Ecriture, édition, livres numériques, science-fiction, fantasy et fantastique (thrillers/polars) sous toutes leurs formes : autant de sujets qui me passionnent et qui font l'actualité de ce blog.
Il y a parfois un fond de vérité dans les clichés, et celui du Français râleur qui ne voit que le verre à moitié vide s'oppose, dans mon esprit, à celui de l'Américain qui consacre une journée, Thanksgiving, à remercier l'univers pour ce qu'il a. Je trouve ces temps de pandémie propices à l'introspection, et je me rends compte que je suis partagé entre ces deux tendances. Je réalise aussi que des facteurs non négligeables dans mon adolescence et dans mes choix professionnels m'ont fait prendre un chemin dont la pente naturelle est celle de l'amertume.
Si nous étions des êtres rationnels, la gratitude devrait largement l'emporter sur l'envie de se plaindre au sujet du covid-19. En effet, le fait d'arriver à développer, autoriser et produire en un an au moins deux vaccins efficaces à plus de 90% contre le coronavirus, là où cela prend dix ans d'habitude, devrait nous conduire à éprouver de la gratitude tous les jours pendant au moins les dix prochaines années. Et pourtant, je reconnais que j'ai été le premier à dénoncer les lenteurs de l'Europe à produire et distribuer ces fameux vaccins.
J'avais l'impression qu'en temps de guerre, il était plus facile de produire des armes que des vaccins en temps de paix. Et c'est vrai que le fait de voir le nombre de décès s'accumuler, quand on a l'impression que c'est évitable, est difficile à supporter.
Notons toutefois que même les Américains, Joe Biden en tête, n'ont pas toujours été parfaitement satisfaits de la cadence de production des vaccins.
Faut-il, alors, adopter la fameuse "pensée positive" ou bien conserver tout notre esprit critique? Le fait d'être capable de voir ce qui ne va pas autour de nous peut permettre de dénoncer les choses pour ensuite aboutir à quelque chose de constructif.
En revanche, si l'aspect constructif n'est pas au rendez-vous, si on se laisse en quelque sorte déborder par le négatif comme l'intendant du Gondor qui, dans le Seigneur des Anneaux de Tolkien, n'était soumis par Sauron qu'à des images de défaite, alors, il est possible que dans sa vie, on devienne un "loser" au sens propre du terme.
C'est à dire qu'à force de s'attarder sur les pertes autour de nous, ou bien sur les pertes dans notre vie, on ne tiendra plus compte des gains, et on deviendra donc un perdant et non un gagnant, dans ce sens où ces pertes vont miner notre moral et nous empêcher d'agir de manière constructive.
J'avais déjà écrit un article de blog sur le sujet, intitulé Une promesse que je me suis faite. Et récemment, je me suis interrogé. En écrivant La Lettre à moi-même, n'ai-je pas dérogé à cette promesse de ne jamais sombrer dans l'amertume? La lettre s'attarde en effet sur des épisodes traumatiques de mon adolescence, puis de ma vie d'adulte. L'un de mes relecteurs principaux m'avait d'ailleurs formellement déconseillé de la publier sous peine de détruire ma relation avec ma mère et mon frère.
Et pourtant, j'estime que cette lettre, aussi courte soit-elle, m'a à elle seule permis de faire plus de chemin que je n'en avais accompli pendant de nombreuses années. C'est le danger, je crois, de la pensée positive: vouloir se concentrer tellement sur le positif que l'on va oblitérer tout le négatif dans sa vie, au risque de ne pas régler certains problèmes, et de se retrouver emporté par une lame de fond surgie du passé au moment où on s'y attend le moins.
Cette lettre m'a procuré une sorte de recul, de vue d'ensemble sur ma vie qui me faisait défaut. C'est ce qui me fait dire à quel point certaines choses dans mon passé, mais aussi certains de mes choix professionnels, me conditionnent en quelque sorte à l'amertume, si je n'y prends garde. Le journalisme, par exemple. J'ai gardé la fibre de ce métier que j'ai pratiqué entre 1996 et 2004. C'est une profession où il est presque obligatoire de voir le verre à moitié vide, le train qui n'arrive pas à l'heure... ou les bugs ou défauts dans un jeu vidéo.
Le métier d'auteur à temps plein, c'est encore un cran au-dessus dans le risque de sombrer dans l'amertume. L'investissement personnel est tel, et les retombées financières si légères que l'enrichissement est avant tout personnel. Et certainement, cet état de fait m'aurait fait basculer vers le côté amer de la Force, si je n'avais choisi l'autoédition, qui quant à elle, permet de se contenter de petites victoires, et de ne mesurer son succès qu'avec une aune faite maison, et non celle d'autrui. C'est fondamental au niveau du mental, comme dirait l'autre.
Dernièrement, une prof qui réalise une thèse sur l'édition et l'autoédition me demandait si je souhaitais continuer à autopublier mes propres ouvrages, ou au contraire si je cherchais à être publié par un éditeur traditionnel. A quoi j'ai répondu: Plus que jamais, je continue l'autopublication. Toujours pour les mêmes raisons d'indépendance, et parce que l'autoédition vient de me prouver que même dans des circonstances dégradées, elle me permettait de survivre.
