mardi 13 septembre 2016

Mes livres dans les écoles ?

J'ai beau me définir comme étant agnostique, je n'écarte pas pour autant toute spiritualité de ma vie. Ainsi ai-je appris à tenir compte de certains signes (vent du destin? Souffle d'Aoles?) autour de moi - on pourrait aussi parler d'intuition ou d'association d'idées, mais je crois que ça va plus loin. J'avais déjà remarqué que les enseignants s'intéressaient à mes livres, évoquant à plusieurs reprises, lors de rencontres en dédicace, la possibilité de me déplacer en collège y prêcher ma "bonne parole". Mais l'élément déclencheur de l'article de blog que vous lisez en ce moment a été un email d'un membre d'une association de l'Hérault, Lire et faire lire, qui intervient dans les écoles primaires pour y faire des lectures.

C'est un fait, l'enseignement du français, notamment au collège, a subi de vraies évolutions depuis mon enfance. Sans doute cela est-il dû au moins en partie au fait que les enseignants d'aujourd'hui sont souvent des gens de ma génération. 

L'enseignement trop rigide du collège, l'obligation de lire des textes trop âpres à un âge où les goûts se forment ou se déforment pour la vie, a dû rester en mémoire de certains enseignants, ou en tout cas de certaines personnes travaillant aux programmes de l'Education nationale. 

Ainsi, quand je jette un coup d’œil sur le manuel de français de ma fille, qui vient de rentrer en Sixième, je vois un chapitre sur les Ogres et Sorcières, un autre intitulé Belles et Bêtes, du livre à l'écran, un autre sur les récits de création de la mythologie grecque et de la Bible, un autre sur les monstres antiques, un autre sur l'Odyssée d'Homère, un autre sur le roman d'aventure, avec notamment un passage de Bilbo le Hobbit, de Tolkien, un extrait du Monde Perdu d'Arthur Conan Doyle, et des planches du Temple du Soleil, la BD d'Hergé (oui, Tintin et le capitaine Haddock!)...

De l'incitatif, voire de l'addictif, cela me donnerait presque envie de recommencer ma Sixième!

L'email que j'ai reçu ne faisait cependant pas référence à des collégiens, mais à des écoliers de CM2. 

Je garde en général la confidentialité sur les emails que je reçois, mais celui-ci ne révèle rien de personnel, et constitue, selon moi, un véritable "cas d'école" (oui, le jeu de mots est voulu): 

Je fais partie de l’association « Lire et Faire Lire » (http://www.lireetfairelire.org/). Je lis donc dans les écoles, en particulier dans l’Hérault.
J’ai récupéré via Amazon sur mon Kindle « Une brève histoire d'Ardalia » que je pense lire aux CM2 (éventuellement CM1). Qu’en pensez-vous ?.
Sinon pensez-vous que je puisse lire d’autres livres dont vous êtes l’auteur aux enfants de CM2 ou autres ?

Un intervenant dans les écoles qui lit des récits d'un auteur qu'il a récupéré sur sa liseuse Kindle. Oui je confirme, les choses ont bien changé depuis mon enfance... 

Je lui ai répondu que oui, bien sûr, je n'y voyais aucun inconvénient, Une brève histoire d'Ardalia pouvant être un bon exemple de la manière dont un auteur construit son univers.

Voici la suite de ma réponse:

Vous pouvez même effectuer une corrélation avec le récit de l'Avisé dans le chapitre 1 du Souffle d'Aoles, le passage qui commence par : "C’était une époque dont les plus anciens ne se souviennent que par le récit de leurs ancêtres," afin de montrer comment le fait de bâtir une histoire plus ancienne peut aider à crédibiliser une histoire, à lui donner plus d'assise. 

[Note: je ne lui ai pas dit que ce passage constituait aussi un bon exemple de "mise en abyme": la technique d'incrustation d'une histoire dans une autre peut sembler un peu difficile à aborder pour les plus jeunes, mais il ne faut jamais sous-estimer l'intelligence de nos enfants, et je pense qu'il serait assez simple de leur expliquer la chose à l'aide de poupées russes.] 

Le Souffle d'Aoles, le premier tome du cycle d'Ardalia, se destine quant à lui à un public à partir de 12 ans. Donc, plus pour les cinquième, le héros ayant 16 ans et évoluant tout au long de la trilogie.

J'ai voulu l'écrire pour des personnes qui auraient lu la série Harry Potter et qui souhaiteraient aller plus loin dans l'imaginaire.

