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mardi 13 septembre 2016

Mes livres dans les écoles ?

J'ai beau me définir comme étant agnostique, je n'écarte pas pour autant toute spiritualité de ma vie. Ainsi ai-je appris à tenir compte de certains signes (vent du destin? Souffle d'Aoles?) autour de moi - on pourrait aussi parler d'intuition ou d'association d'idées, mais je crois que ça va plus loin. J'avais déjà remarqué que les enseignants s'intéressaient à mes livres, évoquant à plusieurs reprises, lors de rencontres en dédicace, la possibilité de me déplacer en collège y prêcher ma "bonne parole". Mais l'élément déclencheur de l'article de blog que vous lisez en ce moment a été un email d'un membre d'une association de l'Hérault, Lire et faire lire, qui intervient dans les écoles primaires pour y faire des lectures.

C'est un fait, l'enseignement du français, notamment au collège, a subi de vraies évolutions depuis mon enfance. Sans doute cela est-il dû au moins en partie au fait que les enseignants d'aujourd'hui sont souvent des gens de ma génération. 

L'enseignement trop rigide du collège, l'obligation de lire des textes trop âpres à un âge où les goûts se forment ou se déforment pour la vie, a dû rester en mémoire de certains enseignants, ou en tout cas de certaines personnes travaillant aux programmes de l'Education nationale. 

Ainsi, quand je jette un coup d’œil sur le manuel de français de ma fille, qui vient de rentrer en Sixième, je vois un chapitre sur les Ogres et Sorcières, un autre intitulé Belles et Bêtes, du livre à l'écran, un autre sur les récits de création de la mythologie grecque et de la Bible, un autre sur les monstres antiques, un autre sur l'Odyssée d'Homère, un autre sur le roman d'aventure, avec notamment un passage de Bilbo le Hobbit, de Tolkien, un extrait du Monde Perdu d'Arthur Conan Doyle, et des planches du Temple du Soleil, la BD d'Hergé (oui, Tintin et le capitaine Haddock!)...

De l'incitatif, voire de l'addictif, cela me donnerait presque envie de recommencer ma Sixième!

L'email que j'ai reçu ne faisait cependant pas référence à des collégiens, mais à des écoliers de CM2. 

Je garde en général la confidentialité sur les emails que je reçois, mais celui-ci ne révèle rien de personnel, et constitue, selon moi, un véritable "cas d'école" (oui, le jeu de mots est voulu): 

Je fais partie de l’association « Lire et Faire Lire » (http://www.lireetfairelire.org/). Je lis donc dans les écoles, en particulier dans l’Hérault.
J’ai récupéré via Amazon sur mon Kindle « Une brève histoire d'Ardalia » que je pense lire aux CM2 (éventuellement CM1). Qu’en pensez-vous ?.
Sinon pensez-vous que je puisse lire d’autres livres dont vous êtes l’auteur aux enfants de CM2 ou autres ?

Un intervenant dans les écoles qui lit des récits d'un auteur qu'il a récupéré sur sa liseuse Kindle. Oui je confirme, les choses ont bien changé depuis mon enfance... 

Je lui ai répondu que oui, bien sûr, je n'y voyais aucun inconvénient, Une brève histoire d'Ardalia pouvant être un bon exemple de la manière dont un auteur construit son univers.

Voici la suite de ma réponse:

Vous pouvez même effectuer une corrélation avec le récit de l'Avisé dans le chapitre 1 du Souffle d'Aoles, le passage qui commence par : "C’était une époque dont les plus anciens ne se souviennent que par le récit de leurs ancêtres," afin de montrer comment le fait de bâtir une histoire plus ancienne peut aider à crédibiliser une histoire, à lui donner plus d'assise. 

[Note: je ne lui ai pas dit que ce passage constituait aussi un bon exemple de "mise en abyme": la technique d'incrustation d'une histoire dans une autre peut sembler un peu difficile à aborder pour les plus jeunes, mais il ne faut jamais sous-estimer l'intelligence de nos enfants, et je pense qu'il serait assez simple de leur expliquer la chose à l'aide de poupées russes.] 

Le Souffle d'Aoles, le premier tome du cycle d'Ardalia, se destine quant à lui à un public à partir de 12 ans. Donc, plus pour les cinquième, le héros ayant 16 ans et évoluant tout au long de la trilogie.

J'ai voulu l'écrire pour des personnes qui auraient lu la série Harry Potter et qui souhaiteraient aller plus loin dans l'imaginaire.

Il y a une autre histoire courte que vous pouvez lire aux enfants: "Le Plasmode", une histoire de science-fiction de type expérimentale, qui fait partie de mon recueil Les Explorateurs.

Elle constitue un bon exemple de la manière dont un auteur peut se laisser porter par son imagination, en faisant d'une créature extra-terrestre très originale le protagoniste principal d'une histoire.

Enfin, Source de Jouvence, dans le même recueil, est une nouvelle qui peut aussi attirer les plus jeunes, dans la mesure où l'on parle d'une famille déportée de sa route par des pirates, qui va échouer sur une station spatiale.

Le petit Vens, 8 ans, va se rendre compte que le vieux scientifique qui vit tout seul dans cette station spatiale, entouré de robots, s'intéresse un peu trop à lui.
Source de Jouvence fait partie du recueil Les Explorateurs, mais est aussi vendu de manière individuelle sur Kindle.

Bien à vous,

Alan

Pour les enseignants qui liraient cet article de blog, il faut savoir que je ne suis jamais intervenu en milieu scolaire. 

J'aurais des choses à dire, et notamment sur la manière dont, bien que m'étant lancé dans une histoire d'aliens sur une autre planète, j'ai ancré le roman Le Souffle d'Aoles dans notre propre réalité, avec de nombreux points d'ancrage liés à notre Histoire, et notamment le compagnonnage et le fait de devoir, pour un menuisier, prouver son savoir-faire en réalisant son chef-d’œuvre.  

Si vous souhaitez me voir intervenir dans votre classe, mon tarif est de 250 € hors défraiement par demi-journée d'intervention (paiement d'avance). Vous pouvez me joindre sur mon email, alan1spade [at] gmail.com. 

Enfin, si l'Education nationale est intéressée pour voir figurer ma trilogie Ardalia dans les CDI des collèges, je suis bien sûr ouvert à toute proposition. Je peux même proposer un tarif plus favorable que le tarif habituel, puisque c'est pour la bonne cause... 

Article lié: Auteurs: les interventions hors dédicace

mercredi 3 février 2016

Projection

A chaque fois que vous vous dites que vous n'êtes pas assez lu(e), demandez-vous si vous n'êtes pas en train de projeter votre propre manque de confiance en vous sur les lecteurs.

mardi 2 février 2016

Les effets pervers des métiers alimentaires

Béquille de l'artiste, et en particulier de l'auteur en quête de professionnalisation, les métiers alimentaires sont à la fois indispensables en ce qu'ils permettent la survie des artistes, en devenir ou accomplis, et "empoisonnants" car ils nuisent à tout ce qui est structuration de l'activité artistique: revenus dignes de ce nom, caisse de retraite et maladie digne de ce nom, mutuelle digne de ce nom. Sans compter que les auteurs ne formant pas un quatrième ni un cinquième pouvoir, ils ne bénéficient pas comme les journalistes d'une niche fiscale, et de nombreux auteurs ayant un métier alimentaire se retrouvent à cotiser deux fois, avec une fiscalité très défavorable au niveau artistique...

