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vendredi 24 juillet 2026

Orbite basse : Space X nous mène dans l'impasse

Il y a dix ans, j'ai fait partie des premières personnes en France à s'extasier sur le niveau technologique de Space X, considérant même que de ne pas en parler constituait le plus grand scandale médiatique de ces dernières années. Aujourd'hui, alors que jamais, l'environnement n'a été autant attaqué, avec autant d'incendies absolument ravageurs en Europe et en France, je considère que la trajectoire techno-industrielle de Space X va devenir de plus en plus dangereuse pour la nature, et nous mène dans l'impasse. J'irai jusqu'à dire, en tant qu'auteur de Science-Fiction, que le type de technologie développé par Space X n'est pas une technologie d'avenir, dans la mesure où elle ne s'inscrit pas dans un développement durable. 

 

Comme tant d'autres choses aujourd'hui, de la guerre de la Russie contre l'Ukraine à celle des Etats-Unis contre l'Iran, ou à la politique écologique d'Emmanuel Macron en France (et sa politique tout court), la stratégie de Space X a tout d'une fuite en avant. Un article d'aujourd'hui vendredi 24 juillet de Presse Citron décrit de manière précise, si ce n'est exhaustive (il aurait fallu beaucoup plus d'un simple article pour cela) la catastrophe à venir. Comment, non seulement la saturation de l'orbite basse par les dizaines de milliers de satellites Starlink, plus des millions (oui, millions!) de data centers orbitaux d'Elon Musk vont nuire à la science en empêchant les observations partout dans le monde. Et bien sûr, dégrader l'environnement suite à la destruction progressive dans l'atmosphère de tous ces satellites, une fois arrivés en fin de vie. 

Par ailleurs, la technologie du Starship est tellement incroyablement coûteuse en ergols, c'est à dire le carburant spatial, que Space X a désespérément besoin d'espace sur Terre. L'entreprise de Musk cherche actuellement à s'étendre et à s'implanter un peu partout dans les niches non habitées, c'est à dire les niches de biodiversité dans le monde. Avec, bien sûr, un impact cataclysmique à prévoir sur l'environnement. 

Et quand vous détruisez l'environnement, vous détruisez toute la science qui va avec.

Ce que l'on n'a pas réussi à faire complètement avec la bétonisation et l'urbanisation, Musk promet de l'achever avec ses fusées. C'est rien moins que la promesse d'achever l'environnement, partout où il le pourra. 

Le tableau est trop noir? Trop dramatique? En cet été 2026 où les forêts européennes flambent comme jamais en raison du réchauffement climatique, où xAI, autre entreprise de Musk, opère illégalement des centrales à gaz pour ses datas centers, même des personnes autant attachées au progrès technologique que votre serviteur tirent la sonnette d'alarme. 

Oui, pour reprendre une citation célèbre, je fais partie des gens qui pensent que la Terre est le berceau de l'humanité, et que l'on n'est pas fait pour rester dans son berceau toute sa vie. Je pense que tout le sens de l'évolution du cerveau humain au travers des générations, pour atteindre le niveau d'ingénieur, d'astronome, d'expert en génétique, d'astrophysicien, de chirurgien cardiaque, toute cette évolution ne nous prédestine pas à redevenir de simples chasseurs-cueilleurs. Je pense que notre destin est dans les étoiles et pas seulement sur Terre. Oui, je suis en faveur d'une base sur la Lune (à condition toutefois de prévoir des solutions de repli et d'urgence pour les premiers astronautes, ce qui n'est pas le cas actuellement) et sur Mars, voire ailleurs dans le système solaire. 

En revanche, je m'inscris en faux contre le concept de croissance perpétuelle, de production et d'enrichissement en constante augmentation. Je pense même que l'idée des sphères de Dyson pour amasser toujours plus d'énergie et modifier ainsi le niveau de la civilisation humaine, ou d'une civilisation extraterrestre, cette idée est fort probablement erronée, car trop simpliste. Dyson se basait pour sa prédiction sur la démographie exponentielle d'une civilisation. La vérité, c'est que même les Chinois n'ont plus une croissance exponentielle de leur démographie.

On n'arrête pas le progrès, dit-on. Et ne plus progresser, c'est régresser. Encore faudrait-il savoir de quel progrès, de quelle technologie on parle. En voulant industrialiser l'espace avec son Starship, Musk va probablement réussir, à coût d'économies d'échelle, à rendre la mise en orbite encore beaucoup moins coûteuse. Plus l'homme sera présent dans l'espace, plus les découvertes, et donc les progrès liés à un environnement aussi contraint seront importants. 

A condition toutefois de préserver l'essentiel. A condition de préserver notre bonne vieille planète. Or, une technologie aussi ravageuse pour l'environnement que celle qui nous permet à l'heure actuelle de nous affranchir de la gravité ne saurait être une technologie d'avenir. 

En d'autres termes, il est urgent d'inventer d'autres modes de propulsion que le Starship. Des modes beaucoup plus propres. Je ne sais pas s'il s'agira de catapultes magnétiques ou d'autres systèmes, mais comme je le disais, la course technologique actuelle de Space X, mais aussi des autres sociétés et agences spatiales dans le monde, nous conduit dans le mur. Le fait de pouvoir reposer sur Terre dans leur totalité les fusées lancées, pour les réutiliser avec le minimum de maintenance, ne suffira pas à compenser les destructions environnementales qu'elles occasionnent. 

Le problème de saturation de l'orbite basse ne trouvera sans doute sa vraie solution qu'avec un gouvernement mondial pour réguler tout ça, et bien sûr, bloquer les entreprises absurdes, nuisant à la science.

La course à l'IA va devoir elle aussi être modérée, en raison de la participation au réchauffement climatique de l'IA, là où ça devrait être l'inverse. Et ce, alors même que les états-majors de tous les pays vont pousser pour accélérer dans ce domaine, l'IA étant intégrée de plus en plus aux armées.

La vie n'est pas une fuite en avant. La vie c'est la vie, tout court. 

L'humanité, on le sent tous, je pense, est entrée dans une période critique où il nous faut faire les bons choix pour l'avenir. Il faut arriver à concilier une meilleure exploitation de l'espace et de ses ressources, indispensable au progrès technologique, avec une modération des technologies non durables. Rendre l'espace moins coûteux, oui, mais pas au prix de la vie sur Terre, et en premier lieu de la biodiversité. Un sacré challenge.  

Autres articles sur le même sujet : 

- Le plus grand scandale médiatique de ces dernières années
- Le match Arianespace contre Space X

- Un boulet nommé Boeing 

vendredi 15 novembre 2024

Comment Elon Musk est passé du côté obscur

L'expression "passer du côté obscur", ou "basculer du côté obscur de la Force" est l'une des plus galvaudées et stéréotypée que l'on puisse utiliser de nos jours. Et pourtant, elle va comme un gant à Elon Musk.


Dans l'Empire contre-attaque de George Lucas, réalisé par Irvin Kershner, Dark Vador (Darth Vader) révèle à Luke Skywalker qu'il est son père et s'efforce de l'attirer du côté obscur de la Force.
Imaginons que Dark Vador ait réussi dans son entreprise.
 

Eh bien, dans la vraie vie, c'est ce qui s'est produit avec Elon Musk. J'irais même plus loin: à l'instar de Luke qui combat Dark Vador dans la grotte de Dagobah, Elon Musk est devenu son père. 

Oui, vous avez compris. Il m'est impossible de parler du passage du côté obscur d'Elon Musk sans parler de l'intime et du familial à son sujet. Voire de l'aspect psychanalytique. C'est la seule manière, à mon sens, d'aborder le pourquoi et le comment, en allant un peu plus loin qu'une simple discussion de comptoir. 

Cela étant, si vous êtes un ancien employé d'Elon Musk, vous allez peut-être déclarer : "il a toujours été du côté obscur". Et quelque part, ça se tient. Musk a toujours eu des méthodes brutales de management à l'égard de ses employés. Je veux dire, relisez juste mon article sur la biographie d'Elon Musk par Ashlee Vance, et la manière dont Elon a traité une certaine Marie Beth Brown.

Il est tout à fait possible d'envisager l'idée que Musk, en bon manipulateur, n'ait voté Obama et Biden que pour mieux masquer son jeu. Qu'il ne se soit marié avec une romancière de Fantasy progressiste, Justine Wilson, en l'an 2000, que pour donner le change. Même si à ce stade, reconnaissez que ça paraît un peu tiré par les cheveux. 

