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mardi 24 juin 2025

A truand, truand et demi

Le bouffon orange, Trump, a, malgré tout son épouvantable passif, un mérite. Un escroc sait reconnaître un escroc. Un prédateur sait reconnaître un prédateur. Et donc, Trump a su reconnaître que le régime des mollahs s'efforçait de la faire à l'envers pour toute la communauté internationale, concernant son programme nucléaire. Son unique mérite au cours de son mandat en cours est selon moi d'avoir autorisé, fut-ce de manière illégale, et sans l'aval du Congrès, le bombardement des usines d'enrichissement d'uranium en Iran.

Je pense sincèrement que le but du régime des mollahs, c'était de ne faire découvrir au monde qu'ils possédaient l'arme nucléaire qu'en frappant Israël à l'aide de cette même arme.

L'article du site classe internationale brosse le tableau d'un pays, l'Iran, qui s'est efforcé depuis le shah d'Iran en 1970, d'obtenir l'arme nucléaire.
Et pourtant, dès 1968,
l’Iran est l’un des premiers États signataires du TNP, le traité de non prolifération. 
En 1974,
Reza Pahlavi s'efforce de faire avancer le nucléaire civil en se dotant auprès de la France de quatre réacteurs nucléaires. L'Iran est alors contrainte de signer un accord de garantie avec l'AIEA. Mais dès les années 1970, le shah mène un programme secret de nucléaire militaire. 
A son arrivée au pouvoir, Khomeny se débarrassera de ce programme, mais pour le reprendre dès 1980, constatant l'intérêt de la dissuasion nucléaire suite à la guerre menée par l'Irak contre l'Iran. 
Dès 1985, le Pakistan fournit à l'Iran des centrifugeuses, lui permettant de faire avancer son programme nucléaire militaire. 
En 1989, Khomeny accélère ce programme grâce à un accord avec l'Union soviétique. Accord finalement rompu en 1994 après que Bill Clinton ait confronté Boris Eltsine sur ses ventes de centrifugeuses à l’Iran.

S'il y a un paragraphe du site classe internationale qui retient l'attention, c'est celui-ci : 

Le 14 août 2002, Alireza Jafarzadeh, un dissident iranien exilé issu du groupe d’opposition Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI), révèle que la République islamique a construit deux sites nucléaires à l’insu de l’AIEA : une installation d’enrichissement de l’uranium à Natanz (Ispahan) et une installation à l’eau lourde à Arak (Markazi). Ces deux technologies permettraient à l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Entre 20 et 30 kg d’uranium enrichi (ou uranium 235) sont nécessaires pour construire un missile nucléaire. Quant aux réacteurs à l’eau lourde, ils peuvent produire chaque année entre 9 et 10 kg de plutonium, alternative à l’uranium 235, un missile nécessitant entre 6 et 10 kg de plutonium. Ces technologies, que ce soient les plans, pièces détachées ou centrifugeuses, ont été fournies par le Pakistan dès 1985. Abdul Qadeer Khan, père du nucléaire pakistanais, avoue en effet avoir doté l’Iran et la Corée du Nord de leurs premières centrifugeuses. En tant qu’État non partie au TNP, le Pakistan échappe à l’interdiction faite aux États parties d’aider les États signataires non dotés de l’arme nucléaire à l’acquérir. En revanche, l’Iran peut être condamné en vertu de l’article 2 du Traité pour avoir accepté une telle aide du Pakistan. En février 2003, le président iranien Mohammad Khatami confirme les suspicions des États parties au TNP en avouant l’existence de sites destinés à enrichir l’uranium en plus de ceux de Natanz et Arak : Ispahan et Yazd. C’est à partir de cette date que les États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, conjointement avec le directeur général de l’AIEA Mohammed El-Baradei, entreprennent de faire signer à l’Iran le protocole additionnel aux accords de garanties de 1997.

L’Iran et ses relations extérieures en 2003

En 2003, les motivations de l’Iran à se doter de l’arme nucléaire vont au-delà de la simple dissuasion qu’il pourrait exercer sur ses voisins.

L'Iran du Guide suprême Ali Khamenei signe en 2003 le protocole additionnel du Traité de non prolifération. 

Sur Wikipédia, on apprend le contexte et les détails de la signature du traité de Vienne en 2015, négocié et signé par Obama et Khamenei. Le traité limite le programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions internationales contre l'Iran. 

En 2018, Trump déchire l'accord en se désengageant. Ce qui permet à l'Iran de reprendre son programme. 

Mais le régime des mollahs avait-il jamais vraiment abandonné son programme? L'Iran aurait dépensé 2000 milliards de dollars pour son programme nucléaire. Le seul traité de Vienne aurait-il permis d'interrompre un tel immense investissement? Malgré toute cette tradition, toutes ces décennies de développement secret de l'arme?

Il y avait des inspecteurs de l'AIEA, mais ça n'a pas empêché l'Iran de construire l'usine secrète de Fordo sous la montagne. Un projet sans doute pharaonique. 

Et donc, pour moi, l'instinct de Trump, et les renseignements du Mossad étaient les bons: il fallait interrompre ce programme par une action militaire. 

Une action illégale, donc, et sans l'accord du Congrès. Mais pour un pays comme Israël, c'est une question de survie. L'Iran est à un an ou un an et demi de posséder l'arme nucléaire. Ou en tout cas l'était, avant les frappes.

Si l'on compare à une autre action illégale, celle de Poutine, on a un Etat russe qui attaque illégalement un Etat respectant les règles internationales, l'Ukraine. Là, avec les Etats-Unis, c'est un pays attaquant illégalement un Etat ne respectant pas les règles internationales, et développant la plus terrible des armes. Donc oui, c'est illégal, mais vous savez ce qu'on dit: "nécessité fait loi". Et là, en l'occurrence, c'est la nécessité de la survie pour Israël. Là où Poutine doit être combattu avec une grande force, puisque lui aussi menace la survie d'un Etat, l'Ukraine. Trump ne menace pas la survie de l'Iran.

Alors, évidemment, Trump n'a pas agi par bonté d'âme, mais pour restaurer son ego meurtri par : 

- le meme TACO (Trump always Chicken Out, Trump cède toujours à la trouille)

- ses lamentables échecs diplomatiques précédents, que ce soit avec l'Ukraine et la Russie ou avec l'Iran

- l'affaire Epstein

- le désastre DOGE et le conflit avec Musk

- la calamiteuse gestion de l'immigration, et l'envoi de la Garde nationale en Californie

- etc.

Un petit mot sur l'Iran. Il s'agit d'un Etat islamique depuis 1979, avec une constitution qui proclame notamment, je cite: "l’armée islamique et les forces de sécurité auront pour mission non seulement de protéger les frontières, mais également de porter le drapeau de la mission idéologique de l'État, à savoir le djihad pour Allah, dans le monde entier." L'armée islamique et les forces de sécurité, notez bien. On peut donner au djihad une connotation non guerrière. Mais pas en y associant les mots d'armée et de forces de sécurité. Les dictateurs annoncent toujours ce qu'ils font. Parfois, ils l'écrivent. Il faut les écouter. Et il faut savoir lire.

Pour moi, d'ailleurs, la constitution de l'Etat islamique d'Iran est illégale vis-à-vis de la Charte des Nations Unies. Pas en raison du caractère théocratique de l'Iran islamique, mais bien en raison de son caractère éminemment agressif.

Observons à présent le rapport nucléaire des deux pays, Israël et l'Iran. Israël n'a jamais signé le traité de non prolifération. Israël ne s'est jamais servi de l'arme nucléaire contre un autre pays. La doctrine d'Israël est une doctrine classique d'"Etat perché", un Etat se servant de l'arme nucléaire comme outil dissuasif. 
L'Iran a signé le TNP, mais que ce soit sous le shah ou avec Khomeny, a toujours cherché à développer l'arme nucléaire en secret. 

