mardi 20 février 2018

Discriminé par Amazon

Je savais déjà que j'étais sur la liste noire des gros éditeurs, j'ignorais que j'étais sur celle d'Amazon France. Tout a commencé lorsque j'ai décidé d'acquérir l'un des packs Librinova comprenant la nouvelle option permettant aux auteurs d'avoir leur ebook sur Kindle Unlimited, tout en étant simultanément sur les autres plates-formes, et ce, en toute légalité par rapport à Amazon. 

J'ai déjà dit par le passé que Kindle Unlimited n'était pas une solution idéale pour les auteurs autoédités. Je pensais en particulier à la rémunération assez faible, et aux conditions d'exclusivité de KDP Select, qui empêchent les auteurs de distribuer leur ebook sur les plates-formes concurrentes comme Kobo/Fnac, Apple et toutes les autres, dès lors que l'ebook est présent sur Kindle Unlimited. 

Mais il faut reconnaître que le service Kindle Unlimited, qui permet au lecteur de télécharger, pour 9,99€ par mois, dix ebooks que l'on peut renouveler autant qu'on le souhaite, est ce qui se rapproche le plus, dans le privé, d'une bibliothèque d'ebooks. 

Cela permet de toucher des lecteurs voraces et qui ne veulent pas se ruiner, qu'on ne toucherait pas autrement. 

Par ailleurs, ayant fait sur l'un de mes ebooks anglais l'expérience de la rémunération Kindle Unlimited, je peux attester que celle-ci reste intéressante. Infiniment plus, par exemple que ce que fait Deezer au niveau musical, pour ne pas même parler de Youtube (qui devrait être renommé Radin.com). 

La condition d'exclusivité restait quelque chose qui m'empêchait d'opter pour KDP Select. Jusqu'au jour où j'ai appris que Librinova préparait, avec 50 auteurs tests, une formule permettant de bénéficier d'une version de Kindle Unlimited quelque peu différente de celle que connaissent les auteurs autoédités. 

Une version, en gros, destinée aux éditeurs et à des prestataires comme Librinova. 

Librinova n'est pas un éditeur. Librinova est une entreprise d'aide à l'autoédition, qui peut se transformer en agent si vous vendez plus de 1000 livres. En dessous de 1000 livres, il faut s'acquitter du prix initial du pack, 75€ par an si votre ebook fait plus de 45 000 mots, 50€ s'il fait moins de 45 000 mots. On touche alors 100% du prix de vente des revendeurs en ligne, après déduction de leur marge, c'est à dire autant qu'un auteur autoédité. 

Si on vend plus de 1000 livres, Librinova se transforme en agent, et nous prend 10% sur les ventes. 


Evidemment, le tarif d'entrée de 75 € par an était quelque peu rédhibitoire. Néanmoins, la perspective de contourner les conditions d'exclusivité d'Amazon, et ce en parfait accord avec la plate-forme, était pour moi assez séduisante. 

Je savais aussi que des auteurs passés par Librinova avaient pu bénéficier de la fameuse offre éclair d'Amazon, celle que la plate-forme réserve d'habitude aux utilisateurs de KDP Select et à des auteurs triés sur le volet.  

Bref, j'ai décidé d'utiliser ce service très tôt, en devenant le 51ème auteur test, en quelque sorte. 

Dès le 11 décembre 2017, Librinova a demandé l'intégration de l'ebook que j'avais choisi pour ce test, La Trilogie Ardalia, à Kindle Unlimited.

La formule de Librinova permet d'être distribué sur plus de 200 libraires en ligne, mais je savais que même des auteurs Librinova ayant vendu plus de 25000 ebooks vendaient très peu en dehors des trois ou quatre plus grosses plates-formes, et je n'attendais vraiment pas grand-chose des autres librairies en ligne.

Je misais tout sur Kindle Unlimited, et d'autant plus que Librinova avait fait preuve de souplesse, en me permettant de continuer à distribuer moi-même sur Kobo, la Fnac, Apple et Google Play. 

Malheureusement, l'intégration ne s'est pas faite. Plus de deux mois plus tard, après une dizaine d'emails de relance à Ophélie, de Librinova, cette intégration à Kindle Unlimited ne s'est toujours pas faite. 

Je n'ai aucun reproche à faire à Ophélie en la matière: elle s'est toujours montrée réactive, et m'a donné des détails. 

Je sais que l'intégration est un processus qui se fait manuellement, et que c'est la plate-forme Amazon France qui procède à cette intégration. 

Je sais que la personne d'Amazon avait promis à Ophélie de le faire rapidement. 

Et je sais que ça n'a pas été fait. Je suis sûr à 95% d'avoir été discriminé par Amazon, parce que je suis le seul des 50 pour lequel l'intégration n'a pas été faite. 

On ne se refait pas. Je suis l'auteur qui a écrit sur son blog des articles comme La bourde cosmique d'Amazon.fr, Offre Kindle Unlimited: une bonne chose, mais pas pour les auteurs autoédités, Kindle Unlimited est-il viable par lui-même? Comment Amazon peut rétablir ma confiance, ou plus récemment: Nouvelles sorties: les failles d'Amazon

Dans l'édition traditionnelle, on vous dira probablement que je roule pour Amazon. Mais ceux qui vous diront cela n'ont pas bien lu mon blog.

Bien sûr que j'ai fait l'éloge d'Amazon pour de nombreuses choses, puisque le site de Jeff Bezos a permis comme nul autre l'essor des auteurs indépendants -- en fait, c'est un peu plus complexe que cela, c'est une conjonction de choses, et en particulier le fait qu'Apple ait monté la rémunération auteur en premier lieu à 70%, forçant Amazon à s'aligner. 

Mais en même temps, j'ai toujours essayé de faire la part des choses.

Donc, si vous souhaitez souscrire à l'offre que Librinova a rendue officielle, et ouverte à tous, il y a peu, et que vous n'avez écrit aucun des articles que je cite plus haut, vous avez toutes vos chances pour que cela fonctionne pour vous. Il suffit d'en faire la demande par email après avoir acquis l'un des packs, pour bénéficier de l'intégration.

Examinons maintenant les particularités, avantages et défauts du pack à 75€ de Librinova, avec intégration Kindle Unlimited.  

Tout d'abord, si vous êtes fan des relevés de vente quotidien, il vous faudra faire une croix dessus, sauf à opter pour le pack Liberté à 120€ par an, lequel ne vous donnera ces relevés de vente que pendant 6 mois. 

Concernant les fameuses "pages lues Kindle Unlimited", vous ne pourrez pas les repérer dans vos relevés de vente, parce que ça ne fonctionne pas ainsi. Votre ebook se retrouve bien sur KU, et vous bénéficiez du boost sur le classement à chaque fois qu'il est empruné, mais, comme le précise cet article de Librinova, "Un emprunt sur Kindle Unlimited est rémunéré 30% du PPHT dès que l’emprunteur a lu plus de 20% du livre." 

