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lundi 27 juillet 2026

Meta supprime mes comptes Facebook et Instagram

"Votre compte a été définitivement désactivé". Le message en provenance de Meta Support arrivé sur ma boîte email, et datant du 25 juillet, est clair et sans ambigüité. Six mois après la procédure d'appel, lancée le 26 janvier, et sans que cet appel ait pu être examiné suite à la lenteur excessive de Facebook, la sentence de désactivation automatique au bout de 180 jours est donc tombée. Après avoir vu mon compte Twitter désactivé suite à mes critiques répétées à l'encontre d'Elon Musk, mon compte Facebook est donc à son tour supprimé suite à un post viral au sujet de Trump. Ai-je l'impression d'être l'un de ces canaris (ou cobayes) de la liberté d'expression sur les réseaux sociaux? La réponse est oui. Et le test de liberté d'expression est négatif avec Facebook, comme il l'a été avec Twitter devenu X sous l'impulsion de Musk. Comme je vais le démontrer dans cet article, Facebook pratique le flicage de la pensée. J'irai même plus loin: à l'instar de son fondateur Mark Zuckerberg, Facebook est devenu MAGA... ce qui ne va pas manquer de poser d'énormes problèmes aux démocraties occidentales. 


C'est donc bien sur Bluesky que vous pouvez désormais retrouver mon profil, puisque Bluesky autorise la liberté d'expression. Le message de Facebook fait référence aux Standards de la communauté pour expliquer la suppression de mon compte. Ceux-ci se déclinent en quatre axe, l'Authenticité, la Confidentialité, la Sécurité et la Dignité. 

 

Au sujet de la Dignité, Facebook stipule "Nous attendons de chaque personne qu'elle respecte la dignité d'autrui, et qu'elle ne harcèle pas ni ne rabaisse pas les autres."

Au premier abord, cette politique peut sembler noble, puisque de nature à éviter le cyber harcèlement, qui provoque des drames si cruels. Mais bien sûr, tout est dans l'esprit et la lettre. Imaginez: si chaque personne qui s'estime avoir été rabaissée un tant soit peu par une autre faisait un signalement Facebook. Par exemple : "cette personne n'est pas d'accord avec moi, donc j'estime que cette personne m'a rabaissé, par son opinion divergente". Si Facebook suspendait automatiquement tous les comptes faisant l'objet d'un signalement. 

Il n'y aurait plus aucun véritable débat, plus aucune recherche de vérité par la confrontation des arguments. Très vite, le nombre d'utilisateurs de la plate-forme serait en chute libre. De la même manière, les revenus publicitaires de Facebook s'effondreraient, et l'avenir de la plate-forme serait rapidement menacé. 

Donc, il n'y a vraisemblablement pas de suspension automatique des comptes. Il doit y avoir intervention humaine, pour discerner les fausses allégations des plus sérieuses. 

Maintenant, si vous vous en prenez à un homme ou une femme politique. Si vous déclarez que tel homme ou femme politique ment, par exemple. Au moment de l'intervention humaine des modérateurs, Facebook va pouvoir décréter, ou non selon les consignes de la hiérarchie, que vous avez porté atteinte à la dignité de cet homme ou de cette femme. Facebook va pouvoir suspendre votre compte. 

Et si vous ne portez aucun jugement sur l'homme ou la femme politique? S'il s'agit, par exemple, du président des Etats-Unis, et que vous vous contentiez de faire un petit bilan, dans un post, des rumeurs sur son état physique et mental? Même si vous déclarez au début de votre post qu'il s'agit de spéculations, les modérateurs Facebook peuvent considérer que vous avez porté atteinte à la dignité de cette personne.  

Cela signifie que, juste en appliquant les consignes générales des standards de la communauté, les modérateurs Facebook s'octroient le droit de suspendre n'importe quel compte faisant l'objet d'un questionnement ou d'une réflexion politique un tant soit peu critique.

Cela signifie aussi qu'en intervenant de manière aussi rigoureuse, les équipes Facebook pratiquent un flicage de la pensée, ce qui va bien sûr encourager l'autocensure et le conformisme le plus abêtissant sur leur plate-forme. 

A présent, quelle décision prendre, pour un artiste un tant soit peu engagé comme moi, quant à sa présence sur Facebook? Dois-je me créer un autre compte? Au risque de le voir de nouveau supprimé au premier signalement?

Je l'ai déjà écrit dans un article datant de février 2026, j'estime que Facebook invisibilise les artistes en limitant beaucoup trop la portée organique des sujets. Pour moi, Facebook doit être scindé en plusieurs entités du fait de sa position dominante. Certains artistes, cela dit, font de l'argent grâce aux pubs Facebook. A ceux-là, je conseille d'y rester, et de se créer un autre compte Facebook si les équipes de Meta suppriment le compte habituel. 

Après tout, l'argent n'a pas d'odeur. Même s'il est prouvé que Mark Zuckerberg s'est mis à faire le jeu de Trump, même si des exemples comme le mien prouvent que Facebook est devenu MAGA, si cette plate-forme est pour vous un outil de revenu irremplaçable, continuez à en profiter. 

J'ai déjà expliqué que Facebook ne me rapportait rien, si ce n'est peut-être un peu de notoriété, puisque mon profil comptait plus de 3000 abonnés. Le fait de ne plus revenir du tout sur Facebook n'est donc une perte pour moi que dans la mesure où j'y avais développé des relations humaines. Ainsi, Facebook me permettait de me tenir au courant de l'évolution de mes amis et contacts. J'y pratiquais aussi une forme de journalisme qui est devenue, avec l'évolution politique de la plate-forme, la cause même de mon exclusion. 

Je ne me revois pas revenir sur Facebook, en tout cas pas tant que la plate-forme conservera son identité actuelle. Je trouve anormal, d'ailleurs, qu'une sanction sur un profil s'étende sur l'aspect artistique, non seulement de type groupe Facebook et page artistique, mais aussi sur le voisin Instagram, où je ne pratiquais pas de politique. S'il y a un élément qui atteste de la tournure fascisante de Facebook et de Meta, c'est bien celui-là. Heureusement, tout n'est pas perdu, puisque je suis sur Bluesky.  

mercredi 4 février 2026

Artistes, auteurs et réseaux sociaux : visibilité ou invisibilité?

L'avènement d'Internet, puis des réseaux sociaux, semblait promettre aux artistes, parmi lesquels les auteurs, une visibilité quasi universelle, synonyme d'exposition pour nos œuvres, et bien sûr de rentrées financières importantes. Ou en tout cas suffisantes pour vivre de notre art. Et puis il y a eu la montée en puissance de Facebook, laquelle nous a confronté à la réalité. Facebook, c'est 3 milliards d'utilisateurs actifs par mois en 2024. On pourrait donc penser que la portée de nos publications y est exponentielle. En réalité, c'est allé dans l'autre sens: Facebook nous a invisibilisés. Dans mon précédent article de blog, je parlais d'un statut "viral" parce qu'il avait dépassé les 270 réactions, et qu'il devait donc avoir été vu par entre 3000 et 4000 personnes. Mais j'avais 3900 personnes qui étaient censées me suivre à l'époque où j'étais sur Facebook (mon compte y étant toujours suspendu)! Et le pire dans tout ça, c'est que si je parlais de "viralité", c'était en comparaison avec mes posts habituels, qui provoquaient dix fois moins de réactions, et touchaient de dix à cent fois moins de personnes! Alors, oui, il y a eu une forme d'insensibilisation des gens sur internet. De manque de réactivité. D'apathie. Néanmoins, on peut penser qu'une bonne part du problème actuel vient de la situation de quasi monopole de Facebook. Si Facebook était divisé en plusieurs entités qui se feraient concurrence pour offrir aux artistes la meilleure visibilité possible, il est évident que nous toucherions beaucoup plus de monde de manière organique, sans avoir à monétiser les choses. Malheureusement, l'administration Trump 2025 est celle qui ne lance aucun procès antitrust. Ce procès, dans le cas de Facebook, devrait déjà avoir eu lieu depuis un bon moment. 

Depuis août dernier et le décès de ma belle-mère, je me suis mis à utiliser beaucoup plus le site Leboncoin pour revendre la montagne de bricoles que celle-ci nous a légué. Avec, à la clé, un gain de près de 1400 €. 

J'ai le sentiment, depuis que je suis quelque peu monté en puissance sur ce site, de toucher bien plus de monde avec mes annonces que je ne touchais de monde sur Facebook. Ce qui signifie bien sûr une chose : il n'est pas nécessaire d'avoir un réseau connecté à plusieurs milliards de personnes pour toucher du monde. Quelques millions suffisent. Plus précisément, en 2024, Leboncoin a touché 28 millions d'utilisateurs uniques par mois. 

J'adore Leboncoin, parce que c'est de l'organique qui fonctionne. Les fonctions payantes ne se font pas, à ma connaissance, et jusqu'à nouvel ordre, au détriment de l'organique. Ce qui n'est bien sûr pas le cas de Facebook. 

Alors non, je n'utilise pas Leboncoin pour vendre mes livres, puisqu'il s'agit de seconde main, et que les livres que je vends en temps normal sont neufs. On peut trouver certains de mes romans sur Leboncoin, mais ce n'est pas moi qui les vend. Et je ne suis pas vendeur pro sur Leboncoin. Uniquement particulier.

