vendredi 24 mai 2019

Déni de démocratie

La notion de "vote utile" dans le sens: "votez pour moi parce que de cette manière, votre voix comptera, parce que j'ai le plus de chances de gagner" est un déni de démocratie. Cette notion introduit le droit du plus fort en politique: "votez pour le plus fort." Or, dans une démocratie digne de ce nom, on ne vote pas pour le plus fort, mais pour des idées. Quelle est la solution? Pour moi, elle est radicale: supprimer entièrement les sondages dès lors qu'il y a vote du public pour élire des représentants nationaux ou européens. Les interdire, car ce sont les sondages qui introduisent la notion de rapport de force et de compétition en politique. 

La dérive de chaque élection vers une sorte de compétition de type show télévisé ou sportif ne pourrait exister à ce point sans les sondages. Imaginez des journalistes qui n'auraient plus accès à aucun sondage: ils seraient forcés d'analyser les idées et les programmes des candidats, sans pouvoir sensationnaliser chaque élection à la manière d'une course hippique. 

"Mais Alan, les sondages existeront toujours: si on les interdit en France, on aura des sondages en provenance de Suisse ou de Belgique, parce que les gens veulent savoir à l'avance."

Pour moi, c'est une question d'éducation: si chaque personne qui reçoit un appel d'un institut de sondage est suffisamment éduquée et informée pour répondre qu'elle ne souhaite pas dire pour qui elle va voter afin de ne pas influencer le vote, et ce faisant ne pas privilégier une forme de droit du plus fort pour privilégier le débat d'idées, alors, on aura fait un vrai pas vers une société plus avancée démocratiquement. Les instituts de sondage politiques seront forcés de déposer le bilan.

Cela signifie que chaque petit candidat aura sa chance. 

"Oui, mais Alan, comment on fait pour le financement des partis? On sait qu'il faut atteindre un certain seuil pour être remboursé."

Oui, dans le système actuel, il faut atteindre un certain seuil de votes. De votes, et non d'intentions de vote. C'est à dire que les sondages n'ont rien à voir là-dedans. 

Je pense que chaque élection devrait être organisée sur le principe du crowdfunding, avec interdiction pour les entreprises, nations étrangères ou les groupes d'influence de financer les candidats. Chaque candidat devrait monter sa propre campagne sur internet pour se faire financer. 

"Est-ce que ça ne va pas favoriser les personnalités les plus en vue ou les artistes?"

C'est une possibilité. Néanmoins, les gens font-ils confiance aux artistes pour leurs idées? Je crois qu'ils savent faire le distingo entre les idées constructives pour la société et la simple notion de popularité.

Je ne prétends pas avoir toutes les réponses, mais je suis sûr d'une chose: les sondages favorisent l'aspect compétition, l'aspect rapport de force, et cela n'a pas lieu d'être pour une société qui cherche à élire les gens qui ont les meilleures idées pour l'ensemble de la société. 

Seule la notion de "vote utile, parce que ce vote sera utile à la société" doit être retenue. La prochaine fois qu'un homme politique vous dira de voter utile, si c'est dans le sens de voter pour le plus fort, sachez qu'il vous demande en fait de voter comme des moutons de Panurge, qui se rangent derrière l'avis du plus grand nombre. 

Demandez-vous si cela vous grandira d'agir ainsi. 

jeudi 16 mai 2019

Le Paradoxe de l'Auteur

Dans le système actuel, tous les auteurs, quels qu'ils soient, sont en compétition pour le Temps Disponible de Cerveau des lecteurs. En cela, ils s'inscrivent dans un système beaucoup plus global qui comprend aussi bien des artistes que des non-artistes: après tout, même un scientifique cherchant à faire publier un article est à la recherche de Temps Disponible de Cerveau. 

Le plus dur pour un auteur, c'est de survivre à la sortie de ses livres. C'est ce que je disais encore l'autre jour sur Facebook, et je parle bien sûr d'expérience. L'espoir que l'on va projeter dans l'écriture d'un livre, le temps que l'on y passe, l'investissement que ça demande, tout cela peut se retourner contre nous si l'on se met en position d'attente. 

Même en essayant de baliser le terrain, même en se créant un groupe avancé de bêta lecteurs chargés de vous lire avant tout le monde, des gens que vous avez déjà rencontrés, dont vous êtes sûr qu'ils ont acheté au moins l'un de vos livres précédents et qui se sont portés volontaires pour lire le suivant avant tout le monde, même ainsi, on court le risque d'être déçu, si l'on se met en tête que l'objectif de ce genre de groupe n'est pas de limiter la casse. Il faut attendre très très peu de ses écrits pour éventuellement bénéficier de bonnes surprises, et savoir se contenter de petites victoires qui viendront avec le temps. 

C'est ce que me dit mon expérience, en tout cas. 

Comment pourrait-il en être autrement, quand vous voyez des réductions de plus de 70% sur des jeux géniaux sur PS4? Quand vous voyez que telle ou telle appli super innovante, et gratuite, va révolutionner le quotidien d'une personne? Quand vous voyez les myriades de promo sur une myriade de livres? Mais aussi de films? 

Quand vous voyez des photos si admirables sur Instagram ou Snapchat? Quand il existe un nombre extraordinaire de tutoriels sur Youtube, ou de vidéos de divertissement, de quoi en regarder de sa naissance jusqu'à la mort sans discontinuer, et sans épuiser le stock? 

