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lundi 29 janvier 2024

Aucune promo ebook en 2023

A titre d'expérience, j'ai décidé de ne faire aucune promotion sur les ventes d'ebook, c'est à dire aucun rabais, sur toute l'année 2023. Comme mes ebooks figurent tous sur la bibliothèque en ligne Kobo Plus, le but de l'expérience était d'examiner s'il y aurait un report des lecteurs sur cette bibliothèque en ligne. Je souhaitais aussi savoir s'il y aurait un effondrement total de mes ventes d'ebooks, sachant que je ne faisais pas énormément de publicité ni de promo auparavant. Afin que les résultats de l'expérience ne soient pas altérés par le fait de la rendre publique, je n'en parle que maintenant, en 2024, sur ce blog. 

Si vous n'aimez pas les chiffres, cet article n'est sans doute pas pour vous. En tant qu'auteur autoédité, c'est le genre d'expérience qui me permet de savoir où j'en suis de mon business, et de savoir vers où orienter mon énergie. 

Un petit mot sur les bibliothèques de type Kobo Plus ou Kindle Unlimited : réservées aux lecteurs voraces, elles vous permettent de télécharger autant d'ebooks que vous le désirez pour une dizaine d'euros par mois. C'est une énorme économie en perspective si vous lisez beaucoup. Néanmoins si vous vous abonnez sur Kindle Unlimited, il faut savoir que vous ne bénéficierez des ebooks que des auteurs autoédités qui ont choisi l'exclusivité Amazon.  

Pour nous autres auteurs, nous bénéficions de rapports qui nous permettent de savoir si nos ebooks sont réellement lus dans ces bibliothèques. Nos revenus d'auteur tiennent en effet compte de ces lectures.

J'ai choisi de faire figurer mes ebooks sur Kobo Plus et non sur la bibliothèque Kindle Unlimited, pour la bonne et simple raison, comme je l'évoquais, qu'Amazon exige l'exclusivité à partir du moment où l'on fait figurer nos ebooks dans sa bibliothèque en ligne. Contrairement à Kobo, qui ne réclame pas cette exclusivité. 

Voici maintenant une comparaison de mes revenus sur Kobo Plus entre l'année 2022 et l'année 2023:                                                                                                                                     2023                            2024                                                                                   

Janvier

16,95

5,59

Février

1,82

0

Mars

1,39

12,57

Avril

19,39

9,50

Mai

7,04

3,09

Juin

6,13

9,01

Juillet

2,74

1,40

Août

1,38

3,84

Septembre

8,09

14,39

Octobre

8,22

0

Novembre

18,61

25,12

Décembre

30,74

10,50

Total : 122,50 € en 2022, 95,01 € en 2023. Soit une baisse d'un peu plus de 25% entre les deux années pour les lectures uniquement sur la bibliothèque Kobo Plus. 

Pour les chiffres de vente sur les deux années, toutes plates-forme confondues, on est à 158 ebooks au total en 2022, pour 90 ebooks en 2023. On voit donc qu'on est loin d'un effondrement total suite à l'absence de promos spécifiques aux ebooks. 

Au sujet du marché anglo-saxon, j'ai arrêté de faire des promos sur les sites de newsletters US en 2023, tout simplement parce que ces promos n'étaient plus rentables pour moi. 

Si je remonte à plusieurs années en arrière, en 2019, année où je faisais davantage de pub, j'étais à un peu moins de 500 ebooks vendus sur l'année. Même l'année où j'en ai vendu le plus, 2018 avec 831 ebooks, je n'ai pas réussi à atteindre les 1000. 

Cette expérience vaut ce qu'elle vaut, mais elle m'inspire plusieurs réflexions. Tout d'abord, chaque auteur a son expérience propre, ses spécificités et ses compétences. Ses points forts et ses points faibles. Je ne suis sans doute pas le mieux placé pour parler du marketing sur internet, n'ayant jamais suivi de cours sur le sujet. Il y a eu des moments, malgré tout, où je pouvais me targuer d'arriver à rentabiliser mes promos. Néanmoins, même dans ces périodes où je surfais sur la vague, mes ventes finissaient inéluctablement par retomber en l'absence d'autres promos. 

En d'autres termes, la vente d'ebooks à flux tendu serait pour un auteur comme moi une activité à temps plein, nécessitant une planification chaque année des promos. La question majeure qui se poserait dans ce cas est: est-ce que ça génère vraiment des revenus? Est-ce que ça génère de vraies lectures suivies de commentaires, ou bien les gens se contentent-ils d'entasser les ebooks achetés en promo sans jamais les lire? 

Pour moi, en tout cas, les revenus générés par les ventes d'ebooks sont trop modestes par rapport à l'énergie que ça demande. Je déteste, par ailleurs, l'idée de devoir réajuster une stratégie en fonction d'une éventuelle modification par les ingénieurs des algorithmes de vente.

Le gros avantage qu'offrent en comparaison les bibliothèques de lecture est que l'on sait si nos ebooks sont lus ou non. Le deuxième avantage est qu'il n'y a plus besoin de planifier des promos, plus besoin de marketer des pubs. Plus besoin d'investir toute cette énergie qui au final, en ce qui me concerne en tout cas, se justifie de moins en moins avec les années. Parce que les systèmes tels que le "pay to play" d'Amazon font que des auteurs comme moi qui ne souhaitent pas faire leur spécialité du marketing sur internet vont dépenser toujours plus en pub pour des revenus toujours en baisse. 

Bref, pour moi, la pub sur internet vaut de moins en moins le coup, ou les coûts si vous préférez. 

J'ai peut-être aussi trop de "conscience" pour faire de la pub sur des plates-formes qui offrent plus de visibilité et de rentabilité. J'ai entendu dire que c'était le cas de Tik-tok. Mais, outre le format vidéo qui ne me convient pas vraiment, l'idée de faire des promos sur une plate-forme chinoise, avec tout ce que ça peut comporter d'espionnage par un pays, la Chine, qui reste avant tout pour moi une dictature, ne me plaît pas du tout. Je détesterais l'idée de vivre de ma plume grâce à la Chine, compte tenu de ce que représente pour moi le régime de Xi Jinping. 

Ça va peut-être vous paraître ridicule, mais je suis pour la notion d'introduire de la démocratie et de l'éthique dans le business.

Comme le savent ceux qui me suivent, mon principal atout est que je me débrouille en dédicace. Je continuerai à offrir l'ebook correspondant pour chaque livre papier vendu en dédicace, je continuerai à faire de l'ebook et à en vendre, je continuerai à faire figurer mes ebooks sur la plate-forme Kobo Plus, et d'autres plates-formes de même type, c'est à dire non exclusives. Je trouve que l'ebook reste un moyen tout à fait légitime de découvrir des auteurs. 

Mais jusqu'à nouvel ordre, et à moins de partenariats ponctuels avec des plates-formes, que je vois bien sûr toujours d'un bon œil, je n'envisage plus de faire beaucoup de promos sur les ebooks.

mardi 20 février 2018

Mon ebook sur Kindle Unlimited sans exclu !

Après avoir intitulé cet article "Discriminé par Amazon", j'ai décidé de le modifier à la suite de l'inclusion de l'ebook dont il était question, la Trilogie Ardalia, au sein du service Kindle Unlimited. Cette intégration a finalement pu être possible grâce à Librinova et Amazon France, mais ne concerne, pour tous les auteurs qui y ont recours, que Kindle Unlimited France et Royaume Uni.

Le service Kindle Unlimited, qui permet au lecteur de télécharger, pour 9,99€ par mois, dix ebooks que l'on peut renouveler autant qu'on le souhaite, est pour moi ce qui se rapproche le plus, dans le privé, d'une bibliothèque d'ebooks. 

Cela permet de toucher des lecteurs voraces et qui ne veulent pas se ruiner, qu'on ne toucherait pas autrement. 

Ayant fait, sur l'un de mes ebooks anglais, l'expérience de la rémunération Kindle Unlimited, je peux attester que celle-ci reste intéressante. Infiniment plus, par exemple que ce que fait Deezer au niveau musical, pour ne pas même parler de Youtube (qui devrait être renommé Radin.com). 

La condition d'exclusivité restait quelque chose qui m'empêchait d'opter pour KDP Select. Jusqu'au jour où j'ai appris que Librinova préparait, avec 50 auteurs tests, une formule permettant de bénéficier d'une version de Kindle Unlimited quelque peu différente de celle que connaissent les auteurs autoédités. 

Une version, en gros, destinée aux éditeurs et à des prestataires comme Librinova. 

Librinova n'est pas un éditeur. Librinova est une entreprise d'aide à l'autoédition, qui peut se transformer en agent si vous vendez plus de 1000 livres. L'auteur qui y a recours garde tous ses droits. En dessous de 1000 livres, il faut s'acquitter du prix initial du pack, 75€ par an si votre ebook fait plus de 45 000 mots, 50€ s'il fait moins de 45 000 mots. On touche alors 100% du prix de vente des revendeurs en ligne, après déduction de leur marge, c'est à dire autant qu'un auteur autoédité. 