Il y a une autre histoire courte que vous pouvez lire aux enfants: "Le Plasmode", une histoire de science-fiction de type expérimentale, qui fait partie de mon recueil Les Explorateurs.

Elle constitue un bon exemple de la manière dont un auteur peut se laisser porter par son imagination, en faisant d'une créature extra-terrestre très originale le protagoniste principal d'une histoire.

Enfin, Source de Jouvence, dans le même recueil, est une nouvelle qui peut aussi attirer les plus jeunes, dans la mesure où l'on parle d'une famille déportée de sa route par des pirates, qui va échouer sur une station spatiale.

Le petit Vens, 8 ans, va se rendre compte que le vieux scientifique qui vit tout seul dans cette station spatiale, entouré de robots, s'intéresse un peu trop à lui.
Source de Jouvence fait partie du recueil Les Explorateurs, mais est aussi vendu de manière individuelle sur Kindle.

Bien à vous,

Alan

Pour les enseignants qui liraient cet article de blog, il faut savoir que je ne suis jamais intervenu en milieu scolaire. 

J'aurais des choses à dire, et notamment sur la manière dont, bien que m'étant lancé dans une histoire d'aliens sur une autre planète, j'ai ancré le roman Le Souffle d'Aoles dans notre propre réalité, avec de nombreux points d'ancrage liés à notre Histoire, et notamment le compagnonnage et le fait de devoir, pour un menuisier, prouver son savoir-faire en réalisant son chef-d’œuvre.  

Si vous souhaitez me voir intervenir dans votre classe, mon tarif est de 250 € hors défraiement par demi-journée d'intervention (paiement d'avance). Vous pouvez me joindre sur mon email, alan1spade [at] gmail.com. 

Enfin, si l'Education nationale est intéressée pour voir figurer ma trilogie Ardalia dans les CDI des collèges, je suis bien sûr ouvert à toute proposition. Je peux même proposer un tarif plus favorable que le tarif habituel, puisque c'est pour la bonne cause... 

Article lié: Auteurs: les interventions hors dédicace

mardi 6 septembre 2016

La Semaine des Auteurs Autoédités

Après Elisabeth Sutton du site Idboox et son initiative concernant l'été des auteurs autoédités, c'est à Cécile Quidé, du groupe Mordus de thrillers sur Facebook, que l'on doit une autre brillante idée pour mettre en valeur les auteurs autoédités. 

L'idée de Cécile est simple: que vous soyez auteur ou lecteur, pendant la semaine du lundi 5 septembre au dimanche 11 septembre, il s'agit de remplacer votre photo de profil Facebook (si vous utilisez ce réseau social) par une photo de livre d'auteur indépendant, ou autoédité. 

Mine de rien, c'est un investissement psychologique assez fort, comme je m'en suis rendu compte en modifiant, non seulement mon profil Facebook, mais aussi ma page d'auteur.

J'ai choisi de promouvoir Boris Tzaprenko et son superbe roman de SF Il Sera pour commencer, hier lundi.

Je continue aujourd'hui avec le brillant thriller d'Azel Bury, La baie des morts, dont l'action se situe en Ecosse, mais où les Vikings jouent aussi leur rôle... Je ne vous en dis pas plus, mais c'est haletant.

J'ai décidé en prime, à partir d'aujourd'hui, de pondre un petit laïus sur chaque livre mis en avant. Suivez ma page Facebook pour voir ce que j'en dis. 

Chacun peut interpréter cette idée "à sa sauce". L'autrice Elen Brig Koridwen a, par exemple, décidé de publier en photo Facebook un nouveau diaporama d'auteurs indépendants par jour. 

Mais comme je le disais, l'initiative n'est pas réservée aux auteurs, bien au contraire! Les lecteurs sont cordialement invités à témoigner de leur soutien sur le réseau social de leur choix! :)

Merci à Cécile pour sa brillante idée!

mercredi 24 août 2016

Les "Giveaways" Amazon... et le rôle de Twitter

Les "Giveaways" sont des tombolas offrant la possibilité aux participants de gagner des objets par tirage au sort, sur simple inscription gratuite. Pour les auteurs, le site offrant le plus de retombées en nombre de lecteurs (surtout avec un livre en anglais) est Goodreads, spécialisé dans les livres, en particulier papier. Mais Amazon Etats-Unis offre aussi aux auteurs de tous pays la possibilité de réaliser des "Giveaways" sur son site .com (mais pas sur le .fr) avec des livres papier. J'ai tenté, depuis mai 2016, de déterminer l'efficacité de ce type de démarche promotionnelle.

