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jeudi 7 décembre 2023

Clitoris et religion

 

L'école républicaine est censée être laïque. On n'est pas censé éviter l'enseignement de telle ou telle particularité pour ménager telle ou telle religion. Or, au collège, en biologie, un organe du corps féminin est totalement ignoré : le clitoris. L'organe du plaisir féminin. Ou s'il est mentionné, ce n'est qu'en passant. Cela pourrait être dans le but de ne pas distraire les collégiennes par rapport au travail et à la discipline que cela requiert. Mais moi, je formule ici l'hypothèse que c'est surtout pour ne pas faire de vagues par rapport à la religion, et en particulier à la religion qui décourage le plus le plaisir des femmes, l'islam. Ce qui n'est évidemment pas normal dans un pays laïque.

"Elles le découvriront bien assez tôt" diront certains. "Il y a suffisamment de sexe sur Internet sans encore en parler au collège." Ou encore, "mieux vaut ne pas les distraire avec ça, et en faire de bonnes travailleuses bien disciplinées". Certains diront aussi que ce n'est pas à l'école d'enseigner cela, qu'ils s'en chargent eux-mêmes. Mais le font-ils vraiment? Et comment? 

Comme on le voit, il y a d'autres raisons que la raison religieuse pour éviter de parler du clitoris en classe. Je pense néanmoins qu'une grande majorité de professeurs a reçu une éducation religieuse, et que le tabou du sexe, que j'évoquais dans cet autre article, joue dans la décision de ne pas aborder le sujet. 

Et il y a aussi la crainte, bien sûr, que les parents de confession musulmane ne retirent leur fille du collège sous prétexte que cet enseignement heurte leur morale. Sous-entendu, il est décadent d'évoquer ce sujet. 

Le truc, voyez-vous, c'est que le plaisir féminin, c'est important. Parce que ça dit beaucoup de notre manière de traiter les femmes dans notre société. Cet enseignement du rôle du clitoris, je le juge nécessaire non seulement pour les adolescentes, mais aussi pour les adolescents. Parce que dans un rapport librement consenti, cet organe est fondamental dans la stimulation du désir féminin, et dans ce que l'on appelle les préliminaires. Une femme insuffisamment stimulée va éprouver de la douleur lors du rapport. Pour que les choses se passent bien, il faut donc que les deux partenaires soient au courant du mode d'emploi du clitoris.

Certains professeurs pourraient craindre de se voir traiter de pédophile parce qu'ils dispensent cet enseignement. Pour moi, c'est le contraire. Un pédophile va tenter de profiter de la naïveté de l'adolescente par rapport à son corps. Une ado avertie en vaut donc deux, d'autant que ce type de cours peut justement être l'occasion de discuter de la pédophilie. Vous pensez peut-être que l'inceste est inexistant dans les familles? Ce genre de cours peut aussi aider à détecter cela. 

Il y a aussi le reproche d'introduire de la pornographie à l'école. Là encore, pour moi, c'est le contraire. Ce type de cours peut être l'occasion d'enseigner aux garçons que la fellation, s'ils la réclament à une fille sans contrepartie, équivaut à une demande de soumission. Ce sera le moment d'évoquer le symbolisme du nombre 69, qui est le nombre de la réciprocité et de l'égalité sexuelle.

Sans aller jusqu'aux travaux pratiques, ce type d'enseignement serait l'occasion de mettre nos ados, en quelque sorte, "sur les bons rails" par rapport au respect que chacun doit avoir pour son partenaire. La même empathie que l'on enseigne à la maternelle aux bambins doit être réenseignée au collège. Avoir de l'empathie au moment du rapport, c'est prendre soin du plaisir de sa partenaire, ou de son partenaire. 