Si l'Iran avait voulu devenir, au même titre qu'Israël, un Etat perché, ils n'avaient qu'à se retirer du traité de non prolifération pour développer l'arme. Mais l'Iran, en restant dans le traité, en laissant l'AIEA faire ses vérifications tout en développant en secret l'arme atomique, montrait clairement une duplicité, qui est le signe, au niveau psychologique, d'une intention malveillante. Endormir l'ennemi pour que le réveil soit le plus terrible possible. 

Ce qu'a fait Trump, c'est faire goûter à l'Iran des mollahs de sa propre médecine. Trump a fait croire à l'Iran qu'il ne ferait rien, avant de frapper un coup suffisamment décisif pour retarder le nucléaire militaire iranien de plusieurs années. C'est un succès d'autant plus brillant pour Trump que c'est le seul de son mandat 2025, absolument catastrophique. Mais l'avenir dira si ce n'est pas un succès qui va se retourner contre lui.

On peut penser que les frappes israéliennes et américaines combinées ont coûté des milliards, voire des centaines de milliards de dollars à l'Iran. Pour Khamenei, qui a 86 ans, c'est une baffe monumentale. L'une de celle dont aucun dirigeant ne peut se relever. Et il est même probable que son fils ne lui succède pas. 

Les mollahs sont déjà en train de choisir leur prochain guide, les événements ayant précipité la préparation de la succession. 

Est-ce que l'affaiblissement du régime sera suffisant pour inciter le peuple à se révolter? Je crois personnellement qu'il faudra une révolte passive très forte, une asphyxie progressive de l'économie iranienne par la passivité des travailleurs iraniens pour faire tomber le régime. Et donc, c'est avant tout au peuple de trouver la solution. Même si une action extérieure peut parfois aider.  

Le peuple iranien a d'autant plus intérêt à se révolter que si un jour, le régime des mollahs nucléarise Israël, la riposte nucléaire contre l'Iran sera inévitable.  

[EDIT 25/06/2025] Un rapport du renseignement du Pentagone chargé d'évaluer les dommages aux centrifugeuses semble établir que celles-ci auraient échappé à la plupart des dégâts liées aux bombardements de Fordo. C'est une éventualité à prendre en compte, puisque le renseignement américain sur les endroits précis où faire les frappes pouvait ne pas être le bon. Etant donné les enjeux, c'est une information qui demande bien évidemment à être vérifiée. Ce type de bombe n'avait été utilisé qu'une fois en Afghanistan. Pour moi, cette opération, même si elle devait être un échec, montre la capacité des Américains à frapper sans être vus, et donc, c'est une épée de Damoclès qui va continuer à peser sur le régime. Tout va dépendre à présent de la qualité des renseignements concernant ces centrifugeuses.  

 

mercredi 19 mars 2025

Le plan complètement DINGUE d'Elon Musk

Chacun sait à présent que Donald Trump a abusé de son père Fred Trump, dans les années 90, au moment où son géniteur était victime d'un Alzheimer, pour lui soutirer sa fortune aux dépens des autres héritiers. Si vous ne me croyez pas, lisez à ce sujet Mary L. Trump, l'une des héritières spoliées. C'est en tenant compte de ce passé et en observant certains signes de sénilité précoce de Donald Trump qu'Elon Musk a conçu son plan diabolique. 

Interrogé au sujet de la maladie d'Alzheimer, Chat GPT nous apprend que certains gènes, comme APP, PSEN1 et PSEN2, sont impliqués dans des formes familiales précoces d'Alzheimer. Si l'un de vos proches a été victime d'Alzheimer avant 65 ans, alors le gène est sans doute présent dans votre famille, et vous-même avez une chance sur deux de développer la maladie. 

Fred Trump, né en 1905, n'a été diagnostiqué qu'en 1991, soit à l'âge de 86 ans. Son Alzheimer n'est donc pas génétique. 

Chat GPT nous dit en effet qu'il n'est pas nécessaire d'avoir les gènes pour en être victime. Au-delà de 80 ans, 1 personne sur 4 est concernée par la maladie, et après 85 ans, c'est plus d'1 personne sur 3. 

Il est possible qu'Elon Musk n'ait pas connu toutes les nuances liées à la maladie d'Alzheimer. Ou bien, il a tout simplement décidé, considérant les signes précoces de sénilité chez Donald Trump, qu'une chance sur trois ou quatre serait suffisante pour lui. 

Pourquoi n'avoir pas choisi Joe Biden, pourtant plus âgé? Parce que Musk a eu l'intuition que Trump serait plus crédule, plus facile à tromper. Par ailleurs, Musk était en désaccord frontal sur certains points avec Biden. Il lui aurait été infiniment plus difficile d'en devenir un proche.

Mais je brûle les étapes. Parlons tout d'abord de Neuralink, la société d'implants cérébraux de Musk. Cette compagnie s'est rendue célèbre en parvenant à faire jouer un tétraplégique à un jeu vidéo uniquement grâce à un dispositif relié aux synapses de son cerveau. 

Neuralink est la société qui a inspiré mon roman Memoria. Et, tant que vous y êtes, n'hésitez pas à vous plonger également dans la suite de Memoria, l'Essence des Sens. Fin de l'autopromo (il faut bien vivre).

Neuralink a notamment pour objectif futur de lutter contre les maladies neurodégénératives de type Alzheimer. En finançant sa campagne et en l'aidant très activement à se faire élire, Musk a pu se rapprocher physiquement de Donald Trump. On le voit d'ailleurs souvent à Mar-a-Lago. 

Musk est dans une position idéale d'observateur. Il sera ainsi à même de détecter les premiers signes d'Alzheimer chez Trump, lequel aura 80 ans en juin 2026. Dès que ce dernier sera diagnostiqué, fort de sa complicité avec Trump, Musk va lui proposer de se faire opérer et de se faire greffer une puce Neuralink, afin de vaincre Alzheimer. 

Imaginez le coup de pub : Neuralink guérit d'Alzheimer le président en exercice des Etats-Unis. Gigantesque. 

Musk agit comme l'entrepreneur qui va placer son argent dans une start-up prometteuse, en attendant qu'elle perce. Sa start-up, c'est Trump.

C'est pourquoi Musk va tout faire pour que Trump aille au-delà de son second mandat, au cas où Alzheimer se déclarerait plus tardivement chez son futur patient. 

Bien évidemment, Neuralink n'est pas du tout en mesure de lutter contre Alzheimer pour le moment. Il est tout à fait possible que ça n'arrive jamais du vivant de Musk. Mais l'optimisme de Musk est légendaire. C'est un optimisme qui va bien souvent très au-delà de la lucidité. Un optimisme délirant.

Vous voyez comment toutes les pièces du puzzle sont en place?

Je trouverais, pour ma part, d'une ironie assez incroyable que celui qui a abusé son père devienne le sujet expérimental, le Frankenstein du docteur Mabuse de ce siècle.

Autres articles sur le même sujet : 

- Elon Musk sans langue de bois

- Elon Musk et l'hyper agressivité

- Elon groks the fullness? 

