Ecriture, édition, livres numériques, science-fiction, fantasy et fantastique (thrillers/polars) sous toutes leurs formes : autant de sujets qui me passionnent et qui font l'actualité de ce blog.
Affichage des articles dont le libellé est corrections. Afficher tous les articles
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vendredi 10 février 2017
Logiciel de correction orthographique en anglais
Juste un petit mot en passant. Pour les personnes qui rechercheraient un logiciel de vérification orthographique/grammaire/syntaxe autre qu'Antidote en anglais, il existe l'Editor de Serenity. Le logiciel semble jouir d'une bonne réputation auprès d'auteurs anglais. Il existe deux versions, une à 55$, l'autre à 75$. Cliquez sur ce lien pour accéder au site de Serenity.
vendredi 1 janvier 2016
Top 10 des articles les plus utiles de ce blog
Mon but en créant ce blog était avant tout de me créer une plate-forme à des fins promotionnelles. Cela peut se comprendre, je suis auteur. Mais je désirais aussi que d'autres puissent y découvrir les articles que j'aurais aimé trouver, moi, en tant qu'auteur à mes débuts. Pour ne pas tomber dans des embûches. Pour me faire gagner du temps. Pour apprendre. Voici donc regroupés les 10 articles qui sont à mon sens les plus utiles pour un auteur, sur les 118 que comporte ce blog. J'en profite bien sûr pour vous souhaiter mes meilleurs vœux, et une excellente année 2016!
Si ce sont des articles pratiques et des tutoriels qui occupent la plus grande partie de ce top 10, c'est parce que ce sont les articles qui ont été les plus commentés, les plus vus et ont donc eu le plus d'impact auprès des lecteurs de ce blog, qui sont en grande majorité des auteurs.
Le combat que je mène depuis un certain temps, celui de prouver, par l'exemple, que l'autoédition est un meilleur choix que l'édition traditionnelle pour un auteur (à l'exception des quelques bestsellers déjà en place dans les grosses maisons) me semble gagné, c'est pourquoi les articles théoriques qui peuvent guider un auteur par rapport au choix entre l'édition traditionnelle et l'autoédition n'interviennent qu'en deuxième partie de classement.
Quand je dis que le combat de l'autoédition me semble gagné, il ne faut pas comprendre que c'est un acquis définitif: chaque nouveau livre autoédité doit bien sûr continuer à faire la preuve qu'il est aussi réussi, sur la forme comme sur le fond, sinon meilleur qu'un livre traditionnellement édité. Il faut continuer à se retrousser les manches pour chaque livre, cela va de soi.
Mais disons que je serais très surpris qu'un auteur puisse fonder son opinion sur la seule lecture de ce blog. Les sources d'information sont tellement diverses et variées de nos jours que je ne peux prétendre, au mieux, qu'être un facilitateur de choix pour une fraction infime d'auteurs.
Disons que si vous êtes vraiment sérieux par rapport à l'écriture, si vous avez réfléchi à la masse de travail que représente un livre, si vous vous êtes rendu(e) compte que vous n'aviez qu'une chance sur mille d'être sélectionné par une maison d'édition, si vous avez compris que cette maison ne publiera votre livre qu'un an ou deux après l'avoir sélectionné, si vous savez que les maisons d'édition ont tendance à mettre en avant en priorité leurs auteurs phares en termes de marketing, si vous avez, finalement, calculé que votre livre n'aura qu'une chance sur mille de rester plus de trois mois en librairie une fois traditionnellement publié, vous en aurez déduit logiquement que la démarche d'envoyer votre manuscrit à un éditeur ne portera ses fruits que dans un cas sur un million.
Et si vous avez de l'expérience dans le domaine de l'écriture, vous n'aurez peut-être pas envie de jouer au loto avec quelque chose qui vous a demandé autant de travail, non?
L'article qui occupe le premier rang dans le classement est un article concernant l'impression à la demande, et ce n'est évidemment pas sans raison eu égard à mon parcours personnel. Malgré son ancienneté, il garde toute son actualité.
