samedi 4 avril 2020

Don Quichotte lu par Alan Spade

Quand je suis en séance de dédicace, je dois pouvoir parler plusieurs minutes de suite. Avec le confinement, j'ai pris conscience que cette "fonction de conteur" me manquait. Alors, quand Les éditions du Roi Barbu m'ont proposé, avec d'autres auteurs, de lire bénévolement des chapitres de Don Quichotte à voix haute, j'ai sauté sur l'occasion. Je pense avoir au moins deux choses en commun avec Don Quichotte: l'imagination et l'idéalisme. Je vous lis donc ici le 46ème chapitre du livre 1 en avant première. A ma surprise, à peine ma vidéo Youtube postée que j'ai déjà reçu un commentaire en anglais d'un internaute!  



Le projet des Editions du Roi Barbu sera en ligne, à 10h00 et 18h00 (deux épisodes par jour), tous les jours sur sa page Facebook à partir du mercredi 8 avril

Je reste bien sûr un auteur (farouchement) indépendant. Je n'ai accepté de travailler bénévolement avec cette maison que parce que je considère sa créatrice davantage comme une intermittente du spectacle qu'une éditrice.

J'ai déjà enregistré deux chapitres, mais le plus savoureux à mon goût des deux (celui où transparaît le plus l'idéalisme et l'imagination de Don Quichotte) me semble être le 46ème. Il s'agit d'une vidéo brute de décoffrage, sans aucun montage.  La voici.



En espérant tout de même un retour prochain en dédicace!

jeudi 26 mars 2020

Votre santé...

Notre système de santé est malade, comme vient le confirmer cette pandémie du Covid-19. La maladie dont il souffre à un stade encore plus avancé que les autres secteurs de la société s'appelle le vampirisme. Et ce vampire a un nom, Big Pharma.

 

 

A son époque, Molière dénonçait déjà le système de santé, et notamment les saignées pratiquées par les médecins. Mais aussi le fait, pour certains médecins, de profiter du caractère hypocondriaque de certains malades imaginaires pour se faire du blé. Les choses ont-elles vraiment changé aujourd'hui?

Je dirais qu'elles ont empiré, avec le franchissement de certaines lignes rouges. Le Covid-19 représente d'énormes enjeux financiers pour les labos qui développent des molécules. Comment, dès lors, s'étonner qu'un traitement aussi peu onéreux que la Chloroquine ne trouve pas grâce à leurs yeux? 


C'est pourquoi je vous invite à signer la pétition pour le dépistage massif, ainsi que l'utilisation de la chloroquine pour traiter la maladie

Ma novella Votre Santé c'est notre avenir, disponible sur Kobo/La Fnac, Amazon, et Apple reprend à son modeste niveau ce flambeau illustre légué par Molière.  Elle peut se lire comme un thriller, mais vous fera sans doute plus réfléchir qu'un médicament, tout en coûtant moins cher. 


Hanté par les spectres de son passé, Vick Lempereur revient en France dans l’espoir de trouver une solution à son don de double vue. Son cousin Henri, qu’il n’avait pas revu depuis des années, travaille justement dans l’un des plus gros laboratoires du pays. Le remède qu’entend lui administrer ce dernier n’est malheureusement pas à son goût, et bientôt, Vick se retrouve en train d’enquêter sur les dessous peu reluisants de l’industrie pharmaceutique.

Cette novella fait partie du recueil Le Vagabond et quatre autres thrillers, d’Alan Spade.

https://www.kobo.com/fr/fr/ebook/votre-sante-c-est-notre-avenir


Et si vous préférez le livre papier, vous pouvez aussi vous procurer mon recueil Le Vagabond et quatre autres thrillers, qui vous apprendra comment Vick Lempereur va être amené à infiltrer un labo pharmaceutique en France.


https://www.amazon.fr/Vagabond-quatre-autres-thrillers/dp/1500338737/




Note: les commandes Fnac des livres papier sont gelées pour défaut de paiement de la part de la Fnac, qui ne m'a pas réglé l'une de ses factures. Mieux vaut pour l'instant passer par Amazon. 

Autres articles à lire sur le même sujet:

Covid-19 : The game is over?!