- Comment Elon Musk est passé du côté obscur 



lundi 20 janvier 2025

Trump, TikTok et Taïwan

L'étonnant épisode de TikTok, l'application que Trump voulait bannir, de nouveau autorisée par le même Trump, suivie de la présence du PDG de TikTok à l'intronisation, le 20 janvier 2025, du nouveau président des Etats-Unis, n'est pas si étonnant si l'on creuse un peu. Si vous vous souvenez, Trump a rarement autant dansé au cours de ses meetings de campagne qu'en 2024. Or, sa popularité a grimpé en flèche sur TikTok, l'application de musique et de danse, contribuant ainsi grandement à sa réélection à la présidence des Etats-Unis. Les algorithmes de TikTok étant gérés au plus haut niveau par le gouvernement de Xi Jinping, le dictateur chinois n'aurait pas accepté de favoriser Trump à ce point s'il n'avait pas passé un accord secret avec lui. Le deal? Que les Etats-Unis ne bougent pas lorsque la marine et l'armée chinoise envahiront Taïwan. 


"Allô Donald? C'est Vladimir. 

- Bonjour Vladimir.

- Bonjour bonjour. J'ai trouvé le moyen de garantir ta réélection. 

- Tu as toute mon attention. 

- Il va juste falloir que tu danses encore beaucoup plus pendant tes meetings. 

- Comment ça?

- Je sors d'une conversation avec Xi. Il accepte de soutenir à fond ta candidature sur TikTok, à une seule condition. Tu devras le laisser s'occuper de Taïwan. Aucune intervention américaine. 

- TikTok, ça vaut le coup? 

- Demande à ton ami Elon. Il te dira. 

[Pause de deux minutes pendant laquelle Trump appelle Elon Musk, qui lui confirme les dires de Vladimir Poutine concernant le potentiel d'audience de TikTok, notamment auprès de la jeunesse américaine.]

- D'accord. Admettons que j'accepte. Et comment je fais passer cet accord auprès de mon opinion publique, moi? 

- C'est simple. L'accord reste secret. Officiellement, tu restes le pire ennemi de la Chine. Tu fais ce que tu fais de mieux. Tu agites tes menaces de taxes contre la Chine. Tu dois être le prestidigitateur qui attire l'attention de la foule et des médias ailleurs. Ça ne peut marcher que comme ça. 

- Ça me paraît jouable. Je vais voir ce que je peux faire."

[Trump raccroche et compose un numéro sur son téléphone. Celui de Xi Jinping.]

Voilà comment les choses ont pu se passer entre Donald Trump et Vladimir Poutine, selon moi. Il est aussi possible que la stratégie TikTok n'ait pas été du fait de Poutine, mais vienne d'Elon Musk. Je ne prétends pas tout connaître. Certains détails peuvent différer dans la vraie vie, par rapport à ce scénario.

Vous allez me dire: pourquoi parler de pacte secret entre Trump et Xi Jinping? Est-ce que tu ne cherches pas juste à faire le buzz, Alan? Les dictateurs s'entendent naturellement entre eux. C'est juste que Xi Jinping déteste la démocratie, et préfère Trump au pouvoir. 

Et là, je répondrais par la négative. L'obsession de Xi Jinping, c'est d'envahir Taïwan. Et l'obsession de Trump, c'était de revenir au pouvoir. Mais Xi Jinping n'aurait pas décidé d'aider activement Trump sans passer d'accord. Pour lui, l'occasion était trop belle d'avoir enfin l'opportunité d'attaquer Taïwan. 

Cela explique la présence du PDG de TikTok pour la cérémonie d'investiture de Trump, alors même que Tiktok va être revendu, au moins à 50%, à une entreprise américaine... qui pourrait bien être le X d'Elon Musk, favorable à la dictature. Eh oui, cela donne le tournis. Mais tout se tient.

Ma prédiction pour le mandat de Trump (dont on ignore la véritable date de fin) est donc la suivante: pendant le cours du mandat, la Chine va attaquer militairement Taïwan. Le régime de Xi Jinping ne supporte pas d'avoir une démocratie à ses portes. Et encore moins une démocratie de Chinois qui parlent Chinois. 

Trump va également s'efforcer de diminuer l'étau de sanctions qui pèsent sur la Russie. En particulier les sanctions contre les entreprises chinoises. Et en particulier dans les six mois qu'il s'est donné pour soi-disant obtenir la paix en Ukraine. En fait, il est fort probable que sous Trump, la Chine sera à même d'aider la Russie dans sa guerre comme jamais auparavant. 

Trump est une putain sans honneur. Oui, vous m'avez bien lu. En 2016, il s'est servi de Facebook pour se faire élire et a vendu l'Amérique à Poutine. En 2024, il s'est servi de TikTok pour se faire élire, et a vendu l'Amérique à Xi Jinping. Quant au parti républicain, dans les deux cas, il a fait le choix conscient de la tyrannie afin de se maintenir au pouvoir. 


jeudi 26 décembre 2024

Quand les méchants emportent le morceau

Trump, Musk et, par ricochet, Poutine et Kim Jung-un, mais aussi, Nétanyahou : 2024 restera dans mon esprit comme l'année où les méchants ont gagné. Dans ces ténèbres de plus en plus épaisses, l'éclat de lumière de la chute du régime le plus terrible au monde, celui de Bashar el Assad, n'en a été que plus aveuglant. Même si Bashar lui-même vit maintenant comme un roi en Russie, ce qui est d'une ironie pour le moins cruelle.

 
Par égoïsme, par calcul à court terme, mais aussi par haine notamment de l'islam, par détestation du changement dans les mœurs et par anti-wokisme, les occidentaux semblent de plus en plus nombreux à vouloir rejeter les idées de démocratie et de droit de l'homme pour se jeter dans les bras de futurs dictateurs en votant pour eux. Parmi les gens qui votent rassemblement national, on trouve aussi bien le villageois qui n'a pas un seul musulman ni une seule personne issue de l'immigration dans son village, que le musulman, citadin d'une grande ville qui cherche à garder son pré carré et ne veut surtout pas que d'autres personnes de couleur émigrent en France.
Peur, haine, égoïsme s'allient au rejet des valeurs issues de la seconde guerre mondiale pour nous plonger dans un monde de plus en plus violent et poutinien, pourrait-on dire. Les démocraties, déjà moins nombreuses et apparemment plus fragiles que les dictatures dans le monde, rejettent les idées de coopération et d'entente qui les ont menées au progrès économique et à la prospérité pour aller vers quelque chose de beaucoup plus négatif.
A l'image de l'emblématique Bolloré, certaines personnalités à la tête de grands groupes font la promotion d'un nouveau fascisme décomplexé. D'une part, ils espèrent situer le combat sur le terrain politique pour détourner l'attention de leurs propres pratiques économiques déjà dictatoriales, d'autre part, étant dictateurs de leurs propres entreprises, ils se disent que des systèmes autoritaires sont plus efficaces pour s'enrichir de manière immense. L'exemple de Bashar el Assad, là encore, vient à l'esprit, prêt à fabriquer du captagon pour s'enrichir en dehors de toute contrainte et de toute morale.
2025 s'ouvre donc avec des peuples occidentaux qui semblent prêts à se rallier à l'exemple suprémaciste de Trump. Quelles que soient apparemment les exactions de Trump, comme l'idée de faire main basse sur le Canada. Mais Trump n'étant que le pion de Poutine, on sait dans ce cas quelle personne diffuse les idées qui semblent à présent prévalentes dans le monde. Réseaux sociaux et mensonges jouent bien sûr un rôle essentiel là-dedans, à l'image du X de Musk.
La guerre en Ukraine, en 2025, va rester le pivot qui fera pencher le monde dans un sens ou dans l'autre. Saurons-nous garder un soupçon de dignité humaine en continuant à soutenir l'Ukraine, ou bien l'égoïsme va-t-il encore l'emporter en 2025 ? La question va se poser avec de plus en plus de force.

jeudi 27 mai 2021

Mitterrand

J'ai grandi dans une famille de gauche, et je me souviens de l'émotion extraordinaire au moment de l'élection de François Mitterrand en 1981. De la ferveur. De ce vent d'espoir. J'avais dix ans. Si j'avais pu voir l'avenir... Mitterrand est celui des présidents de la Vème République qui aura le plus mené les Français en bateau. Un bateau rempli de farine, dans laquelle il aura bien roulé ses concitoyens. 

