samedi 19 mai 2018

Un nouveau concept

Oui, je sais, vous allez me dire que je suis peut-être le seul à trouver nouveau ce concept. Il n'empêche qu'au cours de ma carrière d'auteur autoédité, je ne l'ai jamais vu mis en pratique dans des romans de Fantasy. L'idée? Permettre à mes lecteurs de découvrir à la fois les versions française et anglaise de ma trilogie de Fantasy dans un même ebook. Un marché de niche, certes, mais qui me permet pour la première fois d'aborder une catégorie qui semblait jusqu'alors l'exclusivité de la non-fiction: l'apprentissage de la langue. 


L'idée m'est venue en voyant scintiller les yeux de certains de mes lecteurs quand je leur proposais, en dédicace, de leur envoyer gratuitement la version anglaise de l'ebook, pour compléter leur achat du livre papier. 

Je me suis dit: le fait de pouvoir lire à la fois en anglais et en français suscite donc de l'intérêt pour certains de mes lecteurs, que ce soient des mères de famille dont l'ado apprend l'anglais et apprécie la Fantasy, ou bien des lecteurs ayant un intérêt pour le bilinguisme, ou la traduction. 

Un intérêt suffisant pour mettre un peu plus d'argent dans un ebook à la fois en français et en anglais? Ça a été mon impression, mais je ne pourrais bien sûr répondre à cette question qu'empiriquement, au vu de mes courbes de ventes. 

De plus en plus de lecteurs achètent directement en VO les romans de Fantasy, il faut le savoir. Ils peuvent avoir envie de s'améliorer dans leur connaissance de la langue anglaise.

J'aime énormément l'impression d'être un pionnier dans le domaine de l'autoédition, et, même si cette expérience se traduit par des courbes aussi plates que la mer du Nord, je suis heureux d'expérimenter, parce que ça fait aussi partie du métier. Oui, c'est assez grisant, même si d'autres l'ont sans doute déjà fait avant moi, se sont plantés et ont eu tellement honte de leur échec qu'ils n'ont pas parlé de cette expérience (ce qui expliquerait que je pense, dans ma grande naïveté, avoir innové). 

Je trouve le format ebook propice à la navigation entre chapitres, et passer d'un chapitre anglais à un chapitre en français offre un plus non négligeable par rapport au simple fait d'appuyer sur le mot anglais pour en avoir la définition. Le contexte, voilà ce qui est très appréciable. Le sens, la manière dont le traducteur (et j'ai traduit deux de mes trois romans de Fantasy, Eau Turquoise et Les Flammes de l'Immolé, moi-même) va surmonter des difficultés ou aborder des tournures de phrase. 



Bien sûr, même si Dawn Lewis, la correctrice professionnelle de langue anglaise qui m'a aidé à traduire, corriger et remettre dans le bon ordre la trilogie en anglais, est à mon avis très talentueuse et a fait un travail magnifique, je ne vais pas vous demander de me croire sur parole quant à la qualité de la traduction. 

Vous pouvez vous faire votre propre opinion, en téléchargeant gratuitement Une brève histoire d'Ardalia - Duo français anglais.  

Vous pouvez aussi lire les critiques anglo-saxonnes sur les sites de vente

En pratique, pour les romans dont la couverture est française, j'ai mis la version française en premier, et la version anglaise en deuxième. Pour les romans dont la couverture est anglo-saxonne, j'ai mis la version anglaise en premier, et la version française en deuxième.

Si l'idée vous séduit, n'hésitez pas à télécharger les romans, ou bien à les recommander aux personnes autour de vous susceptibles d'être intéressées. Y compris via les réseaux sociaux! 






Prix: 5,99 €



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Prix: 8,99 €

lundi 9 avril 2018

Similitudes entre romans

Je connais des auteurs qui ont pour principe de lire le moins possible dans leur genre littéraire d'écriture dès lors qu'ils sont en cours d'écriture d'un roman. Le risque d'être influencé, consciemment ou non, est en effet bien réel. Mais faut-il vraiment le redouter? Même pour des romans extrêmement populaires, les similitudes peuvent être frappantes. Attention, cet article contient des spoilers pour Le Seigneur des Anneaux, de J.R.R. Tolkien, et La Tour sombre, de Stephen King. 