Ce qu'il faut tout d'abord savoir sur les Giveaways Amazon, c'est que seules les personnes ayant une adresse postale (physique, donc) aux Etats-Unis peuvent s'y inscrire en tant que participants. 

Ces Giveaways ne concernent pas seulement les livres, mais toutes sortes de produits vendus par Amazon sur son site américain. 

Amazon offre depuis quelques mois aux auteurs américains la possibilité de faire des giveaways sur leurs ebooks. Mais les autres auteurs au niveau international n'ont la possibilité d'offrir leur livre par tirage au sort que sous format papier, et que sur le site américain. 

Il ne faut pas forcément avoir un livre écrit en anglais pour l'offrir aux lecteurs d'Amérique du Nord: pour les auteurs ayant un livre imprimé par Createspace, il suffit d'aller sur la page de son livre broché sur Amazon France et de remplacer l'URL .fr par un .com pour accéder à la version américaine. 

Ensuite, ne restera qu'à faire défiler l'ascenseur (barre verticale) vers le bas pour voir apparaître le cadre "Set up a Giveaway": 


Vous devez alors choisir le mode de sélection des candidats. Le plus à gauche sur l'image ci-dessous est la sélection aléatoire, celle que j'ai utilisée pour mes Giveaways, mais vous pouvez aussi choisir "le nombre chanceux" (un vainqueur, par exemple, tous les 300 participants) ou "les premiers servis" (le ou les premiers qui cliquent gagnent).




On peut choisir d'offrir un ou plusieurs livres. Amazon fait payer aux auteurs qui offrent leurs livres les frais de port en plus du prix du livre.

Les livres que vous offrez, contrairement à ceux de Goodreads, ne peuvent être signés par l'auteur. C'est à la fois un inconvénient et un avantage, puisque les livres gagnés par les lecteurs sont directement fabriqués en impression à la demande par Amazon, et qu'Amazon se charge aussi de les envoyer à l'adresse du gagnant. 

Donc, moins de démarches à effectuer pour les auteurs, mais des livres moins personnalisés pour les lecteurs.

L'auteur va percevoir des royalties sur chaque livre qu'il offre. Bien sûr, l'opération, même en tenant compte des redevances d'auteur, reste un investissement pour l'auteur, car le paiement des redevances, lequel intervient deux mois après l'investissement, ne fait que réduire le coût global.

Mais il faut savoir que si vous choisissez l'une des deux premières options (par exemple pas de gagnant s'il n'y a pas au moins 300 participants) et que vous n'atteignez pas vos objectifs pour la durée du Giveaway, qui est d'une semaine au maximum, Amazon va vous rembourser, et vous ferez une opération blanche.

La "prise de risque" par rapport au nombre de participants escompté est donc minimale, et sur ce coup-là, je n'ai absolument pas eu l'impression qu'Amazon essayait de faire son beurre sur mon dos.

Mais le point crucial de l'affaire, c'est évidemment: quels sont les moyens mis en œuvre par Amazon pour faire connaître ce livre que vous tenez à mettre en avant?

Eh bien, c'est là malheureusement que le bât blesse: Amazon s'appuie avant tout sur Twitter pour mettre en avant ce giveaway. 

En effet, il est impératif de signaler le Giveaway sur Twitter à l'aide d'un hastag de type: #AmazonGiveaway. 

Or la page des Giveaways Amazon sur Twitter ne compte que 32 500 "followers", ou personnes intéressées. Pour tous les produits mélangés.

Quant à la page des Giveaways Amazon sur Facebook, c'est une plaisanterie: seulement 425 "j'aime"!

Alors, 32 500 followers sur Twitter, cela paraît beaucoup, mais il faut savoir qu'une star comme Beyoncé en comptabilise 14,5 millions! Amazon peut donc sans doute mieux faire à ce niveau.

Et à ce sujet, quand vous regardez les tweets de la chanteuse, vous vous apercevez qu'ils ne sont partagés ou aimés qu'entre 20 000 et 40 000 fois, ce qui donne une idée du niveau d'engagement des utilisateurs de Twitter (14,5 millions qui la suivent, mais 40 000 qui participent réellement). 

J'ai donc très vite compris que si je souhaitais mettre en avant mes livres traduits en anglais, il allait falloir que je me crée un compte Twitter exclusivement dédié à mes livres anglais, et que je fasse en sorte "d'engranger du follower", si vous me passez l'expression. 

En effet, j'ai lancé un Giveaway Amazon sur Turquoise Water juste après avoir créé mon compte Twitter, et je n'ai eu que 363 participants, malgré les trois exemplaires offerts. 



