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mercredi 10 février 2016

EbookGang, un nouveau site pour les lecteurs - et pour les auteurs

Pour les lecteurs en quête de nouveauté, trouver un ebook correspondant à leurs goûts et à leur liseuse, smartphone ou tablette sans se ruiner relève souvent du défi. Comment donc faire connaître aux lecteurs des ebooks de qualité en promotion, tout en permettant aux auteurs, traditionnellement édités ou indépendants, d’exposer leurs œuvres à la lumière? EbookGang fait partie de ces nouveaux sites visant à procurer des lectures satisfaisantes dans le maquis Internet. Bref, à relier enfin l’offre des auteurs à la demande des lecteurs. J’ai eu la chance de pouvoir m’entretenir avec l’auteur Cyril Godefroy, son créateur.

Alan : Bonjour, Cyril, et merci d’avoir accepté de répondre à mes questions.

Cyril : C’est moi qui te remercie Alan, j’ai plutôt l’habitude que ça se passe dans l’autre sens, que ce soit moi qui pose les questions. Mais comme j’aime bien m’entendre parler, ou écrire, je pense que ça va bien se passer…

Alan : Pourquoi ce nom d’EbookGang? Ça a un côté frondeur, non?

Cyril : Un peu, mais c’est aussi que c’est très difficile de trouver un nom avec ebook à l’intérieur. Pour le côté frondeur, il y a du vrai, dans le sens où j’essaie (pour le moment, je suis seul) de trouver le maximum de promotions et d’opportunités d’avoir des ebooks sans rester dans les silos habituels des distributeurs.

iBooks va avoir sa page de promotions sur un thème, Kobo va aussi faire des opérations commerciales, avec un email ou pas, quant à Amazon, entre les offres éclair, les offres du mois etc, ils mettent le paquet.


Mais pour savoir quel livre est disponible moins cher en ce moment et le trouver sur toutes les plateformes, c’est plus difficile. Donc ebookgang cherche à aller au delà de ces silos, de briser les barrières.

Par ailleurs, si tu n’es pas dans les offres de promotion des distributeurs, tu n’existes pas : je veux dire que ta promotion n’a pas de visibilité. Une autrice me disait l’autre jour en regardant le site : oui, mais ce livre il est en promo mais on ne voit pas le prix barré. Pourtant le livre est bien en promo, je le sais car le prix habituel n’est pas 0,99 €.

La fronde est de proposer des promotions en dehors des circuits habituels de promotion des distributeurs de livres numériques.

Alan : Quel était ton objectif en créant ce site?

Cyril : J’en ai deux concomitants. Deux objectifs qui se tiennent la main.

  1. Fournir aux lecteurs l’opportunité de découvrir de nouveaux livres moins chers et ciblés sur leurs préférences.
    Quel est l’intérêt de recevoir des offres de réduction sur les romans, si ce qui t’intéresse ce sont les livres de recettes et de cuisine ? Quel est l’intérêt d’avoir des offres de romans policiers si tu es fan de fantastique ?

  1. Trouver des débouchés pour que les auteurs et les éditeurs puissent mettre en avant leurs livres sans se ruiner et avec un véritable retour sur investissement en termes de nombre de lecteurs.

En effet je regarde le panel d’offres, et à part casser sa tirelire pour s’offrir des affichages en relais H, faire des publicités sur Facebook et spammer les groupes facebook et son entourage, quand on est auteur, on a peu de moyens de promotion.

Alors évidemment, il y a d’autres axes que le prix pour faire des recommandations de livres, mais au bout d’un moment, cela reste un de ceux qui sont les plus efficaces.

Alan : Est-ce que tu t’es inspiré d’autres sites, et si oui, lesquels?

Cyril : Je peux te citer au moins cinq sites équivalents dans le monde anglo-saxon : Freebooksy, Fussy Librarian, Bookbub bien sûr, Book Gorilla, Book Sends, eReader news today et même eReaderIQ. Comme quoi, c’est un créneau qui mérite d’avoir de la diversité. J’ai mis en balance différents modèles, par exemple celui d’eReaderIQ contre Bookbub, Bookbub contre Fussy Librarian, et Bookbub est toujours ressorti comme vainqueur.

Je suis moi même abonné à Bookbub depuis 1 an et demi et j’ai profité de plusieurs offres qu’ils relayaient. 

Pourquoi est-il ressorti comme vainqueur ? Parce qu’ils arrivent à faire une sélection des livres, et proposer des ebooks dont on sait qu’ils vont plaire (forcément pas à tout le monde, et c’est tant mieux).

Ce n’est pas forcément le modèle le plus adapté au marché français actuel, car la gestion des promotions par les éditeurs et les auteurs n’est pas encore rentrée dans la stratégie, ou mal, et que beaucoup d’auteurs ont avant tout besoin de trouver leurs premiers lecteurs.

J’espère que d’autres services se développeront pour compléter ce que je fais avec eBookgang et permettront à tous les lecteurs et tous les auteurs de rentrer en contact les uns avec les autres, en fonction des affinités, des besoins. Je connais les fondateurs d’Hibooks Club par exemple.

Il y a forcément un peu de gêne entre nous, mais je pense qu’il faut la dépasser car nous sommes complémentaires d’une certaine façon.

Il y a combien de livres chez les distributeurs, combien qui mériteraient une mise en avant, par exemple en utilisant le ressort du prix ? Franchement, même s’il y avait 4 services distincts en France, on ne se sentirait pas à l’étroit.


Alan : Quels sont les genres que les lecteurs peuvent choisir?

Cyril : Aujourd’hui, j’ai fait une sélection assez large, peut être même un peu trop large. Et j’ai déjà commencé à rentrer dans les sous-catégories. C’est un pari, car je n’arrive pas à remplir toutes les catégories (même si ce n’est pas le but essentiel, ce serait bien). Par exemple, je parlais de cuisine et recettes, c’est une catégorie que j’ai mais je n’ai aucune promotion à mettre en avant.

Sur le choix des catégories il est arbitraire, et assez proche des choix de premier niveau des distributeurs de livres numériques. Et j’en ai pas mal : 23.

Dès que j’aurai des lecteurs et des éditeurs ou auteurs qui seront assez nombreux à demander une nouvelle catégorie ou sous-catégorie, je la rajouterai. Par exemple Romance peut ensuite être décliné en romance érotique, chick-lit, romance contemporaine. Policier, c’est un peu plat, non ? Si tu arrives avec Miss Maple, tu dois vraiment aller dans « policier » ?

Alan : En s’inscrivant, les lecteurs reçoivent-ils des ebooks en promo tous les jours dans leur boîte mail? Selon les genres qu’ils ont choisis?

Cyril : Ils reçoivent l’email qui met en avant des réductions s’il y a une réduction qui correspond aux genres qu’ils ont choisi. Donc, pour reprendre l’exemple cuisine et recette, je vais pas t’embêter si c’est ça qui t’intéresse. Moi, je reçois l’email tous les jours car j’ai choisi tous les genres. Mais quelqu’un de « normal » ne va pas forcément le recevoir tous les jours.

