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mercredi 22 avril 2026

Tristan

De quelle manière le creuset familial a-t-il pu former les auteurs que nous sommes devenus? Je crois que les auteurs ont tout intérêt à se poser cette question, afin de mieux se connaître eux-mêmes. Sinon, il est fort probable que nous commettions encore et toujours les mêmes erreurs.

On a tous besoin d'un modèle pour grandir. Le mien était Tristan, mon frère aîné. Un esprit brillant. Affûté. Rigoureux. Critique. Je l'admirais au point qu'à un certain moment, il s'est plaint aux parents que j'essayais trop de lui ressembler. Copycat, quand tu nous tiens...

Dans le même temps, il y avait de la rivalité fraternelle entre nous, somme toute naturelle. Au quotidien, côtoyer quelqu'un capable de déceler la moindre faille de raisonnement, et qui ne va pas se priver pour pointer le doigt dessus, peut s'avérer un tantinet pénible. Pour nous défouler, nous avions une table de ping-pong dans le jardin. Nous faisions des matches. Tristan me battait systématiquement. 

Avec l'adolescence est aussi venu l'esprit de rébellion. La rivalité fraternelle a joué un rôle dans mon idée, non seulement de m'inscrire au club de ping-pong voisin, le légendaire TT Manosquin, mais aussi d'y pratiquer la compétition. C'était les années 80. J'ai eu la chance d'avoir pour entraîneur Christophe Lebrun. Victime d'un handicap physique, "Chris" n'a jamais pu coller au niveau de son frère Stéphane. Oui, Stéphane Lebrun, le papa des prodiges Félix et Alexis, les stars du ping français. 

Mais Chris était doué, et, grâce à ma participation à des compètes, j'ai pu battre à mon tour Tristan. Suffisamment souvent, d'ailleurs, pour que ça devienne une source de frustration pour lui.  

Bourreau de travail, inspiré par une rencontre déterminante avec Hubert Reeves, Tristan est devenu astrophysicien, médaille de bronze du CNRS, puis, en 2023, titulaire de la médaille Runcorn-Florensky

Une vraie fierté pour la famille. Tristan avait sauté deux classes. Moi qui avais redoublé ma sixième, j'ai fini par devenir auteur autoédité. On pourrait presque dire, si on voulait être un peu acerbe ou amer, "l'un est devenu une star de l'astrophysique, l'autre une bouse de la littérature". 

Mais une bouse, vous savez, ça a au moins l'avantage de fertiliser. 

Je plaisante, bien sûr. Il n'est pas étonnant que je ressente encore cette rivalité, parce que je n'ai jamais vraiment franchi le cap de l'adolescence. 

Alors, oui, c'est vrai, quand vous avez la curiosité de taper Alan Spade sur Google et que le premier résultat, c'est Alan S.Blood, poète, vous vous dites, vous qui n'avez jamais écrit un poème de votre vie, que même Google ne sait pas qui vous êtes. Mais, au-delà de votre référencement ultra merdique, l'important, c'est de savoir que vous avez dépassé les 16000 livres papier vendus en romans SF, Fantasy et Thrillers, et que de ce fait, vous appartenez à un cercle fermé. Encore plus fermé pour un auteur autoédité dont les livres ne sont pas présents en rayon de librairie. Eh oui, nous ne sommes pas nombreux à en avoir vendu autant en volumes physiques. 

En même temps, lorsqu'on a des souvenirs qui nous reviennent, et que l'on a quelques notions de psychologie, on se pose des questions. A la fin de mon examen de permis de conduire, à mes 18 ans, l'examinateur m'avait dit que je me noyais dans un verre d'eau. Avant de me délivrer malgré tout ledit sésame, parce qu'il savait faire la part des choses, et discerner le bon conducteur de l'individu perdant ses moyens en raison du regard critique porté sur lui.  

Souvenir aussi d'une conversation avec ma mère, m'apprenant que mon père avait tendance à se dévaloriser. Beaucoup plus récemment, en 2023, dans un autre article de ce blog, j'écrivais ceci: En tant qu'auteur notamment de Science-Fiction, quand j'écris mes romans, j'ai souvent l'impression d'avoir mon frère aîné Tristan Guillot qui regarde par-dessus mon épaule de son œil féroce. Non pas que je fasse appel à lui pour mes romans, non. C'est juste une impression qui me vient sans doute de mon enfance et de mon adolescence et du rôle qu'il a joué dans celles-ci. 