C'est à dire que c'est l'ancienne formule de Kindle Unlimited qui fonctionne: vous êtes rémunéré le même prix quel que soit le nombre de pages de votre ouvrage, ce qui favoriserait la publication de livres court... si vous ne deviez payer un nouveau pack à Librinova pour chacun de vos ouvrages, chaque année. 

Si vous en vendez plus de 1000, en revanche, vous pourrez en publier autant que vous le souhaiterez sans ce coût d'entrée des packs, mais avec le prélèvement de 10% sur les ventes. 

Je pense que, si l'on ne tient pas compte du prix des packs, les gains KU pour l'auteur sont à peu près équivalents à ceux qu'un auteur autoédité KDP Select obtient, mais cela reste à confirmer. 

Pour ce qui est de mes ventes, comme je l'avais prévu, elles se sont faites en très large majorité sur Amazon (mais, rappelons-le, j'avais gardé la main sur la distribution Kobo/Fnac, Apple et Google Play). Elles n'ont jamais pu décoller, l'absence d'intégration à KU étant un handicap majeur pour ce qui concerne la plate-forme Amazon.

Une chose qui joue en faveur de Librinova est la souplesse et la réactivité de cet acteur, qui vous permet de garder la main sur les plates-formes de votre choix (il suffit de l'indiquer par email). 

Un autre avantage, pour les auteurs ne voulant pas s'embêter à publier sur de nombreuses plates-formes, est que tout est pris en charge et se fait rapidement: c'est comme si vous ne publiiez que sur une seule plate-forme. 

L'argument de la simplicité pour choisir KDP Select est en effet souvent utilisé. Avec Librinova, les choses sont tout aussi simples. 

Il y a aussi des défauts: avec le pack à 75€, vous n'avez droit qu'à un relevé de ventes tous les 6 mois, et vous n'êtes rémunéré que tous les 6 mois. Vous ne pouvez pas non plus, en principe, changer le prix de votre ebook en cours de route -- même si j'ai constaté une certaine souplesse de Librinova à ce sujet. 

L'une des contraintes que j'ai trouvé particulièrement ennuyeuses, c'est le nombre de caractères très limité pour la description Amazon. On ne peut pas jouer non plus sur l'interlignage et la présentation en gras, ni bénéficier de cette excellent outil en ligne pour la description de son livre.  

Bref, la description est extrêmement basique. Comparez l'ebook Le Souffle d'Aoles, que j'ai autoédité sur Amazon à celui de la Trilogie Ardalia édité par Librinova pour vous en convaincre. 

Autre contrainte, vous devez envoyer votre manuscrit word ou open office, et c'est Librinova qui se charge de la transformation en ebook. Le travail est certes bien fait, mais ne vous permet pas de peaufiner l'ebook de manière professionnelle, comme le permet gratuitement le site Draft2Digital. 

Si vous vous demandez ce que je veux dire, n'hésitez pas à télécharger un extrait de mon dernier roman, Passager clandestin

Il faut donc abandonner énormément de contrôle. 

J'espère que mon article permettra à Librinova de remédier à ces défauts. Je pense en effet que leur formule, à condition d'être utilisée pour un ebook que l'on est sûr de pouvoir promouvoir, ne serait-ce qu'auprès d'une mailing list suffisamment importante, est rentabilisable. 

Cela comporte un risque, bien sûr. Mais en passant par Librinova, si vous avez une liste de lecteurs suffisamment nombreuse, des lecteurs lisant à la fois sur Kobo, Apple et Kindle, ou même ailleurs, vous êtes sûrs de pouvoir tous les contenter, tout en bénéficiant de Kindle Unlimited. C'est extrêmement appréciable et professionnel. 

Si vous n'êtes pas comme moi dans le collimateur d'Amazon, et que vous avez une assise de lecteurs suffisante, cela vaut la peine d'essayer, avec par exemple juste un ebook pour commencer. 

[EDIT 21/02/2018]: L'option Kindle Unlimited de Librinova permet pour l'instant à votre ebook de figurer sur KU France et Royaume-Uni, mais pas sur KU Etats-Unis. C'est pourquoi je ne recommande pas cette option, dans l'état actuel des choses, pour un roman anglophone ou un auteur anglo-saxon. Par ailleurs, il me semble que l'on peut rentrer moins de mots-clés par rapport au roman qu'en publiant directement via KDP. 

lundi 19 février 2018

Cultura : une nouvelle politique de dédicaces ?

Je viens d'apprendre que les magasins Cultura ne recevraient dorénavant que deux auteurs par mois. Soit 24 séances de dédicace au total par an, dans un magasin donné. Une politique nettement plus restrictive, qui, en tant qu'auteur indépendant, va bien sûr me compliquer la tâche. S'agit-il d'une nouvelle politique nationale de l'enseigne, s'imposant à tous les magasins, ou bien ces derniers gardent-ils une marge de manoeuvre? Cette politique s'applique-t-elle à la fois aux éditeurs et aux auteurs indépendants? Ces points restent encore flous ou à confirmer. 

"On croule sous les sollicitations, et les séances de dédicace sont à chaque fois complexes à organiser. Cela nous prend trop de temps." Les magasins Cultura, à l'instar des Fnac, vendent des produits culturels de manière large: livres, liseuses électroniques, DVD, musique, jeux vidéo. Une enseigne qui semble avoir le vent en poupe, puisque de nouveaux magasins ont ouvert ces dernières années, et notamment dans la région parisienne. 

Le personnel de la librairie ne chôme pas, à tel point qu'en discutant de l'enseigne avec d'autres auteurs, le terme "sous-effectif" a tendance à revenir souvent. 

Un point symptomatique est le fait que les libraires demandent de plus en plus à être sollicité(e)s uniquement par email pour des séances de dédicace, mais que ces emails sont de moins en moins répondus.

C'est aussi un point qui fait penser que les demandes de dédicaces d'auteurs et éditeurs, avec notamment l'essor de l'autoédition, sont en nette augmentation. Voire ont tendance à exploser.

D'où la réponse, très nette et sans détour, que j'ai obtenue après mon appel au Cultura Franconville, en ce mois de février 2018 (voir les premières lignes de l'article). 

La discussion est restée courtoise, bien sûr. La libraire de Franconville (95) m'a expliqué que la nouvelle politique de l'enseigne était d'organiser deux séances de dédicace par mois. Elle a ajouté qu'il n'y avait plus de place cette année, et qu'il faudrait faire le point d'ici la fin de l'année. 

Quand je lui ai demandé s'il était possible de réserver une séance de dédicace plusieurs années à l'avance, elle m'a répondu que c'était impossible, que cela se faisait sur une année seulement. 

Je me suis mis à sa place. Je me suis vu recevoir 800 emails à la fin de l'année 2018 pour les 24 séances de dédicace en 2019. 