J'estime en effet que les marges dégagées par l'impression à la demande sont plus importantes que celles de l'ebook, et selon cette logique, un auteur aura plus de chances d'en vivre en vendant moins de livres.
Mais je concède volontiers que l'impression à la demande est aussi ce qui va demander le plus de travail. Je n'oublie pas que 95% des ventes sur le papier viennent dans mon cas personnel des séances de dédicace indiquées en colonne de droite de ce blog.
Vous êtes libres d'effectuer votre propre classement. Mon évaluation est forcément subjective, car tirée de mon parcours personnel. D'autres expériences seront entièrement différentes.
Si vous êtes auteur et que ce blog vous a aidé à un moment ou à un autre, que vous vous souveniez d'un article en particulier ou non, je vous invite à laisser un commentaire au bas de ce post. N'hésitez pas à poster des liens vers vos articles préférés, s'il y en a!
1. Mon expérience avec Createspace... et Cyberscribe/Ediweb
2. Les étapes de la création d'un ebook 1ère partie
3. Les étapes de la création d'un ebook 2ème partie
4. Retour sur une promo réussie, ou comment les pubs Facebook m'ont donné le coup de pouce nécessaire au moment d'une promo négociée avec la plate-forme Kobo/La Fnac
5. Mon point de vue sur les corrections et réécritures en externe
6. Traduction de romans: attention, terrain miné!
7. Bilan 2010 à 2014, année par année
8. Un rêve, cela peut coûter cher
9. L'illusion de la "diffusion/distribution universelle"
10. Le dépôt-vente en librairie
Comme je suis un grand rebelle et que je me sens à l'étroit dans ces dix articles, je rajoute l'un des articles qui explique le mieux ma position par rapport à l'édition traditionnelle, Une industrie de sommet de pyramide.
Si ce sont des articles pratiques et des tutoriels qui occupent la plus grande partie de ce top 10, c'est parce que ce sont les articles qui ont été les plus commentés, les plus vus et ont donc eu le plus d'impact auprès des lecteurs de ce blog, qui sont en grande majorité des auteurs.
Le combat que je mène depuis un certain temps, celui de prouver, par l'exemple, que l'autoédition est un meilleur choix que l'édition traditionnelle pour un auteur (à l'exception des quelques bestsellers déjà en place dans les grosses maisons) me semble gagné, c'est pourquoi les articles théoriques qui peuvent guider un auteur par rapport au choix entre l'édition traditionnelle et l'autoédition n'interviennent qu'en deuxième partie de classement.
Quand je dis que le combat de l'autoédition me semble gagné, il ne faut pas comprendre que c'est un acquis définitif: chaque nouveau livre autoédité doit bien sûr continuer à faire la preuve qu'il est aussi réussi, sur la forme comme sur le fond, sinon meilleur qu'un livre traditionnellement édité. Il faut continuer à se retrousser les manches pour chaque livre, cela va de soi.
Mais disons que je serais très surpris qu'un auteur puisse fonder son opinion sur la seule lecture de ce blog. Les sources d'information sont tellement diverses et variées de nos jours que je ne peux prétendre, au mieux, qu'être un facilitateur de choix pour une fraction infime d'auteurs.
Disons que si vous êtes vraiment sérieux par rapport à l'écriture, si vous avez réfléchi à la masse de travail que représente un livre, si vous vous êtes rendu(e) compte que vous n'aviez qu'une chance sur mille d'être sélectionné par une maison d'édition, si vous avez compris que cette maison ne publiera votre livre qu'un an ou deux après l'avoir sélectionné, si vous savez que les maisons d'édition ont tendance à mettre en avant en priorité leurs auteurs phares en termes de marketing, si vous avez, finalement, calculé que votre livre n'aura qu'une chance sur mille de rester plus de trois mois en librairie une fois traditionnellement publié, vous en aurez déduit logiquement que la démarche d'envoyer votre manuscrit à un éditeur ne portera ses fruits que dans un cas sur un million.