Comme Facebook, Leboncoin fait de la vérification d'identité. Mais comme j'y utilise mon nom d'état civil et non mon nom de plume, je n'ai pas été expulsé du site. 

Réfléchissez, d'ailleurs, à l'absurdité de la suspension de mon compte sur le réseau social de Zuckerberg: toutes proportions gardées, c'est comme si Johnny Halliday avait, de son vivant, eu son compte Facebook suspendu parce qu'il employait un nom d'artiste. Alors qu'à ses débuts, Facebook était le concurrent de sites comme Myspace!

Cela dit, Johnny Halliday était rarement un artiste engagé, contrairement à votre serviteur. 

Lui ne dénonçait pas, en tout cas, les big techs en situation de monopole, et qui invisibilisent les gens qui ont le plus besoin de visibilité pour vivre, à savoir les artistes et auteurs. 

Car plus le nom d'Alan Spade, et son association en tant qu'auteur de Fantasy, de Thrillers et de SF se répand, plus il y a de chances que quelqu'un fasse une recherche sur ce nom sur Amazon, et y déniche mes livres en version papier, ebook ou audio. Ou sur Kobo, ou Apple, pour les ebooks. 

Et vous savez quoi?  Ce que j'ai dit au sujet de Facebook s'applique dans une large mesure à Amazon également. Si Amazon était scindé en plusieurs se faisant concurrence, il y aurait plus de chances que l'un d'eux rende les recherches organiques (et non monnayées) sur le site plus payantes, ce qui bénéficierait bien sûr aux auteurs.

Cette administration Trump ne permettra pas cela, car elle a été élue grâce aux Big Techs. C'est pourquoi le changement d'administration pour un gouvernement démocrate peut avoir un véritable impact pour nous autres auteurs. A condition bien sûr que la prochaine administration lance ces fameux procès antitrusts, qui permettront un renforcement de la classe moyenne et non plus des milliardaires.   

mercredi 28 janvier 2026

Mes comptes Facebook et Instagram suspendus

Depuis le dimanche 26 janvier 2026, mes comptes Facebook et Instagram ont été suspendus pour vérification d'identité. J'ai fait appel et envoyé ma carte d'identité au site, et cette suspension peut prendre, avant décision définitive, de quelques jours à plus d'un mois. Ces suspensions n'ont pratiquement aucun impact sur mon activité d'auteur autoédité, puisque j'ai cessé toute pub Facebook depuis un certain temps et que je n'utilise ni Facebook ni Instagram pour vendre. En gros, aucun impact sur mes ventes, bien qu'il m'arrive d'utiliser ces réseaux sociaux pour annoncer des séances de dédicace. Je me servais surtout ces derniers temps de la fonction de "journaliste autoédité" telle que je la décris dans cet article de 2020. A cet égard, cette suspension est évidemment frustrante, même s'il s'agissait pour moi d'un travail bénévole. J'ai identifié deux causes possibles, et peut-être concomitantes, de ma suspension. L'une est la mention, sur mon profil Facebook, de "création digitale", mention que j'avais réussi à supprimer la semaine précédant la suspension. L'autre est un statut que l'on peut qualifier de viral par rapport à mes posts habituels, puisqu'il a dépassé les 270 réactions ("j'aime" ou autres) et plusieurs dizaines de commentaires. Cet article, de type spéculatif et donc, possédant un réel potentiel de polémique, a pu générer des signalements. Il a pour sujet les mains de Trump, et les fameux hématomes observés, avec des photos prises à Davos par l'AFP et Getty Images, que je reposte ici. 

 



Comme j'utilise mon nom de plume sur Facebook depuis 2010 (environ 16 ans), la comparaison avec ma carte d'identité peut m'être défavorable au premier abord, le nom d'Alan Spade ne figurant pas sur cette carte d'identité. En revanche, une vérification rapide du titre de mes livres et de la mention de l'éditeur sur la plupart des couvertures, sachant bien sûr que, comme l'indiquait mon profil Facebook, je suis auteur autoédité, cette vérification suffira à établir le lien entre Alan Spade et l'identité apparaissant sur la carte du même nom. Pour être clair, je n'ai jamais fait mystère auprès de mes lecteurs qu'Alan Spade est mon nom de plume et Emmanuel Guillot mon véritable nom. On pourrait arguer que le "marketing artistique" est une tromperie en soi, mais dans ce cas, il faudrait l'interdire, et ça peut aller très loin.

Est-ce que vous auriez vu Johnny Hallyday poster sous son nom de Smet sur les réseaux sociaux? Je suis dans le même cas de figure, quoiqu'un tout petit peu moins célèbre. ;) 

Revenons maintenant aux causes de cette suspension. Depuis l'émergence de l'IA, j'ai remarqué sur Instagram que les profils de "création digitale" correspondaient souvent, soit à des bots générés par l'IA, soit à des créateurs de contenus utilisant l'IA pour modifier leur image. Et donc, dans mon esprit, s'est rapidement installée l'idée que la création digitale correspondait à du fake. 

En constatant par la suite que mon profil Facebook était labellisé "création digitale", j'ai compris qu'il serait aisé de m'associer, pour une personne ne me connaissant pas, à un créateur de contenu IA. Ce que je ne suis pas. Or, la visibilité demeure essentielle pour un auteur tel que moi, et la notoriété est bien sûr un "plus" pour vendre mes romans. 

Et donc, même si je maintiens que Facebook ne génère aucune vente directe de mes romans, ce réseau social peut néanmoins faciliter la reconnaissance de mon nom par d'éventuels lecteurs, ce qui faciliterait les ventes. Il faut bien reconnaître que depuis pas mal d'années, il est devenu très difficile de générer ce que l'on pourrait appeler des posts, des sujets connaissant une croissance organique, c'est à dire naturelle, sans faire appel à de la pub, et du fait de leur intérêt propre. C'est pourquoi, tout ce qui peut aider à une meilleure diffusion, pour un auteur autoédité tel que moi, ne peut que générer un intérêt. 

La création digitale n'est pas du tout le cœur de mon métier. Le cœur de mon métier est la création intellectuelle et littéraire. La création basée sur de l'humain, à savoir moi-même et ce que j'observe autour, plutôt que la création purement digitale. On ne peut pas parler de création digitale par rapport à l'écriture de livres sur du traitement de texte, mais plutôt de retranscription digitale, en numérique, d'une création humaine. Il en va de même pour la création d'ebooks. Seule la création d'image de couverture peut emprunter à la création digitale. Et encore, je m'arrange pour embaucher des humains avec une vraie fibre artistique pour mes images de couverture, et je m'abstiens donc de recourir à l'IA.

Supprimer la mention "création digitale" sur mon profil n'était pas pour moi une tromperie, mais une volonté de me démarquer de l'IA. Et, comme par hasard, peu après avoir supprimé cette mention, j'écris un statut Facebook qui connaît une diffusion inédite pour moi depuis plusieurs années. Le post sur la main gauche de Trump à Davos. 

Ce court article précisait que le diable était dans les détails, et qu'après la main droite de Trump, c'était la main gauche qui présentait un hématome très visible sur les photos obtenues par l'AFP et Getty Image. J'ajoutais que l'excuse de la maison blanche consistant à dire que Trump serrait de nombreuses mains n'était plus valable pour la main gauche, puisqu'il est droitier. J'ai bien pris garde, dans ce post, de préciser que l'absence de bilan de santé transparent de Trump et de la maison blanche était ce qui alimentait la spéculation autour de ce genre de détail. Depuis, Trump a expliqué la chose en disant qu'il s'était cogné la main gauche sur une table. Mais on sait l'individu adepte du mensonge. 

Dans les commentaires, j'ai utilisé le moteur de traduction DeepL pour traduire l'un des posts à ce sujet sur reddit qui avait été le plus apprécié. Et ce commentaire, qui n'est pas de moi, a également obtenu plusieurs dizaines de "j'aime" : Allons, il souffre clairement d'insuffisance cardiaque congestive avec œdème aux pieds. La somnolence est un symptôme classique. Il reçoit un diurétique par voie intraveineuse, comme le Lasix, pour traiter sa crise hydrique. Impossible de lui poser un cathéter, il doit donc subir une piqûre tous les deux ou trois jours. Son incontinence urinaire semble s'aggraver, d'où la poche urinaire et le pantalon ample. Le problème de démence est distinct, mais tout à fait évident, en particulier le syndrome du crépuscule et les délires nocturnes. 

Au-delà de la volonté de faire du buzz, qu'est-ce qui m'a incité à évoquer le sujet? Le fait d'avoir bien sûr affaire à un président des Etats-Unis tellement narcissique qu'il cherche à évacuer sa notion humaine. Rien que le fait de publier ce post le ramenait à une dimension humaine. 