Que faire si cela contrevient à l'enseignement de l'islam, et que des élèves s'y opposent? Je pense qu'il faudrait présenter ce cours comme un cours de biologie, de découverte d'une partie importante du corps féminin, et un cours d'éducation sexuelle. Dans un second temps seulement, le professeur pourrait dire qu'il autorise les personnes heurtées par le contenu du cours à sortir, mais en leur demandant d'écouter malgré tout le début pour se faire une idée

Nous vivons en république. Nous devons vivre tous ensemble en tenant compte des sensibilités des uns et des autres. Mais un enseignement le plus complet possible ne saurait en aucun cas être dicté par la peur d'aborder tel ou tel sujet. J'ajouterais que l'école n'est pas forcément là pour ne former que des futurs travailleurs et travailleuses. Elle est là aussi pour former des êtres humains avec un sens de leur responsabilité d'être humain, et avec une conscience éveillée. 

La religion elle-même devrait être un sujet d'étude, comme je l'évoquais dans un autre article, au titre qui pourrait vous paraître paradoxal par rapport à celui-ci, L'école est-elle trop laïque?  Et il y aurait beaucoup à dire sur l'idée selon laquelle le paradis, et donc la notion de plaisir intense, ne saurait exister qu'après la mort. Alors que le clitoris, n'est-ce pas, peut provoquer un plaisir divin de manière tout à fait naturelle, à condition de déculpabiliser les ados, notamment par rapport à la masturbation...

mercredi 31 août 2022

L'Egypte et la science : mort sur le Nil

Le cas de l'Egypte et de sa relation avec la science et la religion me fascine. L'Egypte pré-dynastique existait déjà plus de 5500 ans avant Jésus Christ. Même si l'on compte uniquement l'Egypte dynastique des pharaons, on parle de 3000 ans d'une même civilisation, qui était déjà développée à la base, avec l'écriture et les hiéroglyphes, la navigation, la construction, les mathématiques, l'astronomie. Les Egyptiens n'ont pas inventé la roue, mais ils ont quand même intégré cette découverte, avec leurs fameux chars. Et tout ça 3000 ans avant JC!

Comment ne pas penser qu'il y a des savants égyptiens qui sont sortis du polythéisme, dans toute cette période de 3000 ans? Comment ne pas penser qu'il y a eu des Aristote, des Galilée, des Copernic, des Newton et des Pasteur égyptiens?

Mais que ces gens-là se sont autocensurés? Ou bien qu'ils ont été tués par le pouvoir en place? Ou qu'ils ont fini par être renversés et enterrés dans les sables du désert, comme le pharaon Akhenaton, qui avait avant l'heure instauré une religion se rapprochant du christianisme.

L'impression que ça me donne, c'est que le culte des morts était devenu si dominant avec ces immenses pyramides, que les Egyptiens finissaient toujours par y retourner. Que les travaux consentis avaient été si gigantesques, que tout ceux qui pouvaient menacer les édifices d'une telle foi étaient ressentis comme des barbares.

La science n'a pas pu se développer en Egypte parce que le polythéisme fournissait une explication du monde clés en main, qu'il n'y avait pas besoin d'aller plus loin, et que toute personne qui s'y essayait devenait une menace pour le système, et était éliminée. Un polythéisme nettement tourné vers la mort, comme en témoignent les pyramides et les tombeaux des pharaons. Mais est-ce que tous les Egyptiens avaient naturellement ce culte de la mort, ou bien est-ce qu'il leur était enseigné dès l'enfance? 

Poser la question, c'est y répondre. J'irais jusqu'à dire que ce culte de la mort ne convenait pas forcément à tous les Egyptiens. Pas à ceux qui voyaient des contradictions entre les mythes et leurs observations et déductions au sujet du monde.

Oui, pour citer une certaine Agatha, il y a eu mort sur le Nil...

Tout cela évoque bien sûr l'opposition entre science et religion, et la fameuse affaire Galilée qui opposa ce dernier au tribunal de l'inquisition en 1633. La preuve que la religion catholique n'est sortie de ses errements que très très récemment, avec la réhabilitation par Jean-Paul II, en 1992 seulement, de Galilée.