Ce qui n'est pas si mal, si l'on considère que les Giveaways de livres sont perdus parmi de nombreux autres produits offerts. 

Comme je demandais 500 participants minimum par livre envoyé (il faut savoir que sur Goodreads, j'ai entre 600 et 700 participants chaque fois que j'offre un livre en langue anglaise), Amazon m'a intégralement remboursé. 

Pour trouver des followers sur Twitter, je suis allé sur les comptes d'auteurs américains connus et moins connus de Fantasy, que j'ai suivis, et en explorant leurs pages, je suis tombé sur des lecteurs de Fantasy, que j'ai suivis lorsqu'ils habitaient aux Etats-Unis. 

Twitter est assez pratique parce que certains utilisateurs définissent leurs centres d'intérêt sur leur profil raccourci, ce qui fait gagner du temps. 

Sans avoir fait appel à aucun service payant, je me suis retrouvé avec plus de 500 followers le mois suivant. Même si j'avais l'impression que chaque auteur était sur Twitter uniquement pour sa promo, j'ai essayé d'animer ma page avec des sujets autres que mes livres pendant cette période (la plupart du temps en tout cas, puisqu'il fallait tout de même que je fasse connaître mes Giveaways). 

J'ai donc lancé un nouveau Giveaway que j'ai annoncé sur ma page Twitter, avec des hashtags non seulement vers Amazon Giveaway, mais aussi vers fantasy, ebooks... 

Le gain en nombre de lecteurs a été faible, alors que j'offrais 3 exemplaires de The Breath: 463 participants. 


Mais comme j'avais abaissé mes critères à un vainqueur pour 300 participants, j'ai tout de même eu un vainqueur.

Vous pouvez notamment mettre comme condition de participation pour les entrants au Giveaway qu'ils vous suivent sur Amazon, ou bien sur Twitter. 

Connaissant l'implication des utilisateurs de Twitter, j'ai plutôt choisi d'être suivi sur Amazon, afin que les participants soient informés de la sortie de mon troisième tome en anglais (qui sort d'ailleurs le 29 août). 

Vous avez aussi le droit d'écrire un message à tous les perdants, message que se chargera d'envoyer Amazon, car vous n'avez pas accès, contrairement à ce qui se fait sur le site Goodreads, aux profils des participants du Giveaway.

J'en ai donc profité pour les informer de l'existence de la version gratuite du livre (The Breath) sous format ebook, en pointant le lien sur lequel ils pouvaient cliquer. 

Malgré cela, le nombre de téléchargements de The Breath est resté stable les semaines suivantes. 

L'expérience a été intéressante dans l'ensemble, mais le fait de ne pas avoir accès au profil des participants du Giveaway est un vrai frein: impossible de tisser des liens avec des lecteurs qui seraient intéressés par votre livre, contrairement à ce qu'il est possible de faire sur Goodreads. 

Par ailleurs, les moyens mis en œuvre par Amazon pour faire la promo de ces giveaways sont dérisoires.

Ce sera malgré tout quelque chose à surveiller dans l'avenir, mais il faudrait qu'Amazon crée un compte Twitter et une page Facebook dédiés aux giveaways de livres (ou d'ebooks s'ils l'autorisent le don d'ebooks ailleurs qu'aux Etats-Unis), avec un nombre de followers ou de personnes qui aiment la page beaucoup plus important pour que ces giveaways puissent vraiment compter dans l'arsenal promotionnel de l'auteur. 

[EDIT 30/08/2016] Découvrez en cliquant sur ce lien un guide pratique en anglais sur les giveaways Amazon.

samedi 13 août 2016

Ardalia: The Flames of the Immolated (Book Three)

The third and last book of the Ardalia trilogy will be released on August 29, and is on preorder. It was a fantastic experience to write this book. I am glad I received suggestions from my readers, who helped me to make the universe of my book more accessible, and especially glad about the working relationship with my editor, Dawn Lewis. 

The great hunt had begun, and the hevelens were the prey. When would it end, and how? Impossible to predict…

With the malian army defeated, the forces of Destruction are laying siege to the Gate of the Canyons and spreading out over the Windy Steppes. For every child of the wind or the water captured and hurled into the Great Rift, a Nylev, a fire-being, is born. Pelmen, Laneth, Lominan and Elisan-Finella must convince the krongos to join them in their desperate struggle, but only a handful of the mineral creatures remain, and Valshhyk, the Immolated, seems unstoppable…

The Flames of the Immolated is the third and final book of the Ardalia trilogy. It includes a map of Ardalia and a glossary, with a description of the various creatures peculiar to its universe, and suggestions for the pronunciation of some words.



