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jeudi 11 mars 2021

Mon nouveau site d'auteur

S'adapter pour survivre, c'est ce que nous devons tous faire de temps à autre. L'adage s'applique aussi aux sites internet. Mon ancien site, http://emlguillot.free.fr/ est désormais obsolète. Il n'est plus accessible, car il utilise une technologie à base de Flash. Il était donc temps pour moi d'y remédier.

Le nouveau site est très facile à retrouver : www.alanspade.com. Il a conservé le titre, sur Internet, de mon ancien site exclusivement anglais, Alan Spade Words and Worlds accompagné d’une description en anglais, mais il s’agit bien de mon site actuel qui vous accueillera en français.

J’ai voulu qu’il rassemble l’essentiel du précédent. Les outils modernes permettent d’offrir quelque chose de léché sans pour autant avoir besoin d’investir des sommes faramineuses.

 


Si je devais définir le nouveau site, je dirais que c’est un mélange entre ce blog d’auteur et mon ancien site, avec notamment la partie « dernière minute » où j’indique ma prochaine séance de dédicace, avec aussi un lien vers l’intégralité des séances pour l’année en cours. Il y a une partie anglaise non négligeable, d’où la taille des drapeaux américains et britanniques. Mais la partie française vient en premier.


 

Je voulais également une présentation (biographie) aussi aboutie que celle de mon site précédent. Elle apparaît dans la colonne de droite.

Je donne comme d’habitude accès au dernier article de mon blog, et j’enchaîne sur l’inscription à la newsletter. Très important aussi pour moi, la partie « offres spéciales » pour les livres papier (ventes groupées).

Comme je ne vend pas directement mes ebooks et livres papier individuellement, la partie suivante se nomme « Retrouver mes livres et ebooks » et pointe vers différents sites de vente. Je n’ai pas inclu la Fnac volontairement, car la Fnac est en défaut de paiement sur mes livres papier depuis environ un an, et je ne leur conserve ma confiance que pour les ebooks. Mais comme Kobo vend aussi mes ebooks, c’est cette dernière boutique que j’ai privilégiée.

Enfin, je donne la possibilité de lire en ligne, de télécharger et d’imprimer des nouvelles ainsi que les cinq premiers chapitres des Nouveaux Gardiens en version bilingue. On retrouvera notamment Une brève histoire d’Ardalia, qui contient les cinq premiers chapitres du Souffle d’Aoles, premier tome de la trilogie Ardalia. J’ai voulu donner envie au visiteur de télécharger mes offres gratuites, et j’espère que ça marchera !



Le site tel qu’il est m’a demandé pas mal de travail, et la chose importante qui manque encore est la revue de presse qui figurait sur le précédent. A ce sujet, j’aurais aimé votre avis : est-ce que vous lisez les articles de presse ou de blog pour vous déterminer à lire un livre ? Ou bien préférez-vous feuilleter les pages, ou lire le début, ou encore lire la quatrième de couverture (verso du livre) ? Merci de me répondre en commentaire.

Mon prochain projet, un roman de Science-Fiction axé, paradoxalement, sur la mémoire, en est à son quinzième chapitre, et j’espère pouvoir le sortir cette année.

vendredi 19 juin 2015

Promo Flash

A l’occasion de la Fête des Pères (jusqu’au dimanche 21 juin compris), j'offre l’ebook du troisième et dernier tome du Cycle d’Ardalia, Les Flammes de l’Immolé, roman de Fantasy. Plus de 500 pages d’épopée épique à télécharger gratuitement sur Amazon, La Fnac/Kobo, Apple et Google Play. Faites vite, le temps est compté!


La grande traque avait commencé, et les hevelens étaient le gibier. Quand se conclurait-elle ? Et comment ? Impossible de le prédire.

L’armée de Malia vaincue, les forces de la Destruction font le siège de la Porte des Canyons et se répandent dans les Steppes Venteuses. Pour chaque enfant du vent ou de l’eau capturé et précipité dans la Grande Déchirure, c’est un nylev, un être de feu qui naît. Pelmen, Laneth, Lominan et Elisan-Finella doivent convaincre les krongos de se joindre à leur lutte désespérée. Mais les êtres de pierre ne sont qu’une poignée, et plus rien n’entrave Valshhyk, l’Immolé…
 
Le meilleur roman de fantasy autopublié de ces dernières années - Les Chroniques de l'Imaginaire, août 2013.

Les Flammes de l’Immolé est le troisième et dernier tome du cycle d’Ardalia, roman de science-fantasy. 





lundi 13 avril 2015

Les biens numériques "veulent-ils" être libres et gratuits ?

L'immense succès d'Internet provient en grande partie du partage immédiat de données et d'informations, mais aussi des différentes œuvres que la technologie permet de numériser: livres, en particulier sous format ebook, musique (format MP3), films (avec notamment le Div X), jeux vidéo et même encyclopédies en ligne augmentées et enrichies en permanence telles Wikipédia.  Certains théoriciens d'Internet vont jusqu'à prétendre que les biens numériques (données se résumant à des 0 et 1 sous leur diverses formes, englobant livres, musiques et vidéos) "veulent" être libres et gratuits, ce que résume cette phrase: "information wants to be free". Les plus activistes, les anarchistes du mouvement cyberpunk, estiment même que tous les biens numériques devraient être libres et gratuits (information should be free).