A terme, cela peut devenir vraiment quotidien, si cela correspond aux attentes des lecteurs et que les éditeurs et les auteurs y trouvent leur compte, avec plus de ventes, plus de lecteurs, des lecteurs qui lisent plus d’ebooks.

Je dois aussi faire fonctionner le mail hebdomadaire et mensuel, mais c’est plus difficile car les promotions sont rarement étalées sur d’aussi longues périodes. Je suis encore en phase de béta, de tests.

Alan : Le site est ouvertement multi plate-formes, puisque les lecteurs qui s’y inscrivent peuvent choisir parmi trois revendeurs, Amazon, iBooks (Apple) et Kobo (les choix multiples sont possibles). Pourquoi ces trois-là?

Cyril : Ce sont les trois seuls qui offrent aujourd’hui des programmes d’affiliation faciles à mettre en place, et me permettent de financer un peu des coûts du service. J’ai gagné 0,86 € en une semaine, je crois que ça fait la moitié du coût du serveur.

Blague à part, le principe est «les meilleurs ebooks aux meilleurs prix» pour tous les lecteurs d’ebooks. Si je peux intégrer d’autres boutiques et que l’effort rencontre du succès, c’est à dire que les lecteurs se dirigent vers cette plateforme, même si je n’ai pas de programme d’affiliation, et que je ne gagne pas 0,05 € quand un lecteur achète chez eux, je le ferai.

Mais ces trois là représentent 90% au moins du marché des livres numériques. Ce sont les trois qui sont les plus accessibles aux autoédités, et même si je n’ai rien contre les éditeurs (ce serait dommage, j’en suis un moi-même), je vais essayer de favoriser les autoédités. D’ailleurs, j’ai le front de croire que ce seront les autoédités qui pourront le plus bénéficier des promotions et des gratuités, donc que c’est eux qui vont appuyer le service.

Je signale aussi que sur les livres gratuits, évidemment, je ne gagne pas de commissions d’affilié.

Alan : Que réponds-tu à ceux qui estiment que ces sites ont recours à des formats propriétaires?

Cyril : Silo : c’est un mot que j’ai utilisé. Avant, dans la téléphonie mobile et sur les premiers portails internet, on parlait de « walled garden », de jardin muré. L’idée est d’avoir un utilisateur et de le garder chez soi. De lui rendre plus facile certes l’achat et l’utilisation des livres numériques, mais aussi de faire en sorte qu’il n’aille pas voir ailleurs.

Je ne vais pas revenir sur le débat sur les fichiers verrouillés par des systèmes de DRM, gestion des droits numériques. Pour moi c’est un verrouillage qui va à l’encontre des utilisateurs, et qui pose plus de soucis qu’il n’en résout.

Le problème à mon sens c’est qu’aujourd’hui le lecteur ne sait pas ce qu’il achète. S’il achète un livre qu’il pourra utiliser de manière étendue, passer à ses enfants ou à son conjoint, un livre qui survivra à la mort de son distributeur, à l’avancée de la technologie. Kindle le dit de manière pas très claire, et je crois que c’est le seul. [Note d’Alan: Kobobooks indique en fait les ebooks avec ou sans DRM, cela figure dans le pavé « Détails de l’ebook/Options de téléchargement »]

Sur iBooks, impossible de le savoir. De toutes façons, récupérer le fichier de ses livres sur iBooks, c’est la croix et la bannière. Et quand tu achètes un ebook interactif « conçu pour iBooks», tu es forcément limité…

Maintenant, je ne sais pas si l’évolution de la technologie, des distributeurs va permettre de casser ces jardins murés. Regarde l’évolution d’internet : il y avait Compuserve, puis AOL, puis les portails à la Yahoo. Et aujourd’hui ils sont tous moribonds, remplacés par… le groupe des 4 (Google Amazon, Facebook et Apple). Je suis donc assez pessimiste.


Alan : L’image de fond en page d’accueil suggère clairement qu’EbookGang propose aussi bien aux lecteurs des ebooks traditionnellement édités comme des ebooks d’auteurs indépendants. Peux-tu confirmer?

Cyril : Les meilleurs ebooks aux meilleurs prix. Qu’ils soient écrits par Maurice Druon de l’Académie Française chez Julliard ou par Françoise Jesaispasqui qui fait des romans à l’eau de rose dans l’exploitation agricole de son mari. Qu’ils soient édités par Bragelonne, Eyrolles, Fayard ou par l’auteur lui-même.

Alan : J’ai vu qu’il y avait un lien "Blog partenaires" en bas à droite de la page d’accueil. En tant qu’auteur, faut-il cliquer sur ce lien pour te signaler une promotion, et si oui, combien de temps à l’avance?

Cyril : Je parcours les promotions pour repérer celles qui sont les plus intéressantes. Pour fournir quotidiennement des offres intéressantes. Mais comme je l’ai dit, je ne veux pas être uniquement en réaction, surtout que la durée des promotions n’est pas toujours connue. Je ne veux pas être uniquement sur les mises en avant par les boutiques elles-même.

Si tu fais une réduction sur un de tes romans à un moment pour trouver de nouveaux lecteurs pour celui-ci et les autres, je t’invite à me prévenir à l’avance. Cela donnera le temps de planifier, de travailler ensemble sur une description plus appropriée que celle qui est chez le distributeur, de définir la durée de la mise en avant.

A terme, quand je pourrai dire qu’une mise en avant sur ebookgang rapporte à l’auteur tant de nouveaux lecteurs, tant de ventes, je passerai à un modèle payant, comme tout média qui vend de l’espace de pub. Donc ce sera le point d’entrée pour s’inscrire pour une promotion, pour planifier celle-ci le cas échéant, pour avoir les statistiques qui permettent à un auteur ou à un éditeur de se dire que ça a valu le coup ou pas.

Alan : As-tu l’objectif, comme Bookbub le pratique, de proposer 50% d’œuvres indépendantes et 50% d’œuvres publiées en maison d’édition?

Cyril : Je n’ai pas d’objectif chiffré. In fine, ce sont les lecteurs et les éditeurs, indépendants ou non, qui fixeront cette proportion. A l’inverse, je trouverai le moyen de rendre ce service plus accessible aux indépendants, parce que c’est une forme d’investissement dans les auteurs indépendants qui me plaît.

Alan : J’ai vu que le site était relié au blog EbookGang, peux-tu nous le présenter?

Cyril : Le blog est plus un blog « medias », dont l’objectif est de faire découvrir un panel de lectures possibles. Je sors complètement de ma zone de confort en faisant cela. Je ne suis pas chroniqueur, je n’ai certainement pas le temps de lire absolument tous les livres dont je parlerai. Si faire un blog de chroniques faisait partie de mes compétences, j’aurais probablement commencé par là ;-)

Il y a des livres qu’il faut découvrir ou redécouvrir, qu’ils soient en promo ou pas. Là encore, je n’ai pas trouvé d’équivalent en France, mais j’ai forcément mal cherché. En tout cas, dans la presse, des articles de ce genre, je n’en ai jamais vu. Pourtant, il y a plus dans les livres que les nouveautés, c'est un bonheur que de découvrir un "vieux" livre qu'on n'avait pas encore lu.