On peut aussi estimer que l'engagement climatique de Musk n'est pas réel. Qu'il n'a décidé de remettre en jeu sa fortune d'une centaine de millions de dollars dans les voitures électriques (en 2008) et dans Space X que parce qu'il percevait là, en excellent entrepreneur, des opportunités futures de marché, et non pour réaliser ses rêves d'enfance. Qu'il ne s'est servi des aspirations et rêves des gens progressistes autour de lui que pour mieux les piéger. Parce que son but à lui, depuis le début, ce n'était que le pouvoir. Pouvoir de l'argent et de la célébrité.

Bref, il est sans doute possible de brosser un tableau d'Elon Musk encore plus noir qu'il ne l'est réellement.

Mais cela signifierait oublier un élément crucial nommé Errol Musk. Le père d'Elon. Errol Musk est lui-même un entrepreneur et un ingénieur. Un grand partisan de Donald Trump. 

Ce qui devrait vous mettre la puce à l'oreille, cela dit, c'est qu'Errol Musk dit que celui de ses fils qui a vraiment réussi dans la vie est Kimbal et non Elon. 

Elon n'était pas le fils préféré, et c'est sans doute un euphémisme. On sait qu'il est parti de manière précoce du nid familial en Afrique du Sud pour migrer au Canada, puis aux Etats-Unis. Le fils a donc mis un océan entre lui et son père.

Dans les interviews de Musk où il relate son enfance et adolescence, on comprend qu'il détestait son père et a cherché à s'en éloigner. Ce qui me fait dire qu'Elon Musk n'a pas toujours été du côté obscur, et que ses élans progressistes n'étaient pas seulement des façades, c'est qu'il a été capable de reconnaître le côté malsain de son père et de le combattre, dans une certaine mesure.

Mais, à l'instar de Luke Skywalker dans sa grotte, tout en combattant son père, comme il en adoptait toutes les méthodes, Elon est devenu son père.

Le fait, par exemple, qu'il ait choisi le même métier qu'Errol et qu'il ait été attiré par le management montre l'aspect ambivalent du jeune Elon. Pour son métier, il a choisi de marcher dans les pas de son père. Tout en faisant preuve de résilience dans son jeune âge en s'éloignant de ce père peu aimant, il en a repris les méthodes de management et les valeurs... ou l'absence de valeurs, puisqu'il ne faut pas oublier qu'une société comme Tesla a eu à faire face à un procès pour racisme, que l'entreprise a perdu. 

Elon Musk s'est mis à répéter le schéma familial, avec le même attrait pour le pouvoir et la richesse que son père. 

Et c'est allé plus loin que ces méthodes de management ultra brutales. C'est allé plus loin que l'hyper agressivité que je décrivais déjà dans cet article de 2019, et qui est l'un des moteurs d'Elon Musk. 

Le moment où le manager aux multiples casquettes a commencé à basculer "officiellement" du côté obscur a sans doute correspondu à la pandémie de covid 19 en 2020. La maladie a déboussolé pas mal de monde, dont Elon. Mais l'esprit analytique de Musk a par la suite perçu qu'il y avait de véritables bénéfices politiques à retirer de cette perte soudaine de repères des gens. Les gens devenaient d'un seul coup beaucoup plus vulnérables aux fake news.

Le bond technologique auquel participe pleinement Musk, avec l'accélération folle de l'informatique et des sciences, est secondé de modifications profondes au niveau sociologique. Une bien plus grande importance accordée aux femmes dans la société. La reconnaissance des minorités sexuelles aussi bien qu'ethniques, qui a pris le nom de wokisme aux Etats-Unis, a elle-même été propulsée par le phénomène metoo.

Le wokisme, pour moi, c'est le droit du plus faible. Un descendant des droits de l'homme d'essentiel pour la société. Le fait que ce terme n'ait été forgé qu'au XXème siècle par Martin Luther King en dit long sur l'espèce humaine. Mais le wokisme existe depuis toujours, et n'est propre ni aux Etats-Unis ni au communautarisme. Il fallait juste mettre un nom sur le concept.

La lutte des minorités est bien sûr une lutte des pouvoirs. Elle peut entraîner des excès, des travers, et notamment une manière absolument détestable de vouloir policer le langage, et d'instruire une sorte de police de la pensée, de "politiquement correct" permanent. 

Ces excès ont donné une teinte très négative au wokisme chez la plupart des Américains. C'est une partie de ce qui a porté en germe la défaite de Kamala Harris contre Donald Trump en cette année 2024. Mais entendons-nous bien, seulement une partie. Pour moi, les gens qui ont voté Trump l'ont d'abord fait de manière égoïste, pour que l'on baisse leurs taxes et impôts. Ils l'ont ensuite fait pour rejeter l'immigration de masse. Troisièmement, ils l'ont fait par dégagisme du précédent gouvernement, et seulement à un quatrième niveau par rejet du wokisme et des évolutions sociétales. 

La perte de repères généralisée, aussi bien sociologique que technologique, a bien sûr favorisé un élan conservateur.

Il est donc très fortement ironique que l'un des plus grands propagateurs du changement, Elon Musk lui-même, après le rachat de Twitter en 2022, le transforme en X l'année suivante avant, en 2024, d'en faire un instrument de propagande au service de son nouveau maître, l'empereur du conservatisme Trump. Musk a posté des centaines de tweets par jour en faveur de Trump pour sa campagne, et a donné 100 millions de dollars.

Celui que nombre de ses employés surnomment sans doute Dark Vador, Musk, est allé jusqu'à faire modifier les algorithmes de l'ex Twitter pour favoriser les discours pro-Trump. Le PDG a sans doute conçu une jubilation malsaine à transformer Twitter, un instrument anciennement progressiste et modéré, en un gros virus informatique disséminateur de fake news et de propagande. Souvenez-vous : la même jubilation de sociopathe qu'il éprouvait en se baladant dans les locaux de Twitter en transportant un évier.

Pour prendre une autre métaphore, si Trump est le joueur de flûte maléfique qui entraîne son peuple dans l'abîme, la flûte, c'est X.

L'anti-wokisme d'Elon n'est pas seulement politique. Au contraire, il est fortement rattaché à sa famille. A la détestation du lycée dans lequel a évolué son fils Xavier, où il aurait contracté "le virus woke". Pour moi, le jour où Elon a signé du sang familial son passage du côté obscur a été celui où il a dit que le virus woke avait tué son fils Xavier, en 2022. Le jour où il a rejeté son propre fils en raison de sa transition vers le sexe féminin. Le jour où il a rejeté définitivement Vivian Jenna Wilson. 

C'est à ce moment-là qu'Elon Musk a fusionné avec son père Errol.

Et Vivian Jenna Wilson a réagi, en 2024, de la même manière que son géniteur à l'époque où il avait quitté le nid familial pour migrer vers un autre pays. A la suite de l'élection de Donald Trump, Vivian a en effet annoncé sa décision de quitter les Etats-Unis. 

Vous commencez à me croire, quand je parle de schémas familiaux? 

Il faut savoir que les personnes qui effectuent en toute bonne foi des transitions vers le sexe opposé, et vont au bout, physiquement, de la démarche, sont souvent des personnes autistes. 

Elon Musk est lui-même autiste Asperger. Il y a fort à parier que Vivian Jenna Wilson soit aussi dans le spectre du trouble autistique. Ce qui signifie que Musk a peut-être rejeté celui des membres de sa famille qui était le plus proche de lui. Par ignorance. Par folie.

Et voilà qu'en 2024, Elon Musk et son père Errol s'unissent pour chanter les louanges d'un homme, Donald Trump. Donald Trump, qui va bénéficier des bons conseils d'Elon, puisqu'il se lance dans le business des cryptomonnaies. Un business d'autant plus juteux quand on devient président des Etats-Unis. Non, non, pas de conflit d'intérêt bien sûr... 

Trump n'est pas, bien sûr, qu'un père de substitution pour Musk. Le fait de se rallier à lui va lui permettre de bénéficier d'exemption de taxes à partir de 2025. Son ralliement, c'est avant tout du business, comme l'a montré le bond des entreprises muskiennes à la bourse une fois "Dumpy Trumpy" élu.

