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lundi 27 juillet 2026

Meta supprime mes comptes Facebook et Instagram

"Votre compte a été définitivement désactivé". Le message en provenance de Meta Support arrivé sur ma boîte email, et datant du 25 juillet, est clair et sans ambigüité. Six mois après la procédure d'appel, lancée le 26 janvier, et sans que cet appel ait pu être examiné suite à la lenteur excessive de Facebook, la sentence de désactivation automatique au bout de 180 jours est donc tombée. Après avoir vu mon compte Twitter désactivé suite à mes critiques répétées à l'encontre d'Elon Musk, mon compte Facebook est donc à son tour supprimé suite à un post viral au sujet de Trump. Ai-je l'impression d'être l'un de ces canaris (ou cobayes) de la liberté d'expression sur les réseaux sociaux? La réponse est oui. Et le test de liberté d'expression est négatif avec Facebook, comme il l'a été avec Twitter devenu X sous l'impulsion de Musk. Comme je vais le démontrer dans cet article, Facebook pratique le flicage de la pensée. J'irai même plus loin: à l'instar de son fondateur Mark Zuckerberg, Facebook est devenu MAGA... ce qui ne va pas manquer de poser d'énormes problèmes aux démocraties occidentales. 


C'est donc bien sur Bluesky que vous pouvez désormais retrouver mon profil, puisque Bluesky autorise la liberté d'expression. Le message de Facebook fait référence aux Standards de la communauté pour expliquer la suppression de mon compte. Ceux-ci se déclinent en quatre axe, l'Authenticité, la Confidentialité, la Sécurité et la Dignité. 

 

Au sujet de la Dignité, Facebook stipule "Nous attendons de chaque personne qu'elle respecte la dignité d'autrui, et qu'elle ne harcèle pas ni ne rabaisse pas les autres."

Au premier abord, cette politique peut sembler noble, puisque de nature à éviter le cyber harcèlement, qui provoque des drames si cruels. Mais bien sûr, tout est dans l'esprit et la lettre. Imaginez: si chaque personne qui s'estime avoir été rabaissée un tant soit peu par une autre faisait un signalement Facebook. Par exemple : "cette personne n'est pas d'accord avec moi, donc j'estime que cette personne m'a rabaissé, par son opinion divergente". Si Facebook suspendait automatiquement tous les comptes faisant l'objet d'un signalement. 

Il n'y aurait plus aucun véritable débat, plus aucune recherche de vérité par la confrontation des arguments. Très vite, le nombre d'utilisateurs de la plate-forme serait en chute libre. De la même manière, les revenus publicitaires de Facebook s'effondreraient, et l'avenir de la plate-forme serait rapidement menacé. 

Donc, il n'y a vraisemblablement pas de suspension automatique des comptes. Il doit y avoir intervention humaine, pour discerner les fausses allégations des plus sérieuses. 

Maintenant, si vous vous en prenez à un homme ou une femme politique. Si vous déclarez que tel homme ou femme politique ment, par exemple. Au moment de l'intervention humaine des modérateurs, Facebook va pouvoir décréter, ou non selon les consignes de la hiérarchie, que vous avez porté atteinte à la dignité de cet homme ou de cette femme. Facebook va pouvoir suspendre votre compte. 

Et si vous ne portez aucun jugement sur l'homme ou la femme politique? S'il s'agit, par exemple, du président des Etats-Unis, et que vous vous contentiez de faire un petit bilan, dans un post, des rumeurs sur son état physique et mental? Même si vous déclarez au début de votre post qu'il s'agit de spéculations, les modérateurs Facebook peuvent considérer que vous avez porté atteinte à la dignité de cette personne.  

Cela signifie que, juste en appliquant les consignes générales des standards de la communauté, les modérateurs Facebook s'octroient le droit de suspendre n'importe quel compte faisant l'objet d'un questionnement ou d'une réflexion politique un tant soit peu critique.