Je précisais dès le départ qu'il s'agissait de spéculation. Aux personnes qui me demandaient si je me prenais pour un médecin, je répétais la position officielle de la maison blanche, le fait qu'il prenne trop d'aspirine pour fluidifier son sang et le serrage de mains. J'évoquais la contradiction de cette excuse avec la situation présente, même du point de vue du néophyte. A celles qui trouvaient scandaleuse l'intrusion dans le domaine privé, je rappelais l'affaire Mitterrand. En précisant que pour moi, un président atteint d'un cancer peut tout à fait gouverner, dans la mesure où il le signale et où des mesures sont prises pour prendre le relais en cas d'incapacité. Le poste de président d'un Etat oblige à bien plus de transparence sur un aspect aussi privé que la santé, en raison des enjeux qui pèsent sur un pays entier en cas de déclin cognitif ou de problème de santé majeur. 

Le débat était respectueux, sans injures. En conjuguant mon coup d'œil d'artiste avec mon apprentissage en école de journalisme, ma curiosité et ma maîtrise de l'anglais, j'estime pouvoir, de temps en temps, "lever des lièvres". Ici, il me semble bien que c'était le cas. Mais il est possible que la popularité même de ce sujet par essence polémique ait généré un signalement. Ce qui pose problème, bien sûr, dans le cadre de la liberté d'expression. Dans la mesure où le sujet n'a franchi aucune limite légale, mon compte n'aurait pas dû être suspendu. 

N'oublions pas non plus le contexte : un président, Donald Trump, élu grâce aux big techs, dont Facebook. Un président privilégiant un retour au "Gilded Age", soit l'Age Doré entre 1870 et 1900 qui a vu les monopoles détruire la classe moyenne. Cette même classe moyenne qui a pu renaître après 1900 grâce aux lois anti-trusts. Ces mêmes lois anti-trusts qui menaceraient notamment Facebook si une présidence démocrate devait succéder à Trump. 

J'ai beau pratiquer le bénévolat dans mon activité journalistique sur les réseaux sociaux ou sur ce blog, je ne suis pas dupe par rapport aux revenus générés par les plates-formes. Dans mon article "Le journaliste autoédité, c'est vous", j'en appelais à un revenu universel, qui viendrait récompenser la création de contenus par des gens tels que votre serviteur sur Facebook. Les IA ayant tendance à piller les contenus du net de tous ordres, les revenus issus de l'IA devraient bien sûr être taxés et reversés à tout un chacun sous forme de revenu universel inconditionnel.  

Voyons maintenant, pour terminer, quelle est ma position finale au sujet de ma présence sur Facebook. Si mon compte Alan Spade est validé, je reviendrais sur la plate-forme. Si ce n'est pas le cas ou si on me demande de poster sous un autre nom, je ne reviendrais pas. Et en attendant, vous pouvez toujours me suivre sur Bluesky...   

mercredi 3 mai 2023

La richesse et ce qu'on en fait

Sur Quora, des questions parfois très médiocres peuvent entraîner des réponses géniales. La question de savoir qui est la personne la plus égoïste et pourquoi, de Mark Zuckerberg ou d'Elon Musk, ne me paraissait pas d'un intérêt fou. Mais si la réponse d'un dénommé Sean Chou a généré plus d'un million de vues, c'est qu'elle va bien au-delà de la question, et s'intéresse au concept même de philanthropie. J'ai utilisé (et amendé quelque peu) DeepL Traduction afin de vous faire connaître le sujet en français. 

Une petite chose avant de commencer, puisqu'il est question notamment de Mark Zuckerberg. Si vous vous intéressez à Facebook, cet article d'avril 2023 est pour moi un article référence. Il s'agit certes d'un article à charge contre Mark Zuckerberg et Facebook, dogmatique dans ce sens où il vise à prouver une théorie qui est en gros dans le titre, "Mark Zuckerberg, l'homme qui assassina l'amitié". Mais son caractère excessivement bien documenté est ce qui le sauve, et contribue pour moi à en faire l'un des articles références sur la montée en puissance de Zuckerberg et de Facebook. A lire avec un œil critique, en résumé.

Extrait: Comme l’expliquera Sean Parker en 2017 : « Lorsque nous avons développé Facebook, le principe de base était le suivant : comment pouvons-nous consommer le plus possible de votre temps et de votre attention ? Cela signifie que nous devons à chaque fois fournir un peu de dopamine parce que quelqu’un récompense d’un « like » ou d’un commentaire l’un de vos posts ou l’une de vos photos. Après quoi, vous écrirez plus de posts et posterez plus de photos et recevrez plus de « like » et de commentaires. C’est une boucle de rétroaction de validation sociale. Nous exploitons une vulnérabilité dans la psychologie humaine. Les inventeurs, les créateurs – c’est-à-dire moi, Mark Zuckerberg, Kevin Systrom, toutes ces personnes – nous avons compris cela de manière consciente. Et nous l’avons fait quand même.»
 
Voici donc la réponse de Sean Chou, consultant en intelligence économique, à la question de savoir lequel des deux personnages est le plus égoïste, de Mark Zuckerberg ou d'Elon Musk. Il faut garder à l'esprit que cette réponse date de 2017, bien avant le rachat de Twitter par Elon Musk, et donc, bien avant que l'étoile Musk ne ternisse notablement... La seconde partie de la réponse concerne la philanthropie, elle est selon moi la plus intéressante, et de loin. Vers la fin de cet article de blog, donc. 

Mark Zuckerberg est sans aucun doute plus égoïste.

La devise professionnelle de Zuckerberg a toujours été de "connecter le monde" par l'intermédiaire de Facebook, ce qui, comme toute personne qui se respecte peut le voir, sert ses propres objectifs. Facebook compte aujourd'hui parmi ses utilisateurs la moitié ou presque de la population mondiale, et sa croissance se poursuit. Il n'y a pas si longtemps, Zuckerberg a voulu être le visage du colonialisme moderne en "offrant" à de grandes parties de l'Inde un accès gratuit à l'internet par wifi, à la condition que celui-ci soit rattaché en permanence à sa propre plateforme Facebook. L'Inde a refusé sans surprise, et Zuckerberg a plaisanté en disant que l'Inde ne voulait pas "faire un pas dans le futur". Néanmoins, il n'a pas pour autant  continué à chercher à procurer à l'Inde un accès gratuit à l'internet sans enfoncer Facebook au fond de sa gorge dans le même temps.
 
Autre exemple : Zuckerberg s'est engagé, avec tant d'autres milliardaires, à céder la majeure partie de leur fortune, mais dans 99 % des cas, tous les milliardaires conservent le contrôle total des investissements qu'ils "donnent" à leur propre trust ou à des organismes de bienfaisance. Pourquoi les dix hommes les plus riches occupent-ils toujours la même place alors que près de la moitié d'entre eux se sont engagés à céder la totalité de leur fortune ? C'est déroutant, n'est-ce pas ? [voir la seconde partie de l'article pour la réponse à cette question].

Et si vous ne le saviez pas déjà, Zuckerberg tient beaucoup à sa vie privée. À tel point qu'il a racheté toutes les résidences autour de son domicile de Palo Alto et les a louées gratuitement aux propriétaires d'origine. De cette manière, il peut mieux contrôler ce que lui-même peut ou ne pas faire dans son quartier... comme construire des clôtures plus hautes et disposer d'une sécurité privée plus importante, entre autres choses.

En bref, Zuckerberg met en avant ses propres visions, qui, à ce jour, semblent correspondre aux stratégies de croissance de Facebook. Il veut plus d'utilisateurs - et il sait que la valeur moyenne d'un utilisateur moyen de Facebook issu d'un pays en voie de développement vaut largement le maigre coût de son acquisition.

Elon Musk, quant à lui, correspond davantage à la définition sociale de l'homme de la renaissance, un Robin des Bois pionnier qui vole l'avenir au profit de ceux qui vivent aujourd'hui, au prix de sa propre vie. Musk est un fan inconditionnel de science-fiction et, depuis qu'il a lu Stranger in a Strange Land de Robert A. Heinlein lorsqu'il était enfant, il a utilisé le processus par étapes de manière très efficace pour atteindre son objectif abracadabrant de coloniser Mars.

Musk est un ingénieur dans l'âme, et cela se voit dans son éthique de travail et sa façon d'aborder les problèmes. Il aime travailler sur des problèmes uniques et utilise les connaissances et l'expérience acquises au cours d'une étape pour progresser vers la suivante.

Musk est une bénédiction qui n'arrive qu'une seule fois sur plusieurs générations pour notre société perturbée, au sens littéral du terme, comme Nikola Tesla l'a été pour l'électricité ou Sir Isaac Newton pour le concept de gravité. Musk s'efforce activement, à chaque minute de son existence, de nous propulser collectivement vers l'avenir le plus rapidement possible. Musk est un nerd, et il pense que les humains en tant qu'espèce font beaucoup trop de dégâts à notre planète et à nous-mêmes - et que nous devons élargir nos options si nous voulons survivre.

Qu'il s'agisse de transformer les services bancaires et les paiements en ligne, de normaliser les voitures électriques (et même de les rendre sexy), de fusées réutilisables, de tuiles solaires, de batteries plus efficaces ou du transport Hyperloop, le temps de Musk, comme toute personne qui se respecte peut le constater, est bénéfique à plus d'un titre pour la société dans laquelle nous vivons.