Comment le choix va-t-il être fait? Sans doute par genre littéraire, et peut-être par date de venue précédente dans la librairie. Mais si l'enseigne opère de manière classique dans le cadre professionnel, ce sont d'abord ce qu'on appelle les "comptes en or" qui vont être privilégiés: pas forcément les auteurs qui vendent le mieux, mais ceux qui dépendent des éditeurs ayant le plus d'influence auprès du magasin. 

Bref, j'ai compris que les critères de "nouveau livre paru, que je n'ai jamais dédicacé chez vous", ou même de nombre de lecteurs qui attendraient la suite d'un de mes livres, ces critères-là ne pèseraient pas lourd. 

Pour les auteurs indépendants, il est important de savoir faire preuve de souplesse et d'adaptabilité. Est-ce que cela vaut encore la peine de faire une demande de dédicace auprès d'une enseigne Cultura, ou bien est-ce une perte de temps et d'énergie? 

Est-ce que cette politique s'impose vraiment au niveau national à tous les magasins? Si c'est vraiment le cas, je conseillerais à mes confrères auteurs de pratiquer la stratégie du footballeur. 

Prenons un footballeur qui mouille le maillot et donne entière satisfaction. Un nouveau coach débarque, et voilà notre footballeur relégué sur le banc de touche. Si ce footballeur souhaite retrouver du temps de jeu, il n'aura qu'une seule option: demander son transfert, et signer avec une autre équipe. 

Je n'ai aucune raison de mettre en doute la parole de la libraire que j'ai eue au téléphone. 

Une autre expérience me conforte dans l'idée qu'il s'agit d'une consigne nationale (reste à savoir si c'est une consigne obligatoire ou non). 

Le premier signal d'alarme en 2018 s'est mis à résonner dans ma tête quand j'ai reçu un email du Cultura Carré Sénart me demandant de venir récupérer des livres restés en dépôt chez eux. 

En général, je fais deux ou trois séances de dédicace par an dans ce magasin situé en Seine et Marne. Je récupère les livres restés en dépôt (invendus redéposés en rayon) à cette occasion. 

J'avais donc renvoyé un email sollicitant de nouvelles séances de dédicace pour 2018, en disant que je récupérerai les livres à cette occasion. Email non répondu. Trois semaines plus tard, au retour de vacances de la personne s'occupant des dédicaces, j'apprends qu'une nouvelle politique est mise en place. Voici un large extrait de l'email que j'ai reçu: 

Tout d'abord, nous souhaitons organiser nos dédicaces en fonction des opérations qui ont lieu en magasin (Par exemple, programmer des auteurs de littérature jeunesse en dédicace, lors du mois de la jeunesse, des auteurs de polars lors du mois du polars etc ...)

Par ailleurs, notre agenda de dédicaces est toujours complet presque 6 mois à l'avance avec des auteurs que nous recevons fréquemment, pour ne pas dire régulièrement. 
Nous souhaitons aujourd'hui diversifier nos dédicaces et permettre notamment à de nouveaux auteurs de pouvoir faire une dédicace dans notre magasin.
Chose qu'ils ne peuvent faire, et que nous ne pouvons pas organiser, puisque les places disponibles sont généralement prises par les auteurs "habituels" si je puis dire. 

Je ne remets pas en cause les ventes d'ouvrages effectivement, mais comprenez que nous ne sommes pas obligés de programmer des dédicaces selon le bon vouloir des auteurs, et qu'il s'agit d'un service rendu et d'un choix de notre part.

Nouvelle politique, donc, mais apparemment différente de celle du Cultura Franconville, puisqu'il est question d'opérations comme le mois de la jeunesse ou le mois du polar. 

En fait, l'enseigne Cultura a mis en place des opérations similaires, et notamment Livres en live, au cours des années précédentes, donc pour moi, il ne s'agissait pas réellement d'un changement. 

Le vrai changement, c'était d'apprendre que je ne pourrai pas revenir dédicacer dans ce magasin sur toute l'année 2018 si je n'y étais pas invité. Et ce, malgré la sortie de Passager clandestin, mon dernier thriller, début janvier 2018. 

Et ce, malgré plus de 550 livres vendus depuis 2010 dans ce Cultura en 22 séances d'une journée chacune. 

Malgré les 31 livres vendus lors de la dernière séance au Cultura Carré Sénart en décembre 2017.

Ouch.

A la lumière des révélations qui m'ont été faites à Franconville, je suis en droit de penser qu'en réalité, le magasin de Carré Sénart se met à appliquer la politique de deux séances de dédicace par mois. Tout en cherchant en effet à faire venir de nouveaux auteurs, mais sur un nombre de dates très réduit dans l'année.

Donc, on ne m'a pas menti: on ne m'a simplement pas dit toute la vérité. 

L'enjeu financier est évidemment important pour moi: je vis des ventes de mes livres en séance de dédicace. J'ai aussi appris à ne pas dépendre d'un seul acteur, ce dont je me félicite aujourd'hui. 

Il faut aussi savoir que lorsqu'une enseigne reçoit un auteur, ce n'est pas juste une faveur que cette enseigne fait à l'auteur: cela fait de l'animation pour le magasin, et l'enseigne perçoit, dans le cas d'un Cultura, 30% de marge par livre vendu. Dans le cas de centres commerciaux de type Auchan ou Cora, c'est plutôt 20%.

Enjeu ou non, je ne harcèle jamais les libraires, même s'il m'arrive d'appeler si un email renvoyé plusieurs fois n'est pas répondu. Le harcèlement est très logiquement puni par la loi, je déconseille fortement cette voie à tous les auteurs.

Si je dois me résoudre à dédicacer mes livres dans le coffre de ma voiture, je le ferai, bien sûr. Cela peut sembler contre-intuitif étant donné le nombre d'enseignes commerciales présentes sur l'Ile de France, mais il faut savoir s'adapter. S'il est vraiment trop difficile pour un libraire de recevoir un auteur, nous aurons toujours moyen de nous débrouiller par nous-mêmes.

Pour l'instant, mes dates sont heureusement presque bouclées pour l'année 2018. Si vous êtes lecteur et que vous vous demandez où vous pouvez me retrouver en dédicace, toutes mes dates figurent sur la colonne de droite de ce blog. 

[EDIT 21/02/2018]: je viens d'avoir la réponse à la question que je me posais, de la part d'une libraire d'un autre Cultura que ceux précédemment cités, qui me disait que pour sa part, elle organisait quatre séances de dédicace par mois. Il n'y a donc pas de nombre de dédicaces imposées au niveau national par magasin, j'en ai eu la confirmation formelle.

dimanche 4 février 2018

Salon du Livre Paris Porte de Versailles

Faire partie de l'Alliance Rebelle des Auteurs Indépendants implique certaines responsabilités. 



Oui, on peut vendre des livres pendant le Salon du livre de Paris porte de Versailles. 

