jeudi 22 octobre 2026

Une histoire de timbré

Rien ne m'a jamais donné autant l'impression que l'argent était une simple convention que le fait de revendre la collection de timbres de mon beau-père, décédé en 2020. 

Si vous demandez à une intelligence artificielle ce qu'il en est du cours des timbres, il y a fort à parier que celle-ci vous indique que les timbres ont perdu beaucoup de valeur ces dernières années.

Mais il y a timbre de collection et timbre de collection. D'innombrables timbres dits de collection sont en réalité des fakes. Et quel est le moyen ultime, excessivement simple, de savoir si c'est le cas? Retrouver la société qui vous a vendu le timbre, ce qui est facile si vous avez gardé la facture, et lui demander si elle accepte de reprendre certains de ses timbres à la revente, et à quel prix. 

Ma femme a fait la démarche pour les timbres non oblitérés achetés par son père, dont nous avions gardé une partie des factures. La société en question, dont elle me demande de taire le nom, a refusé de reprendre les timbres. Ce qui signifie, aux yeux de cette société, que non seulement les timbres qu'elle vend n'ont aucune valeur, mais que ces timbres ne prendront jamais la moindre valeur. Ces timbres sont tout simplement de la poudre aux yeux. De la poudre de perlimpinpin. 

Vous allez me dire: mais toi, Alan, tu vends des livres en tant qu'auteur autoédité. Est-ce que tu acceptes de reprendre des livres une fois vendus? Est-ce que tu les revends ensuite, une fois repris?

La réponse est oui et oui, s'ils sont en bon état. Cela m'arrive que des chefs de rayon livre me rendent des livres redéposés, parfois des mois après. S'ils sont en bon état, je les priorise à la revente. Je les revends systématiquement. S'ils ne sont pas en bon état, je les mets dans des armoires à livres publiques, à libre disposition.  

Mon beau-père avait les pieds sur terre. Ayant été responsable d'édition pharmaceutique, et ayant très correctement gagné sa vie, il connaissait la valeur des choses. Je suis persuadé qu'il se doutait que ses timbres ne valaient pas grand-chose. Mais il prenait son pied à réaliser ses albums thématiques: art, cinéma, monuments anciens... Ses 70 albums de timbres non oblitérés étaient copieusement remplis, au point qu'il était parfois impossible de les ouvrir sans provoquer de catastrophe. Au point qu'à la fin, il avait des enveloppes remplies de timbres qu'il ne mettait même pas dans des albums. Il ne nous les montrait jamais. C'était son plaisir égoïste, et après tout, chacun a le droit de cultiver son jardin secret. 

Je ne pense pas qu'il ait cherché à savoir combien valaient ses timbres. Mais son épouse, elle, pensait que ces timbres avaient de la valeur, au point de dire à sa fille qu'ils seraient son héritage. Ma belle-mère les voyait sans doute comme une sorte de placement. Après tout, un timbre n'est-il pas une forme de monnaie imprimée sur le papier? 

Ma femme estime que les factures que nous avons pu récupérer représentent 60% du total des factures. Je me suis amusé à en faire un tableau excel, et le montant total des factures frôlait les 32 000 €. C'est à dire qu'en comptant les albums dont nous n'avons pas les factures, la totalité devait représenter entre 40 et 50 000 €. Mon beau-père avait beau avoir les pieds sur terre, ça ne l'empêchait pas de mettre de l'argent dans sa passion. 

Après le décès de ma belle-mère, au moment où nous avons transbahuté les albums dans la voiture entre Dijon et Pontoise, nous aurions pu croire que ces timbres valaient autant que notre Tesla model 3. Personnellement, après avoir pris connaissance du prix, et m'être renseigné sur les cours en baisse des timbres, je pensais en tirer 20 000 €.

Je ne suis pas hyper attaché à l'argent, sinon, je ne serais pas auteur autoédité. Mais la déception a tout de même été conséquente quand nous sommes allé voir Marc Uzan, expert en philatélie dans ses locaux des Lilas. Il nous a repris les 70 albums pour 900 €, soit 2,8% du prix originel. Ouch! Mais si vous prenez ça dans le sens inverse, vous avez une idée de la culbute, de la marge que se font les vendeurs de timbre. De l'ordre d'une multiplication par 100 par rapport à ce qu'ils dépensent.

