Pourquoi Trump n'a-t-il pas monté une vraie coalition pour attaquer l'Iran? Pourquoi s'est-il fâché avec ses alliés? Pourquoi envoie-t-il des forces en Iran de manière aussi fragmentaire, espacée dans le temps? Pourquoi impose-t-il des ultimatums à l'Iran, et pourquoi autant? La réponse à ses questions dans mon article de blog, où l'on constate que la stratégie de Trump répond à des objectifs réels.
Tout d'abord, le fait que Trump s'en prenne à l'Iran semble aller à l'encontre de mon hypothèse précédente, selon laquelle Trump est un agent de Poutine. L'Iran est en effet un allié de la Russie de Poutine. Je dois reconnaître que les dégâts infligés à l'Iran pendant tout le mois de mars 2026 sont sans commune mesure avec le fait que Trump ait levé les sanctions sur le pétrole, non seulement sur la Russie, mais aussi, et c'est un vrai paradoxe, sur l'Iran. La stratégie de Trump en Iran ne vient donc pas confirmer qu'il soit un agent de Poutine. Mais elle n'infirme pas cela non plus.
La stratégie de Trump en Iran, comme tout le reste de sa politique, est conditionné par le fait que Trump est un narcissique pervers ayant pour but de se faire un maximum de pognon. On parle ici d'une politique spectacle digne de son ancien show The Apprentice.
Le but d'un narcissique pervers comme Trump est d'être au centre de l'attention en permanence. Pour cela, il lui faut agréger un maximum de pouvoir tout en impactant la vie des autres. Pour agréger un maximum de pouvoir, il lui faut s'affranchir des règles. Pour s'affranchir des règles, il lui faut défaire les anciennes alliances. Et tout ce qui peut ressembler à des institutions, comme l'ONU ou l'OTAN.
Là, déjà, on a la réponse à l'une de mes questions, pourquoi Trump s'est-il fâché avec les alliés historiques des Etats-Unis. Pour gagner en marge de manœuvre. En gros, pour pouvoir faire ce qu'il veut.
Non seulement Trump se donne les moyens d'être au centre de l'attention par sa politique spectacle, mais il veut faire de l'argent. Et cette priorité-là est supérieure pour lui aux échéances politiques, et en particulier aux élections de mi-mandat de novembre 2026.
Influencé par Nétanyahou, il s'est donc lancé dans une véritable guerre contre l'Iran. Pourquoi n'a-t-il donc pas monté de coalition avec les alliés historiques des Etats-Unis d'Amérique? Parce que cela était incompatible avec son objectif précédent, la marge de manœuvre. Trump veut faire à sa façon, selon ses caprices. Mais ça ne veut pas dire faire n'importe quoi. Sa façon, c'est de se faire un maximum d'argent, ne l'oublions pas.
Et voilà pourquoi Trump n'a envoyé ses forces que de manière espacée dans le temps. Parce que ça lui permet de procéder par à-coups. Cela va complètement de pair avec la mise en place de différents ultimatums. Chaque ultimatum crée une séquence temporelle qui donne le temps à des unités ou troupes supplémentaires d'arriver sur le théâtre d'opérations.
Chaque ultimatum est l'occasion pour Trump de se livrer au délit d'initié en empochant une véritable fortune en bourse. On fait dans un premier temps monter la tension au maximum en se faisant passer pour un dingue, avant de déclencher une résolution de cette tension. La guerre, c'est le chaos, mais quand vous avez moyen de diriger ce chaos, vous vous faites un maximum de pognon en bourse.
On se souvient que début avril 2026, les forces aériennes israélo-américaines s'en sont prises à des ponts en Iran. Cela n'est pas du tout un hasard. J'y vois la préparation d'une offensive terrestre.
Ces ponts ne seront pas réparés en deux semaines. Entre le 7 et le 8 avril de cette année, Trump a tout à coup déclaré "négociable" un plan en dix points de l'Iran qui est en fait totalement inacceptable, puisqu'il inclut le départ des troupes israélo-américaines et l'enrichissement de l'uranium par le régime des gardiens de la révolution.
En déclarant ce plan négociable tout juste avant la fin de son ultimatum le plus terrible (en finir avec la civilisation iranienne), il a fait coup triple :
- en faisant baisser le cours du pétrole, ce qui va lui permettre d'en racheter à moindre prix, dans le but d'en revendre dès que la guerre aura repris et que les cours seront au plus haut
- en s'octroyant un délai de deux semaines de soi-disant négociations afin de faire venir de nouvelles troupes
- en faisant libérer le détroit d'Ormuz au prix d'une fin provisoire des bombardements, ce qui reste bien sûr à vérifier, mais lui permet de regagner un peu de crédibilité politique. Militairement, cela tombait bien, car l'on commençait à manquer tout à la fois de munitions et de cibles "légitimes" iraniennes
Et donc, je prédis qu'avant la fin de cette période de deux semaines, vraisemblablement dans une dizaine de jours, soit vers le 18 avril, les Etats-Unis et Israël vont de nouveau bombarder et envoyer des missiles à tout va afin de préparer pour de bon, cette fois, l'invasion au sol. Etant donné le nombre assez faible de troupes, celle-ci sera probablement limitée dans un premier temps. Il faut s'attendre à l'invasion par les Etats-Unis de différentes îles, dont celle de Kharg, et la prise de la ville de Bandar Abbas. Peut-être aussi la ville de Chabahar et l'aéroport de Chahabar-Konarak, qui paraissent accessibles.
Cette stratégie délayée dans le temps permettra de nouveaux mouvements très forts sur le cours du pétrole, avant de faire venir bien davantage de troupes pour "sauver les soldats américains" et terrasser enfin ce régime des gardiens de la révolution. Car il n'y a qu'un changement de régime, qu'on se le dise, qui règlera de manière durable le problème du détroit d'Ormuz.
Le but avec la toute prochaine offensive terrestre (dans une dizaine de jours) étant bien sûr, en faisant en sorte de faire prendre en otage les soldats américains, ou en tout cas de les mettre en péril, de mettre le couteau sous la gorge du Congrès, qui sera forcé d'accorder à Trump un envoi de troupes massif en Iran.
En prévision, beaucoup beaucoup de pognon pour Trump et ses sbires en raison des fluctuations dramatiques à venir sur la Bourse. Encore plus dramatiques qu'un show télévisé.
Pourquoi les Américains ont-ils élu un pervers narcissique comme Trump, qui ne gouverne que par caprice? Peut-être, tout simplement, sont-ils habitués à être gouvernés par des pervers narcissiques en entreprise. Et donc, ça ne leur semblait pas une si mauvaise chose.
Je pense, cela dit, que ce n'est pas la majorité des Américains qui sont dans ce cas. Et donc, que les prochaines élections se solderont par une déconfiture de Trump, même en cas de victoire finale en Iran. Si ces élections de midterm ont bien lieu...
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