Une petite parenthèse tout d'abord: si vous vous demandez si mes chiffres sont exacts, n'hésitez pas à vérifier auprès des magasins concernés: même s'ils ne peuvent vous répondre sur une période précise, ils auront au moins une idée du nombre de livres que j'ai vendus chez eux depuis mes débuts. 

Le samedi 22 mars 2014, en plein salon du livre de Paris porte de Versailles, j'ai dédicacé 19 livres au Cultura la Queue en Brie, dans le 94.

Le samedi 21 mars 2015, pendant que 200 auteurs manifestaient au salon du livre de Paris, j'ai vendu 21 livres chez Auchan Plaisir, dans le 78. 

Le samedi 19 mars 2016, tandis que le salon du livre de Paris battait son plein à la porte de Versailles, je dédicaçais 24 livres au Cultura Villennes, dans le 78. 

Le samedi 25 mars et dimanche 26 mars 2017, pendant que se déroulait le salon du livre de Paris rebaptisé Livre Paris 2017, j'ai dédicacé 42 livres au Cultura Franconville, dans le 95. 

Donc, oui, on peut vendre des livres pendant le Salon du livre de Paris porte de Versailles. On peut même les vendre ailleurs. Surtout si on est auteur indépendant. 

Quand je disais que je faisais partie de l'Alliance Rebelle des Auteurs Indépendants, c'était une boutade. Une telle structure n'existe pas, en tout cas pas de manière formelle. 

Il faut savoir que pour moi, qu'on l'appelle Livre Paris ou Salon du Livre de Paris porte de Versailles, ce salon organisé par Reed-Elsevier, devenu le groupe RELX, se trouve être le symbole absolu de l'édition traditionnelle dans tout ce qu'elle peut avoir de prédateur. 

Le prix des stands, tout d'abord. Je n'ai pas vérifié dans le détail pour cette année, mais il y a quelques années, c'était dans les 900 euros pour un stand riquiqui. Les stands des gros éditeurs peuvent dépasser les 100 000 €.

Mais aussi bien sûr, le fait qu'Elsevier souffre d'une très mauvaise réputation de par ses pratiques prédatrices dans l'édition universitaire. Avec des marges phénoménales.

Vous me direz, la principale qualité d'un tel salon est de nouer des contacts au niveau professionnel, et vous aurez raison. Cela peut être une bonne idée, par exemple, pour un auteur indépendant, de parcourir les travées du salon pour vérifier quels sont les prix pratiqués par les imprimeurs. Ou de contacter des graphistes. Ou des correcteurs.

Le salon draine également énormément de monde, et même si une grande partie du public vient pour les stars, il y aura cette année un stand d'auteurs indépendants

Mais en ce qui me concerne, et cet avis est tout personnel, vous l'aurez compris, j'ai énormément de mal avec ce salon. Le samedi 17 mars 2018, je serai à l'Espace culturel Leclerc Le Plessis Belleville, dans le 60.

Je ne me déplace plus aux Imaginales d'Epinal pour une raison similaire, qui est le prix des stands. 

En tant qu'auteur artisan, je préfère les ventes à la notion de notoriété et de retombées, d'ailleurs aussi hypothétiques l'une que l'autre. 

On pourrait me reprocher de m'encroûter, de me rigidifier dans une posture d'auteur idéaliste arc-bouté sur ses grands principes. 

Eh bien, cela vous surprendra peut-être, mais il m'est arrivé d'applaudir la signature d'un contrat d'édition traditionnelle par un auteur indé. Pourquoi? Parce que je connais le sens de l'entreprise de l'auteur en question, et que je lui fais confiance pour prendre la meilleure solution pour lui. Parce que je sais que l'édition tradi connaît une certaine évolution, dans ce sens où des éditeurs précis, qui souhaitent démarcher les auteurs connaissant le succès sur Amazon, sont prêts à leur laisser leurs droits numériques, en tout cas sur la plate-forme Amazon, qui se trouve être souvent la plate-forme pour laquelle ces auteurs publiaient auparavant en exclusivité. 

Oui, on peut s'hybrider sans perdre son âme.

Quand je vois le nombre de pages lues via Kindle Unlimited et le classement de ces auteurs sur Amazon, je comprends aussi leur choix d'y publier en exclusivité, même si ce choix n'est pas le mien. 

Concernant les évolutions en cours, le message que j'ai envie de lancer à la sphère indé, c'est que les prochains droits qu'il faudra défendre avec vigueur, outre le numérique, ce sont les droits des livres audio. 

L'auteur Michael Sullivan s'est ainsi séparé de son éditeur Del Rey parce que la maison mère de Del Rey, Penguin Random House, avait décrété que les contrats ne pouvaient être signés que si l'auteur cédait ses droits audio à l'éditeur.

Si vous lisez l'anglais, cet article est vraiment édifiant.

Or, Michael Sullivan et son épouse, dans leur grande sagesse, avaient déjà négocié les droits audio avec un éditeur audio, parce que l'argent que leur donnait cet éditeur ne se refusait pas, et l'emportait sur leur contrat initial avec Del Rey. 

Faire en sorte qu'il n'y ait rien à négocier avec l'éditeur pour votre prochain livre parce que les droits en question ont déjà été cédés est donc une excellente manoeuvre, susceptible de vous mettre en position de force... à condition d'avoir fait vos calculs, et d'être prêt à aller jusqu'au bout dans le "non", en rompant le prochain contrat faute d'accord. 

Ce qui me fait aussi dire que vous ne devriez vous engager dans vos signatures de contrat que sur un seul roman, pas davantage. 

mercredi 17 janvier 2018

Penser "Global"

Dans mon dernier roman Passager clandestin, j'évoque, dans le premier chapitre, la surpopulation carcérale en France (cliquez ici pour lire ce chapitre). Comment l'humain traite-t-il l'humain? Le sujet me semble d'importance, lorsque l'on sait que dans le futur, on aura très certainement des robots gardiens de prison. Je crois qu'en la matière, il faut penser "global", en n'hésitant pas à voir ce que font les autres pays. 



Quand j'écris un roman, en particulier de type thriller comme Passager clandestin, j'aime bien me pencher sur les failles béantes de notre société. Mais je n'oublie pas non plus que les failles me regardent aussi. 

Quand je reviens à la réalité, plutôt que de me laisser aspirer comme dans un trou noir dans la spirale du pessimisme, je préfère donc prendre du recul, laisser mon côté optimiste prendre le dessus pour aller regarder du côté du verre à moitié plein.

Penser "Global", donc. L'un des exemples les plus frappants par rapport à la détention carcérale, ce sont les Etats-Unis d'Amérique. D'après ce site dont les informations remontent à 2009, les Etats-Unis arrivent en tête de la population carcérale dans le monde, avec plus de 2 millions de personnes incarcérées.

Le taux de détention de 737 personnes pour 100 000 habitants est de loin le plus élevé. 