J'ai déjà établi dans un précédent billet que les auteurs et écrivains étaient considérés par les "professionnels du livre" comme des amateurs, mais sans aborder à aucun moment l'impact des métiers alimentaires. Il est temps d'y remédier.

Avant de le faire, toutefois, il faut tout de même constater que la principale explication à l'absence de structuration du métier d'auteur - même s'il existe un coûteux organisme de protection sociale, l'Agessa, s'adressant aux auteurs traditionnellement publiés - est à mon sens la désunion des auteurs. 

Tous les auteurs ne considèrent en effet pas leur activité comme une activité professionnelle. L'exemple de Stefan Wul, que je citais dans mon précédent article sur le sujet, est assez symptomatique à mes yeux.

Stefan Wul a écrit de merveilleux romans de Science-Fiction. Mais Pierre Pairault, son alter égo dans la vraie vie, était chirurgien dentiste. Il gagnait bien sa vie avec son métier, qu'il ne considérait pas comme alimentaire mais comme son vrai métier - et pour cause, je pense, étant donné les années d'études qu'il avait accomplies - l'écriture n'étant pour lui qu'un passe-temps divertissant.

Mon propre point de vue est évidemment différent: j'ai fait des études de lettres, j'ai gagné ma vie en tant que journaliste dans la presse écrite jeux vidéo - et à ce titre, je ne crache pas sur la fameuse niche fiscale, je ne fais que constater qu'une position tout aussi précaire qui n'est pas une position de pouvoir ne permet pas de l'obtenir - avant de devenir auteur à temps plein. Je vis mon rêve, et mon rêve emplit ma vie.

Un troisième auteur estimera que les métiers alimentaires sont indispensables pour l'auteur à la prise en compte de situations réelles, dans la vie professionnelle, qui amélioreront ainsi l'aspect réaliste et documenté d’œuvres, fussent-elles de fiction.

Autant d'auteurs, autant d'avis. 

Il n'en reste pas moins que la société évolue. La mécanisation, la robotisation, l'informatisation transforment les métiers. 

Un tiers des citadins de Paris intra-muros exerçant une activité professionnelle sont liés à l'intermittence du spectacle - statut perpétuellement menacé par notre société dans le déni, cela dit en passant. Le chiffre d'affaire de la presse, du cinéma et de toutes les activités artistiques a dépassé en France celui de l'automobile.

De plus en plus, nous évoluons vers une société de loisirs.  Un exemple concret parmi d'autres ce sont les vidéos sur Youtube. 

Mon fils regardait l'autre jour une vidéo Youtube de Plant versus Zombie. Elle a été vue plus de deux millions de fois. En faisant un rapide calcul, une vidéo visionnée 1000 fois et intégrant de la pub rapportant à son auteur 1 euro, l'auteur de cette vidéo a gagné 2000 euros. Pour une vidéo d'un joueur jouant à un jeu.

Et encore, vous pensez bien que le "deal" est très largement favorable à Youtube, qui engrange des sommes astronomiques.

Mais je digresse. Revenons au cœur du sujet. Lorsque deux auteurs vont démarcher un éditeur,  l'un ayant un métier alimentaire, l'autre non, à votre avis, lequel défendra le mieux son beefsteak?

Il est évident que seule, la petite portion d'auteurs qui estiment que leur métier est une activité professionnelle à part entière sera à même de défendre ses droits plus efficacement.

Bien sûr, on peut envisager des cas où l'auteur exerçant un métier alimentaire à temps partiel et voulant passer à temps plein sur l'écriture refusera le marché de dupes proposé par l'éditeur, là où l'auteur au RSA aura des étoiles dans les yeux à l'idée d'être publié, et signera le contrat en l'ayant à peine lu.

Il ne s'agit pas pour moi de jeter la pierre à quiconque. Dans un cas comme dans l'autre, il est indispensable d'arriver dans une négociation dans une position autre que celle de la faiblesse absolue. Il faut pouvoir dire non.
Parce que si on ne le fait pas, si on se dit: "de toute façon, peu importe si je ne reçois qu'une aumône, j'ai mon métier alimentaire derrière", au final, quel est l'objectif de notre démarche? Le prestige?

C'est malheureusement une triste réalité: de nombreux auteurs traditionnellement édités sont en réalité dans une démarche de vanity publishing... démarche qui nuit à tous leurs pairs. 

Quel argument, alors, opposer aux éditeurs? Quelle alternative?

L'autoédition, bien sûr.

Je sais bien que les revenus liés aux ventes d'ebook restent maigres, en France. Mais à partir du moment où un éditeur ne vous propose que des miettes, pourquoi ne pas se positionner sur d'autres miettes, sur lesquelles vous aurez au moins le contrôle?

Pour finir sur une note plus positive, je suis ravi de voir que de plus en plus, les auteurs autoédités en France s'organisent. Ravi de voir que des auteurs comme Marie-Laure Cahier et Elizabeth Sutton ont pu négocier de garder le contrôle sur les droits numériques de leur ouvrage, Publier son livre à l'ère numérique, tout en ayant le livre papier publié traditionnellement.

Je suis persuadé qu'elles ne sont pas arrivées en position de faiblesse au moment de négocier. 

Quant au problème des métiers alimentaires, il est de l'ordre de celui de l’œuf ou de la poule. Je ne crois pas que seuls, les métiers alimentaires contribuent à la précarisation des artistes, de même que je ne crois pas que la seule manière de traiter les auteurs par les éditeurs engendre la paupérisation des premiers.

Les choses sont imbriquées à de nombreux niveaux.

Sur le même sujet: 

- Les auteurs et écrivains: tous des "hobbyists" (amateurs)?
- Auteur autoédité, un "anti" emploi? 

jeudi 20 novembre 2014

[Archive 15 juillet 2010] Un site comparateur de contrats d'édition ?

Je diagnostiquais dans ma récente interview au blog Belisamart (je me cite)  : "L'absence d'agents artistiques qui effectueraient un vrai travail de prospection et d'intermédiation se révèle (...) très fortement préjudiciable à l'éclosion de nouveaux talents." Pour tenter de commencer à remédier à ce problème (restons modeste) propre à la France, afin aussi de permettre aux éditeurs de gagner du temps et de l'énergie dans le tri des manuscrits qui leur sont proposés, il serait peut-être bon de créer un site qui, sous forme de tableau, comparerait les différents contrats d'édition proposés aux nouveaux auteurs de manière simple et synthétique. L'annuaire Audace, de Roger Gaillard, publié par l'Oie plate en 2005 et réactualisé, le fait déjà, mais tout le monde ne peut se l'offrir. Si les éditeurs acceptaient de communiquer ces données (certains le font déjà) en autorisant leur publication sur ce site en projet, les auteurs enverraient leurs manuscrits en toute connaissance de cause, et chacun gagnerait du temps.
 
On pourrait noter sur ce tableau des éditeurs à compte d'éditeur le pourcentage de droits d'auteur pratiqué, le montant de l'à-valoir s'il y a lieu, la durée de la cession des droits, l'existence ou non d'une clause de préférence indiquant que l'auteur doit publier son ou ses prochains romans (et dans ce cas, leur nombre) chez ce même éditeur, la cession ou non des droits audiovisuels dans le cadre du contrat initial, le pourcentage de droits d'auteur sur les exemplaires numériques (ebooks), le nombre d'exemplaires papier destinés à l'auteur et à la presse, la périodicité du relevé de comptes et du versement des droits.
 
Autres données très importantes à rajouter, le tirage moyen pour un nouvel auteur, et le fait de mentionner si l'éditeur a déjà, par le passé, fait des traductions en langue étrangère ou négocié des adaptations audiovisuelles (avec citation des oeuvres concernées).
 