Quand il existe des millions de sites web parfaitement léchés (vous avez vu celui de Robert Galbraith)? Bref, quand vous voyez que l'humanité entière se bat pour grappiller de précieuses minutes du Temps Disponible de Cerveau de chacun, avec des moyens dont l'auteur indépendant ne peut que rêver? 

Dans le livre Le Secret, dont je parlais dans mon précédent billet, l'auteur Rhonda Byrne conseille de se concentrer sur l'abondance et non sur la rareté. Le fait de se voir dans une compétition est mauvais, car cela envoie des ondes négatives. 

Il n'empêche, le constat est là: le Temps Disponible de Cerveau est loin d'être infini. Le seul système qui pourrait garantir à chaque individu de ne pas nourrir de pensées de rareté ou de pauvreté serait un système où le Revenu universel inconditionnel existerait, ce qui permettrait d'avancer de manière beaucoup plus sereine dans la vie.

Et vous savez quels sont mes rêves, en tant qu'auteur? Je ne pense pas être très original en cela, je pense que de nombreux d'auteurs de fiction en rêvent aussi: 

- de voir mes romans adaptés au cinéma (j'avoue que c'est aussi ainsi que je justifie d'avoir traduit ou fait traduire en anglais les trois tomes du cycle d'Ardalia: pour conserver cette part de rêve)
- de voir mes romans adaptés en bande dessinée
- de voir mes romans adaptés en manga
- de voir mes romans adaptés en jeu vidéo


Vous voyez où je veux en venir, avec mon Paradoxe de l'Auteur? Si tous mes vœux se réalisent, je vais me priver pour mes prochains romans, et priver aussi les autres auteurs, de Temps Disponible de Cerveau. 

Pire, si l'un de mes romans inspire un auteur, si cet auteur se met à écrire et à connaître le succès, c'est la cata en termes de disponibilité du lecteur. Un peu comme si chaque mot que j'écrivais, y compris sur ce blog, me construisait un avenir de plus en plus désastreux. 

Bon, je ne vais pas vous laisser sur cette note légèrement négative, voire déprimante. Je crois que les auteurs, et en particulier les auteurs de fiction, sont dans une position artistique unique: ce sont des sources. Nous sommes tous des sources en fait, tout ceux qui ont accès à l'écrit et ont la capacité d'écrire des histoires. 

Vous allez me dire:
- oui mais Alan, la musique d'Interstellar provoque plus d'émotion et raconte mieux l'histoire encore que le scénario
- tu as vu les scénarios rédigés par les commerciaux de Disney pour les derniers Star Wars? 


A cette dernière question, je répondrais que certaines sources peuvent être frelatées. Et à la première, que la musique est sans doute, sur certains points, supérieure à l'écrit. 

Mais cette idée selon laquelle nous sommes des sources ne signifie pas selon moi une supériorité de l'écrit sur les autres formes d'art. C'est juste que c'est plus pratique de travailler sur une adaptation cinématographique ou même sur un jeu vidéo de type jeu de rôle en se fondant sur des écrits. Si le roman est de qualité et que l'auteur s'y connaît suffisamment pour participer par exemple à l'adaptation en film, cela peut même devenir un gage de réussite du long métrage.

Les novélisations de films ou de jeu vidéo existent aussi, et il existe peut-être même des novélisations de musique, mais ce ne sont pas des débouchés naturels, et le succès est plus rarement au rendez-vous. 
Cette capacité de chaque être humain d'être une source est infiniment précieuse. A elle seule, j'y vois la justification d'un revenu universel inconditionnel qui nous permettrait de sortir d'un contexte de compétitivité assez monstrueux, finalement, pour des civilisations dites avancées, pour nous tourner vers un contexte de coopération. Enfin! 

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dimanche 28 avril 2019

Se concentrer sur les solutions, pas sur les problèmes

La plus grande leçon, à mon sens, du cycle de l'Epée de Vérité de Terry Goodkind ne concerne pas les différentes règles du sorcier, mais la philosophie de vie qui consiste à se concentrer sur les solutions et non sur les problèmes. La formule revient souvent dans le cycle, et à juste titre. Cette règle est une résultante de la loi de l'attraction, sujet principal de l'ouvrage de développement personnel Le Secret, de Rhonda Byrne.



Il y a des moments, dans la vie, où différentes informations de provenances variables convergent toutes vers le même point, et s'imbriquent telles les pièces d'un puzzle. Comme par hasard, ce moment survient dans ma vie dans une période où mes travers de journaliste m'ont conduit à surcharger mon profil Facebook d'informations négatives. Sans doute une question de Ying et de Yang. 

Je ne suis pas à fond sur l'astrologie, mais je le reconnais, je suis du signe de la Balance, et j'ai besoin d'équilibrer les deux plateaux. 

J'ai rencontré en dédicace une sophrologue qui ne s'intéressait pas du tout à mes romans, mais qui m'a conseillé de lire Le Secret, de Rhonda Byrne. Son instinct lui soufflait de me recommander ce livre. 

Moi aussi je fais confiance à mon instinct. Je respecte ces choses-là. 

Je n'avais pas entendu parler de la loi de l'attraction auparavant. J'ai donc commencé à lire le livre, et je me suis mis à relier les points convergents. Selon la loi de l'attraction, vos pensées positives vont attirer des choses positives dans votre vie. Vos pensées négatives, quoique cent fois moins puissantes que les positives, vont aussi attirer des choses négatives dans votre vie. Même si ce sont des choses négatives que vous voulez éviter ("je ne veux pas choper le cancer"), le fait d'y penser en ces termes va attirer ces choses dans votre vie. 