J'avais évoqué Donald Trump dans mon article sur les maladies mentales, au sujet des sociopathes. Mais j'y parlais aussi des mères fusionnelles possessives et des mères peu aimantes. 

En examinant le cas de la famille d'Elon Musk, je pense pouvoir dire qu'il y a un aspect fusionnel de type "père peu aimant", aussi bien dans la relation d'Errol avec son fils, que dans la relation d'Elon avec Vivian Jenna Wilson. 

Mon hypothèse est que le gène de la schizophrénie a des dérivés parmi lesquels l'autisme, et notamment l'autisme de type Asperger. L'autisme et la schizophrénie paranoïde sont évidemment des affections très différentes. Mais à mon sens, ce qui les relie, c'est l'aspect fusionnel. Dans ce cas, le passage du côté obscur d'Elon Musk signifierait une régression sur le plan mental dans laquelle l'individualité psychique d'Elon se confondrait avec celle de son père. 

Le père d'Elon, Errol, a 81 ans. Le moyen de vérifier ma théorie serait d'examiner dans quel état se retrouve Elon à la mort de son père. S'il se retrouve entièrement dévasté, dans un état de dépression profonde, ce sera le signe que mon hypothèse est correcte. 

Je n'ai bien sûr aucune compétence de psy, mais de par mon passé familial, je m'intéresse à des affections comme la schizophrénie et à ses gènes dérivés (je précise, je n'ai moi-même jamais été atteint de schizophrénie. Mais interrogez les auteurs autour de vous, et je suis sûr que vous retrouverez des cas de schizophrénie dans leur famille). 

Alors, maintenant, me direz-vous, que faut-il penser de Space X et de Tesla? Faut-il boycotter les entreprises de Musk comme on boycotterait Elon lui-même?

Ma réponse est non. Si j'avais à choisir aujourd'hui un nouveau véhicule en 2024, et non en 2020 comme je l'ai fait, il est probable que je ne voudrais pas mettre de l'argent dans la poche d'Elon Musk en achetant l'une de ses voitures. Je me tournerai sans doute vers la concurrence, vers une autre voiture électrique. Mais ce serait une réponse avant tout émotionnelle, parce que le meilleur réseau de recharge reste celui de Tesla. 

Et il faut bien le reconnaître, ma Tesla reste une voiture fantastique à mes yeux, même si les entreprises de Musk portent sa signature de manière indélébile, et même si mon opinion sur l'individu a fortement évolué. Comme vous pourrez vous en rendre compte en lisant les articles ci-dessous. 

Les employés de Tesla et de Space X restent à mon avis en grande majorité des progressistes. Ils veulent faire évoluer l'humanité dans le bon sens et non dans celui de la dictature trumpiste, dont on ne sait si les Etats-Unis se relèveront. 

Au sujet de Space X, le fait de vouloir industrialiser l'espace me semble toujours indispensable à la conquête de Mars. Mais il y aura des retombées écologiques qui peuvent être très lourdes au niveau de la couche d'ozone, et qu'il faut surveiller de très près. 

Le fait que les organismes de surveillance comme la FAA ou la FDA soient soumis, sous l'administration Trump à partir de 2025, au contrôle d'Elon Musk lui-même fait froid dans le dos. En revanche, le comité théodule décrété par Trump que coprésidera Elon Musk ressemble fort, d'ores et déjà, à une pantalonnade. Un comité chargé de tailler dans les dépenses publiques qui va rémunérer non pas un mais deux directeurs, cela ne me semble ni porter en son sein des valeurs de bonne gestion économique ni des valeurs d'efficacité.

Voilà donc pour mon très modeste éclairage sur les dernières évolutions du nouveau résident de Mar-a-Lago, Elon Musk. En espérant que vous en retirerez un peu plus de profit que d'une simple discussion de comptoir. 

[EDIT 02/12/2024] : cet article de la nouvelle tribune rend compte à quel point le fait qu'Elon Musk se soit "éloigné de la rive" déteint sur l'une de ses entreprises phares, Tesla, qui se rend coupable d'abus écologiques, trahissant ainsi l'une de ses missions. 

Autres articles sur le même sujet: 

- Elon Musk sans langue de bois

- Elon Musk et l'hyper agressivité

- Elon groks the fullness? 

How Elon Musk turned to the dark side

The expression “going over to the dark side”, or “turning to the dark side of the Force”, is one of the most overused and stereotyped we hear these days. And yet, it fits Elon Musk like a glove.


In George Lucas' The Empire Strikes Back, directed by Irvin Kershner, Darth Vader reveals to Luke Skywalker that he is his father, and sets out to lure him to the dark side of the Force.
Let's imagine Darth Vader had succeeded in his endeavor.

Well, in real life, that's what happened with Elon Musk. I'd go even further: like Luke fighting Darth Vader in the cave of Dagobah, Elon Musk has become his father. 

Yes, you've got it. It's impossible for me to talk about Elon Musk's transition to the dark side without mentioning the intimate and familial aspects of his life. Even the psychoanalytical aspect. It's the only way, in my opinion, to tackle the whys and wherefores, going a little further than a simple counter discussion. 

That said, if you're a former employee of Elon Musk, you might say: “He's always been on the dark side”. And in a way, it makes sense. Musk has always had brutal management methods towards his employees. I mean, just reread my article on Ashlee Vance's biography of Elon Musk, and the way Elon treated a certain Marie Beth Brown.

It's quite possible to imagine that Musk, as a good manipulator, only voted for Obama and Biden to hide his game. That he married a progressive fantasy novelist, Justine Wilson, in the year 2000, just to keep up appearances. Although at this stage, you have to admit it sounds a bit far-fetched. 

It could also be argued that Musk's commitment to climate change is not real. That he only decided to put his fortune of a hundred million dollars on the line in electric cars (in 2008) and Space X because, as an excellent entrepreneur, he saw future market opportunities there, and not to realize his childhood dreams. That he only used the aspirations and dreams of the progressive people around him to trap them. Because his goal, right from the start, was power. The power of money and fame.

In short, it's probably possible to paint an even darker picture of Elon Musk than he really is.

But that would mean forgetting a crucial element named Errol Musk. Elon's father. Errol Musk is himself an entrepreneur and an engineer. A big supporter of Donald Trump. 

What should tip you off, though, is that Errol Musk says that the one of his sons who has really made it in life is Kimbal, not Elon. 

Elon was not the favorite son, to put it mildly. We know that he left the family nest in South Africa at an early age to migrate to Canada and then the United States. The son thus put an ocean between him and his father.

In Musk's interviews about his childhood and adolescence, we understand that he hated his father and sought to distance himself from him. What makes me think that Elon Musk wasn't always on the dark side, and that his progressive impulses weren't just facades, is that he was able to recognize his father's unhealthy side and fight it, to a certain extent.

But, like Luke Skywalker in his cave, while fighting his father, as he adopted all his father's methods, Elon became his father. 

The fact, for example, that he chose the same profession as Errol and was attracted to management shows the ambivalent aspect of young Elon. In his profession, he has chosen to follow in his father's footsteps. While he showed resilience at a young age by distancing himself from this unloving father, he took on his father's management methods and values... or lack of values, since we shouldn't forget that a company like Tesla had to face a racism lawsuit, which the company lost. 

Elon Musk began to repeat the family pattern, with the same drive for power and wealth as his father. 

And it's gone further than those ultra brutal management methods. It's gone further than the hyper-aggressiveness I already described in this 2019 article, and which is one of Elon Musk's driving forces. 

The moment when the multi-hatted manager began to “officially” switch to the dark side was undoubtedly the covid 19 pandemic in 2020. The disease confused a lot of people, including Elon. But Musk's analytical mind subsequently perceived that there were real political benefits to be gained from this sudden loss of people's bearings. People were suddenly much more vulnerable to fake news.

The technological leap in which Musk is fully involved, with the insane acceleration of computing and science, is accompanied by profound changes on the sociological level. A much greater emphasis on women in society. The recognition of sexual as well as ethnic minorities, which has taken the name of wokism in the USA, has itself been propelled by the metoo phenomenon.

For me, wokism is the right of the weakest. A descendant of the human rights essential to society. The fact that this term was only coined in the 20th century by Martin Luther King speaks volumes about the human species. But wokism has always existed, and is not peculiar to the United States or to communitarianism. We just had to put a name to the concept.

