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mercredi 30 avril 2025

Les trois corruptions de l'entrepreneur

En tant qu'auteur autoédité, je suis un entrepreneur qui n'emploie que lui-même. Je noue bien sûr des partenariats artistiques et commerciaux. Même si je peux mettre en compétition différents prestataires, mon business repose avant tout sur la coopération. Cela me met de facto à l'abri des trois formes de corruption susceptibles de toucher l'entrepreneur. C'est d'ailleurs l'un des avantages de ma situation: me permettre de poser un regard critique sur le monde du travail. 

La première des corruptions dont est susceptible d'être victime l'entrepreneur disposant d'employés dans sa compagnie, c'est de se croire supérieur à ses employés parce qu'il les a embauchés. A partir du moment où leur niveau de vie ou leur statut (et notamment pour les cadres) dépend de lui, l'employeur va se sentir intrinsèquement supérieur. Ça n'arrive pas pour tous les employeurs, bien sûr, mais c'est une tendance qui les guette d'autant plus dans les périodes de crise où le chômage est élevé, et où ils sont en situation de monopole ou quasi monopole dans leur branche.
Même dans des cas où le rapport de force est plutôt favorable à l'employé, qui peut démissionner et retrouver du travail ailleurs, le salaire de l'employeur étant plus élevé que celui de l'employé, l'idée de supériorité du patron est toujours à l'arrière-plan. Et d'autant plus si lui-même a tendance à considérer ses employés comme des larbins plutôt que comme des membres de sa famille étendue. A faire preuve de malveillance plutôt que de bienveillance.

La deuxième des corruptions de l'entrepreneur, c'est de se croire supérieur à ses employés parce qu'il peut les virer. A partir du moment où un employeur prend plaisir à virer ses employés, par exemple en paradant dans ses locaux avec un évier comme Elon Musk, on peut être sûr qu'il est victime de cette corruption. Autre élément de preuve, le fait de licencier en si grand nombre que l'on est obligé de réembaucher derrière. Là, on est clairement dans la jouissance du pouvoir sur des vies et des destinées d'employés. Ce pouvoir est d'autant plus manifeste que les salariés se sentent démunis, sans possibilité d'avoir recours à des syndicats ou de démissionner. En d'autres termes, ce pouvoir ne provient que de ce que les salariés sont prêts à concéder à l'employeur. De leur soumission. Le pouvoir n'est jamais à sens unique. C'est un échange dynamique s'inscrivant dans la dialectique du maître et de l'esclave. 

La troisième des corruptions de l'entrepreneur, c'est de se croire supérieur non seulement à ses employés, mais aussi au reste de la société. Cela se manifeste par du chantage à l'emploi auprès du gouvernement afin d'améliorer ses marges bénéficiaires. La corruption est telle, à ce stade, que l'entrepreneur va s'engager dans des manœuvres de lobbying afin de faire pression pour, de manière classique, faire baisser les charges et impôts dont est redevable sa compagnie. Ce type d'employeur succombera aussi à la tentation de la collusion d'intérêts avec ses pairs pour fixer les prix à un certain seuil, aux dépens du consommateur. L'un des exemples qui vient à l'esprit est la collusion des éditeurs sur le prix des ebooks. 

Quant au chantage à l'emploi, les exemples sont multiples, mais l'un des plus flagrants est celui de l'un des hommes les plus riches du monde, Bernard Arnault, qui a menacé de faire migrer ses entreprises aux Etats-Unis. Imaginez la haute couture à la française, Dior sans aucun employé ou créateur français, mais que des Américains. Ça semble si absurde, la rupture de l'image de marque de ces compagnies serait si complète qu'on a envie de dire à Arnault: "vas-y, fais le mon grand ! Ton départ sera l'opportunité d'un futur concurrent."

Les moyens de lutter contre ces corruptions? Faire en sorte que les gouvernements eux-mêmes soient incorruptibles, et que les candidats à la présidentielle ne bénéficient que de dons de particuliers et non d'entreprises. Faire en sorte de casser tous les monopoles, afin de permettre aux employés de démissionner pour se faire employer par la concurrence dès qu'ils se sentent rabaissés. Favoriser les petites entreprises, auto entreprises et artisans via des charges allégées et un allègement considérable de la paperasse et des formalités. Donner à des agences gouvernementales comme Pôle emploi des compétences syndicales, de défense des employés afin de mieux protéger les travailleurs des PME et des grandes entreprises dépourvues de syndicats. Et pourquoi pas, d'ailleurs, en lien avec l'inspection du travail, la médecine du travail et la justice. 