Mais il est vrai que mon passé et les connaissances acquises peu à peu me font approcher le secteur artistique de manière ultra précautionneuse, comme si je souhaitais n'y tremper qu'un orteil. C'est ainsi que dans ce blog, j'ai écrit pas mal d'articles de mise en garde sur ce secteur, et d'indices sur la manière de se protéger:
Et le présent article, et d'autres encore, que je n'ai pas cités. Le sous-titre de ce blog pourrait presque être: "je suis artiste, et je me soigne!" Ou en tout cas, je tente de mettre en garde contre les aspects pervers de la profession, tout en sachant bien sûr que sans artiste, on s'ennuierait ferme, et que ça englobe des métiers magnifiques.
Si vous ne devez lire qu'un de ces billets, que ce soit Mortelle célébrité, mais tous témoignent en quelque sorte de ces tiraillements entre le besoin d'une certaine notoriété artistique qui permette de vendre plus facilement et la réalité du terrain, dont j'essaie de rendre compte à ma manière.
Il ne faut pas y voir, je crois, que du négatif. Si malgré tous ces dangers que je décris, je continue d'avancer dans ce secteur, c'est bien que les récompenses immatérielles font plus que compenser la faiblesse des récompenses matérielles.
A cet égard, j'éprouve une grande gratitude envers mes lecteurs, et toutes les personnes qui prennent sur leur temps pour lire mes livres, et me permettent de réaliser mon rêve.
Cependant, le fait que les gens nous apprécient et apprécient la culture et la lecture ne doit nous conduire en aucun cas, nous autres auteurs autoédités, à oublier la manière dont le secteur des loisirs en général, et celui de la littérature en particulier, est dévalué par rapport à tout le reste. Tous ces articles que j'ai écrits décrivent les pièges que nous nous tendons à nous-mêmes, ceux que nous tendent la société, mais le but est bien un développement sur les deux fronts: aussi bien dans la manière dont nous traite la société que dans la manière dont nous nous traitons nous-mêmes. Les deux aspects sont de toute façon profondément imbriqués, indissociables.
De par ses origines et son évolution, l'être humain a à la fois des gènes de prédateur et de proie. Nous savons que nous avons la possibilité de traquer des proies, mais nous savons aussi que si nous traquons des proies trop grosses, trop puissantes, celles-ci ont la possibilité de se retourner contre nous et de nous dévorer. L'instinct grégaire nous permet de chasser en meute, mais quand ce n'est pas le cas, nous privilégions des tirs d'opportunité sur les cibles que nous jugeons les plus faibles. C'est ce que je nomme le syndrome du supertanker.
Quand on sait qu'un supertanker, l'un de ces grands navires qui transportent du pétrole, va polluer autant qu'au moins un million de voitures, est-ce que vous avez l'impression que les médias, le gouvernement, et même les gens, se déchaînent autant contre les supertankers ou les supercontainers que contre les voitures individuelles à essence ou diesel? Entendons-nous bien: je milite pour les voitures électriques, j'en possède d'ailleurs une à laquelle j'ai consacré ce long article. Mais j'ai beau savoir que chacun doit mettre la main à la pâte pour faire avancer les choses, je ne suis pas dupe. Les principales puissances, celles à qui l'on devrait mettre le plus de pression pour faire changer les choses et enrayer le réchauffement climatique, sont celles qui reçoivent le moins de pression. Au contraire, ce sont les industries pétrolières qui se constituent en lobbies puissants pour que rien ne change, et continuer à recevoir des subventions. En plus de l'argent, elles ont pour cela une arme dont elles usent et abusent, le chantage à l'emploi.
Et pourtant de nos jours, le solaire et l'éolien coûtent de moins en moins cher, à tel point que le nucléaire lui-même n'est plus rentable. On se rend compte que les chocs pétroliers n'ont plus lieu d'être, et qu'ils devraient en toute logique être épargnés à nos enfants, si les bonnes mesures sont prises. Mine de rien, c'est assez rassurant pour l'avenir.
Le mécanisme pervers hérité de nos gènes qui veut que l'on n'ose pas s'en prendre au pouvoir, qu'il s'agisse du gouvernement, de la hiérarchie ou de grandes entreprises, mais que l'on privilégie les plus faibles comme proies potentielles est transposable à de nombreux niveaux dans la société. Vous connaissez le dicton "on ne prête qu'aux riches"? Ce n'est que l'une des illustrations de ce syndrome du supertanker.
Le chômage, par exemple. La connotation péjorative qui s'est attachée au mot "chômage" en fait presque un terme issu de la novlangue. C'est à dire un mot qui n'est pas neutre. Un mot qui culpabilise, qui vous pousse à faire des choix qui ne sont pas toujours en votre faveur. On sait aujourd'hui que les revenus du capital, mais aussi la production issue de machines, rapportent beaucoup plus que ce que coûte le chômage à la société. Mais là encore, l'être humain va identifier les proies les plus faibles. Il ne va pas s'en prendre aux trillions de taxes que ne paient pas les milliardaires, il va préférer qualifier de parasites les gens qui sont au chômage, au RSA, ou même les SDF dans la rue.