On pourrait dire que le partage universel que permet Internet est le seul communisme qui ait véritablement abouti dans la réalité, une utopie qui fonctionne. En apparence, en tout cas. Ce partage permanent fait évoluer des sociétés entières au quotidien, et a pu favoriser en les accélérant des révolutions comme celle dite du Printemps arabe.

Ce partage permet l'accès à la culture pour un très grand nombre d'individus, mieux encore que ne sauraient le faire les médiathèques et bibliothèques. On ne peut que s'en féliciter. 

Le terme anglais "free", avec son double sens de "gratuit" et de "libre", a cependant tendance à entraîner des confusions. Il était important pour moi de retranscrire le double sens du terme dans le titre, parce que les promoteurs de cette expression jouent sur cette double signification. Néanmoins, il faut faire le distingo entre des logiciels qui répondent d'emblée à une philosophie du partage comme Wikipédia ou Libre Office (que j'utilise pour écrire), et des œuvres gratuites en permafree à titre promotionnel, par exemple.

L'information permanente se conjugue sous toutes ses formes: aussi bien échanges simples d'infos utiles, que véritable télé-réalité au quotidien, que tout un chacun peut diffuser et orchestrer via Facebook, entre autres. A la fois auteurs, acteurs et metteurs en scène de nos tranches de vie respectives. Pour le meilleur et pour le pire.

Avec le numérique, plus de barrière, plus de contrainte: la plupart des œuvres payantes, en tout cas les œuvres populaires, sont accessibles sur des sites de téléchargement illégal.

Sauf, évidemment, que l'on a conscience de télécharger de manière illégale.

Cette petite pointe de culpabilité? Selon des théoriciens du net dont la pensée est issue de certains courants cyberpunk, c'est un héritage de notre passé qui n'a pas lieu d'être: à partir du moment où un bien numérique peut être reproduit de manière illimitée par n'importe quel individu sans générer aucune dépense de ressources, ce bien perd toute valeur économique. 

C'est l'argument que m'a opposé l'auteur de thrillers Joe Konrath à l'occasion d'un débat dans la section commentaires de son blog (en anglais).

Cet argument peut sembler imparable dans la mesure où économiquement, il répond parfaitement à la loi de l'offre et de la demande: à partir du moment où l'on est capable de reproduire gratuitement des œuvres numériques, pour prendre une image, en aussi grand nombre qu'il y a de grains de sable dans le désert, chacune de ces œuvres numériques ne vaut pas plus qu'un grain de sable dans le désert.  

Et il est vrai que les ressources utilisées pour reproduire du numérique, une fois qu'on a amorti le prix du matériel permettant de lire de l'ebook, d'écouter de la musique ou de visionner des vidéos, se résument à l'électricité utilisée, et peuvent donc sembler négligeables.

Néanmoins, si on pousse un peu l'argument, à partir du moment où votre notaire vous envoie votre dossier de propriété par e-mail, c'est qu'il a numérisé sous format électronique tout le travail intellectuel effectué dans le cadre de son étude. Cette étude ne vaut donc plus rien, puisqu'elle est numérique. Chouette, vous n'avez plus à payer votre notaire!

Mais allons encore un peu plus loin dans l'absurdité. Votre dossier de propriété est numérisé. C'est cet acte qui fait de vous un heureux propriétaire. Mais pas si heureux que ça, en fait, puisque l'acte de propriété est numérisé, et ne vaut donc plus rien! Votre maison n'a plus aucune valeur, elle est à tout le monde! Gloups. 

Mais non mais non, vous répondront les cyberpunks, votre maison vous appartient, parce que si on cherche à vous la prendre, vous pouvez faire intervenir les flics, et elle vous sera restituée. Si les biens numériques ne valent rien, c'est parce qu'il est impossible de les protéger de manière adéquate, et qu'ils peuvent être piratés à loisir. 

Vous voyez où je veux en venir? Lorsqu'on gratte un peu, l'argumentaire des tenants de la théorie visant à étendre l'expression "l'information veut être libre" aux biens numériques dans leur ensemble se résume à une expression mécanique du droit du plus fort. Puisqu'il est possible de pirater des œuvres numériques, puisque Monsieur tout le monde en bénéficie à un moment ou un autre, c'est que ces biens, économiquement, n'ont plus de valeur. Le fait que l'industrie du livre représente des milliards de dollars de nos jours est une forme d'aberration économique, un héritage du passé. 

Mon interprétation de la pensée cyberpunk anarchiste est donc la suivante: "Je ne peux pas m'attaquer à la propriété classique parce qu'elle est trop bien protégée, je m'attaque donc à la propriété intellectuelle." 

Le paradoxe, c'est que si l'on va dans le sens de ces théoriciens, il faudrait donc des protections sur les biens numériques en béton armé pour redonner de la valeur à ces biens. Des biens qui, à l'usage, se révéleront beaucoup moins pratiques à utiliser (et donc moins valables) du fait de ces protections.

Dans le domaine du livre et de l'ebook, c'est ce qu'essayent de faire les éditeurs, mais ça ne marche pas, puisque les pirates trouvent toujours la faille des systèmes de protection.