Les entreprises ressemblent encore trop souvent à de mini dictatures où c'est le psychopathe ou le pervers narcissique qui est récompensé et promu. Où règne le harcèlement, parfois jusqu'à conduire des employés au suicide. Il y a énormément à faire pour promouvoir la démocratie en entreprise. Ça passe forcément par un moindre pouvoir, ou un pouvoir plus encadré de l'entrepreneur.

mardi 27 avril 2021

Le tort tue

On a beau avoir une carapace, le tort tue. Cela pourrait paraître contre-intuitif, mais la victime d'une agression a elle aussi un devoir. Un devoir envers elle-même. Dans la nature, rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme. Si, par un acte symbolique, la victime ne redirige pas la culpabilité sur son agresseur, cette culpabilité de l'agression ne va pas se perdre, mais se retourner contre elle-même. Ainsi la nature punit-elle une seconde fois la victime d'une agression. La victime doit donc redresser le tort qui lui a été causé.

Comment redresser le tort? La vengeance personnelle en se battant physiquement contre l'agresseur n'est permise par la loi que dans le cadre strict de la légitime défense. Il y a aussi bien sûr une question de proportionnalité de la riposte, qui explique que certaines femmes battues qui ont tué leur mari ont malgré tout été condamnées par la justice. 

On peut aussi redresser le tort en dénonçant publiquement son agresseur, et notamment sur les réseaux sociaux. Le mouvement #metoo a démontré l'efficacité d'une telle pratique, et contribue grandement, en ce moment même, à changer les choses dans la société. Y compris dans les secteurs les plus reculés et médiévaux de la société, comme le milieu des éditeurs et des auteurs. Cette manière de répliquer entraînera logiquement la démarche suivante. 

Le moyen le plus classique et recommandé reste de porter plainte contre son agresseur. Là encore, pour les femmes, la manière dont leur plainte sera reçue dans les commissariats commence à évoluer en positif, et ce grâce au mouvement #metoo. Il peut arriver que consécutivement à la plainte, des journaux ou organes de presse relaient l'affaire, qui trouvera ensuite un écho dans les réseaux sociaux. 

Bien sûr, toute personne est présumée innocente tant qu'elle n'a pas été reconnue coupable, donc il faudra des éléments solides pour une dénonciation publique ou pour une poursuite judiciaire. 

Le pouvoir des réseaux sociaux est tel qu'il ne peut que contenir en germe des éléments d'injustice pour des personnes dont la réputation serait injustement ternie via une campagne de dénigrement habilement orchestrée. C'est pourquoi il est si important de pouvoir combattre l'anonymat sur les réseaux sociaux.

Il faut aussi se méfier comme de la peste des phénomènes de lynchage médiatique ou sur les réseaux.

Oui, il est fondamental pour la personne agressée de régler ses comptes. Mais s'il n'y avait pas de compte à régler, s'il n'y avait pas d'agression en réalité, si tout n'était que complot de sa part, il est tout à fait normal que la personne injustement accusée, soutenue par la justice, demande à son tour des comptes à cet accusateur. 

Ceci posé, la justice ne peut que considérer avec bienveillance une plainte qui émane d'une personne qui prend de gros risques en dénonçant son agresseur car celui-ci est dans une position de pouvoir: risques sur sa carrière et sur sa vie personnelle. En plus d'être considérées comme de simples citoyens, les victimes dans ce type de situation devraient aussi être considérées par la justice comme de potentielles lanceuses d'alerte. Si les faits sont suffisamment étayés, les chefs d'entreprises et hommes politiques puissants ne doivent bien sûr jamais être épargnés par la justice. 

C'est en tout cas mon avis.

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mardi 13 avril 2021

Carriérisme

Le carriérisme existe sous différentes formes dans le monde du travail. Mais qu'en est-il chez les auteurs ?  S'il existe, comment se manifeste-t-il ?

La peur du chômage aidant, le milieu du travail, en France notamment, se caractérise par son manque de mobilité. La plupart des gens ne cherchent à changer de boîte que contraints et forcés, ou bien si de réelles opportunités se présentent. La mobilité professionnelle va donc le plus souvent se faire en interne, avec des promotions basées sur le nombre d'années d'expérience. Mais les choses peuvent être différentes suivant le type d'entreprises et ce que l'employeur cherche à privilégier chez ses salariés.

Il y a différents profils de carriéristes:

- le sociopathe professionnel. Celui-ci, vous pouvez le retrouver à la tête d'une entreprise. Il ou elle est un professionnel du rapport de force, de l'intimidation et de l'intrigue. Narcissique, son but est de se valoriser avant tout et de faire croire aux autres qu'il ou elle est indispensable à l'entreprise. Son empathie et sa reconnaissance du travail accompli par ses collaborateurs est proche du zéro absolu, puisque tout se rapporte à lui. Si la personne est à la tête de l'entreprise, elle ne va nommer comme cadres que les personnes dont elle veut s'assurer du dévouement le plus total. Elle va se créer sa propre cour. Tenter de monter les uns contre les autres, par les jeux d'alliance. Les cadres ou employés jugés défavorables seront condamnés à la mort lente, placardisés, ou bien directement dégommés et accusés d'incompétence, démoralisés. Si jamais il doit rendre des comptes, la compétence et l'abnégation du sociopathe seront parfois mises en scène au travers de l'affichage de nombreuses heures de travail, en réalité improductives. C'est un maître de la mentalité "cover your ass". Souvent dangereux pour l'entreprise en raison de leur incompétence, les chefs d'entreprise arrivés à ce niveau ne peuvent se maintenir à flot qu'en raison d'employés ou cadres proches qui vont prendre sur eux la charge de travail et faire preuve d'initiatives heureuses. Le sociopathe n'aura aucun scrupule à les conduire jusqu'au burnout, sauf s'il sent que son propre poste est menacé en raison des réactions de ces personnes. S'il n'est pas à la tête de l'entreprise, le sociopathe tentera d'y parvenir par le jeu du dénigrement et de l'intrigue, via les jeux d'alliance

- le carriériste opportuniste. C'est le carriériste classique, qui tirera parti des opportunités d'avancement et saura manœuvrer pour obtenir une promotion ou un poste, en ayant aussi une bonne connaissance des réseaux de pouvoir. Contrairement au sociopathe, sa compétence n'est pas à remettre en cause, mais il a besoin d'autres armes que la simple compétence pour avancer plus rapidement en carrière

- l'anticarriériste, ou carriériste passif. L'espèce la plus répandue des trois. C'est l'employé prêt à toutes les concessions ou presque pour conserver son poste. Contrairement à la définition classique du carriériste, il ne veut pas forcément avancer dans la hiérarchie ou prendre des responsabilités: il veut juste garder son poste, préserver sa carrière à tout prix. Quand des collègues seront victimes d'injustice, il ne prendra parti pour eux que du bout des lèvres, et à la condition que les responsables hiérarchiques ne soient pas présents. De même, il ne se mettra jamais en grève. Il sera même prêt à se retourner contre les rebelles, quitte à les poignarder dans le dos, s'il estime cela indispensable à sa survie dans la boîte. Même si l'entreprise devait être mise en péril à cause d'un responsable incompétent, il trouverait des raisons pour le défendre jusqu'au bout, quelles que soient les conséquences, car il aurait ainsi le sentiment de préserver son poste. Le courage est un mot inconnu dans son vocabulaire

Le chef d'entreprise incompétent va bien sûr jouer sur les différents profils de carriéristes afin de se maintenir en place. L'égoïsme, le chacun pour soi et l'absence de sens du sacrifice ou de courage dans une entreprise sont pour lui le moyen de ne jamais avoir à assumer les conséquences de son incompétence. Jusqu'au dépôt de bilan, lequel ne figurera jamais sur son CV, vous pouvez en être sûr.

Dans le milieu de l'autoédition, le carriériste va repérer les lieux de pouvoir et chercher à se faire bien voir. Il s'agira de réseauter aux bons endroits, c'est à dire par exemple d'entretenir de bonnes relations avec les plates-formes de vente ou avec les blogueurs les plus influents. Le travail étant plutôt solitaire, et la compétence d'écriture s'avérant décisive pour les ventes, il est tout de même difficile de trouver des auteurs autoédités qui réussissent dans ce milieu et qui sont totalement incompétents -- à moins de parler des arnaques sur les sites de vente qui consistent à propulser des livres en tête des algorithmes en payant des gens pour les acheter par exemple, mais là on ne parle plus vraiment d'auteur autoédité, cela peut être n'importe qui. 

Dans le milieu de l'édition traditionnelle, j'ai connu une romancière qui m'a révélé sous le sceau de la confidence avoir été violentée par un éditeur très largement distribué en librairie. Malgré #metoo, malgré les mouvements féministes, et bien que ne travaillant pas pour cet éditeur, elle ne l'a jamais dénoncé publiquement. Le sociopathe dont elle a été victime se sert sans doute de cette forme de complicité involontaire de sa victime pour continuer. Et il est vrai que les choses sont compliquées, parce que personne n'a envie de se coller l'étiquette de "victime" sur le front.

Mais peut-être cette étiquette est-elle d'autant plus visible, en réalité, qu'elle est cachée? Peut-être cette volonté de montrer une apparente soumission à l'autorité, parfois parce que l'ego prend le dessus, et que l'on pense qu'on n'a pas d'autre choix pour faire carrière que de cacher ses blessures profondes, peut-être cette volonté est-elle ce qu'il y a de plus destructeur sur le plan personnel?

Il faut bien sûr se garder de juger ses pairs, mais j'assimile au minimum à du carriérisme passif le fait de ne jamais vouloir brûler de ponts, de garder ouvertes toutes ses options à tout prix. La violence exercée à votre encontre dans les milieux artistiques comme ailleurs peut bien sûr avoir des conséquences sur vous-même et votre vie familiale. Le fait de ne jamais dénoncer les gens de pouvoir fait bien évidemment que l'on reste dans le statu quo, et que les choses se perpétuent. 