Le docteur en physique quantique Fred Alan Wolf précise: "La physique quantique commence véritablement à pointer vers cette découverte. Elle dit que vous ne pouvez avoir d'Univers sans esprit pour entrer à l'intérieur, et que l'esprit, en réalité, façonne les choses elles-mêmes que vous percevez."

L'un des blogs qui a largement inspiré le blog que vous avez sous les yeux est A Newbie's Guide to Publishing, de Joe Konrath. Il s'agit du seul blog dont j'ai lu l'intégralité des articles. La leçon la plus importante, la plus libératrice pour l'esprit selon l'auteur de Thrillers Joe Konrath dans son chemin vers la publication et l'autopublication (il s'agit d'un auteur hybride) est: "to not give a damn". S'en Foutre. 

Dans son blog, Konrath ne dit pas explicitement d'aller vers les pensées positives. Il recommande de se construire une armure, et de laisser glisser les choses négatives en dehors de soi, sans que cela vous affecte. Il se réfère en particulier aux commentaires négatifs que l'on peut recevoir sur nos livres.

Cela revient à ne surtout pas faire preuve d'empathie envers les événements négatifs, ou même envers les personnes victimes d'événements négatifs. Ce que recommande aussi le livre Le Secret, de Rhonda Byrne. Donc, si vous pensiez que c'est un livre de bisounours, j'espère que vous commencez à réviser votre jugement. Après tout, ce sont les psychopathes qui n'ont pas d'empathie. 

Après avoir relié Goodkind et Konrath à Byrne et au Secret, j'ai relié Anne-Claire Coudray au même livre, et j'ai relié le tout à l'un des articles qui me tient le plus à cœur de ce blog, MédiasTox, un outil pour évaluer la toxicité des médias (MédiasTox est une invention personnelle tirée de mon expérience professionnelle et de consommateur d'informations), ainsi qu'aux articles Terrorisme médiatique et Interdépendance

Anne-Claire Coudray est l'une des présentatrices du journal télévisé de TF1. Une personnalité rayonnante, souvent souriante. Je me suis demandé comment elle pouvait garder ce côté rayonnant malgré le torrent d'informations désastreuses dont elle nous abreuve. La seule explication, c'est qu'elle ne se laisse toucher par aucune de ces informations. Elle ne fait pas preuve d'empathie. Cela glisse sur son armure, exactement comme les commentaires négatifs glissent sur celle de Joe Konrath. 

Et vous savez quoi? Elle a raison. Si elle se laissait toucher de manière répétée par ces infos, cela la détruirait. Elle a appris à ne pas se rendre malheureuse parce qu'elle raconte le malheur. Konrath aussi a raison. 

Et pourtant, je peux vous le dire, parce que j'en ai fait l'expérience, en école de journalisme, on vous demande bien au contraire de faire preuve d'empathie quand vous dites l'info. L'un des buts reste quand même de provoquer de l'émotion pour obtenir de l'audience. On ne vous dit jamais de ne jamais vous laisser toucher personnellement par ces informations. Je peux vous le dire à présent que j'en suis sorti, je trouve cet enseignement criminel pour les futurs journalistes. Je dis bien: criminel. Il faut impérativement se protéger. 

Et les journalistes qui ont survécu au-delà des premières années, ne vous y trompez pas, se protègent. Mais pour nombre d'entre eux, cette protection se transforme en cynisme. Ils se mettent à voir le monde au travers du prisme du verre à moitié vide, et bien entendu, tout naturellement, cela ternit leur vision. Ils se protègent, certes, mais ils restent concentrés avant tout sur les problèmes, parce que ce sont avant tout les problèmes qui sont leur gagne-pain. Ils ne recherchent les solutions que dans une moindre mesure, dans certains reportages qui ont tout de même le mérite d'exister.

De la même manière, ancienne déformation professionnelle, j'ai eu tendance à trop me concentrer sur les problèmes dans les derniers articles que j'ai relayés sur Facebook. Faut-il pour autant faire l'autruche? Bien sûr que non, ce n'est pas l'enseignement du livre Le Secret. Il est indispensable d'avoir conscience des problèmes, du moment que l'on n'en absorbe pas trop et qu'ils ne ternissent pas notre conscience, mais il faut se tourner vers les solutions. 

Si l'on n'avait en tête que les problèmes, si le monde entier ne voyait que le négatif, la solution inéluctable serait le suicide collectif. "Un homme sans espoir est un homme mort". C'est ce que me disait récemment une autre personne rencontrée en dédicace. Quand je vous disais que les lignes convergent, en ce moment, pour moi. 

J'ai déjà écrit des articles qui évoquent de nombreux problèmes, et en particulier l'article On a fait fausse route. Mais même dans cet article, l'un des plus négatifs de ce blog, j'évoque des solutions. J'essaie d'être constructif.

Bien qu'il utilise des jets privés pour ses déplacements, ce qui n'a rien d'écologique, l'une des personnalités que j'admire le plus est Elon Musk. Oui, lui, le richissime entrepreneur, créateur de Paypal, Tesla et Space X, qui fait une apparition dans Iron Man 2 - le personnage de Tony Stark a, pour le film, été en partie modelé sur celui de Musk. 

