boostent ce phénomène de l'autoédition, le métier se pratiquait loin des projecteurs. Officiellement, ce que la société voulait, c'est que l'auteur s'abrite derrière un éditeur qui lui, assumerait les démarches commerciales... de la même manière, si vous voulez, qu'un ingénieur va s'abriter derrière les forces de vente pour que les produits qu'il imagine et développe trouvent des débouchés.
La société semble admettre difficilement qu'un auteur fasse la promotion de ses propres œuvres: il doit donc le faire par des moyens détournés.
L'autoédition assumée a, quant à elle, donné lieu à des dérives: harcèlement, spam en tout genre, que Luc dénonce à juste titre. Forcer un lecteur à faire quoi que ce soit n'a rien de bon, et détruit en effet l'essence même du rêve.
Pour autant, faut-il renoncer à faire carrière dans ce métier d'auteur? Je ne le crois pas. Mon expérience me fait dire qu'il y a moyen de faire comprendre les choses sans brusquer, sans heurter.
Nous devons garder le rêve intact. Mais tout le sens de mon combat pour vivre de ma plume, c'est aussi de faire comprendre à la société que ce métier est légitime.
Ce n'est pas à la société, ou à l'administration fiscale, de dicter à l'auteur la manière dont il entend gagner sa vie. Ce combat, nous autres auteurs pouvons seuls le mener. Si nous nous y prenons de la bonne manière, nous gagnerons le soutien des lecteurs.
Vous aimez vous évader, et la société vous traite de lunatique? Parlez-lui des expériences de pensée d'Einstein. Dites-lui que sans ces expériences, il n'aurait pu établir l'équation E=MC². Cette équation n'a pour l'instant comme application pratique que le GPS, mais ouvre des perspectives phénoménales pour la société humaine dans son ensemble. Demandez-vous, aussi, ce que pensait Einstein de l'imagination...
Si nous sommes suffisamment nombreux à résister à l'effet d'entropie, peut-être parviendrons-nous à créer des points d'amarrage suffisants pour crédibiliser notre activité, et le fait d'en vivre.
Le billet de Luc est à la fois très sincère et touchant dans sa manière de vouloir préserver le cœur, l'essence même de notre passion. Ce désir d'écrire des histoires qui vont nous emporter avant peut-être, qui sait, d'emporter quelques lecteurs, de leur permettre de s'évader, de vivre cette union télépathique avec l'auteur. Et pourquoi pas, si l'on a autour de soi des gens avec lesquels on partage les mêmes goûts, d'échanger sur un livre comme on échangerait sur un film, de comparer son ressenti.
Ce qui m'a frappé c'est que, d'après ce billet, Luc exerçait la mission d'ingénieur en CDI avant de déposer sa démission pour "voyager et faire ce qui [lui] plaît."
L'un des passages de son billet est particulièrement marquant:
Certains sont même “jaloux/admiratifs” de ma situation, dans le sens où ils estiment n’avoir jamais le cran de faire pareil. Et pourtant, parfois on a quand même l’impression qu’on est illégitime. J’avais beau me répéter à moi-même que j’assumais mes choix, qu’ils étaient fondés, raisonnés, légitimes, je n’arrive pas à me débarrasser de ce poids social qui ne vient même pas des gens directement mais de la culture globale.
Vers la fin de son billet, Luc, qui a écrit un seul roman, indique que son métier principal "redeviendra probablement ingénieur".
Je ne vais bien sûr pas me lancer dans un jugement de valeur sur le parcours d'un collègue.
Ce que je peux vous dire, c'est que ce "poids social" ressenti par Luc, il pèse aussi sur mes épaules. Je me le représente comme une entropie sociétale : si l'on envisage les métiers classiques comme le centre d'une planète, c'est un peu comme une force de la gravitation, ou une courbure de l'espace-temps, pour reprendre la théorie d'Einstein, qui vous force à glisser vers le centre si vous exercez un métier un peu plus périphérique. L'un de ces métiers qui ne sont pas préconisés par la société. Un métier artistique.
Alors, qu'est-ce qui me différencie de quelqu'un comme Luc? D'abord, je n'ai rien d'un matheux. Notre société privilégie la fonction d'ingénieur, avec des études à base de maths et de physique. On trouve beaucoup plus facilement un métier si l'on souhaite devenir ingénieur, et c'est beaucoup mieux rémunéré. Luc a donc énormément de mérite d'avoir su briser ce carcan, cette entropie, pour poser sa démission et explorer d'autres facettes de la vie.
Ma volonté de tracer mon sillon s'est traduite par plusieurs combats, et tout d'abord celui de vivre de ma plume, principalement en tant que journaliste pigiste dans la presse écrite. J'y suis parvenu pendant huit ans, avant de céder à cette fameuse entropie, aux nécessités matérielles pour devenir conseiller emploi, pendant huit ans également.
Fin 2013, j'ai déposé ma démission, et depuis, je vis de nouveau de l'écriture, mais de romans de fiction cette fois. Ayant déjà eu à mener ce combat pour vivre de ma plume, je sais ce que c'est.
Alors j’ai commencé à effleurer le tourbillon infernal du marketing offensif, nous dit Luc. Lentement mais sûrement, j’opérais la transformation d’artiste à pro du marketing.
Est-ce mon cas? Oui, dans une certaine mesure, je ne peux nier avoir dû intégrer des notions de marketing. Est-ce que ça m'a pour autant privé de mon âme d'auteur? Je laisserai chacun en décider en lisant mon prochain roman, Passager clandestin, qui sortira fin décembre. ;)
Pour appuyer son propos, Luc cite Victor Hugo: Qui n'est pas capable d'être pauvre n'est pas capable d'être libre. Ce qu'il y a de curieux dans cette citation, c'est que justement, ceux qui font le choix d'une carrière dans l'écriture, s'ils sont bien informés, savent qu'ils ont des chances infimes de s'enrichir. Ils font donc le choix, si l'on veut, de la pauvreté matérielle et de la richesse intellectuelle.
L'autoédition est aussi vieille que la littérature. Avant que des géants comme Amazon ne boostent ce phénomène de l'autoédition, le métier se pratiquait loin des projecteurs. Officiellement, ce que la société voulait, c'est que l'auteur s'abrite derrière un éditeur qui lui, assumerait les démarches commerciales... de la même manière, si vous voulez, qu'un ingénieur va s'abriter derrière les forces de vente pour que les produits qu'il imagine et développe trouvent des débouchés.
La société semble admettre difficilement qu'un auteur fasse la promotion de ses propres œuvres: il doit donc le faire par des moyens détournés.
L'autoédition assumée a, quant à elle, donné lieu à des dérives: harcèlement, spam en tout genre, que Luc dénonce à juste titre. Forcer un lecteur à faire quoi que ce soit n'a rien de bon, et détruit en effet l'essence même du rêve.
Pour autant, faut-il renoncer à faire carrière dans ce métier d'auteur? Je ne le crois pas. Mon expérience me fait dire qu'il y a moyen de faire comprendre les choses sans brusquer, sans heurter.
Nous devons garder le rêve intact. Mais tout le sens de mon combat pour vivre de ma plume, c'est aussi de faire comprendre à la société que ce métier est légitime.
Ce n'est pas à la société, ou à l'administration fiscale, de dicter à l'auteur la manière dont il entend gagner sa vie. Ce combat, nous autres auteurs pouvons seuls le mener. Si nous nous y prenons de la bonne manière, nous gagnerons le soutien des lecteurs.
Vous aimez vous évader, et la société vous traite de lunatique? Parlez-lui des expériences de pensée d'Einstein. Dites-lui que sans ces expériences, il n'aurait pu établir l'équation E=MC². Cette équation n'a pour l'instant comme application pratique que le GPS, mais ouvre des perspectives phénoménales pour la société humaine dans son ensemble. Demandez-vous, aussi, ce que pensait Einstein de l'imagination...
Si nous sommes suffisamment nombreux à résister à l'effet d'entropie, peut-être parviendrons-nous à créer des points d'amarrage suffisants pour crédibiliser notre activité, et le fait d'en vivre.
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dimanche 28 mai 2017
Pubs Facebook: attention aux "j'aime" frauduleux !
Facebook est malade de ses faux profils, supprimés chaque année par centaines de milliers par l'équipe de Mark Zuckerberg. Le dévoiement, ou détournement des profils n'est d'ailleurs pas propre à Facebook: c'est juste qu'il semble monter en puissance avec la popularité d'un réseau social. Les détournements et arnaques sont de nature diverses, et peuvent provenir aussi bien d'individus malintentionnés, de bots (robots) que de "clicks farms", les fameuses "fermes à clic". Le problème pour les auteurs est que ces détournements touchent le nerf de la guerre, les publicités Facebook, qui risquent de devenir de moins en moins pertinentes.
Ce dimanche 28 mai est la Fête des Mères. A cette occasion, et depuis mardi dernier, j'ai baissé le prix de chacun de mes ebooks, Le Souffle d'Aoles, Eau Turquoise et Les Flammes de l'Immolé, à 0,99€ chacun.
Pour en avertir les utilisateurs de Facebook, j'ai choisi de propulser un article élogieux portant sur Les Flammes de l'Immolé, celui du blog Des livres, des fils et un peu de farine...
Il m'en a coûté 45€ pour booster cet article, somme que j'ai définie moi-même, avec la possibilité d'interrompre cette publicité Facebook, et donc le versement d'argent, à tout moment.
Voici le lien vers la publicité en question.
Très rapidement j'ai obtenu des "j'aime", mais tout aussi rapidement, je me suis interrogé sur la provenance d'une bonne part de ces appréciations.
Si je vendais sur une base régulière mes ebooks en Afghanistan, aux Comorres ou en Turquie, je n'aurais pas été surpris d'avoir des utilisateurs de Facebook en provenance de ces pays cliquant sur "j'aime".
Malheureusement, ce n'est pas le cas.
Je vous invite à cliquer sur le lien des "j'aime" de cette publicité, et à examiner les profils en question.
De la même manière, si vous êtes auteur et faites de la pub en utilisant Facebook, je vous recommande fortement de cliquer sur les appréciations de chacune de vos pubs pour en vérifier la fiabilité.
Sur les 69 "j'aime" de ma pub, je dirais qu'au moins 45 sont de provenance douteuse ou très douteuse. Une très grande majorité hélas!
Ce n'est pas le cas de toutes les pubs ou articles sponsorisés que l'on trouve sur Facebook, cela dit. Certains ne souffrent pas de ce problème, c'est pourquoi je recommande d'agir au cas par cas plutôt que de manière systématique.
L'auteur autoédité Mark Dawson, que j'ai interrogé à ce sujet, et qui possède une mailing list de plus de 65 000 personnes, m'a confirmé qu'il tirait toujours la plupart de ses revenus de pubs Facebook, qu'il s'agisse d'accroître sa newsletter ou de faire des ventes directes.
Pour plus de transparence, voici quel était le "ciblage" de ma pub Facebook:
- Pays: France et Wallonie
- Audience: hommes et femmes entre 16 et 44 ans
- Centres d'intérêts : Heroic Fantasy, les auteurs Robert Jordan, Frank Herbert, David Gemmell, Terry Goodkind, Robin Hobb, Fiona McIntosh, Brandon Sanderson, Ursula K. Le Guin, Jack Vance, Morgan Rice, Rick Riordan, plus le roman Les Enfants de la Terre et le personnage de Percy Jackson
Cette audience représentait plus de 1,5 millions de personnes. La publicité a démarré le mardi. En supprimant Heroic Fantasy et Percy Jackson après une journée, dès le mercredi, j'ai réduit l'audience à 30 000 personnes. J'espérais ainsi éviter les clicks farms.
Malgré cela, l'hémorragie des fausses appréciations, vraisemblablement en provenance de "fermes à clics" s'est poursuivie durant toute la durée de la pub, que j'ai interrompue le vendredi soir.
L'explication de ce problème se trouve sans doute dans cette vidéo de langue anglaise de 2014 intitulée Facebook Fraud:
Pour résumer, les employés des fameuses Clicks Farms, afin de légitimer leurs appréciations, de faire en sorte qu'elles soient validées par Facebook, vont cliquer sur les "j'aime" ou "j'adore" des publicités de manière aléatoire, et parviennent à localiser leurs profils dans les pays ciblés par ces publicités.
En gros, ce n'est pas parce que vous ne ciblez pas l'Afghanistan, que vous n'aurez pas un Afghan dont il est écrit sur le profil qu'il vit à Paris qui va vous aimer votre pub.
Comme le précise la vidéo ci-dessus, ces appréciations sont en fait très néfastes par rapport à votre pub, parce que nuisant à l'effet boule de neige, Facebook ayant mis en place des contre-mesures pour réduire la popularité en cas de doute sur la provenance des clics.
En plus, n'importe qui cliquant sur les appréciations se demandera si vous n'avez pas vous-même fait appel à une "ferme à clics".
Inutile de dire que j'ai eu très peu de ventes à la suite de cette pub: moins d'une dizaine.
Il fut un temps où je parlais d'une promo réussie en raison de deux facteurs, l'aide de la plate-forme de vente et les pubs Facebook.
Les choses ont bien changé.
Il s'avère qu'il va devenir de plus en plus difficile de s'appuyer sur les pubs Facebook pour faire connaître ses romans.
Ce dimanche 28 mai est la Fête des Mères. A cette occasion, et depuis mardi dernier, j'ai baissé le prix de chacun de mes ebooks, Le Souffle d'Aoles, Eau Turquoise et Les Flammes de l'Immolé, à 0,99€ chacun.