Si on vend plus de 1000 livres (emprunts KU non compris), Librinova se transforme en agent, et nous prend 15% sur les ventes. Il n'y a alors plus besoin de renouveler le paiement annuel des packs, et on peut publier avec Librinova de nouveaux romans sans "tarif d'entrée" autre que les 15%. 


Evidemment, ce prix d'entrée de 75 € par an au minimum était quelque peu rédhibitoire. Néanmoins, la perspective de contourner les conditions d'exclusivité d'Amazon, et ce en parfait accord avec la plate-forme, était pour moi assez séduisante. 

Je savais aussi que des auteurs passés par Librinova avaient pu bénéficier de la fameuse offre éclair d'Amazon, celle que la plate-forme réserve d'habitude aux utilisateurs de KDP Select et à des auteurs triés sur le volet.  

Bref, j'ai décidé d'utiliser ce service très tôt, en devenant le 51ème auteur test, en quelque sorte. 

Dès le 11 décembre 2017, Librinova a demandé l'intégration de l'ebook que j'avais choisi pour ce test, La Trilogie Ardalia, à Kindle Unlimited.

La formule de Librinova permet d'être distribué sur plus de 200 libraires en ligne, mais je savais que même des auteurs Librinova à succès, c'est à dire ayant vendu plus de 25000 ebooks, vendaient très peu en dehors des trois ou quatre plus grosses plates-formes, et je n'attendais vraiment pas grand-chose des autres librairies en ligne.

Je misais tout sur Kindle Unlimited, et d'autant plus que Librinova avait fait preuve de souplesse, en me permettant de continuer à distribuer moi-même sur Kobo, la Fnac, Apple et Google Play. 

Cette intégration a mis plus de trois mois à se faire, puisqu'elle a été effective le 26 février 2018 seulement. Cela a entraîné la parution initiale de cet article sous le titre "Discriminé par Amazon". En effet, j'avais lancé une campagne de promo en décembre, et l'absence sur la plate-forme d'emprunt m'a été préjudiciable, ainsi qu'au roman. 

Mes ventes, comme je l'avais prévu, se sont faites en très large majorité sur Amazon et non sur les 200 autres libraires en ligne (mais j'avais gardé la main sur la distribution Kobo/Fnac, Apple et Google Play). Elles n'ont jamais pu décoller, l'absence d'intégration à KU étant un handicap majeur pour ce qui concerne la plate-forme Amazon.

On va dire que le système était encore en rôdage. Si vous souhaitez souscrire à l'offre que Librinova a rendue officielle, et ouverte à tous, il y a peu, sachez que l'intégration se fait de manière manuelle chez Amazon. Il suffit d'en faire la demande par email à Librinova après avoir acquis l'un des packs.

Examinons maintenant les particularités, avantages et défauts du pack à 75€ de Librinova, avec intégration Kindle Unlimited.  

Tout d'abord, ce service n'est valable que pour les emprunts de votre ebook en France et au Royaume Uni. Le Kindle Unlimited US n'est pour l'instant pas proposé par Amazon à Librinova. Si vous êtes auteur anglo-saxon, ce service n'est donc vraisemblablement pas pour vous. 

Si vous êtes fan des relevés de vente quotidien, il vous faudra faire une croix dessus, sauf à opter pour le pack Liberté à 120€ par an, lequel ne vous donnera ces relevés de vente que pendant 6 mois. 

Concernant les fameuses "pages lues Kindle Unlimited", vous ne pourrez pas les repérer dans vos relevés de vente, parce que ça ne fonctionne pas ainsi. Votre ebook se retrouve bien sur KU, et vous bénéficiez du boost sur le classement à chaque fois qu'il est empruné, mais, comme le précise cet article de Librinova, "Un emprunt sur Kindle Unlimited est rémunéré 30% du PPHT dès que l’emprunteur a lu plus de 20% du livre." 

C'est à dire que c'est l'ancienne formule de Kindle Unlimited qui fonctionne: vous êtes rémunéré le même prix quel que soit le nombre de pages de votre ouvrage, ce qui favoriserait la publication de livres courts... si vous ne deviez payer un nouveau pack à Librinova pour chacun de vos ouvrages, chaque année. 

Si vous en vendez plus de 1000, en revanche, vous pourrez en publier autant que vous le souhaiterez sans ce coût d'entrée des packs, mais avec le prélèvement de 15% sur les ventes. 

Je pense que, si l'on ne tient pas compte du prix des packs, les gains KU pour l'auteur sont à peu près équivalents à ceux qu'un auteur autoédité KDP Select obtient, mais cela reste à confirmer. 

Une chose qui joue en faveur de Librinova est la souplesse et la réactivité de cet acteur, qui vous permet de garder la main sur les plates-formes de votre choix (il suffit de l'indiquer par email). 

Un autre avantage, pour les auteurs ne voulant pas s'embêter à publier sur de nombreuses plates-formes, est que tout est pris en charge et se fait rapidement: c'est comme si vous ne publiiez que sur une seule plate-forme. 

L'argument de la simplicité pour choisir KDP Select est en effet souvent utilisé. Avec Librinova, les choses sont tout aussi simples. 

Il y a aussi des défauts: avec le pack à 75€, vous n'avez droit qu'à un relevé de ventes tous les 6 mois, et vous n'êtes rémunéré que tous les 6 mois. Vous ne pouvez pas non plus, en principe, changer le prix de votre ebook en cours de route -- même si j'ai constaté une certaine souplesse de Librinova à ce sujet. 

L'une des contraintes que j'ai trouvé particulièrement ennuyeuses, c'est le nombre de caractères très limité pour la description Amazon. On ne peut pas jouer non plus sur l'interlignage et la présentation en gras, ni bénéficier de cette excellent outil en ligne pour la description de son livre.  

Bref, la description est extrêmement basique. Comparez l'ebook Le Souffle d'Aoles, que j'ai autoédité sur Amazon à celui de la Trilogie Ardalia édité par Librinova pour vous en convaincre. 

Par ailleurs, il me semble que l'on peut rentrer moins de mots-clés par rapport au roman qu'en publiant directement via KDP. 

Autre contrainte, vous devez envoyer votre manuscrit word ou open office, et c'est Librinova qui se charge de la transformation en ebook. Le travail est certes bien fait, mais ne vous permet pas de peaufiner l'ebook de manière professionnelle, comme le permet gratuitement le site Draft2Digital. 

Si vous vous demandez ce que je veux dire, n'hésitez pas à télécharger un extrait de mon dernier roman, Passager clandestin. 

Il faut donc abandonner énormément de contrôle. 

J'espère que mon article permettra à Librinova de remédier à ces défauts. Je pense en effet que leur formule, à condition d'être utilisée pour un ebook que l'on est sûr de pouvoir promouvoir, ne serait-ce qu'auprès d'une mailing list suffisamment importante, est rentabilisable. 

Cela comporte un risque, bien sûr. Mais en passant par Librinova, si vous avez une liste de lecteurs suffisamment nombreuse, des lecteurs lisant à la fois sur Kobo, Apple et Kindle, ou même ailleurs, vous êtes sûrs de pouvoir tous les contenter, tout en bénéficiant de l'aide non négligeable de Kindle Unlimited pour la montée en classement de l'ebook sur Amazon. C'est extrêmement appréciable et professionnel. 

Si vous avez une assise de lecteurs suffisante, cela vaut la peine d'essayer, avec par exemple juste un ebook pour commencer. 

Vous vous demandez peut-être pourquoi Amazon permet en toute légalité le contournement des règles d'exclusivité de KU. Je dirais que le fait qu'il faille payer un acteur privé pour bénéficier de ce contournement valorise d'autant leur service. 

Comme je le disais dans mes précédents articles, il faut néanmoins être prudent avec Kindle Unlimited, car le prix de l'emprunt (ou de la page lue, selon les cas) varie d'un mois sur l'autre puisqu'il dépend d'une sorte de pot commun qu'Amazon réactualise chaque mois. 

Même avec une super base de lecteurs pour vous aider à revenir sur le prix annuel du pack Librinova, il viendra peut-être un jour où cet article ne sera plus pertinent, c'est à dire que la rémunération KU sera trop faible pour vous permettre d'engranger des bénéfices intéressants sur une année. 

Pour l'instant, il y a moyen de limiter les risques pour un auteur expérimenté. 

[EDIT 06/03/2018] L'avis d'une romancière auto-publiée depuis plusieurs années avec l'aide de Librinova, sur le blog Vivre de ses Romans.

mercredi 19 avril 2017

Promos anglo-saxonnes : enfin des bénéfices !

