mardi 2 octobre 2018

Mes valeurs

En cette année 2018, à 46 ans (presque 47), je réalise pour la première fois de ma vie que je suis né avec une cuiller en argent dans la bouche. Pourtant, mes parents sont issus de la classe moyenne française. 

Je suis né en Equateur en 1971, à Quito. A l'époque, mon père était chef d'escale chez Air France. Un métier qui rapporte de quoi vivre, mais nettement moins que pilote de ligne. Ma mère, belge de naissance, était sage-femme. 

Malgré tout, en comparaison avec le niveau de vie moyen des habitants de Quito, nous étions fortunés. J'avais une cuiller en argent dans la bouche. 

Après ma naissance, nous ne sommes restés que deux ans à Quito. Mon père a démissionné de son poste pour devenir dessinateur industriel. 

Vers la seconde moitié des années 70, nous nous sommes retrouvés à Abidjan en Côte d'Ivoire. Nous y sommes restés quatre ans. Et là de nouveau, notre niveau de vie était incomparable par rapport à celui des habitants. Nous avions un boy, un serviteur ivoirien qui jouait le rôle de nounou. 

La différence de milieu social et de niveau de vie érigeait un mur entre mes deux frères, ma sœur et moi et les autres enfants africains autour de nous. 

Le retour en France (dans les Alpes de Haute Provence, à Volx) a entraîné un vrai changement de niveau de vie et de statut. Le fait que mon père soit devenu dessinateur indépendant, ni Dieu ni maître (une formule, mon père était croyant) est évidemment quelque chose qui m'a marqué. Les choses sont devenues plus laborieuses, même si nous n'avions pas à nous plaindre. 

Quand je compare ma trajectoire à celle de Johnny Halliday et de Charles Aznavour, les deux grands chanteurs morts en 2018, et pour lesquels j'ai un immense respect, je mesure l'abîme qui nous sépare. 

Leur carrière, leur énergie, leur talent. Le milieu social dont ils sont issus, surtout Aznavour, et l'incroyable longévité de ce dernier, alors même que l'extrême célebrité véhicule de terribles dangers pour l'artiste. Partir de si bas et arrriver si haut... Je développe d'ailleurs cela dans mon article Mortelle célébrité

Immense, immense respect. Deux artistes qui avaient une générosité, un cœur énorme. Et un portefeuille dans le cœur.

Attention, je n'ai pas dit qu'ils avaient un portefeuille à la place du cœur. Leur cœur était assez grand pour y loger un portefeuille. Tous deux ont été des exilés fiscaux. Tous deux ont voté Sarkozy. 

Ils ne s'en cachaient pas d'ailleurs, et c'est tout à leur honneur. Pas d'hypocrisie. 

Le décès de Charles Aznavour, quelque part, me fait remettre pas mal de choses en perspective. Et quand je repense à ces deux chanteurs, Charles et Johnny, je ne peux m'empêcher de penser à un autre artiste, le grand Jacques Brel. 

Les bourgeois, Monsieur le commissaire, c'est comme les cochons. Plus ça devient vieux, plus ça devient con! 

Admirable chanson que ces Bourgeois. Elle décrit à la fois la lutte des classes, lutte sociale, et la lutte entre générations. Le jeune fauché et rebelle, limite bohême, le vieux bourgeois, riche et respectable. En haut de l'affiche? Mais surtout, surtout, le cycle sans fin. L'un qui devient l'autre. 

Je ne peux, bien sûr, m'empêcher d'y voir une illustration de la vie de Johnny Halliday et de Charles Aznavour, et peut-être, du destin qui nous attend tous. 

Mais je n'ai pas voté Sarkozy. Le dernier pour lequel j'ai vraiment voulu voter, c'est Benoît Hamon, et le revenu universel inconditionnel

Jean-Luc Mélenchon a eu beau parler de "boîte de Pandore" pour ce revenu, je continue à penser qu'il doit être mis en place. 

Revenons un instant sur Johnny Halliday et Charles Aznavour. En dépit de leur carrière extraordinaire, ils sont restés dans le système. Ils en sont aussi devenus, qu'ils le veuillent ou non, les vitrines. Pour deux artistes de ce niveau, combien au talent tout aussi incroyable restés dans les oubliettes de l'Histoire, qui n'ont jamais pu développer leur art?

J'aurais pu être l'un de ces oubliés forcés de prendre un boulot alimentaire, dans mon domaine. J'ai réalisé à temps que je n'avais aucune chance de vivre ma vie avec le système de l'édition traditionnelle, et j'ai pris une autre voie en devenant auteur autoédité. Bien m'en a pris. 

De la même manière, le revenu universel inconditionnel est une autre voie pour notre société, bien éloignée de celle de la croissance infinie qui mènerait au plein emploi, que prônent les économistes. Une croissance dont on sait aujourd'hui qu'elle n'est qu'un mythe. 

Il faut des pauvres pour avoir des riches dans une société. Il faut aussi des pays pauvres pour avoir des pays riches. Tout le système est biaisé. 

Si la France était le seul pays à adopter le revenu universel inconditionnel, on pourrait parier que la volonté d'y émigrer serait encore plus grande pour des ressortissants de pays moins favorisés. 

De la même manière, un seul Etat ne peut à lui seul décider d'instaurer la coopération plutôt que la compétition entre nations, indispensable pour lutter contre le réchauffement climatique, et faire face aux enjeux vitaux de l'avenir. 

Tout est lié. Il faut donc des décisions au niveau mondial. Un revenu universel inconditionnel, c'est universel, c'est à dire, mondial. 

Un revenu universel ne saurait être autre chose qu'inconditionnel, sous peine d'entraver les citoyens du monde sous les chaînes de la domination plutôt que de vouloir les émanciper.
Il faut, peu à peu, une harmonisation des niveaux de vie à l'intérieur de chaque pays et entre les nations, ainsi qu'une décroissance, une moindre consommation.

J'aimerais que les murs auxquels je me suis heurté dans mon enfance, ceux de niveaux sociaux différents, soient abaissés pour le bien commun. Mais je suis sans doute un doux rêveur. Doux, dur et dingue, comme dirait Clint Eastwood.


jeudi 13 septembre 2018

On a fait fausse route

Les dirigeants des grandes puissances connaissent le problème du réchauffement climatique depuis au moins 30 ans, et pourtant ils ont pris le mauvais chemin en choisissant, à la fin des années 80 et plusieurs fois par la suite, de ne rien changer. Pourquoi? Parce que les mesures à prendre auraient non seulement impacté notre mode de vie, mais aussi notre système économique et notre mode de pensée. Pour lutter efficacement contre le changement climatique, mais aussi les autres maux liés à la pollution, il faut détrôner l'économie pour donner le pouvoir exécutif à l'écologie. C'est cela qui a été inacceptable, non seulement pour nos dirigeants et ceux qui tirent vraiment les ficelles, les grands lobbies commerciaux, mais hélas aussi, pour la majorité de la population. C'est pourquoi nous avons fait fausse route et que nous continuons dans cette impasse. 

On a fait fausse route en privilégiant la compétition économique sur la coopération entre Etats, indispensable pour générer des circuits de commerce courts et limiter les transports polluants sur mer et dans les airs, liés à l'import/export. 

On a fait fausse route en mettant un dogme, celui de la vertu des marchés financiers et du capitalisme, au-dessus du principe de réalité et du pragmatisme. 

On a fait fausse route en refusant d'écouter les scientifiques, qui nous disent que les ressources sont limitées, et qu'il faut les répartir équitablement. 

On a fait fausse route en ne sensibilisant pas les économistes aux problèmes écologiques, en leur faisant par exemple réaliser des reportages sur la pollution et ses conséquences sur les frais de santé.

On a fait fausse route en ne sensibilisant pas, ou insuffisamment, nos dirigeants à l'écologie.

On a fait fausse route en ne considérant pas le pétrole et autres hydrocarbures et dérivés comme le plastique comme des produits toxiques pour la nature et pour l'homme, et en ne les taxant pas suffisamment pour qu'ils ne soient plus compétitifs.

On a fait fausse route en ne développant pas des alternatives biodégradables aux produits dérivés du pétrole.

On a fait fausse route en faisant semblant de croire certains lobbies comme Coca-Cola quand ils nous ont dit que le recyclage du plastique, et le tri sélectif règleraient le problème de la pollution.

On a fait fausse route en considérant que la chimie pouvait résoudre tous les problèmes, alors qu'elle ne fait bien souvent que les exacerber. 

On a fait fausse route en mettant des nanoparticules dans les aliments

On a fait fausse route en autorisant des pesticides qui détruisent insectes et oiseaux, et causent des cancers chez l'être humain.

On a fait fausse route en manquant d'empathie avec les animaux, et en rompant le contrat tacite qui nous lie à la majorité des espèces, en les surexploitant.

On a fait fausse route en mangeant trop de viande, et notamment de bovins, ce qui accélère le réchauffement climatique et apauvrit les réserves d'eau.

On a fait fausse route en voulant combler nos lacunes spirituelles par du matérialisme, quête absurde et sans limites. 

On a fait fausse route en privilégiant l'agressivité envers la nature et nous-mêmes par rapport à l'harmonie avec l'environnement et entre les êtres.

On a fait fausse route en ne développant pas assez le solaire et les énergies renouvelables, et, en France, en privilégiant systématiquement le nucléaire.

On a fait fausse route en abandonnant les recherches sur les modèles de véhicules électriques, sous la pression des lobbies du pétrole. 

On a fait et on continue à faire fausse route en laissant les lobbies commerciaux nous dire quelle route prendre, parce que notre idéologie concorde avec la leur. 