Faisons donc l'expérience, si vous êtes éditeur et que vous souhaitiez me communiquer ces données, je m'engage à les communiquer sur un site ou un blog (les blogs permettent plus facilement l'actualisation) créé pour l'occasion, de manière transparente, afin de venir en aide aux uns comme aux autres, auteurs et éditeurs. Merci d'avance...
 
 
P-S : si en lisant ce billet, vous souhaitez me suggérer d'autres données utiles, n'hésitez pas à le faire en commentaire.

jeudi 16 octobre 2014

What to think about Kindle Scout/ Que penser de Kindle Scout ?

Amazon just launched a new publishing service, Kindle Scout, for English-language ebooks (50,000 words or more) in the Romance, Mystery & Thriller and Science Fiction & Fantasy genres. Kindle Scout allows your ebook to be considered for publication in Kindle Press for a period of 45 days or less. My thoughts about the Kindle Press & Submission Agreement.

First, we have to note that Kindle Scout is an opportunity for Amazon to test your book among readers during 45 days. This kind of testing is beneficial to both parties, because it should get the indies' books before the eyes of many readers, and that's what all indies authors strive for. But it's above all beneficial to Amazon, because, as we'll see, the terms of the Kindle Press Agreement are more interesting for Amazon than the 30% Amazon gets for ebooks priced between $2.99 and $9.99 via Kindle Direct Publishing (KDP).

The Kindle Press agreement states that the Publishing Terms will automatically renew every five years, so it's worth noticing that this is not really a renewable contract rather than a life contract for the ebook version (the paper is not concerned), provided the book sells well. 

How well? You have two very important types of reversion provisions: 

- after two years of publication by Kindle Press, if 12 consecutive months have resulted in total royalties payable to you of less than $500 US Dollars
- after five years of publication by Kindle Press, if you do not earn at least $25,000 in royalties during any of those five-year terms, you can request your rights back within six months after the end of the five-year term in which you did not earn $25,000.

That means, in my opinion, that if your book earns $25,000 in royalties or more in five year (that's $5000 in royalties a year, which is more than $10,000 in sales by year, or more than $50,000 overall), the contract will be continued indefinitely. 

However, if it's the first book in a series, you don't seem to be forced to publish the others with Kindle Press.

If your ebook has been validated, Kindle Press gives you a $1,500 advance and 50% of net revenue for ebooks. One of the biggest question I have is: what is "net revenue" exactly? The official response from Amazon: "“Net Revenue” means, for each format or edition of your Work, the gross amounts we actually receive from the sale of copies of that format or edition, less customer returns, digital transmission costs and bad debt, and excluding taxes.

So, I see it as 50% of 100% of the wholesale price, less customer returns, digital transmission costs and bad debt, and taxes. Still better than the 50% of net from the publishers, I think which amount only for 17,5% in reality. I hope not to be mistaken here, and we'll have to hear authors published by Kindle Press to know exactly. 

The reporting: you are being provided monthly royalty statements. Kindle Press will pay royalties within 60 days following the end of each month. "Payments due in connection with sales by unaffiliated third party sublicensees will be made within 60 days."

It's worth noting that this is not a daily report as with KDP. 

My final thoughts: 

- you lose the ability to set the price for the ebook, to do promos, to have control over your ebook
- it's your cover (you paid for it) and your editing (you paid for it), but the advance is only $1,500 (very weak)
- your royalties are weaker than with KDP for ebooks priced between $2.99 and $9.99
- you are given access to a new platform which could be very valuable
- you are given back audio and language rights in two years if they haven't been exploited
- the real royalty you'll get remains to be seen exactly, but is better than traditional publishing
- you lose your access to other platforms than Amazon

In conclusion, would I use Kindle Press? Perhaps, because it could still be a means to get my work in front of more readers, if this new platform, Kindle Scout, really allows us to reach more readers. That's a big "if". So I would say it could be worth it for a first book of a series, but not necessarily the others. 

Que penser de Kindle Scout? 

Les genres concernés sont la Romance, les polars et thrillers et la Science-Fiction et la Fantasy. Il s'agit de livres d'au moins 50,000 mots qui seront publiés uniquement au format ebook (vous gardez les droits sur le papier).

Kindle Scout permet à Amazon de faire en sorte que le public puisse "préempter" des livres qui seraient susceptibles de rapporter de l'argent. C'est bénéficiaire pour les deux parties, l'auteur indépendant qui cherche un lectorat, mais avant tout Amazon, puisque les conditions sont plus favorables à Amazon que les ebooks vendus entre 2,99$ et 9,99$ sur KDP (Kindle Direct Publishing). En effet, si l'ebook est validé au terme des 45 jours, Amazon (Kindle Press) va recevoir 50% sur la vente d'ebooks, et non plus 30%.

C'est vous qui fournissez la couverture et faites en sorte que le livre soit correctement corrigé, Amazon se réservant le droit de menues corrections ultérieures. 

Attention, il ne s'agit pas d'un contrat renouvelable tous les cinq ans. Selon les termes du contrat, le contrat est automatiquement renouvelé, et donc "à vie", à partir du moment où votre ebook vous rapporte 25,000$ ou plus de royalties tous les cinq ans (c'est à dire que le livre rapporte au moins en tout 50,000$ en cinq ans). Vous ne récupérerez vos droits que si vous en faites la demande expresse dans la période de six mois après les cinq premières années d'exploitation, et si l'ebook a rapporté moins de 25,000$. 

Il y a tout de même une autre clause de reversion au bout de deux ans, si le livre n'a pas rapporté au bout de 12 mois d'exploitation consécutive plus de 500$.

Il existe aussi des clauses de reversion pour les version audio et en langue étrangère, au bout de deux ans si ces droits ne sont pas exploités. 

Ces clauses de reversion sont plus favorables que ce que proposent les contrats d'édition traditionnels.

Les royalties sont de 50% des revenus net de l'ebook. Ces revenus sont apparemment calculés sur le prix de gros, moins les ebooks que les lecteurs se sont fait rembourser, les coûts de transmission de l'ebook (attention à ne pas mettre une couverture ou des images trop volumineuses), les "dettes éventuelles", et les taxes. Ce n'est donc pas réellement 50% du prix de gros, mais moins que cela. Combien de moins? Cela reste à déterminer exactement, mais c'est tout de même nettement plus favorable que les 50% du net proposés par des éditeurs, qui ne reviennent en réalité qu'à 17,5% du prix total de l'ebook pour l'auteur, pour les ebooks vendus sur Amazon. 

Le reporting: on n'est prévenu sur les chiffres de ventes que de manière mensuelle et non quotidienne. En revanche, le rythme de versements des royalties, deux mois après le mois où vous avez obtenu les ventes, est similaire à celui de KDP, c'est à dire infiniment supérieur à ce qui se fait dans l'édition traditionnelle.

Mes réflexions: 

- on perd la possibilité de fixer le prix de l'ebook sélectionné par Kindle Press, on perd notre contrôle sur les promos et sur l'ebook en général
- c'est notre couverture (pour laquelle on a pu payer), nos corrections (pas toujours gratuites non plus) et l'avance n'est que de 1500$, ce qui est très faible
- les royalties sont plus faibles que sur KDP avec un livre fixé entre 2,99$ et 9,99$
- cette nouvelle plate-forme de publication pourrait être très valable, au point de compenser le reste
- les clauses de reversion sont favorables
- rien n'empêche de ne fournir que le premier livre d'une série (pas d'obligation de publication ultérieure)
- on perd l'accès à toutes les plates-formes concurrentes d'Amazon, ce qui reste un sacrifice, en particulier pour le premier livre d'une série

En conclusion je dirais que je pourrais être amené à utiliser ce service, si la plate-forme Kindle Scout est intéressante, et permet une réelle visibilité. Cela peut être à tenter, par exemple pour le premier livre d'une série où chaque volume peut être lu indépendamment des autres (sans cliffhanger entre les livres), ce qui permettrait la publication des autres tomes sur d'autres plates-formes, si on décide de n'avoir que le premier livre de la série sur Kindle Scout/ Kindle Press.