Il aura fallu de la patience. J'ai publié sur les différentes plates-formes d'autoédition la traduction anglaise du Souffle d'Aoles, The Breath of Aoles, en février 2014, il y a trois ans. Sa suite, Turquoise Water, est sortie en mars 2015. Le dernier tome, The Flames of the Immolated, est sorti en août 2016. Il aura malgré tout fallu attendre cette année 2017, et ma promo sur la trilogie anglaise réunie en coffret ebook pour qu'enfin, l'argent investi dans les sites de promo de livres électroniques, américains pour la plupart, engendre un retour sur investissement. Deux facteurs auront été déterminants pour obtenir ce résultat.  

Vous vous souvenez de mon article de janvier dernier sur une promo anglo-saxonne? J'avais investi quelque chose comme 315 € dans différents sites de vente que je détaille dans l'article. 

Cet investissement n'avait pas été remboursé en janvier (de toute façon, il faut attendre deux mois avant le versement d'un mois en cours), puisque malgré les 250 ebooks vendus en une semaine, je n'avais gagné que 155 €.

Mais quatre mois plus tard, après de nouvelles ventes, à plein tarif cette fois, j'en suis à plus de 345 € de revenus pour The Ardalia trilogy. 

Le retour de bénéfice, une trentaine d'euros, est donc extrêmement modeste, mais réel. L'important pour moi est que je sais quels sites de promo ont été les plus efficaces, et que je suis à peu près sûr de faire mieux la prochaine fois.

Toutes mes promos précédentes sur le marché anglo-saxon les autres années, qu'il s'agisse de pubs Facebook ou de promos sur des sites payants, avaient été déficitaires.

Qu'est-ce qui a changé? Quels ont donc été ces deux facteurs principaux déterminants? 

Si vous avez lu mon article de janvier, vous savez que le coffret ebook The Ardalia trilogy est vendu exclusivement sur Amazon, contrairement aux romans pris individuellement. 

Eh bien ce sont les pages lues sur Kindle Unlimited qui expliquent en grande partie ces bénéfices, il me faut bien le reconnaître. 

Si en janvier, la trilogie anglaise a bénéficié de 4818 pages lues aux Etats-Unis et 3347 au Royaume Uni, ces chiffres sont montés respectivement à 15644 et 4283 en février.

Bien que le chiffre de 15644 pages lues paraisse impressionnant, cela a représenté en réalité 77 $. Néanmoins, cela s'ajoute au reste, et j'ai encore des pages lues ce mois-ci.

Cela prouve aussi que ma trilogie est lue par au moins quelques personnes, ce qui est réconfortant. :)


En mars, on est passé à un tout petit peu moins de 9000 pages lues (US) et seulement 163 (UK).

Les ventes d'ebooks de la trilogie à plein tarif ont été d'une quinzaine en février-mars.

Le second facteur déterminant, celui qui a sans doute permis une partie des ventes à taux plein et des pages lues, me vient des abonnés à ma newsletter anglaise, au nombre d'un millier.

J'ai toujours dit que KDP Select était défavorable à la grande majorité des auteurs, parce que la grande majorité des auteurs ne maîtrisent pas le marketing.

Je le maintiens. Rien n'a changé. Il m'a fallu plusieurs années pour élaborer la bonne stratégie marketing.

Bien qu'étant opposé à la notion d'exclusivité, j'ai malgré tout décidé de tirer parti de Kindle Unlimited, parce que ce service de souscription est ce qui se rapproche le plus d'une bibliothèque dans l'univers des ebooks, parce qu'il me faut diversifier mes sources de revenu, et parce que, de manière pragmatique, je reconnais qu'Amazon est très nettement dominant pour le marché anglo-saxon. 

Néanmoins, j'avais aussi à cœur de satisfaire ceux des lecteurs de ma newsletter anglaise qui possédent un appareil autre qu'une Kindle, et ceux qui habitent dans des pays où Kindle Countdown n'est pas en place (la promo réalisée en janvier était une promo Kindle Countdown exclusive à Amazon), et notamment l'Australie.

J'ai donc mis, la semaine dernière, mes ebooks anglais Turquoise Water et The Flames of the Immolated (The Breath of Aoles étant gratuit) à 0,99$/£ sur les différentes plates-formes. La réponse a été très favorable, puisque, en ne faisant cette fois appel à aucun site de promo, j'ai réalisé 35 ventes. 

Cette promo ne devrait pas générer autant de retombées que celle sur la trilogie complète, mais elle m'a permis, sans rien dépenser, de satisfaire certains lecteurs qui auraient pu être frustrés par la précédente.

Il est intéressant de voir qu'une portion non négligeable des abonnés à ma newsletter anglaise ne sont pas abonnés à Kindle Unlimited. En revanche, la domination d'Amazon est bel et bien validée par cette expérience menée la semaine dernière: bien qu'ayant fourni les liens vers Barnes & Noble, Apple et Kobo en plus d'Amazon dans ma newsletter, je n'ai obtenu que deux ventes sur Kobo (une pour le tome 2 et une pour le 3). Aucune sur les autres plates-formes, et 33 sur Amazon!

Voilà en tout cas deux campagnes coup sur coup qui me rapportent des bénéfices, certes très modestes, mais encourageants! 

Autres articles sur le même sujet:

Une promotion anglo-saxonne 

Traduction de romans: attention, terrain miné!

jeudi 16 février 2017

Une promotion anglo-saxonne

J'ai parfois l'impression d'être le canari dans la mine, ou si vous préférez, de jouer les cobayes pour la trentaine d'auteurs qui me suivent sur Facebook. Je ne me plains pas, cela dit: c'est un choix personnel, et je ne suis pas le seul auteur dans ce cas. Cela donne un peu plus de sens à mon activité d'auteur autoédité. Aujourd'hui, je présente le résultat d'une promotion Kindle Countdown Deal de mon coffret anglais The Ardalia trilogy, vendu en exclusivité sur Amazon. 

Un petit mot sur l'exclusivité Amazon: l'idéaliste en moi est toujours contre cette notion d'exclusivité. C'est pourquoi mes romans à titre individuel sont toujours vendus, même en anglais, sur chaque plate-forme. 

Il faut aussi savoir que je ne vends pas le coffret en français de la trilogie Ardalia, roman de Fantasy, sur les sites d'Amazon. Vous le trouverez notamment sur Kobo ou la Fnac, mais pas sur le site de Jeff Bezos. En contrepartie, j'ai donc choisi de vendre le coffret en anglais en exclu sur Amazon. 

C'est une concession que j'ai faite au pragmatique qui est en moi. 

Je vends très très peu d'ebooks en anglais sur d'autres plates-formes qu'Amazon, qui possède 75% du marché sur les ebooks aux Etats-Unis. Mes expériences avec un coffret en exclu peuvent aussi être utiles à la communauté d'auteurs. Par ailleurs, un seul coffret vendu en exclu n'est pas suffisant pour entraîner une dépendance envers Amazon.

Pour conclure sur le sujet, je dirais que, même après cette expérience du Kindle Countdown Deal que je présente ici, je ne retranche pas un mot du billet que j'avais adressé à l'attention d'Amazon. 

Les lecteurs de ce blog se souviennent de la promo réussie que j'avais effectuée en collaboration avec la plate-forme Kobo/Fnac sur la trilogie Ardalia en français. Elle avait donnée lieu à cette capture d'écran (cliquez sur l'image pour agrandir): 





La promo avait duré une semaine. J'avais reçu un soutien fort de la plate-forme Kobo/Fnac, avec l'équivalent de l'Offre éclair d'Amazon sur une journée, ce qui avait occasionné 63 ventes sur la journée en question, le dimanche 8 novembre 2015. 

Sur le mois complet, j'avais vendu 120 trilogies, mais une seule le mois suivant (!), ce qui ne m'avait pas permis de rentabiliser mes investissements sur les pubs Facebook. Je considère néanmoins toujours cette promo comme réussie, parce qu'elle a apporté de la visibilité à la trilogie. 

La promo Kindle Countdown Deal sur la trilogie anglaise a quant à elle eu lieu récemment, du 23 au 29 janvier 2017. 

Kindle Countdown Deal (KCD) ne représente pas une aide aussi massive que celle que j'avais reçue de Kobo, ou l'Offre éclair d'Amazon, laquelle n'est proposée qu'à des auteurs triés sur le volet. KCD est réservé aux auteurs ayant un ebook en exclusivité sur Amazon (KDP Select), et ne fonctionne que sur les plates-formes américaines et Royaume Uni.

Avec KCD, votre ebook est listé dans une catégorie spéciale d'Amazon. J'ai vérifié, mon ebook y était bien. Néanmoins, cette catégorie ne peut pas être trouvée par un lecteur sans recherche spécifique "Kindle Countdown Deal" sur le moteur de recherche Amazon. Autant dire que ce coup de pouce d'une catégorie spécifique est en réalité quasiment inexistant. 

En revanche, Amazon va indiquer, directement sur la page de vente de l'ebook, un décompte de type compte à rebours du temps restant avant le prochain changement de prix.