 

Il faut se méfier des gens trop énigmatiques. Ceux qui ne disent rien cachent parfois beaucoup de choses. L'un des surnoms de Mitterrand était le sphinx. Il est certain que Tonton, autre surnom, qui avait été fait prisonnier de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale, puis évadé, et Résistant, a entretenu des relations assez troubles avec le gouvernement de Vichy. Sans doute dans le but de mieux trahir ce gouvernement, certes, et de se procurer une couverture en obtenant l'ordre de la Francisque. 

Mais imaginez, quand même. Le mec se fait élire président en cachant qu'il mène une double vie et a eu une fille de sa maîtresse. A partir de 1983, il installera celles-ci dans un appartement de 250 m2 du VIIème arrondissement de Paris. Aux frais du contribuable, bien sûr. Plutôt que de jouer la transparence, Mitterrand cache aussi qu'il a un cancer. 

Mitterrand a été porté au pouvoir par des idées de gauche, mais aussi par la corruption avérée de son prédécesseur, Valéry Giscard d'Estaing. Il va appliquer les idées sociales qui l'ont fait élire dans un premier temps, dont la plus notable est l'abandon de la peine de mort. Mais avec le temps, il va apparaître de plus en plus clairement que Mitterrand ne recherchait le pouvoir que pour le pouvoir. 

Pas de manière aussi éhontée qu'un Trump. Au contraire, de manière honteuse, en se taisant. 

Mais il y a aussi de sacrés relents de Vichy avec Mitterrand. Peut-être pas dans son passé puisque les choses étaient, disons, compliquées, mais dans ses actes. Ou dans son absence coupable d'action. 

Je pense bien sûr au génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda. Voici ce que dit à ce sujet l'article Wikipédia sur Mitterrand: Pour François Graner, après analyses, des dirigeants français (et en particulier le président François Mitterrand) se sont rendus complices du génocide, même si la motivation qui les guidait n'était pas une intention génocidaire. Ils ont été informés de la situation, ont laissé faire des livraisons d'armes, ainsi que la constitution d'un gouvernement intérimaire dominé par des extrémistes hutus après la mort du président rwandais Juvénal Habyarimana. François Mitterrand considérait ce sujet comme étant dans son pré carré : aidé de son état-major particulier, il a pesé sur les actions de la France. Des ordres, dont la trace écrite a été retrouvée, ont également été donnés pour faciliter la fuite de responsables associés au génocide. Des zones d'ombre subsistent, telles que l'implication de la France ou de baroudeurs français dans l'assassinat du président Habyarimana.

800 000 Rwandais, en majorité des Tutsis, morts en trois mois tout de même. La France était l'alliée des Hutus, qui ont commis le massacre. Mitterrand a laissé faire, et qui sait, peut-être même provoqué le massacre, alors qu'il aurait pu empêcher cela. La seule différence avec Pétain est qu'il n'aura pas participé activement à cette épuration, ni demandé aux soldats français de s'y mêler, en dehors des livraisons d'armes. 

C'est peut-être horrible à dire, mais sur le plan psychologique, ce n'est sans doute pas le fait que Mitterrand ait fermé les yeux sur ces centaines de milliers de morts qui fait de lui un sociopathe. 

Ce qui fait de Mitterrand un sociopathe, c'est le suicide à l'Elysée d'un ami proche, François de Grossouvre. C'est aussi le suicide de Pierre Bérégovoy, ex-ami proche et ancien premier ministre de Mitterrand. 

Pour un gars de gauche qui a la main sur le cœur, il y a beaucoup de suicides parmi les amis de Mitterrand. Alors oui, c'était un homme de lettres. Il avait le sens de la poésie et de la formule. Il a contribué au rayonnement international de la France. Car il était d'autant plus redoutable manipulateur qu'il était charmeur. Et il savait, comme un certain Emmanuel Macron, manœuvrer en eaux troubles.

Si on regarde la trajectoire de Mitterrand, on s'aperçoit de quoi, en se fiant à ses actes? On se rend compte qu'il éliminait tout ce qui pouvait gêner son ascension. Sa maîtresse et sa fille, tenues dans l'ombre, de même que son cancer. Son passé parfois trouble, muré dans le silence. Et si des hommes où même des peuples doivent périr pour que ses plans s'accomplissent, ainsi soit-il. 

Oui, il y a de quoi frissonner quand on constate l'étendue des dégâts. Alors bien sûr, je ne m'arrête dans cet article pratiquement que sur les points négatifs. Ces points-là étaient peut-être le prix à payer pour l'espoir invraisemblable qu'a fait naître Mitterrand, et ses accomplissements. 

C'est cher payé, tout de même. Il y aurait de quoi se demander si on ne devrait pas pratiquer une analyse psychologique poussée de chaque candidat à la présidence. Ou même des étudiants de Sciences Po. Jusqu'où sont-ils prêts à aller? Car le cas de Mitterrand est loin, très loin d'être isolé. 

On se rend compte que les grandes aspirations sociétales ne sont le plus souvent, pour les candidats à la présidence de la république française, qu'une façade derrière la course effrénée au pouvoir. Et que la sociopathie n'est malheureusement que trop répandue dans les cercles de pouvoir. 

Pour pousser un peu plus la réflexion, ces quelques articles : 

- Maladies mentales

- Cynisme

- Carriérisme

P-S: les parents de l'auteur de cet article se sont rencontrés au Rwanda 

samedi 6 février 2021

Le Syndrome du Supertanker

De par ses origines et son évolution, l'être humain a à la fois des gènes de prédateur et de proie. Nous savons que nous avons la possibilité de traquer des proies, mais nous savons aussi que si nous traquons des proies trop grosses, trop puissantes, celles-ci ont la possibilité de se retourner contre nous et de nous dévorer. L'instinct grégaire nous permet de chasser en meute, mais quand ce n'est pas le cas, nous privilégions des tirs d'opportunité sur les cibles que nous jugeons les plus faibles. C'est ce que je nomme le syndrome du supertanker. 


Quand on sait qu'un supertanker, l'un de ces grands navires qui transportent du pétrole, va polluer autant qu'au moins un million de voitures, est-ce que vous avez l'impression que les médias, le gouvernement, et même les gens, se déchaînent autant contre les supertankers ou les supercontainers que contre les voitures individuelles à essence ou diesel? Entendons-nous bien: je milite pour les voitures électriques, j'en possède d'ailleurs une à laquelle j'ai consacré ce long article. Mais j'ai beau savoir que chacun doit mettre la main à la pâte pour faire avancer les choses, je ne suis pas dupe. Les principales puissances, celles à qui l'on devrait mettre le plus de pression pour faire changer les choses et enrayer le réchauffement climatique, sont celles qui reçoivent le moins de pression. Au contraire, ce sont les industries pétrolières qui se constituent en lobbies puissants pour que rien ne change, et continuer à recevoir des subventions. En plus de l'argent, elles ont pour cela une arme dont elles usent et abusent, le chantage à l'emploi.

Et pourtant de nos jours, le solaire et l'éolien coûtent de moins en moins cher, à tel point que le nucléaire lui-même n'est plus rentable. On se rend compte que les chocs pétroliers n'ont plus lieu d'être, et qu'ils devraient en toute logique être épargnés à nos enfants, si les bonnes mesures sont prises. Mine de rien, c'est assez rassurant pour l'avenir.

