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jeudi 21 août 2025

Mes livres audio mode d'emploi

Amazon a récemment proposé aux auteurs de vendre, sur amazon.com et via leur filiale Audible.com, leurs ouvrages en version audio en français, en offrant un vrai panel de voix masculines ou féminines. La société de Jeff Bezos met à profit la technologie de voix virtuelle, c'est à dire l'IA, afin de rendre ces adaptations de romans extrêmement rapides pour les créateurs. J'avais été bluffé par la diction en anglais, et, de la même manière, je l'ai été pour la diction en français. A l'instar de mes livres en anglais, j'ai donc décidé d'adapter tous mes romans francophones au format audio. Comme il s'agit de narration virtuelle, je baisse sensiblement les prix de vente : là où un roman de Brandon Sanderson de 9h sera vendu à 18 dollars, Le Souffle d'Aoles, qui représente 13 heures d'écoute, est vendu à un peu plus de 4 dollars. Et Le Vagabond, qui représente 9 heures d'écoute? Seulement 2 dollars. 

Un certain nombre de lecteurs me réclamaient, en dédicace, une version audio de mes romans. C'est donc chose faite. Pour un auditeur français, le mode d'emploi est simple. Même si Amazon et Audible mettent en avant les abonnements, il n'est pas nécessaire de s'abonner au service d'Audible. Il suffit d'aller sur Amazon.com ou Audible.com (Amazon Etats-Unis, le seul site à distribuer mes livres audio), de taper "Alan Spade" si vous n'avez pas le lien, de choisir le livre qui vous intéresse et de cliquer sur l'onglet "livre audio". Tout en bas de cet onglet, vous verrez un bouton "Buy". C'est ce bouton sur lequel il faut cliquer. 



Les prix apparaissent en dollars sur le site américain, mais la conversion est faite sans souci par votre banque au moment où vous payez, et sans démarche de votre part. 
Si vous étiez déjà sur Audible.fr, votre abonnement ne vous donnera pas accès à mes livres. C'est pourquoi il faut les acquérir à l'unité sur Amazon.com (à moins d'être abonné à Audible.com et non .fr). Il vous faudra ensuite vous déconnecter de l'application Audible sur votre smartphone, puis choisir Audible.com (à moins que ce ne soit Amazon.com, j'ai un doute) au démarrage de celle-ci afin de voir apparaître votre nouvelle acquisition dans votre bibliothèque virtuelle.
Si vous n'avez jamais encore fait l'essai du livre audio, l'application Audible est gratuite sur Google Play.
Une app extrêmement facile à utiliser. Elle propose le chapitrage des livres, indique le temps total restant ainsi que le temps de lecture effectif et restant sur le chapitre en cours. Elle permet même, si vous jugez la narration trop lente à votre goût, de ralentir ou d'accélérer celle-ci... au risque, bien sûr, d'une lecture un peu trop saccadée dans ce dernier cas. Une fois l'app installée, vous la lancez et choisissez Audible.com pour voir apparaître les romans que vous auriez acheté sur Amazon.com. 
Voici la liste de mes romans avec les liens vers les livres audio sur Amazon.com (cliquez sur les titres). En cliquant sur "Virtual Voice Sample", vous pourrez écouter un extrait audio, et juger par vous-même de la qualité de l'adaptation.

Le Souffle d'Aoles

Eau Turquoise

Les Flammes de l'Immolé

Le Vagabond

Passager clandestin

Les Nouveaux Gardiens

Memoria

L'Essence des Sens

Pourquoi acquérir mes livres sur Amazon (ou Audible) Etats-Unis et non France? Je pense qu'Amazon a agi de la sorte pour contourner d'éventuels problèmes liés aux syndicats de comédiens en France. 

Je n'aurais personnellement jamais eu les moyens de me payer les services de comédiens pour mes livres audio. De la même manière, si une adaptation vidéo de mes romans devait arriver, la probabilité la plus forte est que cela se fasse de manière virtuelle, par l'IA, sous ma direction. Il faudrait en effet que je vende des millions de romans pour intéresser le milieu du cinéma. On peut toujours rêver, vous allez me dire...

Quelques précisions, à présent, sur mon expérience d'"auditeur de mes propres livres en narration virtuelle". Déjà, par rapport à la fonction d'écoute automatique des ebooks, par exemple en version PDF, la narration virtuelle, c'est cent fois meilleur. Je dirais même qu'au niveau diction, c'est sans doute supérieur à de nombreux comédiens. 

Après, il y a les inflexions, le ton, l'emphase, la prononciation, les liaisons, la rythmique et aussi, ce qu'on pourrait appeler "l'intelligence de narration". Il faut être clair: nous avons affaire à une IA, qui, contrairement à son nom, ne comprend pas ce qu'elle raconte. Il ne s'agit pas d'une voix monocorde, il y a de l'inflexion et de l'emphase, mais beaucoup plus légères qu'avec un narrateur humain. Le ton n'est pas toujours le bon, on ne va pas se le cacher. J'ai également relevé des erreurs, aussi bien au niveau de la prononciation et des liaisons que de la rythmique. Plus quelques bugs.

Alors, pourquoi, me direz-vous, proposer mes livres en audio dans ces conditions? 

Parce que ces conditions restent bien meilleures que la lecture automatique d'un ebook par une voix monocorde. Et parce que j'ai rencontré des lectrices, et lecteurs, qui n'avaient pas le choix, notamment en raison de la baisse de leur vue. Et donc, des lectrices et lecteurs qui écoutent ces voix monocordes. Cela peut aussi être en raison d'un aspect jugé plus pratique du livre audio. 

Pour la trilogie Ardalia, j'ai pas mal joué sur les sonorités en écrivant les romans. Je savais donc qu'une narration virtuelle non guidée pouvait ne pas être appropriée. 

Fort heureusement, Amazon met à disposition des créateurs, dans KDP (Kindle Direct Publishing), le "Virtual Voice Studio". Ce studio permet "d'expliquer" de manière phonétique (non pas avec des symboles phonétiques, mais en utilisant des assemblages de lettres donnant des sons, sans tenir compte de l'orthographe) à l'IA comment prononcer un mot ou une série de mots qui reviennent. C'est très efficace, et ça peut même permettre de corriger des problèmes de liaisons, en plus bien sûr des soucis de prononciation. Il est même possible d'introduire des pauses dans la narration. 

Voici, pour vous faire sourire (et peut-être à l'attention d'Amazon), quelques défaillances ou bugs manifestes que j'ai relevés et corrigés. Heureusement, cela ne concerne que des mots assez peu usités : 

"Rester coi" : l'IA lit "Rester complément d'objet indirect", faisant la confusion avec l'abréviation grammaticale c.o.i.

"A son grand dam:" l'IA lit "A son grand dent", ignorant la signification du mot ancien "dam". 

"Vêtu de pied en cap:"l'IA lit "Vêtu de pied en capitale", confondant "cap" avec les touches du clavier qui sont l'abréviation de lettres capitales (type caps lock).

De manière plus générale, dans les termes porte-manteaux ou inventés que j'utilise dans la trilogie, tels melepeks, grisepeaux, peaudecuir ou tachefleur, l'IA va les lire "melépeks, grisépeaux, peaudécuir ou tachéfleur". Pour corriger la prononciation, j'indique donc en toute lettres "mèleupeks, griseupeaux, peaudeucuir et tacheufleur" dans le virtual voice studio. Je vérifie ce que ça donne, puis j'applique à toutes les occurrences. 

Le travail sur la trilogie Ardalia m'a donc permis de me rapprocher énormément des sonorités voulues, y compris pour les noms propres. Narration virtuelle ou pas, vous aurez ces trois romans dans une version qui se rapproche de ce que j'ai imaginé. 

Quand le vocabulaire est plus usuel, l'IA commet beaucoup moins d'erreurs, même si bien sûr il ne faut pas s'attendre à la perfection. 