Ce décompte est ce qui signale une promo spéciale sur la page du livre. Ce type de signalement par rapport à une promo est unique à Amazon, et gagnerait à être utilisé par la concurrence. C'est en effet très utile, notamment grâce aux mailing lists (lecteurs abonnés), qui vont vous permettre "d'envoyer" vos lecteurs directement sur la page de vente de l'ebook sur Amazon Etats-Unis ou Royaume Uni. 

On a la possibilité de mettre différentes tranches de prix pendant la semaine de promo KCD. On n'est pas obligé de dépenser toute sa semaine de promo KCD d'un coup, on peut la répartir sur différents jours par période d'exclusivité de trois mois. Néanmoins, à mon sens c'est plus efficace d'utiliser toute la semaine d'un coup. 

De la même manière que pour la promo Kobo, j'ai baissé le prix de la trilogie à 0,99$ la plupart du temps, mais en le remontant tout de même à 3,99$ les deux derniers jours. Ces variations de prix sont permises par la promo KCD, ce qui est très utile pour étalonner les performances suivant les prix. 

Pour cette promo, j'ai principalement utilisé des sites payants préconisés par l'auteur britannique de thrillers Mark Dawson: Kindle Books & Tips le premier jour, Ereader News Today, Bargain Booksy et Bookraid le deuxième jour,  The Fussy Librarian le troisième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly les quatrième et cinquième jour. 

A mon grand regret, je n'ai pu utiliser les services de Book Barbarian, un site très utile pour la promo des ebooks de Fantasy et Science-Fiction. Il fallait s'y prendre plus de trois mois à l'avance, je n'avais pas la patience. Mais pour l'avoir déjà testé, je sais que ce site vaut les 50$ qu'il demande, pour mes romans de Fantasy en tout cas. 

J'ai aussi utilisé ma mailing list d'un peu moins de 1200 lecteurs anglophones amateurs de Fantasy, en grande majorité Américains. Si j'ai déjà obtenu autant de lecteurs abonnés anglais, c'est notamment grâce au site Instafreebie, gratuit le premier mois et coûtant 20$ par mois ensuite, et qui permet de grouper des promos avec des auteurs anglo-saxons. Le site est relié à la plate-forme de newsletter Mailchimp, ce qui est très utile.

J'ai mis un budget d'un peu plus de 300€ dans ces différents sites et sur une pub Facebook qui ciblait ma propre mailing list. A comparer avec les 200€ de ma promo de 2015. 

Le site qui m'a coûté le plus cher a été Books Butterfly: 167€. Le site est censé garantir les ventes, mais en fait, ne fournit qu'un acompte pour une prochaine promo si l'on n'atteint pas le chiffre garanti. Il n'est pas très adapté aux ebooks de Fantasy et s'est révélé décevant dans mon cas. 

Mon objectif était de vendre 200 ebooks dans la semaine, ce qui peut sembler ambitieux, mais j'avais déjà une idée des performances de la trilogie grâce à la promo Kobo, et de mon ebook anglais The Breath of Aoles, notamment sur des sites comme Kindle Books & Tips et Ereader News Today.

C'était ma toute première promo Kindle Countdown Deal, et dans un premier temps, j'ai complètement loupé le marché du Royaume Uni: si vous lancez une promo KCD, vous devez en effet définir les prix sur chaque plate-forme, américaine et anglaise, une à une. Ça n'est pas globalisé. 

Ma promo en direction des lecteurs UK n'a donc débuté que le mercredi au lieu du lundi, ce qui m'a conduit à envoyer un email d'excuses à ma mailing list. Voyons maintenant les différents résultats: 


Premier jour, Kindle Books & Tips + newsletter 


53 exemplaires. Un bon départ compte tenu du fait que je n'avais jamais utilisé ma newsletter anglaise pour des promos uniquement sur mes ebooks: en général c'était pour des promos communes avec d'autres auteurs. Nous y reviendrons. 

Le jour suivant, l'ebook a grimpé aux alentours de la 6000ème place: 

Deuxième jour Ereader News Today, Bargain Booksy et BookRaid: 

Les ventes atteignent leur pic, 81 exemplaires. Ce qui est mieux, sur une journée, que ma trilogie française avec la mise en avant Kobo. C'est principalement dû au site Ereader News Today, mais aussi à ma newsletter, qui continue à produire des ventes. 

L'ebook entre dans le top 3000 des livres payants, sa meilleure place:  

Dans la sous-catégorie "Mythe enfance, général & autre", cela lui permet de se classer brièvement, ô joie, à la première place devant les ebooks de Rick Riordan! 


Par rapport au classement précédent de la trilogie, au-delà de la millionième place, la remontée est spectaculaire: 






A noter ce mail très classe de Book Raid, un site honnête, qui ne vous facture qu'en fonction du nombre de clics sur le lien dans leur newsletter (8 grâce à eux): 



Troisième jour The Fussy Librarian, relance de la newsletter

On descend ensuite à 22 exemplaires  (oui, la chute est rude). 

Quatrième et Cinquième jour, BK Nights (Fiverr) et Books Butterfly

Des deux sites, c'est Books Butterfly qui donnera le plus de ventes. Néanmoins, avec 15 ventes le quatrième jour et 37 le cinquième, ce site ne vaut pas la somme importante que j'ai mise dedans (plus de 160€). C'est sur ce poste que je réduirai mes coûts la prochaine fois. 

Sixième et septième jour, deux bonnes surprises

Le sixième jour, alors que l'ebook est passé à 3,99 € et que je n'ai plus aucune promo sur aucun site, j'obtiens 23 ventes ce qui est une bonne surprise. L'ebook reste parmi les 7000 mieux vendus d'Amazon US.





Enfin le septième jour (le dimanche), bien que ne vendant que 7 exemplaires, j'obtiens 3312 pages lues sur KEMP, c'est à dire des livres lus via le système d'abonnement Kindle Unlimited. Cela correspond à une somme d'une vingtaine d'euros assez modeste, mais toujours bonne à prendre! D'autant que les prêts pendant la période de promo n'ont pas été aussi importants qu'espérés.



Retour sur la mailing list

Un petit retour sur les abonnés anglo-américains à mon Groupe de Lecteurs (mailing list). J'ai obtenu seulement 35% d'ouverture du mail le lundi, ce qui représente 778 personnes laissées sur le carreau.

Le mercredi, le nombre de personnes abonnées à ma newsletter est passé de 1194 à 1136! Et je n'ai obtenu que 36,2% d'ouverture du mail, ce qui représente 727 personnes laissées sur le carreau.

Le vendredi, en utilisant Mailchimp, j'ai ciblé les personnes n'ayant pas ouvert aucun des deux premiers emails, et j'ai obtenu 20,8% d'ouverture, et donc 695 personnes qui ont totalement ignoré cette campagne de promo. 

Et en termes de clics sur la page de vente de l'ebook, me direz-vous? Eh bien, 126 clics le lundi, 83 le mercredi, et tout de même 52 clics le vendredi, pour les lecteurs n'ayant pas ouvert les deux premiers emails. 

Cela fait donc 261 clics en tout pour ma mailing list. On peut évaluer à 20% le chiffre de ventes par rapport à ces clics, c'est à dire que ma mailing list m'a rapporté 52 ebooks vendus. Et croyez-moi, ce n'est pas négligeable, même si le chiffre peut sembler dérisoire par rapport au nombre initial total d'abonnés (1194). 

L'apport de la mailing list est donc très intéressant. Mais il faut voir que le service Mailchimp est pour l'instant gratuit, mais me coûtera, je crois, une vingtaine d'euros par mois au-delà des 2000 abonnés. 

Comme une bonne partie de cette mailing list est en quelque sorte une masse inerte, un poids mort, j'ai tout intérêt à faire du tri. Ma méthode va donc consister à envoyer un email avec comme sujet: "Veuillez répondre à cet email si vous souhaitez rester dans mon groupe de lecteurs". 

Et ensuite? Ecrémage. En tant qu'auteur autoédité, on ne peut pas s'offrir le luxe de payer pour des gens qui ne s'intéressent pas à vous.

L'une des leçons que je tire de cette promo, c'est de ne pas attendre que votre liste ait atteint les 2000 personnes. Il vous faut faire le tri par rapport aux personnes qui vous lisent vraiment, et le plus tôt est le mieux. L'auteur Mark Dawson fait aussi des sondages qui lui permettent de mieux connaître sa mailing list. 

Quant à la pub Facebook qui ciblait ma mailing list, elle m'a coûté 16€. J'ai très rapidement arrêté: j'ai su que je ciblais bien mon Groupe de lecteurs grâce à un "j'adore" mis par une lectrice de ma liste, mais le coût, à ma surprise, était prohibitif en regard du nombre de clics (genre plus de 2€ par clic).

Je n'ai pas essayé les Lookalike audience (audiences similaires), mais j'avoue que ma foi en l'outil Facebook n'est pas au top en ce moment. 

Ventes globales

Si j'ai attendu après le 15 février pour rédiger ce blog, c'est qu'il me fallait obtenir mon relevé de compte en provenance d'Amazon, pour connaître mes revenus d'auteur sur la période de promo. 