  
You can pre-order the ebook at $0.99 or £0.99. It will remain at this price for the whole month of September, before going to its normal price of $5.49 for the US or £4.49 for the UK:





My editor wrote a review of the book and even interviewed me! :) You can find her blog post here.

You may also discover The Flames of the Immolated on Goodreads

Have a Good Read!

mercredi 10 août 2016

Avatar, le dernier maître de l'air

Dès 2010, année de sortie du Souffle d'Aoles, premier tome de la trilogie Ardalia, des lecteurs m'ont signalé une série (d'ailleurs adaptée en cette même année 2010 en film) de type manga, Avatar, le dernier maître de l'air, offrant apparemment de nombreuses similitudes avec Ardalia. Je ne me suis pas renseigné sur le sujet car à cette époque, j'étais en pleine écriture du deuxième tome et je ne souhaitais pas me laisser influencer. Mais aujourd'hui, 10 août 2016, je suis tombé par hasard sur le 17ème épisode de la saison 1 sur France 4, et je confirme que les similitudes sont bien présentes. 

Télégraphie Mentale, c'est le terme utilisé par Mark Twain pour expliquer le processus par lequel deux créateurs peuvent concevoir dans la même période des créations similaires. Ces créations de l'esprit peuvent aussi bien être des œuvres de fiction que des inventions. 

Un peu comme si l'on puisait dans la même source d'inspiration, ou que l'on exploitait le même filon ou la même veine à distance, sans s'être jamais rencontrés en tant que créateurs. 

C'est ce que j'expliquais aux lecteurs que je rencontrais: n'ayant jamais vu aucun épisode d'Avatar, le dernier maître de l'Air, le manga, je ne pouvais pas m'en être directement inspiré. 

L'épisode que j'ai vu aujourd'hui m'a semblé de qualité. J'étais plutôt content que la trilogie soit comparée à cette série, même si l'adaptation en film a apparemment été très décevante. 

Attention, la suite contient des SPOILERS sur mon livre et la série. Si vous préférez vous réserver la surprise de la découverte de l'un ou de l'autre, mieux vaut cesser de lire ici.

J'ai pu constater qu'une première similitude était physique: 


Dans la série Le Maître de l'air à gauche, la tonsure fait penser à celle des moines, et le héros m'a d'ailleurs fait penser dans un premier temps à un moine Shaolin. 

Dans le Souffle d'Aoles, le héros a en fait des cheveux, qui finissent par repousser tout au long des romans.

Les protagonistes ont 4 ans de différence: Aang, le dernier maître de l'air à 12 ans là où Pelmen, le personnage principal du Souffle d'Aoles en a 16.

On remarque une autre différence: les trois narines de Pelmen, à droite.

Si ses trois narines permettent à Pelmen de sentir le vent, ce qui lui est très utile pour toucher sa cible, et lui offrent un odorat plus développé, il est avant tout archer, et n'a aucun pouvoir propre sur le vent. 

En revanche, il rencontrera effectivement des shamans d'Aoles (en référence à Eole, dieu du vent) qui eux, ont des pouvoirs sur le vent. 

Dans le Souffle d'Aoles, on parle plus de vent que d'air, et de la manière dont les hevelens, le peuple du vent, a appris à tirer parti des veguer'en, des plantes spéciales, pour orienter le vent dans les canyons dans lesquels ils vivent. 

Ils parviennent ainsi à propulser des chariots à voile le long des défilés rocheux, mais aussi les ailes des moulins qui font office d'élévateurs, notamment dans la cité d'Alveg, bâtie à flanc de montagne. 

Les ailes d'Aoles de mon roman font penser aux deltaplanes utilisés dans le maître de l'air, et le temple de l'air Boréal, bâti sur une montagne, offre une vraie similitude avec la cité d'Alveg.... et aussi des différences. Ainsi, on ne retrouve pas de statues de type asiatique dans Alveg, et la cité où Pelmen se retrouve à partir du troisième chapitre est connue sous le nom de cité aux mille passerelles. Elle comporte aussi de vastes plates-formes qui lui confèrent un caractère totalement différent de la cité du maître de l'air.

La philosophie qui semble imprégner la série Avatar me semble de type asiatique, là où dans la trilogie Ardalia, c'est avant tout le rapport avec une nature sauvage que j'ai mis en avant - même si les dieux ont aussi leur importance. 