C’est aussi une forme de pénitence que je m'impose : je propose des livres à la lecture, par thématiques, sans tenir compte de leur prix.

Alan : On a parfois l’impression en tant qu’auteurs que les lecteurs sont entraînés à attendre des rabais sur les ebooks, ce type de sites ne risque-t-il pas d’accroître cette tendance?

Cyril : Oh si, désolé ! C’est le but : attirer le chaland avec des promos. Tu pourrais passer tes journées à ne lire que des livres gratuits ou en promo de toute façon. Pas besoin de moi pour les trouver, il « suffit » de les chercher.

A l’inverse, je vois mon attitude, mon habitude : je vois un livre en promo, par exemple Invasion, de Sean Platt et Johnny B. Truant sur Bookbub. Tu sais ce qui est terrible ? C’est qu’avec ce bouquin, ils m’ont entraîné dans Contact et que je vais probablement lire Colonization aussi.

J’ai acheté le dernier pavé de Jacques Vandroux (Projet Anastasis) quand il était en offre de lancement à 2,99 €, et ensuite j’ai acheté les autres (Les pierres couchées et Au cœur du solstice) sans me poser la question du prix, qui n’était pas très élevé, hein !

Ce site de promotion est une porte d’entrée vers de nouveaux lecteurs, vers de nouvelles lectures. Ce n’est pas une fin en soi.

Alan : Au-delà du fait qu’ils soient en promotion et sur les plates-formes adéquates, comment choisis-tu les ebooks que tu vas envoyer aux lecteurs?

Cyril : Mes critères de choix, car je choisis : des bonnes notes, une distribution la plus large possible, une réduction qui vaut le coup pour le lecteur.

Alan : Est-ce qu’il t’arrive de rejeter des offres d’ebooks en promo? Si oui, pour quelles raisons?

Cyril : La qualité perçue de l’ebook d’abord. Perçue par les lecteurs. Je mettrai très rarement des livres en avant pendant la phase de lancement, sauf si je suis sûr de la qualité du livre (par exemple parce que je l’édite).

Le planning ensuite : je ne veux pas que cela devienne une drogue, un moyen de faire des ventes et le seul. Donc au fur et à mesure, je réduirai les opportunités. Cela permettra aux éditeurs et aux auteurs de choisir ce qui est vraiment… de choisir leurs meilleurs titres pour ce genre d’opération.


Et j’ai déjà refusé de mettre en avant des promotions trouvées sur les sites.

Alan : Penses-tu mettre systématiquement le nombre de commentaires et notes obtenus par les ebooks sur les sites de ventes?

Cyril : Trop complexe. Et ce n’est pas la finalité du site. Si tu veux, tu peux faire un méta catalogue avec les infos de tout le monde. Techniquement, récupérer les notes sur Amazon, facile, iBooks un peu plus délicat, je n’ai pas vu de documentation dessus. Kobo encore moins, mais je ne me suis jamais penché sur la question. Les autres services, je n’en sais rien non plus. Mais avec leur mentalité de silo, je doute.

D’un autre côté, il ne faut pas oublier que c‘est un service publicitaire. Si le nombre de commentaires et la note permettent de mettre en avant un ebook en apportant ce que l’on appelle dans mon jargon « une preuve sociale », je le ferai.

En ce moment, il y a Les limbes, 4,8 étoiles sur 5 avec 132 commentaires sur Amazon au moment où je l’ai vu. C’est à mettre en avant.

Alan : T’es-tu fixé un nombre maximum d’ebooks en promo par jour? Si oui, lequel?

Deux ebooks par catégorie me semble un bon nombre. Quand je pourrai proposer 46 promotions quotidiennes ! Wow.

Alan : Entre le site et le blog que tu as créés, plus tes autres activités, cela fait beaucoup de travail pour un seul homme. Un grand bravo pour ton implication, d’ailleurs! Penses-tu, à terme, demander aux auteurs ou éditeurs souhaitant annoncer leurs promotions une participation financière?

Cyril : Ça fait peut être un peu trop, même. Je suis en train de payer le prix de trop longues heures devant mon ordinateur. Pas en tendinite et RSI comme je le croyais, mais plutôt avec ce qui ressemble fort à une hernie cervicale. Ecrire est un métier dangereux ! N’oubliez pas d’être actif, de vous déplacer, de marcher, de faire de l’exercice, très régulièrement.

Pour ce qui est de la participation, oui, comme je l’ai évoqué, à partir du moment où il permet aux auteurs et aux éditeurs de vendre plus de livres, réellement, je demanderai une participation proportionnelle.

Alan : Dans quel délai et de quel ordre?

Cyril : Le délai c’est à partir du moment où cela apporte un réel plus qui est économiquement viable pour les éditeurs et les auteurs. Prenons un exemple : en tant qu’auteur, en faisant une promotion sur 10 000 personnes d’un genre, sur une promo qui fonctionne bien, tu peux avoir 1% de ventes générées, soit 100 ventes. 

Sur une journée, c’est loin d’être négligeable aujourd’hui, et tu es assuré de rentrer dans le top 100 des ventes. Après, en fonction des prix, cela fait plus ou moins d’argent qui rentre dans ta poche. Je demanderai évidemment moins… et ce sera au forfait.

Quand je dis 10 000, ce n’est pas mon objectif. Mon objectif est d’avoir tous les lecteurs francophones assidus.

Alan : Le site vient tout juste d’être lancé et n’est donc pas encore connu, ni du grand public ni même des passionnés. Envisages-tu, s’il devient plus connu, de dévoiler le nombre total d’abonnés? Si oui, à partir de quel nombre d’abonnés penses-tu le faire?

Cyril : C’est un critère de choix pour les auteurs et les éditeurs. Quand tu vas voir tel ou tel magazine pour y placer une publicité, la régie doit pouvoir te donner la distribution ou la diffusion, le profil etc. On rentre dans un modèle économique qui est balisé par des années de pratique.

Et comme je l’ai dit en justifiant le fait qu’un jour le site devienne payant pour les éditeurs et les auteurs, je dirai aussi quels résultats on peut s’attendre. Enfin, je donnerai les statistiques de clics vers les différentes boutiques, parce que mesurer permet d’agir. Si je pouvais donner systématiquement le nombre de ventes générées, ce serait carrément parfait.

Aujourd’hui, après quelques jours seulement, on a 80 abonnés. On est très loin de mon objectif. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas me signaler si en tant qu’auteur vous faites une promotion dans les semaines qui viennent ! Le coût pour vous est presque nul (le temps de m’écrire un mail ou deux).

