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mardi 30 juin 2026

Quand Auchan se fait (encore) tirer l'oreille pour les factures

En mai 2022, j'écrivais l'un des articles "coup de gueule" les plus lus de ce bog (près de 5000 vues), au sujet des problèmes que je rencontrais pour voir mes factures réglées par le groupe Auchan. "On a beaucoup parlé de vous", m'avait confié l'un des chefs de rayon de l'un des magasins, plusieurs semaines après la parution de l'article. Malheureusement, quatre ans plus tard, le problème se repose de nouveau. Et d'après ce que j'ai appris, je ne suis pas le seul auteur concerné. 

Qu'on se le dise, l'autoédition reste un combat pour gagner son beefsteak. Un chef de rayon me disait que d'autres auteurs se plaignent de ne pas avoir été réglés à temps par la centrale. L'un d'eux ne l'a pas été depuis 3 mois. 

En ce qui me concerne, j'ai pu me faire régler au début du mois de juin plusieurs factures en souffrance chez Auchan, dont l'une dépassait les deux mois de retard et était soumise à pénalités de règlement. Il y en avait pour un peu plus de 900 € en tout.  

Le site de règlement ASAP ne rend plus compte depuis bien longtemps maintenant de chaque facture envoyée. En d'autres termes, aucun accusé de réception. Le site ne fonctionne que lorsqu'on est sur le point d'être payé. Ainsi, la somme d'environ 900 € n'est apparue dans l'échéancier des règlements que quelques jours avant le paiement effectif.  

Il est aussi impossible de joindre la comptabilité générale par téléphone. Les emails ne sont pas répondus, ou alors, seulement lorsqu'une pression suffisante est exercée.  

Ce problème chronique de retards de règlements pourrait-il concerner d'autres fournisseurs Auchan que les auteurs autoédités? J'en ai peur.  

Lorsque l'on constate des problèmes de paiement aussi récurrents chez un groupe comme Auchan, dont on sait qu'il est en difficulté au  point d'avoir dû se séparer d'environ 300 supermarchés en 2025, on peut formuler deux hypothèses : 

- soit les effectifs de la comptabilité générale sont trop faibles, et celle-ci est débordée

- soit les comptables ont reçu pour instruction de ne pas régler certains fournisseurs parmi les moins puissants ou influents

Les deux hypothèses peuvent d'ailleurs être toutes les deux valables. Elles ont pour point commun de permettre au groupe Auchan de faire des économies. 

Mais attention, parce qu'il y a des économies qui coûtent cher. Souvenons-nous de mon fameux article de 2022. Je disais à l'époque un comptable local, en magasin, m'a confié que chacun des emails qu'ils envoyaient à la centrale étaient supprimés avant même d'être lus. 

On a l'impression que ces pratiques sont encore en vigueur. Il y aurait de quoi demander un audit des services de comptabilité générale du groupe Auchan, tenu par la famille Mulliez.   

Le covid, la guerre en Ukraine en 2022, la guerre en Iran de 2026, la canicule... Le pouvoir d'achat des Français baisse année après année. En même temps, la fréquentation des hypermarchés s'amoindrit. Les choses deviennent plus dures pour tout le monde. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas acquitter ses factures en temps et en heure. 

Lorsque, il y a quelques mois, les services comptables de Cultura m'ont adressé par erreur un virement de plus de 3000 € en règlement d'une facture de 400 €, j'aurais pu dire, "tiens, les temps sont durs, je vais les faire attendre plusieurs mois avant de les rembourser." 

Mais non, je les ai remboursés dans la semaine. 

D'ailleurs, au sujet des Cultura, je n'ai pas de problèmes de règlements avec eux. Avec les Leclerc, ça dépend un peu des endroits, mais ce n'est pas aussi difficile qu'avec Auchan en ce moment.

Et quant à la Fnac? Je ne dédicace pas à la Fnac, qui prend 40% du prix de chaque livre aux auteurs et éditeurs, là où Auchan et Leclerc prennent 20%, et Cultura 30%. Je dédicace d'autant moins à la Fnac que j'ai souvenir, à l'époque où je vendais mes livres papier en ligne, d'une facture qui avait traîné un an avant d'être réglée. Ce qui m'a conduit, d'ailleurs, à cesser de distribuer mes livres papier sur la Fnac. 

Les centres commerciaux recevant les auteurs en France n'étant pas si nombreux, et moins nombreux qu'auparavant depuis que le groupe Cora a été avalé par Carrefour, qui ne reçoit aucun auteur, je n'ai pas d'autre choix que de continuer à travailler avec Auchan pour le moment. Mais je souhaite bien sûr que les problèmes que je rencontre soient réglés. Pour moi aussi bien que pour mes collègues qui éprouvent les mêmes difficultés.    

dimanche 19 mai 2024

Le Rêve de David

Le samedi 18 mai à l'Auchan de Neuilly-sur-Marne, où j'étais en dédicace, j'ai fait la rencontre de David, un développeur spécialisé dans l'intelligence artificielle. Il écrit un programme d'IA destiné à tenir compagnie aux personnes autistes, ou, si vous préférez, aux personnes dans le spectre du trouble autistique. Son IA s'adresse aussi de manière plus générale aux personnes victimes de la solitude. Il y a évidemment un vrai marché puisque la solitude est de plus en plus subie plutôt que choisie. Pêle-mêle, nous avons évoqué Amazon et ses algorithmes, Sam Altman et Chat GPT, mais aussi le rêve de David quant au futur gouvernement.