Je dirais donc que je me réjouis de ce nouveau service, mais je m'en réjouis avant tout parce qu'il s'agit d'un nouvel aiguillon pour la concurrence, et que les autres plates-formes auront intérêt à proposer des services équivalents si elles ne veulent pas avoir à en souffrir. J'ai pendant longtemps prêché le fait qu'il fallait absolument maintenir les concurrents d'Amazon en vie, et c'est toujours le cas. Mais il y a un moment où eux aussi doivent faire ce qu'il faut pour s'aligner sur la concurrence, en offrant une plus grande visibilité aux auteurs indépendants.

vendredi 10 octobre 2014

[Archive 20 décembre 2008] Le syndrome de l'oisillon

Nous autres auteurs sommes victimes de toutes sortes de syndromes. Peur de diffuser ses écrits, difficulté à les porter au-devant du public, c'est à dire à les promouvoir (nous ne sommes clairement pas les mieux placés pour cela), repli sur soi... Le syndrome de l'oisillon, finalement, n'est peut-être que l'une des innombrables variantes du même problème.

C'est de notoriété publique, entre la multiplication du nombre d'auteurs et la raréfaction des éditeurs ayant accès aux grands réseaux de distribution, il est de plus en plus difficile pour un inconnu de se faire publier de manière satisfaisante. J'ai naturellement tendance à regarder les choses du point de vue de l'auteur, mais il peut être intéressant d'examiner les conséquences qu'une telle situation peut avoir pour un éditeur. En particulier un petit éditeur, puisque finalement, un inconnu comme moi aura le plus de chances de se faire éditer via un petit éditeur. La difficulté de la recherche étant ce qu'elle est, le risque est de croire, en tant qu'auteurs, que si nous trouvons un éditeur à compte d'éditeur, quelle que soit sa taille, nous aurons décroché le gros lot. Et donc, de se dire que c'est gagné et de nous reposer entièrement sur cet éditeur pour tout ce qui est promotion,  diffusion, valorisation de l'oeuvre, en plus des aspects traditionnels de relecture/correction et choix d'une illustration de couverture. C'est ce que j'appelle le syndrome de l'oisillon, qui veut que les auteurs attendent, le bec ouvert, que les choses leur arrivent toutes cuites une fois édités. Voilà ce que c'est de considérer avoir accompli l'essentiel du travail une fois le livre écrit et l'éditeur trouvé... Ce syndrome va générer à l'évidence un surcroît de travail pour l'éditeur, non seulement de par le défaut d'engagement de ses auteurs, mais aussi de par la multiplication du nombre d'auteurs en regard du nombre d'éditeurs à compte d'éditeur. Double impact, donc, et des petits éditeurs qui croulent sous le boulot dans une situation concurrentielle qui leur est forcément défavorable à cause du système des offices des plus grands éditeurs.

On peut en fait diagnostiquer une triple mauvaise répartition : mauvaise répartition du nombre d'auteurs parvenant à trouver un éditeur, trop nombreux étant ceux à rester sur le carreau, mauvaise répartition du travail d'édition, trop de choses reposant sur les épaules d'un seul éditeur, et enfin, mauvaise répartition du revenu d'auteur, puisque de 8 à 10%, c'est trop faible pour un auteur, particulièrement si ce dernier accepte de mettre la main à la pâte pour tout ce qui est promotion/diffusion/recherche d'un imprimeur concurrentiel, etc.

En ce sens, je crois que la "sélection naturelle" du marché devrait amener les auteurs, de plus en plus, à mener un travail proche de celui d'éditeur. On se rend compte que c'est déjà ce que font pas mal d'auteurs édités par de petites maisons (ne serait-ce que le fait de publier un blog fait partie de l'arsenal promotionnel).

C'est mon avis, mais peut-être qu'il y a cinquante ans, on tenait déjà le même discours...

vendredi 3 octobre 2014

[Archive 7/10/2012] Les trois sacrifices de l'auteur

Une fois son livre écrit, il existe trois sacrifices possibles pour un auteur. Le premier est celui de 90% de ses droits d'auteur s'il passe par un éditeur. Si au contraire il a choisi l'autoédition au format ebook, il se trouvera rapidement confronté au choix stratégique suivant : sacrifier des ventes en baissant dramatiquement les prix au cours d'opérations promotionnelles, ou bien même en offrant son livre en échange d'un regain de visibilité, et d'un espoir de ventes ultérieures. C'est le deuxième sacrifice. Lors de sa dernière opération de gratuité, l'auteur Joe Konrath a ainsi laissé partir 70 000 ebooks. Le troisième sacrifice est celui du "temps promotionnel" de l'auteur. Celui que je passe par exemple en ce moment à écrire ce billet, ou le temps passé sur les réseaux sociaux. Le problème, c'est que les deux derniers sacrifices ne sont plus l'apanage des autoédités. Ils sont aussi initiés ou encouragés par les éditeurs eux-mêmes.
 
L'exemple qui vient évidemment tout de suite à l'esprit est celui de l'éditeur Bragelonne, qui, à l'occasion de son 200 000 ème ebook vendu, a baissé, pour une période limitée, le prix de 200 de ses ebooks à 0,99 €. Pour les auteurs des livres en question, à moins qu'un système de compensation n'ait été mis en place, ce dont on me permettra de douter, le sacrifice est donc double: le premier sur les droits d'auteur, le deuxième sur les droits d'auteur liés à ces ouvrages promotionnels.
 
Et le sacrifice devient triple si l'éditeur a par exemple demandé aux auteurs concernés de répandre partout autour d'eux, sur les réseaux sociaux et autres, la nouvelle de cette promotion.
 
En 2012 et étant donné l'état du marché du livre en France, les auteurs sont peut-être encore gagnants malgré ce triple sacrifice. En effet, les ventes de livres papier des éditeurs dominants restent largement supérieures à celles de l'ebook (excepté dans des domaines comme la science-fiction et justement la fantasy où cette différence est moins affirmée).
 
Les auteurs de Bragelonne peuvent espérer que le regain de visibilité engendré par cette opération promotionnelle se répercute sur les ventes de livres papier. Ce serait pour eux, étant donné leurs droits d'auteur, le seul moyen de revenir sur leurs pertes.
 
A moins bien sûr que Bragelonne n'offre à ses auteurs 50% de droits pour les ventes sur le numérique, mais j'ai comme un doute.
 
Au moment du choix de s'autoéditer ou non, l'auteur averti réfléchira donc sérieusement aux implications que suppose le fait d'être édité, sachant bien sûr que le marché de l'ebook est en expansion en France (ce que confirment, non seulement les 200 000 ebooks vendus par Bragelonne, mais mes propres ventes, puisque j'en suis à 700 ebooks écoulés cette année contre 93 en 2011).
 
Il devra se souvenir que les éditeurs dominants contractualisent pour de très looooongues périodes. Il devra aussi se souvenir que les stratégies des autoédités sont aussi à présent de plus en plus celles des éditeurs.
 