L'univers d'Avatar est aussi de type steampunk: il y a des chars en acier, la propulsion à vapeur a été inventée, ce qui n'est pas du tout le cas dans l'univers d'Ardalia, plus primitif. Le seul métal qui existe est peut être forgé est l'ambreroche, mais il est très rare.

Le peuple du feu est un peuple guerrier utilisant des machines dans Avatar, là où on a affaire à un peuple élémentaire voué à la destruction dans Ardalia. Les deux ont en commun de jouer le rôle du méchant. 

L'aspect complot/investigation/intrigues me semble plus développé dans mes livres (la guerre n'arrive pas tout de suite), là où j'ai vu quelque chose de beaucoup plus direct dans l'épisode d'Avatar. Mais bon, difficile de juger sur un seul épisode.

Dans la série Avatar comme dans la trilogie Ardalia, il y a un peuple de l'eau et de la terre en plus de ceux du feu et de l'air, avec chacun leurs pouvoirs propres. 

Il y avait donc suffisamment de similitudes pour que je m'intéresse à la date de création des deux univers. 

D'après le site Wikipédia, le premier épisode d'Avatar avait été prévu pour novembre 2004, ce qui me fait penser que la série a été créée en 2003 ou 2004. 

J'ai commencé à imaginer mon univers d'Ardalia en 2004, bien que le premier roman ne soit sorti qu'en 2010. On est donc très proche au niveau des dates, ce qui est plutôt troublant.

J'ai trouvé amusant de comparer ces deux expériences de création, et je dirais que les amateurs d'Avatar ne seront pas trop dépaysés en découvrant la trilogie

La trilogie me semble s'adresser davantage à des jeunes adultes qu'à un public de jeunes ado comme le dernier Maître de l'Air, ce qui est aussi une différence notable. Néanmoins, j'en conseille aussi la lecture à partir de 12 ans (et jusqu'à 112!).

En tout cas bonne lecture, ou bon visionnage! :)

PS: la couverture du Souffle d'Aoles a changé depuis 2010:

Couverture de 2010: 



 
Dernière couverture:  


lundi 11 juillet 2016

Choisissez votre terrain

Les généraux n'ont pas attendu Bonaparte ou Wellington pour savoir qu'il valait mieux choisir son terrain avant chaque bataille, plutôt que laisser à l'adversaire l'opportunité de le faire. Si j'en crois mon expérience, il en va de même dans les relations entre auteurs et éditeurs.

De par la maîtrise qu'ont les gros éditeurs sur les réseaux de distribution et de diffusion en librairie, ils se sont mis dans la position de Gardiens du Portail de ces réseaux: ils se sont mis en situation de recevoir des sollicitations de la part des auteurs qui leur soumettent leurs manuscrits. 

Certains auteurs bénéficient de ce que l'on peut appeler une plate-forme de publication: un blog, un site, des réseaux sociaux, ou même, s'ils ont opté pour l'autoédition, un certain nombre de lecteurs, ce qui peut se traduire entre autres par une mailing list, une liste de lecteurs bien remplie. 

Les auteurs autoédités à succès sont, pour des éditeurs qui désirent investir une quinzaine de milliers d'euros dans un nouveau titre, les plus intéressants, car il sera toujours plus facile de revenir sur un investissement si l'on sait qu'un auteur est suivi par un certain nombre de lecteurs. 

Ces auteurs ayant déjà un certain nombre de lecteurs sont-ils pour autant en situation de force lorsqu'ils contactent un éditeur? 

Certainement pas. 

Songez-y: les éditeurs sont entraînés à recevoir des sollicitations diverses et variées. C'est leur terrain de prédilection. Ils y sont en position de force, ne serait-ce qu'en raison du fait qu'à partir du moment où la demande vient de l'auteur, c'est que le besoin vient de l'auteur. 

Alors oui, dans une négo, il y a des moyens de faire comprendre à un éditeur que son intérêt est de nous éditer, et que les deux parties y gagneront. 

Il est vrai, aussi, qu'un éditeur intelligent peut y voir son intérêt sans qu'il soit besoin d'argumenter, et bousculer ses priorités, notamment son planning de publication.

Proposera-t-il pour autant d'emblée un contrat favorable à l'auteur, lui permettant par exemple de conserver les droits sur l'exploitation de la version ebook? Il y a fort à parier que non. Ce n'est pas encore passé dans l'usage, loin de là. 

L'auteur devra d'autant plus se montrer habile dans la négociation qu'il aura sollicité lui-même l'éditeur. 