Je suis persuadé que de nombreux auteurs ont à l'heure actuelle peur du piratage. Certains préfèreraient même sans doute que l'ebook n'existe pas, et ce sont les mêmes qui se rangent derrière des éditeurs dont ils estiment qu'ils sont le dernier rempart pour protéger leurs biens intellectuels. 

Ces mêmes éditeurs qui les exploitent et font de l'écriture, pour la très grande majorité des auteurs traditionnellement publiés, une activité annexe qui ne saurait se passer d'un métier alimentaire pour principale source de revenus. Ces mêmes éditeurs qui jouent avec virtuosité du principe de rareté pour augmenter la frustration des lecteurs: on sort un livre grand format à une date précise, et on attend au minimum un an pour en sortir les versions numériques et poche.

A l'inverse, personnellement, je considère le numérique comme un bienfait. Je diffuse des œuvres gratuitement de manière permanente (ebooks en permafree) dans l'espoir de me faire connaître et de vendre des romans complets. Je vais jusqu'à proposer de nombreuses de mes nouvelles gratuites dans un même mois. 

Il est courant de trouver de nos jours des compilations d'une quinzaine de romans de type thriller, romance, fantasy ou SF à 0,99€. Selon Mark Coker, le fondateur de Smashwords, les auteurs qui mettent leur premier roman d'une série en permafree sont souvent ceux qui les vendent le mieux. Des auteurs aussi prestigieux que Kristine Kathryn Rusch ont, en compagnie de leurs pairs, déjà mis des romans complets dans des compilations vendues pour une bouchée de pain. Certains auteurs mettent ponctuellement des séries entières à 0,99$ ou gratuites.

Mieux encore, un auteur comme Joe Konrath a invité dès 2010 tout un chacun à voler son ebook, à le pirater et à le télécharger. Ce faisant, il s'inscrivait dans la lignée des expériences d'auteurs comme Cory Doctorow, qui ont réussi à prouver que l'on pouvait vendre des livres tout en facilitant leur piratage, ou en les mettant en libre accès sur leur site d'auteur. 

Cela peut paraître paradoxal: pourquoi des gens iraient-ils acheter des ebooks alors qu'ils peuvent les télécharger gratuitement? La réponse tient en deux mots: la gratitude. Ils ont apprécié les livres, et veulent prouver à l'auteur leur gratitude en achetant l'ebook ou en le recommandant. 

C'est une chose formidable, il faut le reconnaître, mais cela ne restera valable qu'à condition que les gens restent éduqués au numérique. Ils achètent, parce qu'ils ressentent cette pointe de culpabilité en allant télécharger illégalement. S'ils ressentent cette pointe de culpabilité, c'est parce qu'ils savent que l'ebook a coûté des efforts, du temps et du travail à l'auteur, et s'inscrit dans un contexte économique. 

Si les gens se mettent à penser que le numérique est un dû, il ne faudra plus espérer pouvoir en vivre. On a vu que les contraintes de visibilité énormes qui pèsent sur les auteurs les incitent à jouer énormément sur la gratuité, on a vu aussi débouler des offres de lecture en streaming et des offres de type Kindle Unlimited qui se sont révélées attrayantes pour les lecteurs, mais dommageables pour un concept comme celui de lecture équitable. Disons-le tout net, dommageables pour les revenus des auteurs.

Lorsque j'ai eu ce débat avec Joe Konrath dont je parlais tout à l'heure, c'était à propos d'Ebooks are Forever, une bibliothèque qui devrait permettre, à terme, aux bibliothécaires de bénéficier d'un usage illimité d'ebooks achetés une seule fois sur le site EAF

Cela signifie que tous les ebooks des auteurs achetés en usage illimité seront disponibles au prêt de manière illimitée pour les lecteurs. Une sorte de Kindle Unlimited, mais gratuit cette fois et non plus à 9,99€ par mois. 

Comment espérer éduquer nos enfants à la valeur des ebooks s'ils deviennent gratuits en permanence en bibliothèque? Même si le projet prévoit qu'ils ne sont prêtés que deux semaines, le lecteur n'aura qu'à passer d'un site de bibliothécaire à un autre pour avoir son ebook gratuit.

Et surtout, surtout, quelle meilleure justification apporter à ceux qui téléchargent illégalement? "De toute façon, il est gratuit en bibliothèque, je m'évite juste la période de prêt de deux semaines". 

Je parlais de frustration tout à l'heure. J'estime que les gros éditeurs placent le curseur beaucoup trop haut dans la frustration. Amazon l'a compris en lançant Kindle Unlimited. Nous autres, auteurs autoédités avons en apparence tendance à placer le curseur très bas, tellement bas qu'il devient difficile à voir. Individuellement, nous le plaçons peut-être à un certain niveau, mais collectivement, tous les ebooks gratuits peuvent donner l'impression que nous ne cherchons pas à en vivre.

Mais il est toujours là, ce curseur. Je ne jetterai pas la pierre à un auteur qui met ses 24 romans complet gratuits en permanence en format ebook, du moment qu'il me prouve qu'il arrive à vivre de sa plume sur le 25ème roman. Faut-il encore qu'il me le prouve.

Cela peut être un projet de société de retourner tous vivre dans les champs ou d'aller tous construire des maisons de nos propres mains en considérant que les activités intellectuelles sont de simples activités annexes. Je crois pouvoir dire, pourtant, que le travail intellectuel, et la rémunération qui en découle, constitue un beau progrès de l'être humain dans la mesure où cette rémunération lui permet de vivre décemment. 