The struggle of minorities is, of course, a struggle for power. It can lead to excesses and shortcomings, and in particular to an absolutely detestable attempt to police language, and to instruct a kind of thought police, of permanent “political correctness”. 

These excesses have given a very negative tinge to wokism among most Americans. It's part of what sowed the seeds of Kamala Harris's defeat of Donald Trump in the year 2024. But let's be clear, only part of it. As I see it, the people who voted for Trump did so first of all selfishly, to have their taxes lowered. Second, they did it to reject mass immigration. Thirdly, they did it out of disgust with the previous government, and only on a fourth level out of rejection of wokism and societal evolutions. 

The widespread loss of reference points, both sociological and technological, has naturally encouraged a conservative impulse.

So it's highly ironic that one of the greatest propagators of change, Elon Musk himself, after buying Twitter in 2022, turned it into X the following year before, in 2024, turning it into a propaganda tool in the service of his new master, the emperor of conservatism Trump. Musk posted hundreds of tweets a day in support of Trump's campaign, and donated $100 million.

The man many of his employees no doubt nickname Darth Vader, Musk, has gone so far as to have the algorithms of the former Twitter modified to favor pro-Trump rhetoric. The CEO undoubtedly conceived an unhealthy glee in transforming Twitter, a formerly progressive and moderate instrument, into a big computer virus disseminating fake news and propaganda. Remember: the same sociopathic glee he used to feel when walking around Twitter's premises carrying a sink.

To take another metaphor, if Trump is the evil Pied Piper dragging his people into the abyss, the flute is X. 

Elon's anti-Wokism isn't just political. On the contrary, it's strongly linked to his family. A detestation of the high school his son Xavier attended, where he is said to have contracted “the woke virus”. For me, the day Elon signed his passage to the dark side with his family's blood was the day he said that the woke virus had killed his son Xavier, in 2022. The day he rejected his own son because of his transition to female. The day he rejected Vivian Jenna Wilson for good.

That's when Elon Musk merged with his father Errol. 

And Vivian Jenna Wilson reacted, in 2024, in the same way as her progenitor did when he left the family nest to migrate to another country. Following the election of Donald Trump, Vivian in fact announced her decision to leave the United States.

Are you starting to believe me when I talk about family patterns?

It's worth noting that people who make transitions to the opposite sex in good faith, and go through with it physically, are often autistic. 

Elon Musk himself has Asperger's autism. It's a safe bet that Vivian Jenna Wilson is also on the autism spectrum. Which means Musk may have rejected the family member closest to him. Out of ignorance. Out of insanity. 

And now, in 2024, Elon Musk and his father Errol are joining forces to sing the praises of one man, Donald Trump. Donald Trump, who will benefit from Elon's good advice, as he enters the cryptocurrency business. A business all the more juicy when you become President of the United States. No, no, no conflict of interest, of course... 

Trump is not, of course, just a surrogate father to Musk. Rallying behind him will allow him to benefit from tax exemptions from 2025 onwards. His rallying is first and foremost about business, as demonstrated by the surge in Musk companies on the stock market once “Dumpy Trumpy” was elected. 

I mentioned Donald Trump in my article on mental illness, about sociopaths. But I also talked about possessive mothers and unloving mothers.

Looking at the case of Elon Musk's family, I think it's fair to say that there's an “unloving father” fusion aspect to both Errol's relationship with his son, and Elon's relationship with Vivian Jenna Wilson.

My hypothesis is that the schizophrenia gene has derivatives, including autism, and in particular Asperger's autism. Autism and paranoid schizophrenia are obviously very different conditions. But to my mind, what links them is the fusional aspect. In this case, Elon Musk's passage to the dark side would mean a mental regression in which his psychic individuality would merge with that of his father. 

Elon's father, Errol, is 81. The way to test my theory would be to examine the state Elon finds himself in when his father dies. If he finds himself completely devastated, in a state of deep depression, that would be a sign that my hypothesis is correct. 

I'm not a qualified psychologist, of course, but because of my family background, I'm interested in conditions such as schizophrenia and its gene derivatives (to be clear, I've never suffered from schizophrenia myself. But ask the authors around you, and I'm sure you'll find cases of schizophrenia in their families).

So now, you may ask, what are we to think of Space X and Tesla? Should we boycott Musk's companies as we would boycott Elon himself? 

My answer is no. If I had to choose a new vehicle today in 2024, and not in 2020 as I did, I probably wouldn't want to put money in Elon Musk's pocket by buying one of his cars. I'd probably turn to the competition, to another electric car. But that would be an emotional response above all, because the best charging network is still Tesla's. 

And let's face it, my Tesla is still a fantastic car in my eyes, even if Musk's ventures bear his signature indelibly, and even if my opinion of the individual has greatly evolved. As you can see from the articles below. 

In my opinion, the vast majority of Tesla and Space X employees are still progressives. They want humanity to evolve in the right direction, not in the direction of the Trumpist dictatorship, from which we don't know if the United States will recover. 

On the subject of Space X, the desire to industrialize space still seems essential to the conquest of Mars. But there will be ecological repercussions that could have a serious impact on the ozone layer, and which we need to monitor very closely. 

The fact that oversight bodies such as the FAA and FDA will be subject to the control of Elon Musk himself from 2025 under the Trump administration is chilling. On the other hand, the theodule committee decreed by Trump, which Elon Musk will co-chair, already looks like a pantalonnade. A committee tasked with slashing public spending that is going to pay not one but two directors doesn't seem to me to embody the values of sound economic management or efficiency.

The fact that oversight bodies such as the FAA and FDA will be subject to the control of Elon Musk himself from 2025 under the Trump administration is chilling. On the other hand, the theodule committee decreed by Trump, which Elon Musk will co-chair, already looks like a farce. A committee tasked with slashing public spending that is going to pay not one but two directors doesn't seem to me to embody the values of sound economic management or efficiency.

So much for my very modest insight into the latest developments from Mar-a-Lago's new resident, Elon Musk. Hopefully, you'll get a bit more out of it than just a chat over the counter.

Other articles on the same subject:

- Elon Musk's straight to the point

- Elon Musk and hyper-aggressiveness

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lundi 3 juillet 2023

Elon groks the fullness?

Même ses détracteurs doivent le reconnaître, le multi-milliardaire Elon Musk, avec notamment ses entreprises Tesla et Space X (et anciennement Paypal) a un véritable impact sur ses contemporains. Mais qu'est-ce qui a un impact sur Elon? Ou plutôt, qu'est ce qui a eu un fort impact sur lui? Eh bien, un simple roman. Et pas n'importe lequel. Un roman de Science-Fiction de Robert Heinlein publié en 1961, Etranger en terre inconnue (Stranger in a strange land). Robert Heinlein, nul autre que l'écrivain qui, dans les années 1980, a été l'un des piliers du « Conseil citoyen sur la politique spatiale» à l'origine de l’Initiative de défense stratégique du président Ronald Reagan. L'un des hommes, décédé en 1989, qui a mis au point le concept de guerre des étoiles, lequel a entraîné la chute de l'URSS. Rien que ça. Chute qui a encore des répercussions sur tout un chacun aujourd'hui, notamment avec la guerre en Ukraine. Comme on le voit, l'influence d'un auteur de science-fiction comme Heinlein, l'impact qu'il a sur chacun de nous, se fait à plusieurs niveaux, et lui survit largement.

Elon se décrit lui-même souvent comme un alien venu de la planète Mars, et cherchant à y retourner. Stranger in a strange land, de Robert Heinlein, Etranger en terre inconnu retrace l'histoire de l'homme né sur Mars, un individu humain ayant fait son apprentissage auprès des Martiens. Cet homme aux pouvoirs extraordinaires se retrouve dépêché sur Terre en tant qu'espion par les "Grands Anciens" de Mars. Le roman sorti en 1961 d'Heinlein, que je vous recommande très chaudement si vous ne l'avez pas déjà lu, a été comme par hasard l'un des favoris d'Elon Musk dans sa jeunesse en Afrique du Sud.

Je vais ici vous présenter, en français et en anglais, quelques extraits qui tendent à prouver l'influence qu'a eu ce roman sur ce milliardaire qui veut envoyer l'homme sur Mars. A vous de décider si cet impact est uniquement une idée fumeuse de ma part, où si cette hypothèse repose sur des bases concrètes. Attention aux spoilers bien sûr!