On fait fausse route quand, dans les ménages, on choisit l'alimentation comme poste budgétaire à rogner, ce qui fait que l'on achète et privilégie la nourriture industrielle.

On fait fausse route en n'écoutant pas l'Organisation internationale du travail quand elle nous dit que lutter contre le changement climatique créerait plus d'emplois que cela n'en détruirait.

On fait fausse route en cherchant le profit et la rentabilité maximale immédiate aux dépens de notre planète, ce qui nous met au même niveau, sur le plan de l'écologie, que des termites

J'ai oublié beaucoup de choses, qu'on me le pardonne. Mais je l'ai dit et je le répète: on ne pourra pas changer les choses tant que l'on n'aura pas modifié notre système de valeurs et ajusté notre mentalité.

mardi 14 août 2018

Compétition ou coopération ?

Le glyphosate est aux agriculteurs ce que les produits dopants sont aux coureurs cyclistes. Cet herbicide si efficace est un véritable symbole : celui d'une société pour laquelle la notion de compétition mondiale est si importante qu'elle préfère s'autodétruire plutôt que de revenir sur son modèle économique. A ce titre, il n'est pas étonnant que l'Europe, qui s'est bâtie autour de la notion de compétition économique mondiale, soit l'un des défenseurs les plus ardents du glyphosate. 

Je discutais cet été avec l'un de mes cousins de la fin de ma nouvelle de Science-fiction Marinopolis. Sans trop spoiler, je peux dévoiler ici que le héros se demande si la civilisation humaine n'est pas l'équivalent des termites, exploitant une planète jusqu'au trognon pour ensuite passer à la suivante. 

Une vision négative, je vous l'accorde, alors que mes propres goûts littéraires me portent vers une SF plus optimiste, celle d'Asimov par exemple. Une autre nouvelle de mon recueil Les Explorateurs, Entre deux feux, propose d'ailleurs un modèle beaucoup plus en harmonie avec la nature. 

Eh bien, mon cousin Philippe m'a révélé que les tribus aborigènes d'Australie surnommaient justement "termite" l'homme occidental. Bien avant d'avoir lu ma nouvelle! ;)

Quand on voit les ravages que cause le glyphosate chez les insectes comme les abeilles, mais aussi les oiseaux, et les cancers qu'il occasionne chez les agriculteurs qui ne s'habillent pas dans une combinaison digne d'un spationaute, la comparaison avec cet insecte destructeur qu'est le termite s'impose en effet. 

Fait ironique, en faisant des recherches sur les Aborigènes, je suis tombé sur cet extrait du livre d'Adolphe Peter Elkin, Les Aborigènes australiens

De notre point de vue, l'Australien est un parasite de la nature; jamais il ne laboure, ne fertilise ni ne sème: il se contente de récolter. Pour se nourrir, il a donc besoin que tout sur la terre continue à se dérouler selon le processus normal, et l'expérience prouve qu'abandonnée à elle-même, la nature se montre capricieuse dans ses effets. Ce sont tantôt périodes de sécheresse, tantôt pluies diluviennes et maladies. Si l'homme veut subsister, il doit parer à de telles calamités ou en raccourcir la durée. En d'autres termes, il lui faut sortir de son inertie, agir, cesser de se comporter en parasite.

On le voit, la notion de "parasite" par rapport à l'homme est liée à la culture, et varie énormément de l'une à l'autre. 

Mais la culture n'est pas non plus inamovible, et se transforme, notamment sous l'effet des courants écologiques, courants qui s'inspirent parfois de modes de pensée autres qu'occidentales, comme justement celui des Aborigènes... Notons qu'Elkin est décédé en 1979, il n'a donc pas vraiment été influencé par les courants écologiques actuels.

Pourquoi utilise-t-on un produit aussi nocif que le glyphosate (et le Roundup) ? Parce qu'il faut produire toujours plus, en raison de la compétition mondiale.

Comme certains pays produisent à très bas coût, le système économique pousse les agriculteurs à se mettre à leur niveau, en recherchant une productivité toujours plus importante, même si la rentabilité reste très discutable. 

Mais la France ne se contente pas de produire pour son marché intérieur. Elle exporte.

Pour exporter ces céréales, notamment, à très bas coût, on va utiliser des porte-conteneurs géants. Comme le révèle cet article de France Inter, "les 15 plus gros navires présents sur les mers du globe répandent, à eux seuls, plus de soufre que toutes les voitures en circulation, et cela sans aucun système de filtration. Ces émissions seraient responsables du décès prématuré de 60 000 personnes en Europe chaque année."

Encore et toujours la théorie du "plus c'est gros, plus ça passe", qui malheureusement se vérifie. Les crimes les plus immenses restent impunis, parce qu'il faut protéger le sacro-saint modèle économique de compétition mondiale. 

Il sera terriblement difficile d'imposer à l'Europe des circuits courts, délivrés des pesticides, privilégiant les cultures bio, parce que cela veut dire que les pays du monde doivent coopérer et non plus se concurrencer. 

Privilégier la coopération plutôt que la compétition. C'est un changement radical de mentalité qui doit s'opérer à l'échelle de l'humanité si nous voulons survivre. 

Sur le plan idéologique, cela signifierait que ce ne seraient plus les économistes qui dirigeraient le monde, en tout cas, plus les économistes du développement à court terme, du profit immédiat.

Et ne croyez pas que les écrivains et auteurs, en tant qu'éminents sages, n'est-ce pas, ne seraient pas affectés (infectés?) par cette mentalité de compétition à tout crin. L'auteur Lee Child, qui est intervenu à plusieurs reprises dans les commentaires du blog de l'auteur Joe Konrath, à l'époque où ce blog était très actif, comparait les auteurs traditionnellement édités et qui vendent à plusieurs millions d'exemplaires, à des joueurs de foot américain de l'élite, alors que les auteurs autoédités n'auraient selon lui appartenu qu'aux divisions inférieures...

EDIT 17/08/2018 : cet article sur l'île de Nauru nous relate l'histoire d'une utopie se fracassant sur la réalité. Là encore, l'aspect "termite" de la société occidentale sans filtre, sans culture, sans valeurs, ressort clairement.

lundi 6 août 2018

Free State of Jones

Vu hier en DVD: Free State of Jones, magnifique fresque historique que je recommande chaudement. Contrairement à de nombreux films sur l'esclavage dans le contexte de la guerre de Sécession, celui-ci s'étend plus loin que la fin de la guerre. C'est ce qui le rend intéressant à mes yeux : comment l'incroyable vent de liberté qui souffle à la fin de la guerre trouve, ou pas, son prolongement dans une réalité plus ou moins apaisée. D'autant que certaines des répliques du film ont une forte résonnance par rapport à la situation actuelle. 



L'une des répliques de Free State of Jones dont j'ai envie de me souvenir est à peu près celle-ci: "nous sommes tous, à un moment ou à un autre, l'esclave de quelqu'un d'autre". Le film a beau être historique, quand je pense au harcèlement au travail et au harcèlement sexuel, et quand je pense aussi à tous ces gens coincés dans leur boulot par la menace (le chantage?) du chômage, je me dis que cette réflexion sur la liberté et l'esclavage tombe particulièrement bien. 

Ce vent de liberté qui souffle si fort dans Free State of Jones, peut sembler paradoxal, quand le pays qui produit et réalise le film est celui qui présente l'un des taux d'incarcération de ses propres habitants les plus élevés au monde, avec un américain sur cinq en âge d'être incarcéré qui se retrouve en prison.

On peut même se demander si on a vraiment progressé depuis l'époque que décrit le film, puisqu'il y a autant de Noirs américains en prison à l'heure actuelle qu'il n'y avait d'esclaves noirs vers l'année 1862, au début du film. D'une terrible tristesse.

Mais d'un autre côté, l'ombre n'est-elle pas la plus sombre là où la lumière est la plus vive? 

Ce que montre très bien le film, c'est comment de nouvelles règles brutalement plaquées sur un système existant ont conduit à des tentatives de détournement: je veux parler de la loi des Etats du Sud sur l'apprentissage, qui n'était qu'une forme de prolongement de l'esclavage. 

Même une fois cette loi abrogée, il y a eu la ségrégation, et il a fallu de nouvelles luttes, qui se poursuivent jusqu'à aujourd'hui.

La domination économique a été, pour les Noirs qui refusaient de s'exiler vers le nord, un autre prolongement: il fallait travailler dans les champs pour ne pas connaître le chômage.

Alors oui, il y a eu un moment où toutes les conditions étaient réunies pour que de nouvelles règles soient établies, et en particulier la victoire des Etats du Nord sur ceux du Sud dans la guerre de Sécession. Mais les mentalités, elles, ont mis bien plus longtemps à progresser. On pourrait même dire que le combat pour la liberté reste plus que jamais d'actualité aux Etats-Unis. 

Les conditions idéologiques étaient réunies, mais de nombreuses mentalités étaient encore fermement ancrées dans le passé.
Cet etat de fait me fait penser à la situation économique en France. On se rend bien compte que les conditions ont changé. Certes, nous sommes sous le dogme d'une société capitaliste, et si le capitalisme est devenu un dogme, c'est parce qu'on s'efforce de l'appliquer même pour des domaines qui devraient relever du public: la santé, l'éducation, l'énergie (même les usines hydrauliques, pourtant profitables en France, sont revendues par l'Etat au privé). 

Mais la manière dont on produit les richesses est différente, les machines jouent un rôle beaucoup plus important, la finance accélère la richesse ou l'endettement, la notion même de travail s'est modifiée. Cette modification de conditions a permis l'arrivée de la notion de Revenu universel, débattue aux présidentielles. 