Pour en avertir les utilisateurs de Facebook, j'ai choisi de propulser un article élogieux portant sur Les Flammes de l'Immolé, celui du blog Des livres, des fils et un peu de farine...
Il m'en a coûté 45€ pour booster cet article, somme que j'ai définie moi-même, avec la possibilité d'interrompre cette publicité Facebook, et donc le versement d'argent, à tout moment.
Voici le lien vers la publicité en question.
Très rapidement j'ai obtenu des "j'aime", mais tout aussi rapidement, je me suis interrogé sur la provenance d'une bonne part de ces appréciations.
Si je vendais sur une base régulière mes ebooks en Afghanistan, aux Comorres ou en Turquie, je n'aurais pas été surpris d'avoir des utilisateurs de Facebook en provenance de ces pays cliquant sur "j'aime".
Malheureusement, ce n'est pas le cas.
Je vous invite à cliquer sur le lien des "j'aime" de cette publicité, et à examiner les profils en question.
De la même manière, si vous êtes auteur et faites de la pub en utilisant Facebook, je vous recommande fortement de cliquer sur les appréciations de chacune de vos pubs pour en vérifier la fiabilité.
Sur les 69 "j'aime" de ma pub, je dirais qu'au moins 45 sont de provenance douteuse ou très douteuse. Une très grande majorité hélas!
Ce n'est pas le cas de toutes les pubs ou articles sponsorisés que l'on trouve sur Facebook, cela dit. Certains ne souffrent pas de ce problème, c'est pourquoi je recommande d'agir au cas par cas plutôt que de manière systématique.
L'auteur autoédité Mark Dawson, que j'ai interrogé à ce sujet, et qui possède une mailing list de plus de 65 000 personnes, m'a confirmé qu'il tirait toujours la plupart de ses revenus de pubs Facebook, qu'il s'agisse d'accroître sa newsletter ou de faire des ventes directes.
Pour plus de transparence, voici quel était le "ciblage" de ma pub Facebook:
- Pays: France et Wallonie
- Audience: hommes et femmes entre 16 et 44 ans
- Centres d'intérêts : Heroic Fantasy, les auteurs Robert Jordan, Frank Herbert, David Gemmell, Terry Goodkind, Robin Hobb, Fiona McIntosh, Brandon Sanderson, Ursula K. Le Guin, Jack Vance, Morgan Rice, Rick Riordan, plus le roman Les Enfants de la Terre et le personnage de Percy Jackson
Cette audience représentait plus de 1,5 millions de personnes. La publicité a démarré le mardi. En supprimant Heroic Fantasy et Percy Jackson après une journée, dès le mercredi, j'ai réduit l'audience à 30 000 personnes. J'espérais ainsi éviter les clicks farms.
Malgré cela, l'hémorragie des fausses appréciations, vraisemblablement en provenance de "fermes à clics" s'est poursuivie durant toute la durée de la pub, que j'ai interrompue le vendredi soir.
L'explication de ce problème se trouve sans doute dans cette vidéo de langue anglaise de 2014 intitulée Facebook Fraud:
Pour résumer, les employés des fameuses Clicks Farms, afin de légitimer leurs appréciations, de faire en sorte qu'elles soient validées par Facebook, vont cliquer sur les "j'aime" ou "j'adore" des publicités de manière aléatoire, et parviennent à localiser leurs profils dans les pays ciblés par ces publicités.
En gros, ce n'est pas parce que vous ne ciblez pas l'Afghanistan, que vous n'aurez pas un Afghan dont il est écrit sur le profil qu'il vit à Paris qui va vous aimer votre pub.
Comme le précise la vidéo ci-dessus, ces appréciations sont en fait très néfastes par rapport à votre pub, parce que nuisant à l'effet boule de neige, Facebook ayant mis en place des contre-mesures pour réduire la popularité en cas de doute sur la provenance des clics.
En plus, n'importe qui cliquant sur les appréciations se demandera si vous n'avez pas vous-même fait appel à une "ferme à clics".
Inutile de dire que j'ai eu très peu de ventes à la suite de cette pub: moins d'une dizaine.
Il fut un temps où je parlais d'une promo réussie en raison de deux facteurs, l'aide de la plate-forme de vente et les pubs Facebook.
Les choses ont bien changé.
Il s'avère qu'il va devenir de plus en plus difficile de s'appuyer sur les pubs Facebook pour faire connaître ses romans.
vendredi 19 mai 2017
De nouveaux blogs et services pour les auteurs
Le blog L'évasion littéraire
recense près de 200 blogs de chroniqueuses ou chroniqueurs qui lisent
des auteurs autoédités. C'est une immense satisfaction pour moi! A noter
aussi: Le site Simplement Pro, très efficace apparemment, pour proposer vos livres ou ebooks à des blogueurs sans les contacter directement, via un service de presse qui accepte tous les auteurs.
Le blog L'évasion littéraire, de Mélanie.
Le site Simplement Pro.
J'ai bien sûr réactualisé mon article La liste des sites et blogs ouverts à tous les livres et/ou ebooks.
Je n'ai pas réactualisé les deux sous-listes de l'article différenciant les blogs ne prenant que des livres de ceux acceptant aussi les ebooks: ça m'aurait demandé trop de travail. Je me suis contenté de mettre l'adresse vers le blog de Mélanie en bas d'article.
Le changement dans la blogosphère me semble aller dans le sens des auteurs autoédités, et c'est une très bonne chose.
Même si les ventes ne suivent pas toujours, même s'il est indispensable que l'article soit impartial, vous pouvez imaginer le bien que peut faire un article comme celui-ci d'une chroniqueuse sur le moral d'un auteur.
Le blog L'évasion littéraire, de Mélanie.
Le site Simplement Pro.
J'ai bien sûr réactualisé mon article La liste des sites et blogs ouverts à tous les livres et/ou ebooks.
Je n'ai pas réactualisé les deux sous-listes de l'article différenciant les blogs ne prenant que des livres de ceux acceptant aussi les ebooks: ça m'aurait demandé trop de travail. Je me suis contenté de mettre l'adresse vers le blog de Mélanie en bas d'article.
Le changement dans la blogosphère me semble aller dans le sens des auteurs autoédités, et c'est une très bonne chose.
Même si les ventes ne suivent pas toujours, même s'il est indispensable que l'article soit impartial, vous pouvez imaginer le bien que peut faire un article comme celui-ci d'une chroniqueuse sur le moral d'un auteur.
mercredi 19 avril 2017
Promos anglo-saxonnes : enfin des bénéfices !
Il aura fallu de la patience. J'ai publié sur les différentes plates-formes d'autoédition la traduction anglaise du Souffle d'Aoles, The Breath of Aoles, en février 2014, il y a trois ans. Sa suite, Turquoise Water, est sortie en mars 2015. Le dernier tome, The Flames of the Immolated, est sorti en août 2016. Il aura malgré tout fallu attendre cette année 2017, et ma promo sur la trilogie anglaise réunie en coffret ebook pour qu'enfin, l'argent investi dans les sites de promo de livres électroniques, américains pour la plupart, engendre un retour sur investissement. Deux facteurs auront été déterminants pour obtenir ce résultat.
Vous vous souvenez de mon article de janvier dernier sur une promo anglo-saxonne? J'avais investi quelque chose comme 315 € dans différents sites de vente que je détaille dans l'article.
Cet investissement n'avait pas été remboursé en janvier (de toute façon, il faut attendre deux mois avant le versement d'un mois en cours), puisque malgré les 250 ebooks vendus en une semaine, je n'avais gagné que 155 €.
Mais quatre mois plus tard, après de nouvelles ventes, à plein tarif cette fois, j'en suis à plus de 345 € de revenus pour The Ardalia trilogy.
Le retour de bénéfice, une trentaine d'euros, est donc extrêmement modeste, mais réel. L'important pour moi est que je sais quels sites de promo ont été les plus efficaces, et que je suis à peu près sûr de faire mieux la prochaine fois.
Toutes mes promos précédentes sur le marché anglo-saxon les autres années, qu'il s'agisse de pubs Facebook ou de promos sur des sites payants, avaient été déficitaires.
Qu'est-ce qui a changé? Quels ont donc été ces deux facteurs principaux déterminants?
Si vous avez lu mon article de janvier, vous savez que le coffret ebook The Ardalia trilogy est vendu exclusivement sur Amazon, contrairement aux romans pris individuellement.
Eh bien ce sont les pages lues sur Kindle Unlimited qui expliquent en grande partie ces bénéfices, il me faut bien le reconnaître.
Si en janvier, la trilogie anglaise a bénéficié de 4818 pages lues aux Etats-Unis et 3347 au Royaume Uni, ces chiffres sont montés respectivement à 15644 et 4283 en février.
Bien que le chiffre de 15644 pages lues paraisse impressionnant, cela a représenté en réalité 77 $. Néanmoins, cela s'ajoute au reste, et j'ai encore des pages lues ce mois-ci.
Cela prouve aussi que ma trilogie est lue par au moins quelques personnes, ce qui est réconfortant. :)
En mars, on est passé à un tout petit peu moins de 9000 pages lues (US) et seulement 163 (UK).
Les ventes d'ebooks de la trilogie à plein tarif ont été d'une quinzaine en février-mars.
Le second facteur déterminant, celui qui a sans doute permis une partie des ventes à taux plein et des pages lues, me vient des abonnés à ma newsletter anglaise, au nombre d'un millier.
J'ai toujours dit que KDP Select était défavorable à la grande majorité des auteurs, parce que la grande majorité des auteurs ne maîtrisent pas le marketing.
Je le maintiens. Rien n'a changé. Il m'a fallu plusieurs années pour élaborer la bonne stratégie marketing.
Bien qu'étant opposé à la notion d'exclusivité, j'ai malgré tout décidé de tirer parti de Kindle Unlimited, parce que ce service de souscription est ce qui se rapproche le plus d'une bibliothèque dans l'univers des ebooks, parce qu'il me faut diversifier mes sources de revenu, et parce que, de manière pragmatique, je reconnais qu'Amazon est très nettement dominant pour le marché anglo-saxon.
Néanmoins, j'avais aussi à cœur de satisfaire ceux des lecteurs de ma newsletter anglaise qui possédent un appareil autre qu'une Kindle, et ceux qui habitent dans des pays où Kindle Countdown n'est pas en place (la promo réalisée en janvier était une promo Kindle Countdown exclusive à Amazon), et notamment l'Australie.
J'ai donc mis, la semaine dernière, mes ebooks anglais Turquoise Water et The Flames of the Immolated (The Breath of Aoles étant gratuit) à 0,99$/£ sur les différentes plates-formes. La réponse a été très favorable, puisque, en ne faisant cette fois appel à aucun site de promo, j'ai réalisé 35 ventes.
Cette promo ne devrait pas générer autant de retombées que celle sur la trilogie complète, mais elle m'a permis, sans rien dépenser, de satisfaire certains lecteurs qui auraient pu être frustrés par la précédente.
Il est intéressant de voir qu'une portion non négligeable des abonnés à ma newsletter anglaise ne sont pas abonnés à Kindle Unlimited. En revanche, la domination d'Amazon est bel et bien validée par cette expérience menée la semaine dernière: bien qu'ayant fourni les liens vers Barnes & Noble, Apple et Kobo en plus d'Amazon dans ma newsletter, je n'ai obtenu que deux ventes sur Kobo (une pour le tome 2 et une pour le 3). Aucune sur les autres plates-formes, et 33 sur Amazon!
Voilà en tout cas deux campagnes coup sur coup qui me rapportent des bénéfices, certes très modestes, mais encourageants!
Autres articles sur le même sujet:
Une promotion anglo-saxonne
Traduction de romans: attention, terrain miné!
Vous vous souvenez de mon article de janvier dernier sur une promo anglo-saxonne? J'avais investi quelque chose comme 315 € dans différents sites de vente que je détaille dans l'article.
Cet investissement n'avait pas été remboursé en janvier (de toute façon, il faut attendre deux mois avant le versement d'un mois en cours), puisque malgré les 250 ebooks vendus en une semaine, je n'avais gagné que 155 €.
Mais quatre mois plus tard, après de nouvelles ventes, à plein tarif cette fois, j'en suis à plus de 345 € de revenus pour The Ardalia trilogy.
Le retour de bénéfice, une trentaine d'euros, est donc extrêmement modeste, mais réel. L'important pour moi est que je sais quels sites de promo ont été les plus efficaces, et que je suis à peu près sûr de faire mieux la prochaine fois.
Toutes mes promos précédentes sur le marché anglo-saxon les autres années, qu'il s'agisse de pubs Facebook ou de promos sur des sites payants, avaient été déficitaires.
Qu'est-ce qui a changé? Quels ont donc été ces deux facteurs principaux déterminants?
Si vous avez lu mon article de janvier, vous savez que le coffret ebook The Ardalia trilogy est vendu exclusivement sur Amazon, contrairement aux romans pris individuellement.
Eh bien ce sont les pages lues sur Kindle Unlimited qui expliquent en grande partie ces bénéfices, il me faut bien le reconnaître.
Si en janvier, la trilogie anglaise a bénéficié de 4818 pages lues aux Etats-Unis et 3347 au Royaume Uni, ces chiffres sont montés respectivement à 15644 et 4283 en février.
Bien que le chiffre de 15644 pages lues paraisse impressionnant, cela a représenté en réalité 77 $. Néanmoins, cela s'ajoute au reste, et j'ai encore des pages lues ce mois-ci.