J'ai fait en tout 246 ventes de la trilogie, 226 aux Etats-Unis et 20 au Royaume Uni. Objectif atteint, donc.

Dans les tableaux suivants, c'est la colonne "Redevance" qui importe, car elle correspond à ce que je vais réellement toucher, et non celle "Revenu": 


En tenant compte des livres prêtés sur Kindle Unlimited, mes revenus d'auteur s'élèveront à 155€ sur la période de janvier, ce qui ne couvre évidemment pas les 300 € dépensés. 

La surprise désagréable que j'ai eue, ça a été les coûts moyens de livraison de la trilogie, qui fait plus de 1200 pages: à 0,43$ le coût moyen de livraison, si vous multipliez par 226 exemplaires, on est à 97$ (environ 94€) rien que pour le marché américain. 

A cause de ces coûts de livraison, le fait de percevoir 70% pendant la promo KCD sur des ebooks vendus à 0,99$ n'est qu'un mince avantage: chaque ebook vendu m'a rapporté 0,38 cents. 

Bref, sans ces coûts, il serait tout à fait envisageable d'avoir un retour sur investissement. 

En effet, l'effet boule de neige est plus important en ce mois de février pour cette promo KCD qu'elle ne l'avait été sur Kobo. Avec 7 ebooks vendus à plein tarif (9,99$), plus les lectures Kindle Unlimited, nombreuses, j'en suis à environ 100$ de revenus d'auteur estimés rien que pour ce mois de février (qui n'est pas encore achevé, nous sommes le 16 au moment où j'écris ces lignes).  

Donc, 155 + 100 = 255€. On n'est plus très loin d'un retour sur investissement. Je ne suis pas entièrement confiant sur le fait que celui-ci ait lieu, cela dit, les ventes se raréfiant avec le temps. 

Au final, cette promo m'a permis de cibler les sites les plus utiles pour moi. Il faudra que je fasse un sérieux tri dans ma liste d'abonnés, mais je suis relativement confiant sur le fait de rentabiliser ma prochaine promo de ce type.

Je trouve donc les outils promotionnels d'Amazon intéressants, mais je reste persuadé que le site les fait payer beaucoup trop cher aux auteurs, en réclamant l'exclusivité.

jeudi 8 octobre 2015

Comment Amazon peut rétablir ma confiance

Amazon doit une partie de son succès au fait d'avoir su être se mettre à l'écoute non seulement de ses clients, mais aussi de ses fournisseurs, et parmi eux, les auteurs. Voici donc une série de suggestions qui, si elles étaient au moins partiellement mises en œuvre, me permettraient en tant qu'auteur indépendant d'envisager l'avenir de la publication d'ebooks sur Amazon, et en particulier Amazon Etats-Unis, avec un peu plus de confiance. Je précise que je ne les fait bien sûr qu'en mon nom propre. 

Etant donné les campagnes de presse orchestrées par l'édition traditionnelle contre Amazon, il serait facile de glisser dans une rhétorique visant à propager le doute et l'incertitude à propos du futur de l'autoédition sur cette plate-forme. 

Je vous rassure, ce blog n'a en rien vocation à être une chambre d'écho de l'édition traditionnelle. 

Je suis persuadé que les auteurs autoédités, à titre individuel comme ici ou de manière plus collective, doivent aussi savoir faire entendre leur voix, tout simplement parce que nous sommes les premiers impactés lorsqu'un revendeur, qui est aussi un éditeur et un diffuseur, décide de changer certaines règles du jeu, de manière induite ou officielle. 

Voici donc une série de suggestions visant à permettre une meilleure visibilité pour tous les auteurs indépendants.

1. En finir avec l'exclusivité de publication sur Amazon

Quand les agents des chanteuses Beyoncé ou Rihanna concluent un marché de publication exclusive de leur dernier album pendant un mois sur une plate-forme comme iTunes, cela s'accompagne d'une mise en avant exceptionnelle sur le site, mais aussi à n'en pas douter de jolis chèques. 

Cela peut se comprendre. Ce sont des deals ponctuels et sur une durée très limitée, qui concernent très peu de grands noms. 

Lorsque Amazon propose, contre une mise en avant sur le site qui n'est pas automatique, mais dépendra de la capacité de l'ebook de l'auteur à attirer des lecteurs, une exclusivité de trois mois tacitement reconductible, nous ne sommes plus dans un deal ponctuel et pas forcément d'une durée limitée. 

Lorsque plus d'un million d'ebooks se retrouvent en exclusivité sur le site chaque mois de l'année, nous sommes dans un phénomène massif de distortion de concurrence. 

Si un jour, Amazon doit répondre de ses actes devant le Département de la Justice américain pour abus de position dominante, il le devra, à mon humble avis, à KDP Select et à ses conditions d'exclusivité. 

Les deux seuls éléments qui empêchent une telle action de la justice pour le moment sont cette précaution de trois mois renouvelables prise par Amazon, et le fait que l'exclusivité ne s'étende pas aux éditeurs traditionnels. 

Cependant, si ce million d'ebooks représente à l'heure actuelle un poids économique incontestable, et qui ne fait que se renforcer mois après mois, c'est bien parce que les maisons d'édition se retrouvent peu à peu vidées de leur substance. Je veux parler des auteurs, bien sûr, qui choisissent de plus en plus de s'autopublier ou bien de jouer sur les deux tableaux. 

Vous allez me dire, si l'exclusivité tombe, qu'en est-il des avantages spéciaux de visibilité de KDP Select? Amazon ne va pas les fournir gracieusement, sans contrepartie. On veut le beurre et l'argent du beurre? 

2. En finir avec la montée en classement pour chaque emprunt Kindle Unlimited

La montée en classement qui se produit à chaque emprunt Kindle Unlimited, c'est la carotte qu'offre Amazon aux auteurs pour les persuader de rejoindre KDP Select. 

Cette montée en classement, si elle est favorable à certains auteurs, si elle leur donne des armes pour rivaliser avec l'édition traditionnelle qui a plus de moyens pour ses quelques auteurs phares, dénature le classement Amazon et en remet en question la valeur et la pertinence. 

Elle le dénature parce qu'un emprunt n'est pas une vente. Un livre emprunté qui ne sera pas lu ne rapportera rien à l'auteur. Même si le livre est lu dans sa totalité, tout dépend de sa taille: un livre de 200 pages rapporte en ce moment un peu plus d'un euro à l'auteur.

"En ce moment", car l'auteur n'a plus les commandes à partir du moment où son livre se retrouve sur Kindle Unlimited et est emprunté, ce n'est plus lui qui décide du prix, mais bien Amazon, au travers d'une formule suffisamment complexe pour que son entendement puisse échapper au commun des mortels. Un prix révisé chaque mois.

Par ailleurs, l'investissement moral d'un lecteur qui achète un ebook à 2,99€ ne sera pas le même que celui qui emprunte juste un livre dont il ne lira peut-être que dix pages avant de passer au suivant, puisqu'il bénéficie d'une formule illimitée à 9,99€ par mois. 

Le classement ne devrait pas mélanger les deux. On peut vouloir être un acteur disrupteur, un perturbateur en bon français, cela ne veut pas dire que l'on doive perturber son propre modèle au point de le faire marcher sur la tête. 

Est-ce à dire que je suis contre Kindle Unlimited? Non, je pense qu'Amazon, les lecteurs et même les auteurs ont intérêt à avoir un système de souscription dynamique, qui favorise en particulier les lecteurs voraces. C'est pourquoi il faudrait:

3. Des algorithmes propres aux ebooks Kindle Unlimited empruntés ainsi qu'un onglet dédié à ces ebooks

Amazon a prouvé, avec l'onglet ebooks gratuits, qu'il pouvait créer une fenêtre de visibilité bénéficiant de ses propres algorithmes. Il serait donc tout à fait envisageable qu'il crée un nouvel onglet dédié aux ebooks Kindle Unlimited (KU). Cela aurait plusieurs avantages: 

- permettre aux lecteurs inscrits de retrouver rapidement les ebooks KU populaires
- donner de la visibilité à ces ebooks, qui pourraient bien sûr être achetés de manière classique par les non abonnés
- donner un surcroît de publicité à Kindle Unlimited, ce qui, du point de vue d'Amazon, ne peut qu'être avantageux
- en finir avec le mélange emprunts/livres achetés dans le classement traditionnel

On pourrait bien évidemment avoir des ebooks Kindle Unlimited dans le classement traditionnel, mais ils ne le devraient qu'à leurs ventes, plus à leurs emprunts. 

La création d'un nouvel onglet perdrait bien évidemment presque tout son sens si l'ancien système de boost des emprunts devait être maintenu. 

4. Autoriser la diffusion multi plates-formes pour les titres des maisons d'édition Amazon

Amazon possède différentes maisons d'édition, dont Amazon Crossing, qui publie notamment l'auteur Jacques Vandroux. Son roman traduit en anglais, Heart Collector, ne peut être acheté sur Apple, Kobo ou Google.