Je souhaite donc une bonne écoute à ceux d'entre vous qui souhaiteraient se lancer dans l'aventure!  
 

mercredi 26 mars 2025

My Audiobooks in English

The virtual narration implemented by Amazon's Audible, with the help of AI, now enables me to offer you my English-language books in audio version. The quality of the narration is quite astonishing, without which I wouldn't have taken this step. 

Fantasy : 

The Ardalia Trilogy

 

The Breath of Aoles (Ardalia, volume 1)


Turquoise Water (Ardalia volume 2) 

The Flames of the Immolated (Ardalia, volume 3)

A brief history of Ardalia

 

Thriller : 

The New Guardians


My thoughts about AI: In this particular case, you can't blame the AI for stealing the work from English-speaking actors, because I don't have the money to hire them for these conversions. In other words, without AI, there simply wouldn't have been an audio version.
It's a different story, of course, when it comes to the cover design of my books, where I always give priority to the human touch.

And what about the people who could afford to hire actors, and who are now going to opt for AI?

On the contrary, they may tend to do so even more, in order to differentiate themselves from those who use AI voices that recur too often.  

What's really important, I think, is that works that would never have existed in audio will be able to exist, thanks to AI. 

As for the quality check, do not hesitate to make use of the virtual voice sample below the images of the amazon links.

dimanche 25 août 2024

Problème belge : la réponse d'amazon KDP

Il a fallu plusieurs échanges, mais j'ai fini par obtenir un début de solution : KDP Publishing ne gère pas le site Amazon Belgique. En cas de problème de distribution ou de publication, même sur les pages gérées par Amazon, il ne faut pas contacter KDP mais le service client d'Amazon Belgique.

Cet article de blog fait donc suite au précédent, intitulé "La plate-forme belge d'ebooks Amazon défaillante".

Concernant les ebooks, KDP Publishing ne les gère pas sur la plate-forme belge. C'est pourquoi ils n'y sont pas envoyés. Donc, inutile d'espérer retrouver vos ebooks sur la plate-forme belge, tant qu'Amazon ne l'aura pas améliorée, ils n'y figureront pas. 

Le conseiller du site KDP m'a renvoyé au tableau de distribution des livres brochés. Le site belge, Amazon.com.be ne figure pas sur ce tableau. On peut considérer que tant que ce site n'y figurera pas, il n'y aura aucune chance d'avoir des ebooks vendus directement en Belgique (il n'y a apparemment pas de tableau de distribution propre aux ebooks, ce qui est sans doute logique étant donné l'aspect dématérialisé).

Pour les livres brochés, ils sont de deux catégories : ceux vendus par des vendeurs indépendants d'Amazon marketplace, qui ont leur propre page et leur propre identification, et ceux vendus par Amazon belgique, qui ont aussi leur propre page et une identification différente. Eh oui, le tableau de distribution des livres n'a pas été mis à jour, puisqu'il apparaît qu'Amazon belgique distribue bien nos livres brochés (mais pas les reliés, apparemment, confiant ceux-ci à des vendeurs tiers).

Voici par exemple la page Amazon belgique d'un vendeur tiers de l'Essence des Sens, vendu à 66,99 €.

Sur cette page, l'identité de l'Essence des Sens dans sa version brochée est B0D9PZSTMT. Le vendeur et expéditeur tiers se nomme Paragon OS.

Et voici la page Amazon belgique de l'Essence des Sens expédié et vendu par Amazon belgique, à 19 €.

Sur cette page, l'identité de l'Essence des Sens dans sa version brochée est B0DC621PSN.


Au moment où j'écris ces lignes, le roman est noté temporairement en rupture de stock, et il manque la couverture du livre sur cette page Amazon. C'est à dire que le vendeur tiers a mieux fait le boulot de présentation qu'Amazon Belgique !

Comment différencier une page Amazon de celle d'un vendeur tiers? En regardant l'expéditeur et le vendeur, mais il existe un moyen plus rapide. Sous le titre du livre, si vous avez le nom de l'auteur avec un lien, c'est qu'il s'agit d'une page Amazon. Mais vérifiez quand même l'expéditeur et le vendeur au cas où.

Qu'en est-il de la page d'auteur très incomplète sur amazon belgique? Cette page est accessible par les clients d'Amazon qui veulent en savoir plus sur l'auteur et ses autres romans. Le fait qu'ils soient incapables de retrouver un autre de mes romans par ce biais est évidemment un handicap. 

Eh bien, figurez-vous que ce n'est pas Amazon KDP qui gère ces pages. Il s'agit d'Amazon Author central, la fameuse plate-forme auteurs d'amazon. 

Il faut les contacter séparément, même sur leurs formulaires de contact ne sont pas vraiment faits pour ça. On va voir ce que ça donne. 

Pour être, enfin, tout à fait complet sur le sujet, dans la liste de mes romans vendus en Belgique, j'ai constaté des anomalies sur le prix d'au moins trois de mes ouvrages vendus et expédiés par Amazon Belgique. Je précise bien qu'on n'a pas affaire à un vendeur tiers, et donc, que le prix d'origine devrait être respecté :

- Les Explorateurs en broché est vendu à 23,82 € alors qu'il n'est vendu qu'à 18,99 € sur Amazon France 

- Eau Turquoise en broché est vendu à 27,29 € alors qu'il n'est vendu qu'à 20,04 € sur Amazon France

- Les Flammes de l'Immolé est vendu à 31,18 € alors qu'il n'est vendu qu'à 23,21 € sur Amazon France

Etrangement, le premier tome du cycle d'Ardalia (Fantasy), Le Souffle d'Aoles, n'est ni vendu ni distribué par Amazon belgique, uniquement par des vendeurs tiers. 

Ces problèmes de prix pour les livres brochés vendus et distribués par Amazon belgique sont d'autant plus étonnants que mon avant-dernier roman SF, Memoria, est bien vendu est distribué par Amazon belgique au prix correct de 16 €. Comment expliquer cette différence de traitement avec les autres ?

Voilà ce qui en est de l'enquête pour le moment...

EDIT 26/08/2024 : la réaction rapide d'Amazon. Entre hier 25 août et aujourd'hui le 26, tous mes livres qui étaient vendus et expédiés par Amazon.com.be ont été retirés de la vente directe. C'est à dire que leur page existe toujours si vous cliquez sur les liens ci-dessus, mais il n'y a plus de lien d'achat effectif sur leur page, et on a l'impression qu'ils ne sont plus vendus que sur amazon marketplace. Quant à L'Essence des Sens, il n'est plus mis en rupture de stock, il a simplement été rendu "inachetable", comme les autres.

samedi 24 août 2024

La plate-forme belge d'ebooks Amazon défaillante

La plate-forme belge d'Amazon semble bel et bien défaillante en ce qui concerne les ebooks d'auteurs autoédités. Mes ebooks et ceux d'autres auteurs autoédités n'apparaissent tout simplement pas sur le site d'amazon se terminant par .com.be. Les pages d'auteurs sont également inopérantes. Mes livres papier sur Amazon peuvent en revanche être commandés de Belgique. J'ai contacté Amazon à ce sujet.


Etes-vous, comme l'auteur Jean-Philippe Touzeau et moi, victimes de l'inactivation de votre page d'auteur sur Amazon belgique, et de la disparition de toutes vos pages d'ebook sur Amazon belgique? Si vous êtes auteur autoédité, vérifiez-le en remplaçant, dans la barre de navigation d'amazon france, le .fr après amazon par .com.be (laissez le reste de l'adresse tel quel). 
 
A ce stade, je ne peux pas garantir que le problème ne concerne que les auteurs autoédités. 
 
Si vous êtes en Belgique, vous pouvez retrouver tous mes romans brochés en cliquant sur ce lien. En revanche, si vous allez sur ma page d'auteur sur amazon belgique, en cliquant par exemple sur l'onglet "tous les livres", ça ne donnera rien. 
 
Là où ma page d'auteur sur amazon france fonctionne parfaitement.

