samedi 22 août 2020

Ma Tesla et moi

Juste avant le confinement, le vendredi 13 mars, je suis allé prendre livraison de ma Tesla model 3 à Chambourcy. Le taxi qui m'y a conduit m'a dit: "chez Tesla, une fois votre voiture achetée, ils ne veulent plus vous voir!" Les frais d'entretien sont en effet réputés être limités pour ce véhicule entièrement électrique. J'avais commandé la voiture en novembre 2019 pour bénéficier du bonus écologique à 6000 €, l'attente a donc été bien longue. J'ai encore attendu de la tester, en août, au cours de mes vacances en Aveyron avant de vous la présenter dans cet article de blog. 

 

 Le chargeur au fond à gauche est un chargeur Tesla. Il m'en a coûté un peu plus de 800 € pour l'achat et l'installation, et il me permet de charger à environ 50 km sur une heure au lieu de 20 km par heure avec une prise classique.

Tout d'abord un petit mot pour dire que je suis totalement novice sur les véhicules électriques. Vous allez donc voir l'étendue de mon ignorance, et mes découvertes, tout au long de l'article. Je ne prétends pas non plus être précurseur sur le véhicule électrique. Dès 2014, Dany Boon avait fait l'acquisition d'une Tesla Model S:

La vidéo peut agacer. Ce n'est pas vraiment mon cas, puisqu'il s'agissait d'une émission réunissant des comiques, j'estime que c'est un peu la règle du jeu de se moquer. Mais ce type de réaction est tout de même représentatif de l'accueil des véhicules électriques chez une partie du public en France

Pourquoi ai-je attendu aussi longtemps pour acheter un véhicule électrique, alors que des auteurs que je connais possèdent déjà des Nissan Leaf, ou des Zoé électriques depuis un bon moment? 

 Question de budget par rapport au modèle souhaité.

 Je ne prétends pas non plus avoir fait un achat écologique. Le Model 3 S+ dont j'ai fait l'acquisition vient de Californie, et a donc été convoyé jusqu'en Belgique par bateau de type Supercontainer (très polluant), puis par camion non électrique jusqu'en France. 

 Pour ne pas polluer, ou en tout cas, beaucoup moins polluer, il aurait fallu que j'attende la fin de la construction de l'usine Tesla à Berlin prévue en juillet 2021, et l'importer d'Allemagne. La voiture devrait aussi revenir moins cher à cette date.

Bien sûr, il y a aussi la pollution induite par la construction du véhicule, les batteries, etc. Pour ne pas polluer du tout, autant s'en tenir à son bon vieux vélo (le mien doit avoir plus de 25 ans et me rend encore de fiers services). 

Mais il y avait une dimension stratégique à cet achat: soutenir LE constructeur qui a opéré les meilleurs choix sur l'électrique, le seul ayant tout misé sur l'électrique et parvenant à produire et à vendre des centaines de milliers de modèles dans le monde. En tout cas en 2019, au moment où j'ai passé commande. Le seul à même d'impulser réellement une transition par rapport aux flottes de véhicules thermiques, ne serait-ce que par le jeu de la concurrence. 

Comment, allez-vous me demander, un auteur autoédité peut-il se payer une Tesla? 

Eh bien, depuis 2007 j'ai la chance d'être propriétaire, et d'avoir pu économiser. Et surtout, à force de faire l'éloge de cette voiture, j'ai fini par convaincre ma femme, qui est cadre dans une association. Elle a mis 23 600 €, j'ai mis 20 000 €, plus l'achat et l'installation de la borne électrique. Je lui ai dit qu'il fallait considérer l'investissement au même titre qu'un investissement immobilier. Que symboliquement, ce serait notre première voiture achetée neuve, la seule de notre foyer, et qu'il fallait que ce soit une voiture électrique. 

Quid des hybrides ? 

Auparavant, nous avions une Ford Focus 1.6 de 2010, achetée d'occasion. Elle consommait peu. Ma réflexion a été la suivante, après avoir regardé la consommation des hybrides: "j'ai une Ford Focus diesel qui consomme très peu, environ 5 litres aux 100. Les hybrides vont me permettre d'économiser 1 ou 2 litres au 100, ce qui est bien, mais ça ne va pas radicalement changer les choses, dans le fond. Or, si j'achète une voiture neuve électrique, je suis prêt à mettre beaucoup plus que pour une voiture classique, à la considérer quasiment comme un investissement immobilier, à condition que ce soit un changement vraiment radical. Et que la voiture soit fiable, et me fasse économiser en frais d'entretien."

Je savais qu'importer la voiture depuis la Californie ne serait pas un choix écologique. Mais je savais aussi que je voulais sortir du pétrole, de manière radicale. Pour moi, prendre une hybride équivalait à "faire semblant" de vouloir quitter le pétrole. Et pourtant, mon propre frère a une Prius. 

 En plus, avec 130 000 km au compteur, la Ford m'avait occasionné plus de 1200 euros de frais d'entretien l'année précédente, et je sentais qu'il allait bientôt y avoir d'autres frais. Intuition qui n'a pas été démentie quand le garagiste auquel je l'ai revendue une bouchée de pain, en plein confinement, m'a signalé qu'il fallait changer la courroie de transmission. 

Alors, bien sûr, j'avais émis des réserves sur la Model 3 dans un précédent article, réserves liées à la visualisation du compteur de vitesse. Mais il me fallait une berline plus grande qu'une Zoé pour ma femme et mes deux enfants lorsque nous partons chargés pour les vacances. Elle devait avoir plus d'autonomie et se recharger plus rapidement qu'une Nissan Leaf ou qu'une Zoé. Son réseau de superchargeurs devait être plus étoffé que ses concurrents, pour assurer des trajets en toute quiétude. Seule Tesla, l'entreprise construisant uniquement des modèles électriques, offrait tout cela. 