Voilà quelqu'un qui s'est concentré sur les solutions. On pourrait même dire qu'il considère les problèmes, n'ont pas sous un prisme négatif, mais comme des opportunités de futures solutions.

Les gouvernements font des gaspillages outranciers avec l'argent public, en sacrifiant les étages de fusées comme la fusée Ariane, qu'ils ne réutilisent jamais, ce qui rend l'envoi de matériel et d'hommes dans l'espace extrêmement coûteux? Il fonde Space X, qui permet de faire réatterrir les étages des fusées, et taille des croupières à l'industrie spatiale, s'enrichissant considérablement au passage. Il se donne l'objectif de coloniser Mars, projet remis aux calendes grecques par les gouvernements successifs depuis des années (les choses ont quelque peu changé avec l'administration Trump, dont vous comprendrez que je n'ai pas envie de tresser les louanges pour de nombreuses autres raisons). 

L'industrie du pétrole bénéficie de subventions colossales dans tous les pays occidentaux alors même qu'elle réchauffe de manière aberrante et destructrice le climat? Musk fonde Tesla, une société de véhicules électriques, et obtient des records de ventes (et de performances, et de sécurité) pour le Model 3, son dernier modèle. La société construit aussi des semi-remorques électriques et a racheté Solarcity. Elle prévoit de construire des tuiles solaires, projet malheureusement retardé parce qu'il est difficile de tout cumuler, pour une seule société. 

Oui mais vous allez me dire, terres rares, pollution minière, pollution liée à la voiture électrique. Justement, les véhicules électriques sont "zéro émission". Tous les processus industriels qui donnent lieu aux véhicules électriques, voilà ce qu'il faut remettre en cause. Pas le produit fini en lui-même. Mais si vous remettez en cause tous les processus industriels qui donnent lieu aux véhicules électriques, pourquoi n'en feriez-vous pas de même avec les industries qui produisent des véhicules à moteur thermique? 

Les véhicules électriques permettent à la société de mettre le doigt où ça fait mal. Sur nos industries. Est-ce que ces véhicules de nouvelle génération vont générer leurs propres problèmes? Je n'en doute pas un seul instant. Citez-moi une seule solution industrielle qui ne génère pas des problèmes. Même les barrages hydrauliques peuvent provoquer des problèmes politiques, en assoifant certaines régions du monde, et des problèmes de maintenance liée à la pression de l'eau, et de risques pour les populations. 

Je ne fais pas partie des gens qui pensent qu'il faudrait revenir à des stades primitifs pour être plus écologiques. Je pense que ce serait un effroyable gâchis de potentiel, par exemple, que de ne pas viser l'espace et la colonisation d'autres planètes. Nous sommes dotés d'un cerveau extraordinaire, cela doit bien signifier quelque chose. 

Pour reprendre le cas d'Elon Musk, si vous êtes vous-même entrepreneur dans la Silicon Valley, ou dans les nouvelles technologies, vous allez me dire: "oui, mais moi aussi je me concentre sur les solutions et non les problèmes. Pourtant, je n'ai pas du tout le même degré de réussite que Musk." Je répondrai que se concentrer sur les solutions et non les problèmes est l'un des éléments de la réussite. Il faut aussi arriver au bon moment avec sa technologie. Il faut avoir étudié le marché. Il faut que les concurrents ne soient pas meilleurs. Il faut trouver les financements, convaincre les investisseurs. Il faut bâtir un business plan qui tienne la route. Et il faut de la chance. De très nombreux paramètres entrent en compte, et parfois, une technologie inférieure se met à prédominer, parce que tous les autres bons éléments se sont mis en place.

Je reviens à présent sur quelque chose qui doit vous trotter dans la tête. Est-ce que je préconise de ne plus faire preuve d'empathie ? L'empathie est ce qui nous rend humain, non? Eh bien oui, bien sûr. Sans empathie, pas d'humanité, pas de relations sociales possibles. La priorité numéro un de chaque être humain doit toutefois être de se protéger, de se garantir de pouvoir aller vers les solutions et non de rester coincé sur les problèmes. A partir du moment où votre empathie vous porte atteinte, vous devez la restreindre. 

C'est donc un équilibre à atteindre. Aucun livre ne vous fournira de solution miracle, la vie est histoire de compromis. Néanmoins, ce livre que je n'ai pas encore terminé, Le Secret, me semble aller dans la bonne voie. 

vendredi 5 avril 2019

Les radars en infraction

Les radars routiers contreviennent aux deux premières lois de la robotique d'Asimov. Ils nous font entrer dans une société plus proche d'une société dystopique, orwellienne.



En matière de sécurité routière, il y a eu un glissement progressif vers de plus en plus d'autoritarisme. Au début, il n'y avait pas de poteaux indicateurs de vitesse. Ensuite, il y en a eu, mais qui n'étaient là qu'à titre indicatif. Dans une troisième phase, ces signalisations de vitesse sont devenues impératives, et sanctionnées par la loi si on les dépassait. Première indication que l'on ne faisait plus confiance au jugement humain. 

Mais si l'on a basculé vers une société de type dystopique orwellienne, c'est parce que, en prenant ce raccourci dangereux des radars, en les investissant d'autant d'autorité sur l'homme, on a bafoué les deux premières lois de la robotique d'Asimov:

1) un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger 
2 ) un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi 


On a laissé les robots porter atteinte aux êtres humains, en jugeant les humains, en les sanctionnant, en leur retirant leur permis s'ils n'ont plus de points. En leur privant de leur métier si leur source de revenus est liée à leur voiture. En faisant d'eux des hors-la-loi s'ils n'ont pas les moyens de suivre des stages pour récupérer leurs points, et s'ils n'ont plus leur permis. 