En termes freudiens, le surmoi vient contrecarrer le ça, les instincts primaires, ce qui est essentiel. Mais du surmoi émane également l'esprit critique. Ma théorie vaut ce qu'elle vaut, bien sûr. D'après celle-ci, j'ai incorporé les critiques de Tristan dans mon surmoi. Mon "moi" n'a pas été spécialement renforcé par l'identification à mon père, qui avait tendance à se dévaloriser. Et donc mon surmoi, survitaminé par l'influence de mon frère, a débordé de son rôle pour me dévaloriser, et m'entraîner dans un complexe d'infériorité. 

Pourquoi je vous raconte des choses aussi intimes? Pour démontrer que tout ça peut avoir un impact sur votre activité d'auteur, si vous êtes confronté à des problèmes psychologiques du même ordre. Le dicton du jour, et que je viens d'inventer : le daim, la nuit, dans les phares de l'auto, ne se sent plus aussi sûr de lui. 

Les phares, dans cette métaphore, c'est votre surmoi. Mais c'est aussi le coup de projecteur sur votre bouquin. 

En principe, avec un surmoi plus développé, votre sens critique au top va vous permettre de choisir la meilleure couverture, le meilleur titre pour votre roman et la meilleure présentation. 

Ou pas. 

La couverture, le titre et la présentation représentent l'exposition de votre bouquin au public. C'est le moment où vous êtes dans la lumière des phares. Malgré tout le sens critique du monde, si vous êtes comme moi, alors vous n'avez pas forcément tous vos moyens. 

Depuis le changement de titre de mon roman de SF L'Essence des Sens en L'Indicible Complot, j'ai cette impression familière et dérangeante. Cette impression que mon pire ennemi, c'est moi.

J'ai opéré ce changement de titre grâce au point de vue extérieur de ma femme, qui m'avait fait une réflexion à ce sujet. Et je me rends compte que je ne suis sans doute pas le mieux à même de prendre les décisions qui vont permettre à mes romans une meilleure visibilité. Il n'y a qu'à voir mon référencement, n'est-ce pas... En même temps, je ne veux pas dépendre entièrement de mes proches pour le choix des titres, présentation, et couvertures. Parce que si ça ne marche pas, ce serait trop facile de leur en faire le reproche.  

Et donc, j'ai décidé de faire appel à l'intelligence artificielle pour deux de ces trois éléments, et de demander son avis à l'IA pour la troisième. Je continuerai donc à faire appel à des artistes pour mes couvertures, mais en demandant une suggestion de couverture à l'IA sous forme textuelle. C'est à dire que les artistes travailleront selon les critères de l'IA correspondant à mon bouquin. Et je confierai le titre et la quatrième de couverture à l'IA. Avec bien sûr un regard critique sur le résultat, et des corrections possibles, par exemple si l'IA spoile (divulgue trop) l'intrigue. 

De cette manière, l'IA joue le rôle d'une personne extérieure compétente. Un peu comme un directeur de collection dans une maison d'édition. J'externalise. C'est le secret, je pense, pour ne plus être pris dans la lueur des phares et se mettre, de manière perverse, à jouer contre son propre camp. 

Si vous êtes auteur, peut-être tirerez-vous parti de mon conseil. On ne pourra pas vous reprocher de faire appel à l'intelligence artificielle, du moment que celle-ci se contente de piller votre propre bouquin

Mais si vous êtes lecteur? Ou les deux? 

Quand vous lisez l'un de mes romans, si vous n'arrivez pas à trouver de faille logique dans l'intrigue. Si la cohérence de l'histoire, sa cohésion interne vous semble à l'épreuve des balles, c'est Tristan qu'il vous faut remercier.   

mardi 16 décembre 2025

Une longue liste

Quand on vieillit suffisamment, on s'aperçoit que le nombre de personnes que l'on a connues et qui sont mortes représente une foule considérable. En ce qui me concerne, en cette année 2025 en particulier, les morts sont venus toquer à la porte. 