Le romancier Stephen King qualifie sa série de romans La Tour sombre, de "Jupiter du système solaire de son imagination". Les romans se sont vendus à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde (sans doute davantage depuis 2010, date de cette estimation). 

On ne peut donc pas considérer La Tour sombre comme une fan-fiction. D'autant moins que le roman possède son univers propre, très spécifique et à nul autre pareil. 

Néanmoins, dans la préface du roman, Stephen King évoque deux œuvres qui l'ont inspiré: Le Seigneur des Anneaux, de John Ronald Reuel Tolkien, et, au niveau du cinéma, la trilogie des dollars, les fameux westerns spaghetti de Sergio Leone (Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le Bon, la Brute et le Truand). 

Je n'ai pas terminé ma lecture de la Tour sombre. J'en suis au quatrième volume, Wizard and Glass (Magie et Cristal est le titre français). 

Il faut bien reconnaître que les similitudes avec une oeuvre aussi emblématique que celle de Tolkien sont réelles. Ainsi le protagoniste principal, Roland le pistoléro, est-il, à l'instar d'Aragorn, un Roi qui s'ignore. Il descend en effet d'une longue lignée qui remonte jusqu'à Arthur Eld. La référence au roi Arthur, des Chevaliers de la Table Ronde, est bien évidemment voulue. 

Vous allez me dire, à juste raison, que cette idée de roi déchu est une idée, un concept, et qu'on ne peut, fort heureusement d'ailleurs, mettre des copyrights sur les idées.

Mais cela peut aller assez loin dans le concept. Dans le Seigneur des Anneaux, il existe les Palantiri, des boules de cristal capables d'espionner à distance. Le Seigneur des Anneaux lui-même, Sauron, en possède une, et s'arrange pour influencer les pensées de quiconque se sert d'un autre Palantir, en ne lui montrant que des images susceptibles de conduire au désespoir, et en minant à distance sa volonté (entre parenthèses, quelle belle allégorie des médias!). 

Dans Magie et Cristal, de Stephen King, il y a une boule de cristal issue de l'arc-en-ciel (chaque boule représente une couleur de l'arc-en-ciel). Ironiquement, celle-ci est rose, mais ne permet pas de voir le monde en rose. Elle semble en effet habitée par un démon, et ne montre que les aspects négatifs des événements, et les défauts des gens. Tout en devenant très addictive (on ne peut très vite plus s'en passer), et en aspirant l'énergie vitale de son utilisateur. 

Nul besoin d'être voyant pour s'apercevoir que ce sont des concepts extrêmement proches, et pourtant, Stephen King ne s'est pas interdit de les utiliser. Et sa série de romans a connu le succès.

Au passage, on remarquera que ce sont des concepts forts que Stephen King a chopé. Le roi déchu, ces boules de cristal perverses, cela résonne en nous. 

J'ai beau reconnaître ces similitudes, cela n'entache en rien mon plaisir de lire La Tour sombre, parce que l'auteur ne se contente pas de faire de la redite. Ces éléments communs sont parfaitement intégrés à son univers, et cela fait sens.

Est-ce que j'aurais osé utiliser un concept aussi proche, dans mon univers? Alors qu'au contraire, je me suis efforcé de rechercher l'originalité, au point de refuser l'usage de la thématique du héros prophétique, un grand classique des romans de Fantasy ? Eh oui, moi aussi je suis un auteur complexé, qui cherche à innover. 

Le concept de boule de cristal n'est pas tout à fait absent de ma trilogie Ardalia, notez-le. Les êtres affiliés à l'eau, les Malians, sont capables d'utiliser des Bulles de Vision, dont la portée est tout de même limitée, mais qui, invisibles, leur permettent d'observer sans être vus. C'est une faculté qui est totalement intégrée à mon univers, et qui coule de source, pourrait-on dire, pour un peuple voué à l'eau. 

Tout cela pour dire que nous autres auteurs inconnus avons des complexes, ou des scrupules, dont ne font pas preuve des bestsellers. 

C'est une bonne chose à partir du moment où travailler sous la contrainte permet la naissance d'univers, et de scénars originaux. C'est une moins bonne chose quand cela doit limiter la créativité, ou carrément interdire aux auteurs la lecture d'autres romans de fiction. 