Ces robots, ces radars, sont sous simple supervision humaine. Ce sont les machines qui décident, et les hommes n'interviennent que dans les rares cas où il y a contestation.

Comme dans tout système sur-répressif, l'effet à terme sera l'inverse de celui recherché: la déresponsabilisation de l'être humain. 

Les morts sur les routes sont liés à des gens qui n'ont pas été éduqués à respecter la vie. La véritable cause n'est pas la vitesse, mais le fait qu'ils ont été distraits à un moment crucial - souvent à cause des smartphones.

Donc, quand on va vers le répressif, on réduit l'aspect éducatif. Pour moi, la solution aux morts sur les routes, c'est une meilleure éducation, une meilleure responsabilisation des gens, un meilleur entretien des routes, et une meilleure sécurité des véhicules.


Si l'on enchaîne avec la répression, en mettant les gens en prison à tour de bras, en faisant en sorte de faire gérer les prisons par le privé pour les rentabiliser, on va en fait vers toujours plus de répression et d'infantilisation du peuple. 

C'est dangereux de se laisser priver de ses droits. Dangereux pour notre futur.


Lien: les nouveaux types de radars, toujours plus performants, arrivent

jeudi 4 avril 2019

Des maisons sans facture énergétique

Les Français au salaire proche du SMIC et dont le logement est moyennement isolé travaillent environ un mois par an juste pour payer leur facture d'électricité (et de gaz ou de fioul, pour ceux qui utilisent ces types de chauffage). Un mois. Par. An. Les maisons à énergie positive permettent de réduire ce montant à zéro. A condition de vivre dans des endroits ensoleillés, il devient même envisageable de se passer du raccordement à EDF, et de l'abonnement qui va avec !



Lorsque je regarde ma facture EDF, je vois que je paye 14 € par mois mon abonnement à EDF. Sans compter bien sûr la consommation. Cela revient à 168 € par an. Juste pour être raccordé à EDF, c'est à dire payer l'entretien des lignes, en gros. 

Mes factures de gaz sont aussi non négligeables, bien que propriétaire d'un pavillon plutôt récent (années 1990) et bien isolé. 

Mais ce pavillon n'est pas isolé avec les dernières technologies. Or, on a fait d'énormes progrès, au point de mettre en place des "maisons passives" extrêmement bien isolées, voire des "maisons à énergie positive.Dans cet article de Consoglobe, vous noterez que l'esthétique des maisons présentées, qui comprennent des panneaux solaires, laisse à désirer. 

Maintenant, si vous regardez la photo en tête de cet article, qu'est-ce que vous voyez? Une Tesla, véhicule entièrement électrique, dans son garage dont les tuiles, en harmonie parfaite avec l'environnement, sont des tuiles solaires. Dans ce garage, vous apercevez un Powerwall: système de batterie permettant de stocker les énergies renouvelables. 

Cette photo, c'est la pièce du puzzle manquante dans l'article de Consoglobe. En effet, on ne peut envisager le recours à l'énergie renouvelable sans réfléchir au stockage. 

Aux Etats-Unis, un Powerwall coûte entre 9800 et 15000 $, installation comprise. Cette solution, cependant, ne constitue pas un remède miracle dans la mesure où elle ne permet d'alimenter votre maison que pendant quelques heures en cas de journée entièrement nuageuse, comme le précise cet article

Néanmoins, si l'on ajoute à ces tuiles solaires différents éléments listés dans l'article de Consoglobe, à savoir: 

  • une isolation thermique renforcée,
  • une excellente étanchéité de l’air, 
  • une captation optimale de l’énergie solaire de manière passive, 
  • des protections solaires et dispositifs de rafraîchissement passifs,
  • une suppression des ponts thermiques et isolation par l’extérieur,
  • une forte limitation des déperditions thermiques par renouvellement d’air via une ventilation double flux avec récupération de chaleur sur air vicié,
  • une limitation des consommations d’énergie des appareils ménagers,
  • un équipement en moyens de captage ou production d’énergie (capteur photovoltaïque, capteur solaire thermique…)

Il devient alors possible d'envisager une maison non raccordée. 

Si l'on envisage un futur où toutes les maisons et logement consomment peu ou pas d'énergie, un futur où même les immeubles soient recouverts de films photovoltaïques de haute performance (la technologie existe déjà), alors on peut se dire que le prix de l'électricité va dégringoler, et que le fait d'envisager d'en revendre comme je le faisais dans l'article Développer le solaire, ne sera plus viable. Et donc, le raccordement à EDF ne serait plus nécessaire, ni l'abonnement qui va avec. 

Bon, on parle d'un monde un peu idéal, ce n'est pas près d'arriver bien sûr.

Selon le site Consoglobe, une maison passive coûterait 10% de plus à l'achat qu'une maison classique. Mais une maison à énergie positive doit coûter encore plus.

A ce sujet, qu'en est-il de ces fameuses tuiles solaires développées par Tesla? Où se situent leurs performances? A ce sujet, j'avoue mon ignorance.