J'aime, de temps en temps dans ce blog, aborder des sujets tabous. Des sujets qui, en temps normal, forcent en quelque sorte au silence. C'est une manière pour moi de défier l'entropie. J'avais déjà abordé le sexe dans cet article

Aujourd'hui, c'est la mort. Je le fais en pensant non seulement à mes proches décédés en cette année 2025, mais aussi bien sûr, à leurs familles et à leurs proches, qui ressentent du chagrin et qui souffrent. J'ai envie, au travers de cet article, de leur envoyer de l'amour. Bien sûr, ils ne le liront pas forcément. Il y a donc aussi, pour moi, une fonction thérapeutique à écrire cet article. Je n'ai pas pu me rendre à tous les enterrements. J'ai envie, en quelque sorte, de marquer le coup, pour mieux traverser cette épreuve. La mort fait partie de la vie, il n'est pas question ici de se complaire dans la douleur ni de se plaindre. 

Désolé pour l'aspect funèbre en une période qui devrait être de fête, aujourd'hui étant, de surcroît, l'anniversaire de mon fils.

Il y a d'abord eu ma tante Cécile début 2025. L'une des sœurs de ma mère, qui avait plus de 80 ans et vivait à Mons, en Belgique. Elle qui avait en horreur l'impotence a été victime d'une maladie cardiaque qui l'a rendue, à son corps défendant, impotente. Plutôt que de la faire admettre en soins palliatifs, sa famille proche a fait corps de manière admirable. Elle est restée à son domicile, où nous sommes allés la visiter en famille, et ses filles et ses petites filles se sont relayées pour l'assister jour et nuit jusqu'à la fin. Ma mère elle-même, qui a 82 ans, est venue lui porter assistante pendant une semaine. Elle en est revenue lessivée. Cécile et Jean-Pierre m'avaient généreusement accueilli chez eux à l'époque où le festival Trolls & Légendes recevait encore des auteurs autoédités.

Il y a eu Izoumi, notre chat domestique. La présence dans cet article d'un animal de compagnie peut sembler incongrue, mais le cœur ne fait pas de différence entre les espèces. On s'attache à ces petites choses. Ses problèmes rénaux se sont aggravés, il ne cessait de maigrir et à la fin, ne se nourrissait plus. Nous avons dû le faire euthanasier. C'était l'animal domestique au caractère le plus doux que j'ai connu.

Et puis il y a eu la maman d'Anne-Christine, ma femme. Malgré le décès de son mari en 2020, et le fait qu'elle se retrouve seule à Dijon, Emmanuelle n'a jamais voulu quitter son appartement pour se rapprocher de nous à Pontoise. Elle voyait de moins en moins souvent son médecin, se contentant de sa pharmacienne. Ses jambes faiblissaient malgré la pratique de vélo d'appartement. Pour une raison inconnue, à la fin juillet, elle a fait un malaise dans son appartement. Elle est tombée et s'est ouvert le crâne sur son parquet. Elle avait 86 ans. Nous n'avons pris conscience du drame que trois jours plus tard, grâce à un voisin qui avait remarqué qu'elle n'avait pas ouvert ses volets. C'était quelqu'un d'un bord radicalement opposé politiquement par rapport à moi, mais nous étions complices malgré tout et avions des débats enflammés. Une mamie gâteau, très généreuse envers nous. Anne-Christine se remet peu à peu de cette perte inattendue.

Ensuite, il y a eu Djamchid, le père d'un ami de l'époque du lycée de mon frère Tristan, Keyvan, qui est aussi devenu le mien un peu plus tard. Les relations que nous tissons sont ce qui nous définit. J'ai vu Keyvan fonder sa "première famille" à Volx et je garde un souvenir heureux des moments passés ensemble. La vocation musicale de Keyvan lui est venue de son père, je sais donc que les liens qui les unissaient étaient forts. Je lui envoie, à lui comme à tous les autres, mon amour. 

Enfin, autre rappel d'un passé plus lointain encore, il y a eu Martine, une amie de mes parents à l'époque de la Côte d'Ivoire. Dans son cas, c'est comme si le destin l'avait pointée du doigt et avait décidé qu'elle ne passerait pas 2025. Diagnostiquée d'un cancer foudroyant en septembre, elle est décédée en décembre, à l'âge de 79 ans. Son mari, Jean-Yves, montre un courage admirable. Quelle sagesse, quelle sérénité dans cet homme! Leurs enfants Alexis, Marie-Liesse, Joëlle et François sont de la même génération que mes frères, ma sœur et moi, et nous avons eu une enfance heureuse, et d'excellents souvenirs. Il y a des amis plus proches que d'autres, que l'on considère comme sa propre famille. Ils en font partie.  