Ce syndrome du supertanker, les gens qui sont devenus les plus grands prédateurs dans la société le connaissent bien, et le mettent à profit. Dans les cours d'école, ils ont fait en sorte d'être les caïds qui terrorisent tous les autres, ou les amis de ces caïds. Dans leur vie professionnelle, ils ont le profil de sociopathes manipulateurs et incompétents. Ils sont incapables de prendre les bonnes décisions parce que tout tourne autour d'eux. Comment réussissent-ils? En s'entourant de gens qui ont une vraie conscience professionnelle. Ce sont ces personnes compétentes et consciencieuses qui vont avoir en main, très souvent, le destin de leurs entreprises. Les manipulateurs ont quant à eux un pouvoir de façade basé soit sur l'intimidation, soit sur l'intrigue et le fait de monter les gens les uns contre les autres. Ou les deux.
Ils intimident, parce qu'ils ont compris que pour être inamovibles, ils devaient être le supertanker. On ne s'en prendra pas à eux s'ils sont identifiés comme de gros prédateurs. Ce sont souvent, en réalité, des lâches et des faibles, qui pratiquent soit le harcèlement, soit la manipulation. Leur incapacité à éprouver de l'empathie fait qu'ils génèrent burnouts et arrêts de travail autour d'eux.
Le chantage à l'emploi des gens puissants que j'évoquais en début d'article va faire de ces manipulateurs des bourreaux, et va favoriser la création du fameux triangle de Karpman qui fait des personnes en entreprise soit des bourreaux, soit des victimes, soit des sauveurs. Un triangle qui génère évidemment énormément de stress, de névroses et de situations malsaines. D'autant plus qu'en France, les gens ont souvent l'impression d'être très limités au niveau de la mobilité professionnelle, ce qui a tendance à faire exploser l'usage de psychotropes tels les antidépresseurs et antianxiolytiques.
Si vous-même pensez être victime d'un manipulateur, vous aurez tout intérêt à dresser le profil psychologique de la personne en question, afin de mieux vous en prémunir. A cette fin, je ne saurais trop vous recommander de vous procurer au moins deux ouvrages, et de les lire: Les manipulateurs sont parmi nous, d'Isabelle Nazare-Aga, et Sortir de l'emprise et se reconstruire, de Julie Arcoulin. Attention, ces livres sont traditionnellement édités, c'est à dire qu'en version ebook, ils sont vendus avec des verrous numériques.
Le cinéma est-il l'un des milieux les plus pourris qui soient? Ou bien est-ce au contraire le plus vibrant d'humanité? Est-ce le secteur le plus exclusif? Ou au contraire le plus inclusif? Le Bien et le Mal sont les deux faces d'une même pièce, mais une chose est sûre: entre l'émergence de nouveaux acteurs très puissants dans l'industrie du spectacle comme Netflix et Youtube et l'impact du coronavirus, le cinéma est en train de subir une vraie mutation.
S'il y a une chose que le cinéma sait faire ressortir, c'est l'humanité de ses personnages. Et dans certains cas, dans des films comme Intouchables, d'Olivier Nakache et Éric Toledano (film inspiré d'un roman intitulé Le Second Souffle de Philippe Pozzo Di Borgo) on peut même parler d'humanisme. Le cinéma nous fait vibrer et nous insuffle de puissantes émotions. Il peut être militant, aussi, et changer la société à coups de films comme Erin Brockovich, La liste de Schindler ou Pentagon Papers. Il peut nous faire rêver à un avenir porteur d'espoir malgré d'immenses difficultés, comme dans Interstellar.
On peut être tenté de reprocher au cinéma ses choix jeunistes, et de privilégier, de manière quasi eugéniste, les personnages possédant les plus forts charismes: plus belle gueule, voix la plus marquante, personnalité la plus magnétique, physique le plus séduisant. Ce refus de la vieillesse au point d'aller jusqu'à mutiler les visages et les corps (d'actrices, le plus souvent), à coups de chirurgie soi-disant esthétique.
Mais si l'on fait entrer dans l'équation les figurants, alors le cinéma devient la forme d'art la plus inclusive et populaire: les directeurs de casting ne vont-ils pas parfois démarcher les gens dans la rue pour les recruter pour un film? Quel autre art ne demande aucun CV pour participer à un tournage qui coûte des millions?
Le point commun, malgré tout, que je vois entre le cinéma mainstream et le monde de l'édition traditionnelle, c'est le goulot d'étranglement. Pour le cinéma dans sa forme la plus traditionnelle, celui-ci est dix fois, cent fois plus resserré que dans le monde de l'édition: c'est le nombre de salles en France dans lesquelles le film sera diffusé. Pour l'édition traditionnelle, ce sont les librairies et points de vente de livres.
Ces goulots d'étranglement, par leur nature même, ne peuvent que générer des contraintes et des injustices monstrueuses. Avec en plus, la notion, pour le cinéma, de budget de tournage, qui rend la contrainte temporelle encore beaucoup plus importante que dans l'édition. Chaque minute de tournage coûte beaucoup d'argent.