Alors, oui, cet article vous est livré gratuitement, sans pub sur ce blog pour le rentabiliser. Je profite, ce faisant, de l'énorme liberté d'Internet, qui me permet de vous offrir un article si j'en ai décidé ainsi.

Il n'y a pas d'économie si tout devient gratuit. Il n'y a pas d'économie sans frustration, à un moment, quelque part. Sachons replacer le curseur au bon endroit. Ou alors, que l'on me présente un projet de société cohérent et abouti où tout devient gratuit.

mercredi 1 avril 2015

Toucher les prescripteurs de livres, et en particulier les bibliothécaires

Comment vendre plus de livres? L'un des moyens les plus connus est de s'adresser à des prescripteurs de livres, des gens qui conseillent les ouvrages sous format papier ou ebook aux autres. Cela peut être Laurent Ruquier dans On n'est pas couché, Oprah Winfrey aux Etats-Unis, ou bien des professionnels en contact avec les lecteurs: libraires, ou, pourquoi pas, bibliothécaires. Mais en dehors d'offrir son bouquin à la bibliothèque du coin (en priant pour qu'il ne soit pas aussitôt classé verticalement), quelle solution pour nous autres, auteurs indépendants? Eh bien aux Etats-Unis, l'auteur Joe Konrath lance le service Ebooks Are Forever, qui s'adresse précisément aux auteurs indépendants et aux bibliothécaires en plus de s'adresser aux éditeurs. Un service à vocation mondiale.

J'ai découvert Stephen King et Asimov parce que ma bibliothécaire me les avait conseillés. Je suis peut-être le seul dans mon cas en France à avoir pu découvrir des auteurs grâce à ma bibliothécaire, mais j'en doute.

Or, qui sont les prescripteurs des bibliothèquaires? Cela peut être les usagers de la bibliothèque qui vont parler de leurs lectures ou rédiger des listes d'ouvrages qu'il désireraient voir en rayon, mais c'est à mon humble avis, bien souvent les éditeurs eux-mêmes, de manière directe ou indirecte. Je vais m'expliquer sur le terme "manière indirecte", vous allez comprendre. 

Je me demande depuis un moment comment toucher des bibliothécaires. Il m'arrive, très rarement, de vendre des trilogies ou d'autres de mes ouvrages à des bibliothèques ou médiathèques lorsque je suis en dédicace. C'est tellement rare, à vrai dire, qu'on ne peut pas parler de source annexe de revenus, plus d'exceptions qui confirment la règle. 

Comment s'y prennent les bibliothécaires pour commander des livres en général? J'ai demandé à ce sujet l'avis d'un bibliothécaire sur Facebook, Claude, qui m'a répondu: 

Pour le papier, on a un libraire, des libraires, suivant les doc que touchent les marchés (Livres adultes, documentaires adultes, livres jeunesses, Livre en gros caractères, conseils d'achat ou pas, notices bibliographiques fournies....), quelque soit leurs tailles, puisque dans les faits, à par les fameux 5% tous libraires peuvent fournir, plus ou moins vite les mêmes livres. Donc, non, Electre n'entre pas dans le dispositif...on ne l'utilise que parce que cela nous facilite le travail. Documents encore édités ou pas, les prix...

Pour le livre électronique, c'est plus compliqué, puisque 1, tout est loin d'être numérisé, et 2, accessible, bloqué par les éditeurs eux mêmes. Nous, on passe par la librairie le Divan. Mais d'autres par le fumeux PNB... ou encore
NUMILOG. Dans tous les cas, ce sont eux qui gèrent les droits d'auteurs.. les médiathèques n'en ont pas les structures, impossible.


Je reviens maintenant sur le fait que les éditeurs soient les prescripteurs indirects des bibliothécaires. Claude travaille avec des libraires pour les livres papier et pour le numérique, notamment la librairie Le Divan. Quels sont les ouvrages que l'on retrouve de manière permanente en librairie? Ceux diffusés par les éditeurs, bien entendu. CQFD. 

Numilog est accessible aux auteurs autoédités, mais reste coûteux (je crois que c'est 90 euros par livre numérisé par leurs soins). 

Le problème des bibliothécaires travaillant avec des libraires et des éditeurs, c'est qu'ils risquent de se retrouver avec des ouvrages numériques (ebooks) blindés de DRM, peu pratiques pour leurs lecteurs, dont ils ne possèdent pas les licences d'exploitation (louées) et surtout, qui leur reviennent très cher. 

C'est ce qu'explique Joe Konrath dans son article à propos d'Ebooks Are Forever. 

Ebooks Are Forever distribue aux libraires des ebooks au prix de 7,99$ pour des romans complets et entre 3,99 et 4,99$ pour des textes plus courts. Les auteurs reçoivent 70% et gardent leurs droits sur leurs ebooks. Les bibliothécaires pourront acheter davantage d'exemplaires qu'un par titre si nécessaire. 

Un fois qu'un bibliothécaire a acheté un titre, il peut le garder indéfiniment, mais il ne peut être lu que par un usager à la fois. Pour que plusieurs usagers lisent le même titre en même temps, il faut acheter plusieurs fois l'ebook. 