Cette idée du revenu universel a été rejetée, notamment par des gens qui promettaient une véritable révolution comme Mélenchon, affirmant qu'il ne fallait surtout pas ouvrir la boîte de Pandore du revenu universel. Même pour des gens qui promettent la révolution, on le voit, les mentalités restent ancrées dans le passé. 

Je pense, avec le recul, que toutes les conditions ne sont pas réunies pour l'arrivée de ce Revenu universel: il faudrait notamment arriver à autonomiser davantage chacun au niveau énergétique, et à faire en sorte que ce revenu soit plus global, tienne compte du facteur logement et énergie. J'ai lancé une piste à ce sujet dans mon précédent article. Mais on s'y achemine progressivement, cela me semble quasiment ineluctable.

Le changement de conditions climatiques dont il est question en ce moment, et la décroissance nécessaire, montrent aussi qu'il est impératif de modifier complètement les mentalités pour modifier les règles: la croissance ne peut être nécessaire et utile que si c'est une croissance verte, des emplois qui s'inscrivent dans le développement durable. Vouloir réduire le chômage pour réduire le chômage, vouloir faire baisser la dette pour des raisons uniquement économiques n'a aucun sens si le monde n'est plus viable. Les économistes se contrefoutent de l'écologie, ils vivent dans un monde de chiffres qui n'est pas le monde réel. 

Nous devons cesser de produire plus, ou de consommer plus que ce qui peut être renouvelé annuellement par la planète (le seuil annuel est dépassé depuis juin de cette année je crois). Le député de la France insoumise Eric Coquerel vient de parler sur France Info de planification écologique. Le terme peut sembler drastique. Je pense pour ma part qu'il faudra se garder de la marge de manœuvre, mais que celle-ci devient de plus en plus étroite. 

Quel est le rapport, allez- vous me demander, avec les notions de liberté et d'esclavage dans Free State of Jones ? Tout simplement que nous serons incapables de faire les bons choix tant que nous serons prisonniers d'un dogme, esclaves d'une mentalité rétrograde.

Le monde a été impacté par l'homme. A présent, le monde réagit en impactant l'homme. A nous d'en tirer les conséquences. 

mercredi 1 août 2018

Développer le solaire

De retour de vacances au Portugal, où j'ai eu l'occasion de filmer notamment les toits de Lisbonne, je repensais aux sociétés de panneaux solaires qui m'ont démarché plus ou moins récemment. J'habite dans le Val d'Oise (95), où l'exposition solaire est nettement moins importante qu'au Portugal. Je ne sais pas vous, mais je considère les sociétés de vente et d'installation de panneaux solaires à domicile comme des prédateurs commerciaux, et je refuse de répondre à leurs sollicitations. Je ne pense pas que ces sociétés permettront de développer réellement le solaire en France. J'ai en revanche imaginé une histoire où je donnerais suite à une sollicitation. La société qui me contacterait ne vendrait pas du solaire, mais serait une agence immobilière. 

Assis derrière ma table de dédicace, je vois approcher vers moi un jeune cadre dynamique, cheveux blonds, costume bleu et cravate noire en dépit de la chaleur étouffante au dehors, air avenant.

"Bonjour", me lance-t-il, un grand sourire aux lèvres.
Je réponds prudemment à son  salut. 
"Je représente l'agence immobilière SolarDev, et souhaiterais vous faire une proposition. Vous avez quelques instants à m'accorder?"
Je fronce les sourcils, puis jette un coup d'œil alentour. On approche de l'heure du déjeuner, et le magasin est pratiquement vide. Dans ces cas-là, je peux me permettre un brin de causette. "Allez-y. 
- Voilà, c'est très simple. Je vous propose d'acquérir un hangar dans le sud de la France. Ce hangar de 100 m2 coûte 10 000 €, terrain compris, et se trouve raccordé à EDF. Il se situe à cet endroit, parfaitement exposé."

Le commercial me sort une tablette, et me pointe son hangar sur Google Maps, dans le sud de la France. 

"Quel serait l'intérêt pour moi d'avoir un hangar là-bas?
- Le solaire, bien sûr. Dans cette région, l'aide pour l'achat de panneaux solaires correspondant à la surface de toiture du hangar est de 6000 €. Les panneaux eux-mêmes reviennent en moyenne à 9000 €, mais je vais vous communiquer une liste de vendeurs de panneaux que vous pourrez mettre en concurrence. 
- Admettons que je sois intéressé. Pourquoi vouloir me faire acheter un hangar et non un terrain sur lequel installer les panneaux? 
- Parce que le tarif de revente de l'électricité est bien meilleur sur un toit plutôt que dans un champ."

Suit une explication plus technique par rapport aux tarifs de rachat, au cours de laquelle le vendeur me démontre que le hangar, qui aura coûté, avec ses panneaux solaires, 13 000 € après aide de la région, sera remboursé intégralement, et commencera à me constituer une rente dès la 8ème année après l'investissement initial. Il me parle d'un revenu de 1800 € par an pour la surface concernée, et donc d'un gain cumulé de plus de 14 000 € dès la huitième année.

Je décide alors de considérer sérieusement cette possibilité, et prend les coordonnées de l'agent, lequel ne se paiera que sur une commission de la vente du terrain et du hangar.

Un scénario impossible ? 

Je suis allé sur différents sites pour élaborer ce scénario, comme celui-ci (infos de 2008), celui-ci et celui-ci (tarifs rachat électricité 2018). Je pense que c'est crédible, mais si vous vous êtes intéressé à la question, n'hésitez pas à m'envoyer des liens vers vos blogs.

Peu importe l'endroit où l'électricité est produite, du moment qu'elle est raccordée au réseau. Ce qui intéresse les gens, je pense, c'est une rentabilité en moins de 10 ans, avec un investissement qui reste sous la barre des 20 000 € (19 000 dans mon scénario, mais avec une aide de la région de 6000 € qu'il faut déduire). 

Si les gens ont la possibilité de se constituer une rente intéressante grâce au solaire, celui-ci va pouvoir se développer massivement. Le prix des panneaux solaire, qui reste un obstacle, va pouvoir diminuer. Mais il ne diminuera pour les régions du nord qu'à partir du moment où les gens installeront suffisamment de panneaux solaires dans le sud. 

L'idée de l'article m'est venue en parcourant des plaines d'Espagne qui m'ont semblé désertiques et parfaitement exposées au soleil. Je n'ai vu aucun champ de panneaux solaires sur mon parcours vers le Portugal.

A titre d'exemple, j'ai déjà fait venir chez moi une société qui m'a proposé un plan d'investissement sur 25 ans pour du solaire dans mon pavillon à Pontoise, dans le 95. La rentabilité était beaucoup trop lointaine, les travaux impliquaient un remplacement intégral de ma toiture, ce qui est toujours risqué puisque une toiture est un élément statégique indispensable pour la durabilité d'une maison, bref, je n'ai pas donné suite. 

Je considère que l'élément esthétique doit être l'une des priorités pour les sociétés qui cherchent à vendre du toit solaire. Dans une ville comme Lisbonne, par exemple, il faudrait être capable d'imiter parfaitement la tuile ocre tout en faisant du solaire. Le tourisme est trop important, et il faut obtenir l'approbation des maires pour faire du toit solaire.

Il existe déjà des panneaux solaires qui imitent parfaitement l'ardoise. C'est dans ce sens que l'on doit aller. 

L'autre frein en plus de l'esthétique des panneaux, c'est qu'en France, l'énergie doit être rachetée par un opérateur unique: EDF. L'absence de concurrence sur le rachat de l'électricité nuit bien sûr au développement du solaire. 

Le dernier frein que j'identifie, c'est que les champs de panneaux solaires (panneaux au sol) rapportent très peu par rapport aux panneaux montés sur toit. Cela devrait aussi changer si l'on veut favoriser le solaire.

Dans mon scénario, le hangar est raccordé à EDF, et le prix d'achat comprend le raccordement. Peut-être serait-il possible d'inventer d'autres scénarios, dans lesquelles l'énergie produite serait stockée dans des batteries, batteries que l'on pourrait revendre ou louer, soit à des maisons, soit à des voitures électriques. 

Cela implique bien sûr que le marché de l'énergie électrique ne soit plus le monopole d'une seule société, mais que chacun puisse en tirer parti. 

A l'heure où l'on parle de réchauffement climatique et de nuisance du nucléaire, ce serait une initiative en faveur d'une énergie propice au développement durable, puisque les panneaux solaires à base de silicium sont recyclables facilement et à moindre coût. 

Je terminerais en disant que je ne sous-estime pas l'importance d'une bien meilleure isolation dans les maisons, immeubles et appartements. Bien au contraire, puisque l'économie générée par une meilleure isolation serait sans doute plus importante que les gains à obtenir grâce au solaire. 

Néanmoins, l'un n'empêche pas l'autre, n'est-ce pas ? 

Note: pour le prix du hangar en lui-même, je me suis inspiré de ce site

mardi 26 juin 2018

Symboles et littérature de l'imaginaire

Le plus bel objet magique sur lequel je sois tombé dans ma vie de lecteur, le plus symbolique, celui qui a le plus résonné en moi, est le Choixpeau magique dans Harry Potter à l'école des sorciers. Il s'agit d'un objet magique dont la symbolique est rattachée au monde réel, et en cela il résume parfaitement la série Harry Potter: un roman qui mélange monde réel et monde magique. 



Vous êtes plutôt littéraire ou plutôt matheux? Ni l'un ni l'autre? Plutôt intellectuel ou manuel? Timide ou audacieux? Courageux ou prudent? Paresseux ou travailleur?

Ces différentes caractéristiques, ces différents penchants, aptitudes ou compétences, ces traits de personnalité et ces valeurs, et bien d'autres, sont ceux qui nous définissent en tant qu'êtres humains. 