Et je savais que le problème du compteur de vitesse décalé sur la droite n'en deviendrait plus un dès lors que je me serais habitué à cette "tablette montée sur roues" qu'est la Tesla. Ce qui est d'ailleurs arrivé très vite. 

Par rapport à une Zoé qui est à plus de 30 000 € si on la prend avec les batteries, la différence n'était que d'environ 11 000 €, en nous offrant plus d'autonomie, beaucoup plus d'espace à l'intérieur de la voiture, une formidable capacité d'accélération et des recharges plus rapides. L'autonomie est de 350 km en autonomie réelle. Nettement moins sur autoroute. Grâce au maillage, sur le territoire, des Superchargeurs, c'est suffisant pour de longs voyages. Ces trajets prennent un peu plus de temps, puisque les recharges peuvent prendre entre 40 et 50 minutes maximum. Mais c'est tout à fait gérable sur une journée.

La tablette, en plus, bénéficie de mises à jour à distance qui améliorent progressivement le véhicule. Ces mises à jour peuvent cependant être à double tranchant, j'y reviendrai.

Pourquoi, me direz-vous, ne pas opter plutôt pour une voiture à hydrogène?

Les voitures à hydrogène existent depuis 1990. Des modèles ont été mis au point. Leur technologie s'est améliorée avec le temps. Cependant, si elles avaient dû décoller pour s'imposer, elles l'auraient déjà fait. Ce n'est clairement pas le cas dans les chiffres. A tel point même que l'on peut se demander si l'hydrogène liquide n'a pas été un argument utilisé par le lobby pétrolier pour empêcher l'avènement de la voiture électrique en conduisant les gens dans une impasse technologique. 

On peut aussi se demander si ce n'est pas un bon prétexte pour les gens qui ne veulent pas changer de motorisation d'attendre... et d'attendre... et d'attendre encore. Qu'il y ait suffisamment de stations à hydrogène sur les routes, que la technologie soit au point, les prétextes sont nombreux.

On a une dangerosité de l'hydrogène liquide bien supérieure à celle des batteries de voitures électriques.

Mais ce qui me retiendra toujours, c'est la pensée d'un nouveau type de carburant, l'hydrogène liquide, que je dois acheter pour produire de l'électricité.
Avec l'électricité et les batteries, on est beaucoup moins dépendants. Depuis que j'ai une Tesla je me sens beaucoup plus "empowered", comme disent les Américains, beaucoup plus autonome. Si les dépôts de carburant sont bloqués, je peux rouler. Ce serait impossible avec de l'hydrogène.


J'ai presque l'impression d'avoir une annexe à la maison. C'est la première voiture que je possède où j'ai envie d'aller même quand elle est stationnée, sans la conduire. Pour y jouer à des jeux vidéo, par exemple.

L'hydrogène pourrait en revanche marcher pour les camions. Ou même comme source d'énergie verte. J'ai lu un article selon lequel un village au Mali est alimenté par de l'hydrogène sortant d'un puits et faisant tourner une turbine. L'hydrogène n'a pas à être purifié, il s'agit d'émanations naturelles d'hydrogène pur assez facilement exploitables.

Cette énergie là, oui, a de l'avenir comme énergie verte. Mais dans les voitures, je ne pense pas que ça se démocratisera vraiment un jour.
Le modèle de l'hydrogène copie trop le modèle du carburant fossile, ce qui limite l'innovation.

La recherche va permettre d'améliorer peu à peu les véhicules électriques. C'est là une immense différence avec les véhicules thermiques, dont on avait l'impression que les technologies fondamentales stagnaient. On se contentait d'améliorations cosmétiques. Tesla est possédé en bonne partie (20%) par Elon Musk, qui possède aussi Space X, et qui fait bénéficier Tesla des innovations Space X. Sans compter le rachat par Tesla de certaines compagnies spécialisées dans les batteries, et les alliances que passe la compagnie. Le "Battery Day" le 22 septembre, attendu impatiemment, va être l'occasion d'annoncer de nouvelles avancées sur les batteries.

D'autres centres de recherche existent que ceux de Tesla. Avec le travail sur l'anode et la cathode, les véhicules électriques sont en train de se débarrasser de l'électrolyte liquide, polluant, et surtout, qui nécessite du cobalt exploité dans des conditions plus que discutables (que je dénonce dans mon dernier roman, Les Nouveaux Gardiens). C'est un électrolyte solide qui va le remplacer. "Ce matériau serait un type de céramique à base de sodium, zirconium et de phosphore, potentiellement non toxique et disponible en grande quantité, notamment en Europe, dans l’écorce terrestre, limitant par la même occasion les importations de matières premières."

C'est à dire que pour le futur, on oublie le lithium-ion, qui entraîne effectivement des problèmes écologiques, pour un matériau beaucoup plus répandu, facilement recyclable, moins polluant. Cela ouvre des perspectives. 

Il y a eu de très nombreux articles dans les grands médias contre le véhicule électrique. Cette propagande anti-électrique est peu à peu retombée. Mais l'une des choses fondamentales à retenir pour les véhicules électriques, selon moi, c'est qu'ils mettent le doigt sur la manière dont nos centrales produisent de l'électricité.

Parce que les VE, eux, n'émettent rien. Les efforts sont donc à la fois à concentrer dans l'extraction des minerais type lithium, dans la fabrication et production des véhicules, et dans la fabrication de l'électricité elle-même. Les voitures électriques forcent notre société à devenir une société plus verte.

Il faut savoir aussi que Tesla a racheté Solar City, sociétée spécialisée dans les panneaux photovoltaïques, et que l'on peut d'ores et déjà réserver son toit solaire en Europe. Si l'on en croit le cours de l'action Tesla, la société d'Elon Musk semble promise à un bel avenir. Aux Etats-Unis, 40% des possesseurs de Tesla sont équipés en panneaux ou tuiles solaires. 

J'avais déjà écrit un article sur les maisons sans facture énergétique, et sur l'importance de développer le solaire.