Seconde partie de la réponse: la philanthropie

En fait, je suis de relativement près les entreprises, les milliardaires, les investissements, la finance, etc.
A eux seuls, 8 des 10 hommes les plus riches pèsent autant financièrement que la moitié de la population mondiale. Et à eux seuls, 23 des plus grands milliardaires autodidactes détiennent 1 000 milliards de dollars, soit plus que la valeur nette totale d'Apple [en 2017]. Au total, les 2 300 milliardaires de la planète représentent 8 000 milliards de dollars, alors qu'il y a quatre ans à peine, il n'y avait que 1 400 milliardaires pour 5 000 milliards de dollars. Ces 2 300 personnes représentent la plus petite fraction d'un nano-poil par rapport aux plus de 7 milliards d'habitants de la planète, et pourtant leur richesse dépasse le PIB total de l'Allemagne et de la France réunies.


La façon dont un milliardaire fait don de sa richesse et la manière dont il choisit de vivre sa vie sont extrêmement révélatrices de sa véritable nature. Le fait que Gates et Buffet (qui a fondé le Giving Pledge il y a une dizaine d'années) soient restés largement dans la même position dans le classement des plus riches de Forbes est révélateur de la manière dont ils dosent judicieusement leurs dons. En échelonnant leurs dons et les montants versés, ces deux milliardaires font correspondre étroitement leurs dons aux performances de leur portefeuille sur le marché, ce qui leur permet de conserver la même valeur nette, ou presque. Il est également certain que ces dons caritatifs sont utilisés pour déduire le même montant de l'impôt fédéral d'une année sur l'autre, et ce n'est pas la seule façon pour eux d'éviter de payer des impôts.

Et oui, je sais que la majeure partie de leur patrimoine réside dans des outils d'investissement liés à des actions de leur propre entreprise ou d'autres sociétés. Et comme nous n'avons pas connu de récession depuis la crise du logement et des prêts hypothécaires à risque, le marché boursier américain a connu une incroyable remontée au cours des dix dernières années, même si je dirais que la quasi-totalité de ces gains positifs sont allés aux 1 %, permettant à des milliardaires comme Gates et Buffett de gagner 6 à 7 milliards de dollars au cours d'une seule année fiscale, alors que les salaires des travailleurs dans la plupart des secteurs sont restés largement stagnants.

Les milliardaires ne sont pas arrivés là où ils sont par hasard. Ils ont tous dû dominer impitoyablement des industries et des concurrents, tout en forçant de larges segments de la main-d'œuvre à quitter leur secteur. Ils doivent être égoïstes.

Les milliardaires convoitent le fait d'être milliardaires et le pouvoir que cela leur apporte. La plupart d'entre eux, en tout cas. Avec leur fortune, la célébrité suit de près. Qui ne veut pas être aimé et admiré ? Il est certainement aussi plus à la mode pour les riches de faire des dons à de grandes causes que de payer des impôts fédéraux. Et puis, au vu des montants qu'ils donnent, pourquoi ne pas simplement créer leur propre trust caritatif ? Pourquoi ? Parce que les milliardaires convoitent aussi le contrôle. Ainsi, les riches ont une fois de plus toutes les cartes en main, choisissant une position de flexibilité et de pouvoir, car les œuvres de bienfaisance peuvent leur être bénéfiques de nombreuses façons. Par leur intermédiaire, ils peuvent dicter dans les moindres détails comment leur argent est dépensé ou dilapidé.

Il serait également logique que ces riches soient fiers d'être entrés dans le club des 10 premiers - et de profiter des couvertures de magazines et des entretiens avec la presse qui vont avec. Et pour Buffett, qui est d'une frugalité abrutissante, la promesse de don sert à améliorer sa propre image de son vivant, MÊME s'il ne donne la plus grande partie de sa fortune qu'après sa mort. D'un point de vue rationnel, il s'agit d'un dispositif impossible à perdre. Buffett et Gates n'ont jamais eu l'intention de donner à leurs enfants près d'un milliard de dollars de toute façon - alors pourquoi ne pas rejoindre un club philanthropique cool dont seules 2 000 personnes environ peuvent devenir membres et s'attirer l'adoration du public ? Pourquoi ne pas créer le club et en être le visage ? Et c'est exactement ce qu'ils ont fait.

Lorsque vous prenez une décision qui n'a que des avantages pour vous, je pense que c'est de l'égoïsme.


Quant aux commentaires sur la difficulté de dépenser leurs milliards incalculables, je propose deux exemples : l'un historique et l'autre moderne.

Ces deux hommes n'ont pas suivi l'exemple d'autres pairs extrêmement riches - non ; ils ont quitté leurs entreprises tôt et ont passé le reste de leur temps à "donner tout en vivant" jusqu'à ce qu'ils aient tout dépensé, motivés uniquement par leur désir personnel d'aider la société.

Andrew Carnegie est le premier exemple.

Cet industriel légendaire a immigré d'Écosse et s'est rapidement attelé à l'expansion de l'industrie sidérurgique américaine, en faisant de nombreux paris intelligents pendant la guerre de Sécession. Il peut être considéré comme l'un des hommes qui ont littéralement fait l'Amérique moderne, de ses gratte-ciel à sa domination en tant que superpuissance industrielle et mondiale.

Carnegie a vendu sa Carnegie Steel Company à J.P. Morgan en 1901 pour 480 millions de dollars et a dépassé John D. Rockefeller en tant qu'Américain le plus riche pendant un court laps de temps (c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il commence à donner toute sa fortune). Carnegie publie "L'Évangile de la richesse" et appelle les autres riches Américains à faire le bien et à améliorer la société grâce à leur fortune. Il stimule ainsi une vague de philanthropie et lance la tendance des super riches à "rendre la pareille".

De 1901 à sa mort en 1919, Carnegie a donné 350 millions de dollars (80 milliards de dollars en pourcentage du PIB actuel), laissant les 30 derniers millions de dollars à plusieurs fondations et organisations caritatives. Au cours de cette période, il a créé à lui seul les systèmes de bibliothèques publiques aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni en construisant plus de 3 000 bibliothèques publiques afin que le public puisse accéder à une mine de connaissances et s'améliorer lui-même ainsi que le monde. Il a également fondé ou soutenu des dizaines d'universités et a été le bienfaiteur de nombreux scientifiques et chercheurs.

Carnegie a créé de nombreux fonds et fondations pour faire avancer la recherche et les études scientifiques et a offert des bourses d'études au public. Il a créé des fonds de pension au profit de ses anciens employés et de ceux des professeurs d'université américains. Ce dernier fonds est devenu TIAA-CREF, qui est aujourd'hui le principal fournisseur de services financiers aux secteurs de l'enseignement, de la recherche, de la médecine et de l'administration. Elle gère aujourd'hui 1 milliard de dollars d'actifs et opère principalement en tant qu'organisation à but non lucratif. Il a également fait des dons aux arts, en construisant le Carnegie Hall ainsi que 7 000 orgues d'église. Il convient également de noter qu'il a été le bienfaiteur de l'Institut Tuskegee pour l'éducation des Afro-Américains. Il a également créé la National Negro Business League. Il a créé un fonds destiné à reconnaître les héros des nations occidentales et a acheté le terrain et construit le Palais de la Paix (et d'autres bâtiments) à La Haye, dont il a fait don aux Nations unies, qui y ont leur siège depuis lors.

Le second exemple est Charles "Chuck" Feeney.

L'exemple moderne est Charles Feeney, qui a fondé le Duty Free Shoppers Group, présent dans tous les aéroports du monde. À partir de là, il s'est développé dans d'autres magasins et dans l'immobilier, mais aucun d'entre eux n'a jamais porté son nom. En 1982, alors qu'il venait d'avoir 50 ans, Feeney a fondé The Atlantic Philanthropies et, en 1984, il a transféré la totalité de sa participation de 38,75 % dans Duty Free Shoppers à son groupe philanthropique. Ses partenaires commerciaux ne savaient même pas que "Chuck", comme il aime à se faire appeler, ne possédait plus aucune part de DFS. Pendant des années, Feeney a fait des dons par l'intermédiaire d'Atlantic dans le plus grand secret. Il a fait don de plus d'un milliard de dollars pour l'enseignement supérieur en Irlande, d'un milliard de dollars à l'université Cornell (son alma mater), et a réparti le reste de ses dons entre des initiatives dans les domaines de la santé, de la science et de l'éducation, aussi diverses que la santé publique au Viêt Nam ou la recherche de pointe en sciences de la santé à l'UCSF.

À la fin de l'année dernière (2016), Chuck Feeney avait finalement atteint son objectif de "donner tout en vivant" - qu'il avait commencé en privé 34 ans auparavant, et qu'il décrivait simplement : "Je ne peux pas penser à une utilisation plus gratifiante et plus appropriée de la richesse... que de se consacrer personnellement à des efforts significatifs pour améliorer la condition humaine." Il a donné au total plus de 8 milliards de dollars de sa fortune, ne se laissant que 2 millions de dollars pour vivre. Il loue actuellement (oui, il loue) à San Francisco - ce qui ne devrait pas surprendre quiconque l'a connu - il a toujours voyagé en classe économique, préféré les hamburgers à la gastronomie new-yorkaise et transporté ses affaires dans des sacs en plastique.