Les choses seraient sans doute un peu plus favorables à l'auteur si celui-ci pouvait s'appuyer sur un tiers, un agent parfaitement fiable pour représenter ses intérêts. Hélas, les premiers clients des agents sont les éditeurs, et non les auteurs: l'auteur ne pourra donc que rarement se fier à son agent, dans le cas exceptionnel où il soit parvenu à en trouver un en France - ils ne courent pas les rues. 

Mieux vaut donc combattre sur son propre terrain, lorsqu'on est auteur. Ce qui signifie, dans mon esprit, tout faire, dans sa petite entreprise d'autoédition, pour être en position de dire "non". Et surtout, ne pas contacter soi-même les maisons d'édition.

Donc, être autonome financièrement, et n'entrer dans des négos que si c'est l'éditeur qui nous contacte. Parce que si c'est lui qui vous contacte, il se retrouvera dans une situation moins familière pour lui, et moins confortable. Il saura qu'on peut lui opposer un refus, parce qu'on n'a aucun besoin vital de ses services.

Il peut m'arriver de rencontrer un professionnel du livre dont les intérêts semblent concordants avec les miens, par exemple en dédicace. Dans ce cas je lui laisse mes coordonnées. Mais si la personne oublie de me recontacter, je l'oublie aussi. 

Et si un contact se fait, j'enquête sur le professionnel en question. C'est valable aussi pour les maisons de production. Le fait qu'une telle maison ait déjà eu plusieurs procès envers des créateurs serait évidemment un signal d'alerte rouge. 

Si vous êtes en contact avancé avec une maison d'édition et que vous lisiez l'anglais, allez sur le blog de Kristine Rusch, tapez les mots "Deal Breakers", et définissez une liste de clauses que vous n'accepterez pas, et qui feront capoter le contrat en cas de négociations. Il faut être très ferme là-dessus.

Depuis que les auteurs ont le moyen de toucher, de manière simple et rapide, les lecteurs par le truchement de plates-formes telles Amazon, Kobo, et autres, je ne vois plus d'intérêt d'envoyer son manuscrit à un éditeur. Pour la bonne et simple raison que chaque auteur devient sa petite entreprise, et qu'une entreprise ne peut rechercher un partenariat avec une autre plus puissante sans apparaître en tant que solliciteuse, et en situation de faiblesse.

Ce devrait être à ces entreprises de faire l'effort de rechercher et de démarcher des auteurs, dans leur propre intérêt. 

Certaines le font: il existe des cellules de veille chez certaines maisons par rapport aux chiffres de ventes de sites comme Amazon.

Mais c'est encore marginal. 

Et si, me direz-vous, on ne souhaite pas passer par la case autoédition? L'envoi de son manuscrit à un éditeur ne créé-t-il pas d'emblée une situation très déséquilibrée en défaveur de l'auteur? 

Si, bien sûr. Le seul moyen de réduire ce déséquilibre sera de privilégier les petites maisons d'édition. Mais dans mon esprit, les petites maisons d'édition, si elles peuvent être une étape intéressante d'apprentissage du métier, si elles proposent souvent des contrats plus équilibrés, sur des durées de cession plus courtes, ne permettent pas non plus aux auteurs, dans l'immense majorité des cas, de vivre de leur plume.

Il faut être très clair là-dessus. Ce sont des structures plus ou moins fragiles, qui reposent sur des passionnés, qui ont souvent un boulot à côté et qui sont surchargés de travail. Souvent des femmes d'ailleurs.

Si vous avez l'impression que le système n'est pas fait pour faire vivre des auteurs, vous serez dans le vrai. Raison de plus pour vous préparer à mener des batailles particulièrement difficiles, en mettant toutes les chances de votre côté. 

dimanche 26 juin 2016

Science-Fiction Israelo-Palestinienne

En réfléchissant à la résolution du conflit israélo-palestinien, je me suis rendu compte que je bâtissais une histoire de Science-Fiction. Mon idée était de créer un Etat laïque dans les frontières actuelles d'Israël et de la Palestine baptisé PalestIsraël, avec pour mot d'ordre "faites l'amour, pas la guerre". J'assume complètement l'aspect Bisounours de l'idée, parce que c'est justement en réfléchissant à une utopie (bien plus que de l'anticipation, mon idée relève de la Science-Fiction tant les difficultés semblent invincibles) que l'on peut mettre en lumière tous les obstacles qui empêchent sa réalisation. 