Bien sûr, il devra aussi réfléchir aux investissements, financiers ou par son travail propre, dans les corrections et la couverture s'il s'autoédite.
 
Il pourra aussi envisager les avantages liés à l'autoédition : la liberté de choix sur la couverture et sur les corrections, l'opportunité de tester très vite la manière dont l'ouvrage va être reçu par le public, contre une attente souvent très longue et hypothétique s'il se contente d'envoyer son manuscrit, une nouvelle attente si son manuscrit devait être retenu (en fonction du planning de parution de l'éditeur), avec la perspective d'une présence éphémère dans les rayons (de l'ordre de deux à trois mois) pour des livres papier qui ne pourront que perdre de leur attractivité avec le temps.
 
Sans parler, bien sûr, de compte-rendus de ventes des éditeurs très longs  eux aussi à obtenir et souvent peu clairs,  à cause du sytème des retours de libraires, et de versements beaucoup moins fréquents que lorsqu'on s'autoédite.
 
Je noircis le tableau ? Discutez-en avec des auteurs édités.

jeudi 2 octobre 2014

[Archive 21/10/2010] Un rêve, cela peut coûter cher : démonstration

La triste démonstration de mon billet précédent est venue d'une discussion sur Facebook, où Yurani Andergan, lui aussi auteur, (voir ici son site) a pointé un lien vers le blog (La brosse Gherta) d'un troisième auteur, lequel a pour sa part eu le bonheur de voir son roman publié par les Editions Leo Scheer. Je vous soumets ici le bilan chiffré qu'il tire de son expérience. Il ne s'agit bien sûr pas ici d'avoir le moindre soupçon de condescendance pour l'intéressé, Nicolaï Lo Russo, qui a suivi ce qui ressemble d'après son billet au parcours classique du postulant à l'édition, simplement de montrer les limites d'un système, celui de l'édition traditionnelle, qui génère plus de pilon qu'il ne rapporte de ventes. Et de dénoncer au passage les revenus modiques eu égard à la somme d'efforts fournis. Qu'on se le dise, même dans l'écriture, tout travail mérite salaire ! Ma conclusion : l'édition traditionnelle est dans une très large mesure inadaptée au monde moderne. On s'en doutait un peu, bien sûr...

mercredi 1 octobre 2014

[Archive 11/10/2010] Un rêve, cela peut coûter cher

Je ne joue jamais au loto. J’estime qu’à partir du moment où il n’y a qu’une chance sur mille d’être tiré au sort, l’incertitude devient beaucoup trop grande. Sans vouloir stigmatiser personne, je dirais que les millions de personnes qui tentent leur chance sont avant tout des millions de perdants en puissance, et qu’ils contribuent à alimenter les caisses de gens qui ne le méritent pas. Le rêve de ces millions-là rapporte peut-être beaucoup à l’Etat, mais il coûte à chacun. Le parallèle avec le secteur qui me concerne, la littérature, est facile à faire, quoiqu’il faille bien sûr nuancer la chose.



Peut-on croire que des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes enverraient chaque année leur manuscrit à des éditeurs en sachant que les chances d’être choisi sont infimes, peut-on croire qu’ils le feraient sans, quelque part, jouer au loto ? Ils tentent leur chance, personne ne saurait le nier. Alors oui, il existe des manuscrits publiés par de grandes maisons d’édition qui arrivent par la poste. Oui, leurs auteurs peuvent connaître le succès. Mais quel est, derrière, le sacrifice que l’on demande à la société ? N’en doutez pas, il est abyssal, c’est celui de dizaines de millions, voire de milliards d’heures de travail. Et ce qui n’est pas comptabilisable représente la partie immergée de l’iceberg. C’est le goût de cendres dans la bouche des auteurs dont le manuscrit est partout rejeté, c’est l’amertume qui monte.
On sait qu’à compétences égales, après présélection du comité de lecture, c’est le coup de cœur du directeur de collection qui va faire la différence. Donc, quelque chose d’éminemment subjectif. Qu’est-ce que nous, auteurs, indiquons aux éditeurs, quand nous sommes des dizaines de milliers à leur envoyer des manuscrits dans ces conditions ?
C’est simple, nous leur démontrons que le rapport de force leur est extrêmement favorable. Si nous sommes prêts à soumettre entièrement nos millions d’heures de travail réunies à leur seule subjectivité, que ne sommes-nous prêts à accepter d’autre ?

« Je fais du commercial pour pouvoir publier des auteurs intéressants »


L’argument des éditeurs selon lequel ils publient des livres commerciaux pour avoir la possibilité de mettre en avant des ouvrages intéressants et donc de promouvoir la culture est bien connu. La logique mise en avant est simple : de nombreux livres ne se vendraient pas, et ne seraient donc pas rentables si eux seuls étaient publiés, il faut donc leur adjoindre des livres commerciaux pour que les maisons d’édition gardent la tête hors de l’eau. Je vous le demande, n’est-ce pas là une manière artificielle d’assurer une diffusion nationale ou internationale à des livres ?
A l’inverse, en quoi les auteurs ayant mis tout leur cœur, leur talent voire leurs tripes dans un roman et réussissant à se faire publier par de grandes maisons d’édition ne servent-ils pas d’alibi ? Ces maisons peuvent ainsi continuer à publier des livres people ou politique et faire du business en toute quiétude. Si ces maisons ne publiaient que ces livres people ou politique, souvent écrits par des prête-noms littéraires, est-ce qu’à terme, leur image de marque de « grands éditeurs » resterait la même ?
 
La part des choses
 
Il faut tout de même faire la part des choses. De nombreux auteurs, loin de jouer la stratégie du manuscrit envoyé à l’aveugle, établissent le contact lors de salons et ne se font publier que lorsqu’ils sont en confiance, et à des conditions décentes. Dans ce cas, il est vrai, ce sont à des petits éditeurs qu’ils s’adressent, qui n’ont pas toutes les clés du marché. Mais s’ils veulent viser plus haut, s’ils n’ont pas ce qu’on appelle un « nom », plus ils voudront être diffusés, plus ils devront faire de concessions sur les droits d’auteur.
Je dois bien l’avouer, depuis que je suis dans le métier, après avoir commencé en tant qu’autoédité, puis m’être fait publier avant de revenir vers la case autoédition, j’ai le sentiment de participer à un jeu dont les règles sont faussées. La perversité du système ne doit pas être imputée uniquement aux financiers ni aux éditeurs, ni à la médiatisation ou à la société de spectacle. La faute, selon moi, revient principalement aux auteurs eux-mêmes, les écrivains en place bien sûr, mais aussi tous les autres, ceux qui se déconsidèrent et méconnaissent le pouvoir qui est le leur. Si les choses doivent changer, de toute façon, c’est par la base que cela se fera.
Il y aurait beaucoup moins de déception et de frustration dans la profession si l’on envisageait ce métier, non pas comme une branche du spectacle où 100% des perdants ont tenté leur chance, mais bien comme un artisanat, avec diffusion locale ou régionale de chacun, par l’autoédition s’il le faut et si on le désire, et nationale et internationale uniquement par le biais d’Internet et de la technologie de l’impression à la demande.
En définitive, vouloir faire rêver les gens avec le mythe de « l’éditeur-sauveur », la-loterie-magique-de-la-société-spectacle-qui-va-vous-rendre-riche-et-célèbre, vouloir favoriser cela, c’est les entretenir dans l’illusion, les couper de la réalité du marché et susciter des vocations qui, disons les choses comme elles sont, n’ont pas lieu d’être. Ce n’est pas que la littérature doive être réservée à une élite : tous ceux qui veulent en faire profession devraient se confronter à la réalité du métier, à savoir, se faire relire par d’autres personnes, tenir compte des avis, retravailler son texte - et à ce sujet, il est possible de s’appuyer sur des associations telles Cocyclic et/ou de s’entraider via des forums d’auteurs jusqu’à satisfaction mutuelle. Puis, il faudra rechercher le contact avec le public et lui soumettre ses productions, ce qui passe en général par des séances de dédicaces. Nul besoin d’un éditeur pour cela, de nos jours. 

mardi 30 septembre 2014

[Archive 11/04/2010] Récriminer ou être un mouton

Lorsqu'on est auteur édité, on a parfois l'impression qu'il existe peu d'alternatives entre les mille et une raisons que l'on aurait de récriminer contre son éditeur ou bien le fait de demeurer passif, dans la position du mouton qui attend d'être tondu. D'autres voies existent cependant, qui méritent d'être explorées...