J’ai fait une opération de promotion à Noël, et on a vu qu’avec quelques centaines d’inscrits, on pouvait déjà commencer à générer quelques ventes et téléchargements. Un lecteur de plus, c’est toujours bien.

Alan : On sait que l’info relative à un site comme EbookGang circule très vite parmi les auteurs, notamment grâce à Facebook. Quelles opérations de communication envisages-tu afin de faire connaître le site des lecteurs?

Cyril : Je souhaite vraiment avoir une croissance organique par le biais des lecteurs qui conseillent le site à leurs amis, etc. Ce sera un meilleur moyen de grandir vite, mais aussi la marque de la qualité du service.

Reste la question de l’amorçage. Comment avoir les premiers utilisateurs pour amorcer un cercle vertueux ? Je ferai comme n’importe qui : de la pub, du marketing de contenu. 

J’ai déjà des pubs qui tournent sur Facebook, qui à mon goût est aujourd’hui le média le plus adapté pour la promotion de ce type de service, grâce à son ciblage par intérêts. Si la presse veut parler du service, je serais bien embêté, je n’ai pas préparé de dossier presse.

Alan : J’ai le projet en tant qu’auteur de parler de ton site dans une newsletter que j’enverrai à mes lecteurs, en leur présentant un lien direct. J’estime en effet que de nombreux lecteurs me seront reconnaissants de leur avoir fait découvrir un site d’ebooks de qualité à bas prix. Je crois aussi que cela peut être un moyen efficace de faire se rencontrer les lectorats entre auteurs. Que penses-tu de cette démarche?

Cyril : En parlant d’un outil qui permet aux auteurs de trouver des lecteurs, justement à des lecteurs, tu plantes la graine qui te permettra toi aussi de récolter des fruits dans le futur. On va essayer d’éviter que cela prenne autant de temps que les forêts de Colbert, hein ?

Sans parler d’un service public pour les auteurs, car faut pas se mentir, j’ai pas de subventions du SNE et je tiens à garder une forme d’indépendance dans les ebooks recommandés et mis en avant, je veux quand même faire un service et un outil qui rassemble auteurs et lecteurs autour du plaisir de lire et de découvrir.


Je ne peux pas te dire que c’est une mauvaise idée en fait. Surtout si tu as un lectorat ciblé et que j’ai déjà mis en avant des livres qui plairont à ton lectorat, ou que je peux le faire.

Alan : Pour un ebook donné, combien recommanderais-tu d’opérations promotionnelles par an?

Cyril : Je déconseille par principe de faire plus de deux promotions par an, justement pour éviter le côté « faut attendre la promo ». Et le site utilise aussi le ressort de l’immédiateté : profitez de la promo tant qu’elle dure.

Alan : Penses-tu ajouter à ton site une section "ebooks en gratuité permanente", pour les lecteurs?

Cyril : Non, et ce pour plusieurs raisons :
  • La culture de l’instant, de l’immédiat, de l’éphémère. Je ne vais pas me battre contre elle, je sais qu’elle est là. Je te l’ai dit, je vais plutôt la mettre en exergue.

  • La découverte. Je veux faire tourner les livres pour que les lecteurs les découvrent. Si j’ai toujours les mêmes livres, c’est beaucoup plus difficile de les faire tourner.

  • Le service fonctionne beaucoup par email. Si je ne fais pas tourner, pas besoin de faire d’email.

  • Il faudrait que je remette tout Gallica et tout le catalogue des livres gratuits des différents distributeurs. Franchement, aucun intérêt, aucune valeur ajoutée.

Alan : Pour terminer, je tiens à dire que ton site répond à un besoin réel, du côté des lecteurs comme des auteurs. Dans toute entreprise, le facteur chance intervient: il s’agit de ne se présenter ni trop tôt, ni trop tard, d’être repéré par les bonnes personnes au bon moment.

Je souhaite sincèrement le plus grand succès à ton site, car nous, lecteurs et auteurs, avons tous à y gagner, et c’est une très belle manière de faire vivre le livre.

Merci, donc, d’avoir répondu à mes questions, Cyril.

Cyril : Merci Alan, c’est un plaisir. J’attends avec impatience le jour où toi, et de nombreux autres auteurs, pourrez en tirer parti. 

Alan :

Pour découvrir ebookgang et vous inscrire vous aussi, ou signaler vos promotions, c'est ici : http://ebookgang.fr


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vendredi 1 janvier 2016

Top 10 des articles les plus utiles de ce blog

Mon but en créant ce blog était avant tout de me créer une plate-forme à des fins promotionnelles. Cela peut se comprendre, je suis auteur. Mais je désirais aussi que d'autres puissent y découvrir les articles que j'aurais aimé trouver, moi, en tant qu'auteur à mes débuts. Pour ne pas tomber dans des embûches. Pour me faire gagner du temps. Pour apprendre. Voici donc regroupés les 10 articles qui sont à mon sens les plus utiles pour un auteur, sur les 118 que comporte ce blog. J'en profite bien sûr pour vous souhaiter mes meilleurs vœux, et une excellente année 2016!

Si ce sont des articles pratiques et des tutoriels qui occupent la plus grande partie de ce top 10, c'est parce que ce sont les articles qui ont été les plus commentés, les plus vus et ont donc eu le plus d'impact auprès des lecteurs de ce blog, qui sont en grande majorité des auteurs. 

Le combat que je mène depuis un certain temps, celui de prouver, par l'exemple, que l'autoédition est un meilleur choix que l'édition traditionnelle pour un auteur (à l'exception des quelques bestsellers déjà en place dans les grosses maisons) me semble gagné, c'est pourquoi les articles théoriques qui peuvent guider un auteur par rapport au choix entre l'édition traditionnelle et l'autoédition n'interviennent qu'en deuxième partie de classement. 

Quand je dis que le combat de l'autoédition me semble gagné, il ne faut pas comprendre que c'est un acquis définitif: chaque nouveau livre autoédité doit bien sûr continuer à faire la preuve qu'il est aussi réussi, sur la forme comme sur le fond, sinon meilleur qu'un livre traditionnellement édité. Il faut continuer à se retrousser les manches pour chaque livre, cela va de soi. 

Mais disons que je serais très surpris qu'un auteur puisse fonder son opinion sur la seule lecture de ce blog. Les sources d'information sont tellement diverses et variées de nos jours que je ne peux prétendre, au mieux, qu'être un facilitateur de choix pour une fraction infime d'auteurs. 

Disons que si vous êtes vraiment sérieux par rapport à l'écriture, si vous avez réfléchi à la masse de travail que représente un livre, si vous vous êtes rendu(e) compte que vous n'aviez qu'une chance sur mille d'être sélectionné par une maison d'édition, si vous avez compris que cette maison ne publiera votre livre qu'un an ou deux après l'avoir sélectionné, si vous savez que les maisons d'édition ont tendance à mettre en avant en priorité leurs auteurs phares en termes de marketing, si vous avez, finalement, calculé que votre livre n'aura qu'une chance sur mille de rester plus de trois mois en librairie une fois traditionnellement publié, vous en aurez déduit logiquement que la démarche d'envoyer votre manuscrit à un éditeur ne portera ses fruits que dans un cas sur un million. 