Quoi qu'il en soit, ce que j'espère faire comprendre, c'est que si les milliardaires sont généreux avec leurs dons caritatifs, ils sont souvent tout aussi avides. Parmi les personnes les plus riches de la planète, seule une petite poignée mérite le véritable titre désintéressé de philanthrope, que je définis comme la profession de "donner tout en vivant" - selon les propres termes de Feeney. Carnegie et Feeney ont tous deux vendu leurs entreprises ou leurs investissements et ont cessé toute recherche personnelle de richesse, consacrant le reste de leur attention à la manière dont ils pensaient pouvoir mieux influencer le monde.

En comparaison avec Feeney, qui avait commencé à faire des dons en secret, au plus fort de la croissance de son entreprise et à son âge (50 ans), quelque trois décennies et demie auparavant, la "promesse de don" de Buffett et Gates, annoncée à grand renfort de publicité en 2006, alors que les deux milliardaires figuraient depuis longtemps dans le top 10 du classement, semble insignifiante, et plutôt une réflexion a posteriori, si l'on peut dire. Si vous connaissez Warren Buffett, vous serez étonné de constater qu'il est le seul milliardaire du top 10 à être un investisseur, c'est-à-dire que Berkshire Hathaway, une société qu'il a achetée, n'a jamais fabriqué ses propres produits comme l'ont fait Microsoft ou Apple. Buffett est milliardaire grâce à son génie de l'investissement, et il s'est littéralement servi dans les poches d'autres riches propriétaires d'entreprises pour arriver là où il est aujourd'hui. Il voit le temps différemment et agit souvent bien avant les indications du marché, conservant souvent ses actions pendant des décennies, comme il l'a fait pour McDonald's, Coca-Cola et, jusqu'à tout récemment, Walmart. Je me demande donc pourquoi sa promesse de don a été lancée si tardivement dans sa vie.

Pour conclure, je voudrais également ajouter que Paul Newman, la célébrité, avait créé avant sa mort une entreprise agroalimentaire à but non lucratif qui est aujourd'hui très populaire, Newman's Own, qui utilise des produits cultivés dans ses propres fermes et dont les bénéfices sont directement reversés à des associations caritatives. L'approche de Newman en matière de charité est intelligente et, bien qu'il ait disparu depuis dix ans, Newman's Own continue de donner.

De nombreux milliardaires (peut-être même tous) créent des trusts qui permettent d'atteindre des objectifs similaires, mais comme j'espère avoir fait la distinction, les trusts conservent un contrôle total et réalisent les souhaits du fiduciant comme s'il était toujours là (contrôle de microgestion). La méthode de Newman est donc infiniment plus désintéressée.

Ces personnes sont la définition même de l'altruisme.
 

mercredi 4 mars 2020

Le journaliste autoédité, c'est vous !

La compagnie qui repose intégralement sur du contenu autoédité n'est pas, contrairement à ce qu'on pourrait le croire, Amazon, mais bien Facebook. Seule nuance, sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, il faut parler de journalistes autoédités plutôt que d'auteurs autoédités comme sur Amazon. Journaliste au sens littéral, "qui créé un journal". C'est vous, c'est moi, c'est quasiment tout le monde.


Vous savez comment les grands pontes de Facebook et autres Twitters voient les utilisateurs actifs de leur réseau social (ceux qui postent des statuts ou y répondent, en gros)? Comme des journaux vivants interactifs bénévoles. Chaque statut posté est un article de journal venant alimenter le "newsfeed". Chaque journaliste peut réagir de manière interactive au contenu d'autres infos ou aux siennes. 
   
Et vous êtes non seulement journaliste rédacteur, mais aussi journaliste maquettiste: par le choix de vos amis sur les réseaux sociaux, vous déterminez quel sera le contenu de votre "newsfeed", journal en direct live. Vous voulez des photos de gâteaux? Ayez des amis pâtissiers...

L'utilisateur apporte sa part de contenu bénévolement, mais aussi ses informations personnelles, susceptibles d'être revendues à part. Le tout permet de revendre de la pub à des annonceurs, annonceurs qui peuvent très bien être des utilisateurs Facebook ou Twitter, qui collaborent donc ainsi à plusieurs niveaux à l'enrichissement de quelques-uns.

Les petits ruisseaux faisant de grandes rivières, ce sont des milliards d'euros qui sont ainsi amassés par les plus grands réseaux sociaux, et en particulier Facebook.

Je vois déjà les puristes monter sur leurs ergots, me parler de "vérification de l'information", de "professionalisme", de "démarche radicalement différente", etc. Quand je dis journaliste autoédité, il faut prendre le mot "journaliste" au sens littéral : celui ou celle qui écrit un journal.

Cela peut être un journal écrit, ou bien un journal vidéo, ou photo. Un journal intime, ou à large portée. Peu importe la qualité du contenu, la masse produite en temps réel suffit à concurrencer de multiples journaux "classiques". Jusqu'aux télés et radios. Le nouveau Paris-Match? Instagram!

Sur le plan qualitatif, on pourrait rétorquer que Facebook est le premier moteur de désinformation au monde.

En témoignent les milliards de fake news qui y circulent.

En témoigne le simple label "Sponsorisé" pour différencier le contenu publicitaire des posts "authentiques".


En témoignent aussi ces annonceurs à la solde d'hommes politiques richissimes, capables de mettre des centaines de millions de dollars (voire un milliard, pour la prochaine campagne de Trump) sur des pubs Facebook dans le but de faire basculer le sort des prochaines élections de manière anti-démocratique.

Une telle pratique, payer pour faire de la pub politique, est maintenant interdite sur Twitter, mais Mark Zuckerberg est l'un des grands potes de Trump...

Il n'empêche que sur le plan économique, le poids d'un Facebook n'est plus à démontrer. Sur le plan de l'influence, les médias traditionnels sont battus. A tel point même que les médias se servent des posts ou tweets les plus populaires pour prendre le pouls de la population, et pour, eux-même, faire couler de l'encre en reprenant ces infos populaires.

Si bien qu'on ne sait plus vraiment qui est la chambre d'écho de qui.

Si vous êtes l'un des sept mercenaires, je veux parler des sept abonnés à ce blog, vous avez peut-être lu mon article sur "la liste des blogs et sites qui ne vous chroniqueront pas".

J'y dénonçais les blogs et sites qui ne chroniqueront pas les auteurs autoédités sous prétexte qu'ils sont "illégitimes", que leur travail n'a pas été "adoubé" par un éditeur.

J'avais écrit l'article en janvier 2016. Quatre ans plus tard, j'ai gagné en sagesse et en maturité. Avec le recul, je peux vous dire que les personnes qui ont cette attitude sont des crétins puants l'hypocrisie à plein nez.

Car ces blogs et sites, par leur travail, participent eux-même de cette vaste entreprise d'autoédition journalistique.

"Mais j'écris mon blog par passion, juste pour quelques personnes et moi. Pas pour le monétiser comme un journaliste professionnel. Il n'y a pas de pub sur mon blog. Et je ne poste aucun article sur les réseaux sociaux."

Je veux bien l'entendre. Sauf que n'importe qui est susceptible de poster le lien vers votre article sur Facebook. Et dès lors, que vous le vouliez ou non, votre article sera monétisé. Il n'y aura même pas besoin de cliquer sur le lien vers votre blog. Il suffit que la news la plus proche de votre lien dans le fil de news soit une pub, et que l'on clique dessus pour que ça rapporte de l'argent à Facebook.

Donc oui, votre attitude est stupide.   
 
Vous trouvez que je vous manque de respect? Vous voulez gagner mon respect? Allez au bout de votre démarche anti-autoédité, et supprimez votre blog et l'intégralité de son contenu.


Ou alors... Ou alors, on arrête les conneries au sujet de l'autoédition, et on se met autour d'une table pour que chacun puisse profiter d'une part du gâteau. Les réseaux sociaux comme Facebook doivent être taxés. Le produit de ces taxes, associé au produit des taxes sur les opérations financières et des taxes sur les robots, doit permettre de verser un revenu universel inconditionnel à chaque citoyen, actif ou inactif, à compter de 18 ans.

Si cela arrive un jour, plus personne ne se moquera de l'autoédition.

dimanche 28 avril 2019

Se concentrer sur les solutions, pas sur les problèmes

La plus grande leçon, à mon sens, du cycle de l'Epée de Vérité de Terry Goodkind ne concerne pas les différentes règles du sorcier, mais la philosophie de vie qui consiste à se concentrer sur les solutions et non sur les problèmes. La formule revient souvent dans le cycle, et à juste titre. Cette règle est une résultante de la loi de l'attraction, sujet principal de l'ouvrage de développement personnel Le Secret, de Rhonda Byrne.



Il y a des moments, dans la vie, où différentes informations de provenances variables convergent toutes vers le même point, et s'imbriquent telles les pièces d'un puzzle. Comme par hasard, ce moment survient dans ma vie dans une période où mes travers de journaliste m'ont conduit à surcharger mon profil Facebook d'informations négatives. Sans doute une question de Ying et de Yang. 

Je ne suis pas à fond sur l'astrologie, mais je le reconnais, je suis du signe de la Balance, et j'ai besoin d'équilibrer les deux plateaux. 