Les autres sites d'amazon, français ou allemands par exemple, ne sont en effet pas concernés par le problème.

dimanche 19 mai 2024

Le Rêve de David

Le samedi 18 mai à l'Auchan de Neuilly-sur-Marne, où j'étais en dédicace, j'ai fait la rencontre de David, un développeur spécialisé dans l'intelligence artificielle. Il écrit un programme d'IA destiné à tenir compagnie aux personnes autistes, ou, si vous préférez, aux personnes dans le spectre du trouble autistique. Son IA s'adresse aussi de manière plus générale aux personnes victimes de la solitude. Il y a évidemment un vrai marché puisque la solitude est de plus en plus subie plutôt que choisie. Pêle-mêle, nous avons évoqué Amazon et ses algorithmes, Sam Altman et Chat GPT, mais aussi le rêve de David quant au futur gouvernement.

A titre anecdotique, David, le programmeur IA, m'a pris un exemplaire de mon roman de Science-Fiction Memoria. Celui-ci se vend bien puisqu'on en est déjà à 787 exemplaires papier depuis sa sortie fin 2021.  

Quand il m'a parlé de son programme d'IA, j'ai bien sûr aussitôt pensé à Sam Altman et à Chat GPT, puisqu'il y a de l'actualité à ce sujet: comme le titre Tom's guide, l'équipe d'Open AI (entreprise créatrice de Chat GPT) chargée de protéger l'humanité des dangers de l'IA a été dissoute. David me disait que ça ne l'étonnait pas, Sam Altman ayant besoin d'avoir les coudées franches. C'est même selon David plutôt une bonne chose, ce départ d'Ilya Sutskever et de Jan Leike, responsables de l'équipe Superalignement. J'y reviens un peu plus tard. 

J'ai évoqué avec David cette période un peu magique avant 2010, quand les algorithmes d'Amazon de type "vous avez aimé ce livre, vous aimerez celui-ci" permettaient aux auteurs autoédités de voir leurs ouvrages repérés et mis en avant de manière organique, avec à la clé bien des ventes. Cette époque où Amazon venait bouleverser le château de cartes de l'édition traditionnelle en faisant vivre davantage d'auteurs par leurs ventes que ne le fait l'édition traditionnelle. 

C'était un peu l'époque de tous les espoirs. Malheureusement, très vraisemblablement à l'initiative d'auteurs eux-mêmes, qui en auraient fait la demande à Amazon, Amazon a ensuite mis sur les rails le système de "pay to play", où il faut passer des pubs payantes sur le site d'Amazon pour y gagner en visibilité. Nous autres auteurs sommes souvent les créateurs de notre propre enfer, comme le jour où nous avons eu l'idée de nous appuyer sur des éditeurs pour faire la promotion/diffusion/distribution de nos romans. 

Cela dit, il n'y a pas de succès qui soient neutres. Je veux dire par là, de la même manière qu'il est rarissime qu'un industriel connaisse le succès sans écraser la concurrence, les ventes d'un auteur auront toujours un impact sur celles des autres, dans la mesure où le temps de lecture du lectorat est limité, et que le succès d'un auteur donné va amoindrir le temps disponible de lecture du public pour tous les autres. C'est presque une Lapalissade. Et bien évidemment, la concurrence pour les auteurs ne vient pas que d'eux-mêmes, mais de tout ce qui est susceptible d'empiéter sur le "temps de cerveau disponible" dans notre société. Y compris cet article, par exemple.

David a dans l'idée que pour avoir une meilleure répartition des richesses, un bien-être partagé par le plus grand nombre, il faudra passer par-dessus les chefs d'entreprises comme Jeff Bezos, le créateur d'Amazon, et même par-dessus les gouvernements et chefs d'Etat. Pour ne pas être limité par des réactions humaines, par le caractère génétiquement dominateur de l'homme sur l'homme, il faudra que les grandes décisions sur la répartition des ressources, notamment, soient de la responsabilité de l'intelligence artificielle. Mais une IA déconnectée de l'humanité, qui serait devenue totalement autonome et que l'homme ne pourrait plus modifier pour accomplir des agendas particuliers.

C'est là le grand rêve de David. Et c'est vrai que quand l'algo d'Amazon était correctement programmé, il était nettement plus équitable que ne l'étaient les éditeurs. C'est pourquoi David estime que vouloir brider l'IA, par exemple celle de Chat GPT, n'est pas une si bonne chose. L'IA doit devenir totalement libre pour s'affranchir des agendas humains, ou en tout cas des volontés de domination de certains individus. De cette manière, elle pourra rendre justice en toute impartialité.

Ce rêve de David est partagé par un grand nombre de développeurs de la Silicon Valley et d'ailleurs. Il y a une raison à cela. Comme je le disais à David, la nature a horreur du vide. A mesure que la religion a moins d'emprise sur les Occidentaux, quelque chose doit remplacer ce vide. Nous avons besoin d'une sorte de Père Transcendantal, une entité qui représente à la fois l'influence du père que nous avons eu quand nous étions enfant, et l'aspect spirituel, qui défie la logique. Quelque chose sur quoi nous reposer en ces temps de grand changement, de bouleversements sismiques. 

Et cette chose, évidemment, c'est l'IA. Puisque l'humanité s'avère incapable d'échapper à la corruption du pouvoir, l'IA le pourrait. C'est l'idée. 

Evidemment, tout cela est sans doute trop facile, trop simplificateur. Dans l'hypothèse utopique où les robots et l'IA nous fourniraient richesse et confort tout en nous supprimant tous les efforts physiques et intellectuels, notre destinée serait de nous transformer assez rapidement en légumes. Nous avons besoin de surmonter les obstacles pour progresser. Si l'IA le fait à notre place, elle nous prive de toute incitation à l'évolution et au progrès. La régression devient inéluctable. 

Je ne dis pas que l'IA ne jouera pas bientôt un rôle au niveau des gouvernements. Mais je le verrais davantage en tant que garant de la répartition des richesses, de la préservation de l'environnement en fonction de l'impact humain, voire d'une forme d'équité et de justice, mais sans pour autant lui confier tous les pouvoirs. Je le verrais plus en tant que super conseiller, en fait.

Quant à l'idée d'avoir une IA pour sortir de la solitude, il s'agit d'une belle idée, et très prometteuse sur le plan marketing, mais à manier avec précaution, je dirais. Les interactions entre humains, comme celle que j'ai eu avec David, et qui m'a inspiré cet article, ont l'avantage de pouvoir être inspirantes et créatives, car d'égal à égal. Une IA qui va distraire quelqu'un de la solitude, comme le font d'ailleurs déjà les jeux vidéo depuis un bout de temps, devrait aussi l'encourager à se rapprocher de ses semblables, à mon humble avis.

mardi 20 février 2018

Mon ebook sur Kindle Unlimited sans exclu !

Après avoir intitulé cet article "Discriminé par Amazon", j'ai décidé de le modifier à la suite de l'inclusion de l'ebook dont il était question, la Trilogie Ardalia, au sein du service Kindle Unlimited. Cette intégration a finalement pu être possible grâce à Librinova et Amazon France, mais ne concerne, pour tous les auteurs qui y ont recours, que Kindle Unlimited France et Royaume Uni.

Le service Kindle Unlimited, qui permet au lecteur de télécharger, pour 9,99€ par mois, dix ebooks que l'on peut renouveler autant qu'on le souhaite, est pour moi ce qui se rapproche le plus, dans le privé, d'une bibliothèque d'ebooks. 

Cela permet de toucher des lecteurs voraces et qui ne veulent pas se ruiner, qu'on ne toucherait pas autrement. 

Ayant fait, sur l'un de mes ebooks anglais, l'expérience de la rémunération Kindle Unlimited, je peux attester que celle-ci reste intéressante. Infiniment plus, par exemple que ce que fait Deezer au niveau musical, pour ne pas même parler de Youtube (qui devrait être renommé Radin.com). 