Et si l'on retourne vers le passé. Les dieux et déesses de la Grèce antiques étaient en proie aux passions. Ils étaient tellement humains, en fait, qu'ils personnifient différents types de personnalités archétypales chez les femmes et les hommes. 
 
Le dieu de l'Ancien Testament était un dieu vengeur, en proie lui aussi aux passions. Il en va de même du dieu du Coran. 
 
Le dieu du Nouveau Testament, adopté en 363 au concile de Lodicée, s'éloigne de ces modèles. Ce qui n'empêche que l'influence de l'Ancien Testament a continué bien au-delà, comme on l'a vu avec l'affaire Galilée, et s'étend jusqu'au monde moderne. La preuve, l'expression "Œil pour œil, dent pour dent", n'est pas encore tout à fait passée de mode. 
 
Mais disons que le Nouveau Testament étant une réforme de l'Ancien, portait en lui-même la possibilité d'autres réformes.
 
Il est plus facile, pour un représentant d'une religion, de se faire passer pour transmettant la parole divine si le dieu dont il est censé porter la parole est un dieu susceptible de passions et de sentiments humains.
 
Si le dieu d'une religion s'éloigne de ces modèles humains, alors, la logique des règles édictées pourra être analysée et justifiée par la raison et non la passion. Et il devient moins facile d'utiliser la parole d'un dieu pour faire bouger les foules d'une manière radicale, parce que cette parole se réfère à des règles ayant leur logique propre. 
 
Cela étant, plus une religion a de règles de vie inflexibles, plus elle va structurer le quotidien des fidèles, plus il sera nécessaire que la religion soit liée au pouvoir pour régler la vie des fidèles, et empêcher tout déviationnisme. Moins le changement et le progrès seront possibles. Moins la parole sera libérée. Plus on interdira les Salman Rushdie. On pense bien sûr à l'islam et à son mode de vie très astreignant (pour les femmes encore plus que pour les hommes), malgré une base de connaissances très développée en Arabie concernant les mathématiques (invention du zéro par les Arabes) et l'astronomie.
 
En Occident, il y a eu des rapports de force avec d'autres traditions, le paganisme, mais aussi le féodalisme, ce dernier étant très lié au pouvoir. Il y a eu la collision avec l'anglicanisme et le protestantisme. Le rejet des idoles. Et du coup, la religion catholique s'est retrouvée parfois éloignée des cercles du pouvoir, et des princes ou un François Ier ont pu prendre des Léonard de Vinci sous leur aile.
 
C'est finalement la laïcité qui a permis à la religion de laisser respirer la science, laquelle a vu son influence s'étendre peu à peu. 
 
L'incompatibilité fondamentale de la science avec la religion, c'est que la science, quant à elle, remet en question ses propres enseignements en cas de nouvelle découverte démontrée par l'observation et l'expérimentation, au point de bouleverser de temps à autre son champ de connaissances. La religion, plus rigide, maintenue en place par son dogme, aussi ancrée que l'est une pyramide, est de ce fait plus rassurante pour les traditionalistes et autres conservateurs.
 
Malgré la puissance de son conservatisme, la civilisation antique égyptienne s'est effondrée, et la vie, qui est mouvement, a continué.

vendredi 18 février 2022

L'école est-elle trop laïque ?

Parfois, il peut être bon de bousculer ce que l'on tient pour acquis, et de remettre en cause le système. L'école, qu'elle soit primaire ou secondaire, est traditionnellement le domaine de la connaissance. Cependant, en refusant d'aborder le domaine de l'inconnaissable et de la métaphysique, en se voulant strictement laïque, l'école ne passe-t-elle pas à côté d'interrogations essentielles pour les jeunes esprits? Si l'un des buts de l'école est de développer l'esprit critique des enfants, pourquoi la philosophie intervient-elle si tard dans l'enseignement (en première)? Est-ce que l'une des entraves à l'éducation ne serait pas, dès le collège, l'insuffisance d'esprit critique à la fois par rapport aux parents et aux enseignants? Et ce, dans le but de discipliner suffisamment les jeunes esprits afin de faire des enfants, avant tout, des travailleurs?