Ils nous renvoient tout aussi bien à la génétique qu'au développement personnel, à l'inné aussi bien qu'à l'acquis, au figé qu'à l'évolutif. 

La question métaphysique de la prédestination, du destin, de notre évolution, de notre présent et de notre futur, déjà écrit ou non, est intimement liée à ces caractéristiques, ces éléments qui nous composent. 

En inventant le Choixpeau magique, un chapeau qui, au moment de votre arrivée à l'école de Poudlard, va vous envoyer dans différentes familles auxquelles sont liées différents traits de personnalité et aptitudes (Gryffondor, Serdaigle, Poufsouffle, Serpentard), la romancière J.K. Rowling a réalisé le tour de force d'inventer (de découvrir, ou de redécouvrir, diront certains) un objet magique qui fait résonner tout cela en nous. 

Dans le roman, il est précisé que le Choixpeau tient compte de l'envie des élèves. Sur Internet, on peut aussi tomber sur différentes théories, dont l'une d'entre elle établit que le Choixpeau prend en fait en compte des valeurs auxquelles les enfants sont attachés. Vous n'irez pas forcément à Gryffondor parce que vous êtes courageux, mais parce que vous estimez que le courage est un idéal à atteindre. 

Je dirais qu'à la rigueur, peu importe la fonction exacte du Choixpeau, en tout cas du point de vue de l'auteur que je suis. Ce qui compte, c'est sa charge symbolique. La manière dont il va faire résonner toute une série de connaissances en nous, par rapport à notre évolution, justement dans un moment où les enfants, dans le récit, doivent faire le choix qui va conditionner les prochaines années qu'ils vont vivre, et peut-être, leur futur entier. 

Si vous n'êtes pas capable de faire le parallèle avec vos années de collège, c'est sans doute que vous n'avez jamais été au collège.

On a donc cet objet magique qui nous renvoie à tout un tas de choses du monde réel. Je n'aborderai pas l'aspect psychanalytique des symboles. Si cet aspect vous intéresse, je ne saurais trop vous conseiller de vous plonger dans Psychanalyse des contes de fées, de Bruno Bettelheim. Cette lecture ne pourra que vous confirmer que la symbolique, dans un récit, a un impact réel sur le lecteur. 

L'exemple de ce Choixpeau dans Harry Potter est fascinant pour moi en tant qu'auteur de littérature de l'imaginaire. Est-ce que, en tant que romanciers, nous faisons la démarche volontaire de rechercher des symboles à haut niveau de résonnance? Je ne le pense pas. Je ne crois pas que telle ait été la démarche de J.K. Rowling, et ce n'est pas la mienne non plus. Je crois que ces symboles nous sont apportés par le fil du récit, par l'histoire. 

Je ne dis pas non plus qu'il n'y ait pas quelques séances de brainstorming, ou si vous préférez, de cogitation. 

[Attention spoilers: univers d'Ardalia] 

Quand j'ai défini l'univers d'Ardalia, je me suis appuyé sur des objets magiques, avec des propriétés symboliques de leur élément. Le noueux, sorte de baguette magique qui permet aux shamans de convoquer les vents, ou l'orbe de Kerengar, qui possède des propriétés liées à la matière, et à la terre. 

J'ai aussi ajouté un aspect spirituel aux éléments. Le dieu du vent, par exemple, est aussi celui du Destin.

Mais je dois bien reconnaître que je n'ai jamais conçu (ou découvert) un objet qui puisse posséder une résonnance aussi forte, à différents niveaux, que ce Choixpeau. 

L'une des choses dont je suis le plus fier est l'Eau Turquoise des Malians, le peuple semi-aquatique aux pieds palmés. Un fluide qui va comporter différentes caractéristiques selon les bassins dans lesquels il est placé. Dans le bassin d'apprentissage, l'eau a une mémoire, et permet aux malians d'accéder à la sagesse de leurs ancêtres. 




Mais dans les bassins de naissance et de seconde chance, ce fluide va permettre aux créatures (pas toutes, d'ailleurs) de fusionner. De devenir l'équivalent de frères ou soeurs siamoises, si l'on veut se rapprocher de quelque chose d'humain.

La symbolique que l'on peut trouver dans l'Eau Turquoise, c'est l'harmonie entre les êtres - la déesse des Malians est la déesse de l'harmonie. C'est aussi, quelque part, notre propre évolution en tant qu'êtres humains issus de l'eau dans les temps anciens.

Mais il y a bien sûr quelque chose d'expérimental, dans cette trilogie Ardalia, l'idée de concevoir des peuples extraterrestres à une époque primitive et sauvage, grosso modo avant l'âge du fer.

C'est peut-être cet aspect expérimental, en dépit des nombreux repères qui existent par rapport à notre réalité, qui rend la résonnance moins forte avec celle-ci. 

En dehors de ses fonctions d'évasion pure, l'imaginaire nous permet en tout cas d'interroger, parfois de décrypter, notre univers. D'où ces nombreuses passerelles avec le monde réel que l'on trouve dans les univers de l'imaginaire.

lundi 18 juin 2018

Commander les livres Alan Spade

Lorsqu'on est comme moi auteur autoédité, l'un des plus grands écueils à surmonter est la distribution en librairie. C'est tout le sens de mon partenariat avec Expressediteur.com. Si vous vous demandez comment commander les romans Alan Spade en format papier, voici le mode d'emploi.

Tout d'abord, un immense merci à vous, lecteurs, pour votre soutien ! Grâce à vous, j'ai récemment dépassé le 12 000ème exemplaire vendu (ebook et livre papier cumulés).

Vous avez remarqué que mes romans n'étaient pas présents en rayon, mais vous souhaitez les commander auprès de votre libraire? Pas de souci, il suffit de demander à votre libraire de passer par le site Expresséditeur.com

Tous mes livres (en français) sont référencés sur ce site, qui permet aux libraires de les commander en toute sécurité, avec envoi du livre dans les 48h. C'est sécurisé pour le libraire (marge de 35% garantie), sécurisé pour vous, le lecteur, et sécurisé pour moi, l'auteur-éditeur. Que demander de plus? 

Vous pouvez aussi commander mes livres sur Amazon, en version papier ou ebook. A noter: les versions anglaises des livres papier de la trilogie Ardalia (The Breath of Aoles, Turquoise Water et The Flames of the Immolated) ne peuvent être commandées que sur Amazon. Il vous faudra alors cliquer sur le lien "livres étrangers". 

Les versions anglaises de mes ebooks sont quant à elles disponibles sur les grandes plates-formes, Amazon, La Fnac, Kobo, Apple, Google Play. Depuis peu, il existe également des versions ebooks contenant les deux langues, français et anglais, à prix abordable sur ces plates-formes. Des versions bilingues, donc, idéales pour l'apprentissage. 

Pour les commandes Fnac Alan Spade de livres papier, il arrive, malheureusement trop fréquemment, que ces commandes soient gelées. Comme on dit, il faut bien vivre, et lorsqu'une facture Fnac dépasse le délai légal de paiement de deux mois j'attends d'être réglé par la société qui gère les factures Fnac, Alize-SFL, avant d'accepter toute nouvelle commande.
Dans ce cas, je l'indique sur mon site d'auteur. Mieux vaut alors passer par votre libraire, ou par Amazon, pour commander votre livre et gagner du temps.


La société Alize-SFL gagnerait d'ailleurs énormément à s'inspirer du système mis en place par Expresséditeur.com

On peut continuer à commander les versions ebook de mes livres sur le site de la Fnac, car ce n'est pas Alize-SFL qui s'occupe des règlements, et je n'ai pas de souci de ce côté. 

Enfin, si vous préférez régler directement le créateur, ce qui est aussi le choix d'un certain nombre d'entre vous, il existe une possibilité de commandes groupées sur mon site, avec règlement en ligne par Paypal. Les versions ebooks sont dans ce cas offertes en plus des livres papier. 

Ces commandes groupées ne concernent pour l'instant que mes romans de SF et Fantasy, mais je pense faire une offre groupée sur les thrillers dès que le prochain, en cours d'écriture, sera sorti. 

Encore un grand merci  à vous tous, grâce auxquels cette aventure peut se poursuivre!

dimanche 10 juin 2018

Ronron et disruption

Dans la vie courante, le fait d'être arraché de votre sommeil par un bruit soudain est l'une des choses les plus brutales et agressives qui puissent vous arriver. Rien d'étonnant à ce que la disruption, qui vient perturber le ronron habituel d'un secteur économique, soit ressentie par ceux qui en sont victimes comme cataclysmique. Et pourtant, cette disruption peut être un facteur d'innovation, voire de progrès, et avoir un effet libérateur. 

Selon la définition du terme, la disruption, au niveau marketing, est une "stratégie d'innovation par la remise en question des formes généralement pratiquées sur un marché, pour accoucher d'une "vision", créatrice de produits ou de services radicalement innovants."

Je suis le survivant d'une disruption. Celle-ci, dans mon cas, n'a pas été le fait d'une entreprise en particulier mais du phénomène global d'Internet. Le groupe de presse, Posse Press, qui m'employait au début des années 2000, offrait des sharewares dans des DVD sous blister, livrés aux lecteurs avec les revues du groupe. 

Avec la montée en puissance du haut débit, les lecteurs se sont mis à télécharger de plus en plus, et comme ils lisaient de plus en plus les articles de tests de produits sur le net, de manière gratuite, ils ont fini par se détourner des revues payantes. 

La disruption s'accompagne en effet souvent d'une baisse de coût pour le consommateur, et en cela, le phénomène du "low cost" est un phénomène essentiellement disruptif. 