Et si vous avez de l'expérience dans le domaine de l'écriture, vous n'aurez peut-être pas envie de jouer au loto avec quelque chose qui vous a demandé autant de travail, non?
L'article qui occupe le premier rang dans le classement est un article concernant l'impression à la demande, et ce n'est évidemment pas sans raison eu égard à mon parcours personnel. Malgré son ancienneté, il garde toute son actualité.
J'estime en effet que les marges dégagées par l'impression à la demande sont plus importantes que celles de l'ebook, et selon cette logique, un auteur aura plus de chances d'en vivre en vendant moins de livres.
Mais je concède volontiers que l'impression à la demande est aussi ce qui va demander le plus de travail. Je n'oublie pas que 95% des ventes sur le papier viennent dans mon cas personnel des séances de dédicace indiquées en colonne de droite de ce blog.
Vous êtes libres d'effectuer votre propre classement. Mon évaluation est forcément subjective, car tirée de mon parcours personnel. D'autres expériences seront entièrement différentes.
Si vous êtes auteur et que ce blog vous a aidé à un moment ou à un autre, que vous vous souveniez d'un article en particulier ou non, je vous invite à laisser un commentaire au bas de ce post. N'hésitez pas à poster des liens vers vos articles préférés, s'il y en a!
1. Mon expérience avec Createspace... et Cyberscribe/Ediweb
2. Les étapes de la création d'un ebook 1ère partie
3. Les étapes de la création d'un ebook 2ème partie
4. Retour sur une promo réussie, ou comment les pubs Facebook m'ont donné le coup de pouce nécessaire au moment d'une promo négociée avec la plate-forme Kobo/La Fnac
5. Mon point de vue sur les corrections et réécritures en externe
6. Traduction de romans: attention, terrain miné!
7. Bilan 2010 à 2014, année par année
8. Un rêve, cela peut coûter cher
9. L'illusion de la "diffusion/distribution universelle"
10. Le dépôt-vente en librairie
Comme je suis un grand rebelle et que je me sens à l'étroit dans ces dix articles, je rajoute l'un des articles qui explique le mieux ma position par rapport à l'édition traditionnelle, Une industrie de sommet de pyramide.
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mardi 8 décembre 2015
Mon point de vue sur les corrections et réécritures en externe
Mine de rien, le fait de voir son livre réécrit et amélioré par une maison d'édition, cette idée de franchir un ou plusieurs "paliers de qualité", constitue toujours un facteur de motivation non négligeable pour de nombreux auteurs... et donc, une partie du "fonds de commerce" des maisons d'édition. Quant aux auteurs indépendants dont je fais partie, rien ne nous empêche bien sûr d'externaliser nos corrections. Mais quelle attitude, point de vue et méthode peut-on adopter dès lors qu'il s'agit de corrections?
A l'époque où je travaillais en tant que rédacteur, puis chef de rubrique jeux vidéo pour le magazine PC Team, au début des années 2000, nous avions un secrétaire de rédaction qui faisait plus que de la retouche d'article: souvent au grand dam de notre directeur de publication, il s'engageait dans la réécriture complète de certains articles, et partielle de tous les articles. Entraînant des retards de publication qui faisaient grincer des dents.
Le but? Créer une véritable empreinte éditoriale permettant de dire que tel ou tel article relève d'une entité collective. Une entité collective appelée PC Team à l'époque.
Mes articles n'étaient jamais entièrement réécrits, mais déjà à l'époque, je trouvais ces retouches souvent agaçantes.
Je savais qu'une partie de l'identité de l'individu vient de sa manière de dire le monde, de l'exprimer, et je ressentais dans mes tripes cette dilution de l'identité individuelle au moment de l'intégration de cette entité collective, de cette fameuse ligne éditoriale du magazine.
Lorsque j'ai été amené à quitter PC Team (pour d'autres raisons que celle-ci, je pensais avoir une opportunité ailleurs qui ne s'est pas concrétisée), je me suis mis à rechercher un poste entre deux piges.