Les craintes sur la saturation du réseau, si tout le monde a un véhicule électrique? Très exagérées à mon sens: chez moi, je recharge surtout de nuit, pendant 4 à 5 heures. Peu de risques que le réseau sature dans ces conditions. 

Le prix? Une recharge me coûte entre 5 et 7 €. En énergie, cela représente un tiers (333 km) d'un plein avec ma Ford Focus. L'équivalent d'un plein sur une thermique me revient donc en électrique à une vingtaine d'euros. Avec les Superchargeurs, c'est plutôt dans les 30 €. Nettement moins cher, donc que le diesel.

Mais revenons sur mon expérience avec le Model 3. TM3 pour les intimes (Tesla Model 3). 

Comme elle a été livrée pendant le confinement, il y a d'abord eu pas mal de frustration. Mes séances de dédicace ont été annulées les unes après les autres, et je n'avais pas l'occasion de la conduire. 

Frustration redoublée quand la voiture a dû être remorquée au Service Center de Chambourcy et y subir une semaine de réparation suite à une mise à jour. J'ai eu un peu l'impression que c'était un colosse aux pieds d'argile: apparemment, c'est parce que j'ai joué à Fallout Shelter dans la voiture que ça a fait planter le système, allant jusqu'à endommager la batterie 12 volts, dont une pièce a dû être remplacée (une semaine d'immobilisation, alors qu'elle était toute neuve). Ça ne m'a rien coûté, tout était couvert par la garantie, y compris la voiture de location de remplacement, et le taxi pour aller la chercher.

En revanche, je n'ai eu le diagnostic sur la panne de mon véhicule qu'en allant le récupérer, et je n'ai pas du tout été informé du délai d'immobilisation du véhicule. La réputation de Tesla en tant que société technologique froide qui demande un bon degré de débrouillardise, et de patience à ses clients n'est pas usurpée.

Donc, les mises à jour sont loin d'être anodines sur cette voiture. Mais elles apportent aussi de nouvelles fonctionnalités. J'ai plusieurs caméras intégrées à la voiture qui me permettent de la surveiller ou de filmer la route quand je le souhaite. Le pilotage automatique va aller s'améliorant. Je ne recommande cependant pas l'achat de l'option Full Self Driving tant que la législation en Europe ne permettra pas la conduite autonome. Cette conduite pleinement autonome nous est promise dès novembre 2020 par Elon Musk, avec en perspective un service de Robot-taxis... pour les pays où la règlementation l'autorisera (pour l'instant, ça se réduit à peu près à la Californie). 

 Qu'en est-il des sensations de conduite? 

C'est beaucoup plus simple et reposant à conduire qu'une voiture classique grâce aux vitesses automatiques. Centre de gravité très bas, volant très stable. J'aime beaucoup ce volant, personnellement. Le freinage régénératif est tellement puissant que je n'ai presque plus besoin de freiner: je conduis avec une seule pédale. C'est à dire que dès que je décélère, c'est comme si je freinais (les feux rouge arrière s'allument). J'estime que je n'aurais jamais à faire remplacer le liquide freinage pendant toute la durée de vie de la voiture. Au niveau entretien, le principal poste de dépense sera sans doute les pneus, à remplacer environ tous les 30 000 km (peut différer selon le style de conduite).

Si vous souhaitez vous faire une idée des frais d'entretien, sachez que l'entretien des 80 000 km est optionnel chez Tesla, et ne fait pas sauter la garantie batterie s'il n'est pas fait. Un taxi TM3 l'a fait faire, et on lui a automatiquement renouvelé le liquide freinage. Son entretien lui a coûté environ 520 €. A sa place, notez bien que j'aurais fait pareil. J'aurais considéré que j'investis dans mon gagne-pain. Mais tout le monde n'est pas taxi, et n'a donc pas les mêmes besoins.

 

 Très sympathique vidéo

Dans les montées, pas besoin de frein à main quand la voiture est arrêtée. Le redémarrage se fait sans reculer. Le vrai confort. A ce sujet, d'ailleurs, toute la famille a eu l'impression de passer un cran au-dessus niveau confort. Toit vitré superbe, plus d'espace intérieur, sièges chauffants, inclinaison électrique. Système sonore incroyable, le son est de grande qualité. Le point de vue sur la route fait qu'on a moins besoin d'utiliser le pare-soleil que sur la Focus. Le toit vitré est suffisamment teinté pour ne jamais éblouir. Le système de ventilation est génial. La clim marche très bien, et le fait de pouvoir l'activer à distance, via son smartphone, est un "game-changer". 

Un point noir tout de même, la qualité assez cheap, bon marché du comodo de clignotant. Surtout, celui-ci n'est pas du tout assez réactif à mon goût. La différence de qualité avec le comodo de la Mercedes Classe A de remplacement (au moment de la panne de ma TM3) était criante. 

La possibilité d'utiliser le capot avant et le coffre arrière pour mettre les bagages nous a permis de loger sans problème le bac du chat et la cage du lapin de ma fille en plus de nos bagages, sans que nos enfants ne soient serrés à l'arrière, comme c'était le cas avec la Focus. 

 Au sujet du toit vitré, un bémol: nous avons traversé un orage de grêle pendant le trajet vers l'Aveyron, et le fracas dans la voiture était incroyable. Pire qu'avec une thermique. Rassurez-vous, le toit s'en est tiré sans une éraflure. Mais la température est passée de 33 degrés à 15 en quelques minutes. Comme nous avions eu la voiture en mars, nous n'avions jamais été confrontée à un embuage intense du pare-brise. Nous ignorions où était la commande pour désembuer, et avons dû nettoyer l'intérieur du pare-brise à la main pour continuer à voir la route! Inexpérience...