Que les auteurs autoédités ne se réjouissent pas trop vite, cependant, pour fiabiliser son service, et obtenir une bonne réputation auprès des bibliothèques, Joe Konrath et son associé, August Wainwright, recherchent dans un premier temps des ebooks autoédités, ou édités par des éditeurs traditionnels, de premier plan: c'est à dire que non seulement ces ebooks doivent être très bien corrigés, mais ils doivent avoir un gros potentiel de demande auprès des usagers des bibliothèques. Ce sont typiquement des ouvrages que l'on retrouvera dans les listes de bestsellers ou bénéficiant de plus de 100 commentaires favorables, même s'il n'y a pas de véritables critères définis. 

Le site ne veut en effet exclure personne: tous les auteurs peuvent s'y inscrire, mais dans un premier temps, seuls les ebooks les plus prestigieux figureront dans le catalogue proposé aux bibliothèques. 

Dans un deuxième temps, les bibliothécaires auront la possibilité de naviguer eux-mêmes sur le site, et de remplir leurs paniers avec les ouvrages de tous les auteurs, comme ils le feraient par exemple sur Amazon. Et le site s'étendra au niveau mondial.

Si vous êtes auteur autoédités, vous pouvez ne pas lire la suite de cet article, parce que cela va devenir plus technique et ennuyeux, cette partie de l'article de Joe, que je traduis de mon mieux, s'adressant avant tout aux bibliothécaires. 

Le problème des bibliothèques, c'est que chacun fait sa petite cuisine dans son coin, et il n'y a pas de véritable standardisation du service.  Chacune doit réinventer la roue.

Il s'agit donc de concevoir l'API la plus performante possible. Une API permet deux relier deux logiciels différents sans intervention humaine

L'API est ce qui doit permettre au catalogue d'Ebooks Are Forever (EAF) de s'intégrer dans chaque catalogue utilisé par les bibliothécaires sans problème.

L'un des objectifs d'EAF est de se conformer aux exigences de ReadersFirst, une organisation représentant 200 millions de lecteurs aux Etats-Unis et au Canada.

Ouverture et facilité d'accès pour les bibliothécaires sont les deux maîtres mots d'EAF. 

En ce moment, EAF a besoin de plus de contenu. La date de lancement complète d'EAF est fixée au début de l'été. EAF s'adressera aussi bien à des bibliothèques individuelles qu'à des groupes de bibliothèques en plus de s'adresser aux auteurs et éditeurs. 

Pour le moment, les bibliothèques pourront acheter plusieurs exemplaires d'un même ebook pour des usages simultanés. Dans le futur, à condition de payer un peu plus, il est prévu d'autoriser l'usage illimité pour les bibliothèques. 

Les études montrent que les usagers de bibliothèques achètent 3,2 livres de plus que celui emprunté par mois. 

Des applications seront développées pour que les bibliothécaires puissent utiliser l'API sans problème. 

Chaque bibliothèque qui achète des titres reçoit des fichiers ONIX 3.0 contenant les données (metadata) nécessaires pour créer des enregistrements MARC adéquats. De nombreux scénarios de croisement de données ONIX et MARC sont utilisés. 

***Fin de la partie technique ***

Qu'est-ce que j'en pense à titre personnel? Disons que le scénario de téléchargement illimité des ebooks par des bibliothèques en échange d'un prix fixe, en toute facilité pour l'usager de la bibliothèque, sans qu'il se déplace, me fait un peu froid dans le dos: si cela se sait auprès des lecteurs, on risque d'avoir des gens téléchargeant de manière illimitée gratuite tous les titres en toute légalité, ce qui n'est pas vraiment le but quand on est auteur. 

D'un autre côté, Ebooks Are Forever sera bien forcé de satisfaire les différents acteurs s'ils veulent avoir du contenu, et donc, je ne suis pas sûr que cet objectif de téléchargement illimités des titres sera réalisable à terme. 

Ebooks Are Forever est en tout cas une initiative que je soutiens, dans la mesure où les auteurs indépendants n'ont pratiquement pas accès à ce marché subsidiaire qu'est celui des bibliothèques. Quant aux bibliothécaires, ils se font exploiter par les éditeurs qui leur font payer des prix exorbitants pour de simples locations d'ebooks. Il serait donc temps qu'un service plus juste à leur égard, et à portée universelle, soit mis en place.

Après tout, c'est de l'argent public qui est mis dans les bibliothèques, et pour l'instant, les grands bénéficiaires sont les grands requins de l'édition qui exploitent le plus les auteurs. 

dimanche 1 février 2015

Opération Portes Ouvertes: un mois de gratuité

Afin de faire découvrir les différentes facettes de mon style, je lance pour le mois de février une opération Ebooks Portes Ouvertes: la grande majorité de mes nouvelles Science-Fiction et Thrillers sous forme d'ebooks en téléchargement gratuit illimité pendant un mois entier. C'est une opération dont l'ampleur et la durée sont inédites pour moi, et c'est aussi une manière de mettre en valeur l'ebook en tant que moyen de lecture tout en privilégiant la diversité de plates-formes (dans la mesure où lesdites plates-formes sont ouvertes aux auteurs indépendants), puisqu'on retrouvera ces ebooks gratuits sur Apple, Kobo et la Fnac en plus d'Amazon. 