Je pourrais donc avoir une dent contre ces nouvelles technologies qui m'ont forcé à opérer deux reconversions professionnelles successives. Pourtant, il me serait difficile de nier que dans le cas d'Internet, le positif l'emporte largement sur le négatif. 

L'ironie des choses, c'est qu'après avoir été victime d'une disruption, j'en ai été le bénéficiaire: en lançant la liseuse Kindle en 2007, Amazon est venu chambouler le paysage de l'édition traditionnelle. 

Nous autres auteurs, à quelques exceptions près que l'on met en vitrine, sommes traditionnellement les otages du marché du livre, les seuls acteurs qui ne sont pas considérés comme des professionnels, notamment parce que nos revenus liés à l'écriture ou à la vente de nos livres sont insuffisants, et que nous devons, dans notre grande majorité, prendre un boulot alimentaire pour faire bouillir la marmite. 

Après la révolution de l'ebook qui a véritablement débuté en 2009, en particulier aux Etats-Unis et dans une moindre mesure en France, une nouvelle catégorie d'auteurs est née, capable d'assurer sa subsistance de manière indépendante, via la vente d'ebooks. Les journalistes ont parlé d'ubérisation de l'édition. 

Cette révolution ne m'a pas permis, dans mon cas particulier, de vivre de la vente d'ebooks, mais a amené des ressources supplémentaires. Je n'ai pu manquer de ressentir l'aspect libérateur de ce qui a été, pour le monde de l'édition, une énorme perturbation. 

Il y a un domaine que l'on pourrait penser à l'abri de toute disruption. A la fois parce que ce domaine relève d'une haute technologie, inaccessible au commun des mortels, et parce qu'il est traditionnellement le domaine réservé des gouvernements. Il s'agit de la fabrication de fusées, du lancement de satellites, et, de manière plus large, de la conquête spatiale. 

Oui, vous me voyez venir avec mon Space X. La compagnie d'Elon Musk a prouvé qu'elle pouvait remettre en cause le modèle traditionnel de lancement de fusées. En parvenant à faire atterrir les premiers étages des lanceurs, Musk a prouvé qu'un autre modèle, beaucoup plus économe, était possible. 

En concevant ses entreprises autour de labo de recherche et de développement et non en rajoutant ces labos dans un deuxième temps aux entreprises, Musk a prouvé qu'on pouvait innover de manière plus pointue encore. 

Il a démontré, en cassant le secteur réservé des grands marchés de l'espace, que ceux-ci étaient dans un ronron, et gaspillaient dans une large mesure l'argent du contribuable. Pourquoi? Parce que, notamment, le fait de faire atterrir le premier étage des fusées était jugé infaisable ou trop coûteux. 

Il est venu avec un regard neuf, et a prouvé que c'était possible, d'une certaine manière, parce qu'il était trop con pour comprendre que c'était impossible. 

Combien de personnes ont dû être jugées trop stupides, parce que faisant preuve d'audace ou d'un regard neuf? Les adversaires de Napoléon auraient probablement jugé ses plans de combat complètement insensés. De même, l'idée, pour les Allemands, de passer en force avec des blindés dans la forêt des Ardennes devait sembler totalement irréaliste à l'état-major français. 

Dans le domaine scientifique, la disruption procède aussi de la remise en cause des théories existentes. Imaginez le tremblement de terre dans la communauté scientifique, quand on a été à même de prouver que la loi de Newton ne s'appliquait pas pour la planète Mercure? Que c'était Einstein qui avait raison avec sa théorie de la relativité? 

Récemment, sur Facebook, je pointais du doigt le gaspillage des briques de jus de fruit, de lait et de potage, qui conservent des gouttes de contenu aux quatre coins. Une autrice, Isabelle Grammont, est intervenue en disant: "le meilleur emballage, c'est celui qu'on ne produit pas", que je traduirais avec mes mots à moi: le meilleur emballage, c'est quand il n'y a pas d'emballage. 

Imaginez maintenant un entrepreneur qui me prenne au mot. Cet entrepreneur se mettrait à stocker le lait, les jus de fruits et autres, dans des cuves. Il installerait une tuyauterie parallèle dans chaque foyer. Cette tuyauterie serait reliée à un ou des robinets distincts des arrivées d'eau. 

Résultat des courses, la prochaine fois que vous voulez un jus d'orange, vous surfez à l'aide de l'app sur votre smartphone, achetez la quantité requise, et faites couler le robinet prévu à cet effet pour recueillir votre boisson. 

Une idée farfelue? Ou bien un regard neuf posé sur l'industrie? A l'heure où l'on parle d'un septième continent de plastique, l'emballage va devenir un secteur à fort enjeu. 

Je peux me tromper, mais je prédis que c'est l'un des secteurs qui va subir une disruption au XXIème siècle. 


mercredi 30 mai 2018

Prestation de services et commentaires

Les commentaires sur les sites de vente concernant les romans ou livres en général, s'ils ne suffisent pas à eux seuls à générer des ventes, sont un ingrédient quasiment incontournable pour l'auteur autoédité. Ces commentaires représentent donc un enjeu économique fort, non seulement pour les autoédités, mais aussi pour tous les acteurs du marché. Ces quelques lignes d'appréciation si précieuses surviennent rarement d'elles-mêmes. Pour l'auteur inconnu, en obtenir représente une débauche de temps et d'énergie considérable. Cet état de fait pourrait s'améliorer en France, à condition que des prestataires de service s'y prennent intelligemment. 

Je suis auteur depuis 2001, autoédité depuis 2006 (avec une brève parenthèse vers l'édition en 2009-2011). Mon but est de vivre de ma plume, ce que j'arrive à faire depuis 2014. On me pardonnera donc la portée utilitaire de mon propos, sachant que de nombreux blogueurs font preuve d'une bonne volonté admirable, et soutiennent activement les auteurs autoédités. 

J'ai conscience que tous les blogueurs, quels qu'ils soient, sont des êtres humains et non des outils au service des auteurs. 

Maintenant, voici ce que j'ai constaté au sujet des commentaires de livres : 

- les commentaires sur les blogs, hormis certains blogs très rares que l'on peut appeler "blogs prescripteurs", et qui sont assiégés par les éditeurs, n'ont pas d'effet direct sur les ventes
- un commentaire sur un blog, quel qu'il soit, peut néanmoins être utilisé de manière indirecte, par exemple à l'occasion d'une séance de dédicace, et se révéler utile pour l'auteur
- les commentaires sur les sites de vente peuvent générer des ventes, et/ou des "pages lues" (emprunts dans le cadre des abonnements Kindle ou KoboPlus)
- les ebooks classés dans les meilleures ventes suscitent nettement plus de commentaires, comme si certains lecteurs se sentaient obligés de donner leur avis (leur aval?) sur le dernier titre à la mode
- il est de plus en plus difficile, pour un auteur inconnu, d'obtenir un commentaire sur un site de vente
- on obtient nettement plus facilement un commentaire sur un site dédié ou un blog si on envoie le livre papier plutôt que l'ebook, que ce soit en passant par un site comme Goodreads, Livraddict ou Simplement pro
- un site comme Goodreads propose à présent d'envoyer des ebooks à des lecteurs moyennant paiement de l'auteur, dans le but d'obtenir des commentaires

On ne va pas se cacher les choses: envoyer un livre papier, pour l'auteur autoédité, représente d'autant plus un budget que les frais de port vont en augmentant, si on passe par La Poste. 

Donc, si l'on regarde les choses de manière lucide, les auteurs qui tiennent le plus à obtenir des commentaires sont prêts à investir de l'argent pour ce faire. 

On constate aussi, lorsqu'on a comme moi des romans traduits en anglais, que les sites qui, aux Etats-Unis, vous permettent d'être vus par des dizaines de milliers d'abonnés, ces sites payants qui vous permettent de faire la promo de vos ebooks, réclament au moins une dizaine de commentaires positifs pour accepter votre ebook. 

En conséquence, aux Etats-Unis, outre l'offre payante de Goodreads précédemment évoquée, un prestataire de service nommé Hidden gems books s'est mis en place. 

Il est intéressant de voir que ce prestataire a débuté uniquement avec des romances: les romances sont en effet le genre le plus actif de l'autoédition, et sans doute aussi le plus lu. Le service s'est par la suite ouvert aux autres genres. 

Amazon interdit à juste raison que l'on paye quelqu'un pour qu'il vous commente votre livre. J'ai toujours recommandé d'éviter ce genre de pratique. 

Hidden gems books (HGB) va jouer le rôle d'intermédiaire: c'est ce service que vous paierez, et non les commentateurs. Cela fait toute la différence, puisque HGB ne rémunère pas, d'après ce que j'ai pu voir, les commentateurs. 

Le site procède à une sélection de lecteurs souhaitant lire des livres gratuits en échange de commentaires, en évacuant au fil du temps les lecteurs qui ne commentent pas, ou bien dont le commentaire est trop succinct ou trop peu argumenté. Le site affirme qu'il obtient ainsi en moyenne 80% de commentaires, c'est à dire que si vous payez pour obtenir 50 commentaires, vous êtes sûr d'en obtenir une quarantaine. 

Les tarifs, 2$ par lecteur, m'ont semblé raisonnables compte tenu de la difficulté qu'il y a en temps normal à obtenir des commentaires, et du côté fastidieux, notamment, d'envoyer des livres papier - les commentaires sont faits sur des versions électroniques. 

Attention, ce que l'auteur paye, c'est la mise en relation avec le lecteur, ceci afin de ne pas enfreindre les règles d'Amazon. Le nombre de commentaires n'est donc pas garanti, et si un site se met en place, il devra veiller à ce que les lecteurs s'engageant à commenter des livres dans un délai imparti tiennent leurs engagements à 50% au minimum. En dessous de ce seuil, la déception des auteurs fera que le site ne sera plus viable.