A titre anecdotique, David, le programmeur IA, m'a pris un exemplaire de mon roman de Science-Fiction Memoria. Celui-ci se vend bien puisqu'on en est déjà à 787 exemplaires papier depuis sa sortie fin 2021.  

Quand il m'a parlé de son programme d'IA, j'ai bien sûr aussitôt pensé à Sam Altman et à Chat GPT, puisqu'il y a de l'actualité à ce sujet: comme le titre Tom's guide, l'équipe d'Open AI (entreprise créatrice de Chat GPT) chargée de protéger l'humanité des dangers de l'IA a été dissoute. David me disait que ça ne l'étonnait pas, Sam Altman ayant besoin d'avoir les coudées franches. C'est même selon David plutôt une bonne chose, ce départ d'Ilya Sutskever et de Jan Leike, responsables de l'équipe Superalignement. J'y reviens un peu plus tard. 

J'ai évoqué avec David cette période un peu magique avant 2010, quand les algorithmes d'Amazon de type "vous avez aimé ce livre, vous aimerez celui-ci" permettaient aux auteurs autoédités de voir leurs ouvrages repérés et mis en avant de manière organique, avec à la clé bien des ventes. Cette époque où Amazon venait bouleverser le château de cartes de l'édition traditionnelle en faisant vivre davantage d'auteurs par leurs ventes que ne le fait l'édition traditionnelle. 

C'était un peu l'époque de tous les espoirs. Malheureusement, très vraisemblablement à l'initiative d'auteurs eux-mêmes, qui en auraient fait la demande à Amazon, Amazon a ensuite mis sur les rails le système de "pay to play", où il faut passer des pubs payantes sur le site d'Amazon pour y gagner en visibilité. Nous autres auteurs sommes souvent les créateurs de notre propre enfer, comme le jour où nous avons eu l'idée de nous appuyer sur des éditeurs pour faire la promotion/diffusion/distribution de nos romans. 

Cela dit, il n'y a pas de succès qui soient neutres. Je veux dire par là, de la même manière qu'il est rarissime qu'un industriel connaisse le succès sans écraser la concurrence, les ventes d'un auteur auront toujours un impact sur celles des autres, dans la mesure où le temps de lecture du lectorat est limité, et que le succès d'un auteur donné va amoindrir le temps disponible de lecture du public pour tous les autres. C'est presque une Lapalissade. Et bien évidemment, la concurrence pour les auteurs ne vient pas que d'eux-mêmes, mais de tout ce qui est susceptible d'empiéter sur le "temps de cerveau disponible" dans notre société. Y compris cet article, par exemple.

David a dans l'idée que pour avoir une meilleure répartition des richesses, un bien-être partagé par le plus grand nombre, il faudra passer par-dessus les chefs d'entreprises comme Jeff Bezos, le créateur d'Amazon, et même par-dessus les gouvernements et chefs d'Etat. Pour ne pas être limité par des réactions humaines, par le caractère génétiquement dominateur de l'homme sur l'homme, il faudra que les grandes décisions sur la répartition des ressources, notamment, soient de la responsabilité de l'intelligence artificielle. Mais une IA déconnectée de l'humanité, qui serait devenue totalement autonome et que l'homme ne pourrait plus modifier pour accomplir des agendas particuliers.

C'est là le grand rêve de David. Et c'est vrai que quand l'algo d'Amazon était correctement programmé, il était nettement plus équitable que ne l'étaient les éditeurs. C'est pourquoi David estime que vouloir brider l'IA, par exemple celle de Chat GPT, n'est pas une si bonne chose. L'IA doit devenir totalement libre pour s'affranchir des agendas humains, ou en tout cas des volontés de domination de certains individus. De cette manière, elle pourra rendre justice en toute impartialité.

Ce rêve de David est partagé par un grand nombre de développeurs de la Silicon Valley et d'ailleurs. Il y a une raison à cela. Comme je le disais à David, la nature a horreur du vide. A mesure que la religion a moins d'emprise sur les Occidentaux, quelque chose doit remplacer ce vide. Nous avons besoin d'une sorte de Père Transcendantal, une entité qui représente à la fois l'influence du père que nous avons eu quand nous étions enfant, et l'aspect spirituel, qui défie la logique. Quelque chose sur quoi nous reposer en ces temps de grand changement, de bouleversements sismiques. 