Mais bien sûr, à chacun ses méthodes, loin de moi l'idée de jeter la pierre (fût-ce une boule de cristal) à quiconque!

samedi 24 mars 2018

Expressediteur.com: un bon plan

Expressediteur, géré par le libraire La Générale du livre, est un service de livraison de livres en 48h00 s'adressant à la fois aux libraires, aux auteurs autoédités référencés Dilicom et Electre et aux éditeurs. Quel bilan depuis que j'ai commencé à utiliser ce service, en 2016? 

Si vous avez raté l'épisode précédent concernant Expressediteur, je vous renvoie à mon article de 2016, que je vous conseille vivement de lire pour savoir de quoi il retourne exactement.

J'y explique notamment pourquoi j'ai consenti à laisser 45% de marge sur le prix de mes livres pour bénéficier de ce service. 

Bien que je n'ai pas eu beaucoup de commandes par ce biais, quelques-unes sont arrivées, et l'expérience est très positive, selon moi. 

Je vais prendre un exemple: en février dernier, j'ai reçu une commande de trois livres, deux Passager clandestin et un Eau Turquoise (j'avais aussi reçu une commande en janvier). 

Le site est très pratique. L'impression de l'étiquette à coller sur le colis se fait très vite. Au bureau de Poste, il faut faire la queue pour faire tamponner son colis. Mais comme c'est un service rapide et que mon bureau est bien organisé, ils ont un employé qui remonte la file d'attente et gère ce genre de cas rapide. Bref, je n'attends pas trop pour que le colis soit pris en charge et pour bénéficier du coup de tampon sur le récépissé. 

Le paiement est également très rapide et fiable: en l'occurrence, le virement de 30 € pour ces trois livres s'est fait dans la semaine. 

Je n'ai pas à établir de facture pour ces cas précis, parce que le site Expressediteur fait des factures proforma.

Je peux vous dire, moi qui ait déjà envoyé des livres à une librairie sans jamais être payé, que c'est très très appréciable, cette fiabilité et cette rapidité de paiement. No stress.

Comme je reçois un peu plus de commande expressediteur cette année, du coup, j'ai commandé des cartons au format exact de mes livres, pour éviter les problèmes de livres abimés à l'arrivée. J'ai fait le test, et cela rentre parfaitement, les livres ne bougent pas dans le colis. 

Le seul vrai souci que me pose Expressediteur vient de leurs emails: ils sont classés systématiquement en spam par mon logiciel de messagerie, Thunderbird. J'ai eu beau les déclarer acceptables, ajouter l'adresse d'Expressediteur dans mon carnet d'adresses, et même créer des filtres pour que les emails arrivent bien dans la boîte de réception, ils sont toujours renvoyés dans les indésirables. 

Donc, si vous êtes auteur autoédité ou éditeur et que vous ayez recours à ce service, vérifiez votre courrier indésirable régulièrement. 

Autre possibilité encore plus sûre: se connecter sur le site expressediteur de temps en temps pour vérifier ses commandes.  

Je pense être quelqu'un de suffisamment réaliste pour ne pas faire d'angélisme au sujet de ce service. Je sais qu'il y a d'autres solutions: par exemple, l'imprimeur ICM vous propose de stocker vos livres et d'en gérer l'expédition. Cet imprimeur français fait par ailleurs de très bon prix sur les livres. 

Cela pourrait sembler une solution idéale pour rentabiliser au maximum l'envoi de livres. Malheureusement, le problème ne se pose pas pour moi en termes de stockage et d'expédition.

Le vrai problème, pour de petites commandes ponctuelles, selon moi, c'est le problème de la rapidité de l'envoi, d'une part, et de la fiabilité et rapidité de paiement de la facture de la part du libraire d'autre part. 

Pour ne prendre aucun risque avec les libraires, je demande toujours à être payé avant d'envoyer les livres. Cela génère évidemment des délais d'envoi plus importants. 

Expressediteur résout tout cela: les livres arrivent beaucoup plus vite chez le libraire, et l'auteur ou l'éditeur est payé plus rapidement. 

C'est un service, selon moi, qui vaut tout à fait les 10% supplémentaires par rapport à la remise libraire habituelle de 35%. Mais vous avez le droit de ne pas être d'accord, et de me donner vos arguments en commentaire...