Hélas, le dernier article du site Clean Technica, de février 2019, laisse entendre que, dans leurs efforts pour soutenir la production du Model 3, Musk et Tesla ont quasiment complètement délaissé la Gigafactory 2, censée produire des tuiles solaires en partenariat avec Panasonic. Très peu d'employés y travaillent. Le site Clean Technica est tellement favorable à Musk qu'il a acheté des actions Tesla, on ne peut donc le soupçonner de parti pris défavorable à Tesla. 

Il est certain que les obstacles de production à franchir avec le Model 3 ont été immenses, et tout aussi certain que les défis à relever avec les tuiles solaires sont ardus. On peut comprendre que Tesla ait mis toute son énergie là où les enjeux financiers étaient les plus urgents. Surtout lorsque l'on connaît la dette de l'entreprise.

Néanmoins, la production solaire me semble être la clé pour un monde plus propre. Ce ne sera valable que si la technologie progresse au point que même les pays nordiques comme l'Angleterre ou le nord de la France puissent davantage produire d'électricité avec du solaire qu'ils n'en consomment. 

Ce qui inclut bien sûr d'importantes réductions de dépense d'énergie, et une bien meilleure isolation.

Alors oui, il existe d'autres énergies, comme l'hydrogène liquide. Mais moi, en tant que consommateur, ce que je veux, c'est une énergie qui me rende plus indépendant, et que je puisse faire produire par mes installations. Je ne veux plus dépendre de fournisseurs extérieurs et de leurs augmentations arbitraires. 

Il faut se dire par exemple que les possesseurs d'un véhicule électrique ne sont plus assujettis, ni aux hausses de taxe sur l'essence ou le gasoil, ni aux hausses sur les carburants. Ni aux limitations de vitesse en cas de pollution de l'air. L'idéal pour le citoyen devrait être de devenir indépendant par rapport à de grands groupes qui, sur ces dernières années, ont plus contribué à détruire la planète qu'à la soigner. 

Mise à jour 18/04/2019: dans un article du 27 mars malheureusement payant, Que Choisir met en garde contre les arnaques concernant les tarifs et la rentabilité des panneaux solaires. Il faut savoir que même de nos jours, les panneaux solaires restent difficiles et longs à rentabiliser, surtout si l'exposition au soleil est insuffisante. La prudence reste donc de mise.

Article sur le même thème: Développer le solaire

samedi 23 mars 2019

Célébrité et impact sociétal

Le musée Grévin, ou musée des célébrités, est sans doute l'un des plus beaux symboles sociologiques de notre époque. Il suffit de parcourir la page d'accueil du site pour avoir l'impression d'avoir affaire à une succursale de TF1. Certains visiteurs du musée ont peut-être le réflexe de penser que ce sont les gens qui comptent qui se retrouvent dans ce musée, puisque on y retrouve des personnalités historiques comme Victor Hugo ou Voltaire. En réalité, il semblerait que ce soient les gens qui passent le mieux à la télé qui se voient statufiés au Grévin. Toute la différence entre la notion de célébrité et d'impact sociétal. 


Victor Hugo, Denis Diderot, Voltaire, Amélie Nothomb, Jean-Paul Sartre, Jean d'Ormesson, Bernard Henri Lévy, Bernard Pivot, tels sont les auteurs ou romanciers que j'ai pu relever parmi les 200 personnalités du célèbre musée de cire. On ne peut donc pas dire que les auteurs y soient totalement absents, puisque, si l'on parle d'auteurs vivants de nos jours ou décédés récemment, ils représentent 2% des personnalités. 

Mais il est évident que l'on parle ici d'exposition médiatique avant toute chose. Ainsi, si l'on trouve la statue du Petit Prince, celle de son auteur, Antoine de St Exupéry, est absente. 

Il ne s'agit pas ici de faire le procès d'un musée qui n'a de toute façon pas la place de représenter de manière équitable chacune des personnalités qui comptent ou ont compté. 

Néanmoins, les choix effectués reflètent, il me semble, une certaine idée que l'on se fait des gens qui ont de l'importance, qui sont bankables. 

Le musée Grévin, c'est un peu l'équivalent de ces huit premières secondes pour accrocher le téléspectateur dans les pages de pub, ou des premières lignes d'accroche dans un roman. A ce titre, c'est un sujet d'étude intéressant, qui renvoie notre société à ses a priori et à sa superficialité. 

Ce musée se veut, je pense, populaire. Les différentes catégories de la page d'accueil du site sont "Nouvelles Stars", "Etoiles du cinéma", "Idoles de la musique", "Légendes du sport", "Icônes de la mode", "Politiques et décideurs", "Rois de l'humour", "Les Grands Chefs", "Les Stars du petit écran", "The Voice", "Figures de l'histoire" et "Héros de fiction". 

L'impression que me fait ce musée, c'est plutôt que de chercher à mettre les visiteurs sur la piste des personnalités qui ont ou ont eu un réel impact sociétal, on va chercher à flatter le public dans le sens du poil. Juste un petit jeu dans lequel on cherche à repérer les personnalités qui sont déjà passées à la télé, la présence de personnages historiques ne servant finalement que de caution morale.

Cela paraît donc gentil et innocent au premier abord, mais en tant qu'auteur, bien sûr, je me méfie des effets pervers, de ces préjugés que l'on va mettre dans l'esprit du public. 

Si vous avez moins de trente ans, vous allez me dire, "Hé, Alan, personne ne croit que le musée Grévin représente la célébrité dans la société. Le Grévin, c'est has been, ringard, il n'y a même pas de méga-stars d'Internet comme Norman, le youtubeur. Aucune personnalité du monde du jeu vidéo non plus." Et vous marquerez un point. 