Il faudra surveiller cela genre par genre: si les personnes qui s'occupent d'un tel site s'aperçoivent que seulement 2 commentateurs de roman de Fantasy sur 10 tiennent leurs engagements, là où 9 commentateurs sur 10 tiennent leurs engagements en romance, ça veut dire que la recherche de commentateurs intéressés doit davantage s'orienter vers des lecteurs de Fantasy. Ou vice-versa, bien sûr. 


Ce qui m'a décidé à essayer ce prestataire pour ma trilogie en anglais, c'est à la fois parce que le service avait plutôt bonne réputation auprès des auteurs, mais aussi parce qu'il arrive assez souvent que les commentaires obtenus par le biais de HGB ne soient pas élogieux. 

Masochisme? Eh bien, je me mets à la place du lecteur. En tant que lecteur, j'ai envie d'avoir des commentaires honnêtes, pointant aussi bien les failles du livre que ses qualités. Il est essentiel qu'un prestataire comme Hidden Gems Books puisse garantir l'impartialité des commentaires. 

Ce type de service, à ma connaissance, n'existe pas en France. Je trouve cela vraiment dommageable pour les nouveaux auteurs, ceux qui ont besoin des quelques premiers commentaires indispensables pour commencer à faire bouger les choses au niveau des ventes.

Indispensables, ces commentaires, mais pas toujours suffisants, nous sommes bien d'accord. D'autres efforts promotionnels seront tout aussi indispensables de la part de l'auteur (newsletter, pubs sur Facebook ou Amazon pour le marché anglo-saxon, dédicaces).

Donc, si vous connaissez quelqu'un qui a un projet de start-up dans l'univers de l'ebook et qu'il ou elle puisse mettre en place dans la francophonie quelque chose de similaire à ce que fait Hidden Gems Books, à la condition que les tarifs soient honnêtes et que l'impartialité des commentaires soit garantie, je pense que vous serez bien accueillis par les auteurs autoédités. 

En effet, tant qu'à mettre de l'argent sur de l'envoi de livres, pourquoi ne pas réserver ce budget à un prestataire qui simplifierait grandement les choses pour les auteurs? Un prestataire qui serait capable de garantir un certain nombre de commentaires en fonction d'une somme d'argent, et dans un temps donné.

La demande est là. Le succès d'un tel service dépendra bien sûr de sa capacité d'attirer aussi bien des lecteurs intéressés et sérieux, du côté des commentateurs, que des auteurs désireux de voir leur livre commentés sur les sites de vente. 

PS: A noter que Kobo propose déjà, dans ses "services pour les auteurs" la possibilité d'obtenir des commentaires de la part "d'un professionnel de l'édition de Publishers Weekly". Cela coûte cher, et n'a rien à voir avec ce que je propose, à savoir un service d'intermédiation entre les auteurs et les lecteurs/commentateurs. 

[EDIT 31/05/2018] : un auteur me parlait sur Facebook des "commentaires pourris qui nous flinguent les ventes". J'ai dernièrement reçu le commentaire 1 étoile suivant sur Kobo, pour mon dernier roman, Passager clandestin, qui s'intitule "A fuir." En voici le copier-coller:  "Completemnt nul ennuyeux a ne pas perdre son temps."  

Il est évident qu'après cela, mes ventes ont nettement baissé sur le site, et j'en suis dégoûté. Mais justement, un prestataire qui emploie des gens qui lisent vraiment le livre et le commentent évitera ce genre de commentaires. Ils ne seront pas acceptés, car pas assez argumentés. L'auteur qui commande des commentaires à un prestataire doit avoir au moins l'impression que les lecteurs rédigeant les commentaires ont lu le livre. C'est le principe de base. Mais oui, bien sûr, se faire commenter de manière honnête comporte toujours le risque de ne pas plaire. Il faut faire avec. 

samedi 19 mai 2018

Un nouveau concept

Oui, je sais, vous allez me dire que je suis peut-être le seul à trouver nouveau ce concept. Il n'empêche qu'au cours de ma carrière d'auteur autoédité, je ne l'ai jamais vu mis en pratique dans des romans de Fantasy. L'idée? Permettre à mes lecteurs de découvrir à la fois les versions française et anglaise de ma trilogie de Fantasy dans un même ebook. Un marché de niche, certes, mais qui me permet pour la première fois d'aborder une catégorie qui semblait jusqu'alors l'exclusivité de la non-fiction: l'apprentissage de la langue. 


L'idée m'est venue en voyant scintiller les yeux de certains de mes lecteurs quand je leur proposais, en dédicace, de leur envoyer gratuitement la version anglaise de l'ebook, pour compléter leur achat du livre papier. 

Je me suis dit: le fait de pouvoir lire à la fois en anglais et en français suscite donc de l'intérêt pour certains de mes lecteurs, que ce soient des mères de famille dont l'ado apprend l'anglais et apprécie la Fantasy, ou bien des lecteurs ayant un intérêt pour le bilinguisme, ou la traduction. 

Un intérêt suffisant pour mettre un peu plus d'argent dans un ebook à la fois en français et en anglais? Ça a été mon impression, mais je ne pourrais bien sûr répondre à cette question qu'empiriquement, au vu de mes courbes de ventes. 

De plus en plus de lecteurs achètent directement en VO les romans de Fantasy, il faut le savoir. Ils peuvent avoir envie de s'améliorer dans leur connaissance de la langue anglaise.

J'aime énormément l'impression d'être un pionnier dans le domaine de l'autoédition, et, même si cette expérience se traduit par des courbes aussi plates que la mer du Nord, je suis heureux d'expérimenter, parce que ça fait aussi partie du métier. Oui, c'est assez grisant, même si d'autres l'ont sans doute déjà fait avant moi, se sont plantés et ont eu tellement honte de leur échec qu'ils n'ont pas parlé de cette expérience (ce qui expliquerait que je pense, dans ma grande naïveté, avoir innové). 

Je trouve le format ebook propice à la navigation entre chapitres, et passer d'un chapitre anglais à un chapitre en français offre un plus non négligeable par rapport au simple fait d'appuyer sur le mot anglais pour en avoir la définition. Le contexte, voilà ce qui est très appréciable. Le sens, la manière dont le traducteur (et j'ai traduit deux de mes trois romans de Fantasy, Eau Turquoise et Les Flammes de l'Immolé, moi-même) va surmonter des difficultés ou aborder des tournures de phrase. 



Bien sûr, même si Dawn Lewis, la correctrice professionnelle de langue anglaise qui m'a aidé à traduire, corriger et remettre dans le bon ordre la trilogie en anglais, est à mon avis très talentueuse et a fait un travail magnifique, je ne vais pas vous demander de me croire sur parole quant à la qualité de la traduction. 

Vous pouvez vous faire votre propre opinion, en téléchargeant gratuitement Une brève histoire d'Ardalia - Duo français anglais.  

Vous pouvez aussi lire les critiques anglo-saxonnes sur les sites de vente

En pratique, pour les romans dont la couverture est française, j'ai mis la version française en premier, et la version anglaise en deuxième. Pour les romans dont la couverture est anglo-saxonne, j'ai mis la version anglaise en premier, et la version française en deuxième.

Si l'idée vous séduit, n'hésitez pas à télécharger les romans, ou bien à les recommander aux personnes autour de vous susceptibles d'être intéressées. Y compris via les réseaux sociaux! 






Prix: 5,99 €



Prix: 7,99 €



Prix: 8,99 €

lundi 9 avril 2018

Similitudes entre romans

Je connais des auteurs qui ont pour principe de lire le moins possible dans leur genre littéraire d'écriture dès lors qu'ils sont en cours d'écriture d'un roman. Le risque d'être influencé, consciemment ou non, est en effet bien réel. Mais faut-il vraiment le redouter? Même pour des romans extrêmement populaires, les similitudes peuvent être frappantes. Attention, cet article contient des spoilers pour Le Seigneur des Anneaux, de J.R.R. Tolkien, et La Tour sombre, de Stephen King. 

Le romancier Stephen King qualifie sa série de romans La Tour sombre, de "Jupiter du système solaire de son imagination". Les romans se sont vendus à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde (sans doute davantage depuis 2010, date de cette estimation). 

On ne peut donc pas considérer La Tour sombre comme une fan-fiction. D'autant moins que le roman possède son univers propre, très spécifique et à nul autre pareil. 

Néanmoins, dans la préface du roman, Stephen King évoque deux œuvres qui l'ont inspiré: Le Seigneur des Anneaux, de John Ronald Reuel Tolkien, et, au niveau du cinéma, la trilogie des dollars, les fameux westerns spaghetti de Sergio Leone (Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le Bon, la Brute et le Truand). 

Je n'ai pas terminé ma lecture de la Tour sombre. J'en suis au quatrième volume, Wizard and Glass (Magie et Cristal est le titre français). 

Il faut bien reconnaître que les similitudes avec une oeuvre aussi emblématique que celle de Tolkien sont réelles. Ainsi le protagoniste principal, Roland le pistoléro, est-il, à l'instar d'Aragorn, un Roi qui s'ignore. Il descend en effet d'une longue lignée qui remonte jusqu'à Arthur Eld. La référence au roi Arthur, des Chevaliers de la Table Ronde, est bien évidemment voulue. 

Vous allez me dire, à juste raison, que cette idée de roi déchu est une idée, un concept, et qu'on ne peut, fort heureusement d'ailleurs, mettre des copyrights sur les idées.