Covid et mensonge d'Etat en France

mardi 17 mars 2020

Dédicaces suspendues jusqu'à nouvel ordre

Mauvaise nouvelle: après avoir appris que les magasins Cultura fermaient jusqu'à nouvel ordre, on m'informe aujourd'hui que les magasins Auchan ne reçoivent plus d'auteurs en dédicace.

Si je pouvais vivre de l'amour de mes lecteurs, je vivrais sans doute éternellement, mais je ne peux pas vivre seulement de cet amour, donc j'espère que la situation ne va pas s'éterniser.

J'ai conscience que cela dépend aussi de chacun de nous, et de nos efforts pour ne pas répandre le virus. En attendant une éclaircie, je suis de tout cœur avec les personnels médicaux, pour lesquels sécurité de l'emploi ne rime pas avec sécurité tout court... ce que notre gouvernement, comme les gouvernements précédents, a trop souvent tendance à oublier. 
Je suis contre la surmédiatisation du coronavirus, car il induit un effet de panique fortement préjudiciable à nos personnels médicaux, et à pas mal de gens.

Néanmoins, les professionnels vont être de plus en plus nombreux à guetter le moment où les choses vont revenir à la normale.

Pour ce faire, il existe un site qui fait le bilan du virus en temps réel. Sans avoir besoin de se faire intoxiquer à tout bout de champ par les médias. Car, comme l'indique le site aujourd'hui mardi 17 mars 2020, il y a certes eu plus de 185 000 cas confirmés et 7330 morts dans le monde, mais il y a aussi eu 80 236 personnes guéries. Tout n'est pas noir.

mercredi 4 mars 2020

Le journaliste autoédité, c'est vous !

La compagnie qui repose intégralement sur du contenu autoédité n'est pas, contrairement à ce qu'on pourrait le croire, Amazon, mais bien Facebook. Seule nuance, sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, il faut parler de journalistes autoédités plutôt que d'auteurs autoédités comme sur Amazon. Journaliste au sens littéral, "qui créé un journal". C'est vous, c'est moi, c'est quasiment tout le monde.


Vous savez comment les grands pontes de Facebook et autres Twitters voient les utilisateurs actifs de leur réseau social (ceux qui postent des statuts ou y répondent, en gros)? Comme des journaux vivants interactifs bénévoles. Chaque statut posté est un article de journal venant alimenter le "newsfeed". Chaque journaliste peut réagir de manière interactive au contenu d'autres infos ou aux siennes. 
   
Et vous êtes non seulement journaliste rédacteur, mais aussi journaliste maquettiste: par le choix de vos amis sur les réseaux sociaux, vous déterminez quel sera le contenu de votre "newsfeed", journal en direct live. Vous voulez des photos de gâteaux? Ayez des amis pâtissiers...

L'utilisateur apporte sa part de contenu bénévolement, mais aussi ses informations personnelles, susceptibles d'être revendues à part. Le tout permet de revendre de la pub à des annonceurs, annonceurs qui peuvent très bien être des utilisateurs Facebook ou Twitter, qui collaborent donc ainsi à plusieurs niveaux à l'enrichissement de quelques-uns.

Les petits ruisseaux faisant de grandes rivières, ce sont des milliards d'euros qui sont ainsi amassés par les plus grands réseaux sociaux, et en particulier Facebook.

Je vois déjà les puristes monter sur leurs ergots, me parler de "vérification de l'information", de "professionalisme", de "démarche radicalement différente", etc. Quand je dis journaliste autoédité, il faut prendre le mot "journaliste" au sens littéral : celui ou celle qui écrit un journal.

Cela peut être un journal écrit, ou bien un journal vidéo, ou photo. Un journal intime, ou à large portée. Peu importe la qualité du contenu, la masse produite en temps réel suffit à concurrencer de multiples journaux "classiques". Jusqu'aux télés et radios. Le nouveau Paris-Match? Instagram!

Sur le plan qualitatif, on pourrait rétorquer que Facebook est le premier moteur de désinformation au monde.

En témoignent les milliards de fake news qui y circulent.

En témoigne le simple label "Sponsorisé" pour différencier le contenu publicitaire des posts "authentiques".


En témoignent aussi ces annonceurs à la solde d'hommes politiques richissimes, capables de mettre des centaines de millions de dollars (voire un milliard, pour la prochaine campagne de Trump) sur des pubs Facebook dans le but de faire basculer le sort des prochaines élections de manière anti-démocratique.