L'une de mes pistes m'a amené à une légère réorientation: j'ai postulé pour un poste de secrétaire de rédaction. Mon expérience chez PC Team m'avait déjà conduit à avoir une opinion bien arrêtée sur la réécriture. Ainsi, j'expliquai lors de mon entretien d'embauche ma philosophie, qui serait de respecter au maximum la pensée originale de l'auteur et son style d'écriture, en allégeant les retouches.
Il s'est trouvé que le recruteur recherchait exactement l'inverse, donc l'entretien n'a pas débouché sur un emploi.
Je ne suis pas sûr, avec le recul, qu'il se soit agi d'un échec. Cette affirmation de l'importance de l'auteur portait en germe celui que j'allais devenir, et en particulier, l'auteur indépendant qui était en moi. Ce que le recruteur avait refusé était l'affirmation de mon identité profonde. J'avais tout à gagner à la défendre, et tout à perdre à la renier.
Même en ayant été publié entre 2009 et 2011 par une micro maison d'édition, je n'ai jamais travaillé avec un éditeur pratiquant les corrections et la réécriture. Pour autant, je sais que nous développons parfois le fantasme du Guy de Maupassant ou du Victor Hugo qui, en tant que correcteur dans une maison d'édition, va permettre à notre manuscrit de franchir un ou plusieurs paliers, nous élevant au niveau des plus grands noms.
J'ai aussi fait partie de ceux qui pensent que le simple fait de travailler aux côtés de grands pros va nous aider à nous améliorer. A peu près tous les auteurs souffrent, à des degrés divers, d'un complexe de légitimité de leurs écrits. Stephen King lui-même souffre de ne pas avoir intégré certains cénacles d'écrivains, s'il faut en croire l'auteur Kristine Kathryn Rusch (désolé, je n'ai pas le lien vers l'article exact où elle en parlait).
Et il est vrai que travailler avec d'autres auteurs peut vous aider à vous améliorer, à partir du moment où les critiques sont constructives et ne visent pas à imposer un point de vue, j'allais dire un égo, sur un autre. En ce sens, les forums d'entraide entre auteurs peuvent être d'une aide infiniment précieuse.
J'ai moi-même un jour donné des conseils d'écriture à un de mes pairs, mais je me suis aperçu en voulant le faire à fond que c'était en réalité mon point de vue que j'essayais d'imposer sur le sien. Ma manière de dire les choses. Faute de pouvoir définir une frontière nette entre ce qui relevait de ma personnalité et une correction entièrement neutre et objective, j'ai décidé de ne plus jamais recommencer l'expérience.
Si je me méfie de moi-même en tant qu'auteur-correcteur, vous pensez bien que je me méfie de n'importe quel auteur qui pratique des corrections, qu'il le fasse de manière indépendante ou au sein d'une maison d'édition.
Et je ne parle pas que des grosses maisons d'édition. J'ai récemment appris de source sûre qu'une petite maison que je connais, mais uniquement de l'extérieur, réécrivait des chapitres entiers de livres. Peut-être les maisons qui agissent ainsi devraient-elles se mettre en relation avec des spécialistes en développement personnel.
Encourage-t-on vraiment l'éclosion d'une vraie personnalité, d'une vraie voix en remodelant à tout bout de champ de manière autoritaire? Je ne le crois pas.
S'il est une chose essentielle si l'on veut savoir écrire, c'est de savoir lire. Mon style d'auteur, c'est au travers de mes lectures que je l'ai développé. Par agrégation ou rejet. Des choix personnels, à chaque fois. Qui reflètent l'homme que je suis.
Pour autant, je ne conseille absolument pas aux auteurs de tout faire tout seul. Une vision extérieure sur nos écrits reste indispensable, à la fois sur la forme et sur le fond. Pour des problèmes d'orthographe, de grammaire, de syntaxe, mais aussi de logique, de cohérence, de rythme, de prévisibilité de l'intrigue. De bon sens.