PS: si vous n'êtes référencé que Dilicom et pas Electre, à mon avis, il y a moyen de négocier avec Expressediteur pour qu'ils vous acceptent malgré tout. Dans ce cas, ils référenceront eux-mêmes vos livres.

mardi 20 mars 2018

L'énigme d'Ardalia

Un jour, le jeune ami de Pelmen, Teleg, lui soumit une énigme. "Qu'est-ce qui court sous Astar, mais ne projette pas d'ombre?" lui demanda-t-il. D'après vous, quelle fut la réponse de Pelmen?

Vous pouvez répondre en commentaire. 


lundi 26 février 2018

Réaliser soi-même son audiobook

Le nouvel ebook serait le livre audio. Je veux dire par là que la révolution sous-jacente de l'ebook, en constante augmentation en France et qui a explosé aux Etats-Unis, est désormais suivie d'une nouvelle révolution, qui est celle du livre audio. Sa popularité explose aux Etats-Unis, et les livres audio marchent très bien en France. Oui, mais voilà, pour un auteur autoédité, est-il possible de revenir sur son investissement? C'est sans doute davantage possible si on réalise soi-même son audiobook avant de le diffuser. Voici, pour les anglophones, un guide pas à pas. 

Vous trouverez en anglais et gratuitement, un guide très complet sur le site ebookit! 

Il faut tout de même compter une cinquantaine d'heures de travail pour un livre de 70 000 mots, c'est un investissement temps non négligeable, qui s'étalera sur plusieurs semaines afin de laisser reposer sa voix.

Pour ceux qui souhaiteraient faire appel à des professionnels, on peut passer par la distribution non exclusive Draft2Digital, et le site Findaway voices pour la production, ou bien ACX, la société d'Amazon pour la production et la distribution.

Enfin, cet article de Written World récapitule les offres des différents services audio de production/distribution s'adressant aux auteurs. 

mardi 20 février 2018

Mon ebook sur Kindle Unlimited sans exclu !

Après avoir intitulé cet article "Discriminé par Amazon", j'ai décidé de le modifier à la suite de l'inclusion de l'ebook dont il était question, la Trilogie Ardalia, au sein du service Kindle Unlimited. Cette intégration a finalement pu être possible grâce à Librinova et Amazon France, mais ne concerne, pour tous les auteurs qui y ont recours, que Kindle Unlimited France et Royaume Uni.

Le service Kindle Unlimited, qui permet au lecteur de télécharger, pour 9,99€ par mois, dix ebooks que l'on peut renouveler autant qu'on le souhaite, est pour moi ce qui se rapproche le plus, dans le privé, d'une bibliothèque d'ebooks. 

Cela permet de toucher des lecteurs voraces et qui ne veulent pas se ruiner, qu'on ne toucherait pas autrement. 

Ayant fait, sur l'un de mes ebooks anglais, l'expérience de la rémunération Kindle Unlimited, je peux attester que celle-ci reste intéressante. Infiniment plus, par exemple que ce que fait Deezer au niveau musical, pour ne pas même parler de Youtube (qui devrait être renommé Radin.com). 

La condition d'exclusivité restait quelque chose qui m'empêchait d'opter pour KDP Select. Jusqu'au jour où j'ai appris que Librinova préparait, avec 50 auteurs tests, une formule permettant de bénéficier d'une version de Kindle Unlimited quelque peu différente de celle que connaissent les auteurs autoédités. 

Une version, en gros, destinée aux éditeurs et à des prestataires comme Librinova. 

Librinova n'est pas un éditeur. Librinova est une entreprise d'aide à l'autoédition, qui peut se transformer en agent si vous vendez plus de 1000 livres. L'auteur qui y a recours garde tous ses droits. En dessous de 1000 livres, il faut s'acquitter du prix initial du pack, 75€ par an si votre ebook fait plus de 45 000 mots, 50€ s'il fait moins de 45 000 mots. On touche alors 100% du prix de vente des revendeurs en ligne, après déduction de leur marge, c'est à dire autant qu'un auteur autoédité. 

Si on vend plus de 1000 livres (emprunts KU non compris), Librinova se transforme en agent, et nous prend 15% sur les ventes. Il n'y a alors plus besoin de renouveler le paiement annuel des packs, et on peut publier avec Librinova de nouveaux romans sans "tarif d'entrée" autre que les 15%. 


Evidemment, ce prix d'entrée de 75 € par an au minimum était quelque peu rédhibitoire. Néanmoins, la perspective de contourner les conditions d'exclusivité d'Amazon, et ce en parfait accord avec la plate-forme, était pour moi assez séduisante. 