Une telle pratique, payer pour faire de la pub politique, est maintenant interdite sur Twitter, mais Mark Zuckerberg est l'un des grands potes de Trump...

Il n'empêche que sur le plan économique, le poids d'un Facebook n'est plus à démontrer. Sur le plan de l'influence, les médias traditionnels sont battus. A tel point même que les médias se servent des posts ou tweets les plus populaires pour prendre le pouls de la population, et pour, eux-même, faire couler de l'encre en reprenant ces infos populaires.

Si bien qu'on ne sait plus vraiment qui est la chambre d'écho de qui.

Si vous êtes l'un des sept mercenaires, je veux parler des sept abonnés à ce blog, vous avez peut-être lu mon article sur "la liste des blogs et sites qui ne vous chroniqueront pas".

J'y dénonçais les blogs et sites qui ne chroniqueront pas les auteurs autoédités sous prétexte qu'ils sont "illégitimes", que leur travail n'a pas été "adoubé" par un éditeur.

J'avais écrit l'article en janvier 2016. Quatre ans plus tard, j'ai gagné en sagesse et en maturité. Avec le recul, je peux vous dire que les personnes qui ont cette attitude sont des crétins puants l'hypocrisie à plein nez.

Car ces blogs et sites, par leur travail, participent eux-même de cette vaste entreprise d'autoédition journalistique.

"Mais j'écris mon blog par passion, juste pour quelques personnes et moi. Pas pour le monétiser comme un journaliste professionnel. Il n'y a pas de pub sur mon blog. Et je ne poste aucun article sur les réseaux sociaux."

Je veux bien l'entendre. Sauf que n'importe qui est susceptible de poster le lien vers votre article sur Facebook. Et dès lors, que vous le vouliez ou non, votre article sera monétisé. Il n'y aura même pas besoin de cliquer sur le lien vers votre blog. Il suffit que la news la plus proche de votre lien dans le fil de news soit une pub, et que l'on clique dessus pour que ça rapporte de l'argent à Facebook.

Donc oui, votre attitude est stupide.   
 
Vous trouvez que je vous manque de respect? Vous voulez gagner mon respect? Allez au bout de votre démarche anti-autoédité, et supprimez votre blog et l'intégralité de son contenu.


Ou alors... Ou alors, on arrête les conneries au sujet de l'autoédition, et on se met autour d'une table pour que chacun puisse profiter d'une part du gâteau. Les réseaux sociaux comme Facebook doivent être taxés. Le produit de ces taxes, associé au produit des taxes sur les opérations financières et des taxes sur les robots, doit permettre de verser un revenu universel inconditionnel à chaque citoyen, actif ou inactif, à compter de 18 ans.

Si cela arrive un jour, plus personne ne se moquera de l'autoédition.

dimanche 1 mars 2020

Chronique Les Nouveaux Gardiens

La toute première chronique des Nouveaux Gardiens, quatre mois après sa parution, est celle des Chroniques de l'Imaginaire. J'espère que ce ne sera pas la dernière, mais j'avoue que je n'ai plus la motivation suffisante pour courir après des chroniques de blog. Si des chroniqueurs de Thrillers, Science-Fiction ou Fantasy souhaitent me contacter (à condition de tenir au minimum un blog, bien sûr), je réponds aux messages (alan1spade at yahoo.fr). J'ai cependant fait le choix de ne plus être proactif pour les chroniques ou les articles de blog de mes livres. Je me contente de déposer mes services presse sur le site Simplement Pro. Je tiens néanmoins à rendre hommage au site Les Chroniques de l'Imaginaire, avec lequel j'ai une collaboration depuis mes débuts. Je remercie toute l'équipe pour cela, et pour ce travail sur mon dernier roman Les Nouveaux Gardiens. Afin de témoigner ma gratitude, je publie ci-dessous l'intégralité de la chronique de la rédactrice, Soleil.

Ayant moi-même été journaliste, j'ai longtemps tenu à avoir une revue de presse suffisamment étoffée de mes livres, comme en témoigne mon site d'auteur.

J'ai cru à un certain moment que les blogs qui soutiennent les auteurs indépendants (largement plus de 200) seraient suffisants pour me permettre d'obtenir des chroniques, en déposant tout simplement mes services de presse sur le site spécialisé Simplement Pro.