#Metoo nous a appris que d'autres voies étaient possibles, à condition d'avoir l'âme un peu combattante. 

Et vous? Quel carriériste êtes-vous? Vous reconnaissez-vous dans l'un de ses profils, ou l'un de vos collègues? 

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mardi 14 juin 2016

Une idée pour le comptage des manifestants

L'écart entre le nombre de manifestants revendiqué par les syndicats et celui annoncé par la préfecture est à chaque fois ridiculement élevé. Pour y remédier en grande partie, les manifestants pourraient, en cours de manifestation, s'inscrire sur un site de comptage indépendant en acceptant la géolocalisation de leur smartphone. 

Le nombre permet d'asseoir la légitimité d'une manifestation et d'être mieux entendu. C'est pourquoi à l'occasion des manifestations contre la loi El Khomri, le nombre de manifestants sera, comme à chaque événement similaire, un enjeu de pouvoir. 

L'idée d'un comptage géolocalisé est, il me semble, rendue possible par le taux d'équipement en smartphones en France, très élevé. De manière pratique, les choses sont très simples: au moment de la manifestation, les participants se connectent avec leur smartphone sur Internet et s'inscrivent sur un site en acceptant au préalable la géolocalisation, et en n'ayant qu'à tapoter sur un bouton pour que l'inscription soit prise en compte.

La localisation des personnes participant à la manifestation pourra ainsi être corrélée avec le parcours de la manifestation et le moment précis où les personnes ont signalé leur présence, puisque tout se fait en temps réel.

Le site de comptage devra évidemment être tenu par une autorité indépendante, du gouvernement comme des syndicats. 

Le site sera en outre chargé de vérifier:

- qu'il n'y ait qu'un seul signalement par IP de smartphone
- que les IP de smartphone correspondent à des particuliers et non à des organisations syndicales ou à des entreprises
- qu'une personne possédant plusieurs smartphones ou tablettes ne se soit pas signalée plusieurs fois
- que les IP de smartphone correspondent à des abonnements (forfaits) ayant une ancienneté d'au moins trois mois
- que les IP de smartphone à la carte ne soient pas pris en compte

Il est clair qu'en ne prenant pas en compte les smartphones avec paiement à la carte, on ne pourra dénombrer tout le monde. Et ce d'autant moins que tout le monde n'a pas un smartphone, ni ne maîtrise le fonctionnement Internet de son smartphone. 

Mais le but serait de fiabiliser au maximum les infos, afin de partir d'un nombre de base qui serait vraiment le nombre minimum de manifestants. On saurait que les autorités préfectorales ne peuvent descendre plus bas, et cela permettrait de faire un pas vers la vérité.

Alors, que pensez-vous de mon idée? Fausse bonne idée?

dimanche 21 février 2016

Auteur autoédité, un "anti" emploi ?

L'auteur Thibault Delavaud explique sur son blog "Pourquoi être auteur n'est pas un métier". Si certains points qu'il aborde sont pertinents, je crois que la véritable question se pose plutôt en ces termes: pourquoi la société impose-t-elles de telles barrières à l'activité professionnelle en tant qu'indépendant, et en particulier en tant qu'auteur indépendant? Et une autre, subsidiaire: en quoi le fait d'estimer qu'être auteur n'est pas une activité professionnelle ne constitue-t-il pas un renoncement, une forme de démission? 

Il ne faut pas confondre "métier" dans le sens d'habileté manuelle ou intellectuelle acquise avec la pratique d'un métier et de l'expérience et "emploi", travail, fonction confiée à une personne moyennant rémunération.  

Si tout le monde peut en effet exercer le métier d'auteur comme le précise Thibault, tous ne seront pas en mesure de transformer l'essai, c'est à dire de transformer ce métier d'auteur en emploi rémunérateur. 

De la même manière, pour reprendre ses exemples, qu'un médecin, un boulanger ou un épicier ne trouveront pas automatiquement leur clientèle ni n'auront pignon sur rue simplement parce qu'ils maîtrisent leur métier et en ont acquis les compétences intrinsèques. 

Vivre de sa plume est un accomplissement, une performance, nous dit Thibault. Si l'on considère le nombre d'auteurs qui vivent de leur plume en comparaison avec le nombre de boulangers ou de médecins, on peut en effet être d'accord avec cela. 

Mais si cela est vrai, c'est parce qu'exercer l'emploi d'auteur autoédité avec un certain succès suppose d'être performant à plusieurs niveaux, non seulement dans celui de l'écriture, mais aussi dans celui, crucial, de la promotion et du marketing. Et pourquoi pas, accessoirement, en tant que maquettiste, typographe, relecteur/correcteur et créateur de site web - certains auteurs autoédités étant aussi de très bons designers de couvertures. 