En plus de sa longueur épuisante, le trajet était très hasardeux. Ce n'est qu'en se réapprovisionnant à une station spatiale, puis en virant de bord presque dans l'atmosphère terrestre, que ce cercueil volant primitif, l'Envoyé, pouvait espérer faire le voyage. Une fois sur Mars, il pouvait être capable de revenir - s'il ne se crashait pas à l'atterrissage, si l'on pouvait trouver de l'eau sur Mars pour remplir ses réservoirs de réaction massique, si une espèce de nourriture pouvait être trouvée sur Mars, si un millier d'autres choses ne partaient pas en sucette.

Besides its wearing length, the trip was very chancy.  Only by refueling at a space station, then tacking back almost into Earth's atmosphere, could this primitive flying coffin, the Envoy, make the trip at all. Once at Mars she might be able to return-if she did not crash in landing, if water could be found on Mars to fill her reaction-mass tanks, if some sort of food could be found on Mars, if a thousand other things did not go wrong. 

On voit ici une description très détaillée du voyage sur Mars avec réapprovisionnement en route du vaisseau, ce qui est exactement le projet de Space X pour son Starship. 

"Cette idée qu'un seul homme possède une planète... c'est fantastique !
- Ne prononcez pas ce mot devant un avocat, il ne vous comprendrait pas. Se frotter à des moucherons et avaler des couleuvres est un passage obligé dans toutes les facultés de droit. D'ailleurs, il y a un cas d'école. Au quinzième siècle, le pape a cédé tout l'hémisphère occidental à l'Espagne et au Portugal et personne n'a prêté la moindre attention au fait que le terrain était déjà occupé par plusieurs millions d'Indiens avec leurs propres lois, coutumes et notions de droit de propriété. Son acte de concession a aussi été sacrément efficace."

"(...) This notion of a single man owning a planet... it's fantastic!

- Don't use that word to a lawyer; he won't understand you. Straining at gnats and swallowing camels is a required course in all law schools. Besides, there is a case in point. In the fifteenth century the Pope deeded the entire western hemisphere to Spain and Portugal and nobody paid the slightest attetion to the fact that the real estate was already occupied by several million Indians with their own laws, customs, and notions of property rights. His grant deed was pretty effective, too."

Dans le roman, l'homme venu de Mars est extraordinairement riche, et il pourrait même juridiquement posséder la planète Mars dans sa globalité. Elon Musk est un homme de pouvoir. L'idée de posséder une planète entière n'a pu, selon moi, qu'être très séduisante pour lui.

Le Royaume d'Afrique du Sud, membre associé de la Fédération, a de nouveau été assigné devant la Haute Cour pour persécution de sa minorité blanche.

The Kingdom of South Africa, Federation associate member, had again been cited before the High Court for persecution of its white minority.

Un passage d'une ironie mordante puisque écrit en 1960 ou 1961, à l'époque de l'apartheid. En tant que lecteur, Elon Musk, qui percevait les changements en cours dans son pays, avec la lutte de Nelson Mandela pour la fin de la ségrégation, a dû là encore être séduit par ce moment du roman se référant au pays où il vivait à l'époque. A noter aussi que Robert Heinlein a correctement anticipé la transition du pouvoir en Afrique du Sud. 

"(...)Capitaine, vous ne savez manifestement pas ce qu'est l'extrême richesse d'un vieil homme de la mer. Ce n'est pas une bourse bien garnie et du temps pour la dépenser. Son propriétaire est assailli de toutes parts, à toute heure, où qu'il aille, par des solliciteurs persistants, comme des mendiants à Bombay, chacun exigeant qu'il investisse ou donne une partie de sa fortune. Il se méfie des amitiés honnêtes, qui lui sont d'ailleurs rarement offertes ; ceux qui auraient pu être ses amis sont trop délicats pour se laisser bousculer par des mendiants, trop fiers pour risquer d'être pris pour eux. Pire encore, sa vie et la vie de sa famille sont tout le temps en danger. Capitaine, vos filles ont-elles déjà été menacées d'enlèvement ?
- Quoi ? Mon Dieu, j'espère que non !"
- Si vous possédiez la richesse de Mike, vous feriez garder vos filles nuit et jour - et même là, vous ne vous reposeriez pas, car vous ne seriez jamais sûr que ces mêmes gardes du corps ne soient pas tentés. Regardez les archives de la dernière centaine d'enlèvements dans ce pays et notez combien d'entre eux impliquaient un employé de confiance... et notez aussi combien peu de victimes s'en sont sorties vivantes. Demandez-vous alors s'il existe un luxe que la richesse puisse acheter et qui vaille la peine que le joli cou de vos filles soit en permanence enserré dans un nœud coulant."

"(...)Captain, you obviously don't know what an Old Man of the Sea great wealth is. It is not a fat purse and time to spend it. Its owner finds himself beset on every side, at every hour, wherever he goes, by persistent pleaders like beggars in bombay, each demanding that he invest or give away part of his wealth. He becomes suspicious of honest friendship-indeed honest frindship is rarely offered him; those who could have been his friends are too fastidious to be jostled by beggars, too proud to risk being mistaken for one. Worse yet, his life and the lives of his family are always in danger. Captain, have your daughters ever been threatened with kidnapping? 
-What? Good Lord, I should hope not!
- If you possessed the wealth Mike had thrust on him, you would have those girls guarded night and day -and even then you would not rest, because you would never be sure that those very guards were not tempted. Look at the records of the last hundred or so kidnappings in this country and note how many of them involved a trusted employee... an note, too, how few victims escaped alive. The ask yourself: is there any luxury wealth can buy which is worth having your daughters' pretty necks always in a noose?"

Un passage démontrant les dangers de la richesse extrême, qui n'a en rien empêché Musk de devenir extrêmement riche. Là, on est dans le cas où la mise en garde contre la richesse extrême produit l'effet inverse de celui désiré, en en renforçant l'attrait. Selon Justine Musk, ex épouse d'Elon, celui-ci court après la célébrité. Elle a raison, bien sûr, mais pas seulement. D'après moi, Elon Musk court au moins en partie après le pouvoir, et le pouvoir passe par l'argent. On ne peut pas vouloir avoir un impact sur notre monde sans courir après le pouvoir. C'est impossible. Et c'est valable aussi pour moi en tant qu'auteur, j'en ai conscience. 
 
Jubal dit lentement : "Si je me souviens bien, Prométhée a payé un lourd tribut pour avoir apporté le feu à l'humanité.
- Et ne pensez pas que Mike ne paie pas le sien ! Il paie en travaillant vingt-quatre heures par jour, sept jours sur sept, en essayant d'enseigner à quelques-uns d'entre nous comment jouer avec des allumettes sans se brûler."

Jubal said slowly, "As I recall, Prometheus paid a high price for bringing fire to mankind.
- And don't think that Mike doesn't! He pays with twenty-four hours of work every day, seven days a week, trying to teach a few of us how to play with matches without getting burned.

Chacun sait qu'Elon Musk a une capacité de travail délirante, supérieure à celle du commun des mortels. C'est pourquoi, d'ailleurs, le nombre de burnouts dans ses entreprises est si important: ses cadres et employés ne peuvent pas suivre. C'est pourquoi aussi le taux de renouvellement du personnel de Tesla et de Space X est si important. C'est aussi pourquoi les ex employés de Tesla ou Space X viennent alimenter la concurrence. Ce passage montre en tout cas qu'Elon Musk s'est vraiment identifié à cet homme venu de Mars. L'aspect asocial de l'homme, ses immenses difficultés d'acclimatation à l'environnement social plus encore qu'à l'environnement tout court n'ont pu qu'exercer un puissant attrait sur Musk, car il s'est reconnu dans le personnage. Il s'y est aussi reconnu pour son aspect Prométhéen, pour ces idéaux qui sont forts en Musk. Quand tout concorde, c'est naturel de s'identifier. 
 
Il faut juste espérer que les sinistres paroles de Jubal au sujet de Prométhée ne se vérifient pas pour Elon Musk. Je ne le lui souhaite en aucun cas!

Après avoir lu Stranger in a strange land, je suis au final persuadé que le roman a eu un effet sur le destin d'Elon Musk. Que le futur de Musk n'aurait pas été le même s'il n'avait pas lu le roman. Je peux me tromper, bien sûr. 
 