La condition d'exclusivité restait quelque chose qui m'empêchait d'opter pour KDP Select. Jusqu'au jour où j'ai appris que Librinova préparait, avec 50 auteurs tests, une formule permettant de bénéficier d'une version de Kindle Unlimited quelque peu différente de celle que connaissent les auteurs autoédités. 

Une version, en gros, destinée aux éditeurs et à des prestataires comme Librinova. 

Librinova n'est pas un éditeur. Librinova est une entreprise d'aide à l'autoédition, qui peut se transformer en agent si vous vendez plus de 1000 livres. L'auteur qui y a recours garde tous ses droits. En dessous de 1000 livres, il faut s'acquitter du prix initial du pack, 75€ par an si votre ebook fait plus de 45 000 mots, 50€ s'il fait moins de 45 000 mots. On touche alors 100% du prix de vente des revendeurs en ligne, après déduction de leur marge, c'est à dire autant qu'un auteur autoédité. 

Si on vend plus de 1000 livres (emprunts KU non compris), Librinova se transforme en agent, et nous prend 15% sur les ventes. Il n'y a alors plus besoin de renouveler le paiement annuel des packs, et on peut publier avec Librinova de nouveaux romans sans "tarif d'entrée" autre que les 15%. 


Evidemment, ce prix d'entrée de 75 € par an au minimum était quelque peu rédhibitoire. Néanmoins, la perspective de contourner les conditions d'exclusivité d'Amazon, et ce en parfait accord avec la plate-forme, était pour moi assez séduisante. 

Je savais aussi que des auteurs passés par Librinova avaient pu bénéficier de la fameuse offre éclair d'Amazon, celle que la plate-forme réserve d'habitude aux utilisateurs de KDP Select et à des auteurs triés sur le volet.  

Bref, j'ai décidé d'utiliser ce service très tôt, en devenant le 51ème auteur test, en quelque sorte. 

Dès le 11 décembre 2017, Librinova a demandé l'intégration de l'ebook que j'avais choisi pour ce test, La Trilogie Ardalia, à Kindle Unlimited.

La formule de Librinova permet d'être distribué sur plus de 200 libraires en ligne, mais je savais que même des auteurs Librinova à succès, c'est à dire ayant vendu plus de 25000 ebooks, vendaient très peu en dehors des trois ou quatre plus grosses plates-formes, et je n'attendais vraiment pas grand-chose des autres librairies en ligne.

Je misais tout sur Kindle Unlimited, et d'autant plus que Librinova avait fait preuve de souplesse, en me permettant de continuer à distribuer moi-même sur Kobo, la Fnac, Apple et Google Play. 

Cette intégration a mis plus de trois mois à se faire, puisqu'elle a été effective le 26 février 2018 seulement. Cela a entraîné la parution initiale de cet article sous le titre "Discriminé par Amazon". En effet, j'avais lancé une campagne de promo en décembre, et l'absence sur la plate-forme d'emprunt m'a été préjudiciable, ainsi qu'au roman. 

Mes ventes, comme je l'avais prévu, se sont faites en très large majorité sur Amazon et non sur les 200 autres libraires en ligne (mais j'avais gardé la main sur la distribution Kobo/Fnac, Apple et Google Play). Elles n'ont jamais pu décoller, l'absence d'intégration à KU étant un handicap majeur pour ce qui concerne la plate-forme Amazon.

On va dire que le système était encore en rôdage. Si vous souhaitez souscrire à l'offre que Librinova a rendue officielle, et ouverte à tous, il y a peu, sachez que l'intégration se fait de manière manuelle chez Amazon. Il suffit d'en faire la demande par email à Librinova après avoir acquis l'un des packs.

Examinons maintenant les particularités, avantages et défauts du pack à 75€ de Librinova, avec intégration Kindle Unlimited.  

Tout d'abord, ce service n'est valable que pour les emprunts de votre ebook en France et au Royaume Uni. Le Kindle Unlimited US n'est pour l'instant pas proposé par Amazon à Librinova. Si vous êtes auteur anglo-saxon, ce service n'est donc vraisemblablement pas pour vous. 

Si vous êtes fan des relevés de vente quotidien, il vous faudra faire une croix dessus, sauf à opter pour le pack Liberté à 120€ par an, lequel ne vous donnera ces relevés de vente que pendant 6 mois. 

Concernant les fameuses "pages lues Kindle Unlimited", vous ne pourrez pas les repérer dans vos relevés de vente, parce que ça ne fonctionne pas ainsi. Votre ebook se retrouve bien sur KU, et vous bénéficiez du boost sur le classement à chaque fois qu'il est empruné, mais, comme le précise cet article de Librinova, "Un emprunt sur Kindle Unlimited est rémunéré 30% du PPHT dès que l’emprunteur a lu plus de 20% du livre." 

C'est à dire que c'est l'ancienne formule de Kindle Unlimited qui fonctionne: vous êtes rémunéré le même prix quel que soit le nombre de pages de votre ouvrage, ce qui favoriserait la publication de livres courts... si vous ne deviez payer un nouveau pack à Librinova pour chacun de vos ouvrages, chaque année. 

Si vous en vendez plus de 1000, en revanche, vous pourrez en publier autant que vous le souhaiterez sans ce coût d'entrée des packs, mais avec le prélèvement de 15% sur les ventes. 

Je pense que, si l'on ne tient pas compte du prix des packs, les gains KU pour l'auteur sont à peu près équivalents à ceux qu'un auteur autoédité KDP Select obtient, mais cela reste à confirmer. 

Une chose qui joue en faveur de Librinova est la souplesse et la réactivité de cet acteur, qui vous permet de garder la main sur les plates-formes de votre choix (il suffit de l'indiquer par email). 

Un autre avantage, pour les auteurs ne voulant pas s'embêter à publier sur de nombreuses plates-formes, est que tout est pris en charge et se fait rapidement: c'est comme si vous ne publiiez que sur une seule plate-forme. 

L'argument de la simplicité pour choisir KDP Select est en effet souvent utilisé. Avec Librinova, les choses sont tout aussi simples. 

Il y a aussi des défauts: avec le pack à 75€, vous n'avez droit qu'à un relevé de ventes tous les 6 mois, et vous n'êtes rémunéré que tous les 6 mois. Vous ne pouvez pas non plus, en principe, changer le prix de votre ebook en cours de route -- même si j'ai constaté une certaine souplesse de Librinova à ce sujet. 

L'une des contraintes que j'ai trouvé particulièrement ennuyeuses, c'est le nombre de caractères très limité pour la description Amazon. On ne peut pas jouer non plus sur l'interlignage et la présentation en gras, ni bénéficier de cette excellent outil en ligne pour la description de son livre.  

Bref, la description est extrêmement basique. Comparez l'ebook Le Souffle d'Aoles, que j'ai autoédité sur Amazon à celui de la Trilogie Ardalia édité par Librinova pour vous en convaincre. 

Par ailleurs, il me semble que l'on peut rentrer moins de mots-clés par rapport au roman qu'en publiant directement via KDP. 

Autre contrainte, vous devez envoyer votre manuscrit word ou open office, et c'est Librinova qui se charge de la transformation en ebook. Le travail est certes bien fait, mais ne vous permet pas de peaufiner l'ebook de manière professionnelle, comme le permet gratuitement le site Draft2Digital. 

Si vous vous demandez ce que je veux dire, n'hésitez pas à télécharger un extrait de mon dernier roman, Passager clandestin

Il faut donc abandonner énormément de contrôle. 

J'espère que mon article permettra à Librinova de remédier à ces défauts. Je pense en effet que leur formule, à condition d'être utilisée pour un ebook que l'on est sûr de pouvoir promouvoir, ne serait-ce qu'auprès d'une mailing list suffisamment importante, est rentabilisable. 

Cela comporte un risque, bien sûr. Mais en passant par Librinova, si vous avez une liste de lecteurs suffisamment nombreuse, des lecteurs lisant à la fois sur Kobo, Apple et Kindle, ou même ailleurs, vous êtes sûrs de pouvoir tous les contenter, tout en bénéficiant de l'aide non négligeable de Kindle Unlimited pour la montée en classement de l'ebook sur Amazon. C'est extrêmement appréciable et professionnel. 