Alors oui, on peut estimer que tout le monde peut être auteur, de la même manière que tout le monde peut être technicien de surface ou gardien de parking. Mais est-ce que le simple fait que tout le monde puisse exercer ces deux derniers emplois n'en fait pas aussi des métiers, dont les compétences peuvent être acquises sur le tas?

On pourrait même estimer qu'une personne ayant effectué de brillantes études de marketing et ayant le sens des affaires pourrait devenir un auteur autoédité à succès (et pas forcément un auteur autoédité de fiction, d'ailleurs) aussi bien qu'un brillant agent immobilier, ou vendeur de voitures, par exemple.

Il est clair que des trois activités, celle d'auteur sera sans doute la moins rentable, même pour un très bon promoteur. En d'autres mots, il ne le fera pas pour s'enrichir, mais par passion.

Si cette personne ne travaille pas à un certain moment le cœur du métier, qui est l'écriture, son succès a de fortes chances d'être éphémère, à mon humble avis. 

Thibault parle aussi de précarisation du métier d'auteur. Je pense que ce métier a toujours été précaire, dans la mesure où les auteurs traditionnellement édités remettent leur destin entre les mains d'un éditeur.

Au moindre caprice de l'éditeur, au moindre accident de la vie de cet éditeur qui vous a fait confiance, la carrière d'un auteur peut se retrouver au mieux remise en question, au pire brisée.

C'est pourquoi, entre autres, "l'ubérisation" de l'écriture par l'autoédition, dont parle Thibault, est vécue par de si nombreux auteurs américains de milieu de liste comme une véritable bénédiction. Enfin ils peuvent reprendre le contrôle!

En France, on a la nette impression que le système de cotisation n'a pas du tout été conçu pour le cas particulier, non seulement des auteurs autoédités, mais aussi de l'emploi individuel en général.

Le système semble inciter les gens à travailler dans les grandes entreprises, souvent d'ailleurs au prix de nombreux stages qui vous transforment en esclave, au détriment des petites et moyennes, et à fortiori des entreprises individuelles.

Pour preuve, les syndicats ne jouent leur rôle protecteur que dans les grandes entreprises (en dehors, c'est uniquement de la consultation).

Même le statut d'autoentrepreneur est inadapté, les charges étant trop importantes.

La question est hautement politique: je crois qu'il va falloir lâcher beaucoup de lest au niveau protection sociale des travailleurs indépendants pour leur permettre d'exercer leurs activités sans être sabordés par les charges.

Il faut aussi se poser la question: est-il préférable qu'une personne bénéficiant de la couverture maladie universelle soit au RSA, ou bien lui permettre d'exercer une activité où elle ne cotisera ni pour la maladie, ni pour la retraite, mais ne coûtera rien au département en termes de RSA, et paiera même des impôts?

Qu'est-ce qui revient le plus cher à la société? Qu'est-ce qui gonfle le plus le chiffre du chômage?

Je crois qu'il faut redonner le choix aux travailleurs ayant la possibilité d'exercer par eux-mêmes une activité peu rémunératrice de ne plus cotiser pour la retraite ni pour la Sécu, ni pour les ASSEDIC et en contrepartie, de faire une croix sur leur retraite en ne bénéficiant que de la couverture santé minimale. Certains préféreront encore cela à bosser pour un patron. Beaucoup préféreront cela au chômage.

Et qu'on n'aille pas me faire croire que les cotisations des moyennes et  grosses entreprises ne permettront pas de financer la CMU.

Parce que finalement, cela signifie quoi, de sacrifier ses conditions de travail au quotidien, en exerçant un emploi qui ne nous plaît pas, mais qui nous permettra (peut-être) de bénéficier d'une retraite à 65... 68... 70 ans? Plus?

Cela signifie, à mon sens, qu'on s'efforce de privilégier une vie longue à une vie de qualité. Que l'on accepte de dégrader son quotidien, au risque de limiter son espérance de vie en bonne santé, en se projetant dans un futur hypothétique. 

Alors certes, lorsque l'on considère les belles valeurs de solidarité de l'après-guerre qui ont permis aux gens de bénéficier d'une retraite décente et de la Sécurité Sociale, le métier d'auteur autoédité tel que je le conçois peut faire penser à un "anti" emploi. 

Je suis le premier à applaudir ces valeurs de solidarité. 

Mais lorsque le discours des conseillers emploi se résume à dire qu'il est impossible à une personne de créer son activité parce qu'elle paiera trop de charges, ou même, comble des combles, de conseiller à un artiste, dont l'activité est forcément à but lucratif puisque cet artiste cherche à gagner de l'argent avec son art, de créer une association à but non lucratif et de se faire rémunérer par elle, tout cela pour des raisons administratives, on se dit que franchement, on marche sur la tête!