L'accélération est fantastique. Peut-être cette caractéristique a-t-elle un rapport avec le caractère assez agressif d'Elon Musk. En vacances en Aveyron, il m'est arrivé de doubler, sur une nationale, jusqu'à trois véhicules à la suite avant de me rabattre. J'avais juste l'impression d'être en avion, et pourtant mon modèle est le moins puissant des TM3. Mieux encore, à cette occasion, je ne me suis fait engueuler ni par ma femme ni par mes enfants, en raison de la stabilité et de l'impression de sécurité que procure cette voiture. Même dans les grandes montées sur autoroute, le gain en puissance par rapport à la Ford Focus est très appréciable.

 

 Un dépassement pépère et en toute sécurité, en respectant bien sûr les limites...

Je n'ai pas pris l'option Full Self Driving, mais l'autopilote présent de manière standard dans toutes les TM3 fait office à la fois de limiteur de vitesse et de système de guidage. J'ai pu constater à ce sujet des freinages ou décélérations intempestives, notamment dans des virages. Il paraît que ça s'améliore avec le temps. Le limiteur de vitesse est très utile à l'approche de radars, la pédale d'accélération se montrant assez réactive quand on n'est pas habitué.

Et pour les Superchargeurs? Je ne suis parvenu à recharger qu'à 117 kW maximum, une déception par rapport aux superchargeurs annoncés à 150 kW. Bon, cela reste rapide.

Le Superchargeur d'Albaret Ste Marie

Mais surtout, là encore, j'ai été victime de mon manque d'expérience. Ayant réglé la voiture par virement bancaire, et ayant aussi acheté la borne Tesla sur le site du même nom, je croyais que le site avait mes coordonnées bancaires. Ce n'était pas le cas. Résultat, j'ai été interdit de Supercharge après avoir rechargé deux fois. Il faut en effet savoir qu'il n'y a pas d'appareil de carte bancaire sur les Superchargeurs. La Tesla négocie directement avec les superchargeurs, et vous indique la facture qui est prélevée sur votre compte. Ça, je le savais. J'ignorais juste que le site Tesla n'avait pas enregistré ma carte bancaire.

J'ai dû appeler en catastrophe Tesla, qui m'a donné la marche à suivre. Après avoir rajouté via mon smartphone ma carte bancaire sur le site, j'ai pu régler la note (une trentaine d'euros) de mes supercharges précédentes, et débloquer l'accès aux superchargeurs. Il ne me restait que 2% de batterie sur mon smartphone quand j'ai terminé l'opération. En effet, comme je n'avais jamais fait de long trajet, j'ai oublié de relier mon smartphone à l'une des deux prises USB permettant de le recharger, d'ailleurs idéalement placées sous le tableau de bord. Impréparation, quand tu nous tiens! Bonjour le stress... 

Nous avions loué un gîte au sud de Rodez. Nous faisions au maximum 200 km aller-retour dans la journée, pour nos visites. Nous avons utilisé une prise classique pour la recharge, et en rechargeant la nuit, nous n'avons eu aucun problème, et n'avons stressé qu'une seule fois par rapport à ce qu'il nous restait comme énergie. Je vais y venir.

 

Nous n'avions pas accès au garage pour recharger, heureusement que nous avions pensé à la rallonge!


 Elle a pas fière allure, notre Star Rider?

En voiture électrique, la route semble encore plus belle, la nature plus vibrante. Le fait de savoir que l'on ne pollue pas, à l'exception peut-être des particules de pneus, ne fait bien sûr qu'ajouter à la sensation de bien-être. Je sais, c'est psychologique. Mais ça compte, quand même. 

 

 Le village de Conques

 

 De superbes sites à explorer, aussi bien pour les amateurs de vieilles pierres que de randonnées

Au retour, nous avons eu notre deuxième épisode de stress (le premier, souvenez-vous, était lié à la carte bancaire). Nous sommes passés par Villecomtal, lieu où ma femme a une partie de ses racines (son grand-père y a vécu). La région est magnifique. Mais du coup, le trajet retour a été complètement modifié. A un moment, je m'aperçois qu'il nous reste 272 km avant le prochain superchargeur, celui de Vienne! Alors que j'avais rechargé à 335 km au début (départ du sud de Rodez). Problème, j'avais un peu trop accéléré dans la première partie du trajet, celle où la batterie était encore froide. 

La tablette permet de vérifier notre consommation électrique en temps réel. Celle-ci était trop élevée. J'ai donc dû réduire l'allure à 60 km/h pendant environ une demi-heure, alors même que nous empruntions des routes de montagne. Mais peu à peu, grâce aux descentes, notre consommation s'est améliorée. Et améliorée. Et encore. Malgré les montées. En fait, le moteur s'est mis sur un rythme tellement économe, que j'ai pu de nouveau rouler à 110, voire à 130 sur les portions d'autoroute proches du Superchargeur de Vienne, et y arriver avec 50 km de marge!

Fier de ma voiture, en fait. Faut juste faire l'effort de la comprendre pour optimiser ses trajets. Il existe d'ailleurs un site et une application utiles pour cela : A better route planner.  

Est-ce que j'ai eu l'impression qu'il manquait des infrastructures de recharge, au final? Oui, du côté de Dijon, où nous avons fait étape à l'aller. Le parking Ste Anne à Dijon comporte une possibilité de recharge, mais si deux voitures s'y mettent en même temps, cela fait sauter le système. L'impossibilité de recharger à Dijon à l'aller nous a fait recharger une fois de plus en superchargeur, ce qui a semblé un peu long pour les enfants. Mais au retour, ils ne se sont pas plaints, malgré l'épisode stressant après Villecomtal. 

En définitive, je dirais que si vous ne faites que de la ville, aucun long trajet, vous pouvez sans problème opter pour une Zoé ou une autre électrique comme la Peugeot e208. Mais si c'est pour partir en vacances, pour de longs trajets, une Tesla est irremplaçable.

Je n'ai jamais été un aficionado des tablettes de type iPad, que je trouve trop encombrantes. Là, celle de la Tesla est de très bonne qualité, et je trouve que c'est la première utilisation vraiment pertinente de ce type de tablette. Sa lisibilité est sans défaut, même par grand soleil.