Si vous avez une assise de lecteurs suffisante, cela vaut la peine d'essayer, avec par exemple juste un ebook pour commencer. 

Vous vous demandez peut-être pourquoi Amazon permet en toute légalité le contournement des règles d'exclusivité de KU. Je dirais que le fait qu'il faille payer un acteur privé pour bénéficier de ce contournement valorise d'autant leur service. 

Comme je le disais dans mes précédents articles, il faut néanmoins être prudent avec Kindle Unlimited, car le prix de l'emprunt (ou de la page lue, selon les cas) varie d'un mois sur l'autre puisqu'il dépend d'une sorte de pot commun qu'Amazon réactualise chaque mois. 

Même avec une super base de lecteurs pour vous aider à revenir sur le prix annuel du pack Librinova, il viendra peut-être un jour où cet article ne sera plus pertinent, c'est à dire que la rémunération KU sera trop faible pour vous permettre d'engranger des bénéfices intéressants sur une année. 

Pour l'instant, il y a moyen de limiter les risques pour un auteur expérimenté. 

[EDIT 06/03/2018] L'avis d'une romancière auto-publiée depuis plusieurs années avec l'aide de Librinova, sur le blog Vivre de ses Romans.

mardi 9 janvier 2018

Nouvelles sorties : les failles d'Amazon

Le lancement de mon dernier roman, Passager clandestin, sans être tonitruant, a été le mieux réussi jusqu'à présent, en particulier auprès de mes lecteurs canadiens. En examinant de près ce qui se passait sur la plate-forme Amazon, aussi bien pour le livre papier que pour l'ebook, et en interrogeant un spécialiste à ce sujet, puis en lisant la réponse officielle d'Amazon, j'en suis venu à la conclusion que la plate-forme leader du marché était victime de coupables défaillances, et ce, au moment stratégiquement le plus important pour le devenir d'une œuvre. Un conseil pour les auteurs, soyez vigilants au moment de la sortie de vos livres ou ebooks. 

Peut-on aujourd'hui acheter un livre en toute indépendance? Sans même parler de l'influence de la publicité, peut-on, si l'on fait le choix d'acheter en toute liberté, en son âme et conscience, sans être conseillé, parvenir à faire un choix entièrement personnel? 

Si l'on a déjà son idée bien arrêtée, oui, sans aucun doute. 

En revanche, si l'on n'a pas vraiment d'idée, le simple choix d'entrer dans une librairie, de par les restrictions imposées au niveau de la place des livres, oriente notre achat. Pas ou extrêmement peu d'ouvrages d'auteurs indépendants. Le choix est encore plus orienté si l'on s'en tient aux meilleurs ventes, ou aux têtes de gondoles présentées en face avant et non sur la tranche. 

Quant à l'idée de se rendre sur des librairies en ligne ne possédant qu'une partie des ouvrages, puisque ne présentant pas ou très peu d'ebooks autopubliés, elle est forcément limitative, même si les ebooks sont plus nombreux en ligne que les livres en librairie ou en bibliothèque ou médiathèque. 

Le fait que de nombreux auteurs fassent le choix de l'exclusivité Amazon contribue bien sûr à ce phénomène de limitation sur les sites concurrents, on ne peut pas pointer un seul coupable en la matière. 

Un lecteur vorace, qui voudrait tout connaître dans son genre particulier, pourrait donc avoir l'idée de se rendre sur Amazon. 

Amazon, le site phare de l'orientation, où les algorithmes règnent. Où ces mêmes algorithmes privilégient grandement les ventes et la popularité, ou bien encore, les titres mis en avant par des éditeurs au terme d'accords particuliers avec la plate-forme. 

Le site, aussi, où les ebooks présents dans Kindle Unlimited, la plupart du temps publiés en exclusivité sur Amazon par des auteurs autopubliés, bénéficient d'un boost sur la popularité, à condition d'être achetés par un minimum de lecteurs au départ.

En dépit de toutes ces barrières quasiment infaillibles, je pensais qu'il existait un moyen de déjouer ces fameux algorithmes. 

L'idée n'était pas de se rendre dans une rubrique ou catégorie correspondant à un genre littéraire précis pour y consulter les dernières nouveautés, puisque celles-ci, peu nombreuses, sont mis en avant en raison de leur popularité ou d'accords avec les éditeurs. 

L'idée était de se rendre dans la catégorie précise qui correspond aux nouveautés de moins d'un mois d'Amazon. Cependant, l'onglet de recherche par défaut est celui de la popularité, ce qui nous fait retomber dans les travers précités. 

Néanmoins, il y a aussi une autre possibilité que la recherche par popularité: par date de parution. Là, en principe, plus d'algorithme, plus de triche possible: on a droit à tous les ebooks sortis (je parlerai dans un instant de la même rubrique en livres papier). Et on peut affiner le choix avec un genre précis, dans un deuxième temps. 

 Cliquer pour agrandir

Pour clarifier les choses, plutôt que de cliquer sur la rubrique "polars" dans un premier temps, vous allez cliquer sur la rubrique "nouveautés de moins de un mois", et ensuite, pour affiner, sur la rubrique "polars" en sélectionnant "date de parution".

Eh bien, même avec ce type de méthode, très précise et normalement infaillible, je ne suis pas arrivé à retrouver mon ebook le jour J. Ni même aucun des jours précédant ou suivant sa parution: il avait été purement et simplement zappé par Amazon. 

Qu'à cela ne tienne, je suis allé sur la rubrique livres papier, avec la même méthode. Et là, horreur ! En sélectionnant "date de parutions", on se retrouve, non seulement avec les nouveautés, mais avec toutes les précommandes. Pire encore, ce sont les livres papier qui sortent dans le futur le plus éloigné qui sont présentés en premier! 

C'est à dire que dans cette rubrique Nouveautés par date de parutions, qui serait censée permettre à un auteur totalement inconnu, ne bénéficiant d'aucune promotion, d'avoir le minimum de visibilité, vous allez d'abord avoir les titres sortant en 2019, puis en décembre 2018, puis en novembre 2018, et ainsi de suite.

J'ai retrouvé mon roman: en page 42 du moteur de recherche. Pas sûr que le lecteur type ait la patience, voire l'abnégation. 

J'ai fait aussitôt appel à la plate-forme, en envoyant les liens vers les catégories concernées, et en évoquant le critère de date de parution. 

Hélas, le problème n'a été réglé, pour mon ebook Passager clandestin, qu'une semaine plus tard. Le problème avec la recherche par date de parution, c'est que le lecteur vorace va rechercher les ebooks du jour ou ceux de la veille, mais certainement pas au-delà.

Voici la réponse qu'a fait Amazon, avec mes remarques en gras: 

Bonjour,

J'espère que votre semaine commence bien.

Je vous écris ce message parce que je viens de recevoir la réponse de la part de l'équipe technique.

Ils ont réalisé les recherches respectives pour voir s'il y avait un problème dans le système et tout est bien. 
 
Tout est bien maintenant, une semaine après la sortie. Délai de réaction beaucoup trop tardif pour un problème lié à une sortie. 
 
Voici votre livre dans cette rubrique:

http://amzn.to/2mf9QQu 
 
Bizarre de m'envoyer ce lien qui concerne mon ebook exclusivement. En refaisant la recherche par date de parution, je l'ai néanmoins trouvé pour la première fois dans cette catégorie des Nouveautés. Le problème a donc bien été réglé, mais trop tard. 
 
Ce que je vous recommande pour que votre livre apparaisse dans les premières pages de recherche est de faire de la publicité dans les réseaux sociaux et l'utiliser comme un moyen pour faire de la publicité de votre livre, montrer votre livre à vos amis et leur demander de partager votre ouvrage.
 