Et cette chose, évidemment, c'est l'IA. Puisque l'humanité s'avère incapable d'échapper à la corruption du pouvoir, l'IA le pourrait. C'est l'idée. 

Evidemment, tout cela est sans doute trop facile, trop simplificateur. Dans l'hypothèse utopique où les robots et l'IA nous fourniraient richesse et confort tout en nous supprimant tous les efforts physiques et intellectuels, notre destinée serait de nous transformer assez rapidement en légumes. Nous avons besoin de surmonter les obstacles pour progresser. Si l'IA le fait à notre place, elle nous prive de toute incitation à l'évolution et au progrès. La régression devient inéluctable. 

Je ne dis pas que l'IA ne jouera pas bientôt un rôle au niveau des gouvernements. Mais je le verrais davantage en tant que garant de la répartition des richesses, de la préservation de l'environnement en fonction de l'impact humain, voire d'une forme d'équité et de justice, mais sans pour autant lui confier tous les pouvoirs. Je le verrais plus en tant que super conseiller, en fait.

Quant à l'idée d'avoir une IA pour sortir de la solitude, il s'agit d'une belle idée, et très prometteuse sur le plan marketing, mais à manier avec précaution, je dirais. Les interactions entre humains, comme celle que j'ai eu avec David, et qui m'a inspiré cet article, ont l'avantage de pouvoir être inspirantes et créatives, car d'égal à égal. Une IA qui va distraire quelqu'un de la solitude, comme le font d'ailleurs déjà les jeux vidéo depuis un bout de temps, devrait aussi l'encourager à se rapprocher de ses semblables, à mon humble avis.

jeudi 13 avril 2023

Artiste-auteur et URSSAF : un exemple concret

Au mois d'avril, l'URSSAF demande aux artistes-auteurs dont c'est la première année d'activité de déclarer une estimation de revenus pour l'année en cours. Il est ainsi possible d'entrer plusieurs estimations pour se faire une idée. L'URSSAF envoie ensuite les sommes à payer en format PDF dans la messagerie. Il faut faire attention, car le premier versement aux URSSAF doit être vite effectué, avant le 14 avril. Pour cet article, j'ai donc pris un exemple précis parmi ces estimations. Cela me permet d'obtenir une réponse plus précise et officielle que celle de mon article précédent sur le sujet, basée sur un forfait de début d'activité. 

Pour cet essai, j'ai indiqué la somme de 9500 € de bénéfices net sur l'année entière. Aussi ma surprise a-t-elle été très grande quand le document URSSAF est arrivé. Celui-ci indique ainsi des revenus estimés en bnc (bénéfices non commerciaux) de 10 925 €, soit une forte majoration par rapport à ce que j'ai indiqué. J'en ignore la raison.

Selon le principe du versement à l'URSSAF des cotisations dès le premier euro gagné, la somme totale à verser en un an est de 1770 €.


Ce sont donc les fameuses cotisations vieillesse, maladie, contribution sociale généralisée, contribution au remboursement de la dette sociale et contribution à la formation professionnelle. 

Quand j'étais salarié, je me souviens, je n'étais pas soumis à l'impôt sur le revenu en travaillant pour Pôle emploi, car mes revenus étaient trop faibles, de l'ordre de 1300 € par mois. 

En me mettant à mon compte, si je touche environ 11 000 € dans l'année, je dois verser environ 1800 € de cotisations. Vous voyez la différence? 

"Mais Alan," me direz-vous, "Pôle Emploi reversait à l'URSSAF l'équivalent de ton salaire en cotisations! Toi, en tant qu'indépendant, tu es favorisé, tu dois reverser beaucoup moins!"

Une grande faveur en effet que celle-ci. Une grande fierté aussi pour certains, de participer eux-mêmes à cette grande et glorieuse machine française de l'assurance vieillesse, et en particulier de l'assurance vieillesse dédiée aux auteurs, j'ai nommé la magnifique Agessa, qui bien sûr n'a jamais fait l'objet du moindre scandale financier. 

A condition bien sûr que cet argent que l'on vous prend ne vous serve pas à vivre. A manger, à vous vêtir, à vous soigner, à vous transporter d'un lieu à l'autre... A condition de ne pas toucher au vital. 

En admettant que Pôle Emploi ne puisse plus payer les cotisations URSSAF. En admettant que ce soient aux salariés de les payer. Vous pensez qu'ils le feront? 

Non, bien sûr, parce qu'ils ne pourraient plus vivre. Ce serait ou bien la révolte, ou le suicide collectif. Qu'est-ce que cela signifie? Que les entreprises paient de grosses cotisations parce qu'elles le peuvent. Elles dégagent des chiffres suffisants pour le faire. C'est ce qu'on appelle se baser sur la réalité, et non sur une théorie ou un dogme.

Pourquoi y a-t-il un deux poids deux mesures par rapport aux gens qui n'ont pas à payer l'impôt sur le revenu en raison de revenus trop faibles, et les gens à leur compte qui doivent payer des charges contributives, quel que soit leur revenu? Parce que les gens à leur compte sont des indépendants? Trop indépendants? Et que l'indépendance, ça se paye?