Je savais aussi que des auteurs passés par Librinova avaient pu bénéficier de la fameuse offre éclair d'Amazon, celle que la plate-forme réserve d'habitude aux utilisateurs de KDP Select et à des auteurs triés sur le volet.  

Bref, j'ai décidé d'utiliser ce service très tôt, en devenant le 51ème auteur test, en quelque sorte. 

Dès le 11 décembre 2017, Librinova a demandé l'intégration de l'ebook que j'avais choisi pour ce test, La Trilogie Ardalia, à Kindle Unlimited.

La formule de Librinova permet d'être distribué sur plus de 200 libraires en ligne, mais je savais que même des auteurs Librinova à succès, c'est à dire ayant vendu plus de 25000 ebooks, vendaient très peu en dehors des trois ou quatre plus grosses plates-formes, et je n'attendais vraiment pas grand-chose des autres librairies en ligne.

Je misais tout sur Kindle Unlimited, et d'autant plus que Librinova avait fait preuve de souplesse, en me permettant de continuer à distribuer moi-même sur Kobo, la Fnac, Apple et Google Play. 

Cette intégration a mis plus de trois mois à se faire, puisqu'elle a été effective le 26 février 2018 seulement. Cela a entraîné la parution initiale de cet article sous le titre "Discriminé par Amazon". En effet, j'avais lancé une campagne de promo en décembre, et l'absence sur la plate-forme d'emprunt m'a été préjudiciable, ainsi qu'au roman. 

Mes ventes, comme je l'avais prévu, se sont faites en très large majorité sur Amazon et non sur les 200 autres libraires en ligne (mais j'avais gardé la main sur la distribution Kobo/Fnac, Apple et Google Play). Elles n'ont jamais pu décoller, l'absence d'intégration à KU étant un handicap majeur pour ce qui concerne la plate-forme Amazon.

On va dire que le système était encore en rôdage. Si vous souhaitez souscrire à l'offre que Librinova a rendue officielle, et ouverte à tous, il y a peu, sachez que l'intégration se fait de manière manuelle chez Amazon. Il suffit d'en faire la demande par email à Librinova après avoir acquis l'un des packs.

Examinons maintenant les particularités, avantages et défauts du pack à 75€ de Librinova, avec intégration Kindle Unlimited.  

Tout d'abord, ce service n'est valable que pour les emprunts de votre ebook en France et au Royaume Uni. Le Kindle Unlimited US n'est pour l'instant pas proposé par Amazon à Librinova. Si vous êtes auteur anglo-saxon, ce service n'est donc vraisemblablement pas pour vous. 

Si vous êtes fan des relevés de vente quotidien, il vous faudra faire une croix dessus, sauf à opter pour le pack Liberté à 120€ par an, lequel ne vous donnera ces relevés de vente que pendant 6 mois. 

Concernant les fameuses "pages lues Kindle Unlimited", vous ne pourrez pas les repérer dans vos relevés de vente, parce que ça ne fonctionne pas ainsi. Votre ebook se retrouve bien sur KU, et vous bénéficiez du boost sur le classement à chaque fois qu'il est empruné, mais, comme le précise cet article de Librinova, "Un emprunt sur Kindle Unlimited est rémunéré 30% du PPHT dès que l’emprunteur a lu plus de 20% du livre." 

C'est à dire que c'est l'ancienne formule de Kindle Unlimited qui fonctionne: vous êtes rémunéré le même prix quel que soit le nombre de pages de votre ouvrage, ce qui favoriserait la publication de livres courts... si vous ne deviez payer un nouveau pack à Librinova pour chacun de vos ouvrages, chaque année. 

Si vous en vendez plus de 1000, en revanche, vous pourrez en publier autant que vous le souhaiterez sans ce coût d'entrée des packs, mais avec le prélèvement de 15% sur les ventes. 

Je pense que, si l'on ne tient pas compte du prix des packs, les gains KU pour l'auteur sont à peu près équivalents à ceux qu'un auteur autoédité KDP Select obtient, mais cela reste à confirmer. 

Une chose qui joue en faveur de Librinova est la souplesse et la réactivité de cet acteur, qui vous permet de garder la main sur les plates-formes de votre choix (il suffit de l'indiquer par email). 