Le mécanisme pervers hérité de nos gènes qui veut que l'on n'ose pas s'en prendre au pouvoir, qu'il s'agisse du gouvernement, de la hiérarchie ou de grandes entreprises, mais que l'on privilégie les plus faibles comme proies potentielles est transposable à de nombreux niveaux dans la société. Vous connaissez le dicton "on ne prête qu'aux riches"? Ce n'est que l'une des illustrations de ce syndrome du supertanker.

Le chômage, par exemple. La connotation péjorative qui s'est attachée au mot "chômage" en fait presque un terme issu de la novlangue. C'est à dire un mot qui n'est pas neutre. Un mot qui culpabilise, qui vous pousse à faire des choix qui ne sont pas toujours en votre faveur. On sait aujourd'hui que les revenus du capital, mais aussi la production issue de machines, rapportent beaucoup plus que ce que coûte le chômage à la société. Mais là encore, l'être humain va identifier les proies les plus faibles. Il ne va pas s'en prendre aux trillions de taxes que ne paient pas les milliardaires, il va préférer qualifier de parasites les gens qui sont au chômage, au RSA, ou même les SDF dans la rue.

Ce syndrome du supertanker, les gens qui sont devenus les plus grands prédateurs dans la société le connaissent bien, et le mettent à profit. Dans les cours d'école, ils ont fait en sorte d'être les caïds qui terrorisent tous les autres, ou les amis de ces caïds. Dans leur vie professionnelle, ils ont le profil de sociopathes manipulateurs et incompétents. Ils sont incapables de prendre les bonnes décisions parce que tout tourne autour d'eux. Comment réussissent-ils? En s'entourant de gens qui ont une vraie conscience professionnelle. Ce sont ces personnes compétentes et consciencieuses qui vont avoir en main, très souvent, le destin de leurs entreprises. Les manipulateurs ont quant à eux un pouvoir de façade basé soit sur l'intimidation, soit sur l'intrigue et le fait de monter les gens les uns contre les autres. Ou les deux.

Ils intimident, parce qu'ils ont compris que pour être inamovibles, ils devaient être le supertanker. On ne s'en prendra pas à eux s'ils sont identifiés comme de gros prédateurs. Ce sont souvent, en réalité, des lâches et des faibles, qui pratiquent soit le harcèlement, soit la manipulation. Leur incapacité à éprouver de l'empathie fait qu'ils génèrent burnouts et arrêts de travail autour d'eux.  

Le chantage à l'emploi des gens puissants que j'évoquais en début d'article va faire de ces manipulateurs des bourreaux, et va favoriser la création du fameux triangle de Karpman qui fait des personnes en entreprise soit des bourreaux, soit des victimes, soit des sauveurs. Un triangle qui génère évidemment énormément de stress, de névroses et de situations malsaines. D'autant plus qu'en France, les gens ont souvent l'impression d'être très limités au niveau de la mobilité professionnelle, ce qui a tendance à faire exploser l'usage de psychotropes tels les antidépresseurs et antianxiolytiques. 

Si vous-même pensez être victime d'un manipulateur, vous aurez tout intérêt à dresser le profil psychologique de la personne en question, afin de mieux vous en prémunir. A cette fin, je ne saurais trop vous recommander de vous procurer au moins deux ouvrages, et de les lire: Les manipulateurs sont parmi nous, d'Isabelle Nazare-Aga, et Sortir de l'emprise et se reconstruire, de Julie Arcoulin. Attention, ces livres sont traditionnellement édités, c'est à dire qu'en version ebook, ils sont vendus avec des verrous numériques.

Autre article sur le même sujet: maladies mentales

dimanche 8 novembre 2020

Cynisme

L'ascension au pouvoir de Donald Trump a été rendue possible par le cynisme des précédents gouvernements aux Etats-Unis, lesquels, en devenant toujours plus corrompus, en trahissant leurs promesses à l'égard des minorités, sont devenus mûrs pour accueillir un sociopathe à la Maison blanche. De la même manière, les gens qui, en France, disent que rien ne va changer sous Joe Biden font preuve de cynisme. 


Le cynisme tel que pratiqué par Diogène dans la philosophie grecque prônait la sagesse et la vertu. Mais avec le temps, le sens du mot s'est altéré. Le dictionnaire dit maintenant ceci: "Mépris des conventions sociales, de l'opinion publique, des idées reçues, généralement fondé sur le refus de l'hypocrisie et/ou sur le désabusement, souvent avec une intention de provocation."

Par rapport à cette définition, je dirais que ce que j'entends, moi, par le cynisme contient une bonne part de fatalisme pouvant aller jusqu'au désespoir -- ce que le dictionnaire appelle "désabusement". Avec parfois une dose d'humour noir à la Charlie Hebdo. Il engendre chez les gens qui le pratiquent une sensation de supériorité intellectuelle par rapport à ceux qui le refusent.

J'ai écouté le discours de victoire de Joe Biden, et je trouve que c'est le plus beau discours que j'ai jamais entendu d'un homme politique. Vous pouvez accéder à l'intégralité de son discours en cliquant sur ce lien. Un discours d'union, de rassemblement et de bienveillance. Mais pas seulement. C'était la première fois que j'entendais un président américain parler de "racisme systémique" aux Etats-Unis.

Biden, qui se définit comme "le mari de Jo" a été élu par les minorités, et il le sait. Il a fait parler Kamala Harris, sa vice-présidente de couleur, avant lui -- le discours de Kamala n'était pas mal non plus. 

S'il n'y a pas de changement aux Etats-Unis avec Joe Biden et Kamala Harris au pouvoir, il n'y en aura jamais. Le changement, de toute façon, est déjà arrivé: il suffisait de voir les foules faire la fête le 7 novembre 2020, jour de la victoire de Biden. Ce changement est déjà arrivé, parce que celui qui fait figure de modèle, c'est désormais le nouveau président élu, et non le clown narcissique, pathétique et infantile de la Maison blanche, qui ne vit que par et pour son ego. Kamala va, avec Michelle Obama, constituer un très beau modèle pour les petites filles, et en particulier les petites filles noires. C'est la première fois qu'on a une vice-présidente à la Maison blanche, bon sang!

La première décision qu'a pris Joe Biden est celle qui va marquer sa présidence: c'est la décision bienveillante de mettre au point une "task force" pour contrer le coronavirus. 

J'aurais beau sortir tous les arguments du monde en faveur de Joe Biden, je sais la réponse que me feront certains. "Tu es naïf, Alan", ou bien "Tu vis dans un monde de bisounours". 

C'est la réponse classique des cyniques. Des gens désabusés. Des gens qui ont désappris à regarder le monde avec leurs yeux d'enfants. Qui ont désappris l'espoir.

Ce cynisme nous a mené, en France, à élire le président le plus cynique de la Vème République, Emmanuel Macron. C'est à dire que la prochaine étape, si nous continuons sur cette pente, va consister à élire un ou une présidente sociopathe. Nous sommes mûrs pour cela. 

Le cynisme va aussi consister à dire: "ce ne sont que les vieux qui meurent du coronavirus", on ne va pas faire de confinement sévère. Ou pas de confinement du tout.

Hé, les gens. Nous avons eu 86 852 contaminés, et avons dépassé les 40 000 morts le jour où Joe Biden a été élu 46ème Président des Etats-Unis. Le 7 novembre. Une semaine après le début du reconfinement. Les lits de réanimation sont occupés à plus de 85% en France. Ce ne sont pas que les vieux qui meurent du covid. Et même si. Elle est où, la bienveillance, elle est où l'empathie?

On se tirera de cette épidémie ensemble, ou pas du tout.


Posez-vous la question: y aurait-il eu une Sécurité sociale en France sans un minimum d'espoir, de foi en l'avenir, ou dans les vertus du partage de ressources?