Ma théorie, c'est que ces entonnoirs ont en quelque sorte canalisé le pouvoir de ceux qui décident qui sera à l'écran et qui sera en librairie. Ils font d'eux, en quelque sorte, des rois et des reines. Des despotes. Ils les invitent à former des systèmes féodaux, des mafias, en instituant de grandes familles du cinéma et de l'édition, des familles où l'on pratiquera l'omerta, la loi du silence sur ce qui se passe derrière le décor. Népotisme, entre-soi, droit de cuissage et consanguinité, c'est un miracle permanent de voir la compétence d'artistes survivre à tout cela. Certains prétendront avec cynisme que le talent des artistes en est justement sublimé. Comme s'il fallait détruire pour créer...
"Dis-moi qui te dirige, et je te dirai qui tu es." Harvey Weinstein était l'un des producteurs les plus puissants aux Etats-Unis avant l'affaire #metoo. En France, on a de grandes figures qui n'ont certes pas été à l'origine de scandales aussi retentissants: notre caïd national, Gérard Depardieu, Catherine Deneuve, Luc Besson... Depardieu est le pote de Poutine le dictateur-empoisonneur, Deneuve s'est élevée vent debout contre le mouvement me too. Luc Besson, quant à lui, est quelque peu retombé de son piédestal depuis quelques années, rattrapé par sa réputation. J'avais d'ailleurs écrit cet article à son sujet.
Quant à la vie quotidienne des acteurs, c'est le darwinisme de la course aux cachets, où il faut jouer des coudes, de débrouillardise et de son réseau au moins autant que de son talent pour s'en sortir. Par rapport au côté humain d'un film comme Intouchables, il y a une vraie dissonance cognitive. En fait, si l'on veut un film qui se rapproche du quotidien des acteurs, il faudra plutôt aller chercher du côté de Revenant. Les comédiens et acteurs devront faire preuve d'à peu près autant de pugnacité et de résilience que le personnage joué par Di Caprio dans Revenant pour s'en sortir. Et d'autant plus s'ils connaissent le succès. Il y a un vrai enjeu à se remettre de son succès, à renaître de ses cendres à la manière de Mickey Rourke dans The Wrestler.
Et les sacrifices ne sont pas que personnels dans ce métier. J'ai déjà évoqué l'amoindrissement de l'espérance de vie des artistes dans mon article Mortelle célébrité. Mais si vous avez la mauvaise fortune d'être enfant de couple d'acteurs, il y a fort à parier que vous serez le premier à trinquer. Pensez Drew Barrymore, pensez Michael Douglas. Les addictions à la drogue, à l'alcool... Les parents acteurs n'ont pas le temps de donner beaucoup d'amour. Si les enfants n'ont pas de parents de substitution, il y a fort à parier qu'ils vont chercher à combler leurs manques de manière chimique dès qu'ils en auront la possibilité. Sans compter que les actrices qui veulent concevoir vont souvent attendre d'avoir au moins 40 ans pour le faire, afin de préserver l'éclat de leur beauté nécessaire (indispensable?) à leur carrière. Une grande différence d'âge avec son enfant n'est pas toujours synonyme de complicité.
Mais les choses bougent. En tant qu'industrie de loisir, le cinéma a été supplanté par le jeu vidéo depuis un bon moment. Et les sociétés technologiques comme Netflix et Google, qui possède Youtube, rebattent les cartes. Ce n'est sans doute pas plus mal. Cela amène beaucoup plus de diversité dans le milieu du cinéma, une dilution du pouvoir, de la même manière qu'Amazon, autre GAFA, a quelque peu démocratisé l'édition en faisant exploser la visibilité d'auteurs inconnus du public.
Il était temps, ça commençait à sentir sérieusement le moisi.
On va me dire, les GAFA concentrent elles-mêmes beaucoup de pouvoir. C'est vrai, et il est possible que comme la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, ces nouveaux acteurs finissent par exploser. Mais les technologies et cet espèce d'immense brassage numérique qui est leur apanage sont là pour rester.
On a beaucoup décrié la surabondance des CGI dans le cinéma, les images générées par ordinateur qui sont l'équivalent en moins statique de Photoshop. Mais si un jour, cela permet à des actrices âgées de continuer à travailler sans passer par le charcutier du coin, ce sera peut-être pas plus mal, non? Le progrès aidant, elles pourraient même envisager de tourner en étant enceinte sans que ça se voie.
C'est sûr, rien ne sera plus comme avant, et peut-être, peut-être est-il permis d'espérer que les belles valeurs de l'humanisme puissent un jour se rencontrer aussi derrière le décor.