Il existe de nombreux paramètres qui sont objectifs et qui vont nous permettre d'améliorer notre prose.
Ma méthode pour tout ce qui est intrigue et développement de fond d'une histoire consiste à la soumettre à un ou plusieurs lecteur(s) de bon sens, mais pas à un auteur. Il faut bien évidemment connaître la ou les personnes, et la notion de confiance est ici fondamentale.
Pour les problèmes de forme, un logiciel comme Antidote est un outil précieux, à condition d'en identifier les limitations. Cela ne dispense pas de faire appel à un professionnel, mais là encore, attention, car la forme est souvent indissociable du fond.
Si par exemple, à cause d'un problème de syntaxe, la personne qui vous corrige vous suggère une nouvelle phrase, rien n'empêche de faire une ou plusieurs contre-propositions, sous forme de commentaires en renvoyant le texte.
Si vous faites comme moi une traduction de votre propre livre, vous pouvez même prendre les devants en proposant plusieurs expressions et tournures possibles sous la forme de commentaires, afin d'être certain que le sens que vous souhaitez sera présent au final.
C'est l'un des plus grands avantages de l'autoédition: c'est vous qui de toute façon aurez le dernier mot. Et dites-vous bien une chose, c'est que l'écriture ne sera jamais une science aussi exacte que les mathématiques.
C'est bien plus organique que cela. Et c'est tant mieux.
A l'époque où je travaillais en tant que rédacteur, puis chef de rubrique jeux vidéo pour le magazine PC Team, au début des années 2000, nous avions un secrétaire de rédaction qui faisait plus que de la retouche d'article: souvent au grand dam de notre directeur de publication, il s'engageait dans la réécriture complète de certains articles, et partielle de tous les articles. Entraînant des retards de publication qui faisaient grincer des dents.
Le but? Créer une véritable empreinte éditoriale permettant de dire que tel ou tel article relève d'une entité collective. Une entité collective appelée PC Team à l'époque.
Mes articles n'étaient jamais entièrement réécrits, mais déjà à l'époque, je trouvais ces retouches souvent agaçantes.
Je savais qu'une partie de l'identité de l'individu vient de sa manière de dire le monde, de l'exprimer, et je ressentais dans mes tripes cette dilution de l'identité individuelle au moment de l'intégration de cette entité collective, de cette fameuse ligne éditoriale du magazine.
Lorsque j'ai été amené à quitter PC Team (pour d'autres raisons que celle-ci, je pensais avoir une opportunité ailleurs qui ne s'est pas concrétisée), je me suis mis à rechercher un poste entre deux piges.
L'une de mes pistes m'a amené à une légère réorientation: j'ai postulé pour un poste de secrétaire de rédaction. Mon expérience chez PC Team m'avait déjà conduit à avoir une opinion bien arrêtée sur la réécriture. Ainsi, j'expliquai lors de mon entretien d'embauche ma philosophie, qui serait de respecter au maximum la pensée originale de l'auteur et son style d'écriture, en allégeant les retouches.
Il s'est trouvé que le recruteur recherchait exactement l'inverse, donc l'entretien n'a pas débouché sur un emploi.
Je ne suis pas sûr, avec le recul, qu'il se soit agi d'un échec. Cette affirmation de l'importance de l'auteur portait en germe celui que j'allais devenir, et en particulier, l'auteur indépendant qui était en moi. Ce que le recruteur avait refusé était l'affirmation de mon identité profonde. J'avais tout à gagner à la défendre, et tout à perdre à la renier.
Même en ayant été publié entre 2009 et 2011 par une micro maison d'édition, je n'ai jamais travaillé avec un éditeur pratiquant les corrections et la réécriture. Pour autant, je sais que nous développons parfois le fantasme du Guy de Maupassant ou du Victor Hugo qui, en tant que correcteur dans une maison d'édition, va permettre à notre manuscrit de franchir un ou plusieurs paliers, nous élevant au niveau des plus grands noms.