Cela prouve aussi que ma trilogie est lue par au moins quelques personnes, ce qui est réconfortant. :)
En mars, on est passé à un tout petit peu moins de 9000 pages lues (US) et seulement 163 (UK).
Les ventes d'ebooks de la trilogie à plein tarif ont été d'une quinzaine en février-mars.
Le second facteur déterminant, celui qui a sans doute permis une partie des ventes à taux plein et des pages lues, me vient des abonnés à ma newsletter anglaise, au nombre d'un millier.
J'ai toujours dit que KDP Select était défavorable à la grande majorité des auteurs, parce que la grande majorité des auteurs ne maîtrisent pas le marketing.
Je le maintiens. Rien n'a changé. Il m'a fallu plusieurs années pour élaborer la bonne stratégie marketing.
Bien qu'étant opposé à la notion d'exclusivité, j'ai malgré tout décidé de tirer parti de Kindle Unlimited, parce que ce service de souscription est ce qui se rapproche le plus d'une bibliothèque dans l'univers des ebooks, parce qu'il me faut diversifier mes sources de revenu, et parce que, de manière pragmatique, je reconnais qu'Amazon est très nettement dominant pour le marché anglo-saxon.
Néanmoins, j'avais aussi à cœur de satisfaire ceux des lecteurs de ma newsletter anglaise qui possédent un appareil autre qu'une Kindle, et ceux qui habitent dans des pays où Kindle Countdown n'est pas en place (la promo réalisée en janvier était une promo Kindle Countdown exclusive à Amazon), et notamment l'Australie.
J'ai donc mis, la semaine dernière, mes ebooks anglais Turquoise Water et The Flames of the Immolated (The Breath of Aoles étant gratuit) à 0,99$/£ sur les différentes plates-formes. La réponse a été très favorable, puisque, en ne faisant cette fois appel à aucun site de promo, j'ai réalisé 35 ventes.
Cette promo ne devrait pas générer autant de retombées que celle sur la trilogie complète, mais elle m'a permis, sans rien dépenser, de satisfaire certains lecteurs qui auraient pu être frustrés par la précédente.
Il est intéressant de voir qu'une portion non négligeable des abonnés à ma newsletter anglaise ne sont pas abonnés à Kindle Unlimited. En revanche, la domination d'Amazon est bel et bien validée par cette expérience menée la semaine dernière: bien qu'ayant fourni les liens vers Barnes & Noble, Apple et Kobo en plus d'Amazon dans ma newsletter, je n'ai obtenu que deux ventes sur Kobo (une pour le tome 2 et une pour le 3). Aucune sur les autres plates-formes, et 33 sur Amazon!
Voilà en tout cas deux campagnes coup sur coup qui me rapportent des bénéfices, certes très modestes, mais encourageants!
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jeudi 16 février 2017
Une promotion anglo-saxonne
J'ai parfois l'impression d'être le canari dans la mine, ou si vous préférez, de jouer les cobayes pour la trentaine d'auteurs qui me suivent sur Facebook. Je ne me plains pas, cela dit: c'est un choix personnel, et je ne suis pas le seul auteur dans ce cas. Cela donne un peu plus de sens à mon activité d'auteur autoédité. Aujourd'hui, je présente le résultat d'une promotion Kindle Countdown Deal de mon coffret anglais The Ardalia trilogy, vendu en exclusivité sur Amazon.
Un petit mot sur l'exclusivité Amazon: l'idéaliste en moi est toujours contre cette notion d'exclusivité. C'est pourquoi mes romans à titre individuel sont toujours vendus, même en anglais, sur chaque plate-forme.
Il faut aussi savoir que je ne vends pas le coffret en français de la trilogie Ardalia, roman de Fantasy, sur les sites d'Amazon. Vous le trouverez notamment sur Kobo ou la Fnac, mais pas sur le site de Jeff Bezos. En contrepartie, j'ai donc choisi de vendre le coffret en anglais en exclu sur Amazon.
C'est une concession que j'ai faite au pragmatique qui est en moi.
Je vends très très peu d'ebooks en anglais sur d'autres plates-formes qu'Amazon, qui possède 75% du marché sur les ebooks aux Etats-Unis. Mes expériences avec un coffret en exclu peuvent aussi être utiles à la communauté d'auteurs. Par ailleurs, un seul coffret vendu en exclu n'est pas suffisant pour entraîner une dépendance envers Amazon.
Pour conclure sur le sujet, je dirais que, même après cette expérience du Kindle Countdown Deal que je présente ici, je ne retranche pas un mot du billet que j'avais adressé à l'attention d'Amazon.
Les lecteurs de ce blog se souviennent de la promo réussie que j'avais effectuée en collaboration avec la plate-forme Kobo/Fnac sur la trilogie Ardalia en français. Elle avait donnée lieu à cette capture d'écran (cliquez sur l'image pour agrandir):
La promo avait duré une semaine. J'avais reçu un soutien fort de la plate-forme Kobo/Fnac, avec l'équivalent de l'Offre éclair d'Amazon sur une journée, ce qui avait occasionné 63 ventes sur la journée en question, le dimanche 8 novembre 2015.
Sur le mois complet, j'avais vendu 120 trilogies, mais une seule le mois suivant (!), ce qui ne m'avait pas permis de rentabiliser mes investissements sur les pubs Facebook. Je considère néanmoins toujours cette promo comme réussie, parce qu'elle a apporté de la visibilité à la trilogie.
La promo Kindle Countdown Deal sur la trilogie anglaise a quant à elle eu lieu récemment, du 23 au 29 janvier 2017.
Kindle Countdown Deal (KCD) ne représente pas une aide aussi massive que celle que j'avais reçue de Kobo, ou l'Offre éclair d'Amazon, laquelle n'est proposée qu'à des auteurs triés sur le volet. KCD est réservé aux auteurs ayant un ebook en exclusivité sur Amazon (KDP Select), et ne fonctionne que sur les plates-formes américaines et Royaume Uni.
Avec KCD, votre ebook est listé dans une catégorie spéciale d'Amazon. J'ai vérifié, mon ebook y était bien. Néanmoins, cette catégorie ne peut pas être trouvée par un lecteur sans recherche spécifique "Kindle Countdown Deal" sur le moteur de recherche Amazon. Autant dire que ce coup de pouce d'une catégorie spécifique est en réalité quasiment inexistant.
En revanche, Amazon va indiquer, directement sur la page de vente de l'ebook, un décompte de type compte à rebours du temps restant avant le prochain changement de prix.
Ce décompte est ce qui signale une promo spéciale sur la page du livre. Ce type de signalement par rapport à une promo est unique à Amazon, et gagnerait à être utilisé par la concurrence. C'est en effet très utile, notamment grâce aux mailing lists (lecteurs abonnés), qui vont vous permettre "d'envoyer" vos lecteurs directement sur la page de vente de l'ebook sur Amazon Etats-Unis ou Royaume Uni.
On a la possibilité de mettre différentes tranches de prix pendant la semaine de promo KCD. On n'est pas obligé de dépenser toute sa semaine de promo KCD d'un coup, on peut la répartir sur différents jours par période d'exclusivité de trois mois. Néanmoins, à mon sens c'est plus efficace d'utiliser toute la semaine d'un coup.
De la même manière que pour la promo Kobo, j'ai baissé le prix de la trilogie à 0,99$ la plupart du temps, mais en le remontant tout de même à 3,99$ les deux derniers jours. Ces variations de prix sont permises par la promo KCD, ce qui est très utile pour étalonner les performances suivant les prix.
Pour cette promo, j'ai principalement utilisé des sites payants préconisés par l'auteur britannique de thrillers Mark Dawson: Kindle Books & Tips le premier jour, Ereader News Today, Bargain Booksy et Bookraid le deuxième jour, The Fussy Librarian le troisième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly les quatrième et cinquième jour.
A mon grand regret, je n'ai pu utiliser les services de Book Barbarian, un site très utile pour la promo des ebooks de Fantasy et Science-Fiction. Il fallait s'y prendre plus de trois mois à l'avance, je n'avais pas la patience. Mais pour l'avoir déjà testé, je sais que ce site vaut les 50$ qu'il demande, pour mes romans de Fantasy en tout cas.
J'ai aussi utilisé ma mailing list d'un peu moins de 1200 lecteurs anglophones amateurs de Fantasy, en grande majorité Américains. Si j'ai déjà obtenu autant de lecteurs abonnés anglais, c'est notamment grâce au site Instafreebie, gratuit le premier mois et coûtant 20$ par mois ensuite, et qui permet de grouper des promos avec des auteurs anglo-saxons. Le site est relié à la plate-forme de newsletter Mailchimp, ce qui est très utile.
J'ai mis un budget d'un peu plus de 300€ dans ces différents sites et sur une pub Facebook qui ciblait ma propre mailing list. A comparer avec les 200€ de ma promo de 2015.
Le site qui m'a coûté le plus cher a été Books Butterfly: 167€. Le site est censé garantir les ventes, mais en fait, ne fournit qu'un acompte pour une prochaine promo si l'on n'atteint pas le chiffre garanti. Il n'est pas très adapté aux ebooks de Fantasy et s'est révélé décevant dans mon cas.
Mon objectif était de vendre 200 ebooks dans la semaine, ce qui peut sembler ambitieux, mais j'avais déjà une idée des performances de la trilogie grâce à la promo Kobo, et de mon ebook anglais The Breath of Aoles, notamment sur des sites comme Kindle Books & Tips et Ereader News Today.
C'était ma toute première promo Kindle Countdown Deal, et dans un premier temps, j'ai complètement loupé le marché du Royaume Uni: si vous lancez une promo KCD, vous devez en effet définir les prix sur chaque plate-forme, américaine et anglaise, une à une. Ça n'est pas globalisé.
Ma promo en direction des lecteurs UK n'a donc débuté que le mercredi au lieu du lundi, ce qui m'a conduit à envoyer un email d'excuses à ma mailing list. Voyons maintenant les différents résultats:
Premier jour, Kindle Books & Tips + newsletter
53 exemplaires. Un bon départ compte tenu du fait que je n'avais jamais utilisé ma newsletter anglaise pour des promos uniquement sur mes ebooks: en général c'était pour des promos communes avec d'autres auteurs. Nous y reviendrons.
Le jour suivant, l'ebook a grimpé aux alentours de la 6000ème place:
Deuxième jour Ereader News Today, Bargain Booksy et BookRaid:
Les ventes atteignent leur pic, 81 exemplaires. Ce qui est mieux, sur une journée, que ma trilogie française avec la mise en avant Kobo. C'est principalement dû au site Ereader News Today, mais aussi à ma newsletter, qui continue à produire des ventes.
L'ebook entre dans le top 3000 des livres payants, sa meilleure place:
Dans la sous-catégorie "Mythe enfance, général & autre", cela lui permet de se classer brièvement, ô joie, à la première place devant les ebooks de Rick Riordan!
Par rapport au classement précédent de la trilogie, au-delà de la millionième place, la remontée est spectaculaire:
A noter ce mail très classe de Book Raid, un site honnête, qui ne vous facture qu'en fonction du nombre de clics sur le lien dans leur newsletter (8 grâce à eux):
Troisième jour The Fussy Librarian, relance de la newsletter
On descend ensuite à 22 exemplaires (oui, la chute est rude).
Quatrième et Cinquième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly
Des deux sites, c'est Books Butterfly qui donnera le plus de ventes. Néanmoins, avec 15 ventes le quatrième jour et 37 le cinquième, ce site ne vaut pas la somme importante que j'ai mise dedans (plus de 160€). C'est sur ce poste que je réduirai mes coûts la prochaine fois.
Sixième et septième jour, deux bonnes surprises
Le sixième jour, alors que l'ebook est passé à 3,99 € et que je n'ai plus aucune promo sur aucun site, j'obtiens 23 ventes ce qui est une bonne surprise. L'ebook reste parmi les 7000 mieux vendus d'Amazon US.
Enfin le septième jour (le dimanche), bien que ne vendant que 7 exemplaires, j'obtiens 3312 pages lues sur KEMP, c'est à dire des livres lus via le système d'abonnement Kindle Unlimited. Cela correspond à une somme d'une vingtaine d'euros assez modeste, mais toujours bonne à prendre! D'autant que les prêts pendant la période de promo n'ont pas été aussi importants qu'espérés.
Retour sur la mailing list
Un petit retour sur les abonnés anglo-américains à mon Groupe de Lecteurs (mailing list). J'ai obtenu seulement 35% d'ouverture du mail le lundi, ce qui représente 778 personnes laissées sur le carreau.
Le mercredi, le nombre de personnes abonnées à ma newsletter est passé de 1194 à 1136! Et je n'ai obtenu que 36,2% d'ouverture du mail, ce qui représente 727 personnes laissées sur le carreau.
Le vendredi, en utilisant Mailchimp, j'ai ciblé les personnes n'ayant pas ouvert aucun des deux premiers emails, et j'ai obtenu 20,8% d'ouverture, et donc 695 personnes qui ont totalement ignoré cette campagne de promo.
Et en termes de clics sur la page de vente de l'ebook, me direz-vous? Eh bien, 126 clics le lundi, 83 le mercredi, et tout de même 52 clics le vendredi, pour les lecteurs n'ayant pas ouvert les deux premiers emails.
Cela fait donc 261 clics en tout pour ma mailing list. On peut évaluer à 20% le chiffre de ventes par rapport à ces clics, c'est à dire que ma mailing list m'a rapporté 52 ebooks vendus. Et croyez-moi, ce n'est pas négligeable, même si le chiffre peut sembler dérisoire par rapport au nombre initial total d'abonnés (1194).