Il en est de même pour tous les ouvrages des auteurs édités par l'une des maisons d'Amazon. Cela fait plusieurs milliers de titres, que les lecteurs de Kobo, par exemple, seraient sans doute heureux de voir débouler sur leur plate-forme. 

Et je pense pouvoir dire que les auteurs concernés ne s'opposeraient pas à ce que leurs ebooks soient vendus sur d'autres plates-formes qu'Amazon.

N'est-ce pas le but d'un éditeur, de diffuser le plus largement possible les ouvrages de ses auteurs, et de les faire connaître sans parti pris?

La logique de confrontation, on le sait, est rarement favorable aux affaires.

Si Amazon fait ce geste de publier ses auteurs sur d'autres plates-formes, ce sera un geste fort d'ouverture envers le monde extérieur. Un geste qui montrera qu'Amazon ne se considère plus comme une planète visant à attirer puis assimiler tout ce qui se trouve dans son orbite, mais bien comme un acteur adulte et ouvert sur le monde.

Si Amazon devait aussi en parallèle laisser tomber ses conditions d'exclusivité, il bénéficierait d'un important regain de popularité. Beaucoup plus d'auteurs voudraient y être publiés, car il serait nettement moins perçu comme un prédateur. 

On pourrait même envisager qu'à l'instar de Tolino, Amazon puisse essayer de se rapprocher de certains libraires pour y vendre des ouvrages, qu'ils soient autoédités ou de ses auteurs maison. De la science-fiction? Tout est possible quand on est un disrupteur. 

5. En finir avec la "course aux armements" des commentaires

Je ne peux que féliciter Alice Quinn d'avoir obtenu 1860 commentaires pour Queen of the Trailer Park, la traduction anglaise d'Un palace en Enfer. 

Mais en même temps, je ne peux que m'inquiéter lorsque l'auteur Joanna Penn affirme qu'il faut au moins 100 commentaires pour qu'un livre soit visible sur Amazon Etats-Unis. 

Je conçois que les commentaires sont l'une des rares armes qu'Amazon ait à opposer aux romans traditionnellement édités.

Le problème, c'est que de plus en plus d'auteurs vont se mettre à penser qu'à partir du moment où les commentaires d'Amazon viennent le plus souvent de lecteurs inscrits au service premium (Amazon Prime) et bénéficiant, en contrepartie de leurs commentaires, de cadeaux, cela reviendrait au même, en ce qui les concerne, de payer pour ces commentaires. 

De même d'ailleurs que les éditeurs offrent des cadeaux aux blogueuses les plus en vue afin qu'elles consacrent du temps aux ouvrages de leurs auteurs. 

Bref, tout cela crée une surenchère qui n'est pas propice à la sérénité, ni des auteurs, ni des chroniqueurs, et qui va surtout à l'encontre des lecteurs, lesquels sont bien évidemment en droit de questionner la sincérité de nombreux commentaires.

Réduire de un mois à quinze jours la période des livres dans Amazon First (pour comprendre de quoi il retourne, lisez cet article) me paraîtrait une bonne mesure pour revenir à un nombre de commentaires plus acceptable.
 
6. En finir enfin avec la clause de confidentialité des contrats des maisons d'édition Amazon

Amazon souhaite montrer qu'il est un perturbateur? Ce serait un bon moyen. Je suis persuadé que les contrats seraient encore plus favorables aux auteurs s'ils étaient discutés sur la place publique, sur Internet. Faites confiance à l'intelligence collective des auteurs, elle peut accomplir des prouesses.

Historiquement, les clauses de confidentialité ont bénéficié à deux types d'acteurs: 

- les super bestsellers, qui avaient moyen d'insérer des clauses spéciales très favorables, de manière à aligner leurs droits d'auteur sur ce que la maison d'édition proposait de mieux aux autres auteurs de cette maison
- les éditeurs, et de manière massive, en privilégiant une loi du silence qui leur permettait d'insérer des clauses aussi infâmes que celles de non compétition ou de droit de préférence

Je peux comprendre qu'il y ait des clauses de confidentialité dans des domaines super stratégiques, dans certains domaines commerciaux sensibles ou dans la sécurité. Mais dans l'édition? Pour les auteurs?

Cela a été avant tout, pour certains auteurs, le moyen de prendre l'ascendant sur d'autres, et pour les éditeurs, de rouler dans la farine le plus grand nombre, pour rester poli. 

Je pense qu'il faut en finir avec ces clauses, et qu'Amazon devrait montrer l'exemple.



Voilà pour mes suggestions, un peu longues je sais. Vous remarquerez que les mesures 1, 2 et 3 sont liées. Si elles étaient toutes les trois appliquées, on aurait davantage de livres dans Kindle Unlimited et un système de classement plus fiable.

samedi 3 octobre 2015

Offres éclairs : la nouvelle "arme de persuasion massive" d'Amazon

On va me dire qu'en ce moment, j'ai une dent contre Amazon, mais je crois qu'il est important de garder une vision aussi objective que possible de la situation, et comme d'habitude, d'avoir une perspective à la fois globale et allant au-delà du court terme. Il semblerait en effet que depuis la fin des négociations avec Hachette et les autres gros éditeurs, Amazon joue à fond la carte des autoédités. Malheureusement, si l'on prend la globalité des auteurs autoédités, le compte n'y est pas, et les carottes offertes par Amazon demeurent très inférieures aux sacrifices consentis par la totalité des auteurs qui publient en exclusivité leurs œuvres sur KDP Select.

On peut me reprocher d'avoir une vision froide et statistique en l'occurrence. En effet, ce que fait Amazon en ce moment, c'est du jamais vu sur un site de détaillant de cette envergure s'adressant au grand public. 

Amazon vient d'envoyer une lettre à certains auteurs indépendants, dont je ne fais d'ailleurs pas partie, pour leur proposer d'inscrire leurs œuvres sur une liste de titres susceptibles de bénéficier d'une promo. 

Ces promos sont de deux sortes, les offres éclairs (730 titres par an) et les promotions du mois (1200 titres). Un gros volume, donc.

Ces offres sont clairement visibles sur le site d'Amazon, de sorte que les ebooks qui en bénéficient se retrouvent propulsés dans le top 100, bénéficiant d'une exposition fantastique.

Je peux donc tout à fait comprendre l'enthousiasme des auteurs, cela représente une chance énorme pour leur livre. 

Il est vrai que dans l'univers de l'édition, ce genre d'opportunité ne se présente pas tous les jours.  Pensez donc: les titres promus représentent environ la moitié des livres du top 100 d'Amazon!

Tout serait parfait si ces offres n'étaient pas réservées aux auteurs inscrits sur KDP Select, c'est à dire sous condition d'exclusivité de diffusion de leurs ouvrages sur Amazon pendant une période minimum de trois mois, tacitement reconductible.

D'autres critères existent: 

- pour les offres Eclairs, les auteurs devront faire une remise sur le prix de leur ebook de 70% minimum
- la note moyenne (3 étoiles minimum)
- le nombre de commentaires clients (2 minimum)
- la date de la dernière baisse de prix (4 mois minimum)
- le prix de référence de 2.99€ minimum et le titre doit déjà être publié (pas de date de publication dans le futur).


Seuls les titres entrant dans les catégories suivantes peuvent être retenus:

- littérature
- policier et Suspense
- jeunesse et Ados
- littérature sentimentale
- santé et bien-être
- actu, Politique et Société
- autre


Etant donné que je connais l'extrême difficulté du milieu de l'édition, il serait à la fois déraisonnable et de mauvaise foi de ma part de conseiller aux auteurs qui ont reçu cette lettre de refuser la proposition d'Amazon. D'autant plus déraisonnable que ces auteurs sont déjà sur KDP Select, ils ont donc déjà fait ce choix pour au moins l'un de leurs livres. 

Néanmoins, il est aussi de mon devoir de dire qu'Amazon joue là à un jeu qui consiste à privilégier une partie des titres (1930 par an, si mon compte est bon), aux dépens de la majorité des auteurs. 

Et d'autant que ces offres éclairs et promotions du mois, comme me le fait remarquer Cyril Godefroy en commentaire de ce blog, ne sont pas l'exclusivité des auteurs indépendants. Les maisons d'édition traditionnelles bénéficient de ces promos, et sans condition d'exclusivité.

Ce n'est donc pas 1930 titres par an dont vont bénéficier les indés, mais beaucoup moins que cela!

Combien sommes-nous, d'ailleurs d'auteurs indépendants à publier sur Amazon? Il y avait 20 000 titres sur Kindle Unlimited (KU) en décembre 2014. Comme les auteurs indépendants sont largement majoritaires à utiliser KU, il est raisonnable de penser que nous sommes plus de 10 000 (dix mille) auteurs indépendants. 

Cela signifie qu'au moins 80% des auteurs indépendants, et très certainement davantage, ne bénéficieront pas de ces offres. Même s'ils sont sur KDP Select.