Comment en effet s'assurer de la motivation de blogueurs (souvent des blogueuses) et éviter toute forme de harcèlement, si ce n'est en faisant en sorte que ce soient eux qui vous contactent, en passant par un intermédiaire? Pour moi, c'était la solution idéale.

En toute sincérité, depuis 2017, je n'ai bénéficié que de deux chroniques de livres grâce à Simplement Pro. Deux. Chroniques. J'ai refusé la dernière demande en date, puisque la personne ne tenait pas de blog littéraire, et ne parlait pas de livres sur sa chaîne You Tube. 
 
La loose, quoi. 
 
Ce n'est pas que les blogueurs soient méchants ou indifférents, c'est juste qu'ils sont débordés. Pour moi, le calcul entre les efforts à produire pour obtenir une chronique de la part de blogueurs et le gain en termes de notoriété ou de ventes n'est absolument pas rentable.

Même s'il m'arrive de m'appuyer sur des chroniques pour vendre en dédicace, je n'ai pas besoin des blogs pour vendre, c'est un fait. J'ai dernièrement dépassé le cap des 10 000 livres papier vendus depuis 2010. Et si mes romans ne méritent pas d'être chroniqués, tant pis pour eux.

Je reste sur Simplement Pro, parce que c'est une solution qui ne demande que très peu d'efforts de ma part. Mais je n'irai pas au-delà. Ne vous étonnez donc pas si à l'avenir, les articles sur mes romans sont très, très, très rares.  
 


Le boulot de détective privé en freelance connait des hauts et des bas, Vick Lempereur le sait bien. C'est pourquoi il n'hésite guère quand, après une mission réussie à San Francisco, il est contacté par une organisation à la recherche de recrues aux profils spéciaux. Les Nouveaux Gardiens annoncent agir pour le bien public, en rétablissant l'équilibre mis à mal par des entreprises trop ambitieuses. Outre les buts nobles et la paye avantageuse, le petit commando des Nouveaux Gardiens intervient de manière discrète et musclée (et bien souvent illégale) : ce parfum d'aventure et de danger achève de convaincre Vick, qui accepte immédiatement de rejoindre l'organisation.
Les missions de Vick s'enchaînent, sans temps mort. Les amateurs d'espionnage et de thrillers devraient y trouver leur compte, car on y trouve tout ce qui fait le succès du genre : les missions soigneusement préparées, les gadgets ultra-sophistiqués, le frisson d'adrénaline au moment clé, les méchants très méchants aux tortures raffinées...

Bien qu'il semble que les différentes missions aient un caractère très différent, elles sont pourtant liées entre elles par un vrai fil conducteur. Le premier chapitre, dont on ne comprend pas de suite ce qu'il vient faire ici puisqu'il ne se rapporte pas au héros, se révèle finalement un élément qui s'inscrit dans l'intrigue globale. La fin est joliment amenée et bienvenue, même s'il est dommage que la présentation de l'ouvrage en dévoile une partie, alors même que cela ne couvre que les trois derniers chapitres (sur quarante-huit).

Le surnaturel, s'il n'est pas au centre des péripéties, reste un aspect important du récit. Vick possède un don particulier : il voit les esprits des défunts et peut se faire posséder par eux, ce qui n'est pas toujours à son goût, d'ailleurs ; son patron direct, lui-même doté d'une sensibilité au surnaturel et de capacités spéciales, a choisi les membres de l'équipe en fonction. Ce côté fantastique est sympathique et s'intègre bien dans l'intrigue.

L'écriture est plaisante, très fluide, et on ne s'ennuie pas. J'ai un peu regretté l'omniprésence des messages en filigrane (danger des multinationales, nécessité de prendre soin de la planète...), ainsi que la moralité douteuse des protagonistes (la fin justifie les moyens). Rien de nature à réellement gâcher la lecture, cependant. 

N'étant pas à la base amatrice de thrillers, je n'ai pas entièrement adhéré, mais je pense que ce roman pourrait plaire sans souci aux lecteurs qui apprécient le mélange de thriller et de fantastique.