L'explication de l'expert? Les sociétés de vente de timbre vont produire en série des timbres, avec l'accord de pays dont la monnaie est extrêmement dévaluée. Et donc, les timbres ne permettraient même pas d'envoyer du courrier tellement ils ne valent rien. Et il est vrai que dans les 70 albums de timbre, nous n'avions que des timbres des XXe et XXIe siècle, et très souvent, des pays où la monnaie est vraiment dévaluée par rapport à l'euro. 

En demandant à Chat GPT, il ne m'a pas répondu que nous nous étions forcément fait escroquer.  

Cela m'a rappelé la fois où j'avais cherché à revendre un carton de CD chez Cash Converter: le vendeur m'en aurait donné 2 ou 3 €, ce que j'ai refusé pour revendre les CD individuellement sur le bon coin, et de manière très nettement plus avantageuse. Là, Marc Uzan reprenait aussi les timbres par cartons entiers. 

Pourquoi avons-nous vendu? Pourquoi ne pas avoir cherché à revendre les albums individuellement sur le bon coin? 

A cause du manque de place et de l'investissement en temps et en énergie que tout cela requiert. Par ailleurs, les relations entre ma femme et son père était au mieux médiocres, et elle n'a clairement pas voulu lui rendre hommage en tirant le maximum de ses timbres. 

Donc oui, c'est un peu une histoire de timbré tout ça. Du vivant de ma belle-mère, j'avais insisté pour qu'elle fasse expertiser les timbres. Elle ne l'a jamais fait, comme si elle ne voulait pas se confronter à cette réalité-là. Ou comme si ces timbres faisaient partie d'un intouchable mausolée qu'elle aurait érigé en l'honneur de son mari et du couple qu'ils formaient.

De la même manière, mon beau-père, quand il a vu que sa santé déclinait, quand il a su qu'il était atteint d'un lymphome, n'a jamais cherché à faire expertiser, et encore moins à revendre, sa collection.

Mais d'un mal peut naître un bien. Le but de cet article est en effet de déciller les yeux des collectionneurs de timbres par rapport à certaines pratiques. Je suis quelqu'un qui ne cesse de prêcher la confrontation par rapport à la réalité, en particulier pour tout ce qui concerne le rêve ou la passion. D'où d'ailleurs l'un de mes ebooks, titré Du rêve à la réalité, qui évoque le milieu de l'édition.

Vous trouverez ci-dessous une infime partie d'images représentant les timbres en question. 
































 

lundi 19 octobre 2026

Pris la main dans le sac

Aujourd'hui est un jour de revanche pour tous les auteurs, et ils sont nombreux, victimes de commentaires fallacieux. Des commentaires souvent écrits par des concurrents, que ceux-ci soient d'autres auteurs ou des maisons d'édition. J'ai en effet pris l'un de ces "fake commentateurs" en flagrant délit d'arnaque. Il faut savoir que ces faux commentaires nuisent réellement aux ventes, et ont donc un impact économique réel pour tous les auteurs qui en sont les victimes.

Le titre du commentaire que la version audio anglaise de ma Trilogie Ardalia a reçu est déjà à la limite de l'insulte, et offensant pour toutes les personnes atteintes de dyslexie : "Si vous aimez les livres écrits par des vaches dyslexiques, alors celui-ci est pour vous."

Je vous joins la capture d'écran du commentaire, vous pourrez juger par vous-mêmes. 

Le commentaire évoque un rocher envoyé à 150 yards et touchant une personne à la poitrine. La scène dont il est question ici n'existe pas dans toute la trilogie. C'est une manœuvre visant à faire croire que l'on a lu (ou ici, écouté) le livre audio en citant un passage concret. Sauf que ce passage concret est monté de toutes pièces. Inventé par le commentateur. Vicieux, n'est-ce pas?

Autre preuve que je suis en mesure d'apporter, cette capture de mes ventes de la trilogie Ardalia dans sa version audio, depuis la parution de celui-ci en 2024. 