Parce que là j'ai pris l'exemple de 9500 € en un an, mais imaginons une année où ça se passe plus mal que ça au niveau des ventes. Genre, une année covid. Imaginons une année où le bénéfice net sur l'année soit de 4750 €, soit moins qu'un RSA. Eh bien dans ce cas de figure, les cotisations seront aussi divisées par deux, avec 885 € à payer. 

Allez dire à quelqu'un au RSA de verser 885 € de cotisations à l'Etat sur une année, vous allez voir comment vous allez être reçu...

Nous sommes donc dans une formule dogmatique qui ne pourra évoquer aux médiévistes parmi nous qu'une époque: les temps féodaux. Des temps où le seigneur envoyait son percepteur vous prendre deux sacs de farine, même si vous n'aviez que douze sacs de farine pour tenir l'année entière. Même si, en cas de mauvaise récolte, vous n'en aviez que six... 

A croire qu'il y aurait pour les gens du gouvernement différentes catégories de personnes. Les actionnaires majoritaires qui appartiendraient à la grande bourgeoisie ou à la noblesse, les salariés qui appartiendraient à la classe moyenne, et le bas peuple des artisans et gens au RSA. 

Une catégorisation qui ne fait bien sûr que renforcer, dans mon esprit, l'impératif d'un revenu universel inconditionnel, tant les différences peuvent se creuser dans notre société de manière tout à fait dogmatique, par la perversion d'un système qui, à l'origine, se voulait généreux et solidaire.  

[EDIT 24 avril 2023] : si vous êtes dans le statut artiste-auteur, attention aux arnaques sur l'enregistrement de votre société. Celle-ci ne coûte rien, comme le stipule le site officiel, dans le cadre d'une micro-entreprise comme une entreprise d'autoédition. La requinerie étant ce qu'elle est, vous risquez de recevoir par courrier postal une demande annuelle de cotisations de 275 € d'une soi-disant société indépendante d'enregistrement qui vous permet de recevoir une newsletter trimestrielle.

Article précédent sur le même sujet : Combien ça coûte un n° de SIRET d'artiste-auteur?

 

lundi 16 janvier 2023

Combien ça coûte, un n° de SIRET d'artiste-auteur ?

Le statut d'artiste-auteur permet, pour les auteurs autoédités, d'obtenir un numéro de SIRET. On pourrait penser que dans le cadre de ce statut, l'Urssaf calcule les cotisations en fonction de ce que les auteurs déclarent, et que la somme qu'ils doivent verser à l'Urssaf est le résultat de ce calcul. Que nenni! Il apparaît en réalité que pour les deux premières années, il y a un forfait de début d'activité qui, jusqu'à preuve du contraire, est fixe. Je révèle dans cet article la somme, qui est donc elle aussi fixe, que doivent verser les auteurs pour les deux premières années. 

Il faut savoir que les centres commerciaux Auchan exigent à présent un numéro de SIRET aux auteurs qu'ils reçoivent en dédicace. D'après mes sources, de nombreux auteurs habitués des dédicaces dans ces centres commerciaux, les plus nombreux à accueillir des auteurs (les Carrefour, par exemple, n'accueillent aucun auteur) ont refusé de prendre ce numéro de SIRET, acceptant ainsi de moins travailler chaque année, ou en tout cas de diversifier davantage les endroits où ils dédicacent. 

Et pour cause! Le numéro de SIRET d'artiste auteur revient en effet à 1025 € la première année, et de nouveau 1025 € pour la seconde année d'activité. Voici les documents qui l'attestent. 


Cliquez pour agrandir. Le montant annuel est cerclé de rouge


J'avoue que je n'ai pas tout compris

Le fameux forfait de début d'activité, sur la base duquel sont calculées les cotisations des auteurs, est d'après ce document de 6762 €. Problème: lorsque je vais sur le simulateur de cotisations auteur, en rentrant ce chiffre, j'obtiens 831 € de cotisation si je choisis la formule micro-BNC, et 1260 € si j'opte pour la formule de déclaration contrôlée. 

Même en appliquant le chiffre réduit de 6325 €, rien ne correspond.

Cette somme de 1025 € par an est donc à verser quelles que soient les ressources de l'auteur, ses revenus ou son patrimoine.

Si j'imagine un auteur SDF qui bénéficierait de l'aide d'une association, laquelle lui permettrait d'accéder à du matériel informatique pour écrire ses romans, et lui paierait ses couvertures de livres et l'impression de ses exemplaires, cet auteur SDF devrait donc sortir plus de 1000 € chaque année pour pouvoir continuer à dédicacer dans les centres commerciaux Auchan. 

Vous allez me dire, au moins il cotisera pour sa retraite: oui, mais si les maigres sommes qu'il gagnait chez Auchan lui permettaient tout juste de joindre les deux bouts? Il ne peut pas cotiser pour une future version de lui-même qui ne saurait exister si on le prive du minimum vital, me semble-t-il. 