Examinons tout d'abord les motifs de récrimination que l'on pourrait avoir contre les éditeurs. Cela pourra paraître surprenant qu'il puisse en exister, puisque, dans un contexte où il est si difficile de se faire publier, les éditeurs peuvent apparaître comme les hommes et les femmes providentiels, les grands philanthropes de notre temps. En un mot, les sauveurs. Mais, que voulez-vous, la nature humaine est ainsi faite, et nous autres auteurs sommes des êtres si ingrats... Voici donc une petite liste, non exhaustive, de motifs de reproches (reproches qui, pour n'être pas toujours exprimés, n'en existent pas moins, à des degrés variables d'intensité) :
 
- la marge auteur, c'est à dire l'argent touché pour chaque livre vendu, qui avec certains éditeurs, peut atteindre les 2% du prix du livre pour l'auteur et se situe plus généralement aux alentours de 8 ou 10% (ce qui reste inférieur à ce que va toucher, par exemple, le distributeur, celui qui transporte le livre jusqu'aux divers points de vente, avec 12 ou 14%)
- la qualité de la couverture, ce qui peut correspondre, si l'on affine, au choix de l'illustrateur/trice et/ou à la qualité d'impression de la couverture (et donc, au choix de l'imprimeur)
- la mise en page et la typographie
- la qualité d'impression (ce qui revient à dire, le choix de l'imprimeur)
- la qualité des corrections effectuées sur le manuscrit
- l'appui proprement littéraire (relecture sur le fond, cohérence, intérêt de l'intrigue, du suspense, qualité du style, conseils, etc.)
- la promotion (publicité presse écrite, radio, TV et Internet, envoi d'exemplaires en Service Presse)
- l'absence d'événement de lancement au moment de la sortie du livre (salon ou même simple séance de dédicaces dans une librairie)
- le défaut de participation aux grands événements littéraires de la saison
- le défaut de participation à quelque événement que ce soit
- être placé, lorsqu'on participe à un salon, juste en face d'une fenêtre, au fond de la salle, oui, là-bas, derrière les grands panneaux d'un autre éditeur (l'éditeur aura mal négocié la place...)
- de manière plus générale, les problèmes d'intendance ou la mauvaise organisation (souvent lié à un événement littéraire)
- ne pas être défrayé quand on va sur un salon, devoir payer l'hôtel
- l'éditeur ne veut pas que l'on travaille avec un agent littéraire
- l'absence de reddition des comptes (nombre de livres vendus, annonce d'un retirage...)
- le manque ou l'absence totale de communication
- le fait de ne pas être payé ou de l'être avec du retard
- le manque de respect
- l'absence d'exploitation de votre livre, ou l'interruption de son exploitation
 
Sans pour autant se transformer en mouton, un bon moyen de réduire si ce n'est de supprimer la plupart de ces petites aigreurs consiste à mettre en rapport les moyens de son éditeur avec les objectifs désirés. Le principe de réalité permet ainsi d'évacuer les exigences les plus utopistes. Méfions-nous cependant, car certains des reproches évoqués plus haut (et évidemment le dernier) constituent clairement des motifs de rupture de contrat. Il convient aussi d'avoir une appréciation claire de ce dont est capable votre éditeur, ce qui est loin d'être toujours aisé (notamment pour tout ce qui ressort des possibilités financières). 
 
L'une des voies dont je parlais plus haut pour éviter de trop récriminer contre son éditeur est évidemment l'investissement personnel, qui nous amène à nous battre, à ses côtés ou de notre côté, pour la promotion de l'ouvrage. L'action évite ainsi de trop cogiter, et si une vraie relation de confiance existe, le sentiment d'être un mouton qui attend qu'on vienne lui prendre sa laine n'aura aucune raison de venir hanter vos nuits.
 
Poussé à son paroxysme, cet investissement personnel peut se transformer, par exemple en cas de défaillance complète de l'éditeur, au final, en quelque chose de bien différent. Honnie par certains, acclamée par d'autres, je veux parler de l'autoédition. Il ne sera pas question ici de l'édition à compte d'auteur, déguisé ou non, mais bien de l'autoédition telle qu'ont pu la pratiquer, en leur temps, Denis Diderot et bien d'autres. Sans vouloir parer cette formule de toutes les vertus, il est difficile de ne pas reconnaître son côté dynamisant : les motifs de récrimination cités plus haut "sautent" tous d'un coup (à moins de vouloir se morigéner), et s'il peut malgré tout arriver de récriminer contre d'autres personnes (l'imprimeur, par exemple, ou les libraires s'ils ne paient pas les factures à temps), c'est de manière beaucoup plus dispersée. La charge de travail est évidemment considérable, ce qui a l'immense avantage, avec l'expérience, de pouvoir mieux comprendre quelle peut être la marge de manoeuvre d'un petit éditeur - pour les gros, mieux vaudra travailler en tant que comptable à leur service pour s'en faire une idée, ce qui n'est évidemment guère compatible avec l'autoédition.
 
Beaucoup ne voudront pas se priver du fantasme de "l'éditeur qui va me rendre célèbre". Les rêves, les utopies sont précieuses et nous font souvent avancer. A ceux-là, il restera donc à réussir, et à devenir un auteur d'un tel renom, dont les best-seller s'empileront avec un tel poids et une telle régularité qu'un seul froncement de sourcils envers son agent devrait lui suffire à faire sauter tous les motifs de récrimination avant même qu'ils n'émergent. C'est une autre voie pour éviter les deux écueils à la fois, mais pas la plus facile...

mercredi 10 septembre 2014

[Archive 18/12/2012] Faut-il être pour ou contre Amazon ?

Avec son Kindle, Amazon a révolutionné l'industrie du livre outre Atlantique. En compagnie d'autres acteurs, ce grand groupe est en train de réaliser la même chose en Europe. Je suis satisfait de pouvoir vendre sans DRM (verrou numérique)* mes ebooks sur le Kindle Store. Je suis reconnaissant envers Amazon de faire décoller mes ventes, notamment des deux premiers tomes du cycle d'Ardalia. Comme la plupart des auteurs autoédités, je lui suis aussi très reconnaissant d'amener une véritable concurrence aux éditeurs traditionnels. Malgré tout cela, je n'oublie pas qu'Amazon est un grand groupe. En tant que tel, comme les autres, il a tendance à viser l'hégémonie sur le marché. C'est pourquoi il est à mes yeux essentiel de favoriser la diversité et la concurrence sur le marché des liseuses électroniques. Et d'autant plus qu'avec les logiques propriétaires, les lecteurs ont tendance à devenir "captif" de leur liseuse, c'est à dire qu'il leur est difficile d'aller vers une autre une fois qu'ils ont pris leurs habitudes. Si j'ai un message à faire passer aux auteurs, c'est : "attention à ne pas avoir la vue trop courte." J'ai donc décidé de ne pas opter pour le système KDP Select qui prévoie de donner l'exclusivité sur ses ebooks pendant trois mois à Amazon. Et ce, quelles que soient les augmentations possibles du chiffre de vente grâce à ce système. 