On pourrait estimer que les Etats-Unis, qui mettent donc énormément de moyens dans leurs prisons, sont le pays le plus sûr au monde. Mais si l'on regarde les statistiques de morts par arme à feu ou de morts violentes outre-Atlantique, on sera largement démenti. 

Pour un policier travaillant en France, qui en a assez de voir les délinquants qu'il livre à la justice remis en liberté, les Etats-Unis, pays où les peines de prison à vie sont souvent effectuées, doit apparaître comme un pays de cocagne. Un idéal à atteindre. 

Pourtant, ce modèle est-il une réussite pour autant? Est-ce qu'on veut vraiment pouvoir se vanter d'avoir dans nos cellules 23% de la population carcérale mondiale, comme c'est le cas pour les Etats-Unis? 

Quand on regarde des chiffres plus récents, ceux de Wikipédia, on voit qu'en 1992, il y avait 501 personnes en prison pour 100 000 habitants dans le pays de l'oncle Sam, là où en 2011, on est passé à 743. Une progression qui semble inexorable. 

Que nous dit cette progression? Que les Etats-Unis, même avec des prisons moins surpeuplées, et plus humaines de ce côté, que ce qui se fait en France, ne dissuadent absolument pas la délinquance grâce à la répression. 

D'un point de vue éducation du peuple, ça ne fonctionne pas. Sur le plan économique, en revanche, le pragmatisme américain, qui a donné naissance à des prisons privées en plus des prisons publiques, permet aux groupes qui possèdent ces prisons d'exploiter largement les revenus produits par les prisonniers, et d'être rentables. 

Mais faut-il vraiment prendre une grille de lecture économique? L'homme est-il au service de l'économie, ou bien est-ce l'inverse? 

Les chiffres peuvent aussi être trompeurs par rapport à l'aspect "qualitatif". Ainsi le Japon emprisonne-t-il seulement 58 personnes pour 100 000 habitants, là où la France, avec 102, fait beaucoup moins bien. 

Le Japon. Voilà donc un pays dont la culture de discipline et de sens de l'honneur fait un bon élève... Sauf que le Japon, avec les Etats-Unis, est l'une des rares puissances occidentales industrielles à avoir maintenu la peine de mort. Et que les condamnés à mort peuvent rester 30 ans dans le couloir de la mort en ignorant pour le restant de leur vie à quel moment ils vont être exécutés. Un traitement inhumain, qui va bien au-delà de la loi du talion dans la plupart des cas. 

De même, selon cet article de Géo, le taux le plus bas, de 16 personnes en prison pour 100 000 habitants, est trompeur dans l'autre sens, puisque c'est la République centrafricaine qui le détient. Un pays notablement sous-équipé et manquant de moyens pour faire régner l'ordre. 

Dans tous ces chiffres, je retiens cependant celui de l'Inde: bien que le sous-continent soit le 5ème pays au niveau mondial de par sa population carcérale de 384 000 personnes, en 2011 d'après Wikipédia, son taux n'était que de 32 personnes par 100 000 habitants. 

L'article de Géo a beau pointer le fait que 65% des détenus indiens soient en attente d'un verdict suite à un manque de moyens judiciaires, je ne pense pas que les détenus soient si peu nombreux en proportion de la totalité de la population, comparativement aux Etats-Unis ou à presque tous les autres pays, uniquement par manque de moyens des forces de l'ordre. Si l'Inde avait voulu se donner les moyens de mettre davantage en prison, les gouvernements successifs l'auraient fait. 

Je pense qu'il y a des notions culturelles qui sont à l'oeuvre. Je pense à l'aspect moins individualiste de l'Inde, mais aussi au végétarisme, et à l'influence plus importante de la religion. C'est sans doute un cliché, mais les Américains, qui mangent incomparablement plus de viande rouge, ont tendance à être plus sanguins.

Pour les Américains, on pourrait aussi parler d'autres facteurs culturels, tels l'assimilation des anciens esclaves noirs, dont l'éloignement culturel avec la population blanche se rapproche de ce que l'on trouve en France entre les Blancs et les Maghrébins. L'intégration est plus difficile dans les deux cas. 

Sur le plan artistique, quelqu'un comme Sydney Poitier reste une exception à Hollywood: très souvent, les acteurs noirs ont le mauvais rôle.  

En France, on a le sentiment que les gouvernements successifs se défaussent d'un problème jugé honteux, et ne le règlent donc jamais: sans doute une forme d'hypocrisie judéo-chrétienne, là où les Protestants, quelque part, ont au moins pris le problème à bras-le-corps. 

Il existe aussi un phénomène que je trouve inquiétant: malgré le fait que le Front National ait été terrassé, on a l'impression que le gouvernement actuel reprend à son compte des politiques qui auraient été mis en oeuvre par le FN, afin que celui-ci ne se relève pas, ou pour éviter qu'un successeur ne prenne le relais. 

Je le vois beaucoup dans la manière de traiter l'immigration. Pourtant, la peur et l'émotion n'ont jamais constitué des solutions aux problèmes, et bien au contraire, ne font que les aggraver. 


Je suis convaincu, pourtant, que les solutions existent. Mais tout est lié: quelqu'un comme Macron sait très bien que même en expulsant 10 immigrés par la porte, 100 reviendront par la fenêtre, ne serait-ce que parce que les entrepreneurs français ont besoin d'eux pour des métiers que la plupart des Français refusent d'exercer. On est dans l'hypocrisie et dans la com bien plus que dans la mesure efficace, qui consisterait sans doute à mieux intégrer, mais aussi à avoir une politique étrangère moins prédatrice au niveau économique, permettant à des pays africains et maghrébains de mieux réussir économiquement, et de garder leurs ressortissants. 

Pour en revenir au problème des gardiens de prison en France, je me demande dans quelle mesure, afin de réduire leur problème de sous-effectif, on ne devrait pas imposer un stage de deux mois aux policiers et gendarmes dans les prisons. On règlerait sans doute en partie le problème de sous-effectif, tout en sensibilisant les forces de l'ordre aux conditions de détention des petits délinquants, et à l'intérêt d'une police de proximité et de peines aménagées.

Et oui, je sais bien que les forces de l'ordre sont elles aussi en sous-effectif, ce qui n'est qu'un effet pervers de la doctrine selon laquelle les fonctionnaires ne servent à rien. 


Je terminerai sur ces mots de Lao-Tseu: "Prévenez le mal avant qu'il n'existe ; calmez le désordre avant qu'il n'éclate."

mardi 9 janvier 2018

Nouvelles sorties : les failles d'Amazon

Le lancement de mon dernier roman, Passager clandestin, sans être tonitruant, a été le mieux réussi jusqu'à présent, en particulier auprès de mes lecteurs canadiens. En examinant de près ce qui se passait sur la plate-forme Amazon, aussi bien pour le livre papier que pour l'ebook, et en interrogeant un spécialiste à ce sujet, puis en lisant la réponse officielle d'Amazon, j'en suis venu à la conclusion que la plate-forme leader du marché était victime de coupables défaillances, et ce, au moment stratégiquement le plus important pour le devenir d'une œuvre. Un conseil pour les auteurs, soyez vigilants au moment de la sortie de vos livres ou ebooks. 