L'apport de la mailing list est donc très intéressant. Mais il faut voir que le service Mailchimp est pour l'instant gratuit, mais me coûtera, je crois, une vingtaine d'euros par mois au-delà des 2000 abonnés.
Comme une bonne partie de cette mailing list est en quelque sorte une masse inerte, un poids mort, j'ai tout intérêt à faire du tri. Ma méthode va donc consister à envoyer un email avec comme sujet: "Veuillez répondre à cet email si vous souhaitez rester dans mon groupe de lecteurs".
Et ensuite? Ecrémage. En tant qu'auteur autoédité, on ne peut pas s'offrir le luxe de payer pour des gens qui ne s'intéressent pas à vous.
L'une des leçons que je tire de cette promo, c'est de ne pas attendre que votre liste ait atteint les 2000 personnes. Il vous faut faire le tri par rapport aux personnes qui vous lisent vraiment, et le plus tôt est le mieux. L'auteur Mark Dawson fait aussi des sondages qui lui permettent de mieux connaître sa mailing list.
Quant à la pub Facebook qui ciblait ma mailing list, elle m'a coûté 16€. J'ai très rapidement arrêté: j'ai su que je ciblais bien mon Groupe de lecteurs grâce à un "j'adore" mis par une lectrice de ma liste, mais le coût, à ma surprise, était prohibitif en regard du nombre de clics (genre plus de 2€ par clic).
Je n'ai pas essayé les Lookalike audience (audiences similaires), mais j'avoue que ma foi en l'outil Facebook n'est pas au top en ce moment.
Ventes globales
Si j'ai attendu après le 15 février pour rédiger ce blog, c'est qu'il me fallait obtenir mon relevé de compte en provenance d'Amazon, pour connaître mes revenus d'auteur sur la période de promo.
J'ai fait en tout 246 ventes de la trilogie, 226 aux Etats-Unis et 20 au Royaume Uni. Objectif atteint, donc.
Dans les tableaux suivants, c'est la colonne "Redevance" qui importe, car elle correspond à ce que je vais réellement toucher, et non celle "Revenu":
En tenant compte des livres prêtés sur Kindle Unlimited, mes revenus d'auteur s'élèveront à 155€ sur la période de janvier, ce qui ne couvre évidemment pas les 300 € dépensés.
La surprise désagréable que j'ai eue, ça a été les coûts moyens de livraison de la trilogie, qui fait plus de 1200 pages: à 0,43$ le coût moyen de livraison, si vous multipliez par 226 exemplaires, on est à 97$ (environ 94€) rien que pour le marché américain.
A cause de ces coûts de livraison, le fait de percevoir 70% pendant la promo KCD sur des ebooks vendus à 0,99$ n'est qu'un mince avantage: chaque ebook vendu m'a rapporté 0,38 cents.
Bref, sans ces coûts, il serait tout à fait envisageable d'avoir un retour sur investissement.
En effet, l'effet boule de neige est plus important en ce mois de février pour cette promo KCD qu'elle ne l'avait été sur Kobo. Avec 7 ebooks vendus à plein tarif (9,99$), plus les lectures Kindle Unlimited, nombreuses, j'en suis à environ 100$ de revenus d'auteur estimés rien que pour ce mois de février (qui n'est pas encore achevé, nous sommes le 16 au moment où j'écris ces lignes).
Donc, 155 + 100 = 255€. On n'est plus très loin d'un retour sur investissement. Je ne suis pas entièrement confiant sur le fait que celui-ci ait lieu, cela dit, les ventes se raréfiant avec le temps.
Au final, cette promo m'a permis de cibler les sites les plus utiles pour moi. Il faudra que je fasse un sérieux tri dans ma liste d'abonnés, mais je suis relativement confiant sur le fait de rentabiliser ma prochaine promo de ce type.
Je trouve donc les outils promotionnels d'Amazon intéressants, mais je reste persuadé que le site les fait payer beaucoup trop cher aux auteurs, en réclamant l'exclusivité.
Un petit mot sur l'exclusivité Amazon: l'idéaliste en moi est toujours contre cette notion d'exclusivité. C'est pourquoi mes romans à titre individuel sont toujours vendus, même en anglais, sur chaque plate-forme.
Il faut aussi savoir que je ne vends pas le coffret en français de la trilogie Ardalia, roman de Fantasy, sur les sites d'Amazon. Vous le trouverez notamment sur Kobo ou la Fnac, mais pas sur le site de Jeff Bezos. En contrepartie, j'ai donc choisi de vendre le coffret en anglais en exclu sur Amazon.
C'est une concession que j'ai faite au pragmatique qui est en moi.
Je vends très très peu d'ebooks en anglais sur d'autres plates-formes qu'Amazon, qui possède 75% du marché sur les ebooks aux Etats-Unis. Mes expériences avec un coffret en exclu peuvent aussi être utiles à la communauté d'auteurs. Par ailleurs, un seul coffret vendu en exclu n'est pas suffisant pour entraîner une dépendance envers Amazon.
Pour conclure sur le sujet, je dirais que, même après cette expérience du Kindle Countdown Deal que je présente ici, je ne retranche pas un mot du billet que j'avais adressé à l'attention d'Amazon.
Les lecteurs de ce blog se souviennent de la promo réussie que j'avais effectuée en collaboration avec la plate-forme Kobo/Fnac sur la trilogie Ardalia en français. Elle avait donnée lieu à cette capture d'écran (cliquez sur l'image pour agrandir):
La promo avait duré une semaine. J'avais reçu un soutien fort de la plate-forme Kobo/Fnac, avec l'équivalent de l'Offre éclair d'Amazon sur une journée, ce qui avait occasionné 63 ventes sur la journée en question, le dimanche 8 novembre 2015.
Sur le mois complet, j'avais vendu 120 trilogies, mais une seule le mois suivant (!), ce qui ne m'avait pas permis de rentabiliser mes investissements sur les pubs Facebook. Je considère néanmoins toujours cette promo comme réussie, parce qu'elle a apporté de la visibilité à la trilogie.
La promo Kindle Countdown Deal sur la trilogie anglaise a quant à elle eu lieu récemment, du 23 au 29 janvier 2017.
Kindle Countdown Deal (KCD) ne représente pas une aide aussi massive que celle que j'avais reçue de Kobo, ou l'Offre éclair d'Amazon, laquelle n'est proposée qu'à des auteurs triés sur le volet. KCD est réservé aux auteurs ayant un ebook en exclusivité sur Amazon (KDP Select), et ne fonctionne que sur les plates-formes américaines et Royaume Uni.
Avec KCD, votre ebook est listé dans une catégorie spéciale d'Amazon. J'ai vérifié, mon ebook y était bien. Néanmoins, cette catégorie ne peut pas être trouvée par un lecteur sans recherche spécifique "Kindle Countdown Deal" sur le moteur de recherche Amazon. Autant dire que ce coup de pouce d'une catégorie spécifique est en réalité quasiment inexistant.
En revanche, Amazon va indiquer, directement sur la page de vente de l'ebook, un décompte de type compte à rebours du temps restant avant le prochain changement de prix.
Ce décompte est ce qui signale une promo spéciale sur la page du livre. Ce type de signalement par rapport à une promo est unique à Amazon, et gagnerait à être utilisé par la concurrence. C'est en effet très utile, notamment grâce aux mailing lists (lecteurs abonnés), qui vont vous permettre "d'envoyer" vos lecteurs directement sur la page de vente de l'ebook sur Amazon Etats-Unis ou Royaume Uni.
On a la possibilité de mettre différentes tranches de prix pendant la semaine de promo KCD. On n'est pas obligé de dépenser toute sa semaine de promo KCD d'un coup, on peut la répartir sur différents jours par période d'exclusivité de trois mois. Néanmoins, à mon sens c'est plus efficace d'utiliser toute la semaine d'un coup.
De la même manière que pour la promo Kobo, j'ai baissé le prix de la trilogie à 0,99$ la plupart du temps, mais en le remontant tout de même à 3,99$ les deux derniers jours. Ces variations de prix sont permises par la promo KCD, ce qui est très utile pour étalonner les performances suivant les prix.
Pour cette promo, j'ai principalement utilisé des sites payants préconisés par l'auteur britannique de thrillers Mark Dawson: Kindle Books & Tips le premier jour, Ereader News Today, Bargain Booksy et Bookraid le deuxième jour, The Fussy Librarian le troisième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly les quatrième et cinquième jour.
A mon grand regret, je n'ai pu utiliser les services de Book Barbarian, un site très utile pour la promo des ebooks de Fantasy et Science-Fiction. Il fallait s'y prendre plus de trois mois à l'avance, je n'avais pas la patience. Mais pour l'avoir déjà testé, je sais que ce site vaut les 50$ qu'il demande, pour mes romans de Fantasy en tout cas.
J'ai aussi utilisé ma mailing list d'un peu moins de 1200 lecteurs anglophones amateurs de Fantasy, en grande majorité Américains. Si j'ai déjà obtenu autant de lecteurs abonnés anglais, c'est notamment grâce au site Instafreebie, gratuit le premier mois et coûtant 20$ par mois ensuite, et qui permet de grouper des promos avec des auteurs anglo-saxons. Le site est relié à la plate-forme de newsletter Mailchimp, ce qui est très utile.
J'ai mis un budget d'un peu plus de 300€ dans ces différents sites et sur une pub Facebook qui ciblait ma propre mailing list. A comparer avec les 200€ de ma promo de 2015.
Le site qui m'a coûté le plus cher a été Books Butterfly: 167€. Le site est censé garantir les ventes, mais en fait, ne fournit qu'un acompte pour une prochaine promo si l'on n'atteint pas le chiffre garanti. Il n'est pas très adapté aux ebooks de Fantasy et s'est révélé décevant dans mon cas.
Mon objectif était de vendre 200 ebooks dans la semaine, ce qui peut sembler ambitieux, mais j'avais déjà une idée des performances de la trilogie grâce à la promo Kobo, et de mon ebook anglais The Breath of Aoles, notamment sur des sites comme Kindle Books & Tips et Ereader News Today.
C'était ma toute première promo Kindle Countdown Deal, et dans un premier temps, j'ai complètement loupé le marché du Royaume Uni: si vous lancez une promo KCD, vous devez en effet définir les prix sur chaque plate-forme, américaine et anglaise, une à une. Ça n'est pas globalisé.
Ma promo en direction des lecteurs UK n'a donc débuté que le mercredi au lieu du lundi, ce qui m'a conduit à envoyer un email d'excuses à ma mailing list. Voyons maintenant les différents résultats:
Premier jour, Kindle Books & Tips + newsletter
53 exemplaires. Un bon départ compte tenu du fait que je n'avais jamais utilisé ma newsletter anglaise pour des promos uniquement sur mes ebooks: en général c'était pour des promos communes avec d'autres auteurs. Nous y reviendrons.
Le jour suivant, l'ebook a grimpé aux alentours de la 6000ème place:
Deuxième jour Ereader News Today, Bargain Booksy et BookRaid:
Les ventes atteignent leur pic, 81 exemplaires. Ce qui est mieux, sur une journée, que ma trilogie française avec la mise en avant Kobo. C'est principalement dû au site Ereader News Today, mais aussi à ma newsletter, qui continue à produire des ventes.
L'ebook entre dans le top 3000 des livres payants, sa meilleure place:
Dans la sous-catégorie "Mythe enfance, général & autre", cela lui permet de se classer brièvement, ô joie, à la première place devant les ebooks de Rick Riordan!
Par rapport au classement précédent de la trilogie, au-delà de la millionième place, la remontée est spectaculaire:
A noter ce mail très classe de Book Raid, un site honnête, qui ne vous facture qu'en fonction du nombre de clics sur le lien dans leur newsletter (8 grâce à eux):
Troisième jour The Fussy Librarian, relance de la newsletter
On descend ensuite à 22 exemplaires (oui, la chute est rude).
Quatrième et Cinquième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly
Des deux sites, c'est Books Butterfly qui donnera le plus de ventes. Néanmoins, avec 15 ventes le quatrième jour et 37 le cinquième, ce site ne vaut pas la somme importante que j'ai mise dedans (plus de 160€). C'est sur ce poste que je réduirai mes coûts la prochaine fois.
Sixième et septième jour, deux bonnes surprises
Le sixième jour, alors que l'ebook est passé à 3,99 € et que je n'ai plus aucune promo sur aucun site, j'obtiens 23 ventes ce qui est une bonne surprise. L'ebook reste parmi les 7000 mieux vendus d'Amazon US.
Enfin le septième jour (le dimanche), bien que ne vendant que 7 exemplaires, j'obtiens 3312 pages lues sur KEMP, c'est à dire des livres lus via le système d'abonnement Kindle Unlimited. Cela correspond à une somme d'une vingtaine d'euros assez modeste, mais toujours bonne à prendre! D'autant que les prêts pendant la période de promo n'ont pas été aussi importants qu'espérés.
Retour sur la mailing list
Un petit retour sur les abonnés anglo-américains à mon Groupe de Lecteurs (mailing list). J'ai obtenu seulement 35% d'ouverture du mail le lundi, ce qui représente 778 personnes laissées sur le carreau.
Le mercredi, le nombre de personnes abonnées à ma newsletter est passé de 1194 à 1136! Et je n'ai obtenu que 36,2% d'ouverture du mail, ce qui représente 727 personnes laissées sur le carreau.