On n'y retrouve pas non plus Agatha Christie, qui a vendu plus de deux milliards de livres. Ce n'est pas innocent, quand on pense à la place de la femme dans la société. Stephen King n'y est pas non plus, alors que son impact ne se limite pas aux nombres de livres qu'il a vendu, puisque c'est l'un des auteurs les plus adaptés au cinéma.

Ni J.K. Rowling ni même son héros, Harry Potter.


De manière globale, on peut penser à d'autres personnalités iconiques comme Steve Jobs, Jeff Bezos, Stephen Hawking. Albert Einstein y est, oui. Mais il y a très très peu de scientifiques. 


Ce musée Grévin me fait penser que c'est ce qui manque en France, un musée des personnalités qui ont vraiment contribué à transformer le monde sur les différents plans, aussi bien littéraire que scientifique. Peut-être même sur l'interdépendance entre ces deux domaines.

Personnellement, dans les auteurs plutôt contemporains, je sais que j'ai été marqué par Asimov, Herbert, Vance, Verne, Tolkien, Howard, Rowling, King, Lovecraft, Christie et tant d'autres. 

J'aimerais un musée pour cette personne qui ne s'arrête jamais à ma table de dédicace, qui ne lit pas. Pas forcément pour la faire lire, mais pour lui faire prendre conscience de l'impact des auteurs sur la société, de l'importance de lire. Quelque chose qui aille vers l'être, et non pas seulement le paraître. Ce qui n'est pas non plus incompatible, à mon sens, avec le fait d'être spectaculaire. 

lundi 25 février 2019

Interviewé par la romancière Alice Quinn !

Sait-on vraiment qui nous lit? A cette question, je répondrais la plupart du temps par la négative. C'est d'ailleurs pourquoi chaque email de lecteur me donnant son avis sur un de mes livres est une heureuse surprise. Imaginez donc ma stupeur et mon ravissement quand Alice Quinn, romancière à succès que je cotoie sur les réseaux sociaux, m'apprend qu'elle a lu et apprécié mon dernier roman, Passager clandestin, et me propose une interview!

Alice Quinn est une romancière hybride, qui a publié notamment chez Michel Lafon et en autoédition. Sa série des Rosie Maldonne a tellement bien marché en France qu'elle s'est vue proposer par Amazon, via sa filiale Amazon Crossing, la traduction des romans issus de cette série en anglais! 








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Quand on sait l'investissement que représente une traduction, il est évident qu'Amazon a fait le calcul en fonction du nombre de ventes en France, et de l'attrait de ses romans pour un public anglophone.

Si on prend le nombre de commentaires du premier tome des Rosie, Un palace en Enfer, on en est à 275. Autant dire que par rapport à mes propres livres, on n'est pas sur une autre planète, mais sur une autre galaxie!

Bref, mes propres romans n'ont jamais grimpé dans le top 10 des ventes sur Amazon, il y avait donc de quoi se sentir flatté par cette proposition d'interview. 

Pour la connaître, j'avais énormément de respect pour l'intelligence de la romancière, et ses choix de carrière. Ce respect n'a fait que croître avec les questions qu'elle m'a posé. C'est quelqu'un qui sent très bien les livres. 

Alice a remarqué que les auteurs ont souvent tendance à parler surtout de business sur leur blog. Les difficultés à surmonter pour être lus sont telles que de nombreux auteurs s'entraident ainsi en relatant leurs expériences de publication. 

Alice a fait ce constat: pourquoi seul les auteurs traditionnels bénéficieraient-ils d'interviews? Sur son propre blog, elle réalise donc des entretiens vidéo avec les auteurs, une fois par mois, visant réellement à faire connaître les livres. 

C'est une démarche extrêmement méritoire, et qui mérite tous les éloges !

En dehors de la série des Rosie, Alice écrit aussi des enquêtes historiques comme  La Lettre froissée ou Le Portrait brisé, et des comédies romantiques comme son tout dernier roman, Brille tant que tu vis! 





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Merci à toi, Alice, de jeter de la lumière sur des auteurs comme moi, et leurs romans! Voici donc l'interview vidéo, qui porte principalement sur mon dernier roman, Passager clandestin. 



vendredi 15 février 2019

Fiers de notre chômage !

Le chômage est-il un "problème endémique" de notre société, ou bien une évolution naturelle de celle-ci? Est-il une malédiction, un fléau, ou bien une chance, une opportunité à saisir? Si nous étions des fourmis, on pourrait parler de problème endémique. Oui mais voilà, nous sommes des êtres humains. 

S'il y a bien une chose dont nous devrions être fiers, c'est de notre chômage. Le chômage, le temps libre, sont les apanages d'une société technologiquement évoluée. C'est la preuve que nous commençons à nous affranchir des contingences matérielles.

La machine nous libère du travail purement primitif, du travail de force et nous donne davantage de temps. Ce temps libre, doit-il nécessairement être appelé chômage? Le chômage, l'inactivité telle qu'on la conçoit dans nos sociétés occidentales, doit-elle systématiquement signifier désœuvrement?

Là est, je crois, toute la question. Notons d'ailleurs que même le désœuvrement le plus pur, le farniente, n'est lui-même pas négatif, dans la mesure où il nous permet de nous poser et de réfléchir. Une société qui donnerait la priorité absolue à l'action sur la réflexion ne me paraîtrait pas engagée sur la bonne voie.