Soleil, le 29/02/2020 22:24
Note de l'auteur/éditeur : la présentation des Nouveaux Gardiens a changé depuis sa parution. La nouvelle présentation est la suivante:  

Au cours du conseil d’administration de la prestigieuse société de smartphones Bluenak, un cadre supérieur, filmé par l’un de ses pairs, se précipite sur l’un de ses collègues et essaie de l’étrangler, comme possédé. Il faudra sept hommes pour le maîtriser avant qu’il ne décède d’une crise cardiaque.

En se rendant en Californie pour enquêter sur une compagnie de biotechnologie, Vick Lempereur ne se doute pas qu’il va devoir affronter le plus redoutable adversaire qui ait jamais croisé son chemin, ni que cette piste va finalement le mener à Bluenak. Pour survivre, une aide aussi bien physique que surnaturelle ne sera pas de trop. Celle des Nouveaux Gardiens, et de leurs compétences très spéciales.

https://www.amazon.fr/Nouveaux-Gardiens-Alan-Spade/dp/B07ZLJ9VYG/ref=pd_rhf_se_p_img_1?_encoding=UTF8&psc=1&refRID=1JW9EQD4S491DP0S7M9X

lundi 24 février 2020

Séparatisme

Le président Macron parlait récemment de "séparatisme" au sujet notamment des personnes ou mouvements ayant une conception intégriste de la religion. Sans doute, on ne peut entièrement lui donner tort, mais on peut surtout se demander si ce qu'il fait ne revient pas à agiter une nouvelle fois le chiffon rouge du fondamentalisme devant les Français. Si le réel séparatisme, celui qui nous empêche véritablement de "vivre ensemble", n'est pas celui de l'argent. Et si Macron, avec sa politique économique si favorable aux riches, n'est pas le principal exécutant et propagateur de ce séparatisme par l'argent. 

Dans mon roman vendu à présent à plus de 3900 exemplaires papier, Le Souffle d'Aoles, l'action se situe avant l'âge du fer, parmi le peuple des Hevelens vivant dans des canyons. Le héros fait partie de la caste des Déshérités, les plus pauvres et les plus misérables, ceux que l'on évite de croiser ou de toucher. Les autres castes sont les Sobres et les Opulents. Les Sobres, qui représentent la classe moyenne, ne sont d'ailleurs mentionnés à aucun moment dans le roman, qui évoque surtout l'immense différence entre les Déshérités et les Opulents, les plus riches.

https://livre.fnac.com/a2867685/Le-cycle-d-Ardalia-Tome-1-Le-souffle-d-Aoles-Alan-Spade?NUMERICAL=Y#FORMAT=ePub

L'idée d'écrire sur les milieux les plus défavorisés n'est pas nouvelle. Relisez Les Misérables de Victor Hugo.

Mais le fait de penser plus spécifiquement la société en termes de castes peut faire écho à la théorie de la lutte des classes de Marx. En plus barbare. L'idée fait aussi, bien sûr, référence à la caste des Intouchables en Inde. Mon roman n'a aucune prétention historique, il s'agit de Fantasy qui mélange plusieurs influences. 

Cette fantasy, et j'en avais conscience en l'écrivant, est bel et bien, par certains aspects, le reflet de notre réalité actuelle. De notre vie de tous les jours.

Car les castes, hélas, existent en France. De manière voilée, mais elles ont une influence énorme sur la vie de tous les jours. 

Alors quand j'entends notre président Macron parler de séparatisme au sujet du fondamentalisme religieux, je me dis que le vrai problème n'est pas là.

Le vrai séparatisme, ce sont ces exilés fiscaux (sujet d'ailleurs abordé sous la forme d'une scène d'action dans mon dernier Thriller, Les Nouveaux Gardiens) qui préfèrent se domicilier ailleurs pour échapper à l'impôt.

Le vrai séparatisme, ce sont ces ultra-riches dans leurs villas ou dans leurs yachts, séparés du commun des mortel.

Le vrai séparatisme, ce sont les sans domicile fixe qui dorment dans la rue.

Le vrai séparatisme, ce sont des fonds d'investissement comme Blackrock, qui possèdent plus d'un trillion de dollars, et sont plus riches que des nations développées.

Le vrai séparatisme, c'est d'inventer un revenu minimum d'activité, qui va catégoriser les plus pauvres, les identifier dans la caste des non possédants, ceux qu'il faut absolument rediriger vers les valeurs du travail pour les rendre productifs -- disons les mots, pour les rendre taillables et corvéables.