Si vous souhaitez me témoigner votre reconnaissance, rien ne vous empêche d'acquérir mes deux seules nouvelles qui ne sont pas gratuites, celle de SF Confrontation (Amazon  Apple  Fnac  Kobo) et le thriller Votre Santé, c'est notre avenir (Amazon  Apple  Fnac  Kobo), ou mêmes les recueils de SF Les Explorateurs (Amazon  Apple  Fnac  Kobo) et le thriller Le Vagabond (Amazon  Apple  Fnac  Kobo).

Autre manière de m'aider: après lecture, noter les livres et/ou les commenter. Sur Apple, par exemple, si vous n'avez pas le temps de poster un commentaire, une simple note en un clic est déjà essentielle pour la visibilité de mes ouvrages. Pour vous prendre un exemple, la nouvelle gratuite Les Explorateurs a été notée 97 fois et téléchargée 16 000 fois, avec pourtant seulement deux commentaires.

Et n'oubliez pas que vous pouvez maintenant très facilement noter et commenter sur Kobo. Pour ceux d'entre vous qui auraient déjà commenté mes ouvrages sur Amazon, si vous êtes en faveur de la pluralité des plates-formes, vous pouvez très facilement copier/coller vos commentaires.
Merci d'avance.

Science-Fiction (les liens Amazon seront ajoutés dès que ce site se sera aligné sur la gratuité) : 

Marinopolis

Secondé de son androïde Jenkins, un champion de discosurf (surf autopropulsé) mène l’enquête dans les profondeurs du Grand Océan pour retrouver sa soeur kidnappée. Il ne se doute pas que ses compétences hors du commun vont être mises à contribution par les Azal'nams, les étranges résidents des fonds marins...


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Entre deux feux

Ulem Beltran, séducteur dans l’âme, s'est lancé un défi : séduire une Elsevienne à la peau mauve, dont on dit que le charme est irrésistible. Comme à son habitude, il poursuivra en parallèle sa relation avec sa dernière conquête, la ravissante Fenentha – une blonde incendiaire. Mais le mot "aventure" va bientôt prendre un sens tout à fait inattendu.




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La Chasse

Pour se former au métier de chasseur de primes et venger son épouse, victime d’un attentat terroriste, un agent immobilier décide dans un premier temps de participer à une chasse. Il choisit pour première cible une créature à la fois intelligente et imprévisible, un scorpicore. Mais n’aurait-il pas dû, avant de se lancer dans l’aventure, s’assurer avoir vaincu ses propres démons ? 


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Source de jouvence

Le génial ingénieur Iskal Nerdeb doit présenter l’un des androïdes les plus perfectionnés de tous les temps au XXXVIIIème Congrès de Cybernétique Avancée. Hélas, le voyage que lui et sa petite famille ont entrepris s'avère plus dangereux que prévu. 

 
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Thrillers (les liens Amazon seront ajoutés dès que ce site se sera aligné sur la gratuité) :

Le baiser de la lionne

Au fil de ses errances, Vick Lempereur, aventurier et surtout vagabond sans le sou, se retrouve à Kahama, cité tanzanienne en pleine expansion. A la recherche d’un moyen de subsistance, il rencontre Albert Granjean, photographe de son état, qui lui propose de devenir son chauffeur pour quelques jours. Vick ne peut refuser l’offre généreuse.

En se lançant à la poursuite de grands fauves dans un safari endiablé, il ignore encore quels fantômes vont le rattraper.



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Grand Pouvoir Séculaire

Hippolyte N’Djamiey a toujours été un flambeur. Trop pour son propre bien, sans doute. En empruntant à tombeau ouvert cette petite route vallonnée au volant de sa Porsche Carrera, ce footballeur pro, accro à l’adrénaline, ne sait pas encore qu’il va réveiller de très anciens pouvoirs. Déjà, son GPS lui indique le prochain virage. Derrière celui-ci l’attend l’aventure de sa vie... 


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Shopping

Karine est une scientifique de la société Cyberzyme, spécialisée dans la biotechnologie. Trop occupée, cela fait longtemps qu’elle se contente de faire son shopping sur Internet. 

Julie, à l’inverse, pose dès qu’elle le peut une RTT pour aller faire du lèche-vitrine avec sa meilleure amie, Hélène. Un soir, Hélène, pourtant très peu portée sur les jeux vidéo, surprend Julie en lui prêtant un jeu intitulé Shopping. Révolutionnaire, le programme développé par Cyberzyme suscite l’engouement général. Il s’avère en effet capable d’analyser l’ADN de l’utilisateur pour s’adapter, anticiper ses désirs et réactions et fournir une expérience inoubliable.

Une expérience beaucoup plus marquante, d’ailleurs, que ne l’aurait souhaité Julie...



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mercredi 21 janvier 2015

Le gratuit, c'est rentable ?

Rien n'est pire pour un auteur que l'obscurité. Ne pas être vu, ne pas être lu, même gratuitement, est la garantie de ne jamais rien vendre. Pour autant, les ebooks gratuits téléchargés sont-ils réellement lus une fois au chaud dans leur liseuse? Quel est l'impact promotionnel de la gratuité? Mon ebook gratuit, la nouvelle Les Explorateurs, s'est retrouvé propulsé au troisième rang sur le Kindle Store d'Amazon.fr dans la période du 20 au 23 décembre 2014, ce dont j'ai été le premier surpris. L'occasion de faire le point sur cet événement particulier, et de manière plus générale, sur les retombées pour l'auteur indépendant de cet outil promotionnel. 