Cela signifie aussi qu'en intervenant de manière aussi rigoureuse, les équipes Facebook pratiquent un flicage de la pensée, ce qui va bien sûr encourager l'autocensure et le conformisme le plus abêtissant sur leur plate-forme. 

A présent, quelle décision prendre, pour un artiste un tant soit peu engagé comme moi, quant à sa présence sur Facebook? Dois-je me créer un autre compte? Au risque de le voir de nouveau supprimé au premier signalement?

Je l'ai déjà écrit dans un article datant de février 2026, j'estime que Facebook invisibilise les artistes en limitant beaucoup trop la portée organique des sujets. Pour moi, Facebook doit être scindé en plusieurs entités du fait de sa position dominante. Certains artistes, cela dit, font de l'argent grâce aux pubs Facebook. A ceux-là, je conseille d'y rester, et de se créer un autre compte Facebook si les équipes de Meta suppriment le compte habituel. 

Après tout, l'argent n'a pas d'odeur. Même s'il est prouvé que Mark Zuckerberg s'est mis à faire le jeu de Trump, même si des exemples comme le mien prouvent que Facebook est devenu MAGA, si cette plate-forme est pour vous un outil de revenu irremplaçable, continuez à en profiter. 

J'ai déjà expliqué que Facebook ne me rapportait rien, si ce n'est peut-être un peu de notoriété, puisque mon profil comptait plus de 3000 abonnés. Le fait de ne plus revenir du tout sur Facebook n'est donc une perte pour moi que dans la mesure où j'y avais développé des relations humaines. Ainsi, Facebook me permettait de me tenir au courant de l'évolution de mes amis et contacts. J'y pratiquais aussi une forme de journalisme qui est devenue, avec l'évolution politique de la plate-forme, la cause même de mon exclusion. 

Je ne me revois pas revenir sur Facebook, en tout cas pas tant que la plate-forme conservera son identité actuelle. Je trouve anormal, d'ailleurs, qu'une sanction sur un profil s'étende sur l'aspect artistique, non seulement de type groupe Facebook et page artistique, mais aussi sur le voisin Instagram, où je ne pratiquais pas de politique. S'il y a un élément qui atteste de la tournure fascisante de Facebook et de Meta, c'est bien celui-là. Heureusement, tout n'est pas perdu, puisque je suis sur Bluesky.  

mercredi 28 janvier 2026

Mes comptes Facebook et Instagram suspendus

Depuis le dimanche 26 janvier 2026, mes comptes Facebook et Instagram ont été suspendus pour vérification d'identité. J'ai fait appel et envoyé ma carte d'identité au site, et cette suspension peut prendre, avant décision définitive, de quelques jours à plus d'un mois. Ces suspensions n'ont pratiquement aucun impact sur mon activité d'auteur autoédité, puisque j'ai cessé toute pub Facebook depuis un certain temps et que je n'utilise ni Facebook ni Instagram pour vendre. En gros, aucun impact sur mes ventes, bien qu'il m'arrive d'utiliser ces réseaux sociaux pour annoncer des séances de dédicace. Je me servais surtout ces derniers temps de la fonction de "journaliste autoédité" telle que je la décris dans cet article de 2020. A cet égard, cette suspension est évidemment frustrante, même s'il s'agissait pour moi d'un travail bénévole. J'ai identifié deux causes possibles, et peut-être concomitantes, de ma suspension. L'une est la mention, sur mon profil Facebook, de "création digitale", mention que j'avais réussi à supprimer la semaine précédant la suspension. L'autre est un statut que l'on peut qualifier de viral par rapport à mes posts habituels, puisqu'il a dépassé les 270 réactions ("j'aime" ou autres) et plusieurs dizaines de commentaires. Cet article, de type spéculatif et donc, possédant un réel potentiel de polémique, a pu générer des signalements. Il a pour sujet les mains de Trump, et les fameux hématomes observés, avec des photos prises à Davos par l'AFP et Getty Images, que je reposte ici. 