Le vrai séparatisme, ce sont ces gens qui détectent une anomalie dans leur corps, et auxquels il faudra un mois ou plus pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste. Un mois crucial, celui où le cancer dans leur corps aurait pu être stoppé pour de bon, pour l'empêcher de se développer. Là où les plus riches n'ont qu'à décrocher leur téléphone pour obtenir un rendez-vous immédiat dans une clinique privée. 

Le vrai séparatisme, c'est de vouloir renforcer les contrôles aux frontières (aux Etats-Unis, on va même jusqu'à construire un mur à la frontière du Mexique).

Le vrai séparatisme, ce sont les contrôles d'identité au faciès.

Le vrai séparatisme, c'est l'urbanisation en forme de ghettos pour les immigrés.
 
Le vrai séparatisme, c'est la taxe à valeur ajoutée pour les produits de base, qui représente infiniment plus pour les plus pauvres que pour les plus riches. 

Le vrai séparatisme, c'est de refuser l'instauration d'un revenu universel inconditionnel, le même pour tous, ce qui éviterait de catégoriser les plus pauvres avec un système bâtard tel que le RSA. Ou de faire dire aux plus riches que les socialistes sont très forts pour reverser l'argent qui ne leur appartient pas. Parce qu'à partir du moment où ce revenu est universel, à partir du moment où même ceux qui travaillent le touchent, ce genre d'arguments ne tient plus. A partir du moment où un revenu universel existe, les gens ne sont plus prêts à tuer père et mère, ou à dévaster l'environnement pour devenir plus riches.

Le vrai séparatisme, c'est aussi la chasse aux jeunes, le séparatisme inter-générationnel, le fait que les jeunes ne devraient pas être traités comme des moins que rien, des personnes incapables financièrement de se loger ou se nourrissant d'expédients. Là où ils devraient être accueillis dans la vie active avec un revenu universel inconditionnel. Parce qu'ils représentent l'avenir, et ne sont pas, ne devront jamais être une menace pour les plus âgés. Parce qu'ils ne doivent à aucun moment être acculés au suicide en raison de la conviction larvée de faire partie d'une caste inférieure. 

Macron veut prêcher le vivre ensemble? Il veut en finir avec les séparatismes de toutes sortes? Eh bien il sait ce qu'il a à faire, à présent.

Et il y a du boulot.

lundi 17 février 2020

Ubik, ou l'altération dystopique

Le roman Ubik, de Philip K. Dick, offre un merveilleux exemple d'idée(s) tordue(s). Ou distordues. Mises bout à bout, ces idées peuvent sous-tendre un univers dystopique. Spoilers inside!






Tout d'abord, pourquoi ce choix de lire ce roman en particulier, Ubik, de Philip K. Dick? Deux raisons: 

- j'avais lu Blade Runner il n'y a pas longtemps, et j'avais envie d'aller plus loin dans l'univers Dickien
- quand je testais des jeux vidéos fin des années 90, j'avais rencontré les développeurs de Cryo Interactive pour Ubik, le jeu vidéo, et l'un des développeurs m'avait dit qu'il avait adoré le roman


Je l'ai donc téléchargé sur ma liseuse. J'avoue, il a failli me tomber des mains à plusieurs reprises. Ce n'est pas la SF la plus abordable que l'on puisse trouver. Mais je me suis accroché. 

Au fil de ma progression, j'ai réalisé que le roman était à la croisée des chemins d'autres œuvres de Dick: 

- le Maître du Haut Château, à la fois pour son univers dans le supposé présent d'Ubik, 1993 (Ubik a été écrit en 1966 et publié en 1969, et donc, 1993 représentait encore un futur inconnu au moment où Dick l'a écrit), avec la mention dans Ubik de la confédération nord-américaine qui évoque un univers parallèle, et parce qu'à un moment du roman, on bascule dans le passé, pour remonter jusqu'en 1939, époque antérieure à celle du Maître du Haut Château, mais à laquelle cette uchronie se réfère très souvent
- les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques, pour l'aspect Thriller du roman, mais aussi pour l'aspect décrépitude/dégénerescence/flétrissement de cet univers, qu'il s'agisse des cigarettes dans Ubik ou même des êtres vivants qui se transforment en poussière
- Rapport minoritaire, Minority Report, sorti sous la forme d'une nouvelle dix ans auparavant, en 1956, pour l'aspect précognition/divination
- une autre nouvelle que je n'ai pas lue, appelée We Can Remember it Wholesale, Souvenirs à Vendre, sortie au moment de l'achèvement (mais pas de la publication) d'Ubik en 1966, qui a été adaptée sous le nom de Total Recall au cinéma, et qui a en commun avec Ubik de mélanger la réalité, les vrais et les faux souvenirs (de jouer en fait, sur des distorsions de réalité dignes d'alcooliques invétérés, de drogués ou de personnes atteintes de schizophrénie, comme l'a probablement été Dick)