Cela fait déjà une semaine que j'écrivais dans un article que le confinement est voué à l'échec. Le confinement tel que voulu par Macron, en tout cas. Car pas assez strict, loin de là. Il ne définit pas non plus de limite temporelle, ce qui est catastrophique économiquement, mais aussi du point de vue du moral pour les Français, et de l'indispensable bienveillance dont il faut faire preuve. Mais qu'attendre d'autre d'un président aussi cynique que le nôtre? Un président incapable de passer un contrat moral avec les Français, parce qu'il ne leur fait pas confiance -- il préfère la répression.

J'en suis désolé, mais ma voix est trop faible pour que cet article ait porté ses fruits. Il aurait fallu pour cela qu'un nombre massif de gens le partagent sur les réseaux sociaux. 

Un grand message d'espoir nous est venu des Etats-Unis. Vous êtes libres d'en ignorer la portée ou la signification. Vous êtes libres de dire que je vois le monde avec des verres de lunettes colorés en rose. Mais je crois bien que le cynisme ne nous mènera nulle part.

mardi 9 juillet 2019

Obsolescence institutionnelle programmée

On n'est pas encore tout à fait au 14 juillet, mais c'est un véritable feu d'artifice. C'en serait presque réjouissant si ce n'était aussi désastreux. Ecologie, santé, liberté de la presse, éducation, transports routiers, SNCF, aéroports, énergie, police, prestige de la France à l'étranger : où que l'on tourne le regard, le bilan du gouvernement Macron est désastreux. Désastreux comme je ne l'avais jamais constaté avec aucun autre gouvernement auparavant. Il faut dire que ce gouvernement récolte les fruits de la politique d'obsolescence institutionnelle programmée, mise au point et appliquée par ses prédécesseurs (Hollande, Sarkozy, et j'en passe). Mais il amplifie encore et accélère cette pratique qui vise à tuer le service public. Ce qu'il y a d'amusant, c'est que si ce gouvernement, qui pratique le dogme du privé au point d'en être allergique au service public, n'était pas employé par les grandes entreprises françaises et les oligarques, s'il était soumis aux règles des petites entreprises privées, il aurait déjà été viré à grands coups de pieds aux fesses depuis longtemps pour incompétence et fautes graves.

"Le service public n'a aucun avenir. Ce sont les losers qui y travaillent." Je m'en voudrais d'accuser mon chien d'avoir la rage, mais comment ne pas penser que cette déclaration par rapport au service public résume bien la pensée des patrons et cadres dirigeants des plus grandes entreprises en France?

Pour avoir travaillé moi-même dans un service public directement lié à la politique de l'emploi du gouvernement, Pôle emploi, dans une période qui a vu se succéder Sarkozy et Hollande, je peux vous dire mon ressenti. Il était clair qu'aux yeux des cadres dirigeants de Pôle emploi, nous autres conseillers étions les "petites mains". Des pions, si vous préférez. La politique de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux s'est poursuivie sous Hollande, et c'est cette même politique qui me donnait le sentiment, à chaque jour de la semaine, que notre service public, aux yeux du gouvernement, n'avait aucun avenir. J'avais l'impression de travailler dans une morgue.

Le fait d'être devenu auteur à temps plein m'a permis de prendre du recul par rapport aux différents métiers du service public: policier, enseignant, métiers de la santé, j'ai l'impression que c'est le même mépris à l'égard de tous les fonctionnaires, le même message qui leur est envoyé. Un message selon lequel les services publics n'ont pas d'avenir. 

Quand on en vient au point où les femmes sont obligées d'accoucher sur le bord de la route pour cause de raréfaction des maternités, on se demande non seulement dans quel monde on vit, mais à quel point l'humanité n'est pas en train de se tirer une balle dans le pied. D'hypothéquer son avenir en se focalisant, pour les personnes qui ont le pouvoir, uniquement sur le pouvoir et le profit. 

Dans l'histoire de l'humanité, ce sont souvent de grands personnages féminins ou masculins qui nous ont tirés vers telle ou telle direction: Newton, Jeanne d'Arc, Einstein, Hugo, Balzac, Marie Curie, Pasteur, Simone Veil... Quand on joue la carte de l'apauvrissement généralisé de la population, quand on se retrouve avec des mouvements de protestation aussi forts que les gilets jaunes et qu'on n'en tient pas compte, quand on tue les services publics pour aller vers plus de profits, on se prive sans doute de l'opportunité de faire éclore et de faire croître les prochains génies qui seront les locomotives de l'humanité. 

On se tire une balle dans le pied, alors que l'on sait très bien que le privé ne peut pas tout résoudre, et est, par définition, incapable de mener à bien des opérations de service public, c'est à dire bénéficiant à tous. Le privé ne sert que des intérêts privés. Ben oui, c'est bête, mais c'est son rôle. 

Il serait donc temps, une bonne fois pour toutes, de sortir de cette politique d'obsolescence programmée du service public. De l'idée que le service public soit "inférieur" aux intérêts privés. Prétendre cela, c'est prétendre qu'une pomme est inférieure à une orange. Je ne me fais pas d'illusion, je sais bien que c'est avant tout une question de rapport de force, et que ce genre de choses ne tient aucun compte de la logique ni des intérêts à court, moyen ou long terme de l'humanité. Mais un rapport de force, cela peut se modifier au cours du temps. 


vendredi 24 mai 2019

Déni de démocratie

La notion de "vote utile" dans le sens: "votez pour moi parce que de cette manière, votre voix comptera, parce que j'ai le plus de chances de gagner" est un déni de démocratie. Cette notion introduit le droit du plus fort en politique: "votez pour le plus fort." Or, dans une démocratie digne de ce nom, on ne vote pas pour le plus fort, mais pour des idées. Quelle est la solution? Pour moi, elle est radicale: supprimer entièrement les sondages dès lors qu'il y a vote du public pour élire des représentants nationaux ou européens. Les interdire, car ce sont les sondages qui introduisent la notion de rapport de force et de compétition en politique. 

La dérive de chaque élection vers une sorte de compétition de type show télévisé ou sportif ne pourrait exister à ce point sans les sondages. Imaginez des journalistes qui n'auraient plus accès à aucun sondage: ils seraient forcés d'analyser les idées et les programmes des candidats, sans pouvoir sensationnaliser chaque élection à la manière d'une course hippique. 

"Mais Alan, les sondages existeront toujours: si on les interdit en France, on aura des sondages en provenance de Suisse ou de Belgique, parce que les gens veulent savoir à l'avance."

Pour moi, c'est une question d'éducation: si chaque personne qui reçoit un appel d'un institut de sondage est suffisamment éduquée et informée pour répondre qu'elle ne souhaite pas dire pour qui elle va voter afin de ne pas influencer le vote, et ce faisant ne pas privilégier une forme de droit du plus fort pour privilégier le débat d'idées, alors, on aura fait un vrai pas vers une société plus avancée démocratiquement. Les instituts de sondage politiques seront forcés de déposer le bilan.

Cela signifie que chaque petit candidat aura sa chance. 

"Oui, mais Alan, comment on fait pour le financement des partis? On sait qu'il faut atteindre un certain seuil pour être remboursé."

Oui, dans le système actuel, il faut atteindre un certain seuil de votes. De votes, et non d'intentions de vote. C'est à dire que les sondages n'ont rien à voir là-dedans. 

Je pense que chaque élection devrait être organisée sur le principe du crowdfunding, avec interdiction pour les entreprises, nations étrangères ou les groupes d'influence de financer les candidats. Chaque candidat devrait monter sa propre campagne sur internet pour se faire financer. 