 Vivement l'arrivée de l'usine de Berlin, et, peut-être, la conception de nouveaux modèles encore moins coûteux pour que les prix baissent. 

 

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samedi 4 avril 2020

Don Quichotte lu par Alan Spade

Quand je suis en séance de dédicace, je dois pouvoir parler plusieurs minutes de suite. Avec le confinement, j'ai pris conscience que cette "fonction de conteur" me manquait. Alors, quand Les éditions du Roi Barbu m'ont proposé, avec d'autres auteurs, de lire bénévolement des chapitres de Don Quichotte à voix haute, j'ai sauté sur l'occasion. Je pense avoir au moins deux choses en commun avec Don Quichotte: l'imagination et l'idéalisme. Je vous lis donc ici le 46ème chapitre du livre 1 en avant première. A ma surprise, à peine ma vidéo Youtube postée que j'ai déjà reçu un commentaire en anglais d'un internaute!  



Le projet des Editions du Roi Barbu sera en ligne, à 10h00 et 18h00 (deux épisodes par jour), tous les jours sur sa page Facebook à partir du mercredi 8 avril

Je reste bien sûr un auteur (farouchement) indépendant. Je n'ai accepté de travailler bénévolement avec cette maison que parce que je considère sa créatrice davantage comme une intermittente du spectacle qu'une éditrice.

J'ai déjà enregistré deux chapitres, mais le plus savoureux à mon goût des deux (celui où transparaît le plus l'idéalisme et l'imagination de Don Quichotte) me semble être le 46ème. Il s'agit d'une vidéo brute de décoffrage, sans aucun montage.  La voici.



En espérant tout de même un retour prochain en dédicace!

jeudi 26 mars 2020

Votre santé...

Notre système de santé est malade, comme vient le confirmer cette pandémie du Covid-19. La maladie dont il souffre à un stade encore plus avancé que les autres secteurs de la société s'appelle le vampirisme. Et ce vampire a un nom, Big Pharma.

 

 

A son époque, Molière dénonçait déjà le système de santé, et notamment les saignées pratiquées par les médecins. Mais aussi le fait, pour certains médecins, de profiter du caractère hypocondriaque de certains malades imaginaires pour se faire du blé. Les choses ont-elles vraiment changé aujourd'hui?

Je dirais qu'elles ont empiré, avec le franchissement de certaines lignes rouges. Le Covid-19 représente d'énormes enjeux financiers pour les labos qui développent des molécules. Comment, dès lors, s'étonner qu'un traitement aussi peu onéreux que la Chloroquine ne trouve pas grâce à leurs yeux? 


C'est pourquoi je vous invite à signer la pétition pour le dépistage massif, ainsi que l'utilisation de la chloroquine pour traiter la maladie

Ma novella Votre Santé c'est notre avenir, disponible sur Kobo/La Fnac, Amazon, et Apple reprend à son modeste niveau ce flambeau illustre légué par Molière.  Elle peut se lire comme un thriller, mais vous fera sans doute plus réfléchir qu'un médicament, tout en coûtant moins cher. 


Hanté par les spectres de son passé, Vick Lempereur revient en France dans l’espoir de trouver une solution à son don de double vue. Son cousin Henri, qu’il n’avait pas revu depuis des années, travaille justement dans l’un des plus gros laboratoires du pays. Le remède qu’entend lui administrer ce dernier n’est malheureusement pas à son goût, et bientôt, Vick se retrouve en train d’enquêter sur les dessous peu reluisants de l’industrie pharmaceutique.

Cette novella fait partie du recueil Le Vagabond et quatre autres thrillers, d’Alan Spade.

https://www.kobo.com/fr/fr/ebook/votre-sante-c-est-notre-avenir


Et si vous préférez le livre papier, vous pouvez aussi vous procurer mon recueil Le Vagabond et quatre autres thrillers, qui vous apprendra comment Vick Lempereur va être amené à infiltrer un labo pharmaceutique en France.


https://www.amazon.fr/Vagabond-quatre-autres-thrillers/dp/1500338737/




Note: les commandes Fnac des livres papier sont gelées pour défaut de paiement de la part de la Fnac, qui ne m'a pas réglé l'une de ses factures. Mieux vaut pour l'instant passer par Amazon. 

Autres articles à lire sur le même sujet:

Covid-19 : The game is over?!


Covid et mensonge d'Etat en France

mardi 17 mars 2020

Dédicaces suspendues jusqu'à nouvel ordre

Mauvaise nouvelle: après avoir appris que les magasins Cultura fermaient jusqu'à nouvel ordre, on m'informe aujourd'hui que les magasins Auchan ne reçoivent plus d'auteurs en dédicace.

Si je pouvais vivre de l'amour de mes lecteurs, je vivrais sans doute éternellement, mais je ne peux pas vivre seulement de cet amour, donc j'espère que la situation ne va pas s'éterniser.

J'ai conscience que cela dépend aussi de chacun de nous, et de nos efforts pour ne pas répandre le virus. En attendant une éclaircie, je suis de tout cœur avec les personnels médicaux, pour lesquels sécurité de l'emploi ne rime pas avec sécurité tout court... ce que notre gouvernement, comme les gouvernements précédents, a trop souvent tendance à oublier. 
Je suis contre la surmédiatisation du coronavirus, car il induit un effet de panique fortement préjudiciable à nos personnels médicaux, et à pas mal de gens.

Néanmoins, les professionnels vont être de plus en plus nombreux à guetter le moment où les choses vont revenir à la normale.

Pour ce faire, il existe un site qui fait le bilan du virus en temps réel. Sans avoir besoin de se faire intoxiquer à tout bout de champ par les médias. Car, comme l'indique le site aujourd'hui mardi 17 mars 2020, il y a certes eu plus de 185 000 cas confirmés et 7330 morts dans le monde, mais il y a aussi eu 80 236 personnes guéries. Tout n'est pas noir.

mercredi 4 mars 2020

Le journaliste autoédité, c'est vous !