D’abord, d’abord, y a l’aîné Lui qui est comme un melon Lui qui a un gros nez Lui qui sait plus son nom Monsieur tellement qu´y boit Tellement qu´il a bu Qui fait rien de ses dix doigts Mais lui qui n´en peut plus Lui qui est complètement cuit Et qui s´prend pour le roi Qui se saoule toutes les nuits Avec du mauvais vin Mais qu´on retrouve matin Dans l´église qui roupille Raide comme une saillie Blanc comme un cierge de Pâques Et puis qui balbutie Et qui a l´œil qui divague Faut vous dire, Monsieur Que chez ces gens-là On ne pense pas, Monsieur On ne pense pas, on prie
Et puis, y a l´autre Des carottes dans les cheveux Qu´a jamais vu un peigne Qu´est méchant comme une teigne Même qu´il donnerait sa chemise A des pauvres gens heureux Qui a marié la Denise Une fille de la ville Enfin d´une autre ville Et que c´est pas fini Qui fait ses p´tites affaires Avec son p´tit chapeau Avec son p´tit manteau Avec sa p´tite auto Qu´aimerait bien avoir l´air Mais qui a pas l´air du tout Faut pas jouer les riches Quand on n´a pas le sou Faut vous dire, Monsieur Que chez ces gens-là On n´vit pas, Monsieur On n´vit pas, on triche
Et puis, il y a les autres La mère qui ne dit rien Ou bien n´importe quoi Et du soir au matin Sous sa belle gueule d´apôtre Et dans son cadre en bois Y a la moustache du père Qui est mort d´une glissade Et qui r´garde son troupeau Bouffer la soupe froide Et ça fait des grands slurp Et ça fait des grands slurp Et puis y a la toute vieille Qu´en finit pas d´vibrer Et qu´on attend qu´elle crève Vu qu´c´est elle qu´a l´oseille Et qu´on n´écoute même pas C´que ses pauvres mains racontent Faut vous dire, Monsieur Que chez ces gens-là On n´cause pas, Monsieur On n´cause pas, on compte
Et puis et puis Et puis il y a Frida Qui est belle comme un soleil Et qui m´aime pareil Que moi j´aime Frida Même qu´on se dit souvent Qu´on aura une maison Avec des tas de fenêtres Avec presque pas de murs Et qu´on vivra dedans Et qu´il fera bon y être Et que si c´est pas sûr C´est quand même peut-être Parce que les autres veulent pas Parce que les autres veulent pas Les autres ils disent comme ça Qu´elle est trop belle pour moi Que je suis tout juste bon A égorger les chats J´ai jamais tué de chats Ou alors y a longtemps Ou bien j´ai oublié Ou ils sentaient pas bon Enfin ils ne veulent pas Parfois quand on se voit Semblant que c´est pas exprès Avec ses yeux mouillants Elle dit qu´elle partira Elle dit qu´elle me suivra Alors pour un instant Pour un instant seulement Alors moi je la crois, Monsieur Pour un instant Pour un instant seulement Parce que chez ces gens-là Monsieur, on ne s´en va pas On ne s´en va pas, Monsieur On ne s´en va pas Mais il est tard, Monsieur Il faut que je rentre chez moi
Jean Castex n'a pas dû lire mon article de blog du 29 octobre 2020. Dans son allocution du 10 décembre, il a omis de dire: "l'auteur Alan Spade avait raison sur son blog. Le reconfinement tel que nous l'avons mis en place était voué à l'échec". Il s'est contenté de reconnaître son échec à demi-mot, en disant: "la partie est loin d'être gagnée", et en confessant que le nombre de contaminations ne baissera pas à moins de 5000 par jour d'ici le 15 décembre. Il devrait lire mon blog, car je l'avais prédit.
Je ne suis pas Nostradamus. Même avec des variables aussi fluctuantes que celles du covid-19, il était aisé de faire cette prédiction en étant presque sûr de la pertinence de celle-ci. Les principales variables qui fluctuent sont:
- le comportement du virus, plus agressif l'hiver car il y a beaucoup moins d'évaporation des gouttelettes, qui restent donc actives dans l'air et contaminantes
- le comportement des Français, qui s'est avéré plus adapté à la situation que je ne l'aurais cru
- les avancées médicales, qui permettent de vider les hôpitaux sur un rythme plus rapide qu'ils ne se remplissent, et en particulier pour les services de réanimation, avec une efficacité, là encore supérieure à mes prévisions
Les deux derniers facteurs, quoique positifs, n'ont pas été suffisants pour faire baisser le nombre de contaminations en dessous de 5000 par jour, en raison de l'ouverture des frontières, de l'ouverture maintenue des collèges, lycées et écoles, d'une activité en télétravail limitée, occasionnant de nombreuses personnes dans les transports en commun, et enfin, du fait que tous les Français n'appliquent pas les gestes barrières, nombreux étant ceux qui se contentent de faire semblant de porter le masque.
Jean Castex s'appuie donc sur la baisse assez modérée des hospitalisations et du nombre de personnes en réanimation pour transformer ce confinement en couvre-feu après 20h00. J'avais prédit que le gouvernement serait forcé de maintenir le confinement, je me suis donc trompé. Mais disons-le tout net, c'est surtout parce que j'ai sous-estimé le cynisme de ce gouvernement, qui préfère maintenir l'économie en faisant courir un risque mortel aux plus âgés et aux plus fragiles.
Rappelons les chiffres les plus importants, ceux que Jean Castex et Olivier Véran n'ont finalement que peu mentionné le 10 décembre: un peu plus de 36 000 morts du covid-19 le 30 octobre 2020, jour du reconfinement, près de 57 000 morts le 10 décembre, jour de l'allocution. Près de 21 000 morts pendant tout le mois du confinement et les dix jours qui ont suivi, c'est beaucoup trop. C'est le chiffre le plus important. La stratégie du gouvernement est inefficace.