 



Comme j'utilise mon nom de plume sur Facebook depuis 2010 (environ 16 ans), la comparaison avec ma carte d'identité peut m'être défavorable au premier abord, le nom d'Alan Spade ne figurant pas sur cette carte d'identité. En revanche, une vérification rapide du titre de mes livres et de la mention de l'éditeur sur la plupart des couvertures, sachant bien sûr que, comme l'indiquait mon profil Facebook, je suis auteur autoédité, cette vérification suffira à établir le lien entre Alan Spade et l'identité apparaissant sur la carte du même nom. Pour être clair, je n'ai jamais fait mystère auprès de mes lecteurs qu'Alan Spade est mon nom de plume et Emmanuel Guillot mon véritable nom. On pourrait arguer que le "marketing artistique" est une tromperie en soi, mais dans ce cas, il faudrait l'interdire, et ça peut aller très loin.

Est-ce que vous auriez vu Johnny Hallyday poster sous son nom de Smet sur les réseaux sociaux? Je suis dans le même cas de figure, quoiqu'un tout petit peu moins célèbre. ;) 

Revenons maintenant aux causes de cette suspension. Depuis l'émergence de l'IA, j'ai remarqué sur Instagram que les profils de "création digitale" correspondaient souvent, soit à des bots générés par l'IA, soit à des créateurs de contenus utilisant l'IA pour modifier leur image. Et donc, dans mon esprit, s'est rapidement installée l'idée que la création digitale correspondait à du fake. 

En constatant par la suite que mon profil Facebook était labellisé "création digitale", j'ai compris qu'il serait aisé de m'associer, pour une personne ne me connaissant pas, à un créateur de contenu IA. Ce que je ne suis pas. Or, la visibilité demeure essentielle pour un auteur tel que moi, et la notoriété est bien sûr un "plus" pour vendre mes romans. 

Et donc, même si je maintiens que Facebook ne génère aucune vente directe de mes romans, ce réseau social peut néanmoins faciliter la reconnaissance de mon nom par d'éventuels lecteurs, ce qui faciliterait les ventes. Il faut bien reconnaître que depuis pas mal d'années, il est devenu très difficile de générer ce que l'on pourrait appeler des posts, des sujets connaissant une croissance organique, c'est à dire naturelle, sans faire appel à de la pub, et du fait de leur intérêt propre. C'est pourquoi, tout ce qui peut aider à une meilleure diffusion, pour un auteur autoédité tel que moi, ne peut que générer un intérêt. 

La création digitale n'est pas du tout le cœur de mon métier. Le cœur de mon métier est la création intellectuelle et littéraire. La création basée sur de l'humain, à savoir moi-même et ce que j'observe autour, plutôt que la création purement digitale. On ne peut pas parler de création digitale par rapport à l'écriture de livres sur du traitement de texte, mais plutôt de retranscription digitale, en numérique, d'une création humaine. Il en va de même pour la création d'ebooks. Seule la création d'image de couverture peut emprunter à la création digitale. Et encore, je m'arrange pour embaucher des humains avec une vraie fibre artistique pour mes images de couverture, et je m'abstiens donc de recourir à l'IA.

Supprimer la mention "création digitale" sur mon profil n'était pas pour moi une tromperie, mais une volonté de me démarquer de l'IA. Et, comme par hasard, peu après avoir supprimé cette mention, j'écris un statut Facebook qui connaît une diffusion inédite pour moi depuis plusieurs années. Le post sur la main gauche de Trump à Davos. 

Ce court article précisait que le diable était dans les détails, et qu'après la main droite de Trump, c'était la main gauche qui présentait un hématome très visible sur les photos obtenues par l'AFP et Getty Image. J'ajoutais que l'excuse de la maison blanche consistant à dire que Trump serrait de nombreuses mains n'était plus valable pour la main gauche, puisqu'il est droitier. J'ai bien pris garde, dans ce post, de préciser que l'absence de bilan de santé transparent de Trump et de la maison blanche était ce qui alimentait la spéculation autour de ce genre de détail. Depuis, Trump a expliqué la chose en disant qu'il s'était cogné la main gauche sur une table. Mais on sait l'individu adepte du mensonge. 