Il y a de grandes chances que les auteurs contactés par Amazon soient ceux qui ont déjà fait des ventes. 

La conclusion logique est que si vous ne vendez pas sur Amazon, vous n'avez aucun intérêt à aller vers KDP Select, même si vous aimeriez profiter de l'offre éclair ou d'autres avantages, comme par exemple le nouveau prix des auteurs autoédités lancé par Amazon. 

Evidemment, les auteurs indépendants ne réfléchissent pas comme des Vulcains, les émotions jouent un rôle, et c'est sur cela que compte Amazon pour entraîner de plus en plus de monde vers KDP Select et Kindle Unlimited.

Comme d'habitude, faites votre choix en votre âme et conscience. Mon rôle est ici celui de l'observateur qui se borne à lever un coin de rideau pour vous faire entrevoir ce qui se joue en coulisses.

samedi 22 août 2015

How Amazon has us ensnared in our own trap

Some thoughts by an indie author about Amazon Kindle Unlimited (KU), the subscription service of Amazon.

A simple question for the authors who have opted in KDP Select, making their book eligible to Kindle Unlimited subscribers : do you know what will be the page rate in KU for August?

I bet you don't. Because nobody does. It depends on a variety of factors (number of page reads, number of titles and authors, amount Amazon is willing to pour).

With KU, the rule will change from month to month. That's what I call obfuscation. You can't be sure of anything from month to month.

The normal system of sales is clear. It still exists. But it is no longer the dominant one, as the testimonies of the authors who are on KDP Select establishes: provided they were already selling some ebooks on Amazon, they get more borrows than sales.

This trend will only increase, because we all know that the heavy readers who have subscribed in KU borrow more ebooks in a month than the other people who are limited by price and are not heavy readers.

Self-published authors have a common interest. We all need that Amazon's competition thrive in order to put our ebooks there. Being dependant on one retailer alone is absurd and dangerous, even if I have to acknowledge that it's more simple for the authors.

But the easiest way is not always the better way.

I name "borrowing system" a system where the authors (and books) visibility is based mostly on borrows rather than on sales. Imagine Amazon's KDP is a train. The locomotive of this train, what drives sales, is now borrows.

Not exclusively, because you can get sales because of books you put for free (you put number 1 free and you have a sale on number 2 when enough people download the first one, provided they like it).

You can also get sales by advertising, of course. 

But still. Imagine you are an author. You have the choice of being paid (not much) for an ebook that will deliver a visibility far greater than the visibility of a free book, because that ebook available in KU is listed under the paid tab.

The paid tab on Amazon gives you better credibility than the free tab. For authors who are savvy marketers, that's a no brainer: each time your ebook is borrowed on KU, your ranking improves, and the authors who sell had much more borrows than sales in July. It's natural: you borrow more when you just have to pay $9.99 a month.

This greater visibility of the ebooks borrowed add up for all the authors who go exclusive with Amazon. That means that the ebooks that will increasingly be ranked in the top will be KU ones. But the payment for these ebooks is lesser than with the classic system (something like $1.12 for an ebook of 200 pages). 

And it will probably decrease, because KU, as it is, is not sustainable by itself.

So, yes, the indie authors become increasingly competitive, and the traditionally published ebooks will suffer a lot more. But the amount sacrificed by the authors will be staggering.

And of course, these ebooks that will increasingly get to the top are KU ones, so the indie authors not participating in KU are screwed big time.
Amazon's interest diverge from authors, because Amazon has us ensnared into our own trap. We indie authors used to compete with trad pub with cheaper prices. But now, Amazon makes KU authors competing with non KU authors with cheaper prices, and by accelerating the race to the bottom, Amazon makes its store increasingly attractive to the heavy readers.

So, it's good for Amazon because these readers will also spend their money elsewhere on Amazon.

That's the big problem in dealing with the everything store: Amazon uses the indie authors' ebooks as loss leaders.

Amazon loses money with KU, but Amazon makes it back elsewhere, whereas the authors will be more and more fighting for crumbs, and not for real money.

And Amazon has done all that by inventing this "borrowing system", a system where ranking is mostly driven by borrows.

In a real economy, ranking should be driven by sales. Amazon has instituted a fake economy. This is already detrimental for a lot of authors, and it will be increasingly detrimental, even for KU authors.

mercredi 19 août 2015

Vous avez dit bizarre?

Comme c'est bizarre. J'ai cru halluciner ces trois derniers jours en observant l'évolution du nombre d'auteurs ayant opté pour Kindle Unlimited (KU), et de livres présents dans KU au niveau mondial. 

Pourquoi le nombre de livres enrôlés sur Kindle Unlimited est-il intéressant au niveau mondial? Parce que la cagnotte Kindle Unlimited est une cagnotte mondiale, et plus les auteurs y sont nombreux, au plus la compétition des titres qui arrivent à obtenir des lecteurs et des prêts, des pages lues, s'intensifie. 

Cela joue donc sur les tarifs que reçoivent les auteurs enrôlés chaque mois. Personnellement, je n'ai pas opté pour Kindle Unlimited en raison des clauses d'exclusivité, mais je suis curieux de savoir si ce service a véritablement un avenir, parce que cela conditionne énormément de choses pour la concurrence.

Or récemment, l'auteur Joe Konrath témoignait dans un article sur son blog avoir doublé ses revenus liés aux prêts Kindle Unlimited en un mois, depuis la nouvelle formule. 

Un article donc très favorable à Kindle Unlimited. 

Dans les commentaires de l'article, je disais (à 6:12 PM, heure américaine): 

One thing that will be interesting to watch in the following months will be the Kindle Unlimited Eligible category on Amazon. For the moment, it's 975,049 titles

Je parlais donc de 975 049 titres différents, qui était le chiffre que j'avais lu à approximativement 6:10 PM, heure américaine. 

J'estimais dans ce même commentaire que le nombre de titres Kindle Unlimited allait exploser dans les jours et mois à venir, parce que je pensais la nouvelle formule plus populaire auprès des auteurs. 

Or, le lendemain, moins de 24 heures après, à 7:11 AM heure américaine, curieux de savoir l'évolution, je m'aperçois que le chiffre de la catégorie mondiale sur Amazon.com "Kindle Unlimited Eligible" est passé à 972 785, soit 2264 livres de moins, en 24h! Apparemment, les auteurs se désinscrivaient en masse de Kindle Unlimited.

Yesterday, the figure was 975,049 titles in KU. One day later (less than 24 hours), it is 972,785. That's 2264 less.
Maybe I've been wrong. In this case, I've never been so happy to be wrong. (Though I know it's far too early to establish a trend).


Et devinez ce qui s'est passé quelques heures à peine après, à 2.08 PM, heure américaine: je m'aperçois que ce même chiffre est passé à un peu plus d'un million cinquante trois mille titres, soit 77 982 de plus. En quelques heures!

I'm totally confused and scratching my head. The figure on Amazon.com is now 1,053,031 titles on KU. 77,982 more than when I looked last time! It doesn't make any sense to me.

Aujourd'hui, je suis retourné sur le site d'Amazon, et les choses semblent revenues à la normale, avec 976 385 titres. 

Mais pourquoi un tel jeu de yoyo? La seule explication que j'ai va vous donner va vous paraître ahurissante, mais je pense que le blog de Joe Konrath est suivi par du personnel de haut niveau d'Amazon. 

Je pense que l'article de Joe sur la nouvelle version de Kindle Unlimited avait un intérêt stratégique évident pour les gens d'Amazon. 

Et je pense qu'un commentaire montrant que les auteurs, au contraire de ce que disait l'article, se désengageaient par centaines n'était pas le bon message au bon moment. 

Je crois donc qu'il y a eu intervention, que cette intervention a été ponctuelle, puis de nouveau rectifiée un peu plus tard, quand les gens d'Amazon se sont rendus compte que près de 80 000 auteurs qui optent pour Kindle Unlimited en seulement quelques heures, cela faisait beaucoup. 

Les chiffres d'Amazon ont une bonne réputation de fiabilité chez les auteurs indépendants, et je ne pense pas que le présent article remette réellement en cause cela. Néanmoins, quand il s'agit d'un sujet aussi sensible que Kindle Unlimited, il me semble avoir assisté à une réaction épidermique. 

Bien sûr, je peux me tromper. Il est possible que le blog de Joe Konrath ne soit pas assez influent pour donner lieu à une réaction d'Amazon par rapport à un simple commentaire d'un inconnu comme moi. Mais je crois aussi que les gens d'Amazon essaient de ne négliger aucun détail.

[EDIT 03/09/2014] Il faut savoir reconnaître ses erreurs, et il apparaît que j'ai regardé deux catégories différentes de Kindle Unlimited, une catégorie où ne figurent que les auteurs indépendants (celle en dessous d'un million de titres), et une autre où se trouvent aussi les éditeurs, qui représentent donc environ cinquante mille titres.