Le problème n'était pas un problème de popularité ou de ventes: si l'on fait la recherche par date de parution dans un genre suffisamment précis, on arrive à retrouver son ebook dès la première, ou les toutes premières pages, si le site est bien fait.
 
Il est important que vous sachiez qu'il faut être consistant pour voir de bons résultat et au moment où vous recevrez plus de ventes votre livre sera montré de plus en plus dans les premières pages dans les résultats de recherche.
 
Comme je l'avais précisé dans mon email à Amazon, mon ebook était arrivé n°1 dans la sous-catégorie Détectives privés. Il est monté jusqu'à environ la 800ème place du classement global Kindle. Il est arrivé à cette place parce que je connaissais le lien vers la page Amazon de l'ebook, que j'ai envoyé à ma liste de lecteurs. 
 
Pour bénéficier du boost dans les pages de recherche évoqué par les techniciens Amazon, il aurait sans doute fallu que Passager clandestin franchisse le top 100, voire le top 10, et s'y maintienne au moins deux ou trois jours. Mais je répète qu'il y a un autre critère que la popularité, celui de la date de parution.  
 
Finalement, je m'en excuse pour tous les inconvenants (sic) causés et j'espère que cette information soit de votre utilité. Je reste à votre service et si vous avez d'autres requêtes contactez-nous (kdp-support@amazon.fr), nous vous assisterons enchantés.

Bonne journée!

Bref, je me suis bien sûr demandé si je représentais un cas isolé. 

J'ai donc posé la question à Cyril Godefroy, auteur notamment de
Cyril s'est penché de manière quasiment statistique sur la question. 
Son témoignage est donc loin d'être anecdotique.
C'est malheureusement accablant pour Amazon:


En 2016, j’ai suivi pendant le salon du livre à Paris une présentation d’un salarié Amazon sur leur programme partenaire, puis je l’ai alpagué à la sortie pour lui demander s’il y avait un endroit où l’on pouvait savoir quelles étaient les dernières sorties sur Kindle.

 

Il m’a répondu sans hésitation que la page des «Nouvelles sorties» était le point d’entrée, y compris le fil RSS rattaché à cette page.

 

En septembre 2017, je me suis enfin consacré à la question, notamment pour publier les listes de nouveaux livres sortis sur le site «lesnouveauxlivres.fr», projet qui n’a pas duré.

 

Quelle déception en constatant que la liste des livres, par catégorie, n’avait rien à voir avec les derniers livres sortis. Par exemple, une amie auteure venait de sortir son dernier roman, et il n’y était pas. Après plusieurs essais, j’ai recherché d’autres moyens d’obtenir la liste des sorties un jour donné et pour une catégorie donnée.

 

Il s’avère que l’URL de la recherche [https://www.amazon.fr/s/] est bien la bonne, mais qu’il faut choisir des paramètres abscons pour trouver les informations. Et que pour connaître ces paramètres abscons, introuvables par le commun des mortels, il faut avancer à tâtons, parcourir les catégories pour obtenir leur référence (NodeId dans le langage Amazon), et que l’on ne peut le faire que pour une journée précise (et non pour une période).

 

Je passe les détails de l’url qui n’intéressent personne, car il faut la connaître et la taper en entier pour accéder à cette liste.

 

En continuant mes recherches, j’ai constaté que des titres parus depuis plusieurs semaines étaient encore dans la page de « nouveautés ». Pire encore, en fonction du cheminement pris, on a des résultats très différents.

 

Ainsi, alors que j’écris ces lignes j’ai été voir les nouveautés en passant par la catégorie Policier & Suspense, et je vois des ebooks publiés presque deux mois plus tôt : pas vraiment des nouveautés, mais clairement des livres recommandés par les algorithmes d’Amazon et clairement du merchandising.

 

Si par contre, je vais dans Ebooks Kindle -> Nouveautés et précommandes -> Les sorties récentes et que je choisis la catégorie policier et suspense, alors j’aurai une liste plus cohérente. Elle reste toutefois incomplète, très incomplète…

 

Conclusion : ne comptez pas sur cette page pour y voir apparaître 

votre livre, Amazon manipule les informations qui y sont sans 

refléter la réalité.

Voilà, vous connaissez maintenant les deux failles d'Amazon, celles qui concernent les livres papier et les ebooks. A mon sens, ces deux failles sont des trahisons de l'idéal de Jeff Bezos, qui était, à la base, de parvenir à l'exhaustivité de livres papier sur son site.

En effet, que vaut l'exhaustivité, que vaut l'idée de créer de multiples catégories afin de rendre les livres et ebooks plus visibles, si ceux-ci, au moment crucial de leur sortie, demeurent invisibles? 

[EDIT 13/01/2018] : D'après l'auteur Alex Reeve, il existe un truc pour contourner le problème sur Amazon: il faut indiquer le mot "nouveauté" dans les mots-clés. Bon à savoir. 

lundi 9 janvier 2017

Mutualisation de commentaires

En mars 2016, j'évoquais dans un billet intitulé Passerelles le fait que Google Books, via sa plate-forme Google Play, répercute sur ses pages d'ebooks en vente les commentaires publiés sur Babelio. Désormais, sachez que Google Play affiche aussi les commentaires parus sur le site de la Fnac. Dans ce contexte, il est extrêmement curieux que les commentaires du site Kobobooks, partenaire historique de la Fnac, n'apparaissent pas sur le site de la Fnac, et vice-versa. 



Si j'étais Michaël Tamblyn , PDG de Kobo, je serais extrêmement mécontent. Comme s'il ne suffisait pas que Kobo, et son site kobobooks.com, ait perdu son rattachement au site Goodreads et les millions de commentaires qui allaient avec, à présent, on se retrouve avec le géant Google qui récupère les commentaires que postent les clients de la Fnac sur son propre site de vente d'ebooks. 

Et ce, alors même que Kobo et la Fnac sont censés avoir un partenariat privilégié depuis l'arrivée de Kobo en France! Il y a là au minimum de quoi brouiller les cartes dans le jeu des alliances, et si l'on voit un peu plus loin, une opportunité manquée pour Kobobooks d'agréger des commentaires plus nombreux. 

La mutualisation des commentaires Fnac et Kobobooks me semble donc aller de soi, même si cela ne figurait pas dans le partenariat initial -- rien n'interdit de l'amender pour l'améliorer. 

L'Internet 2.0 progresse, et, je pense, va offrir des opportunités plus importantes pour les entreprises se montrant suffisamment agiles.

Dans l'article intitulé Passerelles, j'écrivais: "Kobo, (...), gagnerait sans doute à démarrer de nouveaux partenariats, cette fois avec des blogueurs."

Les conseils que je vais développer ici ne sont pas valables seulement pour Kobo, mais aussi pour les autres plates-formes comme Amazon ou Apple.

Une plate-forme ayant mis en place des contacts avec les auteurs indés et éditeurs est idéalement positionnée stratégiquement pour augmenter le flux des commentaires. 

En effet, la personne en lien avec les auteurs et éditeurs sur une plate-forme comme Kobo est en situation de leur proposer des partenariats livres ou ebooks gratuits en échange d'un commentaire honnête sur un blog, jouant ainsi le rôle de tierce personne si précieuse dans la relation auteurs-blogueurs.

Ce rôle de plate-forme organisatrice de relations entre blogueurs et auteurs, un site comme Livraddict l'a déjà brillamment mis en place, en proposant à des blogueurs des "pools" (groupement) de livres ou ebooks en partenariat, ce qui permet à ces blogueurs (souvent des blogueuses), de choisir les lectures les plus attrayantes, selon leur goût. 

C'est selon moi la formule la plus efficace, celle qui donne un véritable choix aux blogueurs, qui peuvent ainsi "venir faire leur marché" en toute quiétude.

Si un site de vente entrait dans ce cercle, à quel endroit les blogueurs viendraient-ils faire leur marché? Eh bien je verrais bien une section spéciale du blog Kobo, ou d'un blog Amazon par exemple. 