D'où nous vient notre conscience, notre esprit ou notre âme, quelle que soit le vocable employé? Y a-t-il une vie après la mort? Y a-t-il des expériences de vie après la mort? Quel est le sens de la vie? Sa signification? La vie doit-elle avoir un but? Quel est le but de l'école? Quels sont les atouts et limites de la science? De la démarche scientifique? Qu'est-ce que la métaphysique? L'ésotérisme? Quels sont les atouts et limites de la religion? Les notions de bien et de mal sont-elles innées ou acquises? Qu'est-ce que l'empathie? Qu'est-ce que la morale? Quelles sont les principales différences entre les religions? Leurs points communs? Leur histoire, leurs racines? Qu'est-ce que le sacré et le profane? Qu'est-ce que le fanatisme? Le fanatisme peut-il être scientifique? Qu'est-ce que le scientisme? En quoi la science peut-elle s'opposer à la religion? Qu'est-ce que la superstition? La tradition? Le paganisme? L'athéisme? L'agnosticisme?

Voilà des questions importantes. Fondamentales, même. Des questions que peuvent se poser les enfants ou les ados avant d'avoir quinze ans, avant la seconde. Des questions qui peuvent générer de l'angoisse existentielle, en particulier si elles ne sont pas répondues. Des questions auxquelles les parents ou les proches des enfants vont tenter, ou non de répondre à leur manière. De la manière dont les enfants vont y répondre, leur vie sera structurée différemment. 

Un exemple tout bête. Un enfant se met en tête de ne jamais se lever du pied gauche le matin. Cet acte anodin le matin va être l'un des éléments qui va structurer sa vie. Si, en primaire, on ne lui a pas appris ce qu'était la superstition, ou s'il se contente de faire comme ses parents, sans esprit critique, l'enfant va ajouter foi à quelque chose de structurant sans jamais chercher à le remettre en cause. Il sera sans doute plus perméable, ensuite, à toute croyance superstitieuse. Si cette croyance est axée sur la crainte, son jeune esprit n'en sera que plus impressionné. Il sera plus facilement manipulable et endoctrinable.

Je conçois qu'il puisse être compliqué d'enseigner trop tôt l'esprit critique à des enfants, en particulier par rapport à ce que leur enseignent leurs parents. De la même manière, avec toutes les fausses informations qui circulent sur internet, développer l'esprit critique des enfants par rapport aux enseignants peut sembler risqué, voire contre-productif. 

Sans doute faut-il y aller progressivement, en leur montrant les avantages qu'il y a, par exemple, à tirer d'une expérience reproductible. 

A mon avis, il faudrait déjà parler de superstition aux enfants dès la primaire, sans d'ailleurs développer trop fortement la consonance religieuse dans un premier temps. Tout ce qui a trait à la religion, et le rapport de la religion à l'école, peut vite devenir compliqué dès lors que l'on se heurte à l'opinion des parents. L'exemple de Samuel Paty reste bien sûr dans toutes les mémoires.  

Néanmoins, cet exemple ne devrait pas être un frein, mais plutôt une incitation à aborder le problème sous des angles différents. Le but n'étant pas de les faire croire ou ne pas croire, mais de les inciter à réfléchir et à remettre en cause.  Par exemple, plutôt que de s'attaquer aux dessins du prophète, montrer quelles étaient les pratiques superstitieuses dans la religion catholique, pratiques tombées en désuétude. Racheter ses péchés contre monnaie sonnante et trébuchante, par exemple. Et préciser que si ces pratiques sont tombées en désuétude dans la religion catholique, il est possible que d'autres pratiques, ou interdits, finissent par tomber dans d'autres religions.

C'est pourquoi dès la sixième, il faudrait selon moi une initiation à la philosophie et à la théologie. Mais à la théologie non pas pour enseigner des dogmes théologiques, mais pour en enseigner les différents ressorts. Même en littérature, on devrait pouvoir aborder, par exemple, la puissance des allégories ou métaphores bibliques pour impressionner les esprits et les mener vers la foi. 