Je le redis ici, on ne devrait pas avoir à cotiser pour la retraite ni pour la Sécu en dessous d'un certain seuil de chiffres d'affaire (et un seuil qui permette d'en vivre!), à partir du moment où l'activité artistique est l'activité unique.

Ce devrait être un choix de vie qui ressort de la liberté primordiale de chaque individu. 

Pour conclure, je dirais qu'il ne faut pas baisser les bras. Les lecteurs ne doivent rien aux auteurs, certes. Mais depuis l'aube de l'humanité, l'être humain a voulu qu'on lui raconte des histoires.

Refuser que cette activité soit une activité économiquement viable, alors même que les gens sont prêts à payer pour ce loisir (comme l'atteste le chiffre d'affaire global de l'édition), à l'heure de la société de loisir, ressort pour moi du déni pur et simple.

Sur le même sujet : 

- Les effets pervers des métiers alimentaires

- Les auteurs et écrivains: tous des "hobbyists" (amateurs)?

mardi 2 février 2016

Les effets pervers des métiers alimentaires

Béquille de l'artiste, et en particulier de l'auteur en quête de professionnalisation, les métiers alimentaires sont à la fois indispensables en ce qu'ils permettent la survie des artistes, en devenir ou accomplis, et "empoisonnants" car ils nuisent à tout ce qui est structuration de l'activité artistique: revenus dignes de ce nom, caisse de retraite et maladie digne de ce nom, mutuelle digne de ce nom. Sans compter que les auteurs ne formant pas un quatrième ni un cinquième pouvoir, ils ne bénéficient pas comme les journalistes d'une niche fiscale, et de nombreux auteurs ayant un métier alimentaire se retrouvent à cotiser deux fois, avec une fiscalité très défavorable au niveau artistique...

J'ai déjà établi dans un précédent billet que les auteurs et écrivains étaient considérés par les "professionnels du livre" comme des amateurs, mais sans aborder à aucun moment l'impact des métiers alimentaires. Il est temps d'y remédier.

Avant de le faire, toutefois, il faut tout de même constater que la principale explication à l'absence de structuration du métier d'auteur - même s'il existe un coûteux organisme de protection sociale, l'Agessa, s'adressant aux auteurs traditionnellement publiés - est à mon sens la désunion des auteurs. 

Tous les auteurs ne considèrent en effet pas leur activité comme une activité professionnelle. L'exemple de Stefan Wul, que je citais dans mon précédent article sur le sujet, est assez symptomatique à mes yeux.

Stefan Wul a écrit de merveilleux romans de Science-Fiction. Mais Pierre Pairault, son alter égo dans la vraie vie, était chirurgien dentiste. Il gagnait bien sa vie avec son métier, qu'il ne considérait pas comme alimentaire mais comme son vrai métier - et pour cause, je pense, étant donné les années d'études qu'il avait accomplies - l'écriture n'étant pour lui qu'un passe-temps divertissant.

Mon propre point de vue est évidemment différent: j'ai fait des études de lettres, j'ai gagné ma vie en tant que journaliste dans la presse écrite jeux vidéo - et à ce titre, je ne crache pas sur la fameuse niche fiscale, je ne fais que constater qu'une position tout aussi précaire qui n'est pas une position de pouvoir ne permet pas de l'obtenir - avant de devenir auteur à temps plein. Je vis mon rêve, et mon rêve emplit ma vie.

Un troisième auteur estimera que les métiers alimentaires sont indispensables pour l'auteur à la prise en compte de situations réelles, dans la vie professionnelle, qui amélioreront ainsi l'aspect réaliste et documenté d’œuvres, fussent-elles de fiction.

Autant d'auteurs, autant d'avis. 

Il n'en reste pas moins que la société évolue. La mécanisation, la robotisation, l'informatisation transforment les métiers. 

Un tiers des citadins de Paris intra-muros exerçant une activité professionnelle sont liés à l'intermittence du spectacle - statut perpétuellement menacé par notre société dans le déni, cela dit en passant. Le chiffre d'affaire de la presse, du cinéma et de toutes les activités artistiques a dépassé en France celui de l'automobile.

De plus en plus, nous évoluons vers une société de loisirs.  Un exemple concret parmi d'autres ce sont les vidéos sur Youtube. 

Mon fils regardait l'autre jour une vidéo Youtube de Plant versus Zombie. Elle a été vue plus de deux millions de fois. En faisant un rapide calcul, une vidéo visionnée 1000 fois et intégrant de la pub rapportant à son auteur 1 euro, l'auteur de cette vidéo a gagné 2000 euros. Pour une vidéo d'un joueur jouant à un jeu.

Et encore, vous pensez bien que le "deal" est très largement favorable à Youtube, qui engrange des sommes astronomiques.