Un autre avantage, pour les auteurs ne voulant pas s'embêter à publier sur de nombreuses plates-formes, est que tout est pris en charge et se fait rapidement: c'est comme si vous ne publiiez que sur une seule plate-forme. 

L'argument de la simplicité pour choisir KDP Select est en effet souvent utilisé. Avec Librinova, les choses sont tout aussi simples. 

Il y a aussi des défauts: avec le pack à 75€, vous n'avez droit qu'à un relevé de ventes tous les 6 mois, et vous n'êtes rémunéré que tous les 6 mois. Vous ne pouvez pas non plus, en principe, changer le prix de votre ebook en cours de route -- même si j'ai constaté une certaine souplesse de Librinova à ce sujet. 

L'une des contraintes que j'ai trouvé particulièrement ennuyeuses, c'est le nombre de caractères très limité pour la description Amazon. On ne peut pas jouer non plus sur l'interlignage et la présentation en gras, ni bénéficier de cette excellent outil en ligne pour la description de son livre.  

Bref, la description est extrêmement basique. Comparez l'ebook Le Souffle d'Aoles, que j'ai autoédité sur Amazon à celui de la Trilogie Ardalia édité par Librinova pour vous en convaincre. 

Par ailleurs, il me semble que l'on peut rentrer moins de mots-clés par rapport au roman qu'en publiant directement via KDP. 

Autre contrainte, vous devez envoyer votre manuscrit word ou open office, et c'est Librinova qui se charge de la transformation en ebook. Le travail est certes bien fait, mais ne vous permet pas de peaufiner l'ebook de manière professionnelle, comme le permet gratuitement le site Draft2Digital. 

Si vous vous demandez ce que je veux dire, n'hésitez pas à télécharger un extrait de mon dernier roman, Passager clandestin

Il faut donc abandonner énormément de contrôle. 

J'espère que mon article permettra à Librinova de remédier à ces défauts. Je pense en effet que leur formule, à condition d'être utilisée pour un ebook que l'on est sûr de pouvoir promouvoir, ne serait-ce qu'auprès d'une mailing list suffisamment importante, est rentabilisable. 

Cela comporte un risque, bien sûr. Mais en passant par Librinova, si vous avez une liste de lecteurs suffisamment nombreuse, des lecteurs lisant à la fois sur Kobo, Apple et Kindle, ou même ailleurs, vous êtes sûrs de pouvoir tous les contenter, tout en bénéficiant de l'aide non négligeable de Kindle Unlimited pour la montée en classement de l'ebook sur Amazon. C'est extrêmement appréciable et professionnel. 

Si vous avez une assise de lecteurs suffisante, cela vaut la peine d'essayer, avec par exemple juste un ebook pour commencer. 

Vous vous demandez peut-être pourquoi Amazon permet en toute légalité le contournement des règles d'exclusivité de KU. Je dirais que le fait qu'il faille payer un acteur privé pour bénéficier de ce contournement valorise d'autant leur service. 

Comme je le disais dans mes précédents articles, il faut néanmoins être prudent avec Kindle Unlimited, car le prix de l'emprunt (ou de la page lue, selon les cas) varie d'un mois sur l'autre puisqu'il dépend d'une sorte de pot commun qu'Amazon réactualise chaque mois. 

Même avec une super base de lecteurs pour vous aider à revenir sur le prix annuel du pack Librinova, il viendra peut-être un jour où cet article ne sera plus pertinent, c'est à dire que la rémunération KU sera trop faible pour vous permettre d'engranger des bénéfices intéressants sur une année. 

Pour l'instant, il y a moyen de limiter les risques pour un auteur expérimenté. 

[EDIT 06/03/2018] L'avis d'une romancière auto-publiée depuis plusieurs années avec l'aide de Librinova, sur le blog Vivre de ses Romans.

lundi 19 février 2018

Cultura : une nouvelle politique de dédicaces ?

Je viens d'apprendre que les magasins Cultura ne recevraient dorénavant que deux auteurs par mois. Soit 24 séances de dédicace au total par an, dans un magasin donné. Une politique nettement plus restrictive, qui, en tant qu'auteur indépendant, va bien sûr me compliquer la tâche. S'agit-il d'une nouvelle politique nationale de l'enseigne, s'imposant à tous les magasins, ou bien ces derniers gardent-ils une marge de manoeuvre? Cette politique s'applique-t-elle à la fois aux éditeurs et aux auteurs indépendants? Ces points restent encore flous ou à confirmer. 