Plus de murs, plus de clôtures, et un seul pays, que se partagent les Israéliens et les Palestiniens: l'idée m'est peut-être venue en réaction à l'indigne fermeture des frontières de la plupart des pays d'Europe devant l'afflux de réfugiés, en particulier Syriens. 

Le conflit entre Israël est la Palestine est en effet tellement endémique que si l'humanité parvenait à le surmonter, elle aurait peut-être accompli un grand pas dans la résolution de tous les conflits.

Je suis donc allé plus loin. Dans cette utopie, PalestIsraël serait un Etat laïque, acceptant les différentes religions. Ces religions seraient donc privées de leur pouvoir décisionnel et politique.

Afin de garantir enfin la paix, afin d'empêcher que le sang ne coule, il faudrait lier les deux pays par le sang. 

Les enfants adultes des familles les plus influentes d'Israël et de la Palestine seraient incités à se rencontrer sur des sites de rencontre pour contracter des mariages. Et ce afin de montrer l'exemple à toutes les autres familles. Eh oui, comme je le disais, "faites l'amour, pas la guerre"!

Les familles israéliennes sans enfant seraient incitées à adopter des enfants palestiniens livrés à eux-mêmes. 

L'idée d'un double enseignement religieux peut sembler folle, en tout cas hautement contradictoire, quand chaque religion prétend être la seule légitime. 

Et pourtant, en contrepartie de l'adoption et du mariage, les enfants, y compris adoptés, auraient droit à l'enseignement des deux religions, l'islam et le judaïsme (ou la religion abrahamique, si l'on préfère) et choisiraient d'eux-mêmes celle qu'ils souhaitent embrasser... ou s'ils font un autre choix.

En France, les religions ont appris à cohabiter. Pourquoi n'en irait-il pas de même en PalestIsraël? 

Cette cohabitation ne peut se faire que si chaque religion apprend à gommer les aspects les plus conflictuels de l'interprétation des textes. 

Ainsi par exemple de la notion de peuple élu de Dieu dans le judaïsme: mal interprétée, cette notion se rapproche fortement de la notion de race supérieure Aryenne. 

Mal compris, le fait qu'un Juif ne puisse être Juif que si sa mère est Juive peut conduire à la fausse idée de "sang juif": comment imaginer qu'il n'y ait pas eu mélange des sangs au fil des nombreuses générations et de la diaspora juive?

De la même manière que les religions doivent faire preuve d'ouverture, il faut aussi que les traditions mettent de l'eau dans leur vin afin de privilégier le "vivre ensemble". 

Il ne s'agit pas de colonialisme, ni d'occidentalisation du mode de vie, ni encore moins de vouloir priver les peuples de leur identité propre. Les repères fournis par la tradition sont indispensables dans une société aussi mouvante que la nôtre. 

Il s'agit simplement d'adapter les traditions pour ne pas devenir leur esclave. 

Je forçais un peu le trait en parlant d'alliances entre familles hébreuses et palestiniennes. Mais qui peut prétendre qu'une Israélienne ne soit jamais tombée amoureuse d'un Palestinien, ou une Palestinienne d'un Israélien? 

Quand le poids de la religion ou des traditions empêche l'union de se faire, c'est à chaque fois une occasion manquée pour la paix entre les peuples.  

Ce n'est pas non plus que je sois anti-religieux. Mais il faut bien reconnaître que des religions, notamment comme le catholicisme et l'islam, ont en commun de frustrer les appétits sexuels. 

L'exemple des prêtres catholiques pédophiles vient évidemment en premier lieu à l'esprit. Mais le fait de promettre le paradis et les vierges dans une autre vie n'est pas beaucoup mieux. 

Le massacre d'Orlando dans une boîte gay par un terroriste se revendiquant d'un islamisme radical, et lui-même gay, selon toute évidence, me paraît dénoter une vraie frustration sexuelle. A ce sujet, on aurait sans doute beaucoup à apprendre des Bonobos (oui, les singes). 

Les responsables religieux ont d'énormes responsabilités dans les guerres et le comportement des gens, mais pour pouvoir assumer ces responsabilités, encore faut-il soi-même se mettre au clair, non seulement avec la sexualité, mais aussi avec les tabous que sont l'homosexualité masculine et féminine.

Une autre démarche essentielle, liée à l'aspect tabou de la sexualité, sera bien sûr de reconnaître beaucoup plus de droits aux femmes. Cela reste plus que jamais d'actualité dans toutes les sociétés, y compris la société occidentale soi-disant évoluée. 

La vraie évolution passera par là, j'en suis persuadé.