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dimanche 11 septembre 2022

Un boulet nommé Boeing

« Pour 2,2 milliards de dollars, t'as plus rien! » C'est ce que pourraient s'exclamer les pontes de la NASA, qui évaluent à cette somme le simple lancement du Space Launch System, la fameuse fusée SLS devant donner le coup d'envoi de la mission Artémis sur la Lune. La fusée, dont le premier étage et les moteurs sont construits par Boeing, ne cesse de subir retard sur retard, augmentant sans cesse les coûts. En faisant le choix de l'hydrogène liquide comme carburant, Boeing a pris une option de nature à faire exploser les coûts, et à ne préparer en aucun cas l'avenir. Là où son concurrent Space X, en choisissant le méthane comme carburant pour son futur Starship, mise au contraire sur la fiabilité, la réduction des coûts et l'avenir. 

Je n'ai abordé véritablement les défis du spatial, en consacrant l'article à Space X qu'une seule fois sur ce blog, en 2016. Et encore, à l'époque, j'avais privilégié l'angle de la médiatisation, qualifiant le mensonge par omission que constitue Space X dans les médias de Plus grand scandale médiatique de ces dernières années. 

Ah 2016! Que de choses se sont passées depuis! Ou, en termes plus familiers, bordel, qu'est-ce que le monde a changé en 6 ans! Nostalgie... Space X s'est mis à envoyer des astronautes sur la station spatiale internationale et à les faire revenir sur Terre. La constellation Starlink, qui n'était qu'à l'état de projet au mieux en 2016, compte maintenant plus de 3000 satellites, tous envoyés par des fusées Falcon 9 dont le premier étage s'est quasiment systématiquement reposé sur la terre ferme, ou le plus souvent sur des barges automatisées dans l'océan. Le coût de l'abonnement Starlink a été divisé par deux en France, à 50 € par mois, et il est maintenant possible de se connecter de n'importe où sur l'hexagone si l'on dispose de l'abonnement et de l'équipement approprié.

A noter que les fusées Falcon, avec leurs réacteurs Merlin, ces modèles de fiabilité, utilisent du kérosène et non de l'hydrogène liquide comme carburant. (Je ne parlerai pas ici de comburant pour limiter la complexité de l'article.)

Depuis 2016, le projet Starship a grandement avancé. Les scientifiques ont cru qu'Elon Musk était tombé sur la tête quand il a dit qu'il comptait récupérer le Starship à l'aide de bras articulés, ce qui ne s'est jamais fait dans l'histoire de la conquête spatiale. Mais en même temps, ces mêmes scientifiques spécialisés dans les technologies spatiales ont cru la même chose quand le même Musk avait parlé de faire atterrir des étages de fusées... Voire, avec Starship, une fusée entière. 

 

La leçon à en tirer? C'est peut-être en réussissant des paris impossibles qu'on fait le plus progresser la technologie. A condition toutefois que ces paris ne soient pas juste un tour de force du moment, mais qu'ils ouvrent la voie à quelque chose d'industrialisable, et donc, de nature à faire baisser drastiquement les coûts. Disruption, quand tu nous tiens...

La plupart des auteurs autoédités comme moi connaissent certains modes de pensée assez courants chez les auteurs traditionnellement édités. Le fait par exemple que parler de l'argent, c'est vulgaire, ça ne se fait pas. C'est limite salissant. Eh bien on peut se demander si chez les scientifiques spécialisés dans le spatial, on n'a pas la même dérive, en fait. 

Après tout, le spatial étant financé par la manne de l'argent public, il n'y a pas à se préoccuper d'argent, n'est-ce pas? Le rêve avant tout. Dépensons sans compter l'argent du contribuable!

Sauf que le Congrès américain, en son temps, n'a pas hésité à couper les vivres à la navette spatiale, non seulement pour des raisons de fiabilité, mais surtout pour des raisons de coût. Ce qui a entraîné la dépendance envers la technologie russe, à une certaine période, pour l'accès à la Station spatiale internationale. Eh oui, les reality checks, des fois, ça fait mal...

Revenons donc à cette histoire de carburant. L'hydrogène liquide est l'un des éléments de l'univers qu'il est le plus difficile d'isoler et de maîtriser, il ne faut donc pas s'étonner que d'énormes quantités d'hydrogène liquide utilisés comme carburant par Boeing dans la fusée SLS provoquent des fuites à répétition... ces mêmes fuites qui, si elles atteignent un certain seuil, vont provoquer des explosions. L'hydrogène liquide, qui semble à la base avoir des coûts raisonnables, dans le cadre du spatial, induit donc des coûts cachés qui sont redoutables. Et d'autant plus pour des fusées très puissantes, qui doivent se mettre en orbite autour de la lune, et qui vont donc en utiliser beaucoup plus que pour le simple envoi de satellites. Plus vous en utilisez, moins c'est maîtrisable.

Le méthane ne garantit pas l'absence d'explosion, comme on l'a vu avec l'un des essais sur le starship, mais s'avère beaucoup plus stable. Et dans le cadre de la conquête future de mars, le méthane est bien évidemment la solution à privilégier, puisqu'il sera possible d'en produire directement sur la planète rouge. L'atmosphère y étant principalement composée de CO2, grâce à l'installation de centrales solaires sur mars, il serait possible de mettre en œuvre le processus Sabatier en provoquant l'électrolyse du carbone mélangé à de l'eau glacée trouvée sur la planète. Ce qui produirait du méthane, sur place. 

Il existe même des méthodes expérimentales pour se passer d'hydrogène et convertir directement le CO2 de mars en méthane, grâce au zinc. 

L'autre alternative, l'envoi des quantités nécessaires de carburant sur place pour permettre à une fusée de redécoller s'avère prohibitif en coût, en énergie et en complexité.

Là où Space X va progressivement réduire le coût d'envoi et de réutilisation de ses Starships, à la condition bien sûr que la société parvienne à récupérer les fusées sans que l'atterrissage n'occasionne de dégâts sur les fusées Raptor, grâce aux bras articulés, là où la compagnie a fait le choix de la fiabilité du carburant, on voit donc que Boeing nous propose une technologie nettement plus aléatoire, et qui ne permettra de toute façon pas de faire redécoller les fusées sur mars. Qui prépare le mieux l'avenir, à votre avis? Alors même que la mission Artémis est censée préparer mars...

Oui, je sais Space X ne pourra pas directement accueillir ses Starships sur mars à l'aide de bras articulés, il y aura certainement des modèles intermédiaires de starships qui proposeront des pieds pour atterrir, ou amarsir, de manière classique. Mais qui peut le plus peut le moins. Si la technologie de rattrapage marche sur Terre, elle devrait aussi fonctionner à terme sur mars. 

Et les fusées Ariane, dans tout ça? Elles n'utilisent pas de méthane, mais du propergol solide, et je vous le donne en mille, de l'hydrogène liquide comme carburant. La fusée Ariane 6, qui sortira si tout va bien en 2023, bien que moins coûteuse en carburant, ne sera toujours pas réutilisable. Il en va de même, bien sûr, pour le Space Launch System.   

Pour reparler de Boeing, il nous reste tous à espérer que la Nasa ait blindé son contrat avec eux. En cas d'échecs répétés du SLS, la Nasa devrait être capable de réattribuer le contrat à un autre opérateur qui permettra de gagner du temps et de l'argent. 

Alors, bien sûr, le Starship n'est pas encore prêt. Starship qui présente à priori une triple évolution par rapport au Falcon 9: 

- il n'y a que deux étages

- les deux étages seront réutilisables

- le mécanisme de type Mechazilla, ou "chopsticks", ou bras articulés, permettra de récupérer le booster principal (premier étage)

Néanmoins, Space X a beaucoup progressé. Dans sa volonté de réduire drastiquement les coûts, l'entreprise n'est bien sûr pas non plus exempte d'erreur, comme en a témoigné un tir statique récent des six raptors de l'étage supérieur. Comme Space X avait rogné sur le déluge d'eau pour noyer les réacteurs, et comme la société n'avait pas été autorisée à débroussailler les environs en totalité, des broussailles ont pris feu, cela s'est propagé, et les pompiers ont dû s'employer à éteindre l'incendie. 

De quoi entraîner de nouveaux retards, mais Space X apprend de ses échecs et va vers toujours plus d'efficience au niveau de l'ingénierie. Et donc, il est très possible, presque prévisible en fait, si le SLS prend du retard sur plusieurs mois, que le Starship finisse par le rattraper et devienne, de loin, la meilleure option. En attendant, c'est avec un certain scepticisme que je vais assister à la prochaine tentative de lancement de la mission Artemis et du SLS le 23 (ou le 27) septembre. 