Mais je digresse. Revenons au cœur du sujet. Lorsque deux auteurs vont démarcher un éditeur,  l'un ayant un métier alimentaire, l'autre non, à votre avis, lequel défendra le mieux son beefsteak?

Il est évident que seule, la petite portion d'auteurs qui estiment que leur métier est une activité professionnelle à part entière sera à même de défendre ses droits plus efficacement.

Bien sûr, on peut envisager des cas où l'auteur exerçant un métier alimentaire à temps partiel et voulant passer à temps plein sur l'écriture refusera le marché de dupes proposé par l'éditeur, là où l'auteur au RSA aura des étoiles dans les yeux à l'idée d'être publié, et signera le contrat en l'ayant à peine lu.

Il ne s'agit pas pour moi de jeter la pierre à quiconque. Dans un cas comme dans l'autre, il est indispensable d'arriver dans une négociation dans une position autre que celle de la faiblesse absolue. Il faut pouvoir dire non.
Parce que si on ne le fait pas, si on se dit: "de toute façon, peu importe si je ne reçois qu'une aumône, j'ai mon métier alimentaire derrière", au final, quel est l'objectif de notre démarche? Le prestige?

C'est malheureusement une triste réalité: de nombreux auteurs traditionnellement édités sont en réalité dans une démarche de vanity publishing... démarche qui nuit à tous leurs pairs. 

Quel argument, alors, opposer aux éditeurs? Quelle alternative?

L'autoédition, bien sûr.

Je sais bien que les revenus liés aux ventes d'ebook restent maigres, en France. Mais à partir du moment où un éditeur ne vous propose que des miettes, pourquoi ne pas se positionner sur d'autres miettes, sur lesquelles vous aurez au moins le contrôle?

Pour finir sur une note plus positive, je suis ravi de voir que de plus en plus, les auteurs autoédités en France s'organisent. Ravi de voir que des auteurs comme Marie-Laure Cahier et Elizabeth Sutton ont pu négocier de garder le contrôle sur les droits numériques de leur ouvrage, Publier son livre à l'ère numérique, tout en ayant le livre papier publié traditionnellement.

Je suis persuadé qu'elles ne sont pas arrivées en position de faiblesse au moment de négocier. 

Quant au problème des métiers alimentaires, il est de l'ordre de celui de l’œuf ou de la poule. Je ne crois pas que seuls, les métiers alimentaires contribuent à la précarisation des artistes, de même que je ne crois pas que la seule manière de traiter les auteurs par les éditeurs engendre la paupérisation des premiers.

Les choses sont imbriquées à de nombreux niveaux.

Sur le même sujet: 

- Les auteurs et écrivains: tous des "hobbyists" (amateurs)?
- Auteur autoédité, un "anti" emploi? 

mardi 23 décembre 2014

[Archive 15 mai 2014] "Je me sens piégé dans mon boulot"

On parle souvent du "fléau", du "cancer du chômage". On parle beaucoup moins des Français sans doute plus nombreux encore qui se sentent piégés dans leur boulot. On se rend bien compte que cette angoisse permanente (et sous-jacente) liée à l'opprobre du chômage, à la perte de sécurité sociale (même si la couverture maladie universelle existe) et d'une mutuelle, à l'impossibilité de se constituer une retraite, toute cette anxiété est totalement contreproductive et mine les fondements de la société. Mais comment y remédier? Sans prétendre vouloir régler le problème, il serait bon de se pencher sérieusement sur le sujet.

En tant qu'auteur qui a fait le choix de quitter son travail alimentaire pour passer à plein temps sur l'écriture, on comprendra que ce sujet me touche particulièrement. L'un de mes pairs, Neil Jomunsi, a publié récemment un article sur son blog intitulé Du revenu de base et de ses potentiels effets inattendus sur la littérature (et l’art en général), qui, tout en me donnant des pistes de réflexion, m'a incité à me poser la question de manière plus générale.

Les premiers jours après être passé à temps plein sur l'écriture, je l'avoue, j'ai mal dormi. Bien que me trouvant dans une situation privilégiée, et n'ayant, grâce à un héritage familial, plus besoin de rembourser mon prêt immobilier, j'ai tout de suite été victime de la pression sociale.

Ma femme a soutenu mon choix, mais elle ne pouvait me protéger contre mes propres angoisses. Etant l'auteur de l'article Mediastox, un outil pour évaluer la toxicité des médias, et ayant été formé dans une Ecole de Journalisme à Paris, je connaissais parfaitement l'aspect "caisse de résonnance" des angoisses qui nous viennent des médias, et en particulier des médias audiovisuels (radio et télé).

Je savais que le fait de maintenir la population dans une anxiété permanente est en fait une stratégie marketing visant, soit à susciter davantage d'audience, soit à susciter plus facilement des actes d'achat pour le consommateur (les deux étant étroitement liés, de par les publicités diffusées avant et/ou après les infos). Je savais les enjeux immenses pour les grands groupes derrière cette stratégie.