Le vendredi, en utilisant Mailchimp, j'ai ciblé les personnes n'ayant pas ouvert aucun des deux premiers emails, et j'ai obtenu 20,8% d'ouverture, et donc 695 personnes qui ont totalement ignoré cette campagne de promo.
Et en termes de clics sur la page de vente de l'ebook, me direz-vous? Eh bien, 126 clics le lundi, 83 le mercredi, et tout de même 52 clics le vendredi, pour les lecteurs n'ayant pas ouvert les deux premiers emails.
Cela fait donc 261 clics en tout pour ma mailing list. On peut évaluer à 20% le chiffre de ventes par rapport à ces clics, c'est à dire que ma mailing list m'a rapporté 52 ebooks vendus. Et croyez-moi, ce n'est pas négligeable, même si le chiffre peut sembler dérisoire par rapport au nombre initial total d'abonnés (1194).
L'apport de la mailing list est donc très intéressant. Mais il faut voir que le service Mailchimp est pour l'instant gratuit, mais me coûtera, je crois, une vingtaine d'euros par mois au-delà des 2000 abonnés.
Comme une bonne partie de cette mailing list est en quelque sorte une masse inerte, un poids mort, j'ai tout intérêt à faire du tri. Ma méthode va donc consister à envoyer un email avec comme sujet: "Veuillez répondre à cet email si vous souhaitez rester dans mon groupe de lecteurs".
Et ensuite? Ecrémage. En tant qu'auteur autoédité, on ne peut pas s'offrir le luxe de payer pour des gens qui ne s'intéressent pas à vous.
L'une des leçons que je tire de cette promo, c'est de ne pas attendre que votre liste ait atteint les 2000 personnes. Il vous faut faire le tri par rapport aux personnes qui vous lisent vraiment, et le plus tôt est le mieux. L'auteur Mark Dawson fait aussi des sondages qui lui permettent de mieux connaître sa mailing list.
Quant à la pub Facebook qui ciblait ma mailing list, elle m'a coûté 16€. J'ai très rapidement arrêté: j'ai su que je ciblais bien mon Groupe de lecteurs grâce à un "j'adore" mis par une lectrice de ma liste, mais le coût, à ma surprise, était prohibitif en regard du nombre de clics (genre plus de 2€ par clic).
Je n'ai pas essayé les Lookalike audience (audiences similaires), mais j'avoue que ma foi en l'outil Facebook n'est pas au top en ce moment.
Ventes globales
Si j'ai attendu après le 15 février pour rédiger ce blog, c'est qu'il me fallait obtenir mon relevé de compte en provenance d'Amazon, pour connaître mes revenus d'auteur sur la période de promo.
J'ai fait en tout 246 ventes de la trilogie, 226 aux Etats-Unis et 20 au Royaume Uni. Objectif atteint, donc.
Dans les tableaux suivants, c'est la colonne "Redevance" qui importe, car elle correspond à ce que je vais réellement toucher, et non celle "Revenu":
En tenant compte des livres prêtés sur Kindle Unlimited, mes revenus d'auteur s'élèveront à 155€ sur la période de janvier, ce qui ne couvre évidemment pas les 300 € dépensés.
La surprise désagréable que j'ai eue, ça a été les coûts moyens de livraison de la trilogie, qui fait plus de 1200 pages: à 0,43$ le coût moyen de livraison, si vous multipliez par 226 exemplaires, on est à 97$ (environ 94€) rien que pour le marché américain.
A cause de ces coûts de livraison, le fait de percevoir 70% pendant la promo KCD sur des ebooks vendus à 0,99$ n'est qu'un mince avantage: chaque ebook vendu m'a rapporté 0,38 cents.
Bref, sans ces coûts, il serait tout à fait envisageable d'avoir un retour sur investissement.
En effet, l'effet boule de neige est plus important en ce mois de février pour cette promo KCD qu'elle ne l'avait été sur Kobo. Avec 7 ebooks vendus à plein tarif (9,99$), plus les lectures Kindle Unlimited, nombreuses, j'en suis à environ 100$ de revenus d'auteur estimés rien que pour ce mois de février (qui n'est pas encore achevé, nous sommes le 16 au moment où j'écris ces lignes).
Donc, 155 + 100 = 255€. On n'est plus très loin d'un retour sur investissement. Je ne suis pas entièrement confiant sur le fait que celui-ci ait lieu, cela dit, les ventes se raréfiant avec le temps.
Au final, cette promo m'a permis de cibler les sites les plus utiles pour moi. Il faudra que je fasse un sérieux tri dans ma liste d'abonnés, mais je suis relativement confiant sur le fait de rentabiliser ma prochaine promo de ce type.
Je trouve donc les outils promotionnels d'Amazon intéressants, mais je reste persuadé que le site les fait payer beaucoup trop cher aux auteurs, en réclamant l'exclusivité.
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lundi 12 décembre 2016
L'Art intemporel de la Dédicace
On m'a récemment suggéré d'écrire un article à propos des séances de dédicace. En y réfléchissant je me suis dit: "qui suis-je pour donner des conseils sur les dédicaces?" Certes, depuis 2010, date de sortie du Souffle d'Aoles, j'ai signé plus de 5500 exemplaires de mes livres, mais je connais des auteurs francophones issus de petites maison d'édition qui font nettement mieux que moi. Pas des méga stars, des auteurs dont les problématiques sont très proches de celles d'un auteur autoédité. Je me suis alors souvenu d'un article d'un autre auteur que j'avais lu il y a quelques années. L'art de la dédicace étant intemporel, c'est cet article, toujours d'actualité, que j'ai décidé de traduire ici. L'auteur s'appelle Joe Konrath, et il a vendu 120 exemplaires en dix heures dans une librairie, là où mon record personnel est de 70 en deux jours (40 sur une journée).
Oui, je sais. Vous allez me dire que Brandon Sanderson, auteur comme moi de Fantasy, a signé plus de 1000 exemplaires de A Memory of Light en une journée. Et il est possible que le recordman des dédicaces en ait signé plus sur une journée que moi en 7 ans (j'ignore quel est le record).
Mais vous conviendrez que le cas de Brandon Sanderson est tout de même un peu particulier, puisque avec A Memory of Light, il mettait un terme à la série de Fantasy la Roue du Temps, de Robert Jordan, qui compte plus de 30 millions de lecteurs. C'est peu dire que l'ultime tome était attendu...
Joe Konrath en juin 2006, date de parution de l'article que je traduis ci-dessous, en revanche, était beaucoup plus proche du cas de figure d'un auteur autoédité. Il avait bien sûr un éditeur dans cette période, il n'avait pas à transporter les livres dans sa voiture, ni à les stocker dans son garage, mais c'était tout de même lui qui assurait l'essentiel du travail de promo.
Il y a peut-être des exemples d'articles de blog au sujet des dédicaces d'auteurs francophones, et qui ne soient pas des méga stars, plus efficaces que Konrath. N'hésitez pas à me signaler les liens en commentaire.
Je trouve personnellement que 120 livres papier vendus en dix heures par un auteur inconnu du grand public, c'est bien, mais peut-être que je me trompe.
Mes commentaires dans l'article ci-dessous apparaissent entre crochets.
L'article en question étant un chouïa long, j'ai décidé de ne traduire que le cœur du sujet, intitulé:
Comment faire d'une désastreuse séance de dédicace un succès - Joe Konrath
Nul aspect du boulot d'un écrivain n'offre plus d'occasion d'euphorie (et d'anxiété) que la signature de livres. Mais comment ces événements se déroulent-ils vraiment?
Le Rêve. Votre charmante hôtesse vous prend à l'aéroport et vous conduit en voiture à la plus grande librairie de tout l'état [Joe Konrath est un auteur américain, NDLT]. Elle vous apprend qu'ils ont annoncé l'événement dans trois journaux locaux et à la radio. Quand vous arrivez, il y a une centaine d'admirateurs qui attendent déjà. Vous rencontrez l'équipe excitée et vous asseyez derrière une table approvisionnée d'une énorme pile de livres, sous un poster géant en couleur de votre couverture. Vous lisez un chapitre à voix haute, recevez des applaudissements tonitruants, et faites un rapide Questions/Réponses avant de signer pendant une bonne heure et demie, les gens attendant patiemment le long d'une file infinie pour vous dire à quel point ils vous aiment.
La Réalité. Vous arrivez dans la librairie avec dix minutes d'avance. Il n'y a pas de foule d'admirateurs -- il n'y en a pas même un seul. Pas de poster, pas d'indications, nulle table emplie de livres. Les employés vous dévisagent comme si un second nez vous avait poussé lorsque vous leur dites que vous êtes l'auteur et que vous êtes là pour signer. Finalement, vous persuadez quelqu'un de vous aider, et il ou elle déterre un carton de vos livres et vous installe une petite table à l'arrière de la boutique, à côté des toilettes. Vous restez assis là deux heures, chaque seconde durant une éternité. Les gens font de leur mieux pour éviter tout contact oculaire quand ils passent. Certains s'approchent et vous demandent où trouver le Da Vinci Code. Il y en aura toujours un pour venir et dire, "Donc vous êtes un auteur? J'ai plein d'idées. Que diriez-vous que je vous les communique, vous les écrivez, et on partage les millions?" Personne n'achète un livre. C'est rabaissant, humiliant, décourageant, et vous faites le serment de ne plus jamais refaire cela.
Le Plan. Mais ça n'a pas à se passer comme ça. Avec la préparation idoine, une touche de confiance en vous-même, vous pouvez très bien vous débrouiller en séance de dédicace, même si votre nom n'est pas Clancy. Voici comment.
Un mois avant l'événement. Réservez la séance vous même soit en appelant, soit en passant dans la librairie pour parler à un directeur ou à un coordonnateur d'événements [chef de rayon livres].
Souvent la librairie n'est pas très réceptive -- les événements avec des auteurs ne se passent jamais bien. Persuadez-les que ça marchera pour vous, parce que vous avez une manière différente de faire les choses.
Si vous êtes avec un petit éditeur, vos livres peuvent être difficiles ou impossibles à commander. Offrez de leur apporter et donnez au libraire la marge standard de 40% [perso, je donne 20% aux grandes surfaces ne pratiquant pas la remise de 5%, et entre 25 et 30% aux autres].
Si vous êtes avec un gros éditeur, celui-ci peut refuser de payer à la librairie l'argent du placement en commun ["co-op"] (les éditeurs rémunèrent les libraires pour accueillir des événements, souvent entre cinquante et plusieurs centaines de dollars).
Si c'est le cas, la librairie ne sera pas autorisée à vous accueillir en signature. Dites-leur que vous ne ferez pas une signature officielle, mais que vous passerez juste pour signer des exemplaires en réserve. Assurez-vous alors d'avoir au moins vingt exemplaires disponibles. [Section non valable pour des auteurs autoédités, qui viennent avec leurs livres.]
Deux semaines avant l'événement. La publicité vous revient. Faites un flyer, ou prospectus, présentant la date et l'horaire de signature, la couverture de votre livre, et quelques citations élogieuses ou descriptifs [blurbs]. Envoyez 100 exemplaires de ces flyers au libraire.
Indiquez l'événement sur votre site d'auteur et dans votre newsletter, avec l'adresse et le numéro de téléphone du libraire.
Si ce n'est déjà fait, faites une grande affiche de votre livre et une indication "SIGNATURE D'AUTEUR AUJOURD'HUI". Souvent, votre éditeur le fera pour vous. Demandez-le lui simplement lorsque vous recevez l'image de couverture de votre livre. Vous pouvez aussi en faire faire des copies digitales [comme Poster XXL].
Trois jours avant l'événement. Appelez le libraire et assurez-vous qu'il ait des exemplaires de votre livre. Si ce n'est pas le cas, rappelez-lui que vous pouvez apporter vos exemplaires [ce qui sera de toute façon le cas si vous êtes auteur autoédité].
La plupart des auteurs obtiennent des exemplaires soldés par leur éditeur. Au lieu de cela, je vous suggère de vous rapprocher d'un libraire indépendant local, et de demander à la personne si elle peut vous vendre des exemplaires soldés à 40%. De cette manière, ils compteront en tant que droits d'auteurs.
Comment devenir l'ami d'un libraire indépendant local? Faites-en votre base d'opérations, et faites en sorte que quiconque qui veut un exemplaire dédicacé passe par lui. Utilisez-le aussi pour le lancement de votre livre -- après cela il sera content de vous aider.
Jour de l'événement. Assurez-vous d'avoir l'essentiel; 100 cartes de visite avec votre site d'auteur dessus, des prospectus présentant des descriptifs et critiques, des bonbons à la menthe (pour que votre haleine reste fraîche), de l'eau en bouteille (s'hydrater est important) et un porte-nom avec la mention "AUTEUR".
Habillez-vous. Tenue professionnelle décontractée ou mieux. Rasé, baigné, peigné, maquillé et sentant bon.
A votre arrivée. Présentez-vous quinze minutes à l'avance pour vous installer. Votre première directive est de vous présenter à CHAQUE employé de la librairie. Serrez leurs mains. Donnez-leur une carte de visite signée. Dites-leur brièvement de quoi parle votre livre, et faites-leur savoir que vous serez là pendant quelques heures.
Apportez de la pizza ou des donuts [beignets] pour l'équipe. Les employés sont habitués à être snobés par des gros bonnets d'auteurs. Soyez un gros bonnet qui les apprécie, et ils deviendront les champions de vos livres pour la vie.
Installez-vous. Parfois le libraire a déjà mis en place une table pour vous. Essayez d'en obtenir une dans l'entrée de la boutique. Sinon, pas de problème -- vous pouvez vous débrouiller autrement.