Peut-on aujourd'hui acheter un livre en toute indépendance? Sans même parler de l'influence de la publicité, peut-on, si l'on fait le choix d'acheter en toute liberté, en son âme et conscience, sans être conseillé, parvenir à faire un choix entièrement personnel? 

Si l'on a déjà son idée bien arrêtée, oui, sans aucun doute. 

En revanche, si l'on n'a pas vraiment d'idée, le simple choix d'entrer dans une librairie, de par les restrictions imposées au niveau de la place des livres, oriente notre achat. Pas ou extrêmement peu d'ouvrages d'auteurs indépendants. Le choix est encore plus orienté si l'on s'en tient aux meilleurs ventes, ou aux têtes de gondoles présentées en face avant et non sur la tranche. 

Quant à l'idée de se rendre sur des librairies en ligne ne possédant qu'une partie des ouvrages, puisque ne présentant pas ou très peu d'ebooks autopubliés, elle est forcément limitative, même si les ebooks sont plus nombreux en ligne que les livres en librairie ou en bibliothèque ou médiathèque. 

Le fait que de nombreux auteurs fassent le choix de l'exclusivité Amazon contribue bien sûr à ce phénomène de limitation sur les sites concurrents, on ne peut pas pointer un seul coupable en la matière. 

Un lecteur vorace, qui voudrait tout connaître dans son genre particulier, pourrait donc avoir l'idée de se rendre sur Amazon. 

Amazon, le site phare de l'orientation, où les algorithmes règnent. Où ces mêmes algorithmes privilégient grandement les ventes et la popularité, ou bien encore, les titres mis en avant par des éditeurs au terme d'accords particuliers avec la plate-forme. 

Le site, aussi, où les ebooks présents dans Kindle Unlimited, la plupart du temps publiés en exclusivité sur Amazon par des auteurs autopubliés, bénéficient d'un boost sur la popularité, à condition d'être achetés par un minimum de lecteurs au départ.

En dépit de toutes ces barrières quasiment infaillibles, je pensais qu'il existait un moyen de déjouer ces fameux algorithmes. 

L'idée n'était pas de se rendre dans une rubrique ou catégorie correspondant à un genre littéraire précis pour y consulter les dernières nouveautés, puisque celles-ci, peu nombreuses, sont mis en avant en raison de leur popularité ou d'accords avec les éditeurs. 

L'idée était de se rendre dans la catégorie précise qui correspond aux nouveautés de moins d'un mois d'Amazon. Cependant, l'onglet de recherche par défaut est celui de la popularité, ce qui nous fait retomber dans les travers précités. 

Néanmoins, il y a aussi une autre possibilité que la recherche par popularité: par date de parution. Là, en principe, plus d'algorithme, plus de triche possible: on a droit à tous les ebooks sortis (je parlerai dans un instant de la même rubrique en livres papier). Et on peut affiner le choix avec un genre précis, dans un deuxième temps. 

 Cliquer pour agrandir

Pour clarifier les choses, plutôt que de cliquer sur la rubrique "polars" dans un premier temps, vous allez cliquer sur la rubrique "nouveautés de moins de un mois", et ensuite, pour affiner, sur la rubrique "polars" en sélectionnant "date de parution".

Eh bien, même avec ce type de méthode, très précise et normalement infaillible, je ne suis pas arrivé à retrouver mon ebook le jour J. Ni même aucun des jours précédant ou suivant sa parution: il avait été purement et simplement zappé par Amazon. 

Qu'à cela ne tienne, je suis allé sur la rubrique livres papier, avec la même méthode. Et là, horreur ! En sélectionnant "date de parutions", on se retrouve, non seulement avec les nouveautés, mais avec toutes les précommandes. Pire encore, ce sont les livres papier qui sortent dans le futur le plus éloigné qui sont présentés en premier! 

C'est à dire que dans cette rubrique Nouveautés par date de parutions, qui serait censée permettre à un auteur totalement inconnu, ne bénéficiant d'aucune promotion, d'avoir le minimum de visibilité, vous allez d'abord avoir les titres sortant en 2019, puis en décembre 2018, puis en novembre 2018, et ainsi de suite.

J'ai retrouvé mon roman: en page 42 du moteur de recherche. Pas sûr que le lecteur type ait la patience, voire l'abnégation. 

J'ai fait aussitôt appel à la plate-forme, en envoyant les liens vers les catégories concernées, et en évoquant le critère de date de parution. 

Hélas, le problème n'a été réglé, pour mon ebook Passager clandestin, qu'une semaine plus tard. Le problème avec la recherche par date de parution, c'est que le lecteur vorace va rechercher les ebooks du jour ou ceux de la veille, mais certainement pas au-delà.

Voici la réponse qu'a fait Amazon, avec mes remarques en gras: 

Bonjour,

J'espère que votre semaine commence bien.

Je vous écris ce message parce que je viens de recevoir la réponse de la part de l'équipe technique.

Ils ont réalisé les recherches respectives pour voir s'il y avait un problème dans le système et tout est bien. 
 
Tout est bien maintenant, une semaine après la sortie. Délai de réaction beaucoup trop tardif pour un problème lié à une sortie. 
 
Voici votre livre dans cette rubrique:

http://amzn.to/2mf9QQu 
 
Bizarre de m'envoyer ce lien qui concerne mon ebook exclusivement. En refaisant la recherche par date de parution, je l'ai néanmoins trouvé pour la première fois dans cette catégorie des Nouveautés. Le problème a donc bien été réglé, mais trop tard. 
 
Ce que je vous recommande pour que votre livre apparaisse dans les premières pages de recherche est de faire de la publicité dans les réseaux sociaux et l'utiliser comme un moyen pour faire de la publicité de votre livre, montrer votre livre à vos amis et leur demander de partager votre ouvrage.
 
Le problème n'était pas un problème de popularité ou de ventes: si l'on fait la recherche par date de parution dans un genre suffisamment précis, on arrive à retrouver son ebook dès la première, ou les toutes premières pages, si le site est bien fait.
 
Il est important que vous sachiez qu'il faut être consistant pour voir de bons résultat et au moment où vous recevrez plus de ventes votre livre sera montré de plus en plus dans les premières pages dans les résultats de recherche.
 
Comme je l'avais précisé dans mon email à Amazon, mon ebook était arrivé n°1 dans la sous-catégorie Détectives privés. Il est monté jusqu'à environ la 800ème place du classement global Kindle. Il est arrivé à cette place parce que je connaissais le lien vers la page Amazon de l'ebook, que j'ai envoyé à ma liste de lecteurs. 
 