Depuis les problèmes de harcèlement au travail dont a été victime ma femme, je savais aussi, non plus en théorie mais en pratique, quel pouvoir cette angoisse sous-jacente de perdre son boulot, et tous les avantages qui vont avec, pouvait donner à des petits chefs qui masquent leur propre incompétence en privilégiant l'attaque pour ne pas avoir à rendre eux-mêmes des comptes.

L'une de mes motivations non négligeables en tant qu'auteur à temps plein me vient justement du fait de ne plus devoir dépendre d'un petit chef pour vivre de mes activités.

J'avais donc déjà des armes pour lutter contre mon angoisse. Gavin de Becker, avec son ouvrage The Gift of Fear m'a donné deux autres règles cardinales:
- Le fait précis que vous craignez quelque chose est la preuve formelle que cette chose n'est pas en train de vous arriver
- Ce qui engendre la peur réelle est rarement ce que vous pensez que vous craignez - c'est ce que vous liez à la peur.

Mon interprétation de la seconde règle de De Becker est la suivante, au travers de cet exemple: lorsque vous êtes en face d'un chien qui grogne, la peur que vous ressentez est fondée car votre intuition sait qu'un chien qui grogne va attaquer de manière imminente (selon les comportementalistes canins, les chiens qui aboient ne sont pas directement en phase d'attaque, ils le font pour rallier d'autres membres de la meute, c'est leur instinct qui les guide). Le fait qu'il ne l'ait pas encore fait vous laisse une marge de manoeuvre, ce qui nous ramène à la première règle. Mais lorsque vous croisez un chien sans son maître dans la rue et que vous vous mettez à penser qu'il a peut-être la rage juste parce qu'il n'a pas de maître, là, c'est votre imagination qui se met à construire une hypothèse infondée.

Donc, nos craintes conscientes et élaborées ne sont pas en rapport avec un danger réel et immédiat pour nos vies. C'est une évidence, mais cela vaut la peine d'être souligné, dans le climat si propice à l'exacerbation des angoisses dans lequel nous vivons.

Il n'en reste pas moins que perdre son travail a des conséquences directes, bien sûr. Ces conséquences sont mille fois plus anxiogènes dans un contexte de chômage que dans celui de plein emploi. Ce qui, bien sûr, stratifie de plus en plus les gens dans leur boulot. Ils se sentent pris au piège, et à juste titre. 

Si une solution devait être trouvée, elle devrait selon moi consister à retrouver l'état d'esprit des Trente Glorieuses. Comment? Eh bien, non seulement grâce au revenu de base, mais grâce à un système entier de prise en charge social et de logement qui ne laisserait personne sur le carreau.

Il faudrait aussi, bien entendu, déculpabiliser les personnes sans travail, et que les médias et hommes politiques cessent de brandir à tout bout de champ le Roi Chômage comme un épouvantail.

Oui, il y a moins de travail dans une société qui n'est plus en reconstruction. Et alors? Il faudrait repartir avec "une bonne guerre"? Se retrouver terrés à des kilomètres sous terre dans des abris, et y attendre 500 ans la fin de l'hiver nucléaire, dans l'espoir de pouvoir de nouveau rebâtir et connaître le plein emploi? Et avoir enfin la chance infinie que les médias cessent de nous casser les oreilles avec le chômage?

Alors certes, le système que je préconise ressemble à une utopie. De même que la Sécurité Sociale aurait parue utopique au XVIème siècle. Il faudrait bien entendu repenser en profondeur le système de répartition des richesses.

Mais dans ce cas, ne pourrait-on pas objecter qu'un Etat qui peut d'un claquement de doigts faire disparaître tous les privilèges des citoyens serait un véritable cauchemar, et que seule l'initiative privée peut sauver les individus?

Franchement, je ne crois pas en cette dernière hypothèse. Je crois que nous devons nous faire confiance en tant que collectivité, restaurer les valeurs de solidarité entre citoyens. Il nous faut un filet de sécurité universel et non culpabilisant pour ceux qui y ont recours. Quelque chose qui nous permette, non pas d'être plus dépendants, mais plus libres, au contraire, dans nos choix professionnels. Quelque chose de facilitant pour l'initiative privée, et non l'inverse.

Et dans ce filet universel, le logement doit occuper la première part, car c'est sans doute l'une des principales causes de stress. J'ai bien conscience que je n'aurais pas pu faire ce choix de vie porté à 100% vers l'écriture si ce problème n'avait pas été résolu pour moi.

Et pour ma retraite et ma mutuelle, me direz-vous? Eh bien oui, j'ai fait le choix personnel de m'en priver, parce que ces deux facteurs limitaient de trop ma liberté et ma marge de manoeuvre. C'est un choix personnel, et chaque personne en face d'un tel choix doit soigneusement peser le pour et le contre.

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