Reste tout de même une observation: à catégories strictement comparables, la catégorie générale française et l'américaine, il y a environ 20 000 titres de différence.

lundi 3 août 2015

Kindle Unlimited est-il viable par lui-même ?

La question de savoir si le service Kindle Unlimited (KU) d'Amazon est viable par lui-même pour Amazon pourrait sembler anecdotique pour nous autres auteurs. Après tout, du moment que des auteurs indépendants peuvent en tirer profit, ils n'ont pas forcément envie de se poser la question. Et pourtant... Si KU ne rapporte pas assez par le produit de ses abonnements, c'est qu'Amazon doit y injecter de l'argent. Ce qui signifie que tous les auteurs KU deviennent de facto des auteurs subventionnés. Or, un robinet à subvention, cela peut se fermer à tout moment. On peut le faire de manière brutale, en coupant le service, ou plus subtile, en modifiant les règles. Et s'il y a une chose dont on peut être sûr, c'est que les règles de Kindle Unlimited changeront de nouveau. 

L'abonnement à Kindle Unlimited revient à 9,99€ (ou $, selon les pays) par mois. Or, Amazon a annoncé pour juillet 2015 un fond mondial de 10 millions d'euros. Est-ce que cela signifie qu'il existe dans le monde 1 million de personnes ayant souscrit à KU? J'en doute. 

Mais même si c'était le cas. Combien en moyenne une personne inscrite à KU télécharge-t-elle d'ebooks en un mois? Combien lit-elle de pages? Deux questions fondamentales, pour lesquelles nous n'aurons pas les réponses, Amazon étant très secret sur ses chiffres. 

Ce que nous connaissons, c'est la tarification de Kindle Unlimited. Une lecture rapide des tarifications en suivant ce lien amène à penser que pour un livre de 200 pages emprunté et lu dans sa totalité par une personne, l'auteur touche 20€. Presque trop beau pour être vrai, sauf qu'évidemment, rares sont les livres à être lus en totalité.

Donc, admettons qu'il y ait 1 million d'inscrits sur Kindle Unlimited dans le monde et que ces personnes, plutôt que de télécharger des ebooks de manière illimitée comme le prévoit le service, se consacrent à la lecture de votre ebook de 200 pages. 

Bravo, vous venez de gagner 20 millions d'euros! Avec un seul ebook! Sauf que le fond mondial est de... euh, 10 millions d'euros. 

On voit bien que mathématiquement, il y a quelque chose qui cloche. Le site de tarification évoque, pour un livre de 200 pages emprunté et lu dans sa totalité 100 fois, la formule suivante: "10 millions € multipliés par 20 000 pages attribuées à cet auteur, le tout divisé par les 100 000 000 pages au total". 

Il faut donc qu'il y ait eu 100 millions de pages lues au total sur Kindle en un mois pour obtenir ce tarif. Pas davantage. Cependant, les spécialistes s'accordent à penser que le chiffre total de pages lues en un mois sur Kindle serait plutôt de 1 milliard 666 millions. 

Là, il faut refaire le calcul, et cela revient à 0,006 € la page, soit 1,20 € le livre de 200 pages. A vérifier avec les paiements à venir.

On s'aperçoit donc qu'il y a une forme de partage fait avec ce pot commun de 10 millions d'euros. 

On peut aisément conjecturer, si KU connaît du succès (ce qui est le cas) et qu'Amazon souhaite continuer à payer suffisamment les auteurs pour chaque ebook emprunté, de manière à ce que les auteurs ne quittent pas ce service, qu'Amazon mette davantage d'argent sur la table.

Parce que plus le nombre de pages lues augmentera, plus la paie pour les auteurs diminuera.

Mais cet argent sera-t-il couvert par le produit des inscriptions au service? L'est-il, d'ores et déjà? On peut fortement en douter, surtout lorsque l'on sait que la plate-forme concurrente, Scribd, a dû bannir 200 000 ebooks de son catalogue, car les lecteurs de ces ebooks, de la romance, avaient tendance à trop télécharger, ce qui remettait en cause son modèle économique. 

J'évalue personnellement à 99% de chances le fait que Kindle Unlimited, en lui-même, soit déficitaire, et qu'Amazon y injecte de l'argent venu d'autres bénéfices. 

Pourquoi Amazon irait-il injecter de l'argent dans un service déficitaire? Tout simplement parce que les ebooks peuvent être un moyen d'attirer sur le site des clients qui y achèteront autre chose que des ebooks. C'est aussi très bon pour l'image et la réputation de générosité du site auprès de ses clients. 

Cela donne de surcroît un avantage de compétitivité énorme à Amazon par rapport à ses concurrents sur l'ebook, et ce d'autant plus que les ebooks Kindle Unlimited, sauf rares exceptions comme la série des Harry Potter (oui, Harry Potter est dans KU), sont exclusifs à Amazon, en raison des règles propres à KDP Select (KDP Select permettant à un ebook d'auteur indépendant d'être enrôlé dans Kindle Unlimited). 

Un million d'ebooks exclusifs à Amazon! Sacré avantage de compétitivité, tout de même...  

Certains auteurs, sur la planète Internet, se demandent de manière romantique si à l'instar de Robin des Bois, Amazon ne reverserait pas dans Kindle Unlimited sa marge de 30% sur les ebooks vendus par les gros éditeurs. L'ironie de la chose aurait de quoi faire sourire n'importe quel auteur indépendant.

Il n'empêche que cet argent reversé s'assimile à de la subvention. Quand un pays européen subventionne certains secteurs de son économie, les autres pays européens sont en droit de protester qu'il y a une distorsion de concurrence, et qu'ils ne peuvent plus lutter à armes égales. 

Dans le domaine de l'ebook, Amazon règne aux Etats-Unis de manière si écrasante sur le marché que l'on peut commencer à parler de monopole. En subventionnant massivement les auteurs indépendants qui rejoignent Kindle Unlimited, il me paraît évident qu'il va mettre très rapidement en danger, ou sous l'éteignoir, les concurrents que sont Kobo, Apple et Google. 

Regardons les choses en face: Kobo, avec ses 400 000 ebooks en tout (contre un million d'exclusifs à Amazon, et trois millions en tout, rappelons-le), n'a pas les moyens de lutter contre Amazon. Apple et Google ont les moyens financiers, mais ils sont trop en retard. 

Apple s'intéresse avant tout à la musique (pour rappel, Steve Jobs ne croyait pas en l'avenir de la lecture) et Google n'a pas forcément envie d'investir un milliard de dollars pour concevoir sa propre liseuse numérique (ce qui me paraît indispensable pour lutter contre Amazon) liée à un site qui tienne vraiment le choc. 

En plus de cela, le streaming, dans les domaines de la télévision (Netflix) ou de la musique, a le vent en poupe, avec des résultats en nette hausse. Les services de souscription (streaming) Spotify et Pandora ont ainsi connu une hausse de 46% en 2014, contrairement aux ventes de MP3 chez Apple, en baisse de 13%.

Cela fait proclamer à des auteurs comme Joe Konrath que la lecture en streaming est l'avenir de l'ebook. 

Et Amazon, bien sûr, de surfer sur la vague dont ses concurrents ne peuvent profiter, par manque de moyens financier. 

En réalité, le modèle de souscription est désastreux pour les auteurs. Je l'avais classé juste un degré au-dessus du piratage dans mon article sur la lecture équitable. 

Je pourrais malgré cela l'utiliser ponctuellement s'il n'y avait pas de condition d'exclusivité: en effet, en tant qu'auteur indépendant, je n'hésite pas à mettre des ebooks entiers gratuits de manière permanente afin d'améliorer la visibilité de mes livres. 

La visibilité se paie.

Sans exclusivité, un système de souscription pourrait être un système de remplacement idéal pour les ebooks en permafree (gratuité permanente), mais je ne l'utiliserais que pour la visibilité: en aucune façon, je ne compterais faire de l'argent avec des ebooks en souscription. C'est d'ailleurs ce que font les artistes de la musique avec Deezer et autres. Ils l'utilisent pour être mieux connus et remplir les salles au moment des concerts. 

Le fait que pour l'instant, KU soit en fait souvent rentable pour les auteurs qui y sont, et permette une meilleure visibilité (à chaque emprunt, votre ebook monte en classement, même s'il n'est pas lu) n'est à mon avis que provisoire et fortement artificiel. 

En tant qu'auteur indépendant, je n'ai pas envie de baser mon modèle économique sur un effet d'aubaine. Je n'ai pas envie d'être subventionné pour mon travail. A bâtir sur des sables mouvants, ce n'est pas le ciel, mais mon propre toit qui me retomberait sur la tête.

[EDIT 16 août 2015] : Le prix de la page Kindle Unlimited est de 0,00529 euros. Cela signifie qu'un roman de 200 pages rapporte à l'auteur KU 1,05 euros, et un roman de 400 pages, 2,11 euros. Mais ce n'est pas gravé dans le marbre, et je fais le pari que la rémunération sera à la baisse dans les mois à venir.