Comme l'atteste cette capture, je n'ai vendu que deux livres audio de la Trilogie Ardalia dans sa version anglaise depuis sa parution. Eh oui, le marché du livre audio est particulièrement difficile et concurrentiel aux Etats-Unis et au Royaume Uni. 

Il n'y a aucune chance d'obtenir un commentaire non sollicité pour à peine deux ventes d'un même audiobook. Demandez à n'importe quel auteur, il vous répondra qu'un tel ratio n'existe tout simplement pas. Sauf, si bien sûr, l'audiobook n'a pas été écouté. Là, ça change tout, parce qu'on se met à parler de manipulation.

Quel pourrait être le mobile d'un tel acte? Comme d'habitude en pareil cas, il faut suivre l'argent. Nous sommes bel et bien en présence d'une volonté délibérée de nuire aux ventes de l'audiobook d'un concurrent. Pourquoi, me direz-vous, ai-je été perçu comme un concurrent sérieux, suffisamment sérieux en tout cas pour prendre le temps d'écrire un faux commentaire avec une fausse scène du livre? 

Sans doute parce que j'ai vendu plus de 1000 ebooks de la Trilogie Ardalia en anglais. Des ebooks, soit dit en passant, qui ont à cette date reçu une moyenne de 3,9 étoiles sur 5 (41 notes). Quelle que soit la raison, elle est liée à la perception d'une menace qu'aurait fait peser mon livre sur les ouvrages d'un concurrent. Ce qui est, bien sûr, ridicule. De mon point de vue, les ventes d'audiobooks ou de livres, quels qu'ils soient, rejaillissent sur d'autres auteurs. Dans le cas d'une expérience malheureuse d'écoute ou de lecture, il est bien sûr légitime de vouloir permettre à d'autres personnes d'éviter de perdre du temps sur un livre. Mais ici, ce n'est clairement pas le cas. 

En revanche, il est possible, si vous avez l'habitude d'écouter des romans, que vous n'ayez pas retrouvé les miens sur Audible, qu'ils soient lus en français ou en anglais. La méthode pour les retrouver est simple : sélectionnez votre profil sur l'application Audible. Puis, tapotez la roue dentelée des paramètres, et choisissez la boutique aux Etats-Unis. Si vous tapez Alan Spade dans la barre de recherche (loupe), vous y retrouverez aussi bien mes audiobooks en version anglaise ou française. 

Enfin, vous pouvez aussi les commander, et les commenter, sur Amazon Etats-Unis (Amazon.com). 

De mon côté, je vais de ce pas signaler le commentaire à Audible afin de le faire retirer. Si vous êtes auteur et que vous recevez des commentaires sur des livres que vous n'avez pas vendu, et que vous soyez en mesure de le prouver, je vous engage au moins à les signaler sur la plate-forme, ou mieux, à dénoncer ces faux commentaires sur les réseaux et votre blog, si vous en avez un. 

EDIT 21/10/2026 : en me renseignant plus précisément, il faut avoir écouté au moins 20% d'un livre audio sur Audible pour pouvoir rédiger un commentaire, ou déposer une simple évaluation (note). The Ardalia Trilogy représentant 50 heures d'écoute, 20%, c'est dix heures d'écoute. Et pourtant, pas une seule fois dans son commentaire, l'auteur de celui-ci ne fait référence de manière précise aux spécificités de mon univers. A sa place, étant donné le dégoût qui semble être le sien, auriez-vous écouté le livre pendant dix heures? Je persiste à croire que le commentateur ne l'a pas fait, et a laissé tourné son lecteur audio sans écouter. Il y avait en tout cas une vraie motivation de sa part à écrire ce commentaire désastreux. 
A ma demande, le commentaire a depuis été retiré par Audible... mais pas la note de 2 étoiles, hélas.

 

lundi 5 octobre 2026

Les mots justes

Pour moi, dans mon travail d'auteur, ce ne sont pas seulement les mots et les phrases qui doivent sonner juste. Ce sont aussi les personnages, les lieux et les situations. C'est une quête de sens et de vérité. Ou en tout cas, de véracité.