C'est inefficace, d'abord parce que Macron s'y est pris trop tard pour reconfiner, comme il l'a reconnu lui-même dans son discours de reconfinement. Il disait qu'il ne reconfinait qu'à plus de 20 000 contaminations par jour, alors que l'Allemagne prenait des mesures importantes à partir de 6000 contaminations par jour. Il affichait ainsi sa faiblesse de président, en cédant aux Français les plus râleurs.
Mais s'il cédait ainsi aux Français les plus râleurs, c'est qu'il n'avait pas mis de contrat en place avec eux: il n'avait su avoir suffisamment confiance en eux, et obtenir suffisamment de confiance de leur part, pour leur promettre de déconfiner le 15 décembre, et se préparer ainsi à la reprise du travail.
Et bien sûr, comme je le disais, les mesures étaient loin d'être suffisamment strictes. S'il avait mis en place des mesures suffisamment strictes, le secteur de la culture, notamment, aurait pu être déconfiné le 15 décembre.
La France, au cours de ce mois et demi de confinement, a connu une mortalité liée au covid similaire à celle des Etats-Unis de Trump, dont les chiffres sont catastrophiques. Les Etats-Unis ont cinq fois plus de population que la France. Donc, 57 000 morts multiplié par cinq, cela fait 285 000. Les Etats-Unis sont aujourd'hui à 292 000. Et ils ont eu Thanksgiving, eux. Nous sommes presque sur le même rythme de mortalité qu'eux, alors même que nous sommes encore en confinement jusqu'au 15 décembre.
Il n'y aurait pas un petit problème? Alors, oui, l'Italie et la Grande-Bretagne ne s'en sont pas mieux sortis que nous. L'Allemagne connaît elle-même un hiver très douloureux. Mais l'Espagne a fait assez nettement mieux que nous. Et l'on peut considérer que c'est la politique européenne dans son ensemble, de toute façon, qui est défaillante. La politique individuelle des Etats de l'Europe, plus précisément, ce qui prouve qu'un fédéralisme Européen suffisamment strict nous aurait été utile en la circonstance.
Avec la possibilité de sortir juste avant Noël, les gens vont se presser dans les magasins. Il n'y aura pas de couvre-feu à Noël, donc possibilité de se rassembler nombreux autour du sapin. Il y aura le couvre-feu pour le réveillon du Nouvel An, mais cela n'empêchera pas ceux qui le souhaitent de se rassembler à 30 dans un même logement pour y faire la fête, à condition de passer la nuit ensemble.
Un fort rebond des contaminations, des hospitalisations, des personnes en réanimation, et des morts me semble inéluctable.
Je vais être franc, même si le gouvernement Macron avait lu mon article de blog du 29 octobre et suivi mes recommandations, même s'il nous avait permis de faire largement redescendre le nombre de contaminations, il aurait dû mettre en place des règles drastiques pour le jour de Noël et celui du Nouvel An. Ce qui n'aurait pas empêché de déconfiner dès le 15 décembre, notez-le bien.
Et je reconnais aussi que ces règles pour ces moments festifs auraient été particulièrement ardues à respecter, et qu'il y aurait sans doute eu un rebond, malgré tout, de l'épidémie. Mais un rebond certainement moins douloureux que celui que nous nous apprêtons à vivre. Le discours à tenir aurait été celui-ci: "oui, le sacrifice que vous demande le gouvernement, celui de Noël et du Nouvel An, est considérable. Mais la lumière est au bout du tunnel. Les vaccins arrivent. Et il nous faut tenir jusqu'à l'arrivée des vaccins."
Et surtout, surtout, nous ne serions pas à près de 60 000 morts en France du covid.
A titre personnel, j'ai perdu une tante, un oncle par alliance (tous deux Belges, preuve de l'échec au niveau européen) et le père de ma belle-sœur, lequel avait déjà une affection respiratoire auparavant. Tous frappés par le covid.
Les maladies mentales sont beaucoup plus répandues dans la société qu'on ne le croit. Souvent, elles sont d'origine génétique. Faut-il intervenir sur les gènes pour les éliminer, comme on le fait avec la procréation médicalement assistée (PMA) pour certaines maladies rares? Avoir recours, donc, à l'eugénisme? Certainement pas, car si les maladies mentales peuvent être toxiques et dangereuses, les gènes qui les transportent sont une condition de notre richesse et diversité génétique.
Dans la sublime série Star Trek: Deep Space Nine, le docteur Julian Bashir, être génétiquement amélioré et supérieurement intelligent, va faire la connaissance de mutants génétiquement améliorés d'un genre bien particulier. En effet, dans les épisodes Probabilités et statistiques (saison 6) et Chrysalide (saison 7), ces mutants s'avèrent souffrir de forme d'autisme et de schizophrénie. Ou en tout cas de maladies mentales. A tel point qu'on pourrait les croire sortis d'un asile.
Ils n'en sont pas moins terriblement sympathiques, et permettent de résoudre de grands problèmes de l'humanité.