J'ai rencontré en dédicace une sophrologue qui ne s'intéressait pas du tout à mes romans, mais qui m'a conseillé de lire Le Secret, de Rhonda Byrne. Son instinct lui soufflait de me recommander ce livre. 

Moi aussi je fais confiance à mon instinct. Je respecte ces choses-là. 

Je n'avais pas entendu parler de la loi de l'attraction auparavant. J'ai donc commencé à lire le livre, et je me suis mis à relier les points convergents. Selon la loi de l'attraction, vos pensées positives vont attirer des choses positives dans votre vie. Vos pensées négatives, quoique cent fois moins puissantes que les positives, vont aussi attirer des choses négatives dans votre vie. Même si ce sont des choses négatives que vous voulez éviter ("je ne veux pas choper le cancer"), le fait d'y penser en ces termes va attirer ces choses dans votre vie. 

Le docteur en physique quantique Fred Alan Wolf précise: "La physique quantique commence véritablement à pointer vers cette découverte. Elle dit que vous ne pouvez avoir d'Univers sans esprit pour entrer à l'intérieur, et que l'esprit, en réalité, façonne les choses elles-mêmes que vous percevez."

L'un des blogs qui a largement inspiré le blog que vous avez sous les yeux est A Newbie's Guide to Publishing, de Joe Konrath. Il s'agit du seul blog dont j'ai lu l'intégralité des articles. La leçon la plus importante, la plus libératrice pour l'esprit selon l'auteur de Thrillers Joe Konrath dans son chemin vers la publication et l'autopublication (il s'agit d'un auteur hybride) est: "to not give a damn". S'en Foutre. 

Dans son blog, Konrath ne dit pas explicitement d'aller vers les pensées positives. Il recommande de se construire une armure, et de laisser glisser les choses négatives en dehors de soi, sans que cela vous affecte. Il se réfère en particulier aux commentaires négatifs que l'on peut recevoir sur nos livres.

Cela revient à ne surtout pas faire preuve d'empathie envers les événements négatifs, ou même envers les personnes victimes d'événements négatifs. Ce que recommande aussi le livre Le Secret, de Rhonda Byrne. Donc, si vous pensiez que c'est un livre de bisounours, j'espère que vous commencez à réviser votre jugement. Après tout, ce sont les psychopathes qui n'ont pas d'empathie. 

Après avoir relié Goodkind et Konrath à Byrne et au Secret, j'ai relié Anne-Claire Coudray au même livre, et j'ai relié le tout à l'un des articles qui me tient le plus à cœur de ce blog, MédiasTox, un outil pour évaluer la toxicité des médias (MédiasTox est une invention personnelle tirée de mon expérience professionnelle et de consommateur d'informations), ainsi qu'aux articles Terrorisme médiatique et Interdépendance

Anne-Claire Coudray est l'une des présentatrices du journal télévisé de TF1. Une personnalité rayonnante, souvent souriante. Je me suis demandé comment elle pouvait garder ce côté rayonnant malgré le torrent d'informations désastreuses dont elle nous abreuve. La seule explication, c'est qu'elle ne se laisse toucher par aucune de ces informations. Elle ne fait pas preuve d'empathie. Cela glisse sur son armure, exactement comme les commentaires négatifs glissent sur celle de Joe Konrath. 

Et vous savez quoi? Elle a raison. Si elle se laissait toucher de manière répétée par ces infos, cela la détruirait. Elle a appris à ne pas se rendre malheureuse parce qu'elle raconte le malheur. Konrath aussi a raison. 

Et pourtant, je peux vous le dire, parce que j'en ai fait l'expérience, en école de journalisme, on vous demande bien au contraire de faire preuve d'empathie quand vous dites l'info. L'un des buts reste quand même de provoquer de l'émotion pour obtenir de l'audience. On ne vous dit jamais de ne jamais vous laisser toucher personnellement par ces informations. Je peux vous le dire à présent que j'en suis sorti, je trouve cet enseignement criminel pour les futurs journalistes. Je dis bien: criminel. Il faut impérativement se protéger. 

Et les journalistes qui ont survécu au-delà des premières années, ne vous y trompez pas, se protègent. Mais pour nombre d'entre eux, cette protection se transforme en cynisme. Ils se mettent à voir le monde au travers du prisme du verre à moitié vide, et bien entendu, tout naturellement, cela ternit leur vision. Ils se protègent, certes, mais ils restent concentrés avant tout sur les problèmes, parce que ce sont avant tout les problèmes qui sont leur gagne-pain. Ils ne recherchent les solutions que dans une moindre mesure, dans certains reportages qui ont tout de même le mérite d'exister.

De la même manière, ancienne déformation professionnelle, j'ai eu tendance à trop me concentrer sur les problèmes dans les derniers articles que j'ai relayés sur Facebook. Faut-il pour autant faire l'autruche? Bien sûr que non, ce n'est pas l'enseignement du livre Le Secret. Il est indispensable d'avoir conscience des problèmes, du moment que l'on n'en absorbe pas trop et qu'ils ne ternissent pas notre conscience, mais il faut se tourner vers les solutions. 

Si l'on n'avait en tête que les problèmes, si le monde entier ne voyait que le négatif, la solution inéluctable serait le suicide collectif. "Un homme sans espoir est un homme mort". C'est ce que me disait récemment une autre personne rencontrée en dédicace. Quand je vous disais que les lignes convergent, en ce moment, pour moi. 

J'ai déjà écrit des articles qui évoquent de nombreux problèmes, et en particulier l'article On a fait fausse route. Mais même dans cet article, l'un des plus négatifs de ce blog, j'évoque des solutions. J'essaie d'être constructif.

Bien qu'il utilise des jets privés pour ses déplacements, ce qui n'a rien d'écologique, l'une des personnalités que j'admire le plus est Elon Musk. Oui, lui, le richissime entrepreneur, créateur de Paypal, Tesla et Space X, qui fait une apparition dans Iron Man 2 - le personnage de Tony Stark a, pour le film, été en partie modelé sur celui de Musk. 

Voilà quelqu'un qui s'est concentré sur les solutions. On pourrait même dire qu'il considère les problèmes, n'ont pas sous un prisme négatif, mais comme des opportunités de futures solutions.

Les gouvernements font des gaspillages outranciers avec l'argent public, en sacrifiant les étages de fusées comme la fusée Ariane, qu'ils ne réutilisent jamais, ce qui rend l'envoi de matériel et d'hommes dans l'espace extrêmement coûteux? Il fonde Space X, qui permet de faire réatterrir les étages des fusées, et taille des croupières à l'industrie spatiale, s'enrichissant considérablement au passage. Il se donne l'objectif de coloniser Mars, projet remis aux calendes grecques par les gouvernements successifs depuis des années (les choses ont quelque peu changé avec l'administration Trump, dont vous comprendrez que je n'ai pas envie de tresser les louanges pour de nombreuses autres raisons). 

L'industrie du pétrole bénéficie de subventions colossales dans tous les pays occidentaux alors même qu'elle réchauffe de manière aberrante et destructrice le climat? Musk fonde Tesla, une société de véhicules électriques, et obtient des records de ventes (et de performances, et de sécurité) pour le Model 3, son dernier modèle. La société construit aussi des semi-remorques électriques et a racheté Solarcity. Elle prévoit de construire des tuiles solaires, projet malheureusement retardé parce qu'il est difficile de tout cumuler, pour une seule société. 

Oui mais vous allez me dire, terres rares, pollution minière, pollution liée à la voiture électrique. Justement, les véhicules électriques sont "zéro émission". Tous les processus industriels qui donnent lieu aux véhicules électriques, voilà ce qu'il faut remettre en cause. Pas le produit fini en lui-même. Mais si vous remettez en cause tous les processus industriels qui donnent lieu aux véhicules électriques, pourquoi n'en feriez-vous pas de même avec les industries qui produisent des véhicules à moteur thermique? 

Les véhicules électriques permettent à la société de mettre le doigt où ça fait mal. Sur nos industries. Est-ce que ces véhicules de nouvelle génération vont générer leurs propres problèmes? Je n'en doute pas un seul instant. Citez-moi une seule solution industrielle qui ne génère pas des problèmes. Même les barrages hydrauliques peuvent provoquer des problèmes politiques, en assoifant certaines régions du monde, et des problèmes de maintenance liée à la pression de l'eau, et de risques pour les populations. 

Je ne fais pas partie des gens qui pensent qu'il faudrait revenir à des stades primitifs pour être plus écologiques. Je pense que ce serait un effroyable gâchis de potentiel, par exemple, que de ne pas viser l'espace et la colonisation d'autres planètes. Nous sommes dotés d'un cerveau extraordinaire, cela doit bien signifier quelque chose. 

Pour reprendre le cas d'Elon Musk, si vous êtes vous-même entrepreneur dans la Silicon Valley, ou dans les nouvelles technologies, vous allez me dire: "oui, mais moi aussi je me concentre sur les solutions et non les problèmes. Pourtant, je n'ai pas du tout le même degré de réussite que Musk." Je répondrai que se concentrer sur les solutions et non les problèmes est l'un des éléments de la réussite. Il faut aussi arriver au bon moment avec sa technologie. Il faut avoir étudié le marché. Il faut que les concurrents ne soient pas meilleurs. Il faut trouver les financements, convaincre les investisseurs. Il faut bâtir un business plan qui tienne la route. Et il faut de la chance. De très nombreux paramètres entrent en compte, et parfois, une technologie inférieure se met à prédominer, parce que tous les autres bons éléments se sont mis en place.