"Est-ce que ça ne va pas favoriser les personnalités les plus en vue ou les artistes?"

C'est une possibilité. Néanmoins, les gens font-ils confiance aux artistes pour leurs idées? Je crois qu'ils savent faire le distingo entre les idées constructives pour la société et la simple notion de popularité.

Je ne prétends pas avoir toutes les réponses, mais je suis sûr d'une chose: les sondages favorisent l'aspect compétition, l'aspect rapport de force, et cela n'a pas lieu d'être pour une société qui cherche à élire les gens qui ont les meilleures idées pour l'ensemble de la société. 

Seule la notion de "vote utile, parce que ce vote sera utile à la société" doit être retenue. La prochaine fois qu'un homme politique vous dira de voter utile, si c'est dans le sens de voter pour le plus fort, sachez qu'il vous demande en fait de voter comme des moutons de Panurge, qui se rangent derrière l'avis du plus grand nombre. 

Demandez-vous si cela vous grandira d'agir ainsi. 

dimanche 26 juin 2016

Science-Fiction Israelo-Palestinienne

En réfléchissant à la résolution du conflit israélo-palestinien, je me suis rendu compte que je bâtissais une histoire de Science-Fiction. Mon idée était de créer un Etat laïque dans les frontières actuelles d'Israël et de la Palestine baptisé PalestIsraël, avec pour mot d'ordre "faites l'amour, pas la guerre". J'assume complètement l'aspect Bisounours de l'idée, parce que c'est justement en réfléchissant à une utopie (bien plus que de l'anticipation, mon idée relève de la Science-Fiction tant les difficultés semblent invincibles) que l'on peut mettre en lumière tous les obstacles qui empêchent sa réalisation. 

Plus de murs, plus de clôtures, et un seul pays, que se partagent les Israéliens et les Palestiniens: l'idée m'est peut-être venue en réaction à l'indigne fermeture des frontières de la plupart des pays d'Europe devant l'afflux de réfugiés, en particulier Syriens. 

Le conflit entre Israël est la Palestine est en effet tellement endémique que si l'humanité parvenait à le surmonter, elle aurait peut-être accompli un grand pas dans la résolution de tous les conflits.

Je suis donc allé plus loin. Dans cette utopie, PalestIsraël serait un Etat laïque, acceptant les différentes religions. Ces religions seraient donc privées de leur pouvoir décisionnel et politique.

Afin de garantir enfin la paix, afin d'empêcher que le sang ne coule, il faudrait lier les deux pays par le sang. 

Les enfants adultes des familles les plus influentes d'Israël et de la Palestine seraient incités à se rencontrer sur des sites de rencontre pour contracter des mariages. Et ce afin de montrer l'exemple à toutes les autres familles. Eh oui, comme je le disais, "faites l'amour, pas la guerre"!

Les familles israéliennes sans enfant seraient incitées à adopter des enfants palestiniens livrés à eux-mêmes. 

L'idée d'un double enseignement religieux peut sembler folle, en tout cas hautement contradictoire, quand chaque religion prétend être la seule légitime. 

Et pourtant, en contrepartie de l'adoption et du mariage, les enfants, y compris adoptés, auraient droit à l'enseignement des deux religions, l'islam et le judaïsme (ou la religion abrahamique, si l'on préfère) et choisiraient d'eux-mêmes celle qu'ils souhaitent embrasser... ou s'ils font un autre choix.

En France, les religions ont appris à cohabiter. Pourquoi n'en irait-il pas de même en PalestIsraël? 

Cette cohabitation ne peut se faire que si chaque religion apprend à gommer les aspects les plus conflictuels de l'interprétation des textes. 

Ainsi par exemple de la notion de peuple élu de Dieu dans le judaïsme: mal interprétée, cette notion se rapproche fortement de la notion de race supérieure Aryenne. 

Mal compris, le fait qu'un Juif ne puisse être Juif que si sa mère est Juive peut conduire à la fausse idée de "sang juif": comment imaginer qu'il n'y ait pas eu mélange des sangs au fil des nombreuses générations et de la diaspora juive?

De la même manière que les religions doivent faire preuve d'ouverture, il faut aussi que les traditions mettent de l'eau dans leur vin afin de privilégier le "vivre ensemble". 

Il ne s'agit pas de colonialisme, ni d'occidentalisation du mode de vie, ni encore moins de vouloir priver les peuples de leur identité propre. Les repères fournis par la tradition sont indispensables dans une société aussi mouvante que la nôtre. 

Il s'agit simplement d'adapter les traditions pour ne pas devenir leur esclave. 

Je forçais un peu le trait en parlant d'alliances entre familles hébreuses et palestiniennes. Mais qui peut prétendre qu'une Israélienne ne soit jamais tombée amoureuse d'un Palestinien, ou une Palestinienne d'un Israélien? 

Quand le poids de la religion ou des traditions empêche l'union de se faire, c'est à chaque fois une occasion manquée pour la paix entre les peuples.  

Ce n'est pas non plus que je sois anti-religieux. Mais il faut bien reconnaître que des religions, notamment comme le catholicisme et l'islam, ont en commun de frustrer les appétits sexuels. 

L'exemple des prêtres catholiques pédophiles vient évidemment en premier lieu à l'esprit. Mais le fait de promettre le paradis et les vierges dans une autre vie n'est pas beaucoup mieux. 

Le massacre d'Orlando dans une boîte gay par un terroriste se revendiquant d'un islamisme radical, et lui-même gay, selon toute évidence, me paraît dénoter une vraie frustration sexuelle. A ce sujet, on aurait sans doute beaucoup à apprendre des Bonobos (oui, les singes). 

Les responsables religieux ont d'énormes responsabilités dans les guerres et le comportement des gens, mais pour pouvoir assumer ces responsabilités, encore faut-il soi-même se mettre au clair, non seulement avec la sexualité, mais aussi avec les tabous que sont l'homosexualité masculine et féminine.

Une autre démarche essentielle, liée à l'aspect tabou de la sexualité, sera bien sûr de reconnaître beaucoup plus de droits aux femmes. Cela reste plus que jamais d'actualité dans toutes les sociétés, y compris la société occidentale soi-disant évoluée. 

La vraie évolution passera par là, j'en suis persuadé.

mercredi 11 mai 2016

Votons avec nos porte-monnaie

Il y a des moments où l'on a l'impression que la démocratie est confisquée. Par exemple, quand le 49.3 est utilisé. A d'autres moments, on se dit que quel que soit son vote, ce sera toujours la même politique qui sera mise en œuvre, celle inspirée par le lobby des entreprises les plus puissantes du CAC 40. On a l'impression de se voir retirer le peu de bribe de pouvoir qui était nôtre. Et pourtant, nous avons un autre pouvoir, beaucoup plus efficace et que nous pouvons appliquer beaucoup plus souvent qu'une fois tous les cinq ans: celui de nos porte-monnaie. 

Il est tentant, presque facile de basculer vers l'amertume, voire le désespoir, mais l'expérience prouve que cela n'a rien de bon.

C'est lorsqu'on croit qu'on n'a pas de choix que l'on fait les mauvais choix.

Le pouvoir économique de la classe moyenne française est certes en voie d'érosion. Mais il a le mérite d'exister. 

Je n'aime pas jouer les prêcheurs. J'invite chacun à faire preuve de discernement, et même à rejeter mes conseils si vous estimez qu'ils ne sont pas fondés, ou que vos arguments vous semblent plus solides. 

Pour prendre mon exemple personnel, j'ai fait le choix, dans mon alimentation de tous les jours, d'aller vers le bio. Je vote avec mon porte-monnaie, et je vote bio.

J'ai fait ce choix militant, car j'estime que c'est un choix à la fois urgent et à la croisée des chemins. 