[EDIT 20/09/2022] : L'article de Numérama sur le sujet, qui ne m'a pas convaincu. C'est en effet dans les mois à venir que l'on saura si Space X a eu raison ou non de s'engager dans la voie du méthane. Et mon petit doigt me dit qu'ils sont sur la bonne voie...

lundi 11 octobre 2021

Elon Musk sans langue de bois

Je viens de terminer la formidable biographie d'Elon Musk d'Ashlee Vance, et je ne peux que recommander chaudement cet ouvrage. Un travail d'investigation de grande qualité, qui explique Elon Musk sans parti pris ni langue de bois. De mon côté, je ne peux prétendre à la même impartialité qu'Ashlee Vance parce que, même si ça peut paraître ridicule dit comme ça, je me sens trop proche du patron de Space X et Tesla. C'est pourquoi cette biographie a été pour moi une grande désillusion et une vraie douleur. Oui, Elon Musk, en contrepartie de susciter de grandes aspirations chez ses collaborateurs, pratique le management par la peur. Oui, il a broyé dans son sillon, non pas ses ennemis, mais certains de ses plus proches alliés et employés. Des personnes qui s'efforçaient de sacrifier autant leur vie à leur travail qu'il le fait lui-même. La pilule est amère. 

Imaginez Pepper Potts qui va voir Tony Stark. "Tony, ça fait des années que je bosse comme une folle à tes côtés. Tu t'es mis à me faire confiance, à tel point que je suis comme devenue un prolongement de toi-même. J'ai eu à prendre des décisions qui allaient très au-delà de ma fiche de poste d'assistante, j'ai bossé sans compter mes heures et la grande majorité de tes collaborateurs s'adressent à moi quand ils veulent te parler. Je pense que je mérite un meilleur salaire. Je crois que mon niveau de salaire devrait être équivalent à celui d'un cadre de ton entreprise."
Tony Stark lui répond: "Je vais examiner ta demande, mais j'ai besoin de temps. Ecoute, tu vas prendre deux semaines de vacances, et pendant ce temps, je vais assumer tes fonctions en plus des miennes, ce qui me permettra d'évaluer plus finement ta charge de travail. Je ne pourrais décider d'une éventuelle augmentation de salaire qu'après ça."
Pepper Potts accepte donc de partir en vacances pendant deux semaines. Pendant son absence, Tony Stark confie son travail à une autre assistante. A son retour, Tony Stark tient le discours suivant à Pepper Potts: "Ton travail peut être accompli par n'importe qui. J'ai donc décidé de te reconduire dans ton poste d'assistante, au même salaire, mais cette fois tu travailleras en tant qu'assistante de notre Directeur des Ressources Humaines."

Se sentant humiliée et trahie, Pepper Potts ne se présente jamais à son nouveau poste d'assistante et finit par être purement et simplement renvoyée. Tony Stark ne lui a plus reparlé depuis. 

Voilà à quelques détails près ce qui s'est passé avec Mary Beth Brown, fidèle assistante des premières heures d'Elon Musk ayant travaillé à Space X. Et voilà comment de nombreux patrons peuvent prétendre ne jamais vous avoir viré, parce qu'ils vous ont placé dans une situation totalement inacceptable pour vous, et que vous avez été contraint à la démission ou à la faute lourde. 

J'ai trouvé, cela dit, Ashlee Vance très bienveillant à l'égard d'Elon Musk. Il a compris toute la portée des changements que Musk cherche à impulser dans notre société. Il a saisi la force de travail et le génie admirable, non seulement de l'ingénieur, mais du stratège visionnaire qui a pour modèle Alexandre le Grand, au point de nommer son premier fils (hélas décédé de la mort subite du nourrisson) Alexander. 

Inventeur, mais aussi recruteur de génie, créateur prolixe et forçat de travail, releveur d'inimaginables défis, Musk mérite l'admiration de Vance, celle que l'on voit poindre à toutes les pages. 

Vance se décrit lui-même comme quelqu'un de cynique, et c'est peut-être ce cynisme qui lui permet de garder sa lucidité la plupart du temps. Il a interrogé les proches de Musk, ses collaborateurs, Musk lui-même. Et il nous dit bien qu'Elon Musk "travaille ses employés jusqu'à l'os". Pour réussir chez Space X? Travailler 16 heures par jour tous les jours pendant des années, comme l'un de ses cadres.

Soit vous résistez, soit vous faites un burn-out, auquel cas vous êtes viré comme un malpropre. Combien de vies brisées dans le sillage de ce géant? Des centaines, des milliers? Il est devenu évident pour moi au fil des pages que pour se sortir du milieu ultraconcurrentiel de la Silicon Valley, de la jungle XXL des start-ups californiennes, celui qui s'est décrit lui-même auprès de sa première épouse comme "le mâle alpha" de la relation s'est comporté à moult reprises en fils de pute. 

Cela a causé chez moi chagrin et dégoût. Celui que je voyais comme un modèle m'a prouvé, de par son parcours, qu'on ne peut réussir à haut niveau qu'en se comportant en mâle alpha, c'est à dire, littéralement, en tueur parmi les tueurs. Mes rêves d'une société plus empathique, plus compréhensive, plus chaleureuse et bienveillante, se sont retrouvés piétinés. Et pourtant j'estime, même maintenant, qu'il y a bien pire qu'Elon Musk dans le petit cercle des patrons multimilliardaires. Musk est resté fidèle à ses nobles objectifs et il a toujours guidé par l'exemple en montrant que les sacrifices qu'il réclamait, il était le premier à les consentir, et plus encore. 

Si ce livre m'a autant touché, c'est qu'à sa lecture, je me suis senti de plus en plus proche de Musk. Au fil des pages, il est devenu un frère. Une âme-sœur. Cela peut faire rire ou sourire, mais il y a des raisons à cela. Musk est:

- un geek, je suis un geek

- né en juin 1971, je suis d'octobre 1971

- petit-fils de très grands aventuriers, qui ont notamment rallié l'Australie en coucou à partir de l'Afrique du Sud, il est né en Afrique du Sud. Mes parents se sont rencontrés au Rwanda. Je suis né à Quito en Equateur, à 3000 mètres d'altitude, et j'ai vécu 4 ans en Côte d'Ivoire, à Abidjan. Mes parents n'étaient pas d'aussi grands aventuriers que les grands-parents de Musk, mais je pense qu'on peut dire qu'ils avaient l'âme aventureuse, ou en tout cas ne correspondaient pas à un profil typique

- Asperger, comme il l'a reconnu lui-même (l'une des erreurs, d'ailleurs, du livre de Vance, qui estimait que Musk ne souffrait pas d'autisme), ce qui fait donc de lui un autiste dont l'empathie est diminuée, avec une très grande force de concentration, une grande créativité et une tendance à être "dans la lune" préjudiciable aux échanges sociaux. Je suis moi-même créatif et ai souvent été dans la lune dans mon enfance. Je ne suis pas autiste à proprement parler, mais je pense partager avec lui certains gènes de l'autisme ou de la schizophrénie, une partie de ma famille proche ayant des antécédents très lourds côté schizophrénie

- un ex-adolescent dont la vie a été mise en danger par des abrutis psychopathes qui ne supportaient pas sa différence, qui l'ont fait chuter d'un escalier et l'ont battu. Au collège, les autres élèves me reconnaissaient aussi comme différent, et j'ai moi aussi failli mourir puisqu'en me faisant poursuivre dans un couloir, je suis tombé la tête la première sur un radiateur. Celui qui me poursuivait le faisait plus par jeu qu'autre chose, mais il est clair que je n'étais pas l'élève le plus populaire. Dans mon quartier, je me faisais casser la figure par des voyous

- fils d'un père abusif. De mon côté, j'adorais mon père, mais tout n'a pas été rose avec ma mère, comme je le décris dans la Lettre à moi-même

- très grand lecteur et notamment d'auteurs comme Asimov et de son cycle de Fondation, sa première épouse était une romancière de Fantasy. J'ai beaucoup lu quoique moins qu'Elon, et je suis entre autre auteur de Fantasy

- attiré par l'espace, il veut coloniser Mars. Je rêve aussi du jour où l'homme mettra les pieds sur Mars, et je trouve les objectifs de Musk très inspirants

- créateur de véhicules électriques. Je suis l'heureux possesseur d'une Tesla Model 3   

Alors oui, il y a aussi d'importantes différences. Je ne suis ni ingénieur, ni matheux, ni programmeur. C'est mon frère le chercheur en astrophysique médaillé de bronze du CNRS. Je suis néanmoins aussi auteur de Science-Fiction et amateur de technologies nouvelles. 