Mettez vos prospectus et quelques cartes de visite sur la table, et accrochez votre affiche à un endroit proéminent. Assurez-vous de disposer vos livres de manière attirante.
Un employé pourrait vous offrir une chaise. Répondez-lui gentiment que vous n'en avez pas besoin -- vous vous tiendrez debout pendant toute la durée de la séance.
Prêt, Feu, Partez! Si vous êtes chanceux, certaines personnes peuvent être venues vous voir. D'habitude ce n'est pas le cas. Vous êtes un nouvel auteur, un inconnu. Tous vos amis et votre famille ont déjà acheté votre livre. Même si l'événement a fait l'objet d'une publicité et d'annonces massives, iriez-vous voir un auteur dont vous n'avez jamais entendu parler auparavant?
Personne d'autre n'ira non plus.
La seule manière que vous aurez de bouger votre camelote sera au travers de votre détermination, personnalité, et courage.
Revêtez votre sourire, décollez votre main, et tenez-vous prêt à accueillir CHAQUE PERSONNE qui entre dans la librairie.
Est-ce que ça vous terrifie? Ça ne devrait pas. Les gens sont enthousiastes quand ils rencontrent des auteurs. Vous êtes une célébrité mineure. Tout le monde aime rencontrer des célébrités.
Ne vous inquiétez pas d'être rabroué ou ignoré. Vous avez eu affaire au rejet auparavant. Vous êtes un écrivain, et le rejet est une partie du business.
L'Approche. Les gens seront préoccupés en entrant dans la librairie. Certains sont en mission pour acheter le nouveau Harry Potter, ou le dernier exemplaire de Flingues et Munitions [Guns and Ammo]. Certains seront là pour parcourir des genres autres que celui dans lequel vous écrivez.
Mais tous les gens, peu importe leur raison d'être là, répondront lorsque vous vous présenterez et offrirez de serrer des mains.
J'utilise l'une de ces deux lignes:
"Etes vous un fan de polars [mystery]? Je suis un auteur de polars." ou "Bonjour, je suis un auteur. Aimez-vous les thrillers?"
Il est extrêmement rare qu'une personne ignore une main tendue -- ça ne m'est arrivé que trois fois, et j'ai serré des milliers de mains.
Le Pitch [présentation courte]. Si j'obtiens un oui à l'une des questions au-dessus, je me lance dans mon pitch.
"Mon nom est JA Konrath. J'écris une série de polars au sujet d'un flic de Chicago nommée Jack Daniels. Jack est le raccourci de Jacqueline, et elle a la quarantaine, divorcée, et sa vie personnelle est une catastrophe, mais elle est super dès qu'il s'agit de son boulot. Elle chasse des tueurs en série."
Si la personne est toujours intéressée à ce stade (le premier sur les cinq) je poursuis:
"En fait le livre est très amusant, similaire à Janet Evanovich ou Dave Barry. Mais il a aussi un côté plus sombre, une sorte de James Patterson ou Hannibal Lecter/Le Silence des Agneaux. Donc, ça va de plié en deux de rire au carrément flippant -- vous voudrez allumer les lumières et vous assurer que les portes et fenêtres sont fermées tout en lisant."
Il est important de maintenir le contact oculaire et de continuer à sourire. Puis concluez votre pitch.
"Whiskey Sour est le premier livre d'une nouvelle série. Le deuxième est Bloody Mary. Ils ont remporté plusieurs récompenses et sont apparus sur certaines listes des bestsellers. J'adorerais vous dédicacer un ou deux exemplaires -- et si ça vous plaît, je peux sortir la dédicace sur Ebay."
Détendez-vous et Soyez Décontracté. Personne n'aime qu'on lui mette la pression sur les ventes. Vendre n'est pas forcer les gens à acheter quelque chose qu'ils ne veulent pas. Il s'agit de trouver les personnes qui recherchent votre produit.
Et oui, les livres sont des produits. Publier est un business. Retirez la casquette d'artiste, et enfilez celle de commercial. Si vous êtes timide, ou n'avez qu'une piètre estime de vous-même, prenez des cours de discours public. Le mieux vous parlerez aux gens, le plus loin vous irez dans cette carrière.
La Remise. Tout en baratinant, je leur tends le livre. Cette connexion est importante. Tenir quelque chose implique la possession, et vous voulez qu'ils regardent la couverture, lisent la jaquette, et commencent à penser à ce livre comme au leur.
Les Ajustements. Je customise le pitch en fonction des intérêts de la personne. Souvent je pose des questions. Parfois je réponds à des questions. J'ajuste le pitch à l'individu (si le client aime les romances, je mets en valeur la fin romantique. S'il aime les thrillers, je minimise la comédie, etc.).
Le Rejet. La plupart des gens ne seront pas intéressés, même après avoir écouté votre magnifique pitch. Ça ne veut pas dire que vous deviez tout de suite passer à quelqu'un d'autre.
Tendez-leur un prospectus pour qu'ils le regardent, faites un autographe sur une carte de visite ou un marque-page, et demandez-leur de le remettre à quiconque qu'ils connaissent étant fan de votre genre de livres.
Remerciez-les pour leur temps, et mentionnez que c'était super de les rencontrer. Faites-leur aussi savoir que vous serez dans le coin pour un moment, s'ils décidaient qu'ils veulent une dédicace.
Souvent les gens reviennent. Parfois lorsque vous êtes là. Parfois plusieurs jours après. [dans ce cas si vous êtes auteur autoédités, ils ne trouveront pas votre livre en librairie, et il y a très peu de chances qu'ils le commandent. Même s'ils le font, il n'est pas dit que le libraire retrouve votre livre. Mais cela dit, ce type de ventes n'est à mon sens pas suffisant pour compenser les faibles droits d'auteur d'un auteur traditionnellement édité.]
L'Acceptation. S'ils achètent un exemplaire, soyez authentiquement reconnaissant. Il m'est arrivé une fois de faire une séance avec un auteur qui a grommelé "je déteste dédicacer des livres" devant la personne pour laquelle il signait. La mâchoire du fan a heurté le sol. Je ne recommande pas cette approche.
Remerciez le client de vous avoir donné une chance, et demandez-leur pour qui ils souhaitent que vous personnalisiez le livre. Demandez-leur TOUJOURS d'épeler le nom, même si c'est "Kim" (j'ai eu un Kymm une fois).
Puis remerciez-les, serrez-leur de nouveau la main, et délivrez-leur votre plus large sourire.
Recruter l'Equipe. Les grandes chaînes feront souvent des annonces micro. Demandez-leur s'ils peuvent vous annoncer toutes les demi-heures, ou si vous pouvez vous-même faire les annonces micro.
"Aujourd'hui nous avons l'auteur local JA Konrath -- c'est moi -- qui signe des livres de la série Jack Daniels. J'encourage tout le monde à venir devant le magasin et à dire bonjour. Les livres dédicacés font des cadeaux formidables pour la famille, les amis ou vous-mêmes."
Si l'équipe vous aime vraiment (et si vous leur avez apporté de la pizza, ce sera le cas), demandez s'ils peuvent faire circuler des prospectus, ou marcher aux alentours en tenant des exemplaires de votre livre, et en dirigeant les habitués vers votre table.
Est-ce que Ça Marche? Habituellement, 1 personne sur 5 auquel je délivre mon pitch achètera le livre. Et je délivre mon pitch à plusieurs douzaines en une heure -- cela dépend de l'affluence dans le magasin.
J'ai fait une séance samedi dernier, et ai vendu 40 livres à couverture rigide [les plus chers] en 6 heures. La semaine d'avant j'ai fait 40 livres en 8 heures (le magasin n'était pas aussi rempli de monde). La semaine d'avant, 60 livres en 8 heures. Mon record est de 120 en dix heures.
Ce n'est pas évident de faire en sorte qu'un étranger se sépare de 22$ [je vends mes propres livres entre 14 et 24 €]. Parfois il y a des tensions quand j'approche 30 personnes et ne peut vendre un seul livre. C'est décourageant, déprimant, et juste parfaitement horrible.
D'autres fois, je vendrai cinq livres en trois minutes -- une personne l'achète et d'autres viendront rôder pour vérifier ce qu'il se passe.
A ce jour, en utilisant cette méthode j'ai vendu de la main à la main 2000 livres.
Temps de Partir. C'est à vous que revient le choix de la durée de la séance. Je pense que quatre heures est un minimum, et si le magasin est vraiment rempli, je resterai six heures ou plus.
Quand vous êtes finalement prêt à partir, vous devriez une fois encore remercier les libraires -- ils vous ont vu vous bouger les fesses et sont de votre côté.
Si vous n'avez pas vendu chaque exemplaire, demandez à signer ce qui reste en stock, et placez des autocollants qui disent "signé par l'auteur" [non valable pour un auteur autoédité, qui repart avec les invendus].
Si la boutique n'a pas d'autocollants, utilisez ce que vous avez emprunté en provenance de votre dernière séance de dédicace -- les employés ne devraient pas être opposés à ce que vous en preniez en plus, et vous devriez toujours avoir des autocollants en surplus sur vous, en provenance de divers magasins.
Si vous avez amené vos livres, ne demandez pas à être payés immédiatement -- ce n'est pas bon pour le business. Laissez vos coordonnées et faites leur savoir qu'il peuvent vous envoyer un chèque par la poste [la chaîne Cultura préfère les virements, mais dans ce cas soyez vigilant].
Le plus important, demandez à revenir dans un mois ou deux. Je visite les magasins locaux cinq fois par an. Les livres dédicacés marchent vraiment bien pendant les vacances.
Rester Positif. Chaque fois que j'entre dans une librairie et voit ce gros tas de mes livres, je me sens un peu malade à l'intérieur. Je n'arriverai jamais à les vendre tous, je me dis. Personne ne viendra dans le magasin. Les gens vont m'ignorer. Mon pitch est minable et ne marchera pas. L'équipe se moque de moi derrière mon dos. Je suis un écrivain, pas un commercial.
Et puis je me rappelle que la Grande Muraille de Chine s'est construite une brique après l'autre, et c'est ainsi que je vends mes livres -- un par un.
Chaque livre que vous vendez de la main à la main est un livre qui ne se serait jamais vendu sans vos efforts.
Chaque personne que vous rencontrez est susceptible de parler de vous à d'autres.
Chaque lecteur qui devient un fan deviendra un fan pour la vie et se souviendra de la fois où il a serré votre main.
Chaque librairie que vous visitez aura des employés qui vous vendront pendant des semaines, des mois, et même des années après votre départ.
Dans mes remerciements à la fin de mon dernier livre, j'ai une liste d'une douzaine de libraires que je remercie, parce que chacun d'entre eux à vendu de la main à la main au moins vingt exemplaires de mon premier roman.
Dans mon prochain livre, je remercierai plus de cinquante libraires. L'un d'entre eux en particulier m'a aidé à vendre 300 livres à couverture rigide à un endroit. J'ai nommé l'un de mes personnages d'après son nom dans mon troisième livre.
Votre Objectif. Il n'y a aucune raison pour qu'une séance de dédicace soit une expérience stressante, déplaisante. En réalité c'est l'un des moyens les plus économiques, les plus efficaces de bâtir votre carrière.
C'est votre nom sur la couverture du livre, et c'est votre boulot de le vendre. Les ventes c'est comme l'écriture -- plus vous en faites, le meilleur vous devenez, le plus de succès vous obtenez. Maintenant à toi de jouer, le tigre!
Six Clés pour un Pitch réussi de Librairie
1. Présentez-vous avec le sourire.
2. Expliquez le postulat du livre, le décor, et le personnage principal en quelques secondes.
3. Comparez votre livre à des livres bien connus que le lecteur reconnaîtra (c'est comme une version jeunesse du Silence des Agneaux...)
4. Posez au client une question. (Qui aimez-vous lire? Pour quel livre êtes vous rentré ici?)
5. Offrez de signer et de personnaliser un exemplaire pour lui.
6. Remerciez-le, qu'il achète le livre ou pas.
Le Kit de Survie d'une Séance
Oui, je sais. Vous allez me dire que Brandon Sanderson, auteur comme moi de Fantasy, a signé plus de 1000 exemplaires de A Memory of Light en une journée. Et il est possible que le recordman des dédicaces en ait signé plus sur une journée que moi en 7 ans (j'ignore quel est le record).
Mais vous conviendrez que le cas de Brandon Sanderson est tout de même un peu particulier, puisque avec A Memory of Light, il mettait un terme à la série de Fantasy la Roue du Temps, de Robert Jordan, qui compte plus de 30 millions de lecteurs. C'est peu dire que l'ultime tome était attendu...
Joe Konrath en juin 2006, date de parution de l'article que je traduis ci-dessous, en revanche, était beaucoup plus proche du cas de figure d'un auteur autoédité. Il avait bien sûr un éditeur dans cette période, il n'avait pas à transporter les livres dans sa voiture, ni à les stocker dans son garage, mais c'était tout de même lui qui assurait l'essentiel du travail de promo.
Il y a peut-être des exemples d'articles de blog au sujet des dédicaces d'auteurs francophones, et qui ne soient pas des méga stars, plus efficaces que Konrath. N'hésitez pas à me signaler les liens en commentaire.
Je trouve personnellement que 120 livres papier vendus en dix heures par un auteur inconnu du grand public, c'est bien, mais peut-être que je me trompe.
Mes commentaires dans l'article ci-dessous apparaissent entre crochets.
