Affichage des articles dont le libellé est Droits de l'Homme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Droits de l'Homme. Afficher tous les articles

samedi 19 novembre 2022

Dictature et territoire, démocratie et wokisme

Y a-t-il un rapport entre la taille d'un pays et le fait que ce pays soit une dictature? Vouloir unifier de très vastes contrées sous un seul et même gouvernement ne peut-il se faire que par beaucoup de répression? Une nouvelle fois, poser la question, c'est y répondre.

Le plus grand pays du monde, et de loin, est la Russie, avec ses plus de 17 millions de km2 (apparemment trop peu pour Poutine).
 
Le Canada est deuxième avec près de 10 millions de km2, les Etats-Unis et la Chine arrivent ensuite avec 9,6 millions de km2, et le Brésil et l'Australie sont à 8,5 millions et 7,6 millions de km2. ensuite, c'est nettement moins. 
 
Les Etats-Unis, le Canada, l'Australie, le Brésil sont l'héritage des puissances coloniales européennes qui ont d'abord composé avec les populations locales pour ensuite leur prendre leurs terres par la force, commettre des génocides, et dont les populations immigrées, parlant grosso modo la même langue et de culture commune, étaient tellement nombreuses qu'elles ont pu se substituer en grande partie aux populations locales. Il y avait une homogénéité de culture et de religion, avec de petites différences çà et là, comme le fait que les populations issues de l'immigration française, italienne, portuguaise et espagnole étaient catholiques, là où celles anglo-saxonnes étaient anglicanes ou protestantes.
 
La Russie et la Chine ont aussi eu des stratégies de peuplement, mais ont surtout eu des formes de gouvernement basés sur la domination d'autres ethnies ou peuples. 
 
Il est possible qu'en raison de l'évolution très différente des rapports de force à l'intérieur de ces deux pays si vastes, la démocratie n'y soit possible qu'en les démantelant en unités moins vastes, et autonomes. Parce que même si la Russie, par exemple, est un état fédéral, ce n'est pas un fédéralisme basé sur la démocratie mais bien sur les rapports de force et de domination. 
 
Evidemment, la géographie ne fait pas tout, et l'évolution culturelle est aussi en cause. On sait très bien que la dictature existe aussi dans un nombre très grand de petits pays. Des pays qui sont souvent extrêmement refermés sur eux-mêmes comme la Corée du Nord et la Birmanie. Des pays qui peuvent être le jouet de dictatures plus puissantes, comme la Corée du Nord celui de la Chine, ou bien l'Erythrée celui de la Russie. 
 
Mais on aurait tort, je crois, de n'examiner que l'évolution culturelle de ces pays.
 
Je pense que si je devais écrire un roman de SF où la Chine et la Russie soient des démocraties, ces deux nations se décomposeraient sans doute en plusieurs pays, et n'existeraient plus en tant que telles.
 
Démocratie, droits de l'homme et wokisme
 
La démocratie athénienne ne pouvait pas survivre non seulement parce que le monde alentour n'y était pas prêt, mais aussi parce que cette démocratie ne s'appuyait pas sur les droits de l'homme. 
 
La démocratie moderne, issue du siècle des lumières, a donné naissance à la laïcité, au pouvoir parlementaire, à la justice moderne qui comprend les droits de la défense et de l'accusé, à la presse libre et indépendante. La démocratie a réuni les conditions pour nous sortir des âges sombres en libérant la science de ses entraves. Sans démocratie, pas d'électricité, pas de puissance atomique, pas de vaccins, pas de confort moderne. Pas de révolution industrielle.
 
La science peut progresser dans une certaine mesure dans la dictature, à condition d'être aiguillonnée par la guerre ou le nationalisme. On l'a bien vu avec les nazis et les V2, ou à l'heure actuelle avec la Chine et sa conquête spatiale. Mais on peut penser qu'à moyen ou en tout cas à long terme, la science ne peut survivre aux dictatures sans concurrence extérieure: en effet, les scientifiques des dictatures sont motivés par la concurrence avec les scientifiques des démocraties. Et la dictature va donner une liberté suffisante à ses scientifiques à condition qu'ils puissent rivaliser avec les scientifiques démocrates. 
 