Je reviens à présent sur quelque chose qui doit vous trotter dans la tête. Est-ce que je préconise de ne plus faire preuve d'empathie ? L'empathie est ce qui nous rend humain, non? Eh bien oui, bien sûr. Sans empathie, pas d'humanité, pas de relations sociales possibles. La priorité numéro un de chaque être humain doit toutefois être de se protéger, de se garantir de pouvoir aller vers les solutions et non de rester coincé sur les problèmes. A partir du moment où votre empathie vous porte atteinte, vous devez la restreindre. 

C'est donc un équilibre à atteindre. Aucun livre ne vous fournira de solution miracle, la vie est histoire de compromis. Néanmoins, ce livre que je n'ai pas encore terminé, Le Secret, me semble aller dans la bonne voie. 

mardi 12 avril 2016

Auteurs : un truc important à savoir sur Facebook

Si vous n'avez pas touché aux paramètres par défaut de votre messagerie Facebook, il y a de fortes chances qu'un nombre considérable de messages se retrouvent filtrés d'office et invisibles pour vous. Il s'agit des messages de personnes ayant cherché à vous contacter sans pour autant faire partie de vos amis Facebook. Si vous êtes auteur, il y a des chances que parmi la masse de spams figure d'authentiques messages de lecteurs. Je vous donne ici le moyen d'y accéder. Merci qui?

Si pouvoir accéder à ces messages a été pour moi une très bonne surprise, ce n'est pas parce que j'ai appris que j'étais l'heureux héritier de Mr Spade aux Etats-Unis, et que la somme de 12 milliards 568 millions de dollars allait m'être attribuée. ;)

Ce n'est pas non plus, j'en ai peur, en raison des nombreux messages d'auteurs me présentant leurs œuvres. 

Et encore moins en raison des faux profils, qui prolifèrent en ce moment, visant soi-disant à faire connaissance - le phishing, ou hameçonnage, est devenue une véritable cyber-discipline internationale. 

C'est plutôt en raison de quelques messages de lecteurs auxquels je n'avais pas eu accès. Parmi eux, un lecteur m'a signalé une énorme faute de grammaire dans Les Flammes de l'Immolé, me prouvant une nouvelle fois la validité de l'aphorisme "plus c'est gros, plus ça passe", même dès lors qu'il s'agit de se relire... 

Ce message en particulier m'a donc permis d'améliorer le livre. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que des remarques de lecteurs me permettent de corriger des erreurs. Qu'ils en soient ici chaleureusement remerciés.

En tant que testeur de jeu vidéo (entre 1996 et 2004), je n'appréciais guère le fait que des développeurs (ou leurs éditeurs) sortent des jeux aux deux tiers ou aux trois quart finis, comptant sur les patchs correctifs pour remédier aux nombreux bugs et imperfections.

J'ai essayé de ne pas tomber dans le même travers en tant qu'auteur, en livrant des romans les plus aboutis possible. Mais même un livre qui passe au travers d'un correcteur automatique de type Antidote, puis de relectures successives d'autres personnes, peut encore se traîner des coquilles, comme le savent tous les professionnels. 

Ce n'est évidemment pas le rôle des lecteurs de signaler des erreurs. Mais je prends. Comme un cadeau tombé du ciel.

J'ai aussi trouvé une invitation au Salon de la Libre Ecriture le samedi 7 mai à Sceaux, salon qui peut permettre de faire connaître une œuvre auprès du jeune public. Etant déjà en dédicace à cette date, j'ai décliné.

Ouf, pas de message en provenance d'Hollywood pour une adaptation ciné d'un de mes livres. Certains messages filtrés remontant jusqu'en 2007, mes débuts sur Facebook, on peut tout imaginer...

Pour retrouver, donc, ces fameux messages invisibles, c'est simple, il vous faut cliquer sur l'onglet "messages", puis, "tout afficher". Enfin, cliquer sur l'onglet "plus" en haut à gauche, et "Filtrés".


Personnellement, reconnaissant à Facebook de m'avoir filtré de très nombreux messages qui m'auraient fait perdre mon temps (pas les messages de mes lecteurs, bien sûr), j'ai choisi de garder mes paramètres de messagerie en l'état, mais d'aller faire un petit tour dans les spams de temps en temps. 

A vous de filtrer, à présent! You've got mails...

vendredi 13 novembre 2015

Retour sur une promo réussie

Au moment où j'écris ces lignes, la trilogie Ardalia, roman de Fantasy, est n°6 sur le site de la Fnac après avoir été n°4 mardi 10 novembre, et n°1 en Fantasy sur le site de Kobo, suite à une promotion exceptionnelle la semaine dernière. Attention si vous êtes lecteur, vous allez avoir la même impression en lisant la suite que lorsqu'un illusionniste vous explique ses trucs, ou lorsque vous regardez des vidéos expliquant les effets spéciaux d'un film. Si vous êtes auteur ou responsable de la promotion sur les sites de la Fnac, Kobo, Google ou Apple, ceci pourrait toutefois vous intéresser...




Numéro 4 sur l'ensemble des ventes ebook Fnac, 
un moment historique pour moi 
(Cliquez pour agrandir)


Tout d'abord, il faut rendre à César ce qui est à César. Les deux facteurs primordiaux responsables du succès de cette promotion ont été la chance - une promo qui arrive au bon moment pour les lecteurs - et la collaboration active de Kobo et la Fnac en la personne de Camille Modifi (à présent remplacée par Laurie Baum, mais pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le présent article), responsable des relations avec les auteurs et éditeurs sur ces plates-formes. 

J'ai pendant longtemps rêvé de "faire mon trou" tout seul, par mes propres moyens, mais il faut bien reconnaître que la puissance promotionnelle d'un gros site de vente ne doit pas être prise à la légère... surtout puisque l'on parle en fait de deux sites, Kobobooks et la Fnac.  

Même chose pour Amazon: lorsque les algorithmes du site ont "repéré" que vous grimpez régulièrement, toute une machine promotionnelle se met en marche, qui n'a rien à voir avec ce dont bénéficie un auteur qui vendrait un ou deux ebooks par jour. 

C'est Azel Bury dans le podcast de Cyril Godefroy qui m'a fait prendre conscience que, dans ma volonté farouche de défendre les auteurs indépendants sur ce blog, j'avais peut-être tendance à me renfermer un chouïa sur moi-même - ce qui, j'en conviens, est assez paradoxal pour un auteur qui part chaque week-end à la rencontre de ses lecteurs, à l'occasion de séances de dédicaces sur la région parisienne. 

En écoutant Azel dans ce podcast si romantiquement intitulé De l'Amour et des Livres, j'ai compris qu'il était dans mon intérêt de me mettre ponctuellement en contact avec la ou les plates-formes de ventes à l'occasion d'opération promotionnelles.

Je l'ai d'autant mieux compris que l'auteur Philippe Saimbert m'avait laissé entendre à plusieurs reprises que Kobo s'ouvrait aux auteurs indépendants. 

J'avais aussi besoin de démontrer aux auteurs persuadés que les auteurs indépendants sont forcément des auteurs Amazon qu'il existe une autre voie possible.

Les lecteurs de ce blog savent que je ne suis pas en faveur de la politique actuelle d'Amazon, en particulier de sa politique d'exclusivité des œuvres des auteurs indépendants sur KDP Select.

Non pas que je déteste Amazon, bien au contraire: je leur ai même donné des conseils susceptibles de me redonner confiance, et de faire de cette plate-forme, non plus l'ennemi public n°1 de toutes les autres, mais quelque chose qui s'intègre un peu plus harmonieusement dans le paysage éditorial. 

J'ai donc contacté Camille, de Kobo/Fnac, en lui proposant carrément la promotion la plus importante que j'ai jamais faite sur ma trilogie Ardalia: 0,99 € sur une semaine, du 2 au 9 novembre, pour une trilogie de plus de 1200 pages en format ebook. 

J'ai mis en avant le fait que cette trilogie, reliée en un volume, n'est pas en vente sur Amazon (seuls les romans individuels le sont). J'ai aussi indiqué que je prévoyais un budget de 200 € de pub Facebook pour cette promo. 

Là encore, un budget jamais atteint pour aucune de mes modestes tentatives de pub sur Facebook. 

Quel autre géant, en effet, opposer à l'efficacité de Jeff Bezos et d'Amazon, si ce n'est quelqu'un de presque aussi riche que Jeff, Mark Zuckerberg? 

Camille a accepté, et contre toute attente, même après que je lui ai envoyé les éléments sur la pub que je comptais lancer, loin d'annuler la promo, elle m'a indiqué les dates du 2 au 9 novembre. 

Les trente personnes qui me suivent sur Facebook seront peut-être étonnées de l'apprendre, puisque je n'ai annoncé officiellement cette promo qu'à partir de mon billet du vendredi 6 novembre.

Cela faisait partie de ma stratégie de montée en puissance.