Je ne suis pas du tout un bourreau de travail contrairement à Musk. En revanche, j'ai en quelque sorte monté ma petite entreprise informelle, puisque je suis auteur autoédité. Je pense sincèrement que les quelques gènes autistes que j'ai en moi m'aident à supporter les séances de dédicace de 10h à 19h dans des centres commerciaux comme les Auchan, séances du week-end que j'organise depuis plus de 10 ans, et qui m'ont permis de vendre plus de 10 000 livres papier. Je ne pense pas que mon travail, sur la durée, soit à la portée de tous.

Ce qu'il faut voir avec Musk, c'est que le manque d'empathie envers les autres, Musk l'a aussi envers lui-même. S'il avait plus d'empathie envers lui-même, il ne serait pas capable de s'imposer les terribles sacrifices qui sont les siens. 

Il ne faut pas croire en lisant cet article que j'en veux à Elon. C'est juste que j'espérais contre tout espoir, au fond de moi-même, que la noblesse des objectifs de Musk aurait rejailli sur la manière dont il gère ses employés. Qu'on aurait enfin des entreprises plus humaines et qui ne favoriseraient pas la prédation. Je ne pense pas qu'il prenne autant de plaisir à virer des gens qu'un Trump, par exemple, mais Musk garde tout de même quelque chose d'humain: il sait quand il fait du mal et il sait aussi jouir de son pouvoir, et notamment du fait que les gens autour de lui aient peur de perdre leur poste. 

Il se décrit lui-même comme simple ingénieur mais il a tout fait pour être PDG de ses boîtes, et ne pas en être détrôné comme ça avait été le cas de X.com/Paypal. J'espère qu'il le restera en dépit de tous ses défauts, parce que c'est le seul moyen d'atteindre des objectifs comme celui d'aller sur Mars, qui sont vraiment précieux et qu'il semble seul à même d'accomplir. 

Il n'empêche, je pense aux collaborateurs de Musk, à tous ces gens qui se sacrifient. Des gens comme Mary Beth Brown. C'est l'un des grands mérites d'Ashlee Vance d'avoir cité leur nom et de leur avoir ainsi rendu un hommage vibrant. 

Est-ce que les choses doivent vraiment se passer comme ça pour réussir au plus haut niveau? Est-ce qu'il est par définition impossible de se sortir de notre condition de prédateurs? J'espère que ce billet suscitera un peu de réflexion sur la manière dont notre société fonctionne et la façon dont elle récompense le mérite, et non un simple balayage du revers de la manche du style, "on ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs". 

Autres articles sur le même sujet: 

- Comment Elon Musk est passé du côté obscur

- Elon Musk et l'hyper agressivité

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mercredi 21 avril 2021

Tesla, Space X et les enjeux de communication

Tesla, Space X et les enjeux de communication. Un sujet d'autant plus intéressant pour un ancien journaliste devenu auteur autoédité, que ce dernier va utiliser le même canal de communication pour ses romans que Tesla ou Space X: Internet. Il faut en effet savoir que ni Tesla ni Space X ne dépensent un centime sur la publicité dans les médias écrits ou audiovisuels. 


Plus particulièrement dans le cas de Tesla, vous avez peut-être remarqué récemment que les journalistes, après avoir rendu compte des cas d'accidents graves dont les conducteurs se sortaient indemnes ou quasiment indemnes, ne semblent pas non plus manquer une occasion de nommer la marque dès lors que l'on parle d'un accident mortel à bord d'une Tesla. 

Les deux exemples les plus récents, en Loire-Atlantique et au Texas. Vous noterez que ces deux articles proviennent de journaux mainstream, le premier de Ouest-France relayé par MSN, le second du journal Le Monde.

La vraie question est essentiellement statistique: combien de fois la marque Tesla est-elle citée dans un article sur un accident grave, rapportée au nombre de Tesla circulant sur les routes et au nombre total d'accidents graves de Tesla?
 
En comparaison par exemple, combien de fois la marque Renault est-elle citée dans un article sur un accident grave, rapportée au nombre de Renault circulant sur les routes et au nombre total d'accidents graves de Renault?
 
Je suis sûr que l'on obtiendrait une statistique de type: si vous conduisez une Tesla et que vous êtes victime d'un accident grave, il y a 85% de chance que la presse locale ou nationale en parle, contre 50% de chance si vous conduisez une Renault. Bien sûr, ces chiffres sont fantaisistes et demanderaient à être confirmés par une étude en bonne et due forme. 
 
Je ne garantis pas la fiabilité absolue des données ci-dessus (cliquer pour agrandir), mais il est intéressant de voir que d'autres se sont déjà penchés sur la question
 
 
C'est une vraie question d'équité journalistique par rapport aux marques. 
 
Et bien sûr, le fait que Tesla ne verse pas un centime d'argent publicitaire aux organes de presse ne peut manquer de jouer. Le fait que Tesla, dans sa com, mette en avant la sécurité de ses véhicules joue aussi. La propagation virale de vidéos d'utilisateurs ventant la sécurité de la marque, mettant en scène des Tesla victimes d'accidents graves avec le conducteur qui s'en sort indemne joue dans l'imaginaire des journalistes. 
 
De même, la communication d'Elon Musk sur les bienfaits de l'autopilot et de la conduite autonome (Full Self Driving) peut aussi être ressentie comme mensongère. Elon Musk est un disrupteur, et il dérange d'autant plus qu'il est beaucoup moins généreux de ses deniers envers la presse que de nombreux autres industriels.  
 
C'est ce qu'on pourrait appeler l'effet de retour de balancier de type: "il faut rétablir la vérité".
 
Sauf que la réalité anecdotique d'un fait divers n'a bien sûr rien à voir avec la réalité statistique du terrain. C'est celle-ci qu'il faut connaître. 
 
Bien évidemment, il faut aussi se méfier de certains effets d'annonce, et ne pas se laisser aveugler par certaines stats brut de décoffrage. Quand Musk annonce que l'autopilot permet de n'avoir aucun accident sur un certain nombre de millions de kilomètres, il s'agit de l'autopilot sous supervision humaine, avec au moins une main sur le volant. Et encore, il n'est le plus souvent déclenché que sur autoroute, soit aux endroits les plus sûrs. Ce qui, bien sûr, biaise aussi les statistiques en sa faveur. Seules les statistiques du Full Self Driving (FSD) sans mains sur le volant, en totale autonomie, devraient véritablement être prises en compte. Et je n'ai aucun doute sur le fait que les qualités du FSD seront prochainement reconnues à leur juste valeur.
 
Concernant Space X, on a un exemple qui se rapproche très fort du cas d'un auteur autoédité: le plus grand scandale médiatique des dernières années, comme je le disais en 2016, c'est le fait que les médias aient délibérément ignoré Space X et la révolution qu'il a amené dans l'industrie du spatial, et ce pendant de nombreuses années. 
 
On parle un peu plus de Space X maintenant, mais vous pouvez être sûr que si ses fusées devaient exploser plutôt que de réatterrir sur des barges, ça ferait les gros titres. Space X ne fait pas non plus de publicité.
 
C'est la même chose pour les auteurs autoédités indépendants. Les médias, en France en tout cas, n'en parlent pas. On parle beaucoup des chiffres de vente d'une JK Rowling, l'autrice des Harry Potter, mais saviez-vous que la romancière H.M Ward a vendu plus de vingt millions d'ebooks de manière totalement indépendante ? 
 
Ce n'est pas autant que Rowling, certes, mais ça aurait quand même mérité un petit article de presse en France, non? N'oubliez jamais, quand vous pensez "information", de penser à ce qui est occulté. Des industries entières peuvent l'être, et deviennent des "shadow industries".

A cet égard, le seul véritable média fiable, c'est Internet... même si c'est aussi le plus vaste propagateur d'idées fausses et de théories du complot, par la force des choses.