"On croule sous les sollicitations, et les séances de dédicace sont à chaque fois complexes à organiser. Cela nous prend trop de temps." Les magasins Cultura, à l'instar des Fnac, vendent des produits culturels de manière large: livres, liseuses électroniques, DVD, musique, jeux vidéo. Une enseigne qui semble avoir le vent en poupe, puisque de nouveaux magasins ont ouvert ces dernières années, et notamment dans la région parisienne. 

Le personnel de la librairie ne chôme pas, à tel point qu'en discutant de l'enseigne avec d'autres auteurs, le terme "sous-effectif" a tendance à revenir souvent. 

Un point symptomatique est le fait que les libraires demandent de plus en plus à être sollicité(e)s uniquement par email pour des séances de dédicace, mais que ces emails sont de moins en moins répondus.

C'est aussi un point qui fait penser que les demandes de dédicaces d'auteurs et éditeurs, avec notamment l'essor de l'autoédition, sont en nette augmentation. Voire ont tendance à exploser.

D'où la réponse, très nette et sans détour, que j'ai obtenue après mon appel au Cultura Franconville, en ce mois de février 2018 (voir les premières lignes de l'article). 

La discussion est restée courtoise, bien sûr. La libraire de Franconville (95) m'a expliqué que la nouvelle politique de l'enseigne était d'organiser deux séances de dédicace par mois. Elle a ajouté qu'il n'y avait plus de place cette année, et qu'il faudrait faire le point d'ici la fin de l'année. 

Quand je lui ai demandé s'il était possible de réserver une séance de dédicace plusieurs années à l'avance, elle m'a répondu que c'était impossible, que cela se faisait sur une année seulement. 

Je me suis mis à sa place. Je me suis vu recevoir 800 emails à la fin de l'année 2018 pour les 24 séances de dédicace en 2019. 

Comment le choix va-t-il être fait? Sans doute par genre littéraire, et peut-être par date de venue précédente dans la librairie. Mais si l'enseigne opère de manière classique dans le cadre professionnel, ce sont d'abord ce qu'on appelle les "comptes en or" qui vont être privilégiés: pas forcément les auteurs qui vendent le mieux, mais ceux qui dépendent des éditeurs ayant le plus d'influence auprès du magasin. 

Bref, j'ai compris que les critères de "nouveau livre paru, que je n'ai jamais dédicacé chez vous", ou même de nombre de lecteurs qui attendraient la suite d'un de mes livres, ces critères-là ne pèseraient pas lourd. 

Pour les auteurs indépendants, il est important de savoir faire preuve de souplesse et d'adaptabilité. Est-ce que cela vaut encore la peine de faire une demande de dédicace auprès d'une enseigne Cultura, ou bien est-ce une perte de temps et d'énergie? 

Est-ce que cette politique s'impose vraiment au niveau national à tous les magasins? Si c'est vraiment le cas, je conseillerais à mes confrères auteurs de pratiquer la stratégie du footballeur. 

Prenons un footballeur qui mouille le maillot et donne entière satisfaction. Un nouveau coach débarque, et voilà notre footballeur relégué sur le banc de touche. Si ce footballeur souhaite retrouver du temps de jeu, il n'aura qu'une seule option: demander son transfert, et signer avec une autre équipe. 

Je n'ai aucune raison de mettre en doute la parole de la libraire que j'ai eue au téléphone. 

Une autre expérience me conforte dans l'idée qu'il s'agit d'une consigne nationale (reste à savoir si c'est une consigne obligatoire ou non). 

Le premier signal d'alarme en 2018 s'est mis à résonner dans ma tête quand j'ai reçu un email du Cultura Carré Sénart me demandant de venir récupérer des livres restés en dépôt chez eux. 

En général, je fais deux ou trois séances de dédicace par an dans ce magasin situé en Seine et Marne. Je récupère les livres restés en dépôt (invendus redéposés en rayon) à cette occasion. 