C'est là une différence majeure entre l'auteur américain Joe Konrath, et moi-même. Lui a opté pour KDP Select. Il refuse pour le moment de se prononcer sur l'intérêt de ce système, mais a tout de même laissé entendre de très fortes ventes grâce à KDP Select et a dit, à propos de l'exclusivité : "ce n'est que pour trois mois, alors que les ebooks, c'est pour la vie." A cela, je lui répondrais : les ebooks, c'est pour la vie, en effet, mais les sociétés qui produisent des liseuses sont périssables. Cela implique des investissements massifs. En cette période cruciale d'émergence de ce marché, si les gens se détournent d'une liseuse parce que, pendant trois mois, leurs auteurs favoris ne seront pas dessus, la société qui produit cette liseuse a de fortes chances de péricliter.


On va me rétorquer: "c'est le business." Oui, mais justement, nous autres auteurs indépendants pouvons influer sur le business. Nous avons ce pouvoir. Joe Konrath n'a pas toujours tenu son discours d'aujourd'hui envers les éditeurs traditionnels. En 2005, dans ce billet, il avait plutôt tendance à les défendre. Il disait en substance : "plutôt que de critiquer votre éditeur, demandez-vous ce que vous avez fait pour lui." Un changement radical avec le dernier billet sur son blog, auquel j'adhère d'ailleurs totalement, et où il recommande aux auteurs qui connaissent de fortes ventes sur Kindle de se méfier des sirènes des éditeurs.


On peut comprendre ce revirement. Quand vous avez un boulot, vous n'avez pas envie de dire du mal du patron sous peine de prendre la porte. Et quand vous en trouvez un autre, vous reprenez vos libertés à l'égard du premier. C'est humain, et j'ai réagi de la même manière à mes débuts chez Lokomodo. Mais justement, nous avons l'opportunité, nous autres auteurs autopubliés, d'avoir plusieurs patrons et non un seul. Je veux dire, si nous permettons à Amazon d'écraser la concurrence et de rester seul aux commandes, nous deviendrons totalement dépendants. Ça fait réfléchir, non ?


Donc, je préfère Konrath quand il recommande aux auteurs de vendre leurs ebooks sur leur site que lorsqu'il parle de KDP Select. Cette opération d'Amazon n'est d'ailleurs pas seule en cause. D'autres dangers pointent à l'horizon. Celui, par exemple, d'une entente entre concurrents visant à diminuer la rémunération des auteurs. Comment réagir à cela ? Eh bien la bonne nouvelle, c'est qu'en devenant indépendants, les auteurs gagnent un bien précieux entre tous : la liberté de parole. Ils peuvent dénoncer ce qui ne leur plaît pas. Ils peuvent aussi choisir de retirer leurs ebooks de telle ou telle librairie en ligne. Ou bien de n'y mettre, à très bon marché, que des versions tronquées en invitant le lecteur, s'il a aimé le début du livre, à lire la suite en récupérant le fichier complet sur le site de l'auteur.


Nous n'en sommes pas encore là, fort heureusement. Mais les auteurs doivent se souvenir que s'ils ne publient que chez un libraire en ligne, celui-ci deviendra de fait leur éditeur. C'est changer de maître pour un autre. Et, selon toute vraisemblance, ne serait-ce que par la force de l'autocensure, cela revient à se priver de sa liberté de parole.



*Pour dupliquer un ebook sans DRM en provenance du Kindle Store, il suffit de le télécharger sur PC et d'aller sur le dossier "My Kindle content". On peut ensuite transférer l'ebook sur clé USB, sur sa liseuse ou même, le transformer en epub via un logiciel gratuit, Calibre. Cela permettra de le lire sur d'autres appareils.

jeudi 4 septembre 2014

[Archive 10/12/2011] Pourquoi les maisons d'édition sont pertinentes, selon Hachette

Suite à une fuite, le site Digital Book World a mis en ligne un document de communication interne à Hachette expliquant le rôle des maisons d'édition et pourquoi elles doivent continuer à exister. De la Science-Fiction ? Pas du tout, l'information a été confirmée par un cadre de Hachette Book Group (HBG), aux Etats-Unis. Les deux choses les plus frappantes à mes yeux sont d'une part le fait qu'un groupe aussi important que Hachette en soit à chercher à justifier son existence. Et d'autre part que la fuite émane de quelqu'un travaillant chez Hachette, ce qui me semble révélateur d'une certaine résistance à la communication (propagande ?) interne. Mais il y a bien sûr l'argumentaire en lui-même, dont certaines formules creuses ont été parfaitement démontées par les auteurs indépendants Barry Eisler et Joe Konrath sur le blog de ce dernier. A noter que Joe Konrath, qui a connu ses succès les plus importants en autoéditant des ebooks sur Kindle, avait été précédemment édité par Hachette, et l'est toujours pour son roman AFRAID.

Pour ceux qui n'auraient pas la patience de lire l'intégralité de ce billet, Joe Konrath a résumé ainsi ses attentes (j'ai hésité à mettre "revendications") par rapport au travail d'un éditeur:

1) Offrez de bien meilleurs droits d'auteur

2) Sortez vos titres plus rapidement. "Cela peut prendre jusqu'à 18 mois pour qu'un livre sorte. Je peux le faire par moi-même en une semaine".

3) Mettez en place des relevés de compte modernes, et payez les droits d'auteur chaque mois.

4) Baissez le prix des e-books.

5) Arrêtez de combattre futilement le piratage

6) Commencez à faire du marketing efficace. Les publicités et les catalogues ne sont pas suffisants. Communiquer sur Twitter non plus.

Il faut ajouter à cela (ce que fait Konrath sur son blog), les contrats nébuleux et léonins, où les éditeurs s'accaparent des droits (par exemple, des droits de traduction en toutes les langues) sans qu'ils n'aient l'intention ou les moyens d'exploiter ces droits. Auparavant, les auteurs n'avaient pas d'alternative autre que de signer ces contrats pour accéder à une diffusion physique dans toutes les librairies d'un pays. Or, le mode de diffusion est à présent en pleine révolution avec l'ebook. De nombreux auteurs ont donc désormais le choix de signer ou non ces contrats, à mon avis.

Il va sans dire que j'approuve sans restriction ces recommandations de Konrath. Mes propres commentaires les concernant :

1) Les droits d'auteur : de 2% (pour les écrivains fantômes, ou nègres littéraires) à 10% du prix du livre dans la majorité des cas en France. La plupart des éditeurs ne donnent également que 10% pour les ventes de livres électroniques, qui ne leur coûtent pourtant pratiquement rien à produire, invoquant le plus souvent des "frais de distribution" fallacieux.

2) Non seulement il y a les 18 mois après acceptation du manuscrit, mais il faut compter 3 mois d'attente chez les grandes maisons d'édition pour avoir une réponse après envoi du manuscrit. Et souvent nettement plus lorsque l'on s'adresse à de petites ou moyennes structures.

3) Relevés de compte : cela fait des années que les grandes maisons auraient eu les moyens de les mettre en place de manière efficace. Cela en dit long sur le respect accordé aux auteurs.