Dans les commentaires, j'ai utilisé le moteur de traduction DeepL pour traduire l'un des posts à ce sujet sur reddit qui avait été le plus apprécié. Et ce commentaire, qui n'est pas de moi, a également obtenu plusieurs dizaines de "j'aime" : Allons, il souffre clairement d'insuffisance cardiaque congestive avec œdème aux pieds. La somnolence est un symptôme classique. Il reçoit un diurétique par voie intraveineuse, comme le Lasix, pour traiter sa crise hydrique. Impossible de lui poser un cathéter, il doit donc subir une piqûre tous les deux ou trois jours. Son incontinence urinaire semble s'aggraver, d'où la poche urinaire et le pantalon ample. Le problème de démence est distinct, mais tout à fait évident, en particulier le syndrome du crépuscule et les délires nocturnes. 

Au-delà de la volonté de faire du buzz, qu'est-ce qui m'a incité à évoquer le sujet? Le fait d'avoir bien sûr affaire à un président des Etats-Unis tellement narcissique qu'il cherche à évacuer sa notion humaine. Rien que le fait de publier ce post le ramenait à une dimension humaine. 

Je précisais dès le départ qu'il s'agissait de spéculation. Aux personnes qui me demandaient si je me prenais pour un médecin, je répétais la position officielle de la maison blanche, le fait qu'il prenne trop d'aspirine pour fluidifier son sang et le serrage de mains. J'évoquais la contradiction de cette excuse avec la situation présente, même du point de vue du néophyte. A celles qui trouvaient scandaleuse l'intrusion dans le domaine privé, je rappelais l'affaire Mitterrand. En précisant que pour moi, un président atteint d'un cancer peut tout à fait gouverner, dans la mesure où il le signale et où des mesures sont prises pour prendre le relais en cas d'incapacité. Le poste de président d'un Etat oblige à bien plus de transparence sur un aspect aussi privé que la santé, en raison des enjeux qui pèsent sur un pays entier en cas de déclin cognitif ou de problème de santé majeur. 

Le débat était respectueux, sans injures. En conjuguant mon coup d'œil d'artiste avec mon apprentissage en école de journalisme, ma curiosité et ma maîtrise de l'anglais, j'estime pouvoir, de temps en temps, "lever des lièvres". Ici, il me semble bien que c'était le cas. Mais il est possible que la popularité même de ce sujet par essence polémique ait généré un signalement. Ce qui pose problème, bien sûr, dans le cadre de la liberté d'expression. Dans la mesure où le sujet n'a franchi aucune limite légale, mon compte n'aurait pas dû être suspendu. 

N'oublions pas non plus le contexte : un président, Donald Trump, élu grâce aux big techs, dont Facebook. Un président privilégiant un retour au "Gilded Age", soit l'Age Doré entre 1870 et 1900 qui a vu les monopoles détruire la classe moyenne. Cette même classe moyenne qui a pu renaître après 1900 grâce aux lois anti-trusts. Ces mêmes lois anti-trusts qui menaceraient notamment Facebook si une présidence démocrate devait succéder à Trump. 

J'ai beau pratiquer le bénévolat dans mon activité journalistique sur les réseaux sociaux ou sur ce blog, je ne suis pas dupe par rapport aux revenus générés par les plates-formes. Dans mon article "Le journaliste autoédité, c'est vous", j'en appelais à un revenu universel, qui viendrait récompenser la création de contenus par des gens tels que votre serviteur sur Facebook. Les IA ayant tendance à piller les contenus du net de tous ordres, les revenus issus de l'IA devraient bien sûr être taxés et reversés à tout un chacun sous forme de revenu universel inconditionnel.  

Voyons maintenant, pour terminer, quelle est ma position finale au sujet de ma présence sur Facebook. Si mon compte Alan Spade est validé, je reviendrais sur la plate-forme. Si ce n'est pas le cas ou si on me demande de poster sous un autre nom, je ne reviendrais pas. Et en attendant, vous pouvez toujours me suivre sur Bluesky...