Même si c'est un prisme nombriliste, en rassemblant tous les morts avec lesquels nous avons été en relation, il y a moyen de retracer des pans entiers de notre vie. Ces morceaux de vie ne meurent pas avec les défunts, mais sont ravivés au contraire, et nous rappellent à nos souvenirs. 

En général, je préfère regarder vers l'avant plutôt que vers l'arrière. Vivre le moment présent en préparant l'avenir. Mais le regard vers le passé permet aussi de se prémunir du déni. De comprendre et d'accepter. Et d'aimer. Qu'ils reposent en paix. 

mardi 23 novembre 2021

Un outil contre le harcèlement

Comment lutter contre le harcèlement? Il faudrait littéralement aller au cœur des choses. L'une des réactions physiques en cas de harcèlement ou de violence est la hausse du rythme cardiaque. Il s'agirait donc de monitorer la vitesse des battements de cœur à l'aide de montres connectées afin, soit de déclencher une alerte en temps réel, soit, à minima, de pouvoir monter un dossier contre un harceleur. C'est évidemment plus facile à réaliser dans des conditions de travail de bureau plutôt que dans une cour d'école, où les causes de changements de fréquence cardiaque peuvent être multiples. 


Si, comme la grande majorité des Français, vous effectuez un travail de bureau, et que vous n'êtes donc pas en train de construire le sommet d'un gratte-ciel, il y a de fortes chances que votre rythme cardiaque soit stable en général. Le fait qu'il accélère d'un coup dans un travail de bureau peut être le signe que vous avez peur, et que vous êtes donc victime d'une agression verbale ou d'un harcèlement. 

On peut bien sûr imaginer que vous ayez un cœur d’artichaut et que vous tombiez amoureu(x)se souvent, même si le lieu de travail habituel n'est pas toujours l'endroit le plus indiqué.

Il existe aussi des affections médicales susceptibles de modifier votre rythme cardiaque. 

On se doit enfin d'imaginer le cas d'un employé qui chercherait à discréditer son employeur en faisant valider par huissier, lequel suivrait en temps réel sur un site internet la hausse de la fréquence cardiaque de l'employé au moment même de son rendez-vous proposé par email (avec horaire précis tenant lieu de preuve) par l'employeur. Cet employé tordu aurait au préalable ingéré un médicament susceptible de perturber son rythme cardiaque. 

Si l'enjeu est de "faire tomber" l'employeur, la motivation pourrait être suffisante pour avoir recours à ce genre de stratagème en dépit du danger pour la santé.

L'idée de la montre connectée a donc ses failles, et ne pourrait, à mon sens, que constituer l'un des éléments à charge dans un dossier contre un employeur. 

Comment fiabiliser la chose? Peut-être en étudiant de manière plus fine les situations de stress au bureau, pour arriver à déterminer, par exemple, quelle fréquence cardiaque serait du domaine de la peur, quelle autre relèverait de la simple angoisse acceptable, quelle fréquence correspondrait au fait d'être amoureux, ou d'éprouver du désir, etc. Les différents seuils.

Si on fait en sorte que tous les employés soient équipés d'une montre connectée, et que l'on fait des recoupements par rapport à des entretiens avec la direction ou un cadre, on pourrait établir s'il s'agit juste d'un employé qui a des rapports compliqués avec sa hiérarchie, quelle qu'elle soit. Ou bien s'il y a effectivement harcèlement systématique dans une entreprise, ou management par la peur.

D'autres indices existent bien évidemment, comme la multiplication d'arrêts de travail dans une entreprise, la réputation que peut avoir untel ou unetelle.

Si l'on analyse en tout cas ce que nous sommes, nous autres singes évolués, il y a de fortes chances que l'on aboutisse à la conclusion que nous sommes des mammifères passablement agressifs. 

Il serait donc logique, pour une société bienveillante, que nous déterminions dans quelles circonstances peuvent s'exercer les rapports de force les plus délétères, et que nous prenions les mesures adéquates pour faire de la prévention, ou même de la dissuasion. 