Mais cela peut aller assez loin dans le concept. Dans le Seigneur des Anneaux, il existe les Palantiri, des boules de cristal capables d'espionner à distance. Le Seigneur des Anneaux lui-même, Sauron, en possède une, et s'arrange pour influencer les pensées de quiconque se sert d'un autre Palantir, en ne lui montrant que des images susceptibles de conduire au désespoir, et en minant à distance sa volonté (entre parenthèses, quelle belle allégorie des médias!). 

Dans Magie et Cristal, de Stephen King, il y a une boule de cristal issue de l'arc-en-ciel (chaque boule représente une couleur de l'arc-en-ciel). Ironiquement, celle-ci est rose, mais ne permet pas de voir le monde en rose. Elle semble en effet habitée par un démon, et ne montre que les aspects négatifs des événements, et les défauts des gens. Tout en devenant très addictive (on ne peut très vite plus s'en passer), et en aspirant l'énergie vitale de son utilisateur. 

Nul besoin d'être voyant pour s'apercevoir que ce sont des concepts extrêmement proches, et pourtant, Stephen King ne s'est pas interdit de les utiliser. Et sa série de romans a connu le succès.

Au passage, on remarquera que ce sont des concepts forts que Stephen King a chopé. Le roi déchu, ces boules de cristal perverses, cela résonne en nous. 

J'ai beau reconnaître ces similitudes, cela n'entache en rien mon plaisir de lire La Tour sombre, parce que l'auteur ne se contente pas de faire de la redite. Ces éléments communs sont parfaitement intégrés à son univers, et cela fait sens.

Est-ce que j'aurais osé utiliser un concept aussi proche, dans mon univers? Alors qu'au contraire, je me suis efforcé de rechercher l'originalité, au point de refuser l'usage de la thématique du héros prophétique, un grand classique des romans de Fantasy ? Eh oui, moi aussi je suis un auteur complexé, qui cherche à innover. 

Le concept de boule de cristal n'est pas tout à fait absent de ma trilogie Ardalia, notez-le. Les êtres affiliés à l'eau, les Malians, sont capables d'utiliser des Bulles de Vision, dont la portée est tout de même limitée, mais qui, invisibles, leur permettent d'observer sans être vus. C'est une faculté qui est totalement intégrée à mon univers, et qui coule de source, pourrait-on dire, pour un peuple voué à l'eau. 

Tout cela pour dire que nous autres auteurs inconnus avons des complexes, ou des scrupules, dont ne font pas preuve des bestsellers. 

C'est une bonne chose à partir du moment où travailler sous la contrainte permet la naissance d'univers, et de scénars originaux. C'est une moins bonne chose quand cela doit limiter la créativité, ou carrément interdire aux auteurs la lecture d'autres romans de fiction. 

Mais bien sûr, à chacun ses méthodes, loin de moi l'idée de jeter la pierre (fût-ce une boule de cristal) à quiconque!

samedi 24 mars 2018

Expressediteur.com: un bon plan

Expressediteur, géré par le libraire La Générale du livre, est un service de livraison de livres en 48h00 s'adressant à la fois aux libraires, aux auteurs autoédités référencés Dilicom et Electre et aux éditeurs. Quel bilan depuis que j'ai commencé à utiliser ce service, en 2016? 

Si vous avez raté l'épisode précédent concernant Expressediteur, je vous renvoie à mon article de 2016, que je vous conseille vivement de lire pour savoir de quoi il retourne exactement.

J'y explique notamment pourquoi j'ai consenti à laisser 45% de marge sur le prix de mes livres pour bénéficier de ce service. 

Bien que je n'ai pas eu beaucoup de commandes par ce biais, quelques-unes sont arrivées, et l'expérience est très positive, selon moi. 

Je vais prendre un exemple: en février dernier, j'ai reçu une commande de trois livres, deux Passager clandestin et un Eau Turquoise (j'avais aussi reçu une commande en janvier). 

Le site est très pratique. L'impression de l'étiquette à coller sur le colis se fait très vite. Au bureau de Poste, il faut faire la queue pour faire tamponner son colis. Mais comme c'est un service rapide et que mon bureau est bien organisé, ils ont un employé qui remonte la file d'attente et gère ce genre de cas rapide. Bref, je n'attends pas trop pour que le colis soit pris en charge et pour bénéficier du coup de tampon sur le récépissé. 

Le paiement est également très rapide et fiable: en l'occurrence, le virement de 30 € pour ces trois livres s'est fait dans la semaine. 

Je n'ai pas à établir de facture pour ces cas précis, parce que le site Expressediteur fait des factures proforma.

Je peux vous dire, moi qui ait déjà envoyé des livres à une librairie sans jamais être payé, que c'est très très appréciable, cette fiabilité et cette rapidité de paiement. No stress.

Comme je reçois un peu plus de commande expressediteur cette année, du coup, j'ai commandé des cartons au format exact de mes livres, pour éviter les problèmes de livres abimés à l'arrivée. J'ai fait le test, et cela rentre parfaitement, les livres ne bougent pas dans le colis. 

Le seul vrai souci que me pose Expressediteur vient de leurs emails: ils sont classés systématiquement en spam par mon logiciel de messagerie, Thunderbird. J'ai eu beau les déclarer acceptables, ajouter l'adresse d'Expressediteur dans mon carnet d'adresses, et même créer des filtres pour que les emails arrivent bien dans la boîte de réception, ils sont toujours renvoyés dans les indésirables. 

Donc, si vous êtes auteur autoédité ou éditeur et que vous ayez recours à ce service, vérifiez votre courrier indésirable régulièrement. 

Autre possibilité encore plus sûre: se connecter sur le site expressediteur de temps en temps pour vérifier ses commandes.  

Je pense être quelqu'un de suffisamment réaliste pour ne pas faire d'angélisme au sujet de ce service. Je sais qu'il y a d'autres solutions: par exemple, l'imprimeur ICM vous propose de stocker vos livres et d'en gérer l'expédition. Cet imprimeur français fait par ailleurs de très bon prix sur les livres. 

Cela pourrait sembler une solution idéale pour rentabiliser au maximum l'envoi de livres. Malheureusement, le problème ne se pose pas pour moi en termes de stockage et d'expédition.

Le vrai problème, pour de petites commandes ponctuelles, selon moi, c'est le problème de la rapidité de l'envoi, d'une part, et de la fiabilité et rapidité de paiement de la facture de la part du libraire d'autre part. 

Pour ne prendre aucun risque avec les libraires, je demande toujours à être payé avant d'envoyer les livres. Cela génère évidemment des délais d'envoi plus importants. 

Expressediteur résout tout cela: les livres arrivent beaucoup plus vite chez le libraire, et l'auteur ou l'éditeur est payé plus rapidement. 

C'est un service, selon moi, qui vaut tout à fait les 10% supplémentaires par rapport à la remise libraire habituelle de 35%. Mais vous avez le droit de ne pas être d'accord, et de me donner vos arguments en commentaire...

PS: si vous n'êtes référencé que Dilicom et pas Electre, à mon avis, il y a moyen de négocier avec Expressediteur pour qu'ils vous acceptent malgré tout. Dans ce cas, ils référenceront eux-mêmes vos livres.

mardi 20 mars 2018

L'énigme d'Ardalia

Un jour, le jeune ami de Pelmen, Teleg, lui soumit une énigme. "Qu'est-ce qui court sous Astar, mais ne projette pas d'ombre?" lui demanda-t-il. D'après vous, quelle fut la réponse de Pelmen?

Vous pouvez répondre en commentaire. 


lundi 26 février 2018

Réaliser soi-même son audiobook

Le nouvel ebook serait le livre audio. Je veux dire par là que la révolution sous-jacente de l'ebook, en constante augmentation en France et qui a explosé aux Etats-Unis, est désormais suivie d'une nouvelle révolution, qui est celle du livre audio. Sa popularité explose aux Etats-Unis, et les livres audio marchent très bien en France. Oui, mais voilà, pour un auteur autoédité, est-il possible de revenir sur son investissement? C'est sans doute davantage possible si on réalise soi-même son audiobook avant de le diffuser. Voici, pour les anglophones, un guide pas à pas. 

Vous trouverez en anglais et gratuitement, un guide très complet sur le site ebookit! 

Il faut tout de même compter une cinquantaine d'heures de travail pour un livre de 70 000 mots, c'est un investissement temps non négligeable, qui s'étalera sur plusieurs semaines afin de laisser reposer sa voix.

Pour ceux qui souhaiteraient faire appel à des professionnels, on peut passer par la distribution non exclusive Draft2Digital, et le site Findaway voices pour la production, ou bien ACX, la société d'Amazon pour la production et la distribution.

Enfin, cet article de Written World récapitule les offres des différents services audio de production/distribution s'adressant aux auteurs. 

mardi 20 février 2018

Mon ebook sur Kindle Unlimited sans exclu !

Après avoir intitulé cet article "Discriminé par Amazon", j'ai décidé de le modifier à la suite de l'inclusion de l'ebook dont il était question, la Trilogie Ardalia, au sein du service Kindle Unlimited. Cette intégration a finalement pu être possible grâce à Librinova et Amazon France, mais ne concerne, pour tous les auteurs qui y ont recours, que Kindle Unlimited France et Royaume Uni.

Le service Kindle Unlimited, qui permet au lecteur de télécharger, pour 9,99€ par mois, dix ebooks que l'on peut renouveler autant qu'on le souhaite, est pour moi ce qui se rapproche le plus, dans le privé, d'une bibliothèque d'ebooks. 

Cela permet de toucher des lecteurs voraces et qui ne veulent pas se ruiner, qu'on ne toucherait pas autrement. 