La compagnie qui repose intégralement sur du contenu autoédité n'est pas, contrairement à ce qu'on pourrait le croire, Amazon, mais bien Facebook. Seule nuance, sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, il faut parler de journalistes autoédités plutôt que d'auteurs autoédités comme sur Amazon. Journaliste au sens littéral, "qui créé un journal". C'est vous, c'est moi, c'est quasiment tout le monde.


Vous savez comment les grands pontes de Facebook et autres Twitters voient les utilisateurs actifs de leur réseau social (ceux qui postent des statuts ou y répondent, en gros)? Comme des journaux vivants interactifs bénévoles. Chaque statut posté est un article de journal venant alimenter le "newsfeed". Chaque journaliste peut réagir de manière interactive au contenu d'autres infos ou aux siennes. 
   
Et vous êtes non seulement journaliste rédacteur, mais aussi journaliste maquettiste: par le choix de vos amis sur les réseaux sociaux, vous déterminez quel sera le contenu de votre "newsfeed", journal en direct live. Vous voulez des photos de gâteaux? Ayez des amis pâtissiers...

L'utilisateur apporte sa part de contenu bénévolement, mais aussi ses informations personnelles, susceptibles d'être revendues à part. Le tout permet de revendre de la pub à des annonceurs, annonceurs qui peuvent très bien être des utilisateurs Facebook ou Twitter, qui collaborent donc ainsi à plusieurs niveaux à l'enrichissement de quelques-uns.

Les petits ruisseaux faisant de grandes rivières, ce sont des milliards d'euros qui sont ainsi amassés par les plus grands réseaux sociaux, et en particulier Facebook.

Je vois déjà les puristes monter sur leurs ergots, me parler de "vérification de l'information", de "professionalisme", de "démarche radicalement différente", etc. Quand je dis journaliste autoédité, il faut prendre le mot "journaliste" au sens littéral : celui ou celle qui écrit un journal.

Cela peut être un journal écrit, ou bien un journal vidéo, ou photo. Un journal intime, ou à large portée. Peu importe la qualité du contenu, la masse produite en temps réel suffit à concurrencer de multiples journaux "classiques". Jusqu'aux télés et radios. Le nouveau Paris-Match? Instagram!

Sur le plan qualitatif, on pourrait rétorquer que Facebook est le premier moteur de désinformation au monde.

En témoignent les milliards de fake news qui y circulent.

En témoigne le simple label "Sponsorisé" pour différencier le contenu publicitaire des posts "authentiques".


En témoignent aussi ces annonceurs à la solde d'hommes politiques richissimes, capables de mettre des centaines de millions de dollars (voire un milliard, pour la prochaine campagne de Trump) sur des pubs Facebook dans le but de faire basculer le sort des prochaines élections de manière anti-démocratique.

Une telle pratique, payer pour faire de la pub politique, est maintenant interdite sur Twitter, mais Mark Zuckerberg est l'un des grands potes de Trump...

Il n'empêche que sur le plan économique, le poids d'un Facebook n'est plus à démontrer. Sur le plan de l'influence, les médias traditionnels sont battus. A tel point même que les médias se servent des posts ou tweets les plus populaires pour prendre le pouls de la population, et pour, eux-même, faire couler de l'encre en reprenant ces infos populaires.

Si bien qu'on ne sait plus vraiment qui est la chambre d'écho de qui.

Si vous êtes l'un des sept mercenaires, je veux parler des sept abonnés à ce blog, vous avez peut-être lu mon article sur "la liste des blogs et sites qui ne vous chroniqueront pas".

J'y dénonçais les blogs et sites qui ne chroniqueront pas les auteurs autoédités sous prétexte qu'ils sont "illégitimes", que leur travail n'a pas été "adoubé" par un éditeur.

J'avais écrit l'article en janvier 2016. Quatre ans plus tard, j'ai gagné en sagesse et en maturité. Avec le recul, je peux vous dire que les personnes qui ont cette attitude sont des crétins puants l'hypocrisie à plein nez.

Car ces blogs et sites, par leur travail, participent eux-même de cette vaste entreprise d'autoédition journalistique.

"Mais j'écris mon blog par passion, juste pour quelques personnes et moi. Pas pour le monétiser comme un journaliste professionnel. Il n'y a pas de pub sur mon blog. Et je ne poste aucun article sur les réseaux sociaux."

Je veux bien l'entendre. Sauf que n'importe qui est susceptible de poster le lien vers votre article sur Facebook. Et dès lors, que vous le vouliez ou non, votre article sera monétisé. Il n'y aura même pas besoin de cliquer sur le lien vers votre blog. Il suffit que la news la plus proche de votre lien dans le fil de news soit une pub, et que l'on clique dessus pour que ça rapporte de l'argent à Facebook.

Donc oui, votre attitude est stupide.   
 
Vous trouvez que je vous manque de respect? Vous voulez gagner mon respect? Allez au bout de votre démarche anti-autoédité, et supprimez votre blog et l'intégralité de son contenu.


Ou alors... Ou alors, on arrête les conneries au sujet de l'autoédition, et on se met autour d'une table pour que chacun puisse profiter d'une part du gâteau. Les réseaux sociaux comme Facebook doivent être taxés. Le produit de ces taxes, associé au produit des taxes sur les opérations financières et des taxes sur les robots, doit permettre de verser un revenu universel inconditionnel à chaque citoyen, actif ou inactif, à compter de 18 ans.