Pour bénéficier du boost dans les pages de recherche évoqué par les techniciens Amazon, il aurait sans doute fallu que Passager clandestin franchisse le top 100, voire le top 10, et s'y maintienne au moins deux ou trois jours. Mais je répète qu'il y a un autre critère que la popularité, celui de la date de parution.  
 
Finalement, je m'en excuse pour tous les inconvenants (sic) causés et j'espère que cette information soit de votre utilité. Je reste à votre service et si vous avez d'autres requêtes contactez-nous (kdp-support@amazon.fr), nous vous assisterons enchantés.

Bonne journée!

Bref, je me suis bien sûr demandé si je représentais un cas isolé. 

J'ai donc posé la question à Cyril Godefroy, auteur notamment de
Cyril s'est penché de manière quasiment statistique sur la question. 
Son témoignage est donc loin d'être anecdotique.
C'est malheureusement accablant pour Amazon:


En 2016, j’ai suivi pendant le salon du livre à Paris une présentation d’un salarié Amazon sur leur programme partenaire, puis je l’ai alpagué à la sortie pour lui demander s’il y avait un endroit où l’on pouvait savoir quelles étaient les dernières sorties sur Kindle.

 

Il m’a répondu sans hésitation que la page des «Nouvelles sorties» était le point d’entrée, y compris le fil RSS rattaché à cette page.

 

En septembre 2017, je me suis enfin consacré à la question, notamment pour publier les listes de nouveaux livres sortis sur le site «lesnouveauxlivres.fr», projet qui n’a pas duré.

 

Quelle déception en constatant que la liste des livres, par catégorie, n’avait rien à voir avec les derniers livres sortis. Par exemple, une amie auteure venait de sortir son dernier roman, et il n’y était pas. Après plusieurs essais, j’ai recherché d’autres moyens d’obtenir la liste des sorties un jour donné et pour une catégorie donnée.

 

Il s’avère que l’URL de la recherche [https://www.amazon.fr/s/] est bien la bonne, mais qu’il faut choisir des paramètres abscons pour trouver les informations. Et que pour connaître ces paramètres abscons, introuvables par le commun des mortels, il faut avancer à tâtons, parcourir les catégories pour obtenir leur référence (NodeId dans le langage Amazon), et que l’on ne peut le faire que pour une journée précise (et non pour une période).

 

Je passe les détails de l’url qui n’intéressent personne, car il faut la connaître et la taper en entier pour accéder à cette liste.

 

En continuant mes recherches, j’ai constaté que des titres parus depuis plusieurs semaines étaient encore dans la page de « nouveautés ». Pire encore, en fonction du cheminement pris, on a des résultats très différents.

 

Ainsi, alors que j’écris ces lignes j’ai été voir les nouveautés en passant par la catégorie Policier & Suspense, et je vois des ebooks publiés presque deux mois plus tôt : pas vraiment des nouveautés, mais clairement des livres recommandés par les algorithmes d’Amazon et clairement du merchandising.

 

Si par contre, je vais dans Ebooks Kindle -> Nouveautés et précommandes -> Les sorties récentes et que je choisis la catégorie policier et suspense, alors j’aurai une liste plus cohérente. Elle reste toutefois incomplète, très incomplète…

 

Conclusion : ne comptez pas sur cette page pour y voir apparaître 

votre livre, Amazon manipule les informations qui y sont sans 

refléter la réalité.

Voilà, vous connaissez maintenant les deux failles d'Amazon, celles qui concernent les livres papier et les ebooks. A mon sens, ces deux failles sont des trahisons de l'idéal de Jeff Bezos, qui était, à la base, de parvenir à l'exhaustivité de livres papier sur son site.

En effet, que vaut l'exhaustivité, que vaut l'idée de créer de multiples catégories afin de rendre les livres et ebooks plus visibles, si ceux-ci, au moment crucial de leur sortie, demeurent invisibles? 

[EDIT 13/01/2018] : D'après l'auteur Alex Reeve, il existe un truc pour contourner le problème sur Amazon: il faut indiquer le mot "nouveauté" dans les mots-clés. Bon à savoir. 

vendredi 5 janvier 2018

Star Wars de Disney et Donald Trump, mêmes méthodes?

Comparer les méthodes marketing de la production/réalisation d'une série comme Star Wars et d'un homme politique peut sembler saugrenu, voire périlleux. Je crois que l'idée m'en est venue parce qu'un ami m'avait appris que le modèle dans la vraie vie qui avait inspiré Biff Tannen, le méchant de Retour vers le Futur, se nommait Donald Trump quand il était plus jeune. Il est vrai que Donald Trump est sa propre caricature, très proche d'un personnage de fiction. Les méthodes marketing du maître du bad buzz, comme je le surnomme, me paraissent très proches de celles des producteurs/réalisateurs des épisodes 7 et 8.

Donald Trump est-il vraiment tout à fait sincère dans ses convictions, notamment par rapport au climat? Je m'explique: une partie de ses électeurs, par exemple, sont des ouvriers travaillant dans des mines de charbon, lesquelles mines menaçaient avant son élection de fermer.

Si vous êtes ouvrier et que vous travaillez dans une mine de charbon, il vous sera beaucoup plus difficile de vous lever le matin si vous croyez au réchauffement climatique. Il est plus pratique, dans ce cas, d'être climato-sceptique. 

Un homme politique sait exactement comment pense son électorat, et se met à la place de cet ouvrier. L'avantage d'être climato-sceptique, c'est que c'est une position extrêmement minoritaire, contestée, qui va faire enfler la polémique et vous mettre sur le devant de la scène. 

La caractéristique de la provocation et de la polémique, c'est qu'elle va créer un buzz, une hausse de fréquentation d'un post sur un réseau social, par exemple. Un bad buzz reste un buzz.

C'est la stratégie du "plus c'est gros, plus ça passe", dont Trump est un adepte. 

De la même manière que les animateurs sont choisis en fonction de leur "abrasivité", de la manière dont ils vont faire réagir le public, de par leur aspect physique ou leur attitude (réactions épidermiques), Trump est quelqu'un dont toute la communication, jusqu'à la manière d'être, est axée sur les réactions qu'elle va provoquer. 

Le rapport avec les Star Wars produits par Disney? Eh bien il me semble évident que les épisodes 7 et 8 de Star Wars ont été conçus pour choquer les fans, les faire réagir, provoquer des discussions sur le net, et en particulier les réseaux sociaux.

Les deux principaux axes, d'après ma théorie, ont été le chamboulement des règles en vigueur dans cet univers, et le "plus c'est gros plus ça passe", l'outrageante absence de réalisme que je critiquais dans cet article.

C'est pourquoi, je considère, à l'aune de cette théorie, que les changements dans Star Wars, loin d'annoncer un nouveau développement créatif de la série, et bien que reprenant certains développements dans l'air du temps comme l'antispécisme, n'ont eu pour but que de provoquer afin de faire parler autour du film. Même chose pour les scènes WTF.