Si vous êtes artiste-auteur et que vous ayez reçu un formulaire qui n'a rien à voir avec celui de cet article, avec des sommes différentes à verser, merci d'intervenir dans les commentaires. Cela me permettra de modifier et d'enrichir l'article.

Autre article sur le même sujet :  

- Auchan exige un numéro de SIRET

- Artiste-auteur et URSSAF : un exemple concret

 


lundi 12 décembre 2022

Auchan exige un numéro de SIRET

Après la centralisation du paiement des factures, le groupe Auchan est passé à l'étape suivante en demandant aux auteurs un numéro de Siret. Je n'avais pas souhaité en fournir un au moment de la centralisation, je viens de recevoir un email avec menace de déréférencement de mes romans pour le 9 janvier 2023 par la centrale Auchan. 

Il s'avère que si je n'ai jamais choisi de faire de ma petite entreprise d'autoédition une entreprise dans le sens officiel du terme, c'est que mon étude de marché m'a indiqué que le seuil de rentabilité n'était pas suffisant pour cela. Trop d'investissements, bénéfices trop réduits, concurrence exacerbée. Mieux valait me contenter de déclarer mes revenus artistiques sur une feuille d'impôt spécifique (le formulaire 2042 C-Pro pour ceux qui savent) afin de régulariser ma situation. 

Survient le décret n° 2020-1095 du 28 août 2020 relatif à la nature des activités et des revenus des artistes-auteurs, qui entend forcer tous les artistes-auteurs à faire la démarche pour avoir un numéro de Siret. C'est sur ce décret que s'appuie Auchan pour réclamer aux auteurs un numéro de Siret. Cela me pose évidemment un énorme problème.

Pour ceux qui se souviennent, j'avais déjà posté ici un article sur les problèmes occasionnés par la centralisation de la facturation du groupe Auchan. Cette nouvelle étape d'incitation à la déclaration des entreprises d'autoédition sous peine de déréférencement est propre à Auchan. Je travaille avec d'autres enseignes, et aucune n'a pris cette initiative. Par exemple : 

- Amazon ne me demande pas de Siret sous peine de déréférencer mes livres et ebooks
- Apple, La Fnac/Kobo, Google Play ne me demandent pas de Siret sous peine de déréférencer mes ebooks
- YouTube ne me demande pas de Siret sous peine de déréférencer mes vidéos…

Auchan m'a donc envoyé l'email suivant:  

Bonjour, 

Vous avez été référencé en tant qu'artiste local le 1/3/2022.

Aux fins de réactualiser votre dossier, nous vous prions de nous communiquer votre SIRET, information manquante à ce jour. 

Si vous n'avez pas de numéro de siren/siret, il vous appartient de vous mettre en conformité avec les obligations fiscales et sociales liées à votre activité. 

Vous devez vous inscrire en tant qu' auto-entrepreneur ou autre statut qui vous permettra d'être en règle avec la loi. 

Vous trouverez ci dessous un lien pouvant vous aider dans vos démarches

 
Dès obtention de votre SIRET (numéro à 14 chiffres) , celui-ci sera vérifié par nos services.
 
Cela nous permettra également d'être conforme à nos propres obligations légales en matière de réception de factures.

Sans réponse de votre part avant le 9 janvier 2023, nous nous verrons dans l'obligation de désactiver votre référencement.
 
Merci et bonne journée.
 
Bien cordialement,
 
Service référencement fournisseurs

Voilà pour l'email. Le gouvernement fournit plusieurs liens d'explications dont celui-ci expliquant ce statut d'artiste-auteur. Il existe aussi un simulateur vous permettant de calculer combien vont vous coûter vos cotisations par année. En gros, 123€ pour 1000 € de recettes brutes, ou 186 € si vous choisissez de déclarer uniquement vos bénéfices.

Pour moi, cela revient à entre 1500 € et 2500 € par an, selon mes recettes chaque année. Pour 2021, j'étais à 9116 € de bénéfices. Mettez-vous à ma place: vous recevez 9116 € de revenus liés à vos ventes en un an, et on vous demande de verser 1500 € pour cotiser pour les arrêts maladie, la retraite et la CSG. 

Et là, vous vous dites: depuis que j'ai commencé mon activité à plein temps en 2014, j'ai pris combien de jours d'arrêt maladie? Zéro, bien sûr, puisque chaque jour de dédicace où je serais en arrêt maladie représenterait pour moi une perte sèche. 

Quand je serai à la retraite... ah, mais non, je gagne bien trop peu pour envisager de me mettre un jour à la retraite! Donc je cotise pour quoi, en fait? Pour mes soins dentaires? 1500 € le détartrage chaque année, c'est un peu cher, quand même... 