Bien entendu, le syndrome du Supertanker va rendre plus difficile l'application de mesures dirigées contre des personnes en position de pouvoir. Il est donc possible que le genre de mesures que je préconise ne soit pas près de voir le jour

Comme d'habitude, les choses se règleront donc à la fois par le rapport de force, par la jurisprudence, et peut-être aussi par le glissement progressif vers une société plus évoluée. 

Mais plutôt que de rester passives, je pense important que les personnes victimes de harcèlement prennent des mesures susceptibles de faire avancer les choses. Souvent, le problème est d'obtenir des preuves. Donc, obtenir une preuve concrète d'une hausse de fréquence cardiaque au moment précis d'une ou de plusieurs réunions ou entretiens avec la hiérarchie peut à mon avis (je ne suis pas juriste ni ne prétend l'être) être retenu par la justice, si cela s'ajoute à d'autres éléments suffisamment probants. 

Autres articles sur le même sujet : 

- Le syndrome du Supertanker

- Carriérisme

- Le Tort tue


mardi 27 avril 2021

Le tort tue

On a beau avoir une carapace, le tort tue. Cela pourrait paraître contre-intuitif, mais la victime d'une agression a elle aussi un devoir. Un devoir envers elle-même. Dans la nature, rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme. Si, par un acte symbolique, la victime ne redirige pas la culpabilité sur son agresseur, cette culpabilité de l'agression ne va pas se perdre, mais se retourner contre elle-même. Ainsi la nature punit-elle une seconde fois la victime d'une agression. La victime doit donc redresser le tort qui lui a été causé.

Comment redresser le tort? La vengeance personnelle en se battant physiquement contre l'agresseur n'est permise par la loi que dans le cadre strict de la légitime défense. Il y a aussi bien sûr une question de proportionnalité de la riposte, qui explique que certaines femmes battues qui ont tué leur mari ont malgré tout été condamnées par la justice. 

On peut aussi redresser le tort en dénonçant publiquement son agresseur, et notamment sur les réseaux sociaux. Le mouvement #metoo a démontré l'efficacité d'une telle pratique, et contribue grandement, en ce moment même, à changer les choses dans la société. Y compris dans les secteurs les plus reculés et médiévaux de la société, comme le milieu des éditeurs et des auteurs. Cette manière de répliquer entraînera logiquement la démarche suivante. 

Le moyen le plus classique et recommandé reste de porter plainte contre son agresseur. Là encore, pour les femmes, la manière dont leur plainte sera reçue dans les commissariats commence à évoluer en positif, et ce grâce au mouvement #metoo. Il peut arriver que consécutivement à la plainte, des journaux ou organes de presse relaient l'affaire, qui trouvera ensuite un écho dans les réseaux sociaux. 

Bien sûr, toute personne est présumée innocente tant qu'elle n'a pas été reconnue coupable, donc il faudra des éléments solides pour une dénonciation publique ou pour une poursuite judiciaire. 

Le pouvoir des réseaux sociaux est tel qu'il ne peut que contenir en germe des éléments d'injustice pour des personnes dont la réputation serait injustement ternie via une campagne de dénigrement habilement orchestrée. C'est pourquoi il est si important de pouvoir combattre l'anonymat sur les réseaux sociaux.

Il faut aussi se méfier comme de la peste des phénomènes de lynchage médiatique ou sur les réseaux.

Oui, il est fondamental pour la personne agressée de régler ses comptes. Mais s'il n'y avait pas de compte à régler, s'il n'y avait pas d'agression en réalité, si tout n'était que complot de sa part, il est tout à fait normal que la personne injustement accusée, soutenue par la justice, demande à son tour des comptes à cet accusateur. 

Ceci posé, la justice ne peut que considérer avec bienveillance une plainte qui émane d'une personne qui prend de gros risques en dénonçant son agresseur car celui-ci est dans une position de pouvoir: risques sur sa carrière et sur sa vie personnelle. En plus d'être considérées comme de simples citoyens, les victimes dans ce type de situation devraient aussi être considérées par la justice comme de potentielles lanceuses d'alerte. Si les faits sont suffisamment étayés, les chefs d'entreprises et hommes politiques puissants ne doivent bien sûr jamais être épargnés par la justice. 

C'est en tout cas mon avis.

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