Au passage, le personnage de Julian Bashir m'a inspiré mon Docteur Shirba dans ma nouvelle humoristique de Science-Fiction Désastre, tirée du recueil Les Explorateurs.
La série nous met cependant en garde: mettre ces mutants dans des positions de pouvoir, c'est sans doute faire courir l'humanité à sa perte, rien de moins.
Vous voyez où je veux en venir? Dans l'actualité récente, nous avons un président des Etats-Unis, Donald Trump, qui ne semble pas prendre des décisions rationnelles. Par exemple, au moment même où son pays est ravagé par le coronavirus, il s'acharne à prétendre, deux semaines après les résultats de l'élection qui a vu la victoire de son rival Joe Biden, que celle-ci est truquée.
Si on examine sous l'angle de la santé mentale Donald Trump, il souffre en fait de sociopathie, ou désordre de la personnalité antisociale, et remplit à un stade aigu à peu près tous les critères définis par la clinique de Mayo:
- Le mépris du bien et du mal
- Mensonge ou tromperie persistants pour exploiter les autres
- Être impitoyable, cynique et irrespectueux des autres
- Utiliser le charme ou l'esprit pour manipuler les autres à des fins personnelles ou de plaisir
- L'arrogance, le sentiment de supériorité et le fait d'avoir des opinions très arrêtées
- Problèmes récurrents avec la loi, y compris les comportements criminels
- Violation répétée des droits d'autrui par l'intimidation et la malhonnêteté
- L'impulsivité ou l'absence de planification
- Hostilité, irritabilité importante, agitation, agression ou violence
- Manque d'empathie pour les autres et absence de remords pour avoir fait du mal aux autres
- Prise de risques inutiles ou comportement dangereux sans égard à sa propre sécurité ou à celle des autres
- Relations médiocres ou abusives
- Ne pas tenir compte des conséquences négatives de son comportement ou ne pas en tirer les leçons
- Être constamment irresponsable et manquer de façon répétée à ses obligations professionnelles ou financières
Mais ce n'est pas grave, il est juste Président du pays le plus puissant au monde...
Dans un autre genre, Emmanuel Macron, le président français, souffre lui aussi de symptômes proches de la psychopathie, comme l'absence d'empathie, le cynisme, l'absence de remords... C'est moins visible chez Macron, car il est moins excentrique, mais si vous doutez de mon objectivité à son égard, regardez quels sont deux des pays où l'on dénombre le plus de morts du coronavirus au monde: les Etats-Unis avec plus de 252000 morts au 20 novembre 2020, la France avec plus de 47000 morts à la même date, pour une population bien plus réduite que les Etats-Unis. Nous sommes dans le peloton de tête des dix pays avec le plus de morts lié au covid-19, et depuis un moment.
En fait, on a le sentiment que pour avoir une chance d'être président en France, il faut être un animal politique, et que pour être un animal politique, il faut être un tueur. Développez des qualités de sociopathe ou de psychopathe, et vous serez récompensé par la société avec la plus haute fonction existante.
Cela vous semble extrême? Considérons maintenant l'un des fléaux du siècle. Le harcèlement en entreprise. Très souvent, ce harcèlement vient de responsables hiérarchiques qui sont arrivés à ce poste à force de carriérisme, d'opportunisme et, lâchons le mot, de prédation. Eux aussi ont été récompensés du mal qu'ils ont fait avec un beau salaire et des privilèges en veux-tu en voilà.
Si vous dressez le profil psychologique de votre harceleur en entreprise, il y a fort à parier que vous repérerez des traits de sociopathe, et notamment l'absence d'empathie, le cynisme et la manipulation. C'est d'ailleurs un exercice très sain et que je vous recommande afin de vous mettre à distance de la personne en question.
Maintenant, prenons les problèmes domestiques. Le nombre de femmes battues. Mais aussi, l'inceste. Une personne sur dix qui aurait été victime d'inceste dans son enfance, ce n'est pas le signe d'une société qui fait preuve d'une santé mentale rayonnante, il me semble.
Ces différents fléaux sont donc très souvent du fait des hommes. Mieux
vaut être un homme, d'ailleurs, pour être élu président de la
république française. Les femmes présidentes se comptent sur les doigts
de... enfin, sur aucun doigt. Même chose aux Etats-Unis, d'ailleurs.
Ce sont le plus souvent les hommes qui battent ceux ou celles qui sont moins forts physiquement, eux qui exercent la violence psychologique, parce que notre société patriarcale les a placés en position de puissance sans pour autant leur fournir l'éducation adaptée. Et, toujours, en récompensant dans les faits la prédation que cette même société dénonce hypocritement en paroles.
Le mot "caïd", ou "petit caïd", le mot "tyran", le mot "dictateur" se déclinent au masculin, pas au féminin.
Ne faisons pas d'angélisme non plus, il serait faux de dire que les femmes sont incapables de manipulation, de violence psychologique ou physique, ou de prédation. Elles en ont sans doute moins envie, mais elles sont surtout souvent moins en position de le faire.