J'ai aussi fait partie de ceux qui pensent que le simple fait de travailler aux côtés de grands pros va nous aider à nous améliorer. A peu près tous les auteurs souffrent, à des degrés divers, d'un complexe de légitimité de leurs écrits. Stephen King lui-même souffre de ne pas avoir intégré certains cénacles d'écrivains, s'il faut en croire l'auteur Kristine Kathryn Rusch (désolé, je n'ai pas le lien vers l'article exact où elle en parlait).
Et il est vrai que travailler avec d'autres auteurs peut vous aider à vous améliorer, à partir du moment où les critiques sont constructives et ne visent pas à imposer un point de vue, j'allais dire un égo, sur un autre. En ce sens, les forums d'entraide entre auteurs peuvent être d'une aide infiniment précieuse.
J'ai moi-même un jour donné des conseils d'écriture à un de mes pairs, mais je me suis aperçu en voulant le faire à fond que c'était en réalité mon point de vue que j'essayais d'imposer sur le sien. Ma manière de dire les choses. Faute de pouvoir définir une frontière nette entre ce qui relevait de ma personnalité et une correction entièrement neutre et objective, j'ai décidé de ne plus jamais recommencer l'expérience.
Si je me méfie de moi-même en tant qu'auteur-correcteur, vous pensez bien que je me méfie de n'importe quel auteur qui pratique des corrections, qu'il le fasse de manière indépendante ou au sein d'une maison d'édition.
Et je ne parle pas que des grosses maisons d'édition. J'ai récemment appris de source sûre qu'une petite maison que je connais, mais uniquement de l'extérieur, réécrivait des chapitres entiers de livres. Peut-être les maisons qui agissent ainsi devraient-elles se mettre en relation avec des spécialistes en développement personnel.
Encourage-t-on vraiment l'éclosion d'une vraie personnalité, d'une vraie voix en remodelant à tout bout de champ de manière autoritaire? Je ne le crois pas.
S'il est une chose essentielle si l'on veut savoir écrire, c'est de savoir lire. Mon style d'auteur, c'est au travers de mes lectures que je l'ai développé. Par agrégation ou rejet. Des choix personnels, à chaque fois. Qui reflètent l'homme que je suis.
Pour autant, je ne conseille absolument pas aux auteurs de tout faire tout seul. Une vision extérieure sur nos écrits reste indispensable, à la fois sur la forme et sur le fond. Pour des problèmes d'orthographe, de grammaire, de syntaxe, mais aussi de logique, de cohérence, de rythme, de prévisibilité de l'intrigue. De bon sens.
Il existe de nombreux paramètres qui sont objectifs et qui vont nous permettre d'améliorer notre prose.
Ma méthode pour tout ce qui est intrigue et développement de fond d'une histoire consiste à la soumettre à un ou plusieurs lecteur(s) de bon sens, mais pas à un auteur. Il faut bien évidemment connaître la ou les personnes, et la notion de confiance est ici fondamentale.
Pour les problèmes de forme, un logiciel comme Antidote est un outil précieux, à condition d'en identifier les limitations. Cela ne dispense pas de faire appel à un professionnel, mais là encore, attention, car la forme est souvent indissociable du fond.
Si par exemple, à cause d'un problème de syntaxe, la personne qui vous corrige vous suggère une nouvelle phrase, rien n'empêche de faire une ou plusieurs contre-propositions, sous forme de commentaires en renvoyant le texte.
Si vous faites comme moi une traduction de votre propre livre, vous pouvez même prendre les devants en proposant plusieurs expressions et tournures possibles sous la forme de commentaires, afin d'être certain que le sens que vous souhaitez sera présent au final.
C'est l'un des plus grands avantages de l'autoédition: c'est vous qui de toute façon aurez le dernier mot. Et dites-vous bien une chose, c'est que l'écriture ne sera jamais une science aussi exacte que les mathématiques.
C'est bien plus organique que cela. Et c'est tant mieux.
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