L'article en question étant un chouïa long, j'ai décidé de ne traduire que le cœur du sujet, intitulé:
Comment faire d'une désastreuse séance de dédicace un succès - Joe Konrath
Nul aspect du boulot d'un écrivain n'offre plus d'occasion d'euphorie (et d'anxiété) que la signature de livres. Mais comment ces événements se déroulent-ils vraiment?
Le Rêve. Votre charmante hôtesse vous prend à l'aéroport et vous conduit en voiture à la plus grande librairie de tout l'état [Joe Konrath est un auteur américain, NDLT]. Elle vous apprend qu'ils ont annoncé l'événement dans trois journaux locaux et à la radio. Quand vous arrivez, il y a une centaine d'admirateurs qui attendent déjà. Vous rencontrez l'équipe excitée et vous asseyez derrière une table approvisionnée d'une énorme pile de livres, sous un poster géant en couleur de votre couverture. Vous lisez un chapitre à voix haute, recevez des applaudissements tonitruants, et faites un rapide Questions/Réponses avant de signer pendant une bonne heure et demie, les gens attendant patiemment le long d'une file infinie pour vous dire à quel point ils vous aiment.
La Réalité. Vous arrivez dans la librairie avec dix minutes d'avance. Il n'y a pas de foule d'admirateurs -- il n'y en a pas même un seul. Pas de poster, pas d'indications, nulle table emplie de livres. Les employés vous dévisagent comme si un second nez vous avait poussé lorsque vous leur dites que vous êtes l'auteur et que vous êtes là pour signer. Finalement, vous persuadez quelqu'un de vous aider, et il ou elle déterre un carton de vos livres et vous installe une petite table à l'arrière de la boutique, à côté des toilettes. Vous restez assis là deux heures, chaque seconde durant une éternité. Les gens font de leur mieux pour éviter tout contact oculaire quand ils passent. Certains s'approchent et vous demandent où trouver le Da Vinci Code. Il y en aura toujours un pour venir et dire, "Donc vous êtes un auteur? J'ai plein d'idées. Que diriez-vous que je vous les communique, vous les écrivez, et on partage les millions?" Personne n'achète un livre. C'est rabaissant, humiliant, décourageant, et vous faites le serment de ne plus jamais refaire cela.
Le Plan. Mais ça n'a pas à se passer comme ça. Avec la préparation idoine, une touche de confiance en vous-même, vous pouvez très bien vous débrouiller en séance de dédicace, même si votre nom n'est pas Clancy. Voici comment.
Un mois avant l'événement. Réservez la séance vous même soit en appelant, soit en passant dans la librairie pour parler à un directeur ou à un coordonnateur d'événements [chef de rayon livres].
Souvent la librairie n'est pas très réceptive -- les événements avec des auteurs ne se passent jamais bien. Persuadez-les que ça marchera pour vous, parce que vous avez une manière différente de faire les choses.
Si vous êtes avec un petit éditeur, vos livres peuvent être difficiles ou impossibles à commander. Offrez de leur apporter et donnez au libraire la marge standard de 40% [perso, je donne 20% aux grandes surfaces ne pratiquant pas la remise de 5%, et entre 25 et 30% aux autres].
Si vous êtes avec un gros éditeur, celui-ci peut refuser de payer à la librairie l'argent du placement en commun ["co-op"] (les éditeurs rémunèrent les libraires pour accueillir des événements, souvent entre cinquante et plusieurs centaines de dollars).
Si c'est le cas, la librairie ne sera pas autorisée à vous accueillir en signature. Dites-leur que vous ne ferez pas une signature officielle, mais que vous passerez juste pour signer des exemplaires en réserve. Assurez-vous alors d'avoir au moins vingt exemplaires disponibles. [Section non valable pour des auteurs autoédités, qui viennent avec leurs livres.]
Deux semaines avant l'événement. La publicité vous revient. Faites un flyer, ou prospectus, présentant la date et l'horaire de signature, la couverture de votre livre, et quelques citations élogieuses ou descriptifs [blurbs]. Envoyez 100 exemplaires de ces flyers au libraire.
Indiquez l'événement sur votre site d'auteur et dans votre newsletter, avec l'adresse et le numéro de téléphone du libraire.
Si ce n'est déjà fait, faites une grande affiche de votre livre et une indication "SIGNATURE D'AUTEUR AUJOURD'HUI". Souvent, votre éditeur le fera pour vous. Demandez-le lui simplement lorsque vous recevez l'image de couverture de votre livre. Vous pouvez aussi en faire faire des copies digitales [comme Poster XXL].
Trois jours avant l'événement. Appelez le libraire et assurez-vous qu'il ait des exemplaires de votre livre. Si ce n'est pas le cas, rappelez-lui que vous pouvez apporter vos exemplaires [ce qui sera de toute façon le cas si vous êtes auteur autoédité].
La plupart des auteurs obtiennent des exemplaires soldés par leur éditeur. Au lieu de cela, je vous suggère de vous rapprocher d'un libraire indépendant local, et de demander à la personne si elle peut vous vendre des exemplaires soldés à 40%. De cette manière, ils compteront en tant que droits d'auteurs.
Comment devenir l'ami d'un libraire indépendant local? Faites-en votre base d'opérations, et faites en sorte que quiconque qui veut un exemplaire dédicacé passe par lui. Utilisez-le aussi pour le lancement de votre livre -- après cela il sera content de vous aider.
Jour de l'événement. Assurez-vous d'avoir l'essentiel; 100 cartes de visite avec votre site d'auteur dessus, des prospectus présentant des descriptifs et critiques, des bonbons à la menthe (pour que votre haleine reste fraîche), de l'eau en bouteille (s'hydrater est important) et un porte-nom avec la mention "AUTEUR".
Habillez-vous. Tenue professionnelle décontractée ou mieux. Rasé, baigné, peigné, maquillé et sentant bon.
A votre arrivée. Présentez-vous quinze minutes à l'avance pour vous installer. Votre première directive est de vous présenter à CHAQUE employé de la librairie. Serrez leurs mains. Donnez-leur une carte de visite signée. Dites-leur brièvement de quoi parle votre livre, et faites-leur savoir que vous serez là pendant quelques heures.
Apportez de la pizza ou des donuts [beignets] pour l'équipe. Les employés sont habitués à être snobés par des gros bonnets d'auteurs. Soyez un gros bonnet qui les apprécie, et ils deviendront les champions de vos livres pour la vie.
Installez-vous. Parfois le libraire a déjà mis en place une table pour vous. Essayez d'en obtenir une dans l'entrée de la boutique. Sinon, pas de problème -- vous pouvez vous débrouiller autrement.
Mettez vos prospectus et quelques cartes de visite sur la table, et accrochez votre affiche à un endroit proéminent. Assurez-vous de disposer vos livres de manière attirante.
Un employé pourrait vous offrir une chaise. Répondez-lui gentiment que vous n'en avez pas besoin -- vous vous tiendrez debout pendant toute la durée de la séance.
Prêt, Feu, Partez! Si vous êtes chanceux, certaines personnes peuvent être venues vous voir. D'habitude ce n'est pas le cas. Vous êtes un nouvel auteur, un inconnu. Tous vos amis et votre famille ont déjà acheté votre livre. Même si l'événement a fait l'objet d'une publicité et d'annonces massives, iriez-vous voir un auteur dont vous n'avez jamais entendu parler auparavant?
Personne d'autre n'ira non plus.
La seule manière que vous aurez de bouger votre camelote sera au travers de votre détermination, personnalité, et courage.
Revêtez votre sourire, décollez votre main, et tenez-vous prêt à accueillir CHAQUE PERSONNE qui entre dans la librairie.
Est-ce que ça vous terrifie? Ça ne devrait pas. Les gens sont enthousiastes quand ils rencontrent des auteurs. Vous êtes une célébrité mineure. Tout le monde aime rencontrer des célébrités.
Ne vous inquiétez pas d'être rabroué ou ignoré. Vous avez eu affaire au rejet auparavant. Vous êtes un écrivain, et le rejet est une partie du business.
L'Approche. Les gens seront préoccupés en entrant dans la librairie. Certains sont en mission pour acheter le nouveau Harry Potter, ou le dernier exemplaire de Flingues et Munitions [Guns and Ammo]. Certains seront là pour parcourir des genres autres que celui dans lequel vous écrivez.
Mais tous les gens, peu importe leur raison d'être là, répondront lorsque vous vous présenterez et offrirez de serrer des mains.
J'utilise l'une de ces deux lignes:
"Etes vous un fan de polars [mystery]? Je suis un auteur de polars." ou "Bonjour, je suis un auteur. Aimez-vous les thrillers?"
Il est extrêmement rare qu'une personne ignore une main tendue -- ça ne m'est arrivé que trois fois, et j'ai serré des milliers de mains.
Le Pitch [présentation courte]. Si j'obtiens un oui à l'une des questions au-dessus, je me lance dans mon pitch.
"Mon nom est JA Konrath. J'écris une série de polars au sujet d'un flic de Chicago nommée Jack Daniels. Jack est le raccourci de Jacqueline, et elle a la quarantaine, divorcée, et sa vie personnelle est une catastrophe, mais elle est super dès qu'il s'agit de son boulot. Elle chasse des tueurs en série."
Si la personne est toujours intéressée à ce stade (le premier sur les cinq) je poursuis:
"En fait le livre est très amusant, similaire à Janet Evanovich ou Dave Barry. Mais il a aussi un côté plus sombre, une sorte de James Patterson ou Hannibal Lecter/Le Silence des Agneaux. Donc, ça va de plié en deux de rire au carrément flippant -- vous voudrez allumer les lumières et vous assurer que les portes et fenêtres sont fermées tout en lisant."
Il est important de maintenir le contact oculaire et de continuer à sourire. Puis concluez votre pitch.
"Whiskey Sour est le premier livre d'une nouvelle série. Le deuxième est Bloody Mary. Ils ont remporté plusieurs récompenses et sont apparus sur certaines listes des bestsellers. J'adorerais vous dédicacer un ou deux exemplaires -- et si ça vous plaît, je peux sortir la dédicace sur Ebay."
Détendez-vous et Soyez Décontracté. Personne n'aime qu'on lui mette la pression sur les ventes. Vendre n'est pas forcer les gens à acheter quelque chose qu'ils ne veulent pas. Il s'agit de trouver les personnes qui recherchent votre produit.
Et oui, les livres sont des produits. Publier est un business. Retirez la casquette d'artiste, et enfilez celle de commercial. Si vous êtes timide, ou n'avez qu'une piètre estime de vous-même, prenez des cours de discours public. Le mieux vous parlerez aux gens, le plus loin vous irez dans cette carrière.
La Remise. Tout en baratinant, je leur tends le livre. Cette connexion est importante. Tenir quelque chose implique la possession, et vous voulez qu'ils regardent la couverture, lisent la jaquette, et commencent à penser à ce livre comme au leur.
Les Ajustements. Je customise le pitch en fonction des intérêts de la personne. Souvent je pose des questions. Parfois je réponds à des questions. J'ajuste le pitch à l'individu (si le client aime les romances, je mets en valeur la fin romantique. S'il aime les thrillers, je minimise la comédie, etc.).
Le Rejet. La plupart des gens ne seront pas intéressés, même après avoir écouté votre magnifique pitch. Ça ne veut pas dire que vous deviez tout de suite passer à quelqu'un d'autre.
Tendez-leur un prospectus pour qu'ils le regardent, faites un autographe sur une carte de visite ou un marque-page, et demandez-leur de le remettre à quiconque qu'ils connaissent étant fan de votre genre de livres.
Remerciez-les pour leur temps, et mentionnez que c'était super de les rencontrer. Faites-leur aussi savoir que vous serez dans le coin pour un moment, s'ils décidaient qu'ils veulent une dédicace.
Souvent les gens reviennent. Parfois lorsque vous êtes là. Parfois plusieurs jours après. [dans ce cas si vous êtes auteur autoédités, ils ne trouveront pas votre livre en librairie, et il y a très peu de chances qu'ils le commandent. Même s'ils le font, il n'est pas dit que le libraire retrouve votre livre. Mais cela dit, ce type de ventes n'est à mon sens pas suffisant pour compenser les faibles droits d'auteur d'un auteur traditionnellement édité.]
L'Acceptation. S'ils achètent un exemplaire, soyez authentiquement reconnaissant. Il m'est arrivé une fois de faire une séance avec un auteur qui a grommelé "je déteste dédicacer des livres" devant la personne pour laquelle il signait. La mâchoire du fan a heurté le sol. Je ne recommande pas cette approche.
Remerciez le client de vous avoir donné une chance, et demandez-leur pour qui ils souhaitent que vous personnalisiez le livre. Demandez-leur TOUJOURS d'épeler le nom, même si c'est "Kim" (j'ai eu un Kymm une fois).
Puis remerciez-les, serrez-leur de nouveau la main, et délivrez-leur votre plus large sourire.
Recruter l'Equipe. Les grandes chaînes feront souvent des annonces micro. Demandez-leur s'ils peuvent vous annoncer toutes les demi-heures, ou si vous pouvez vous-même faire les annonces micro.
"Aujourd'hui nous avons l'auteur local JA Konrath -- c'est moi -- qui signe des livres de la série Jack Daniels. J'encourage tout le monde à venir devant le magasin et à dire bonjour. Les livres dédicacés font des cadeaux formidables pour la famille, les amis ou vous-mêmes."