Et si vous avez de l'expérience dans le domaine de l'écriture, vous n'aurez peut-être pas envie de jouer au loto avec quelque chose qui vous a demandé autant de travail, non?

L'article qui occupe le premier rang dans le classement est un article concernant l'impression à la demande, et ce n'est évidemment pas sans raison eu égard à mon parcours personnel.  Malgré son ancienneté, il garde toute son actualité.

J'estime en effet que les marges dégagées par l'impression à la demande sont plus importantes que celles de l'ebook, et selon cette logique, un auteur aura plus de chances d'en vivre en vendant moins de livres. 

Mais je concède volontiers que l'impression à la demande est aussi ce qui va demander le plus de travail. Je n'oublie pas que 95% des ventes sur le papier viennent dans mon cas personnel des séances de dédicace indiquées en colonne de droite de ce blog.  

Vous êtes libres d'effectuer votre propre classement. Mon évaluation est forcément subjective, car tirée de mon parcours personnel. D'autres expériences seront entièrement différentes.

Si vous êtes auteur et que ce blog vous a aidé à un moment ou à un autre, que vous vous souveniez d'un article en particulier ou non, je vous invite à laisser un commentaire au bas de ce post. N'hésitez pas à poster des liens vers vos articles préférés, s'il y en a! 

1. Mon expérience avec Createspace... et Cyberscribe/Ediweb

2. Les étapes de la création d'un ebook 1ère partie

3. Les étapes de la création d'un ebook 2ème partie

4. Retour sur une promo réussie, ou comment les pubs Facebook m'ont donné le coup de pouce nécessaire au moment d'une promo négociée avec la plate-forme Kobo/La Fnac

5. Mon point de vue sur les corrections et réécritures en externe

6. Traduction de romans: attention, terrain miné!

7. Bilan 2010 à 2014, année par année

8. Un rêve, cela peut coûter cher

9. L'illusion de la "diffusion/distribution universelle"

10. Le dépôt-vente en librairie

Comme je suis un grand rebelle et que je me sens à l'étroit dans ces dix articles, je rajoute l'un des articles qui explique le mieux ma position par rapport à l'édition traditionnelle, Une industrie de sommet de pyramide.

vendredi 7 novembre 2014

[Archive 20 février 2014] Nouveau rapport sur 54 000 ebooks sur Amazon.com

Hugh Howey et son informaticien anonyme, Data Guy, révèlent à présent sur le site authorearnings.com, un rapport qui concerne les 54 000 ebooks les mieux vendus sur Amazon.com, tous genres confondus. De quoi commencer à répondre aux critiques sur l'aspect trop partiel de la première étude (7000 titres). Les tendances se confirment, avec de bien meilleurs revenus pour les auteurs indépendants, et un nombre de ventes qui fait des auteurs indépendants sur amazon.com le premier éditeur d'ebooks américain, si ce n'est mondial.


Pour les auteurs français, bien qu'il s'agisse d'une étude exclusivement américaine, les graphiques les plus intéressants sont à mon sens ceux des auteurs de fiction littéraire (étude portant sur 900 ebooks): ce sont les genres les mieux vus en France, ceux qui donnent souvent lieu aux prix Goncourt, par exemple. On s'aperçoit que les auteurs littéraires, même aux Etats-Unis, sont formidablement "captés" par l'édition traditionnelle, même si en ce qui concerne les revenus ebooks, ils gagnent moins que s'ils s'étaient autoédités.

D'après Hugh Howey et Data Guy, les auteurs indépendants gagnent en effet 5,6 fois plus sur les ventes d'ebooks par rapport aux auteurs traditionellement édités. Ces derniers ont donc intérêt à se rattraper fortement sur les ventes de livres papier.

On comprend mieux, en tout cas, pourquoi dans un pays comme la France, qui donne autant la prééminence aux auteurs de littérature blanche (en dehors, donc, du polar, de la SF, de la Fantasy ou de la littérature sentimentale et érotique), les grands éditeurs ont encore le vent en poupe, et les ventes d'ebooks ne représentent officiellement que 4% des ventes totales.

Je parle bien de prééminence sur un plan dogmatique, liée à la culture et à l'éducation. Je serais curieux de connaître les chiffres réels en France, avec le nombre de ventes en genres littéraires comparés avec les ventes de littérature dite "blanche". Aux Etats-Unis, dans cette étude sur Amazon.com, sur 50000 ebooks les auteurs de fiction littéraire ne représentent que 5% du nombre de ventes quotidiennes, et 6% du revenu total des ventes. 

[EDIT 07/11/2014] Tous les rapports author earnings


 

jeudi 6 novembre 2014

[Archive 12 février 2014] Les chiffres de vente étourdissants d'Amazon.com

L'auteur Hugh Howey, aidé par un programmeur/statisticien, révèle sur son site authorearnings.com des chiffres de vente étonnants sur une journée sur le site Amazon.com, dans les catégories Polar/thriller, SF/Fantasy, Romance/érotique, que ce soit des cinq plus gros éditeurs (les Big Five), des petits éditeurs, ou bien sûr des auteurs indépendants (autopubliés). Des statistiques à prendre avec des pincettes, puisqu'il ne s'agit que d'une journée de vente en janvier 2014 sur le seul Amazon.com, et que seuls ont été pris en compte le top 7000, top 2500 et le top 100. Néanmoins, les révélations sont tonitruantes.

Quelle méthodologie pour ces stats étonnantes ? Eh bien, l'étude s'appuie sur des relevés de ventes d'auteurs. Rappelons que chaque livre vendu sur Amazon est classé, et que le classement est clairement indiqué sur le site, et modifié heure par heure. En recoupant suffisamment de ventes sur Amazon.com et de témoignages d'auteur, qui peuvent consulter en temps réel leur nombre de ventes sur leur interface dédiée KDP Publishing, on peut ainsi déterminer des fourchettes de ventes correspondant à des rangs. Il existe même un logiciel amazon.com qui permet à présent de le faire. Ce logiciel est adapté aux rangs Amazon.com, pas aux rangs Amazon.fr. Inutile de s'en servir sur ce dernier site.

J'aime ce genre d'études, car Amazon s'est toujours montré très secret sur les ventes. En même temps qu'une source d'information vitale pour les auteurs, c'est aussi un joli pied de nez à la compagnie américaine.

Il faut garder à l'esprit que les statistiques seront forcément plus favorables aux ventes d'ebooks, puisqu'Amazon pousse à fond les ventes d'ebooks, et puisque les domaines étudiés (genres littéraires) sont très "perméables" à l'ebook aux Etats-Unis. Les stats seront aussi plus favorables aux autoédités, qui se débrouillent beaucoup mieux dans les genres de fiction étudiés que dans les genres purement littéraires, ou historiques, ou religieux, entre autres.