Tous les jours, des milliers d'espèces animales et d'insectes sont menacées par les pesticides.

Tous les jours, la santé des agriculteurs qui utilisent les pesticides est mise en péril.

Et tous les jours, ce que nous mangeons peut affecter notre santé, dans dix ou quinze ans, ou même avant.

Les produits bio ne sont pas encore assez répandus, c'est évident. Parfois, on est obligé de faire avec d'autres produits. Mais le signal que les Français envoient aux agriculteurs en achetant bio est un signal très fort, et qui doit encore s'amplifier. 

Ce même signal pourrait être interprété, à terme, par les politiques, comme une demande d'interdiction des pesticides, ou en tout cas des solutions non écologiques. 

Comme une volonté du peuple que les normes de l'agriculture bio soient parfaitement respectées, également.

Que font à votre avis les lobbies qui influencent les députés et membres du gouvernement? Eux-mêmes votent avec leur porte-monnaie, en jouant sur leur pouvoir économique pour influencer des décisions. 

Ce même pouvoir économique leur permet de jouer la prise d'otage: si tu ne fais pas ce que je dis, je supprime tant de milliers d'emplois.

Quand je dis que l'agriculture et le bio sont à la croisée des chemins, c'est qu'il s'agit non seulement de la nature, mais aussi bien évidemment d'une question de santé publique.

Or, quelle est l'entreprise n°1 du CAC 40? Sanofi, une entreprise pharmaceutique. Eux tirent les marrons du feu.

On peut aller plus loin, en visant aussi le secteur bancaire. En mettant par exemple son argent uniquement dans des banques qui n'utilisent pas les paradis fiscaux, et ne conseillent pas à leurs clients les plus fortunés de les utiliser. 

Parce qu'après tout, on peut se dire que davantage d'argent dans les caisses de l'Etat, c'est aussi plus d'argent pour les fonctionnaires, parmi lesquels, les professeurs qui éduquent nos enfants.

Là aussi, c'est voter avec nos porte-monnaie. Même si l'on aimerait que la manière dont sont utilisés nos impôts soit véritablement transparente aux yeux de tous, afin de traquer les innombrables gabegies et abus de biens publics. Et notamment à la tête de l'état, parmi les députés et ministres. 

On ne peut pas remettre en cause le secteur privé sans remettre en cause le public. Les deux vont de pair, selon moi. Les très grandes entreprises fonctionnent d'ailleurs comme des administrations.

Je ne dis pas qu'il faille uniquement voter avec son porte-monnaie. Il y a d'autres moyens de montrer son désaccord avec l'Etat - j'ai par exemple signé la pétition contre la loi El Khomri, ne serait-ce que pour la fonction d'expressivité de cette pétition.

Mais bien sûr, je crois beaucoup plus à l'efficacité du pouvoir économique.

Et je me méfie aussi des phénomènes de cristallisation. Vous avez remarqué, par exemple, comme des animateurs comme Arthur, Dechavanne ou Nagui cristallisent facilement l'irritation - entre autres réactions émotives?

C'est parce qu'ils sont saillants. C'est une qualité d'un animateur d'avoir un caractère saillant, pour susciter une réaction du public. Question d'audimat.


Eh bien, le pouvoir, mes amis, est comme le nez de Cyrano. C'est un pic, c'est un cap, c'est une péninsule! C'est saillant. Cela focalise en particulier les sentiments négatifs, et dans une moindre mesure, les positifs. 

Ce n'est pas que je défende Hollande, ou avant lui, Sarkozy. C'est une tendance naturelle, et humaine, de vouloir s'en prendre à un homme ou à une femme représentant le pouvoir. 

Le problème, c'est que ce coup d'épée ne porte pas, ou si rarement. Il va transpercer un fantôme. On n'adresse pas les vrais problèmes, ce faisant. 

Même si, on est d'accord, ça soulage, des fois, de pousser une gueulante contre quelqu'un dont on a l'impression qu'il a du pouvoir.

On ne changera pas la nature humaine, ni la tendance à la corruption, du jour au lendemain. Cela reste très important de dénoncer cette corruption, et de s'exprimer. Mais si nous voulons changer les choses au coup par coup, à notre niveau, votons avec notre porte-monnaie, et faisons-le en toute conscience.

jeudi 27 novembre 2014

[Archive 27 octobre 2011] Vampire, vous avez dit vampire?

Les vampires existent, je les ai rencontrés. Les vampires, c'est moi, c'est vous, c'est nous. A défaut de sucer le sang, nous nous gorgeons d'émotion. Dans les médias, dans les arts, dans les divertissements, dans la vraie vie et la virtuelle, les émotions et sentiments sont notre pâture, notre mets préféré. Je ne devrais pas dire ça, c'est sûr. On pourra me reprocher à juste raison de cracher dans la soupe. Les émotions, c'est une grande partie de mon travail, de mon gagne-pain, de mon business, appelez ça comme vous voudrez. C'est un truisme, bien sûr, mais il me serait impossible de toucher des lecteurs si mes ouvrages étaient aussi désincarnés que le bottin... Le problème, c'est que je ne suis pas le seul à faire ce travail de romancier. Les médias le font. Les hommes politiques s'entourent de conseillers pour leur bâtir un story telling bien poignant. Et finalement, tout le monde vampirise tout le monde. Pas étonnant qu'un livre (et un film) comme Twilight soient dans l'air du sang euh... du temps, pardon. Et avec lui, toute la littérature de type bit lit.


Il existe évidemment une infinité de registres et de gammes d'émotions, de celle, de type Mc Do, bien grasse et gouleyante que l'on va trouver dans les chiens écrasés à celles beaucoup plus subtiles et raffinées qui nichent dans les recoins de bibliothèques. Mais peut-être importe-t-il, de temps en temps, de s'arrêter et de se poser une ou deux questions. Où va nous mener cette boulimie ? J'ai conscience, en écrivant ces lignes, de la banalité de mon propos, mais je ne suis pas sûr que cela en diminue pour autant la pertinence. Toutes ces émotions factices que l'on se crée ne vont-elles pas, à terme, tuer toute vérité de sentiment en nous ? Réagissons-nous ainsi par défiance envers la montée des technologies, pour nous retrouver en terrain connu ? Et paradoxalement, cette surexposition ne nous transforme-t-elle pas en machine dans notre vie quotidienne, à force de nous blinder contre les images qui nous sont imposées ? Le jeu, faire battre un peu plus vite nos cœurs, en vaut-il toujours la chandelle ? Ceux qui alimentent cette grande machine des passions dans notre société des loisirs, et moi le premier, le savent : si l'effet recherché est celui produit, l'argent est à la clé.
 
Je ne suis pas sûr que cela puisse me dédouaner, mais en ce qui me concerne, quand j'écris, je ne cherche pas seulement à faire vivre des émotions et des sensations. Je recherche la justesse et le sens. Et, si possible, la justesse de sens. Je me suis demandé en écrivant ce billet si je ne devrais pas me tourner vers l'écriture de polars, qui privilégient les capacités de déduction et de réflexion. Il est possible que je le fasse un jour. Mais je crois malgré tout qu'il est possible d'aller vers la justesse quel que soit le genre littéraire que l'on privilégie - y compris la bit-lit. En conclusion, mon conseil sera des plus banals, mais plus que jamais d'actualité : faites fonctionner vos neurones et votre sens critique. Privilégiez la presse écrite, sur le net, le papier ou les liseuses, celle qui donne à penser plutôt qu'à voir. N'oubliez pas que les hommes politiques s'entourent de conseillers pour se construire une image, et qu'à partir du moment où il y a information, il y a mise en forme et manipulation. Et gardez votre coeur pour les moments propices.