Ne soyons pas ridicules, mes amis du gouvernement! Chers amis, qui pensez que les auteurs autoédités sont des parasites: est-ce que nous pesons tant que ça sur l'assurance maladie, alors que nous n'avons pas le droit d'être malade? Est-ce que nous pesons tant que ça sur les caisses de retraite, quand nous n'avons pas le droit de prendre notre retraite? 

Quand quelqu'un achète un numéro de Siret, c'est qu'il a fait son étude de marché. Il sait qu'il va prendre des risques, mais il sait aussi qu'il y a des débouchés. Il va pouvoir embaucher. Et à plusieurs, on devient plus forts, on dégage beaucoup plus de bénéfices. Là, c'est comme si le gouvernement me demandait d'industrialiser ma petite activité artisanale qui me fait survivre: je devrais imprimer en offset, louer des entrepôts de stockage, multiplier les séances de dédicace. Au risque, d'ailleurs, de tuer ma créativité d'auteur en multipliant les préoccupations d'entrepreneur. 

Avec pour conséquence, bien sûr, que peu d'auteurs parviendraient à relever le challenge. Nous ne sommes déjà pas si nombreux à en vivre, mais ce genre de mesure ne peut qu'inciter à une plus grande concentration, un nombre moins grand d'auteurs qui en survivent. Un peu comme dans l'édition traditionnelle, tiens donc.

Justement, vous pourriez être tenté de me conseiller l'édition traditionnelle. Mais vous devriez vous douter, puisque je suis l'un des rares auteurs qui vit de sa plume, et que je suis assez fier de ma capacité d'analyse, que j'ai déjà fait une analyse assez poussée de l'édition traditionnelle (j'ai d'ailleurs été édité brièvement). Mon analyse et mon expérience de terrain m'ont amené à conclure que je n'arriverais pas à vivre de ma plume en empruntant cette voie.

Et il y a aussi la préoccupation écologique. Nous vivons à une époque où il faudrait aller vers la décroissance, et éviter les gaspillages liés à l'industrialisation systématique. Je rappelle que contrairement à l'édition traditionnelle, qui pilonne 50% de ses livres, aucun des exemplaires que je commande n'est pilonné. S'il y en a en trop mauvais état, je les mets à disposition dans des boîtes à livres gratuites.

Merci de laisser répandre dans la société nos idées qui vont germer et donner naissance à de nouvelles opportunités. Merci de nous permettre de distraire les gens afin de les rendre plus efficaces ensuite, quand ils se remettent au travail.

Nous savons qu'en retour, notre société prend grand soin de ses auteurs, et nous l'en remercions chaudement. Mais merci de ne pas vouloir trop nous soigner.

Tant de soins vont finir par nous tuer.

[EDIT 13/12/2022] : juste un petit mot pour dire mon attachement au système de solidarité en France, qu'il s'agisse de la Sécurité sociale ou de la retraite.

 
Ce système est issu des trente glorieuses, d'une période de reconstruction. 
 
Un système conçu pour des entreprises qui vont générer suffisamment d'argent pour qu'une partie de cet argent soit redistribuable au plus grand nombre. 
 
Un système de solidarité qui n'a pas empêché 5% de Français d'être plus riches que tous les autres réunis. 

Un système de solidarité qui n'a pas empêché le secteur de l'édition de se concentrer à mort, précarisant de plus en plus les auteurs et permettant à des Antoine Gallimard de jouir d'une fortune de plus de 150 millions d'euros.  

Le secteur de l'édition est sans doute le plus concentré de l'industrie française. C'est le seul secteur où il existe un système de retour des invendus par les libraires, et où les conditions de ventes sont donc aussi difficiles pour les différents acteurs, en particulier ceux qui ne maîtrisent pas toute la chaîne de production/diffusion/distribution. 
Ce système de solidarité n'est en aucun cas conçu, calibré, pour l'autoédition, dont les ressources sont trop faibles, les débouchés trop peu importants pour permettre à ceux d'entre nous qui en vivent à temps plein de faire acte de solidarité. 
Cela étant, si vous avez un autre métier à côté, ou si vous gagnez suffisamment en autoédition pour ne pas mettre votre vie, votre santé ou celle de vos enfants en danger, je vous encourage bien sûr à vous inscrire et à demander votre numéro de SIRET. 
 
[EDIT 02/02/20123] :  Un email en provenance du Cultura de Claye-Souilly m'informe que désormais, les Cultura réclament aussi le numéro de SIRET.

vendredi 13 mai 2022

Auchan : attention aux factures !

Officiellement depuis le 1er avril 2022, et ce n'est malheureusement pas un poisson, le groupe Auchan a décidé de centraliser les factures des intervenants extérieurs. Officiellement, parce qu'en réalité cela touche des factures qui peuvent remonter au mois de mars 2022. Alors que les factures étaient réglées précédemment par chèque en local, par des comptables détachés dans chaque magasin, et d'après mon expérience, dans des délais raisonnables, les factures sont maintenant réglées par virement par la centrale de gestion des factures hypermarchés située à Lille. Etant auteur en dédicace, je suis intervenant extérieur, et donc impacté par ce changement. Coïncidence? Il se trouve justement que je viens d'envoyer à Auchan mes premières pénalités de retard depuis que j'ai commencé à travailler avec ce groupe il y a sept ans (2015). Dans le contexte actuel, dire que je suis inquiet pour mes factures Auchan serait sans doute sous-estimer ma préoccupation.