Il faudrait pouvoir, en quelque sorte, désacraliser le sacré pour l'analyser. Mais par petites touches, et sans forcément poser à chaque fois un regard critique sur l'enseignement religieux. Avec respect, en considérant que cela fait partie de notre passé aussi bien que de notre présent. Comme un archéologue, en fait, ou un historien. 

Et il faudrait bien sûr aborder les limites de la science et de la démarche scientifique, afin de ne pas créer, en quelque sorte, une nouvelle religion où le dieu serait un "deus ex machina". 

Pointer du doigt les limites de la connaissance. Traiter les enfants, finalement, un peu plus tôt comme des personnes responsables, ou en tout cas, des personnes qu'on doit responsabiliser. 

Introduire, également, le féminisme dans l'enseignement. Montrer à quel point, dans la société, à tous les niveaux, aussi bien scientifique que religieux, la société a été calibrée de manière patriarcale. Et pourquoi pas avoir un cours sur le vêtement, qui aborderait les différents aspects du vêtement. L'aspect protecteur purement pratique, contre le froid. L'aspect protecteur par rapport au regard des hommes. Ou au contraire l'aspect révélateur, aguicheur, si l'on souhaite aborder dans son cours la question des pulsions sexuelles et la manière dont le sujet est traité par la société. Le rapport entre vêtement et rang social. Les vêtements de marque et leur influence dans la cour de récré. Je préfèrerais largement que les enfants comprennent les différents rôles du vêtement, plutôt que de leur voir attribuer un uniforme.

Essayer d'écarter ce qui, dans l'enseignement, relèverait du tabou. Car derrière le tabou se cache la peur, et les enfants et ados sont les premiers à la ressentir. Reconnaître les failles et limites de notre enseignement, c'est quelque part se montrer honnête, et sans doute, déclencher une démarche beaucoup plus participative de la part des enfants. 

On devrait bien sûr s'inspirer d'autres modèles éducatifs que le modèle proprement français, essayer de prendre ce qui fonctionne bien ailleurs.

Il est possible que si on s'y prend de la bonne manière, on se retrouve avec moins de jeunes qui soient paumés face à la vie, et donc ils seront moins facilement malléables et endoctrinables. Ils auront plus d'outils intellectuels pour faire face aux mensonges circulant sur les réseaux sociaux. Peut-être faudrait-il aller jusqu'à de l'enseignement psychologique à partir de la seconde, pour démontrer comment on peut se faire manipuler, à différents niveaux, aussi bien par la publicité que par des prédicateurs.

Autre article sur le même sujet : Clitoris et religion

dimanche 26 juin 2016

Science-Fiction Israelo-Palestinienne

En réfléchissant à la résolution du conflit israélo-palestinien, je me suis rendu compte que je bâtissais une histoire de Science-Fiction. Mon idée était de créer un Etat laïque dans les frontières actuelles d'Israël et de la Palestine baptisé PalestIsraël, avec pour mot d'ordre "faites l'amour, pas la guerre". J'assume complètement l'aspect Bisounours de l'idée, parce que c'est justement en réfléchissant à une utopie (bien plus que de l'anticipation, mon idée relève de la Science-Fiction tant les difficultés semblent invincibles) que l'on peut mettre en lumière tous les obstacles qui empêchent sa réalisation. 

Plus de murs, plus de clôtures, et un seul pays, que se partagent les Israéliens et les Palestiniens: l'idée m'est peut-être venue en réaction à l'indigne fermeture des frontières de la plupart des pays d'Europe devant l'afflux de réfugiés, en particulier Syriens. 

Le conflit entre Israël est la Palestine est en effet tellement endémique que si l'humanité parvenait à le surmonter, elle aurait peut-être accompli un grand pas dans la résolution de tous les conflits.

Je suis donc allé plus loin. Dans cette utopie, PalestIsraël serait un Etat laïque, acceptant les différentes religions. Ces religions seraient donc privées de leur pouvoir décisionnel et politique.