4) Baisse du prix des ebooks : c'est une évidence. De nombreux lecteurs se plaignent à juste titre du prix trop élevé des livres numériques. D'après ma propre expérience d'autoéditeur, il est anormal que des ebooks soient plus chers que des livres de poche (parfois jusqu'à deux à trois fois le prix du livre de poche ! De qui se moque-t-on ?)

5) Pour le piratage, il s'agit évidemment d'une allusion aux DRM, ces verrous numériques visant à protéger les ebooks, mais contournables par les pirates et qui peuvent, pour un lecteur lambda, rendre son fichier ebook illisible s'il change de machine. De ce fait, le risque d'une expérience négative s'accroît de manière non négligeable à cause de ces DRM.

6) Pour le marketing et les efforts de promotion, on se rend compte par expérience qu'une grande partie échoit en réalité à l'auteur. A partir du moment où un auteur vient sur un salon et y dédicace son livre, je considère que la moitié du prix du livre après déduction des frais d'impression doit lui revenir. Et l'intégralité du prix du livre moins les frais d'impression si le salon n'a rien coûté à l'éditeur et s'il n'y a pas eu de défraiement pour l'auteur (il existe des manifestations culturelles gratuites pour les éditeurs, fort heureusement).

Le mémo de Hachette Book Group a semblé à Barry Eisler et Joe Konrath, tout à fait révélateur d'une certaine manière de penser le "business de l'édition" chez les grands éditeurs. C'est là une grande partie de son intérêt, en effet. Par ailleurs, je trouve bien sûr très significatif qu'un grand groupe d'édition s'attaque ainsi à un phénomène qu'il ignorait totalement jusqu'à présent, celui des auteurs publiant par eux-même leurs oeuvres. Je ne vais pas vous traduire l'intégralité du billet d'Eisler et Konrath qui démonte de manière argumentée et savoureuse chacun des éléments du document interne, cependant certains points m'ont bien plu. 

La note indique au préalable que le mot "autoédition" est un terme impropre, le processus de publication impliquant une "série d'engagements complexes".  Barry Eisler répond ainsi : "A chaque fois que quelqu'un entame un discours en tentant de redéfinir un terme communément admis, votre détecteur de connerie devrait se mettre à sonner," Et Konrath d'ajouter : "à moins que connerie ne soit aussi un terme impropre." Tout au long du billet, les deux auteurs vont démonter les platitudes mis en avant par Hachette, non étayées et valables dans toute industrie qui se respecte, comme cette "série d'engagements complexes" dans la suite du mémo.

Par rapport à la phrase "we find and nurture talent", signifiant : "nous trouvons et faisons éclore des talents" ("nurture" peut aussi signifier "élever" en anglais), j'ai bien aimé la réponse d'Eisler : "Traduisez : on essaye de trouver des talents. Parfois nous loupons des talents. Parfois nous faisons éclore ceux que nous trouvons. Parfois nous les laissons se flétrir. Nous sommes un gros éditeur. Pour nous, c'est une histoire de chiffre. Pensez à des spaghettis collant au mur. Certains adhèrent. La plupart retombent."
 
Alors, bien sûr, cette communication interne n'avait pas vocation à être diffusée auprès du grand public. Mais quand on voit que Hachette se définit devant ses salariés comme "un pionnier, explorant et expérimentant avec de nouvelles idées", on se dit qu'ils poussent loin la propagande. Ils n'ont pas été, loin s'en faut, les premiers à proposer la vente de livres en ligne, ils n'ont pas créé de lecteur électronique de livre, et ils n'ont à aucun moment favorisé la vente de livres dématérialisés en les mettant à des prix trop élevés. Au lieu de cela, ils ont créé une boutique en ligne, Numilog, qui ne vend qu'avec DRM.
Est-il utile de le rappeler ? Hachette est avant tout une institution. Et une institution qui a profité de l'attribution de marchés publics comme les livres scolaires pour prendre une longueur d'avance sur tous ses concurrents.

Le billet de nos deux auteurs est très politiquement incorrect et irrespectueux vis-à-vis de Hachette. Alors certes, dans les échanges de tous les jours, la courtoisie est un dû. Sinon, nous ne pourrions vivre ensemble. Mais le respect est quelque chose de plus profond. Le respect, cela se mérite. Il existe une certaine loi du silence concernant les pratiques des maisons d'édition. Pour moi, le billet d'Eisler et de Konrath est une oeuvre de l'esprit qui utilise à bon escient le droit fondamental à la liberté d'expression.
Et cela fait du bien.
 
Pour terminer, laissez-moi citer une dernière fois Barry Eisler : "de nombreuses personnes deviennent mal à l'aise quand du menu fretin comme nous critiquent de grandes et vénérables institutions comme Hachette. Jusqu'à un certain point, je comprends ce réflexe, mais je ne le partage pas."      
 

vendredi 15 août 2014

Emménagement sur Blogger

Exister, c'est parfois résister: suite à l'ajout de publicités sur Overblog sans mon consentement, j'ai décidé de changer de "territoire", en optant pour une plate-forme gratuite et facile d'accès: Blogger. Pour fêter cela, je fais paraître dès aujourd'hui un article inédit sur ce blog. Dans les prochains jours, je publierai sur ce blog un "best-off" de mes articles les plus lus sur mon ancien blog, ou que je juge les plus utiles pour les lecteurs et auteurs indépendants. 


L'objectif de ce blog reste donc triple: d'une part, servir de plate-forme pour faire connaître mes écrits et les partager, d'autre part me permettre de faire connaître mon opinion sur divers sujets, et enfin, donner un coup de main à la communauté d'auteurs indépendants.

Je ne m'interdis pas non plus de poster sur de simples sujets de divertissement, ou des sujets n'ayant rien à voir avec mes intérêts premiers, à savoir, l'écriture, l'édition, et en particulier l'autoédition, les ebooks, et les domaines de la Science-Fiction, de la Fantasy et du Fantastique.


Pour les personnes qui se demanderaient pourquoi j'ai quitté Overblog, depuis qu'en avril 2014, Overblog s'est fait racheter par le groupe Webedia (appartenant au groupe Fimalac), la publicité, à compter du 15 août, est à présent imposée à tous les blogueurs d'Overblog, sauf ceux qui payent pour l'éviter. Le groupe Fimalac a été fondé et est dirigé par le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière. Ce groupe est à en croire Wikipédia lié à la haute finance internationale et aux agences de notation.

L'objectif d'Overblog est donc la rentabilisation à tout crin. Vous allez me dire, moi-même je fais et je ferais très souvent de la pub ici pour mes propres écrits. Cependant, il s'agit d'un domaine artistique, et pour le reste, je donne des conseils ou avis en "open source", c'est à dire de manière libre (j'apprécie toutefois que l'on cite mon nom si l'on fait référence à l'un de mes articles).


J'aurais sans doute mieux pris l'initiative d'Overblog s'il m'avait été possible de choisir moi-même les publicités sur mon blog: j'aurais pu ainsi privilégier par exemple des romans autoédités, ou même de petits éditeurs dont j'apprécie le travail. Il y aurait eu de la pub, mais on serait resté dans le domaine artistique. 


En règle générale, je préfère néanmoins une navigation libre et plus rapide grâce à l'absence de pub, et ce pour le confort de tous les visiteurs de ce blog.

Il arrive donc parfois dans la vie qu'on ait besoin d'un bon coup de pied aux fesses pour bouger: c'est chose faite en ce qui me concerne, depuis le changement de propriétaire d'Overblog...