Etant assez fainéant sur la partie promotionnelle propre à Internet, j'ai fait le choix du permafree pour certaines de mes nouvelles, ne pratiquant la gratuité pour des romans ou recueils de nouvelles que de manière très exceptionnelle. Le permafree, c'est la gratuité permanente sur les plates-formes qui le permettent, Amazon ayant tendance (pas automatiquement cela dit) à réagir dans un deuxième temps en s'alignant sur cette gratuité. 

Pour la première partie de ce retour d'expérience je m'en tiendrai dans un premier temps à mes chiffres Amazon.

Je n'ai fait l'expérience de KDP Select (exclusivité Amazon) que pour une seule de mes nouvelles, A brief history of Ardalia (traduction anglaise d'Une brève histoire d'Ardalia), sur une période de 180 jours. Les résultats ont été décevants, avec seulement 179 exemplaires gratuits téléchargés sur toute l'année 2014. Ces promos m'ont tout de même permis de toucher des plates-formes inhabituelles, comme Amazon Brésil.

En comparaison, je n'ai que rarement mis The Breath of Aoles gratuit aux Etats-Unis, et pas en passant par KDP Select, mais la seule fois où Amazon s'est aligné sur la gratuité, l'ebook a été téléchargé à 500 exemplaires en deux jours, le propulsant aux alentours du 700ème rang sur Amazon.com. Il est vrai que le restant de l'année, j'ai beaucoup plus axé mes efforts sur la promotion du roman The Breath plutôt que sur l'histoire courte (promotions sur l'ebook à prix réduit en collaboration avec des sites ou blogs payants).

Les retombées des promos gratuites sont impossibles à quantifier en termes de vente pour mes ebooks anglais, à cause des autres promos à prix réduit. Il n'y a en tout cas pas eu de pic de vente, même après le téléchargement des 500 exemplaires gratuits de The Breath. 

Mes ebooks français en permafree sont: Une brève histoire d'Ardalia (fantasy), Les Explorateurs (Science-Fiction), et Le Vagabond (thriller).

En temps normal, je suis persuadé que ces ebooks en permafree me génèrent des ventes, que ce soit sur des nouvelles ou des romans. Ainsi, pour Une brève histoire d'Ardalia, dans le pavé "ceux qui ont acheté cet article ont également acheté", on retrouve les trois tomes du cycle d'Ardalia. Ce n'est malheureusement pas le cas pour A brief history of Ardalia, dont le prix n'est malheureusement pas aligné sur la gratuité des autres plates-formes: il n'est pourtant plus sur KDP Select, mais justement, j'y vois une conséquence négative d'avoir été sur KDP Select.

Avant de se hisser au troisième rang sur Amazon.fr en décembre 2014, ma nouvelle gratuite Les Explorateurs avait été téléchargée 12000 fois entre 2011 et 2012 sur Apple, et nous en sommes à présent à 16000 téléchargements rien que pour Apple.

Nous avons donc le recul, en faisant un petit tour sur l'article Bilan 2010 à 2014 pour constater les effets du gratuit, et en particulier du gratuit de type permafree. Et que constate-t-on? Eh bien, une longue traîne de titres se vendant grosso modo entre 1 et 50 exemplaires par an. Des titres qui sont pour la plupart des nouvelles, mais comprennent aussi mes recueils. 

Les nouvelles ne bénéficiant pas ou très peu de l'effet promotionnel de mes séances de dédicace, je crois qu'on peut créditer mes exemplaires gratuits de ces quelques ventes. Pour la vente de romans, il est incontestable que le gratuit aide aussi, mais il arrive selon moi, en termes de retombées, loin derrière les séances de dédicace: comme j'ai écrit un cycle, celui d'Ardalia, et que le premier roman s'est vendu à plus de 2000 exemplaires en version papier, je pense que la plupart des ventes des deuxième et troisième volumes, même sous format ebook, sont liées aux ventes du premier tome. 

Si la nouvelle Les Explorateurs est arrivée en troisième position sur Amazon, je crois que c'est lié à un lecteur qui l'a par hasard signalé sur le site Dealabs, sans mon intervention. Je n'avais pas utilisé KDP Select pour obtenir ce résultat, et la nouvelle a été téléchargée 583 fois en décembre. 

Par comparaison, sur ce mois de janvier, la même nouvelle n'a été téléchargée que 80 fois. Elle est maintenant classée un peu avant la 300ème place.

Là encore, les retombées que j'ai pu constater sont de type longue traîne: j'ai eu 5 téléchargements du recueil Les Explorateurs sur le mois de décembre (aucun en janvier), mais avec 2 demandes de remboursement! 

L'impression que j'ai eue n'était pas très positive, mon hypothèse étant que certains de ceux qui venaient pour la nouvelle gratuite estimaient aussi devoir bénéficier du recueil gratuit. Cela ne m'arrive en effet pratiquement jamais d'avoir des ebooks remboursés (je n'en vends sans doute pas assez pour cela). 

De mon expérience sur le permafree, je retiens donc que cette tactique permet une longue traîne de toutes petites ventes.

Je pense que stratégiquement, mieux vaut tenter des opérations ponctuelles de gratuité plus punchy (comme ce que j'ai pu faire avec The Breath of Aoles) et qui génèrent de meilleures retombées. Rien n'empêche de toute façon de mener les deux en parallèle.