Si cela arrive un jour, plus personne ne se moquera de l'autoédition.

dimanche 1 mars 2020

Chronique Les Nouveaux Gardiens

La toute première chronique des Nouveaux Gardiens, quatre mois après sa parution, est celle des Chroniques de l'Imaginaire. J'espère que ce ne sera pas la dernière, mais j'avoue que je n'ai plus la motivation suffisante pour courir après des chroniques de blog. Si des chroniqueurs de Thrillers, Science-Fiction ou Fantasy souhaitent me contacter (à condition de tenir au minimum un blog, bien sûr), je réponds aux messages (alan1spade at yahoo.fr). J'ai cependant fait le choix de ne plus être proactif pour les chroniques ou les articles de blog de mes livres. Je me contente de déposer mes services presse sur le site Simplement Pro. Je tiens néanmoins à rendre hommage au site Les Chroniques de l'Imaginaire, avec lequel j'ai une collaboration depuis mes débuts. Je remercie toute l'équipe pour cela, et pour ce travail sur mon dernier roman Les Nouveaux Gardiens. Afin de témoigner ma gratitude, je publie ci-dessous l'intégralité de la chronique de la rédactrice, Soleil.

Ayant moi-même été journaliste, j'ai longtemps tenu à avoir une revue de presse suffisamment étoffée de mes livres, comme en témoigne mon site d'auteur.

J'ai cru à un certain moment que les blogs qui soutiennent les auteurs indépendants (largement plus de 200) seraient suffisants pour me permettre d'obtenir des chroniques, en déposant tout simplement mes services de presse sur le site spécialisé Simplement Pro.

Comment en effet s'assurer de la motivation de blogueurs (souvent des blogueuses) et éviter toute forme de harcèlement, si ce n'est en faisant en sorte que ce soient eux qui vous contactent, en passant par un intermédiaire? Pour moi, c'était la solution idéale.

En toute sincérité, depuis 2017, je n'ai bénéficié que de deux chroniques de livres grâce à Simplement Pro. Deux. Chroniques. J'ai refusé la dernière demande en date, puisque la personne ne tenait pas de blog littéraire, et ne parlait pas de livres sur sa chaîne You Tube. 
 
La loose, quoi. 
 
Ce n'est pas que les blogueurs soient méchants ou indifférents, c'est juste qu'ils sont débordés. Pour moi, le calcul entre les efforts à produire pour obtenir une chronique de la part de blogueurs et le gain en termes de notoriété ou de ventes n'est absolument pas rentable.

Même s'il m'arrive de m'appuyer sur des chroniques pour vendre en dédicace, je n'ai pas besoin des blogs pour vendre, c'est un fait. J'ai dernièrement dépassé le cap des 10 000 livres papier vendus depuis 2010. Et si mes romans ne méritent pas d'être chroniqués, tant pis pour eux.

Je reste sur Simplement Pro, parce que c'est une solution qui ne demande que très peu d'efforts de ma part. Mais je n'irai pas au-delà. Ne vous étonnez donc pas si à l'avenir, les articles sur mes romans sont très, très, très rares.  
 


Le boulot de détective privé en freelance connait des hauts et des bas, Vick Lempereur le sait bien. C'est pourquoi il n'hésite guère quand, après une mission réussie à San Francisco, il est contacté par une organisation à la recherche de recrues aux profils spéciaux. Les Nouveaux Gardiens annoncent agir pour le bien public, en rétablissant l'équilibre mis à mal par des entreprises trop ambitieuses. Outre les buts nobles et la paye avantageuse, le petit commando des Nouveaux Gardiens intervient de manière discrète et musclée (et bien souvent illégale) : ce parfum d'aventure et de danger achève de convaincre Vick, qui accepte immédiatement de rejoindre l'organisation.
Les missions de Vick s'enchaînent, sans temps mort. Les amateurs d'espionnage et de thrillers devraient y trouver leur compte, car on y trouve tout ce qui fait le succès du genre : les missions soigneusement préparées, les gadgets ultra-sophistiqués, le frisson d'adrénaline au moment clé, les méchants très méchants aux tortures raffinées...

Bien qu'il semble que les différentes missions aient un caractère très différent, elles sont pourtant liées entre elles par un vrai fil conducteur. Le premier chapitre, dont on ne comprend pas de suite ce qu'il vient faire ici puisqu'il ne se rapporte pas au héros, se révèle finalement un élément qui s'inscrit dans l'intrigue globale. La fin est joliment amenée et bienvenue, même s'il est dommage que la présentation de l'ouvrage en dévoile une partie, alors même que cela ne couvre que les trois derniers chapitres (sur quarante-huit).

Le surnaturel, s'il n'est pas au centre des péripéties, reste un aspect important du récit. Vick possède un don particulier : il voit les esprits des défunts et peut se faire posséder par eux, ce qui n'est pas toujours à son goût, d'ailleurs ; son patron direct, lui-même doté d'une sensibilité au surnaturel et de capacités spéciales, a choisi les membres de l'équipe en fonction. Ce côté fantastique est sympathique et s'intègre bien dans l'intrigue.

L'écriture est plaisante, très fluide, et on ne s'ennuie pas. J'ai un peu regretté l'omniprésence des messages en filigrane (danger des multinationales, nécessité de prendre soin de la planète...), ainsi que la moralité douteuse des protagonistes (la fin justifie les moyens). Rien de nature à réellement gâcher la lecture, cependant. 

N'étant pas à la base amatrice de thrillers, je n'ai pas entièrement adhéré, mais je pense que ce roman pourrait plaire sans souci aux lecteurs qui apprécient le mélange de thriller et de fantastique.

Soleil, le 29/02/2020 22:24
Note de l'auteur/éditeur : la présentation des Nouveaux Gardiens a changé depuis sa parution. La nouvelle présentation est la suivante:  

Au cours du conseil d’administration de la prestigieuse société de smartphones Bluenak, un cadre supérieur, filmé par l’un de ses pairs, se précipite sur l’un de ses collègues et essaie de l’étrangler, comme possédé. Il faudra sept hommes pour le maîtriser avant qu’il ne décède d’une crise cardiaque.