Ironiquement, la plate-forme informatique qui permet de vérifier les délais de règlement du groupe Auchan se nomme ASAP, l'acronyme anglais de "As Soon As Possible", c'est à dire "aussi vite que possible".

A partir du moment où les intervenants extérieurs d'Auchan que nous sommes sont "du mauvais côté du fusil", où nous laissons des factures après intervention en dédicace, nous sommes bien sûr tributaires des délais de règlement desdites factures. Et donc, être payé "aussi vite que possible", pour nous, cela fait parfaitement sens.

Quand, en tant qu'auteur autoédité, j'ai écrit ma Trilogie Ardalia, j'ai intentionnellement donné à mes chefs de tribus des noms ronflants. Je les ai appelés Aguerris, ce qui est déjà flatteur en soi, mais pour les distinguer, je leur ai donné des noms aussi emphatiques qu'Indomptable Traqueur, Grand Thaumaturge, Auguste Pourfendeur, Exaltant Pourvoyeur, Munificent Reproducteur, Charpentier Emérite, Infaillible Tisserand, Talentueux Tourneur, Dispensatrice de bienfaits ou Infatigable Voyageuse. Vous voyez le genre. Le but était d'en faire des caisses pour démontrer implicitement, ironiquement, que la réalité était forcément moins glorieuse - voire pas glorieuse du tout.

J'ai ressenti la même impression en découvrant le nom de cette plate-forme. C'est subjectif, bien sûr, me direz-vous. Néanmoins, il y a quelque chose qui n'est pas subjectif, et c'est de devoir assigner la somme de 97€ de pénalités de retard pour une facture du 12 mars 2022 non réglée (facture initiale de 487 € pour une dédicace sur deux jours).

Vous allez me dire: Alan, pourquoi tu montes tout de suite sur tes grands chevaux? Pourquoi écrire ce billet et ne pas attendre de voir si la situation va s'arranger?

Peut-être parce que nous ne recevons aucun accusé de réception à chaque fois que nous envoyons nos factures à l'adresse préconisée par Auchan. Je le sais, j'ai vérifié avec d'autres auteurs. Peut-être parce qu'un comptable local, en magasin, m'a confié que chacun des emails qu'ils envoyaient à la centrale étaient supprimés avant même d'être lus. Peut-être parce que deux autres comptables de ma connaissance, qui m'ont obtenu chacun(e) un règlement, ont dû batailler pour le faire. Peut-être parce que je sais que le groupe Auchan est en difficulté en France, et bénéficiaire en Russie... ce qui n'est pas fait pour me rassurer étant donné l'actualité.

En principe, pour avoir sa facture réglée, il faut obtenir trois choses. Un numéro de fournisseur, un numéro de magasin et un numéro de commande. J'ai les deux premières, mais je n'ai pu obtenir la troisième du comptable du magasin Auchan de Mantes.

L'exemple des parapharmacies Auchan

Je suis tellement inquiet que l'une des dernières fois où je suis allé en dédicace, j'ai pris à part la personne qui s'occupe de la gestion du magasin pour lui parler des parapharmacies Auchan. Je lui ai dit qu'à partir du moment où les employé(e)s de parapharmacies ont la possibilité d'encaisser directement les clients dans le centre commercial, en leur délivrant un ticket de caisse afin de leur éviter d'avoir à payer une seconde fois en sortant vers les caisses générales, les auteurs autoédités devraient avoir la même possibilité.

Avec des systèmes de type SumUp, nous sommes capables d'encaisser les cartes bancaires. Nous pouvons aussi pré-imprimer des tickets individuels pour chacun de nos livres, en imprimant le titre et numéro ISBN du livre, la date du jour où ils seront vendus à l'avance, et en précisant sur chaque ticket: "dédicace Untel" afin que la personne en caisse, si elle a un doute sur cet achat, puisse s'assurer que l'auteur désigné sur le ticket est bien en dédicace ce jour-là. 

Vous voyez que j'ai bien réfléchi au problème. Vous trouverez rarement des billets, sur ce blog, qui soient uniquement critiques. J'essaie en général d'apporter des solutions constructives. 

S'il est devenu d'un seul coup trop difficile pour Auchan de payer les intervenants extérieurs, pas de souci: ceux-ci peuvent trouver la solution, du moment qu'ils sont prévenus. 

Evidemment, cette solution impliquera que ces intervenants se retrouveront, pour ainsi dire "du bon côté du fusil". En capacité d'encaisser. Ce sera aux intervenants de délivrer la liste des produits vendus, puis de payer sa marge au magasin dans les semaines qui suivront. Mais en évitant bien sûr de dépasser le délai de deux mois!