Opération réussie. 


On est dans du Trump pur et dur, et on se rend compte qu'Hollywood, dans sa manière d'être, n'est pas si éloigné de celui qui lui sert actuellement de repoussoir. 

Mais revenons à présent sur les premiers épisodes, 4, 5 et 6, et tâchons de voir si leur créateur n'avait pas déjà, à son époque, planté les germes de ce mélange entre artistique et marketing. 

En regardant attentivement ces trois épisodes originels, on peut déjà estimer que George Lucas a été victime du syndrome du Marsupilami.

ATTENTION SPOILERS : albums du Marsupilami, épisode 4,5, 6 et 1 de Star Wars

André Franquin, le créateur du Marsupilami, avait expliqué vouloir, à chaque nouvelle album, inventer une nouvelle caractéristique à sa bestiole. Dans un album, le marsu se mettait ainsi à parler. Dans un autre, il faisait des bonds avec sa queue. Dans un autre encore, il plongeait à de grandes profondeurs. A chaque fois, une nouvelle caractéristique. 

Franquin avait reconnu le côté artificiel, les limites de cette stratégie d'abord amusante. 

Dans La Guerre des Etoiles, ni Obi Wan ni Dark Vador, au cours de leur combat, n'utilisent de pouvoir télékinésiques, et ils ne font pas non plus de bonds spectaculaires.

Les pouvoirs télékinésiques apparaissent dans l'Empire contre attaque, les bonds spectaculaires dans Le Retour du Jedi.

Ce syndrome du Marsupilami pourrait être traduit par l'expression américaine Cool Factor.

Du genre: "ce serait cool si Luke se mettait à attirer son sabre-laser à distance. Ce serait cool s'il pouvait sauter comme un cabri. Tiens, et si les Jedi se transformaient en fantômes après leur mort, ça serait pas super cool?"

Ces ajouts étaient suffisamment mineurs, suffisamment cohérents avec le reste, pour ne pas se mettre en porte-à-faux avec l'univers Star Wars tel que les fans se l'étaient appropriés. 

Dans les préquelles, Lucas n'a plus été victime de ce syndrome. Il a tout juste voulu donner une explication scientifique à la Force, avec les médicloriens.

Mais dans l'épisode 8, le syndrome du Marsupilami revient en Force. Les scénaristes s'en sont servis, selon moi, à la fois pour choquer les fans et pour surprendre au niveau du déroulement de l'intrigue.

Un autre phénomène propre à l'univers Star Wars dès George Lucas a été le "plus c'est gros, plus ça passe." Cet expression peut se traduire en américain par "WTF moment".

Je veux retenir trois scènes: sur Hoth, les gros quadripodes entravés par les filins des X-Wing dans l'Empire contre attaque, le combat des Ewoks lors de leur révolte sur Endor dans le Retour du Jedi, et la scène finale de la Menace fantôme, celle où le jeune Anakin, avec R2-D2, s'en va détruire le vaisseau amiral de la Fédération du commerce. 

La scène des quadripodes entravés, quoique hautement improbable, est très réussie au niveau visuel, un grand moment de cinéma. Elle est l'équivalent au cinéma du jeune Chinois se mettant devant un char sur la place Tienanmen, le symbole de la résistance face à l'oppression. 

Comme, quoi, la grille du réalisme n'est pas suffisante pour descendre un film, parce que Lucas a réussi la prouesse de faire de cette scène un point fort. 

La scène sur Endor est encore plus irréaliste. De nombreuses personnes qui aiment Star Wars supportent mal cette scène. 

Néanmoins, les Ewoks sont les ancêtres des créatures choupinous dans Star Wars 8. Là encore, George Lucas a introduit un nouveau marqueur, en faisant rimer artistique avec marketing. Ce n'est pas le seul, Spielberg l'a fait avec Jurassic Park. 

Ces deux scènes ont encore une logique, quoique distordue, par rapport à la réalité. Avec la scène de la Menace fantôme où un gamin détruit un vaisseau amiral pratiquement à lui seul, en n'ayant jamais piloté de vaisseau (les podracers ne pouvant pas être comparés à des vaisseaux spatiaux, ce me semble) on entre dans le délire le plus total.

Là, c'est un important marqueur qu'a livré Lucas, puisque La Menace fantôme est l'épisode qui a le plus rapporté, sur les 6 premiers (plus d'un milliard de dollars). 

En effet, plus c'est gros, plus ça passe. Et si ça peut alimenter la polémique, tant mieux. 

Les créateurs et producteurs de Star Wars 8 s'en sont souvenus. 

Mais Star Wars 8 ne reprend-il que l'aspect le plus outrancier des scènes d'action? Sans doute que non. Le scénario est habile, suffisamment intelligent pour provoquer une montée en tension jusqu'à la fin, et des retournements, des contre-pieds spectaculaires.

Le film a donc des qualités, mais je dirais que sa principale qualité a été de transformer ses défauts les plus évidents, ceux qui rendent le film pénible à regarder pour les personnes privilégiant le raisonnement par rapport à l'émotion pure, en arguments marketing. 

Balzac savait déjà à son époque qu'il fallait créer la polémique pour vendre. On pourrait donc dire de Star Wars, depuis que la franchise a été reprise par une souris, qu'il Trump énormément...

lundi 1 janvier 2018

Promo: Le Vagabond et quatre autres thrillers

A tous, mes meilleurs vœux pour 2018! Bonne nouvelle, pour bien commencer l'année, mon recueil Le Vagabond et quatre autres thrillers est en promo à 0,99€ pour tout le mois de janvier! Précédant mon dernier roman, Passager clandestin, il s'agit du premier livre dans lequel apparaît Vick Lempereur. Il n'est pas indispensable d'avoir lu Le Vagabond pour lire Passager clandestin, mais je souhaitais ainsi permettre à toute personne intéressée de faire plus ample connaissance avec Vick! 




Ancien mercenaire parti faire le djihad en Afrique, Vick Lempereur est depuis peu devenu simple vagabond. Témoin d’un meurtre dans le train le plus long du monde en Mauritanie, il doit mener l’enquête sous peine de voir son passé le dévorer (Le Vagabond). Au fil de ses errances, il se lancera sur la piste d’une lionne au cours d’un safari en Tanzanie (Le Baiser de la lionne), ce qui le conduira par la suite à infiltrer l’un des plus grands laboratoires de France (Votre santé, c’est notre avenir). Il y découvrira un scandale de nature à reléguer l’affaire du Mediator au rang de simple fait divers... Deux autres nouvelles de type thriller, Shopping et Grand Pouvoir Séculaire (GPS), viennent compléter ce recueil punchy, rythmé et épicé. Un cocktail détonnant.

Versions ebook AMAZON  LA FNAC  KOBO  APPLE

Pour rappel, le 1er janvier 2018 est le dernier jour pour profiter de l'autre promo, qui concerne Passager clandestin.