Si l'équipe vous aime vraiment (et si vous leur avez apporté de la pizza, ce sera le cas), demandez s'ils peuvent faire circuler des prospectus, ou marcher aux alentours en tenant des exemplaires de votre livre, et en dirigeant les habitués vers votre table.
Est-ce que Ça Marche? Habituellement, 1 personne sur 5 auquel je délivre mon pitch achètera le livre. Et je délivre mon pitch à plusieurs douzaines en une heure -- cela dépend de l'affluence dans le magasin.
J'ai fait une séance samedi dernier, et ai vendu 40 livres à couverture rigide [les plus chers] en 6 heures. La semaine d'avant j'ai fait 40 livres en 8 heures (le magasin n'était pas aussi rempli de monde). La semaine d'avant, 60 livres en 8 heures. Mon record est de 120 en dix heures.
Ce n'est pas évident de faire en sorte qu'un étranger se sépare de 22$ [je vends mes propres livres entre 14 et 24 €]. Parfois il y a des tensions quand j'approche 30 personnes et ne peut vendre un seul livre. C'est décourageant, déprimant, et juste parfaitement horrible.
D'autres fois, je vendrai cinq livres en trois minutes -- une personne l'achète et d'autres viendront rôder pour vérifier ce qu'il se passe.
A ce jour, en utilisant cette méthode j'ai vendu de la main à la main 2000 livres.
Temps de Partir. C'est à vous que revient le choix de la durée de la séance. Je pense que quatre heures est un minimum, et si le magasin est vraiment rempli, je resterai six heures ou plus.
Quand vous êtes finalement prêt à partir, vous devriez une fois encore remercier les libraires -- ils vous ont vu vous bouger les fesses et sont de votre côté.
Si vous n'avez pas vendu chaque exemplaire, demandez à signer ce qui reste en stock, et placez des autocollants qui disent "signé par l'auteur" [non valable pour un auteur autoédité, qui repart avec les invendus].
Si la boutique n'a pas d'autocollants, utilisez ce que vous avez emprunté en provenance de votre dernière séance de dédicace -- les employés ne devraient pas être opposés à ce que vous en preniez en plus, et vous devriez toujours avoir des autocollants en surplus sur vous, en provenance de divers magasins.
Si vous avez amené vos livres, ne demandez pas à être payés immédiatement -- ce n'est pas bon pour le business. Laissez vos coordonnées et faites leur savoir qu'il peuvent vous envoyer un chèque par la poste [la chaîne Cultura préfère les virements, mais dans ce cas soyez vigilant].
Le plus important, demandez à revenir dans un mois ou deux. Je visite les magasins locaux cinq fois par an. Les livres dédicacés marchent vraiment bien pendant les vacances.
Rester Positif. Chaque fois que j'entre dans une librairie et voit ce gros tas de mes livres, je me sens un peu malade à l'intérieur. Je n'arriverai jamais à les vendre tous, je me dis. Personne ne viendra dans le magasin. Les gens vont m'ignorer. Mon pitch est minable et ne marchera pas. L'équipe se moque de moi derrière mon dos. Je suis un écrivain, pas un commercial.
Et puis je me rappelle que la Grande Muraille de Chine s'est construite une brique après l'autre, et c'est ainsi que je vends mes livres -- un par un.
Chaque livre que vous vendez de la main à la main est un livre qui ne se serait jamais vendu sans vos efforts.
Chaque personne que vous rencontrez est susceptible de parler de vous à d'autres.
Chaque lecteur qui devient un fan deviendra un fan pour la vie et se souviendra de la fois où il a serré votre main.
Chaque librairie que vous visitez aura des employés qui vous vendront pendant des semaines, des mois, et même des années après votre départ.
Dans mes remerciements à la fin de mon dernier livre, j'ai une liste d'une douzaine de libraires que je remercie, parce que chacun d'entre eux à vendu de la main à la main au moins vingt exemplaires de mon premier roman.
Dans mon prochain livre, je remercierai plus de cinquante libraires. L'un d'entre eux en particulier m'a aidé à vendre 300 livres à couverture rigide à un endroit. J'ai nommé l'un de mes personnages d'après son nom dans mon troisième livre.
Votre Objectif. Il n'y a aucune raison pour qu'une séance de dédicace soit une expérience stressante, déplaisante. En réalité c'est l'un des moyens les plus économiques, les plus efficaces de bâtir votre carrière.
C'est votre nom sur la couverture du livre, et c'est votre boulot de le vendre. Les ventes c'est comme l'écriture -- plus vous en faites, le meilleur vous devenez, le plus de succès vous obtenez. Maintenant à toi de jouer, le tigre!
Six Clés pour un Pitch réussi de Librairie
1. Présentez-vous avec le sourire.
2. Expliquez le postulat du livre, le décor, et le personnage principal en quelques secondes.
3. Comparez votre livre à des livres bien connus que le lecteur reconnaîtra (c'est comme une version jeunesse du Silence des Agneaux...)
4. Posez au client une question. (Qui aimez-vous lire? Pour quel livre êtes vous rentré ici?)
5. Offrez de signer et de personnaliser un exemplaire pour lui.
6. Remerciez-le, qu'il achète le livre ou pas.
Le Kit de Survie d'une Séance
- En-cas pour les employés de la librairie
- 3 Bons Stylos
- 100 cartes de visites
- 50 prospectus
- Affiche de couverture du livre
- Un panneau indiquant "L'auteur Signe Aujourd'hui"
- Bonbons à la menthe (le chewing-gum énerve les gens)
- Bouteille d'eau
- Autocollants supplémentaires "Exemplaire Dédicacé"
- Un Grand Sourire et une Bonne Attitude
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vendredi 4 novembre 2016
Mon expérimentation en langue anglaise KDP Select
Pour la première fois depuis que j'utilise le service Kindle Direct Publishing, j'ai décidé de tester le service KDP Select sur un roman. Trois romans en fait, reliés les uns aux autres au sein du coffret ebook The Ardalia Trilogy. Je ne mène en effet cette expérimentation que sur une version en langue anglaise, pour des raisons très précises.
Si vous lisez mon blog, et notamment l'article sur l'exclusivité et l'autoédition, ou celui qui concerne la viabilité ou l'offre Kindle Unlimited, vous serez en droit d'être surpris, et à la limite, de crier à la trahison. Quoi, Alan Spade, qui s'est toujours prononcé en tant qu'opposant de l'exclusivité Kindle Select, retourne sa veste?
S'il y a une chose que j'ai toujours préconisé pour les auteurs, c'est de réaliser des expérimentations. J'ai attendu un bon moment avant de mener une vraie expérimentation sur KDP Select (j'avais déjà fait le test sur trois mois avec une nouvelle, A brief history of Ardalia, mais ça n'avait pas été probant).
J'ai maintenant suffisamment de recul pour savoir que mes ventes de livres en langue anglaise sur d'autres plates-formes qu'Amazon sont vraiment infimes: depuis 2014, date de publication de The Breath of Aoles, premier tome de la trilogie Ardalia, je suis à zéro sur Kobo, et peut-être à deux ou trois sur Apple.
Ma méthode de promotion pour mes romans anglais a consisté à m'efforcer d'obtenir suffisamment de commentaires pour accéder à de la promo sur des plates formes payantes d'envoi de newsletter, de type Ereader news today, Book barbarian ou Free Kindle Books and Tips.
Or, ces sites, même quand ils ne sont pas exclusivement dédiés au Kindle, ne m'ont permis d'avoir pratiquement aucune retombée autre que des ventes sur Amazon.
Ma newsletter anglaise, de taille certes très réduite (150 membres) et très récente, n'a donné de retombées que sur Amazon.
Quant à mes pubs Facebook pour les livres en anglais, elles n'ont rien donné jusqu'à présent.
Il y a des auteurs ou autrices américains hybrides, comme Kris Kathryn Rusch, ou même de purs indépendants, qui fonctionnent bien sur Kobo, d'autres sur Apple, d'autres encore sur Barnes & Noble, et je sais qu'une bonne partie des personnes qui ont fait la critique de mes livres en anglais l'ont fait sur des versions epub que je leur ai envoyées.
J'en suis malgré tout venu à penser que les auteurs américains qui marchaient bien sur les plates-formes concurrentes d'Amazon devaient avoir une expérience de terrain, et notamment en termes de séances de dédicaces, sur leur territoire.
Je considère aussi à présent que si le service Kindle Unlimited est l'un des pires moyens de rémunérer les auteurs, il fait un peu figure de bibliothèque, certes privée, aux Etats-Unis, et offre donc, à condition d'effectuer de bonnes promos au préalable, une meilleure visibilité aux livres en anglais.
Avec le recul, je vois beaucoup plus le service KDP Select comme une sorte de premier pas vers les maisons d'édition Amazon, ce qui explique - sans pour autant justifier complètement, on est d'accord - la notion d'exclusivité.
Cela fait pas mal d'arguments militant en faveur d'une expérimentation.
J'aurais évidemment beaucoup moins d'arguments pour le marché français, où Kobo, notamment, demeure une alternative d'autant plus intéressante que Kobo/Fnac fait la promo de plus en plus d'auteurs indés. Et où, bien sûr, je suis sur le terrain.
J'ai décidé de limiter cette expérimentation à la trilogie anglaise en un seul volume. Les lecteurs de langue anglaise ne possédant pas une liseuse Kindle peuvent toujours télécharger les romans individuellement sur les autres plates-forme, et ce pour un prix similaire à la trilogie au final.
Et si je devais connaître le succès avec cette version, me direz-vous? J'ai pleinement conscience qu'un auteur ne dépendant que d'Amazon ne peut plus se proclamer auteur indépendant. Je crois qu'il faut tout simplement rester confiant en sa capacité de rebondir, si Amazon devait faire défaut. C'est une Lapalissade, mais la confiance en soi reste le meilleur remède contre le doute.
Si vous lisez mon blog, et notamment l'article sur l'exclusivité et l'autoédition, ou celui qui concerne la viabilité ou l'offre Kindle Unlimited, vous serez en droit d'être surpris, et à la limite, de crier à la trahison. Quoi, Alan Spade, qui s'est toujours prononcé en tant qu'opposant de l'exclusivité Kindle Select, retourne sa veste?
S'il y a une chose que j'ai toujours préconisé pour les auteurs, c'est de réaliser des expérimentations. J'ai attendu un bon moment avant de mener une vraie expérimentation sur KDP Select (j'avais déjà fait le test sur trois mois avec une nouvelle, A brief history of Ardalia, mais ça n'avait pas été probant).
J'ai maintenant suffisamment de recul pour savoir que mes ventes de livres en langue anglaise sur d'autres plates-formes qu'Amazon sont vraiment infimes: depuis 2014, date de publication de The Breath of Aoles, premier tome de la trilogie Ardalia, je suis à zéro sur Kobo, et peut-être à deux ou trois sur Apple.
Ma méthode de promotion pour mes romans anglais a consisté à m'efforcer d'obtenir suffisamment de commentaires pour accéder à de la promo sur des plates formes payantes d'envoi de newsletter, de type Ereader news today, Book barbarian ou Free Kindle Books and Tips.
Or, ces sites, même quand ils ne sont pas exclusivement dédiés au Kindle, ne m'ont permis d'avoir pratiquement aucune retombée autre que des ventes sur Amazon.
Ma newsletter anglaise, de taille certes très réduite (150 membres) et très récente, n'a donné de retombées que sur Amazon.
Quant à mes pubs Facebook pour les livres en anglais, elles n'ont rien donné jusqu'à présent.
Il y a des auteurs ou autrices américains hybrides, comme Kris Kathryn Rusch, ou même de purs indépendants, qui fonctionnent bien sur Kobo, d'autres sur Apple, d'autres encore sur Barnes & Noble, et je sais qu'une bonne partie des personnes qui ont fait la critique de mes livres en anglais l'ont fait sur des versions epub que je leur ai envoyées.
J'en suis malgré tout venu à penser que les auteurs américains qui marchaient bien sur les plates-formes concurrentes d'Amazon devaient avoir une expérience de terrain, et notamment en termes de séances de dédicaces, sur leur territoire.
Je considère aussi à présent que si le service Kindle Unlimited est l'un des pires moyens de rémunérer les auteurs, il fait un peu figure de bibliothèque, certes privée, aux Etats-Unis, et offre donc, à condition d'effectuer de bonnes promos au préalable, une meilleure visibilité aux livres en anglais.
Avec le recul, je vois beaucoup plus le service KDP Select comme une sorte de premier pas vers les maisons d'édition Amazon, ce qui explique - sans pour autant justifier complètement, on est d'accord - la notion d'exclusivité.
Cela fait pas mal d'arguments militant en faveur d'une expérimentation.
J'aurais évidemment beaucoup moins d'arguments pour le marché français, où Kobo, notamment, demeure une alternative d'autant plus intéressante que Kobo/Fnac fait la promo de plus en plus d'auteurs indés. Et où, bien sûr, je suis sur le terrain.
J'ai décidé de limiter cette expérimentation à la trilogie anglaise en un seul volume. Les lecteurs de langue anglaise ne possédant pas une liseuse Kindle peuvent toujours télécharger les romans individuellement sur les autres plates-forme, et ce pour un prix similaire à la trilogie au final.
Et si je devais connaître le succès avec cette version, me direz-vous? J'ai pleinement conscience qu'un auteur ne dépendant que d'Amazon ne peut plus se proclamer auteur indépendant. Je crois qu'il faut tout simplement rester confiant en sa capacité de rebondir, si Amazon devait faire défaut. C'est une Lapalissade, mais la confiance en soi reste le meilleur remède contre le doute.
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