Dans Minority Report comme dans Ubik, nous avons des personnages de precog. Ils ne sont que mentionnés dans Ubik, mais ils jouent un rôle actif dans Minority Report.

Note pour les créateurs de romans de SF: cela fait plus stylé de parler de précognition, et encore mieux de l'abrévier en précog, que de divination, de voyance ou de Madame Irma. Mais cela recouvre la même réalité, le fait de pouvoir deviner le futur, l'anticiper. En cela, tous les romanciers de SF sont des précogs, d'une certaine manière. 

Pour chaque univers de SF, vous avez des règles. Ce qu'il y a d'étonnant, c'est que dans ces deux œuvres très proches qui parlent toutes deux de précognition de Philip K. Dick, Minority Report et Ubik, vous avez des règles différentes.

Dans Minority Report, il est possible de prévenir et d'empêcher des meurtres en incarcérant à l'avance les coupables. 

Dans Ubik, le futur, même connu par les précog, ne peut être altéré en aucune manière.

L'idée d'incarcérer des meurtriers avant même qu'ils aient commis un meurtre vous paraît tordue? Attendez de voir la suite. Dans Ubik, le personnage de Pat Conlay est une anti-précog qui a la capacité d'altérer les événements du passé. 

Comment lui est venu son don? Eh bien, ses parents étaient des précogs. Quand elle n'était qu'une enfant, ils ont vu qu'elle allait casser un vase précieux, et ont puni leur fille une semaine avant que l'événement ne se produise. Devant une telle injustice, les talents anti-précog de l'enfant se sont réveillés. 

Rappelez-vous: dans Ubik, il est impossible d'altérer le futur, même si on en a connaissance. Le vase s'est donc brisé. Pour y remédier, Pat Conlay a altéré le passé après-coup. Cela ne l'a pas empêchée d'être punie, puisqu'elle n'a pu agir qu'après-coup, mais cela a effacé le ressentiment de ses parents précog à son égard, ou du moins peut-on le supposer. 

Si ça, ce n'est pas du tordu de chez tordu... Pourquoi, à votre avis, Dick a-t-il mis en place la règle selon laquelle le futur ne pouvait être changé dans Ubik, alors qu'il ne l'avait pas fait dix ans auparavant, en écrivant Minority Report? Eh bien tout simplement parce que si le futur avait pu être changé, une anti-précog comme Pat Conlay n'aurait plus eu de raison d'être. 

Et Dick avait besoin de se personnage pour jouer le rôle de l'un de ses suspects dans Ubik. C'est un personnage clé du roman.

Imaginez-vous, en tant que parent, même doué de précognition, punir une enfant avant même qu'elle n'ait commis l'acte? Ce serait d'une injustice révoltante. C'est digne d'un esprit retors, et c'est le genre d'idée, en effet, qui peut sous-tendre des univers dystopiques comme ceux d'Ubik ou de Minority Report. 

Dans Ubik, il y a aussi d'autres idées profondément dystopiques, comme le fait de devoir payer une porte d'entrée pour entrer ou sortir de son appartement, ou d'insérer des pièces de monnaie pour pouvoir ouvrir son frigo.

Bien que je reconnaisse l'utilité en termes de repoussoir de ce type de littérature, je vous avouerais que ce n'est pas trop mon truc.

Dick a de très grandes qualités de créateur, et de romancier bien sûr. Des qualités créatives qui font que ce sont souvent certaines parties de ces romans qui, au moment des adaptations ciné ou jeu vidéo, sont exploitées au détriment des autres. Car certes, l'exploration de tous les replis du désespoir de l'âme humaine nous permet d'en savoir plus sur nous-mêmes.

Mais tout le monde n'est pas fait pour ça.