L'un des effets favorables du permafree reste tout de même une forme de petite notoriété qui fait que pas mal de gens reconnaissent la couverture de votre livre en dédicace, parce qu'ils ont déjà la nouvelle gratuite en ebook (je pense aux Explorateurs). Ils ont l'impression de déjà vous connaître, ce qui est une aide appréciable. 

J'aurais tendance à vous recommander de ne pas attendre monts et merveilles de vos histoires en permafree. Par exemple, bien que la nouvelle gratuite le Vagabond se soit téléchargée à des centaines d'exemplaires en 2014, ma meilleure vente en ebook de type thriller n'a pas dépassé les 12 exemplaires en 2014 (Le baiser de la lionne).

Néanmoins, tout peut arriver avec l'autoédition, comme l'a prouvé l'histoire d'Anna Todd, qui a publié son livre chapitre après chapitre sur Wattpad, et connaît un immense succès. 

Il s'agissait cela dit d'une démarche beaucoup plus volontaire et active que le simple permafree, puisque sur Wattpad elle était vraiment en contact avec ses lectrices (principalement), réagissait à leurs suggestions, interagissait, bref, se donnait à fond. 

Si vous avez des exemples chiffrés avec le permafree ou la gratuité à titre promotionnel, n'hésitez pas à les partager en commentaire sur ce blog. 

vendredi 14 novembre 2014

[Archive 18 septembre 2012] S'éduquer au numérique

Le numérique est un fantastique outil de démocratisation de la culture. Je pourrais ajouter, "à condition de le mettre à portée de tous en terme de prix et de facilité d'achat", mais cette condition ne se pose même pas grâce aux sites de téléchargements illégaux. A ce sujet, vous croyez que toutes les oeuvres numériques sont piratées ? C'est faux. Pour un artiste, avoir son oeuvre piratée est une marque de reconnaissance du public. A titre personnel, je suis satisfait de savoir que mes ebooks ont la possibilité d'être diffusés par ce canal. Néanmoins, la diffusion n'est pas tout. Je suis persuadé que nous autres auteurs, musiciens, chanteurs, dessinateurs, réalisateurs et créateurs de tout poil devons nous éduquer au numérique, et éduquer à ce sujet nos enfants. Simple question de bon sens.
 
Loin de moi l'idée de dire "c'est mal de pirater", ou "c'est mal de télécharger". Les enjeux tuent le jeu, dit-on. Le piratage peut se trouver détourné à des fins financières ou pour des motifs idéologiques ou politiques, mais par essence, c'est un jeu entre l'attaque numérique et la défense.
 
Le téléchargement illégal peut quant à lui répondre à des motifs de curiosité, de prix trop élevés, de produits non disponibles sur le marché, ou même de volonté parfaitement légitime de ne pas acheter plusieurs fois le même produit (sous forme physique et numérique). Dans le cas notamment de la curiosité, il joue un rôle d'ouverture culturelle. Il peut même s'avérer bénéfique pour l'achat ultérieur d'autres œuvres de l'artiste.
 
Là où le téléchargement illégal devient condamnable, à mon humble avis, c'est quand il se transforme en réflexe systématique de consommation. "C'est numérique, donc ça doit être gratuit. Ça ne peut pas se consommer d'une autre manière que gratuitement. Puisqu'il y a moyen d'obtenir les fichiers gratuitement, on se ferait avoir si on devait les payer." Cet idéal du tout gratuit est évidemment destructeur pour les artistes à partir du moment où tout le reste n'est pas gratuit dans la société.
 
Nous vivrions dans un Etat providence, où le travail se ferait sur la simple base du volontariat et où chacun aurait de quoi se nourrir et se loger gratuitement, je n'aurais pas de problème avec le tout gratuit numérique. Nous n'en sommes pas (encore ?) là.
 
Donc, je n'aime pas l'idée de faire la morale ou de devoir pointer du doigt les uns ou les autres, mais désolé, à partir du moment où un artiste se procure exclusivement des fichiers en téléchargement illégal, il se tire une balle dans le pied. S'il donne cet exemple, comment s'étonner après qu'il ne puisse vivre de ce qu'il fait ? 
 
Pour recevoir, il faut aussi savoir donner. Je veux dire, il y avait 8000 intermittents du spectacle dans les années 80 en France, il y en a plus de 100 000 à présent. Et combien y a-t-il d'auteurs ? Un million en France ? Davantage ? Nous allons vers une société de loisirs. Une société de loisirs majoritairement numériques, en attendant peut-être une autre technologie, qui sait.
 
Eduquons-nous. Achetons des morceaux de musique quand un artiste nous plaît. Apprenons à nos enfants à reconnaître les mérites du travail artistique. Donnons-leur cette culture. Apprenons-leur que les fichiers MP3 ne restituent pas l'intégralité des sons.
 
Quand on ne connaît pas un romancier, télécharger illégalement l'un de ses ebooks, oui pourquoi pas, si les extraits du livre sont trop courts pour se faire une idée, si l'ebook est trop cher et si vous ne le trouvez pas en bibliothèque. Mais à un certain moment, il va falloir apprendre à récompenser le travail des uns et des autres, si l'on espère soi-même en faire un moyen de subsistance.