Les stats ne comprennent pas la longue traîne, c'est à dire les livres au-delà de la 7000ème place sur le jour donné. Mais avec les 7000 mieux classés, on a déjà des tendances stratégiquement très importantes qui se dégagent.

Cela ne concerne aussi que les seuls Etats-Unis. En France, je suis persuadé que de nombreux autoédités ont investi le top 100 sur Kindle. Néanmoins, à cause de la politique sur le prix des ebooks et d'une industrie qui se met quasiment exclusivement au service du sommet de la pyramide, le nombre de ventes en ebook n'est absolument pas comparable.

A titre d'information, les parts se rapportant à "uncategorized single author publisher" sont des ventes dont on n'est pas parvenu à déterminer si elles étaient du fait d'autoédités ou de petits éditeurs.

Je vous livre en fin d'article les diagrammes. Voici brut de pomme mes observations:

- Dans le top 7000, les commentaires sur les livres (1er tableau) obtiennent en moyenne des notes plus élevées pour les autoédités que pour les gros éditeurs (Big Five), ce qui suit d'ailleurs la courbe des prix: plus les prix des ebooks sont élevés, moins les commentaires deviennent favorables, l'expérience de lecture s'avérant moins satisfaisante à prix trop élevé. 



- les auteurs autoédités publient davantage de livres dans les genres concernés (2ème tableau) que les cinq plus gros éditeurs, mais pas beaucoup plus: 35% pour les indépendants contre 28% pour les gros éditeurs. Qu'est-ce que j'en déduis? Que tous ceux qui disent que les auteurs indépendants envahissent le marché avec des torrents d'ebooks feraient mieux de balayer devant leur porte. La surproduction est d'abord le fait des gros éditeurs. Si on ajoute les petits et moyens éditeurs et les gros éditeurs, les autoédités sont derrière. Oui, vous avez bien lu, les autoédités publient moins d'ebooks que les éditeurs.



- l'une des plus grosses révélations, c'est que parmi les bestsellers par genre, en nombre de ventes sur une journée (là encore, il nous faudrait des données annuelles pour les fiabiliser, parce qu'il y a des périodes beaucoup plus propice aux gros éditeurs), les autoédités sont à 39% et les cinq plus gros éditeurs à 34%. C'est énorme pour les autoédités. Nous sommes vraiment une force sur laquelle il faut compter en termes de volume. 



- les deux stats les plus époustouflantes pour moi ont été le rapport entre ebooks vendus et livres papier sur le top 100 et sur le top 2500: 92% des ventes du top 100 sont des ebooks kindle, et sur le top 2500, le chiffre reste à 86%. Les 14% restants se partagent entre livres audio (4%), livres reliés, à couverture souple et livres de poche, qui à eux trois ne représentent que 10%! C'est à dire que lorsque vous avez 10 livres vendus sur Amazon aux Etats-Unis, vous en avez en gros 9 qui sont des ebooks, et seulement un qui est un livre papier! Wow!



- le tableau suivant montre pourquoi les Big 5 sont encore là: ce sont eux qui ont les plus gros revenus (52% des revenus, alors qu'ils n'ont que 28% des titres). Pas étonnant, ils mettent les ebooks trop cher. Les ebooks sont pour eux très profitables, mais cette profitabilité se fait essentiellement sur le dos des auteurs, comme le montre le graphique suivant. 


- en comparaison des autres auteurs, les auteurs autoédités représentent 47% du revenu journalier. Pourquoi un chiffre aussi important? Parce qu'Amazon se montre généreux sur sa redevance d'auteur aux autoédités. Amazon est d'ailleurs tout aussi généreux avec les auteurs publiés par ses maisons d'édition internes.  Les auteurs des cinq plus grosses maisons d'édition ne récupèrent que 32% du revenu journalier, alors même que leurs maisons d'édition captent 52% des profits! Ils se font clairement avoir. La vraie question est pour eux de savoir si les ventes papier compensent ces sacrifices. Pour les best-sellers, sans doute, mais pas sur Amazon.com, en tout cas, étant donné le faible nombre de livres papier désormais vendus sur Amazon.com (en tout cas sur cette période de l'année, n'oublions pas les précautions d'usage). 

  
- le graph suivant est encore plus précis et "meurtrier" pour les gros éditeurs, qui se taillent la part du lion des revenus sur les ventes d'ebooks du top 7000. Les autoédités s'en tirent incomparablement mieux que les auteurs des petites maisons d'édition, et très nettement mieux que les auteurs des grosses maisons d'édition.

  
- le graph suivant est frappant en ce qu'il montre que l'autoédition est clairement le chemin vers les ventes le plus viable pour les autoédités, si l'on ne prend que les ventes d'ebook. Evidemment, il faut aussi prendre en compte le papier, ce qui n'est fait que sur Amazon avec cette étude, c'est à dire de manière très imparfaite. 


- le dernier graphique montre que les auteurs autoédités qui vendent le plus doivent produire davantage de livres. Mais plus on s'éloigne des bestsellers ayant gagné 1 million de dollars sur un an, plus on se rend compte que les auteurs traditionnels doivent publier davantage de livres pour obtenir une somme équivalente aux auteurs autoédités. Là encore, c'est un mythe qui s'effondre: la surproduction vient bien des éditeurs.


Alors, bien sûr, il faut tenir compte des livres papier. Mais Amazon est le plus gros vendeur de livres au monde. Ses statistiques écrasantes en faveur de l'ebook ne peuvent que peser sur le marché mondial. Etant donné la manière dont les gros éditeurs écrasent le revenu des auteurs sous leur panse bien grasse, il faudra vraiment que les auteurs traditionnellement édités qui n'ont pas pu, comme Stephen King, négocier 50% sur les bénéfices du livre papier, en vendent beaucoup pour compenser les pertes de revenus liées à l'ebook.

Ces statistiques sont propres aux Etats-Unis, et à Amazon.com. Mais en édition comme ailleurs, les Etats-Unis montrent souvent la voie...

[EDIT 06/11/2014] Le site authorearnings.com continue de sortir des rapports tous les 3-4 mois. Ils restent toujours aussi intéressants pour les auteurs qui se demandent quel est le meilleur choix de publication. Ils ne sont pas encore tout à fait extrapolables pour la France, puisque le marché du numérique reste inférieur à celui du papier, mais il faut garder à l'esprit que les éditeurs en Europe font tout ce qui est en leur pouvoir, y compris politiquement, pour que le rapport de force avec les auteurs leur reste favorable. Je dirais que le tableau qu'il faut regarder en priorité en France, le plus pertinent, est le n°7, "Daily Revenue to Author, Publisher and Amazon", qui démontre qu'en étant édité par un éditeur, un auteur perdra beaucoup d'argent sur l'ebook, qui représente l'avenir, même en France. Dernier rapport d'authorearnings  Tous les rapports

jeudi 30 octobre 2014

[Archive 13 juin 2013] Les étapes de création d'un ebook - 2ème partie

Deuxième et dernière partie aujourd'hui de l'article consacré à la création d'ebooks, déjà paru sur le site Espaces Comprises.