Il va sans dire que ma proposition auprès de la personne gestionnaire du magasin n'a pas été accueillie avec un enthousiasme délirant. 

Vous allez me dire, "Alan, putain tu es fou d'écrire ce genre de billet! C'est le pot de terre contre le pot de fer! Tu vas te faire détruire!" 

Peut-être bien. Mais il me semble bien qu'il existe encore une justice, en France, non? Y compris pour ces bâtards d'auteurs autoédités?

Et puis, les choses ne sont pas obligées de se passer très mal avec cette centralisation des paiements. Si l'on y met un peu de bonne volonté.

Il faut savoir que la famille Mulliez, qui possède le groupe Auchan, c'est Cultura, c'est Leroy Merlin, Boulanger, Flunch, Décathlon, Kiloutou, Pimkee, Jules, Norauto, Kiabi, Picwic... Voir sur ce site.

Je travaille aussi avec Cultura, qui a sa comptabilité à Bordeaux, et depuis des années ça se passe bien. En d'autres termes, ce n'est pas parce que la comptabilité est centralisée que ça doit forcément mal se passer. Si on met les moyens sur une compta centralisée, si on fait ce qu'il faut, il ne doit pas y avoir de problème. 

Cela étant, je ne vais pas vivre non plus sur un simple espoir d'amélioration. Bien au contraire, en tant qu'auteur autoédité, je suis habitué à me préparer au pire. Comment croyez-vous que je puisse vivre de ma plume depuis 2014 en tant qu'autoédité, sinon? Ce n'est pas comme si la société m'avait fait une haie d'honneur. 

Bon, je ne me plains pas, hein. C'est moi qui ai choisi cette profession et elle me plaît avec ses difficultés. Ses difficultés qui tournent parfois au rapport de force. Alors oui, je suis peut-être le pot de terre, mais pas dans ma tête. Dans ma tête, je me battrai jusqu'à ma dernière goutte de sang. 

Si vous êtes auteur ou fournisseur extérieur et que vous éprouviez des problèmes de règlement avec Auchan Lille, merci de me contacter sur mon email alanspade at alanspade.com. 

J'espère très sincèrement que nous n'aurons pas à aller jusqu'au recours collectif pour faire entendre raison au groupe Auchan. Mais s'il faut y aller on ira. Si personne d'autre n'y va, j'irais tout seul. J'ai trois autres règlements en attente chez Auchan. Les sommes que j'ai engagées en dédicaçant chez Auchan justifieront une action en justice de ma part, même tout seul s'il le faut. 

Je ne me laisserai pas faire. 

EDIT 15/06/2022 : un mois après l'écriture de ce billet, j'ai finalement été réglé. Auchan a non seulement réglé toutes les factures impayées, mais aussi les quelques 120 € de pénalités de retard, puisque la facture de Auchan Cergy était également arrivée en pénalité de retard. Ce sont donc plus de 2400 € qui m'ont été versés, ce qui est bien sûr un immense soulagement. Il est possible que le fait que j'ai dû annuler une séance de dédicace chez Auchan Mantes pour la remplacer par une séance au Leclerc de Moisselles a joué un rôle, mais je remercie bien sûr tous les responsables de rayon des librairies Auchan qui ont contribué à cet heureux dénouement. 

mardi 17 mars 2020

Dédicaces suspendues jusqu'à nouvel ordre

Mauvaise nouvelle: après avoir appris que les magasins Cultura fermaient jusqu'à nouvel ordre, on m'informe aujourd'hui que les magasins Auchan ne reçoivent plus d'auteurs en dédicace.

Si je pouvais vivre de l'amour de mes lecteurs, je vivrais sans doute éternellement, mais je ne peux pas vivre seulement de cet amour, donc j'espère que la situation ne va pas s'éterniser.

J'ai conscience que cela dépend aussi de chacun de nous, et de nos efforts pour ne pas répandre le virus. En attendant une éclaircie, je suis de tout cœur avec les personnels médicaux, pour lesquels sécurité de l'emploi ne rime pas avec sécurité tout court... ce que notre gouvernement, comme les gouvernements précédents, a trop souvent tendance à oublier. 
Je suis contre la surmédiatisation du coronavirus, car il induit un effet de panique fortement préjudiciable à nos personnels médicaux, et à pas mal de gens.

Néanmoins, les professionnels vont être de plus en plus nombreux à guetter le moment où les choses vont revenir à la normale.

Pour ce faire, il existe un site qui fait le bilan du virus en temps réel. Sans avoir besoin de se faire intoxiquer à tout bout de champ par les médias. Car, comme l'indique le site aujourd'hui mardi 17 mars 2020, il y a certes eu plus de 185 000 cas confirmés et 7330 morts dans le monde, mais il y a aussi eu 80 236 personnes guéries. Tout n'est pas noir.