Afin de garantir enfin la paix, afin d'empêcher que le sang ne coule, il faudrait lier les deux pays par le sang. 

Les enfants adultes des familles les plus influentes d'Israël et de la Palestine seraient incités à se rencontrer sur des sites de rencontre pour contracter des mariages. Et ce afin de montrer l'exemple à toutes les autres familles. Eh oui, comme je le disais, "faites l'amour, pas la guerre"!

Les familles israéliennes sans enfant seraient incitées à adopter des enfants palestiniens livrés à eux-mêmes. 

L'idée d'un double enseignement religieux peut sembler folle, en tout cas hautement contradictoire, quand chaque religion prétend être la seule légitime. 

Et pourtant, en contrepartie de l'adoption et du mariage, les enfants, y compris adoptés, auraient droit à l'enseignement des deux religions, l'islam et le judaïsme (ou la religion abrahamique, si l'on préfère) et choisiraient d'eux-mêmes celle qu'ils souhaitent embrasser... ou s'ils font un autre choix.

En France, les religions ont appris à cohabiter. Pourquoi n'en irait-il pas de même en PalestIsraël? 

Cette cohabitation ne peut se faire que si chaque religion apprend à gommer les aspects les plus conflictuels de l'interprétation des textes. 

Ainsi par exemple de la notion de peuple élu de Dieu dans le judaïsme: mal interprétée, cette notion se rapproche fortement de la notion de race supérieure Aryenne. 

Mal compris, le fait qu'un Juif ne puisse être Juif que si sa mère est Juive peut conduire à la fausse idée de "sang juif": comment imaginer qu'il n'y ait pas eu mélange des sangs au fil des nombreuses générations et de la diaspora juive?

De la même manière que les religions doivent faire preuve d'ouverture, il faut aussi que les traditions mettent de l'eau dans leur vin afin de privilégier le "vivre ensemble". 

Il ne s'agit pas de colonialisme, ni d'occidentalisation du mode de vie, ni encore moins de vouloir priver les peuples de leur identité propre. Les repères fournis par la tradition sont indispensables dans une société aussi mouvante que la nôtre. 

Il s'agit simplement d'adapter les traditions pour ne pas devenir leur esclave. 

Je forçais un peu le trait en parlant d'alliances entre familles hébreuses et palestiniennes. Mais qui peut prétendre qu'une Israélienne ne soit jamais tombée amoureuse d'un Palestinien, ou une Palestinienne d'un Israélien? 

Quand le poids de la religion ou des traditions empêche l'union de se faire, c'est à chaque fois une occasion manquée pour la paix entre les peuples.  

Ce n'est pas non plus que je sois anti-religieux. Mais il faut bien reconnaître que des religions, notamment comme le catholicisme et l'islam, ont en commun de frustrer les appétits sexuels. 

L'exemple des prêtres catholiques pédophiles vient évidemment en premier lieu à l'esprit. Mais le fait de promettre le paradis et les vierges dans une autre vie n'est pas beaucoup mieux. 

Le massacre d'Orlando dans une boîte gay par un terroriste se revendiquant d'un islamisme radical, et lui-même gay, selon toute évidence, me paraît dénoter une vraie frustration sexuelle. A ce sujet, on aurait sans doute beaucoup à apprendre des Bonobos (oui, les singes). 

Les responsables religieux ont d'énormes responsabilités dans les guerres et le comportement des gens, mais pour pouvoir assumer ces responsabilités, encore faut-il soi-même se mettre au clair, non seulement avec la sexualité, mais aussi avec les tabous que sont l'homosexualité masculine et féminine.

Une autre démarche essentielle, liée à l'aspect tabou de la sexualité, sera bien sûr de reconnaître beaucoup plus de droits aux femmes. Cela reste plus que jamais d'actualité dans toutes les sociétés, y compris la société occidentale soi-disant évoluée. 

La vraie évolution passera par là, j'en suis persuadé.