3e étape : la vérification

Testez votre fichier sur des liseuses, en examinant plus particulièrement les passages en italiques, pour vérifier s'ils ont bien été conservés. Je recommande aussi de tester le chapitrage sur la liseuse (il existe une application Kindle pour PC et Mac et des applications pour lire des epubs sur ordinateur, mais rien ne vaut la liseuse).

Sigil vous permet aussi de vérifier vos epubs, pour être sûrs qu'ils seront acceptés au niveau qualité technique, notamment par Apple. Cela ne préjuge cependant pas du contenu, et ne vous dispense en rien de le vérifier.

4e étape : la distribution

Je distribue en ce moment sur Amazon, Apple, Kobo/la Fnac, Smashwords (uniquement sur leur site, je n'utilise pas les fonctions de distribution externe de Smashwords car la gestion des DRM n'est pas transparente avec eux), YouScribe et Chapitre.com.

La distribution externe, qu'est-ce que c'est ? Ce sont tous les sites comme Smashwords ou Immatériel qui vous proposent de réaliser eux-mêmes vos fichiers ebooks et de les distribuer sur Apple, Amazon, Kobo, Bookeen et les autres. Cela rajoute un intermédiaire, est susceptible de rallonger les délais de paiement et amoindrit votre redevance d'auteur. Vous y perdez aussi en autonomie et en indépendance, raisons pour lesquelles je les évite.

Pour Chapitre, il faut les démarcher directement. Pour Apple, Amazon et Kobo, ils mettent à disposition des sites. Attention, pour Apple, il vous faudra utiliser l'application iTunes Producer à partir d'un Mac ou d'un iMac exclusivement si vous voulez distribuer chez eux (le site iTunes Connect est quant à lui accessible à partir d'un PC, et permet de consulter ses ventes et de modifier le prix des ebooks, ainsi que les pays vers lesquels vous distribuez). Il vous faudra également un numéro de taxe US de type EID. Je sais, c'est contraignant. Ce n'est nécessaire que pour Apple. Il vous faut pour cela vous rendre sur le lien figurant dans l'article et renvoyer le formulaire. Vous pouvez passer par l'ambassade des Etats-Unis pour cela.

Je n'utilise pas Numilog, car il faut payer pour qu'ils vous fassent les conversions. Toutes ces plates-formes permettent en tout cas de distribuer sans DRM – les DRM sont les fameux verrous numériques censés empêcher la copie des livres, mais qui ne font selon moi que nuire à l'expérience des lecteurs, notamment en limitant leurs possibilités de conserver leurs fichiers. Je recommande d'indiquer dans la description des livres sur Amazon que vos fichiers sont sans DRM (si c'est le cas, bien sûr).


À l'intérieur de ces sites, n'oubliez pas de rentrer vos coordonnées bancaires pour être payé. Tous procèdent par virement électronique, mais si l'on est de la vieille école, il est aussi possible de réclamer le paiement par chèque pour Amazon, par exemple (le seuil minimum de ventes est alors plus important).

Toujours à l'intérieur de ces sites (sauf Smashwords et YouScribe, où je recommande la distribution sur le site, sans plus, et ce afin de conserver vos marges), optez pour la distribution mondiale si l'on vous en offre la possibilité, cela vous permettra de gagner du temps. En général, il s'agit juste d'une case à cocher pour que votre ebook soit téléchargeable dans un maximum de pays.

Cet article ne prétend pas être exhaustif. Vous êtes auteur indépendant. À vous de mettre un peu les mains dans le cambouis, de fouiner, d'obtenir sur Internet les différents tutoriels pour en savoir plus sur chaque sujet.

Par expérience, les différents logiciels ou plugins évoqués ici sont simples d'utilisation et ne nécessitent aucune notion de programmation. Si quelqu'un qui ni connaît rien comme moi a pu y arriver, vous devriez vous en sortir.

Pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin sur la création d'epub, n'hésitez pas à suivre ce lien.

Les images ci-dessous peuvent constituer autant d'indications sur les différentes étapes:
 











 

mercredi 29 octobre 2014

[Archive 8 juin 2013] Les étapes de création d'un ebook - 1ère partie

Vous êtes auteur édité de longue date, mais votre éditeur n'a pas inclus les droits numériques dans votre contrat d'édition, ou ne les exploite en aucune manière. Vous êtes jeune auteur et, en analysant le marché, vous vous êtes aperçu(e) que les ventes de liseuses numériques avaient décollé depuis 2011 en France, que l'ebook allait devenir dans le futur le moyen de distribution rêvé puisque ne comportant pas de retours et limitant considérablement le risque financier. Dans un cas comme dans l'autre, il est temps de proposer au public vos textes au format numérique. Voici donc quelques exemples parmi d'autres d'étapes de la création d'ebooks qui permettront aux auteurs d'ouvrages non illustrés de numériser leur(s) roman(s) de manière simple et rapide. [Article déjà paru sur le site Espaces Comprises]

1re étape : ISBN et exclusivité

Si j'ai tenu à lier le sujet du numéro ISBN, numéro d'identification de votre livre, à celui de la distribution exclusive ou non, c'est que le principal acteur du livre numérique, loin devant tous les autres en ce qui concerne la visibilité qu'il procure aux auteurs indépendants, Amazon, ne demande pas d'ISBN et propose une option d'exclusivité, appelée KDP Select.

En d'autres termes, pour ceux qui auraient à l'esprit de profiter des fonctionnalités de KDP Select, à savoir la gratuité de leur ouvrage pour une période promotionnelle de cinq jours maximum et la mise à disposition (contre paiement à chaque téléchargement) dans la bibliothèque de prêt du Kindle, en échange de l'exclusivité pour trois mois de leurs ouvrages sur Amazon, il y a matière à questionner l'utilité d'un numéro ISBN.

Que cela soit clair, je déconseille fortement l'exclusivité. Certes, les concurrents d'Amazon commencent seulement à comprendre que tous les auteurs indépendants réunis pèsent à peu près 25% des ventes d'ebooks, soit autant que les deux plus gros éditeurs aux États-Unis.

Certes, le modèle économique des concurrents d'Amazon semble lié au modèle des gros éditeurs, et les Kobo, Apple et consorts ne commencent à miser que très prudemment sur les auteurs indépendants, avec beaucoup de retard.

Mais le poids économique des auteurs indépendants va finir par faire pencher la balance. C'est irrémédiable. Aux États-Unis, l'essor de l'ebook est allé de pair avec la progression des ventes d'ebooks des auteurs indépendants, et le basculement des auteurs de milieu de liste vers l'autoédition.

Ainsi, dans le milieu de la SFFF (science-fiction, fantasy, fantastique), on estime que le seuil des 50% d'ebooks vendus par rapport aux livres papier a été dépassé outre-Atlantique.

Il est donc fort probable que la SFFF soit, avec la romance, les livres érotiques et le polar, le premier domaine à basculer du côté indépendant de la Force en France. Et dans ce cas, les concurrents d'Amazon suivront, contraints et forcés.