Vous pensez peut-être que les scientifiques chinois ne regardent jamais les publications de leurs homologues américains ou européens? Les mathématiques sont un langage universel. 
 
Cependant, la science ne peut exister sans liberté de pensée, sans la possibilité de remettre en cause ses acquis que permet cette liberté de pensée. Dans la mesure où tous les pays du monde deviendraient des dictatures, la restriction sur les libertés finirait fatalement par s'étendre aux scientifiques eux-mêmes, qui seraient alors réprimés. Et les pays finiraient par retourner aux âges sombres. 
 
L'exemple de l'armée russe, très corrompue à force de "backscratching", complètement égarée par sa propre propagande est probant. L'armée russe connaît à l'heure actuelle un face à face avec la réalité très brutal. Le retour à la vérité est toujours très brutal pour quiconque vit dans le mensonge. 
 
L'exemple du covid né en Chine parce que les contre-pouvoirs n'y étaient pas suffisants pour encadrer davantage les laboratoires, avec la naissance d'une pandémie qui a entraîné davantage de restrictions sur les libertés dans l'empire du milieu qu'il n'y en a jamais eu, est un autre exemple probant. 
 
La démocratie n'a pas empêché la colonisation, l'esclavagisme, les génocides d'autres peuples, le patriarcat. Mais l'importance croissante des droits de l'homme dans la démocratie a donné naissance au wokisme, qui quant à lui interdit la colonisation, l'esclavagisme, les génocides, l'exploitation de la femme par l'homme, l'exploitation de l'homme par l'homme, l'exploitation des enfants par l'homme, la dictature sur la sexualité en général, sur les mœurs et en fonction des différences de couleur de peau, d'origine, de culture. 
 
C'est pourquoi le wokisme est l'ennemi non seulement de Poutine et de Xi Jinping mais aussi du chef d'entreprise qui tient à exploiter ses salariés.
 
Evidemment, le wokisme poussé à son extrême peut aussi être une dictature en soi, en instaurant une forme de politiquement correct interdisant de reconnaître la réalité des choses, la vérité scientifique, afin de ménager des susceptibilités. Le wokisme peut être paralysant. Il n'est pas non plus immunisé contre la tentation de l'inquisition à partir du moment où il devient trop dogmatique. Là sont les limites du wokisme, qui lui aussi doit subir cette épreuve du face à face avec la réalité pour prouver sa validité. 
 

lundi 22 décembre 2014

[Archive 30 décembre 2013] Un nouvel article des Droits de l'Homme

En devenant parent, je me suis aperçu que je participais avec plus de poids encore à ce qu'on appelle "pression sociale". En y réfléchissant et de fil en aiguille, j'ai eu l'idée d'un petit additif à la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Il est des questions plus lourdes de sens que d'autres. Des questions qui en apparence peuvent paraître bien innocentes, comme : "qu'est-ce que tu feras plus tard dans ta vie?", ou sa variante, "qu'est-ce que tu veux devenir plus tard?"

Certains parents ont l'idée de faire entreprendre à leur rejeton, par exemple des études commerciales dans de grandes écoles. En soi, l'idée peut se justifier: mieux vaut devenir patron ou cadre dirigeant qu'employé. Mieux vaut se tenir du bon côté du fusil...

Sauf évidemment que le succès n'est pas garanti, et que l'échec peut entraîner des conséquences terribles pour qui aura été poussé à fond dans cette voie, sans que ce ne soit vraiment la sienne.

Pour les milliers d'autres Français, de l'ouvrier à la secrétaire, pour qui la fonction en quelque sorte "fait l'homme", perdre son emploi peut avoir des conséquences cataclysmiques, surtout s'ils n'en retrouvent pas.