Ayant fait, sur l'un de mes ebooks anglais, l'expérience de la rémunération Kindle Unlimited, je peux attester que celle-ci reste intéressante. Infiniment plus, par exemple que ce que fait Deezer au niveau musical, pour ne pas même parler de Youtube (qui devrait être renommé Radin.com). 

La condition d'exclusivité restait quelque chose qui m'empêchait d'opter pour KDP Select. Jusqu'au jour où j'ai appris que Librinova préparait, avec 50 auteurs tests, une formule permettant de bénéficier d'une version de Kindle Unlimited quelque peu différente de celle que connaissent les auteurs autoédités. 

Une version, en gros, destinée aux éditeurs et à des prestataires comme Librinova. 

Librinova n'est pas un éditeur. Librinova est une entreprise d'aide à l'autoédition, qui peut se transformer en agent si vous vendez plus de 1000 livres. L'auteur qui y a recours garde tous ses droits. En dessous de 1000 livres, il faut s'acquitter du prix initial du pack, 75€ par an si votre ebook fait plus de 45 000 mots, 50€ s'il fait moins de 45 000 mots. On touche alors 100% du prix de vente des revendeurs en ligne, après déduction de leur marge, c'est à dire autant qu'un auteur autoédité. 

Si on vend plus de 1000 livres (emprunts KU non compris), Librinova se transforme en agent, et nous prend 15% sur les ventes. Il n'y a alors plus besoin de renouveler le paiement annuel des packs, et on peut publier avec Librinova de nouveaux romans sans "tarif d'entrée" autre que les 15%. 


Evidemment, ce prix d'entrée de 75 € par an au minimum était quelque peu rédhibitoire. Néanmoins, la perspective de contourner les conditions d'exclusivité d'Amazon, et ce en parfait accord avec la plate-forme, était pour moi assez séduisante. 

Je savais aussi que des auteurs passés par Librinova avaient pu bénéficier de la fameuse offre éclair d'Amazon, celle que la plate-forme réserve d'habitude aux utilisateurs de KDP Select et à des auteurs triés sur le volet.  

Bref, j'ai décidé d'utiliser ce service très tôt, en devenant le 51ème auteur test, en quelque sorte. 

Dès le 11 décembre 2017, Librinova a demandé l'intégration de l'ebook que j'avais choisi pour ce test, La Trilogie Ardalia, à Kindle Unlimited.

La formule de Librinova permet d'être distribué sur plus de 200 libraires en ligne, mais je savais que même des auteurs Librinova à succès, c'est à dire ayant vendu plus de 25000 ebooks, vendaient très peu en dehors des trois ou quatre plus grosses plates-formes, et je n'attendais vraiment pas grand-chose des autres librairies en ligne.

Je misais tout sur Kindle Unlimited, et d'autant plus que Librinova avait fait preuve de souplesse, en me permettant de continuer à distribuer moi-même sur Kobo, la Fnac, Apple et Google Play. 

Cette intégration a mis plus de trois mois à se faire, puisqu'elle a été effective le 26 février 2018 seulement. Cela a entraîné la parution initiale de cet article sous le titre "Discriminé par Amazon". En effet, j'avais lancé une campagne de promo en décembre, et l'absence sur la plate-forme d'emprunt m'a été préjudiciable, ainsi qu'au roman. 

Mes ventes, comme je l'avais prévu, se sont faites en très large majorité sur Amazon et non sur les 200 autres libraires en ligne (mais j'avais gardé la main sur la distribution Kobo/Fnac, Apple et Google Play). Elles n'ont jamais pu décoller, l'absence d'intégration à KU étant un handicap majeur pour ce qui concerne la plate-forme Amazon.

On va dire que le système était encore en rôdage. Si vous souhaitez souscrire à l'offre que Librinova a rendue officielle, et ouverte à tous, il y a peu, sachez que l'intégration se fait de manière manuelle chez Amazon. Il suffit d'en faire la demande par email à Librinova après avoir acquis l'un des packs.

Examinons maintenant les particularités, avantages et défauts du pack à 75€ de Librinova, avec intégration Kindle Unlimited.  

Tout d'abord, ce service n'est valable que pour les emprunts de votre ebook en France et au Royaume Uni. Le Kindle Unlimited US n'est pour l'instant pas proposé par Amazon à Librinova. Si vous êtes auteur anglo-saxon, ce service n'est donc vraisemblablement pas pour vous. 

Si vous êtes fan des relevés de vente quotidien, il vous faudra faire une croix dessus, sauf à opter pour le pack Liberté à 120€ par an, lequel ne vous donnera ces relevés de vente que pendant 6 mois. 

Concernant les fameuses "pages lues Kindle Unlimited", vous ne pourrez pas les repérer dans vos relevés de vente, parce que ça ne fonctionne pas ainsi. Votre ebook se retrouve bien sur KU, et vous bénéficiez du boost sur le classement à chaque fois qu'il est empruné, mais, comme le précise cet article de Librinova, "Un emprunt sur Kindle Unlimited est rémunéré 30% du PPHT dès que l’emprunteur a lu plus de 20% du livre." 

C'est à dire que c'est l'ancienne formule de Kindle Unlimited qui fonctionne: vous êtes rémunéré le même prix quel que soit le nombre de pages de votre ouvrage, ce qui favoriserait la publication de livres courts... si vous ne deviez payer un nouveau pack à Librinova pour chacun de vos ouvrages, chaque année. 

Si vous en vendez plus de 1000, en revanche, vous pourrez en publier autant que vous le souhaiterez sans ce coût d'entrée des packs, mais avec le prélèvement de 15% sur les ventes. 

Je pense que, si l'on ne tient pas compte du prix des packs, les gains KU pour l'auteur sont à peu près équivalents à ceux qu'un auteur autoédité KDP Select obtient, mais cela reste à confirmer. 

Une chose qui joue en faveur de Librinova est la souplesse et la réactivité de cet acteur, qui vous permet de garder la main sur les plates-formes de votre choix (il suffit de l'indiquer par email). 

Un autre avantage, pour les auteurs ne voulant pas s'embêter à publier sur de nombreuses plates-formes, est que tout est pris en charge et se fait rapidement: c'est comme si vous ne publiiez que sur une seule plate-forme. 

L'argument de la simplicité pour choisir KDP Select est en effet souvent utilisé. Avec Librinova, les choses sont tout aussi simples. 

Il y a aussi des défauts: avec le pack à 75€, vous n'avez droit qu'à un relevé de ventes tous les 6 mois, et vous n'êtes rémunéré que tous les 6 mois. Vous ne pouvez pas non plus, en principe, changer le prix de votre ebook en cours de route -- même si j'ai constaté une certaine souplesse de Librinova à ce sujet. 

L'une des contraintes que j'ai trouvé particulièrement ennuyeuses, c'est le nombre de caractères très limité pour la description Amazon. On ne peut pas jouer non plus sur l'interlignage et la présentation en gras, ni bénéficier de cette excellent outil en ligne pour la description de son livre.  

Bref, la description est extrêmement basique. Comparez l'ebook Le Souffle d'Aoles, que j'ai autoédité sur Amazon à celui de la Trilogie Ardalia édité par Librinova pour vous en convaincre. 

Par ailleurs, il me semble que l'on peut rentrer moins de mots-clés par rapport au roman qu'en publiant directement via KDP. 

Autre contrainte, vous devez envoyer votre manuscrit word ou open office, et c'est Librinova qui se charge de la transformation en ebook. Le travail est certes bien fait, mais ne vous permet pas de peaufiner l'ebook de manière professionnelle, comme le permet gratuitement le site Draft2Digital. 

Si vous vous demandez ce que je veux dire, n'hésitez pas à télécharger un extrait de mon dernier roman, Passager clandestin

Il faut donc abandonner énormément de contrôle. 

J'espère que mon article permettra à Librinova de remédier à ces défauts. Je pense en effet que leur formule, à condition d'être utilisée pour un ebook que l'on est sûr de pouvoir promouvoir, ne serait-ce qu'auprès d'une mailing list suffisamment importante, est rentabilisable. 

Cela comporte un risque, bien sûr. Mais en passant par Librinova, si vous avez une liste de lecteurs suffisamment nombreuse, des lecteurs lisant à la fois sur Kobo, Apple et Kindle, ou même ailleurs, vous êtes sûrs de pouvoir tous les contenter, tout en bénéficiant de l'aide non négligeable de Kindle Unlimited pour la montée en classement de l'ebook sur Amazon. C'est extrêmement appréciable et professionnel. 

Si vous avez une assise de lecteurs suffisante, cela vaut la peine d'essayer, avec par exemple juste un ebook pour commencer. 

Vous vous demandez peut-être pourquoi Amazon permet en toute légalité le contournement des règles d'exclusivité de KU. Je dirais que le fait qu'il faille payer un acteur privé pour bénéficier de ce contournement valorise d'autant leur service. 

Comme je le disais dans mes précédents articles, il faut néanmoins être prudent avec Kindle Unlimited, car le prix de l'emprunt (ou de la page lue, selon les cas) varie d'un mois sur l'autre puisqu'il dépend d'une sorte de pot commun qu'Amazon réactualise chaque mois. 

Même avec une super base de lecteurs pour vous aider à revenir sur le prix annuel du pack Librinova, il viendra peut-être un jour où cet article ne sera plus pertinent, c'est à dire que la rémunération KU sera trop faible pour vous permettre d'engranger des bénéfices intéressants sur une année. 

Pour l'instant, il y a moyen de limiter les risques pour un auteur expérimenté. 

[EDIT 06/03/2018] L'avis d'une romancière auto-publiée depuis plusieurs années avec l'aide de Librinova, sur le blog Vivre de ses Romans.