Donc, privilégiez le plus grand nombre de distributeurs possible, pour ne pas favoriser l'un d'eux, préserver votre future indépendance et ne pas nuire aux lecteurs qui ne possèderaient pas un Kindle. Faites en sorte de ne pas tarir les petits ruisseaux si vous voulez un jour avoir une grande rivière. En d'autres termes, ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier.

Vous pouvez récupérer le Formulaire d'autoédition pour le particulier demandeur d'un ISBN auprès de l'AFNIL : http://wwww.afnil.org, les numéros vous seront ensuite envoyés. Libre à vous de les utiliser pour les ouvrages numériques ou papier de votre choix. Les ISBN permettent en théorie un meilleur repérage de vos ebooks sur Internet, donc mieux vaut ne pas les négliger pour les distributeurs concurrents d'Amazon.

2e étape : la conversion

Le moyen le plus simple revient à utiliser le site Feedbooks, à y copier/coller vos documents, à les publier gratuitement, juste le temps de récupérer les fichiers epub et Kindle, puis à les retirer du site.

C'est cependant une solution qui reste amateur, valable si vous souhaitez juste offrir un extrait de vos textes en format numérique sur votre site, mais pas si vous souhaitez vendre – les fichiers créés par ce biais comporteront la mention Feedbooks.

Je recommande de créer des fichiers sans DRM (digital rights management, verrous numériques). Les DRM empêchent en effet la conversion et la sauvegarde des fichiers ebook par les lecteurs, ce qui est préjudiciable pour ces derniers, et sont aisément contournés par les pirates de tous bords.

Amazon est le seul distributeur à permettre la conversion directement à partir de fichiers Word (.doc). Personnellement, je préfère utiliser le logiciel Mobipocket creator. Il existe un tutoriel en anglais que je recommande. Si j'utilise Mobipocket, c'est qu'il me permet de compresser au maximum mes fichiers Kindle, ce qui diminue mes "frais de livraison" à chaque vente d'ebook sur Amazon et améliore ma marge.

Vous n'êtes pas obligé(e) d'utiliser la table des matières de Mobipocket. En utilisant les feuilles de style de Word, il y a moyen de créer un sommaire comportant des hyperliens pour chaque titre de chapitre. Il n'est pas indispensable de le faire, mais cela facilite la navigation à l'intérieur du livre et c'est plus professionnel. 

[EDIT 29/10/2014] Je ne me sers désormais plus du tout de Mobipocket Creator, me contentant dans l'ordre de convertir mes fichiers Libre Office en epub via Writer 2epub, puis de vérifier et de sauvegarder systématiquement l'epub sous Sigil, et enfin de convertir l'epub en .mobi via Calibre (ce qui rajoute une table des matières à la fin). Les conseils ci-dessous demeurent cependant valables.

Il importe de remplir les champs de métadonnées quel que soit le distributeur. Les métadonnées correspondent à la signature numérique de votre fichier. Par exemple, pour un fichier de type Word, vous accédez aux propriétés pour savoir qui est le créateur du document. Les métadonnées sont un peu plus étendues : elles comprennent non seulement le nom de l'auteur, mais celui de l'éditeur s'il y a lieu, l'ISBN, la description du livre (quatrième de couverture), et parfois même la couverture, que vous pouvez y intégrer directement.

En théorie, on peut se passer des métadonnées internes au fichier epub, car tous ces renseignements, il vous faut les communiquer de nouveau dans les champs appropriés sur les sites ou fichiers excel des distributeurs concernés. Il n'est en général pas nécessaire d'intégrer la couverture de l'ebook dans les métadonnées. Attention, pour Apple, non seulement ce n'est pas nécessaire mais il ne faut pas le faire, sous peine de voir votre fichier epub refusé (oui, Apple utilise l'epub, un format commun aux PC et Mac, tout comme les fichiers .RTF).

Votre fichier de départ doit être "propre", c'est à dire que les polices de caractère prises en compte par les ebooks sont basiques, pas au-delà de la taille 14, les lettrines ne sont pas prises en compte, et les césures ne sont pas définies par vous, mais par le matériel utilisé (liseuse). Ainsi, la Kindle Paperwhite ne pratique pas la césure, là où les dernières Bookeen et Kobo proposent l'option. Dans le corps du texte de votre traitement de texte, veillez à ce que le style reste partout sur "standard", et ce afin d'éviter les surprises.

J'ai tendance à inclure une présentation de l'ouvrage (de type quatrième de couverture) au début de l'ebook (je parle ici du corps du livre), afin que le lecteur sache de quoi il s'agit s'il ne l'a plus lu depuis longtemps. Je le fais, même si j'ai déjà rentré la présentation dans le champ de métadonnées de l'ebook.

À des fins promotionnelles, je rentre aussi la description de mes autres ouvrages en fin de fichier, avec des liens hypertextes vers mon site et mon blog. Il est aussi possible de procéder à des échanges de présentation avec d'autres auteurs, afin d'essayer de «  partager le lectorat  ».

Pour les fichiers EPUB, auparavant, j'utilisais le logiciel Calibre couplé au logiciel Sigil. Calibre permet d'assurer une conversion de manière simple (personnellement, dans l'onglet présentation, je supprime l'interligne automatique entre paragraphes, pour resserrer le texte). Il est possible si l'on maîtrise le css de faire un epub de A à Z avec le logiciel Sigil (merci à Roshieru Chan pour l'info). Personnellement, je ne l'utilise qu'à partir de fichiers epub déjà constitués (il n'y a pas besoin de connaître le css dans ce cas de figure). Sigil permet, avec l'onglet "Insert", puis "SGF Chapter marker", d'insérer très facilement des chapitres, puis de générer une table des matières sans avoir à le faire sous Calibre (moins fiable, selon mon expérience).

En ce moment, je bâtis mes fichiers epub directement à partir du traitement de texte que j'utilise, à savoir LibreOffice. Je continue à utiliser Sigil, mais juste pour la vérification finale de l'epub, même plus pour le chapitrage.

Pour cela, je suis allé récupérer le plugin Writer to ePub sur Internet. Puis dans l'onglet "Outils" de Libre Office, en sélectionnant "Gestionnaire d'extensions", je l'ai ajouté.

Il me suffit ensuite de créer tous mes titres de chapitres (juste les titres de chapitre, pas les chapitres entiers) à l'aide des feuilles de style en titre 1 (en limitant la police de caractère à la taille 14, les tailles supérieures n'étant de toute façon pas gérées par les ebooks) pour obtenir un chapitrage automatiquement. Je rentre les métadonnées, je laisse les préférences par défaut, je lance la conversion et c'est magique, tout se fait tout seul (l'epub est créé dans le même répertoire que celui du document converti). C'est une solution ultrasimple une fois que le plugin est installé, plus encore que de définir des hyperliens sous Word.

(Etapes 3 et 4 à venir dans le prochain article.)