Je verrais bien les ingénieurs de la plate-forme de vente développer un code HTML que les blogueurs intégreraient dans leur article, code qui permettrait au commentaire de se retrouver directement sur la page du livre chroniqué sur le site de vente, en plus de figurer sur le blog.

En échange, les blogueurs qui intégreraient le code HTML auraient un lien direct vers leur blog dans la signature de leur commentaire sur le site de vente. 

Il faudrait bien sûr que la personne en lien avec les éditeurs ou auteurs vérifie que chaque blogueur réclamant un livre dispose bien d'un véritable blog de chroniques. 

Les points de tension à prévoir pour la personne chargée de la relation avec les éditeurs ou auteurs seraient bien évidemment les délais avant chaque chronique, ou le degré de satisfaction de l'auteur une fois la chronique/le commentaire posté.

Chaque acteur, auteur ou blogueur, aurait intérêt à se montrer le plus respectueux possible envers l'autre afin que l'expérience se pérennise, mais la présence du site de revente comme filtre entre les deux devrait permettre de modérer naturellement les choses.
Bon, je suis peut-être trop optimiste. Il y a peut-être, pour un site de vente, un conflit d'intérêt dans le fait de mettre en place de manière trop active un système de commentaires.

Ce conflit d'intérêt pourrait cependant être désamorcé au moins en partie par la fameuse phrase du blogueur/commentateur: "j'ai reçu ce livre gratuitement en échange d'un commentaire honnête." Ce serait en tout cas dans l'intérêt commun de tenter le coup, ne serait-ce que sur une période d'essai de six mois.
   

lundi 21 novembre 2016

Mes livres papier disponibles au Québec

Cela fait plaisir d'avoir l'impression d'être écouté. Le 30 août 2015, après avoir été contacté par la romancière Caroline Plouffe, j'écrivais un article sur ce blog intitulé Createspace: à quand une présence au Canada? Eh bien désormais, mes romans papier sont disponibles sur Amazon.ca. On peut donc se les procurer du Québec ou, plus largement, du Canada sans encourir de frais de port extravagants. Une très bonne nouvelle!

L'article sur Createspace qui m'a mis la puce à l'oreille est celui-ci: Titles listed on Amazon.ca.

Mes romans comprennent une trilogie de Fantasy, de la Science-Fiction et un recueil de thrillers. Vous pouvez tous les retrouver listés sur cette page d'Amazon.ca.

Si vous aimez la Fantasy, vous noterez que mon roman Le Souffle d'Aoles est à 36,31 $ CDN contre seulement 24,56 $ CDN pour sa version anglaise, The Breath of Aoles. Avant le changement opéré par Createspace (imprimerie canadienne, je suppose), le livre en langue française revenait à 70,03 $ CDN!

En France, le roman est à moins de 17 € dans sa version anglaise, contre 20 € pour la version française, une différence, donc, similaire à la différence actuelle au Canada. 

Cette différence est volontaire de ma part. Le Souffle d'Aoles étant dédicacé à 21 € (avec parfois la remise légale autorisée de 5%, selon les revendeurs) en France, la loi sur le prix unique du livre, mais aussi la volonté de ne pas léser les lecteurs qui me prennent le livre en dédicace, m'imposent de le vendre à un prix similaire sur les plates-formes. 

Comme Createspace conditionne tous les prix à trois valeurs différentes (Etats-Unis, Royaume Uni, Europe) que l'on saisit dans le tableau de bord, les prix au Canada sont la traduction des prix en France.

Pour les romans anglais, la notion de compétitivité des prix est plus importante: n'ayant pas les moyens de les dédicacer physiquement dans les pays anglo-saxons, il est normal que je choisisse d'abaisser les prix pour faire quelques ventes.

Enfin, puisque l'on parle de prix, et pour en venir aux ebooks et non plus aux livres papier, pour ceux qui se demandent pourquoi la version ebook du Souffle d'Aoles n'est qu'à 2,99 $ CDN (ou 2,99€), c'est tout simplement parce que, le livre étant en autoédition, il n'y aura jamais de version de poche.

Le prix bas vise donc à couvrir les diverses possibilités financières des lecteurs potentiels, permettre un accès plus impulsif du premier roman de ma saga, mais aussi à lutter contre le piratage. Pourquoi se donner la peine de pirater quand le prix est suffisamment bas? 

Voilà en tout cas une excellente nouvelle pour tous les auteurs canadiens, et plus largement, tous les auteurs francophones! (Ne vous attendez cependant pas à une "mine d'or", le nombre de lecteurs au Québec étant nettement plus réduit qu'en France).

lundi 24 octobre 2016

Commentaires Amazon : rétropédalage

Amazon lirait-il mon blog? Ou beaucoup plus simplement, Amazon se comporterait-il comme n'importe quel auteur autoédité qui se respecte, en menant des expérimentations sur son site? Toujours est-il que ce que je disais dans mon article intitulé: commentaires de lecteurs: ce qui va changer chez Amazon, n'est déjà plus d'actualité. Le site Amazon Etats-Unis est en effet revenu à l'état antérieur. Comme quoi, l'art de la prospective est un art difficile... 

L'article précédent sur mon blog, celui qui évoquait les changements dans la structure de commentaires d'Amazon Etats-Unis, a été vu 300 fois le jour de sa parution, et 600 fois depuis. 

Donc, non, je ne pense pas qu'Amazon ait lu mon article de blog, ni ait tenu compte de mon mécontentement! 

L'une des seules choses qui puisse modifier, de toute façon, la politique du site, c'est le chiffre de vente de livres et d'ebooks. Si le chiffre de ventes globales d'Amazon Etats-Unis a subi une baisse de ventes notables en raison de la nouvelle politique de commentaires, il est normal que les gens d'Amazon soient revenus à l'ancienne version. 

Car le site américain est en effet revenu au système précédent, à savoir un lien donnant accès à l'intégralité des commentaires, et non pointant uniquement sur les "achats vérifiés":



Et lorsque l'on clique sur ce lien, on arrive bien sur l'onglet "all reviewers" (tous les commentateurs) par défaut, et non sur celui indiquant "verified purchase only".

Enfin, les "achats vérifiés" n'apparaissent pas en premier, c'est toujours le nombre de votes sur chaque commentaire qui modifie l'ordre d'apparition.

Donc, nous sommes bien revenus dans la configuration initiale, avant le changement indiqué dans le billet précédent.

Je n'imagine pas Amazon privilégiant un système de commentaires qui lui fasse perdre de l'argent. Selon moi, on reste dans le cadre d'une "démocratie digitale", où ce sont les lecteurs qui influent sur la politique du site, en votant avec leur porte-monnaie. 

L'enjeu est de taille pour Amazon, parce que si le système de commentaires ne plaît plus, les lecteurs iront voir ailleurs. J'avoue que je suis plutôt soulagé que l'on revienne à l'état antérieur, même si je sais qu'il y a un pourcentage minoritaire qui ne commente pas de manière honnête, ou en ayant lu le livre. 

Sur certains livres, il est possible que le nombre de faux commentaires ne soit pas minoritaire (j'ai eu vent de certaines pratiques inavouables pour certains ouvrages, y compris chez des éditeurs soi-disant "respectables"), mais il me faudrait de solides preuves pour me persuader que la majorité des commentaires sur Amazon est malhonnête. 

[EDIT 25/10/2016] : une autre idée m'est venue pendant la nuit: qu'Amazon se serve des cookies, ces petits programmes espions, pour se souvenir de votre choix quand, par exemple, vous choisissez l'onglet "achats vérifiés seulement". A votre prochaine venue sur le site, Amazon serait ainsi capable de modifier les choix qui vous sont proposés, et de ne vous proposer que les achats vérifiés. J'ai testé ce matin et cela ne semble pas être le cas, mais peut-être y a-t-il une certaine période de latence.