En se rendant en Californie pour enquêter sur une compagnie de biotechnologie, Vick Lempereur ne se doute pas qu’il va devoir affronter le plus redoutable adversaire qui ait jamais croisé son chemin, ni que cette piste va finalement le mener à Bluenak. Pour survivre, une aide aussi bien physique que surnaturelle ne sera pas de trop. Celle des Nouveaux Gardiens, et de leurs compétences très spéciales.

https://www.amazon.fr/Nouveaux-Gardiens-Alan-Spade/dp/B07ZLJ9VYG/ref=pd_rhf_se_p_img_1?_encoding=UTF8&psc=1&refRID=1JW9EQD4S491DP0S7M9X

lundi 24 février 2020

Séparatisme

Le président Macron parlait récemment de "séparatisme" au sujet notamment des personnes ou mouvements ayant une conception intégriste de la religion. Sans doute, on ne peut entièrement lui donner tort, mais on peut surtout se demander si ce qu'il fait ne revient pas à agiter une nouvelle fois le chiffon rouge du fondamentalisme devant les Français. Si le réel séparatisme, celui qui nous empêche véritablement de "vivre ensemble", n'est pas celui de l'argent. Et si Macron, avec sa politique économique si favorable aux riches, n'est pas le principal exécutant et propagateur de ce séparatisme par l'argent. 

Dans mon roman vendu à présent à plus de 3900 exemplaires papier, Le Souffle d'Aoles, l'action se situe avant l'âge du fer, parmi le peuple des Hevelens vivant dans des canyons. Le héros fait partie de la caste des Déshérités, les plus pauvres et les plus misérables, ceux que l'on évite de croiser ou de toucher. Les autres castes sont les Sobres et les Opulents. Les Sobres, qui représentent la classe moyenne, ne sont d'ailleurs mentionnés à aucun moment dans le roman, qui évoque surtout l'immense différence entre les Déshérités et les Opulents, les plus riches.

https://livre.fnac.com/a2867685/Le-cycle-d-Ardalia-Tome-1-Le-souffle-d-Aoles-Alan-Spade?NUMERICAL=Y#FORMAT=ePub

L'idée d'écrire sur les milieux les plus défavorisés n'est pas nouvelle. Relisez Les Misérables de Victor Hugo.

Mais le fait de penser plus spécifiquement la société en termes de castes peut faire écho à la théorie de la lutte des classes de Marx. En plus barbare. L'idée fait aussi, bien sûr, référence à la caste des Intouchables en Inde. Mon roman n'a aucune prétention historique, il s'agit de Fantasy qui mélange plusieurs influences. 

Cette fantasy, et j'en avais conscience en l'écrivant, est bel et bien, par certains aspects, le reflet de notre réalité actuelle. De notre vie de tous les jours.

Car les castes, hélas, existent en France. De manière voilée, mais elles ont une influence énorme sur la vie de tous les jours. 

Alors quand j'entends notre président Macron parler de séparatisme au sujet du fondamentalisme religieux, je me dis que le vrai problème n'est pas là.

Le vrai séparatisme, ce sont ces exilés fiscaux (sujet d'ailleurs abordé sous la forme d'une scène d'action dans mon dernier Thriller, Les Nouveaux Gardiens) qui préfèrent se domicilier ailleurs pour échapper à l'impôt.

Le vrai séparatisme, ce sont ces ultra-riches dans leurs villas ou dans leurs yachts, séparés du commun des mortel.

Le vrai séparatisme, ce sont les sans domicile fixe qui dorment dans la rue.

Le vrai séparatisme, ce sont des fonds d'investissement comme Blackrock, qui possèdent plus d'un trillion de dollars, et sont plus riches que des nations développées.

Le vrai séparatisme, c'est d'inventer un revenu minimum d'activité, qui va catégoriser les plus pauvres, les identifier dans la caste des non possédants, ceux qu'il faut absolument rediriger vers les valeurs du travail pour les rendre productifs -- disons les mots, pour les rendre taillables et corvéables.

Le vrai séparatisme, ce sont ces gens qui détectent une anomalie dans leur corps, et auxquels il faudra un mois ou plus pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste. Un mois crucial, celui où le cancer dans leur corps aurait pu être stoppé pour de bon, pour l'empêcher de se développer. Là où les plus riches n'ont qu'à décrocher leur téléphone pour obtenir un rendez-vous immédiat dans une clinique privée. 

Le vrai séparatisme, c'est de vouloir renforcer les contrôles aux frontières (aux Etats-Unis, on va même jusqu'à construire un mur à la frontière du Mexique).

Le vrai séparatisme, ce sont les contrôles d'identité au faciès.

Le vrai séparatisme, c'est l'urbanisation en forme de ghettos pour les immigrés.
 
Le vrai séparatisme, c'est la taxe à valeur ajoutée pour les produits de base, qui représente infiniment plus pour les plus pauvres que pour les plus riches. 

Le vrai séparatisme, c'est de refuser l'instauration d'un revenu universel inconditionnel, le même pour tous, ce qui éviterait de catégoriser les plus pauvres avec un système bâtard tel que le RSA. Ou de faire dire aux plus riches que les socialistes sont très forts pour reverser l'argent qui ne leur appartient pas. Parce qu'à partir du moment où ce revenu est universel, à partir du moment où même ceux qui travaillent le touchent, ce genre d'arguments ne tient plus. A partir du moment où un revenu universel existe, les gens ne sont plus prêts à tuer père et mère, ou à dévaster l'environnement pour devenir plus riches.

Le vrai séparatisme, c'est aussi la chasse aux jeunes, le séparatisme inter-générationnel, le fait que les jeunes ne devraient pas être traités comme des moins que rien, des personnes incapables financièrement de se loger ou se nourrissant d'expédients. Là où ils devraient être accueillis dans la vie active avec un revenu universel inconditionnel. Parce qu'ils représentent l'avenir, et ne sont pas, ne devront jamais être une menace pour les plus âgés. Parce qu'ils ne doivent à aucun moment être acculés au suicide en raison de la conviction larvée de faire partie d'une caste inférieure. 

Macron veut prêcher le vivre ensemble? Il veut en finir avec les séparatismes de toutes sortes? Eh bien il sait ce qu'il a à faire, à présent.

Et il y a du boulot.