J'avais donc renvoyé un email sollicitant de nouvelles séances de dédicace pour 2018, en disant que je récupérerai les livres à cette occasion. Email non répondu. Trois semaines plus tard, au retour de vacances de la personne s'occupant des dédicaces, j'apprends qu'une nouvelle politique est mise en place. Voici un large extrait de l'email que j'ai reçu: 

Tout d'abord, nous souhaitons organiser nos dédicaces en fonction des opérations qui ont lieu en magasin (Par exemple, programmer des auteurs de littérature jeunesse en dédicace, lors du mois de la jeunesse, des auteurs de polars lors du mois du polars etc ...)

Par ailleurs, notre agenda de dédicaces est toujours complet presque 6 mois à l'avance avec des auteurs que nous recevons fréquemment, pour ne pas dire régulièrement. 
Nous souhaitons aujourd'hui diversifier nos dédicaces et permettre notamment à de nouveaux auteurs de pouvoir faire une dédicace dans notre magasin.
Chose qu'ils ne peuvent faire, et que nous ne pouvons pas organiser, puisque les places disponibles sont généralement prises par les auteurs "habituels" si je puis dire. 

Je ne remets pas en cause les ventes d'ouvrages effectivement, mais comprenez que nous ne sommes pas obligés de programmer des dédicaces selon le bon vouloir des auteurs, et qu'il s'agit d'un service rendu et d'un choix de notre part.

Nouvelle politique, donc, mais apparemment différente de celle du Cultura Franconville, puisqu'il est question d'opérations comme le mois de la jeunesse ou le mois du polar. 

En fait, l'enseigne Cultura a mis en place des opérations similaires, et notamment Livres en live, au cours des années précédentes, donc pour moi, il ne s'agissait pas réellement d'un changement. 

Le vrai changement, c'était d'apprendre que je ne pourrai pas revenir dédicacer dans ce magasin sur toute l'année 2018 si je n'y étais pas invité. Et ce, malgré la sortie de Passager clandestin, mon dernier thriller, début janvier 2018. 

Et ce, malgré plus de 550 livres vendus depuis 2010 dans ce Cultura en 22 séances d'une journée chacune. 

Malgré les 31 livres vendus lors de la dernière séance au Cultura Carré Sénart en décembre 2017.

Ouch.

A la lumière des révélations qui m'ont été faites à Franconville, je suis en droit de penser qu'en réalité, le magasin de Carré Sénart se met à appliquer la politique de deux séances de dédicace par mois. Tout en cherchant en effet à faire venir de nouveaux auteurs, mais sur un nombre de dates très réduit dans l'année.

Donc, on ne m'a pas menti: on ne m'a simplement pas dit toute la vérité. 

L'enjeu financier est évidemment important pour moi: je vis des ventes de mes livres en séance de dédicace. J'ai aussi appris à ne pas dépendre d'un seul acteur, ce dont je me félicite aujourd'hui. 

Il faut aussi savoir que lorsqu'une enseigne reçoit un auteur, ce n'est pas juste une faveur que cette enseigne fait à l'auteur: cela fait de l'animation pour le magasin, et l'enseigne perçoit, dans le cas d'un Cultura, 30% de marge par livre vendu. Dans le cas de centres commerciaux de type Auchan ou Cora, c'est plutôt 20%.

Enjeu ou non, je ne harcèle jamais les libraires, même s'il m'arrive d'appeler si un email renvoyé plusieurs fois n'est pas répondu. Le harcèlement est très logiquement puni par la loi, je déconseille fortement cette voie à tous les auteurs.

Si je dois me résoudre à dédicacer mes livres dans le coffre de ma voiture, je le ferai, bien sûr. Cela peut sembler contre-intuitif étant donné le nombre d'enseignes commerciales présentes sur l'Ile de France, mais il faut savoir s'adapter. S'il est vraiment trop difficile pour un libraire de recevoir un auteur, nous aurons toujours moyen de nous débrouiller par nous-mêmes.

Pour l'instant, mes dates sont heureusement presque bouclées pour l'année 2018. Si vous êtes lecteur et que vous vous demandez où vous pouvez me retrouver en dédicace, toutes mes dates figurent sur la colonne de droite de ce blog. 

[EDIT 21/02/2018]: je viens d'avoir la réponse à la question que je me posais, de la part d'une libraire d'un autre Cultura que ceux précédemment cités, qui me disait que pour sa part, elle organisait quatre séances de dédicace par mois. Il n'y a donc pas de nombre de dédicaces imposées au niveau national par magasin, j'en ai eu la confirmation formelle.