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lundi 24 novembre 2014

[Archive 10 janvier 2014] Si je devais mourir demain

Il arrive parfois qu'à la mort d'un auteur, sa notoriété s'accroisse et que les ventes de ses livres s'envolent. Dans ces cas-là, on peut avoir l'impression que la seule chose qui empêchait à la société de faire du business autour de l’œuvre d'un auteur, c'était l'auteur lui-même.

Il faut parer à toute éventualité, même à la plus inconcevable ou irréaliste. Même au succès après sa mort. C'est pourquoi j'ai dit aujourd'hui à ma femme que si je devais mourir demain (ou en tout cas avant elle), elle toucherait bien sûr les droits sur la vente de mes ebooks et sur les exemplaires imprimés à la demande via Createspace, et nos descendants si le cas se présente, jusqu'aux 70 ans après ma mort, mais que je ne souhaitais aucun business auprès de l'édition traditionnelle.

Oui pour une adaptation auprès d'Hollywood si par extraordinaire il devait y avoir des propositions, mais non à la republication de mes ouvrages par une maison d'édition quelle qu'elle soit. Pas de livres de poche, pas de présence en librairie. Pas tant que les 70 ans après ma mort ne se soient écoulés. Après cette période, le business se fera s'il doit se faire, mais du moins, ce ne seront plus forcément les personnes qui auront vécu pendant que j'étais de ce monde qui tireront les marrons du feu. 

On va me dire, c'est égoïste. Certes. Mais c'est aussi pour moi le moyen de rétablir une certaine justice. Les lecteurs auront moyen d'accéder à mes livres après ma mort, mais uniquement sous le format ebook ou sous format papier grâce à Createspace ou un éventuel autre imprimeur à la demande que j'aurais choisi moi-même de mon vivant.

Pourquoi ? Parce que ce sont les deux seuls formats, qui de mon vivant, ont été justes avec moi. Le système traditionnel est tellement inique, tellement déséquilibré contre la très grande majorité des auteurs, que seul un méga succès peut permettre à un auteur de rétablir l'équilibre et d'obtenir des droits corrects.

Anti-système ? En tout cas oui, j'ai toujours trouvé injuste ce qui était arrivé à Van Gogh. L'aveuglement de la société qui consiste à dire "il doit en baver pour être un grand artiste" doit cesser. Est-ce que l'art de Michel-Ange aurait été plus abouti s'il n'avait bénéficié du mécénat d'un prince, et s'il avait dû se serrer la ceinture toute sa vie? Je ne le crois pas.

Le format numérique a donné à tous les auteurs l'espoir d'un vrai changement, changement qui n'a pas pris une ampleur souhaitable pour les artistes en France pour le moment. Les décisions politiques y sont pour beaucoup.

Mais que se passera-t-il si les sociétés technologiques aujourd'hui généreuses en terme de droits d'auteur deviennent les grands prédateurs de demain, me direz-vous? Après tout, elle sont déjà ressenties comme telles.
On ne peut pas tout contrôler. Je fais confiance à ma femme pour s'informer et prendre les décisions que j'aurais prises moi-même.

lundi 29 septembre 2014

[Archive 9/11/2012] Les DRM facultatifs chez Numilog

Après avoir appris l'existence d'un onglet "sans DRM" sur le site de ventes d'ebooks Numilog, j'ai contacté par l'entremise de Facebook et du site jepublie.com l'une des personnes en charge des relations avec les autoéditeurs pour obtenir plus de précisions. Il en ressort que les DRM sont bel et bien devenus facultatifs chez Numilog.
 
C'est une évolution très importante, qui montre, à l'instar de ce qui s'est passé aux Etats-Unis avec l'éditeur Tor (filiale de l'un des Big 6, Macmillan) que le non-DRM gagne du terrain. Et franchement, je m'en réjouis, car cela montre que certains parmi les milieux traditionnels de l'édition prennent en compte ce qui s'est passé avec la musique, et comprennent que ce n'est pas en entravant les lecteurs que l'on s'attire leurs faveurs. 
 
Il est encore suffisamment tôt, en France, pour développer cette politique anti-DRM qui, conjuguée à des prix abordables et à une éventuelle présence en bibliothèque (à condition que le prêt d'ebooks en bibliothèque soit tout de même plus contraignant que l'achat en ligne), devrait permettre d'éviter le piratage à tout-va.
 
A partir du moment où le piratage devient la norme, il ne faut pas s'étonner que les gens s'éduquent à l'idée fausse que le numérique doit être gratuit. 
 
Qu'une immense partie du numérique soit gratuite (ebooks libre de droits), je trouve cela formidable, que l'on puisse trouver sur des sites des documents ou des livres qui ne sont plus exploités par les éditeurs ou les auteurs est une excellente chose, mais désolé, tout travail mérite salaire, à mon sens. Ou alors, on instaure un revenu universel plus conséquent que le RSA. Nous n'en sommes pas encore là.
 
Pour en revenir à Numilog, en principe, plus rien ne s'oppose donc à ce que l'on y trouve mes ebooks. Sauf que. Sauf que Numilog fait toujours payer des forfaits (un auteur m'a parlé de 80 € pour un fichier epub) pour intégrer les fichiers ebooks à son site. Sauf que les revenus d'auteur n'y sont que de 50%.
 
Voici donc ce que j'ai répondu par e-mail en substance en guise de conclusion à nos échanges : Après mûre réflexion, j'ai décidé de ne pas travailler avec vous pour le moment : les redevances d'auteur sont inférieures chez Numilog à celles de grands concurrents comme Amazon, Apple ou Kobo, qui offrent 70%. Ces trois concurrents ne font payer aucun forfait sur les ebooks aux auteurs et éditeurs. La possibilité de télécharger des extraits existe aussi chez ces concurrents, et compense l'absence de la fonction particulière de feuilletage (qui existe pour les livres papier chez Amazon). Et enfin, le fait que Numilog ait développé des applications pour Android et Apple ne compense pas l'absence de liseuse dédiée liée exclusivement à Numilog comme Chapitre.com peut par exemple l'être à Sony, ou Cultura.fr à Bookeen.

Le changement par rapport aux DRM est une évolution positive que je salue, mais désolé, cela ne suffit pas en ce qui me concerne.
 
Des sites comme Amazon tiennent compte des retours de leurs développeurs ou partenaires, et je suis presque certain que Numilog sera réceptif à mes critiques et remarques. Je ne suis en la matière que le porte-parole d'une logique de marché et de compétitivité implacable. Cette même logique qui a si souvent joué contre les auteurs...