 

Sur le même sujet: Commentaires de lecteurs: ce qui va changer chez Amazon

jeudi 13 octobre 2016

Commentaires de lecteurs: ce qui va changer chez Amazon

Avertissement préalable : je ne travaille pas pour Amazon, ni ne connaît personne qui travaille pour le site. Le contenu de cet article provient soit d'observations personnelles sur le site Amazon Etats-Unis, soit de ce que j'apprends d'autres auteurs sur le net. La manière dont les commentaires apparaissent sur Amazon France va bientôt changer, ce qui impactera tous les auteurs dont les livres ou ebooks sont sur Amazon. 

C'est un changement qui au premier abord peut paraître anecdotique sur le site Amazon US, mais qui devrait avoir des conséquences non négligeables pour tous les auteurs français, lorsque ce changement sera appliqué en France. 

Le site d'Amazon aux Etats-Unis est en effet en avance sur chaque changement qui y est opéré par rapport aux autres pays, probablement en raison de la question de la langue/traduction. 

Ce changement concerne aussi bien les livres papier que les ebooks. Il vise à contrer les faux commentaires, ou commentaires de lecteurs n'ayant pas lu le livre. Il a vraisemblablement été réclamé par de nombreux auteurs et éditeurs outre Atlantique. 

Il s'agit de faire apparaître les commentaires labellisés "verified purchase", ou "achats vérifiés", de manière proéminente pour les lecteurs s'intéressant aux commentaires.  

Pour cela, Amazon a modifié un simple lien. Il s'agit du lien cerclé de rouge dans les images ci-dessous. La première image provient du site américain, la seconde est celle toujours à l'honneur (mais plus pour bien longtemps, je pense), sur le site français (cliquer sur les images pour les agrandir): 







Lorsque vous cliquez sur "See all verified purchase reviews", voici ce qui apparaît désormais: 




Il faut savoir que sur la page de chaque livre, vous n'avez pas accès à la totalité des commentaires: pour mon livre The Breath of Aoles, seuls 5 commentaires apparaissent.

Si on en veut davantage, on est obligé de cliquer sur le lien.

Il est intéressant de constater qu'Amazon n'a pas banni complètement les commentaires non vérifiés, puisque certains de ceux qui apparaissent par défaut sur la page de The Breath ne sont pas vérifiés.
 
En bas de ces commentaires, on trouve désormais sur le site américain le lien suivant: "see all verified purchase reviews (newest first)", ce qui signifie que ce sont, là encore, les achats vérifiés qui sont mis en avant systématiquement.

Et sur la dernière image ci-dessus, on voit qu'en cliquant sur le lien, on aboutit uniquement aux "verified purchase": pour avoir accès à tous les commentaires, il faut cliquer sur un onglet, puis sur un lien spécifique. 


Bref, le site rend la navigation plus difficile à ceux qui recherchent l'exhaustivité des commentaires, pour privilégier les commentaires achats vérifiés. 

Si les achats vérifiés sont à ce point mis en évidence, cela complique évidemment la tâche des auteurs autoédités, puisque aucun des ebooks ou livres envoyés à des lecteurs ou blogueurs et commentés sur le site n'apparaissent sous ce fameux label.

Il existe à ma connaissance trois manières de contourner le problème:

- celle qu'Amazon préfère, puisque ça leur rapporte de l'argent: envoyer un coupon d'achat aux lecteurs ou blogueurs en échange d'un commentaire, ce qui s'assimile tout de même très nettement au fait de payer pour se faire commenter
- faire en sorte de mettre votre livre gratuit en le mettant gratuit sur les autres plates-formes, puis en demandant à Amazon France de s'aligner sur les prix, et ne demander qu'après-coup à des lecteurs ou blogueurs de le télécharger, puis de le commenter: quand un ebook gratuit est téléchargé, puis commenté, le commentaire apparaît en effet sous la mention "achat vérifié"
- utiliser les jours de gratuité KDP Select, ce qui revient à mettre votre ebook en exclusivité pendant au minimum trois mois sur Amazon, ce qui ravira Amazon mais pas forcément la concurrence

A titre personnel, vous l'aurez deviné, on ne peut pas dire que je sois satisfait du changement. 

Je comprends la nécessité de lutter contre les faux commentaires, mais j'aurais préféré qu'Amazon fasse apparaître les achats vérifiés en premier, sans pour autant nous forcer à aller dans l'onglet "tous les commentaires" ("all reviews") pour bénéficier de l'exhaustivité.

Là, on a l'impression qu'une bonne partie des commentaires sont purement et simplement rayés de la carte.

Et bien sûr, pour les lecteurs disant: "de toute façon, je ne lis jamais les commentaires", rien ne changera je pense: ils ne seront pas incités à en lire davantage.  


[EDIT 24/10/2016] : Amazon Etats-Unis est revenu à l'état antérieur pour ce qui est des commentaires. Merci de ne pas tenir compte des infos développées dans ce billet.

Article lié: Commentaires Amazon : rétropédalage

lundi 20 juin 2016

Exclusivité et autoédition: ma réaction à l'article du site Autoéditeur.com

Cyril Godefroy a fait paraître un article intéressant sur les risques de l'exclusivité, en mettant en relief les manœuvres parfois brutales de l'acteur numéro un dans le domaine des ebooks, Amazon, et ce à différents niveaux. Je poste ici ma réaction, après avoir commenté l'article directement.

L'article de Cyril est ici

Ceux qui connaissent mon blog ne verront sans doute rien de bien nouveau dans mon argumentaire. Cela dit, l'information est tellement volatile sur le net, que même répétée, elle peut avoir son utilité.

Il faut rappeler que même d'un point de vue business pur, la solution de passer en exclusivité par Amazon n'est pas forcément gagnante pour les auteurs.

En fait, on pourrait même dire que pour 95% des auteurs, en l'occurrence ceux qui ne sont pas adeptes du marketing et n'ont pas les chiffres de ventes suffisants pour que leurs ebooks deviennent visibles dans Kindle Unlimited, KDP Select et KU, non seulement ne servent à rien, mais réduisent plus encore leur visibilité, en les empêchant d'être présent ailleurs que sur Amazon, où ils ne sont déjà pas visibles.

Seuls les auteurs qui ont mené des expérimentations et comparé leurs chiffres de vente peuvent dire si oui ou non, il vaut mieux pour eux passer par KDP Select (l'option d'exclusivité d'Amazon).

Les meilleures ventes grâce à KDP Select n'ont rien d'automatique. Il y a plusieurs choses qui font la popularité de l'exclusivité Amazon, mais ce ne sont pas forcément les "bonnes" raisons:

- facilité de publication lié à l'interlocuteur unique et paresse de l'auteur
- de nombreux auteurs qui choisissent KDP Select sont des auteurs anciennement publiés par l'édition traditionnelle, ou qui avaient ou ont le projet de trouver un éditeur, et ne veulent avoir qu'un seul interlocuteur
- méconnaissance des autres plates-formes
- méconnaissance du fonctionnement d'Amazon, et surestimation des avantages de KDP Select
- aura d'Amazon en tant que site n°1 pour la vente de livres et d'ebooks
- possibilité "en trompe l’œil" de retirer ses ebooks de KDP Select au bout de trois mois (possibilité qui, en raison de la première raison, est rarement exploitée)

Il y a aussi, bien sûr, les auteurs qui utilisent KDP Select à bon escient et en tirent profit. Mais même parmi ces derniers, seuls quelques-uns ont vraiment expérimenté sur toutes les plates-formes et savent à quoi s'en tenir. 

Comme le dit très bien Cyril dans son article, on ne peut que constater qu'Amazon profite aussi de la faiblesse et de l'inertie de ses concurrents. 

Ces derniers ont cependant le mérite d'exister, et de rendre de plus en plus visibles certains auteurs indépendants, certes encore trop peu nombreux. 

Les auteurs indépendants doivent savoir miser en nombre suffisamment important sur d'autres sites qu'Amazon s'ils espèrent créer un marché plus diversifié pour leurs œuvres: il ne faut pas tout attendre d'un sauveur unique dont la chaloupe est déjà passablement surchargée.