N'écoutez pas les médias: nous ne sommes pas dans une crise mais bien dans une mutation progressive de la société. D'un point de vue strictement économique, il est normal de préférer à des employés humains des machines, ou des programmes d'ordinateur, qui vont créer davantage de richesse à moindre coût.

Que l'économie détruise toujours plus d'emplois chaque année est donc normal. Que la richesse produite par les machines, machines qui pour une bonne part, devraient selon moi appartenir à un patrimoine commun de l'Humanité au même titre que le Louvre ou le Mont Rushmore, ne bénéficie qu'à quelques-uns l'est beaucoup moins.

Facteur aggravant, l'humanité aime toujours autant l'autoflagellation qu'à l'époque où le peuple suivait en masse les sermons dans les églises, et il ne paraît pas choquant à des journalistes de prétendre que chaque Français naît avec 20 000 euros de dettes.

Oui, le Péché Originel s'est quelque peu transformé, mais il est toujours là, dans les mentalités.

Autre facteur de pression sociale, les droits et devoirs des citoyens (comprenez surtout: devoirs) dont on nous rebat les oreilles lors des périodes électorales, et que l'on demande aux conseillers emplois de dicter aux personnes qui recherchent un emploi.

Nous sommes d'accord, l'assurance chômage fonctionnant sur la base de cotisations de ceux qui travaillent, pour qu'elle tourne, il faut beaucoup plus de gens qui travaillent que de personnes en inactivité. En revanche, à quoi cela sert-il de s'acharner sur une personne ne pouvant retrouver d'emploi parce que l'économie en détruit?

Afin de faire diminuer cette satané pression sociale qui provoque chaque année plus de suicides, j'ai eu l'idée de rajouter un additif à la Déclaration universelle des droits de l'homme. Ce serait une sorte d'article n°3 bis, le n°3 précisant: 

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

 Voici à présent l'article dont j'ai eu l'idée:

De la date de sa naissance à celle de sa mort, à aucun moment, l'homme ou la femme ne devra être amené à justifier de sa vie ou de son existence.

Quand je dis "justifier de sa vie ou de son existence", il s'agit bien de la vie ou de l'existence de la personne, non de son mode de vie ou de son mode d'existence.

Cela signifie, dans mon esprit, qu'on ne peut faire d'adéquation entre la valeur d'une vie humaine et le fait, pour la personne détentrice de cette vie humaine, d'exercer ou non une fonction dans la société.

En clair, la vie est plus précieuse que l'emploi, quel qu'il soit. On ne peut pas vous dire: "vous ne faites rien, donc vous êtes pire que personne, vous êtes des parasites".

Si le pouvoir politique désirait appliquer des programmes à grande échelle visant à remplacer des centaines de milliers d'emplois par an par des machines, sachez que ce serait d'ores et déjà possible. Et notamment en ce qui concerne l'industrie du bâtiment.

Ce que n'ont pas prévu les utopistes qui au cours du XXème siècle, rêvaient de remplacer les hommes par des machines, c'est l'attachement des hommes à leurs emplois. C'est cette idée finalement assez perverse selon laquelle l'homme équivaut à sa fonction. 

Donc, je crois qu'il faut trouver une juste mesure avec les emplois que l'on veut conserver (souvent à coups de subventions, puisque de toute façon les machines font la plupart du temps mieux), mais surtout, envisager très sérieusement une bien meilleure redistribution des richesses.

Ne pas oublier, non plus, que si tout le monde avait les moyens de se rendre aux Bahamas, cela provoquerait une catastrophe écologique. Donc, opérer cette redistribution en fonction de l'environnement.

L'urgence pour moi, avec cet article, c'est surtout d'amener à faire diminuer la pression sociale sur l'individu. Parmi les premiers touchés en France, on trouve bien entendu les artistes, dont l'apport et la créativité demeurent, en 2013, très largement dépréciés.