jeudi 11 décembre 2014

[Archive 31 octobre 2012] Succès, gloire... et amour ?

Rassurez-vous, ce blog ne s'est pas d'un seul coup transformé en extension de Voici ou Gala. Simplement, je suis tombé hier sur cette info : la moitié des footballeurs européens finissent ruinés. Par ailleurs, selon le même article, en NFL (football américain), 78% des joueurs ont tout perdu moins de deux ans après avoir raccroché, et 60% des joueurs de NBA n'ont plus rien dans les cinq ans qui suivent l'arrêt de leur carrière. Wow. C'est leur problème, me direz-vous. Mais ce serait oublier qu'ils relèvent d'un modèle, le star-système, qui impacte une majorité de la population.
 
Il est beaucoup plus difficile d'avoir ce genre de chiffres pour des artistes car pour eux, la fin de carrière signifie souvent la fin de vie. Mais je suis persuadé que le problème est à peu près identique.
 
L'article donne la raison principale, le manque d'éducation : Le train de vie dispendieux des athlètes (achats de maisons, voitures de luxes, bijoux) n’expliquerait pas tout. La faillite de certains serait plus souvent le fait de mauvais placements, d’investissements désastreux, de divorce coûteux et de la mauvaise influence d’agents et des conseillers peu scrupuleux.
 
L'argent facile peut conduire à vouloir afficher sa fortune, par ses possessions, son train de vie et ses fréquentations. Cela nous renvoie à un narcissisme qui remonte à l'adolescence, à l'époque où il fallait une paire de baskets ou un sac à main de marque pour afficher son rang.
 
Eh oui, notre société n'est pas seulement jeuniste, elle nous pousse à revenir au stade de l'adolescence. Est-ce parce que les "p'tits gars du marketing" ont calculé que c'est à cet âge qu'on dépense le plus par rapport à ce que l'on possède ?
 
Pour les artistes et les sportifs de haut niveau, évidemment, ce problème de narcissisme se trouve décuplé, parce qu'il y a le regard du public, que ce soit dans les stades de foot ou les salles de concert (qui sont parfois un seul et même lieu).
 
Quand un artiste tombe amoureux d'un fan, est-ce qu'il tombe amoureux de la personne ou bien de son propre succès qui lui est renvoyé comme dans un miroir ? L'artiste ou le/la sportif(ve) aura beau jeu de dire après le divorce que son mari ou sa femme l'a épousé pour son argent ou sa célébrité, les torts seront partagés, parce que lui ou elle aussi aura fait ce choix pour les mauvaises raisons.


Sans vouloir faire de morale, quand on n'est pas aimé pour soi-même, quand de soi-même, naturellement, on ne donne pas sans espoir de recevoir quelque chose en retour, il ne faut pas s'étonner que la relation s'interrompe brutalement (et douloureusement). En la matière, il ne faut pas se fier aux déclarations de l'autre, mais bien aux actes. Et aussi à ses propres actes.
 
Si les psychologues sont et resteront dans les années à venir une profession en vogue dans notre société-qui-marche-sur-la-tête, c'est parce qu'ils peuvent parfois aider à franchir des étapes initiatiques, des étapes qui permettent de passer à l'âge adulte et d'obtenir une meilleure estime de soi (notion très différente de l'image que l'on projette aux autres, qui renvoie au narcissisme).
 
Mieux vaut construire sur du réel et du solide.
 
Je n'irai pas jusqu'à dire que les footballeurs ont besoin de redevenir pauvres pour comprendre ce qu'est la vie, ce serait cynique et sans doute faux. Néanmoins, se mettre dans des conditions permettant de se trouver soi-même, voilà qui ne ferait pas de mal à des personnes n'ayant jamais connu que l'opulence - l'idée de "stage de pauvreté" n'est pas nouvelle, elle est déjà exploitée par des producteurs d'émissions de télé-réalité par ailleurs très contestables.
 

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