De là à vouloir faire du farniente un mode de vie, il y a un énorme pas que je ne suis pas prêt à franchir. Je pense en effet que le mouvement, c'est la vie, et que trop de farniente nous paralyserait. Mais à doses raisonnables, ce n'est pas une mauvaise chose. 

Et je n'assimile évidemment pas le travail intellectuel à du farniente. Le fait de nous libérer des tâches manuelles pour utiliser davantage l'organe le plus puissant que nous a donné la nature, notre cerveau, me semble être une chose très positive.

Le secteur tertiaire, l'ensemble des activités professionnelles de service, est le plus développé en France. Il comprend souvent du travail de bureau. Si vous avez déjà fait du travail de bureau, il serait étonnant que vous n'ayez pas vu, à un moment ou un autre, un collègue surfer sur des sites n'ayant rien à voir avec le travail. Un phénomène marginal en entreprise? Je ne crois pas. Cela signifie que de nombreux métiers existants recouvrent en réalité une inactivité partielle. Que cette inactivité, d'ailleurs, se produise un peu chaque jour ou bien sur certains mois spécifiques dans l'année. 

Oui, mettez-vous bien cela dans la tête, être en emploi, de nos jours, c'est souvent être en inactivité partielle. 

Etre en emploi dans le tertiaire, ce n'est pas comme être boulanger et devoir se lever à cinq heures du matin pour faire le pain. 

Cela dit... Ma femme a acheté une machine à pain et s'est mise à faire le pain. Pour en améliorer la qualité, elle ne le cuit pas dans la machine, mais dans le four. Résultat? Le pain qu'elle fait est meilleur que dans 80% des boulangeries! Et le coût de la machine est rentabilisé depuis plusieurs années déjà... 



La machine nous permet donc de nous délivrer des taches astreignantes, je le répète. 

La stigmatisation du chômage que pratique notre société n'a pas lieu d'être, sauf... Sauf dans le cas où ce chômage viendrait du fait que nous déléguons le travail difficile à d'autres humains, et non à des machines. 

Des humains qui sont hélas souvent des enfants. Je veux parler du secteur du textile, notamment. Et de toutes les industries pour lesquelles nous préférons importer des produits parce que les tâches sont trop pénibles. 

Là, effectivement, il y aurait une vraie réflexion à mener pour savoir comment se réapproprier ces tâches, comment éviter de faire d'une partie de l'humanité, au travers du commerce, des esclaves. En n'oubliant pas d'ailleurs, que les esclaves d'aujourd'hui seront peut-être les maîtres de demain. 

Donc là oui, il faudrait se réapproprier l'activité. Si nous y parvenons, par exemple au travers de nouvelles machines, cela entraînera de l'inactivité dans d'autres pays. Inactivité bien naturelle, puisque liée à un progrès. 

Inactivité qu'il ne faudra donc pas stigmatiser, mais qui devra permettre de favoriser les activités de l'esprit, et les différentes formes de créativité humaine. 

Ce qui signifie bien sûr une chose: le vrai problème endémique de notre société, ce n'est pas le chômage, mais la répartition des ressources de manière écologiquement durable sur cette planète. 

Nous ne sommes pas des fourmis.

Tout ceux qui essaient de vous faire croire le contraire ont une mentalité rétrograde qui ne tient pas compte des avancées de la société. 

mardi 8 janvier 2019

Sujets bac philo 2019

Je ne suis pas prof, mais j'ai plusieurs sujets à l'esprit pour le bac 2019. Je les propose ci-dessous.

"La violence n'engendre que la violence". On connaît le dicton. On sait aussi ce que Thomas Hobbes disait par rapport à l'homme à l'état naturel, qui est un "loup pour l'homme". D'où la nécessité d'un contrat social, qui délègue les pouvoirs de justice et de police à un souverain (du temps de Hobbes) ou à une République (de nos jours). 

L'Etat français est imprégné de la philosophie de Hobbes. L'Etat est là pour protéger l'homme de ses mauvais instincts, pour régler les problèmes. 

Si l'on compare aux Etats-Unis, où au contraire, il y a une grande défiance vis-à-vis de l'Etat et du pouvoir qu'il peut exercer sur les citoyens, nous ne nous en portons pas plus mal: les citoyens français n'ont pas à posséder tout un arsenal, et nous n'avons pas, comme les Etats-Unis en 2015, plus de 36 000 morts par arme à feu en une année.

Mais Hobbes accorde aussi à tout citoyen menacé dans sa vie par le fonctionnement de l'Etat le droit de se défendre et de résister par tous les moyens. "Le roi est ce que je nomme le peuple", dit-il. Le souverain ne peut vouloir et accomplir que le bien de l'Etat. 

En réfléchissant à l'actualité, mais aussi à l'Histoire, je me suis demandé si la violence avait pu apporter des changements positifs dans la vie des hommes. J'ai alors eu l'idée de trois sujets pour le bac philosophie de 2019: 


  • Si l'Etat empêche l'usage de la violence par le peuple, l'Etat est-il castrateur ?
  • Aurait-on pu renverser la monarchie en 1789 de manière uniquement pacifique ?
  • La violence sociale est-elle légitime du fait que ce soit une violence d'Etat ?
Si vous trouvez ces sujets du bac révoltants, n'hésitez pas à me le dire en commentaire! ;)