Publicités Facebook : chiffres et stats

Mes ventes étant quasiment au point mort auparavant, je savais aussi que, en me contentant de la promo Kobo sans faire appel à Facebook, le livre resterait invisible au début et ne ferait sans doute aucune vente tant qu'il n'y aurait pas de vraie mise en avant sur l'un des sites, Kobo ou la Fnac. C'était à moi de susciter les premières ventes. Mais je ne voulais pas le faire en annonçant la promo sur les réseaux sociaux et mon blog, ceci afin de tester de manière plus fine l'efficacité de Facebook. 

J'avais décliné deux publicités, une à destination du Québec, une de la France. Les deux ciblant le jeune public, jusqu'à 44 ans. J'ai mis cinq euros dans chacune le premier jour. Pour les spécialistes, je n'ai pas créé de pixel de ventes, c'est à dire d'outil me permettant de mesurer précisément qui, parmi ceux qui cliquaient sur les pubs, achetaient.

Le deux novembre, la trilogie s'est vendue à deux exemplaires (à 0,99€). Huit clics sur la pub française à destination du site de la Fnac. Aucune vente au Québec, j'ai donc ramené le budget Québec à 2 €/jour. Le 3 novembre, je passe à dix euros par jour sur la pub française, avec un seul exemplaire vendu pour 18 clics. Déception, donc. 

Je constate en regardant mes stats de vente qu'il n'y a aucun clic à partir de la tranche 34-44 ans. Je supprime donc cette tranche pour les deux pubs: elles s'adresseront dorénavant aux 13-34 ans.

Le 4 novembre, un mercredi, je passe à 20 €/jour pour la pub française (la pub québecoise restera à 2€ par jour, sauf le samedi et le dimanche, où elle passe respectivement à 5 puis 10€). Là, 12 ventes, 42 clics. 

J'avoue que je ne sais pas à quel moment la trilogie est rentrée dans le bandeau du "top 50" sur Kobo, ce qui, je le sais, aide les ventes. Mais ce n'était certainement pas avant cette journée du mercredi 4. 

Le 5 novembre, je reste à 22 €/jour pour les deux pubs: 6 ventes, 26 clics sur la Fnac.

Le vendredi 6 novembre, l'après-midi je passe à 32 €/jour et j'annonce la promo sur mon blog: 16 ventes, 89 clics.

C'est là que j'ai dérapé. Être auteur indépendant, cela veut dire avoir la capacité d'expérimenter et de faire preuve d'audace. Trop, parfois.

Je suis passé à 50€/jour le samedi 7 novembre (juste avant de partir le même jour en dédicace), ce qui était une très bonne manœuvre, mais j'ai cliqué sur le bouton "Instagram", ce qui était, comme on dit dans le Sud, "une vraie caguade".  

Instagram, c'est un réseau social très fréquenté par les jeunes, donc ça rentrait dans le cadre de la pub. Sauf que l'outil Facebook, à partir du moment où on le lie à Instagram, n'est plus du tout, mais alors plus du tout au point. 

Le 6 novembre, à 32 €/jour j'étais à 89 clics pour 16 ventes, et le 7 novembre à 55 €/jour, Jour Noir d'Instagram, je passe à 446 clics... ouah! Fantastique! Sauf que non, pas du tout: 12 ventes seulement. Le fait d'avoir mis la pub sur Instagram fausse complètement mes stats, et a grandement réduit mes ventes. 

Je n'ai pas pu m'en apercevoir dans la journée, étant en dédicace à Fosses.

Si je n'ai pas mis le soir, en rentrant, le statut Facebook: "Qu'est-ce que j'ai merdé aujourd'hui !", c'est que la trilogie Ardalia pointait à la troisième place du classement Fantasy sur Kobo. Ça aurait paru un peu contradictoire, peut-être.

Mais ce n'est pas fini: le samedi 7 novembre au soir, je décoche le perfide bouton Instagram...qui se venge: je ne m'en rendrai compte que le lundi 9 novembre, mais, par une bizarre alchimie, les pubs Facebook et Instagram sont liées: en retirant la pub Instagram, la moitié la plus percutante de mon argumentaire de vente sur la pub Facebook a disparu! Top délire!

Pourquoi ne m'en suis-je rendu compte que le lundi 9 novembre? Parce que le dimanche 8 novembre, Kobo met la trilogie en avant sur sa plate-forme, faisant d'elle l'ebook du jour, une mise en avant vraiment exceptionnelle. 

Résultat, 63 ventes dans la journée. C'est grâce à ce chiffre que la trilogie a pu arriver à la quatrième place. Mais elle aurait pu faire mieux si j'avais mieux maîtrisé l'outil Facebook.  Nettement mieux.




Je n'ai jamais suivi les cours complet des auteurs Mark Dawson ni de Nick Stephenson sur les pubs Facebook, juste quelques vidéos gratuites. 

Je n'ai jamais prétendu être un pro du marketing. Je glane quelques notions ici et là sur le net, mais j'ai fait des études de journalisme, pas de marketing. 

Cela signifie bien sûr que n'importe qui peut arriver au même niveau de résultat que moi, à condition de ne pas avoir peur d'investir sur soi-même.

Le dimanche 8 novembre, dont, 34 clics seulement pour 60 € investis. Gulp. Les 63 ventes semblent bien n'être dues qu'à Kobo/la Fnac. 

Le lundi 9 novembre, les ventes retombent. Très sèchement. Pire, alors que j'ai mis un budget de 22€ pour la journée du 9, le taux de clics par rapport aux ventes est très mauvais. C'est alors que je m'aperçois du délire concocté par le bouton Instagram, et que je rectifie le tir en modifiant de nouveau l'argumentaire de la publicité (perdant au passage tous les like et partages pour cette pub).

J'ai tout de même un peu remonté la pente dans la soirée du lundi en faisant 6 ventes (pour 20 clics). Puis, la trilogie est revenue à son prix initial. 

Je ne suis pas encore revenu sur les 230 € dépensés en tout, comme on le voit sur l'image ci dessous, mais je pense que l'exposition en valait la dépense, et devrait m'aider pour les séances de dédicace.


Le message que je voudrais adresser aux autres plates-formes, telles Google et Apple, c'est de ne pas prendre les auteurs autoédités de trop haut.

Pendant la période promotionnelle, j'ai fait une vente sur Google de la trilogie et une sur Apple.

Faites comme Kobo et la Fnac: embauchez une personne responsable des relations avec les auteurs indépendants et les éditeurs. 

Je tiens aussi à souligner que je m'inscris dans un collectif: mes posts sur Facebook ont été partagés par plusieurs auteurs, c'est pourquoi le succès que j'ai pu obtenir est avant tout un succès collectif. 

Comparaison avec Amazon

Les auteurs ayant bénéficié de l'offre éclair ne seront sans doute pas impressionnés par ces chiffres. Suite à la promotion dont j'ai bénéficié, j'ai voulu remettre les pieds sur terre en menant une enquête auprès de collègues auteurs ayant bénéficié de l'offre éclair Amazon. 

Il en ressort que l'offre éclair "a rapporté" en un jour entre 500 et 1000 ventes à ces auteurs, qui souhaitent conserver l'anonymat. Je n'ai absolument aucun doute quant à ces chiffres.

[EDIT 23/11/2015] Après consultations d'autres auteurs, la fourchette de l'offre éclair sur Amazon serait plus importante: entre 200 et 1000 ventes. 

Pourquoi une telle différence avec Kobo/la Fnac? 

Je suis persuadé que l'efficacité de l'offre éclairs tient à la base de données utilisateurs d'Amazon, et notamment à leur newsletter s'adressant aux personnes désireuses de bénéficier de ces offres éclairs.

La newsletter Amazon est parfaitement mise en valeur sur leur site, il est facile de s'y inscrire. Elle apparaît en haut de l'écran, juste au niveau des yeux. On ne peut pas la louper. 

Les "indispensables alertes Fnac" ne semblent pas si indispensables que cela, puisqu'elles apparaissent tout en bas du site, dans un bandeau difficilement lisible sur fond jaune vif. 

Quant à la newsletter Kobo... je n'en ai pas trouvé. Il y a une newsletter à destination des auteurs, mais je n'en ai pas vu pour les lecteurs, et je n'en ai pas vu pour les offres du jour. 

Mon chiffre de vente du dimanche 8 novembre, entièrement dû à la mise en avant Kobo (puisque ma pub n'était plus efficace à ce moment), prouve qu'il y a un vrai public sur la Fnac et Kobo. 

On va peut-être me traiter d'auteur ingrat (ce qui est faux, j'éprouve une vraie gratitude envers le fait que Kobo se tourne vraiment vers les auteurs autoédités, et j'ai conscience que les grands moyens ont été mis au cours de cette promo-ci), me reprocher de faire des critiques, mais j'estime que Kobo et la Fnac gagneraient grandement à entretenir une relation avec les lecteurs via une vraie newsletter.

Et continuez à soutenir les auteurs indépendants. Ils vous le rendront. Ma pub à destination de la Fnac et Kobo a été vue sur Facebook et Instagram par 82 282 personnes en l'espace d'une semaine.



EDIT 28/05/2017: Pubs Facebook: attention aux "j'aime" frauduleux!