En fait, ce sont nos gènes qui, pour faire de nous de meilleurs prédateurs, mais aussi des gens plus créatifs, comme on l'a vu dans la série Deep Space Nine, nous ont prédisposés aux maladies mentales. C'est pourquoi l'évolution n'a pas éliminé ces gènes, qui sont également partagés entre hommes et femmes.
Dans ce cadre de la maladie mentale, je me suis intéressé récemment aux mères fusionnelles. Non pas pour rejeter la "faute" sur les femmes, mais parce que cela fait partie du problème. D'ailleurs, si ce sont les gènes les principaux responsables, de quelle faute parle-t-on? Peut-on reprocher à quelqu'un d'avoir hérité de gènes toxiques? N'y aurait-il pas une légère forme d'injustice à le faire?
Les mères fusionnelles, donc, sont décrites par ce très bon article de deux types: les mères étouffantes et les mères peu aimantes. Toutes deux sont qualifiées de manipulatrices et toxiques. Ce qui signifie que vous pouvez avoir une mère qui met de la distance, mais qui sera quand même une mère fusionnelle. Cela peut sembler paradoxal, et notamment avec cette phrase de l'article: Nombreuses sont celles qui se retrouvent face à des thérapeutes parce
que leur mère les a étouffées, absorbées, écrasées de cet amour qui les a
ligotées, toujours ramenées en arrière comme le ferait un cordon
ombilical en bretelle, empêchant le bébé de quitter le ventre maternel. Mais les mères peu aimantes et fusionnelles, cela existe aussi.
A quel point ces mères fusionnelles, d'un genre ou de l'autre, sont-elles courantes dans la société? C'est une question importante, parce qu'au travers de mes recherches sur le sujet, j'ai pu relier ces mères à l'affection connue sous le nom de schizophrénie.
Ce trouble mental qu'est la schizophrénie est d'une grande complexité, comme vous pouvez le découvrir dans cet article Wikipédia. J'ai eu l'impression en me documentant que la schizophrénie était la mère de pas mal de troubles mentaux, en fait. Par exemple, l'autisme et ses dérivés seraient considérés comme un symptôme de la schizophrénie.
En effet, la schizophrénie qui fait le plus peur, celle dont on refuse de parler et qui est souvent "l'éléphant dans la pièce" dans les familles, la schizophrénie paranoïde, n'est que l'une des formes que revêt ce trouble mental.
En me documentant, j'ai constaté que la science est loin d'avoir tout découvert à ce sujet. Je suis persuadé qu'il existe de la schizophrénie sous des formes atténuées qui échapperont à des tests classiques de psychiatrie, et qui ne vous feront pas envoyer dans un asile.
On remarque bien sûr à quel point cette affection a fait peur à la société dans la répression qu'elle a exercé à l'égard des malades: internement, camisoles de force, électrochocs, lobotomie, neuroleptiques ultra puissants... On a déployé les grands moyens.
On a cru à un moment que la schizophrénie était surtout liée à l'acquis, c'est à dire aux interactions entre la mère et son enfant. Mais les études plus ou moins récentes, comme cette très bonne étude québecoise, démontrent que c'est avant tout une affection d'ordre génétique, héréditaire.
Dans la structure d’une personnalité psychotique, la relation d’objet
est fusionnelle, et il y a déni de la réalité extérieure. Si la mère est
trop fusionnelle, elle ne permet pas l’altérité. Le «je» ne peut se
former qu’en opposition à l’«Autre» Monsieur X interagit soit de façon fusionnelle, soit par l’exclusion; donc excès ou défaut de présence.
Le contact se crée et devient graduellement trop intense, car
fusionnel. Le patient devient «accéléré», s’excite, devient nerveux et
tend soit à se refermer, soit à me questionner sur l’existence et
l’aspect bénéfique de certaines parties de son corps. C’est alors que
j’introduis de fréquentes pauses afin de « défusionner » la relation
avec le patient lorsque celui-ci démontre des signes d’inquiétude face à
la transmutation des parties de son corps ou encore lorsqu’il devient
agité.
Et surtout ceci, très important: À la question concernant comment il se
situe par rapport aux autres êtres humains, incluant moi-même, Monsieur
X a été en mesure de nous placer à l’extérieur de lui-même, sauf pour
ce qui est de sa mère, qu’il a catégoriquement déclarée comme étant à
l’intérieur de lui-même. Cela confirme l’aspect fusionnel de sa relation
à sa mère. «Pourquoi dire “je”, s’il n’y a personne à qui l’opposer? La
mère fusionnelle ne permet pas l’altérité.» (Lacan, 1949)
Jacques Lacan est cité dans l'article, et il ne faut pas hésiter à se documenter sur ses écrits pour en savoir plus.
S'il est aussi important pour moi d'évoquer les mères fusionnelles dans cet article, c'est parce qu'elles représentent un retour aux sources, un retour vers les causes premières de certaines maladies mentales. Retour aux sources, parce que cela nous renvoie à une réalité commune: à l'exception des êtres humains nés dans des couveuses, nous avons tous été fusionnés à une mère, reliés à elle par un cordon ombilical. La problématique de "fusion/défusion" revêt une importance capitale sur le plan mental, me semble-t-il.
Cela dit, je peux me tromper.
Je parlais à un moment de la notion de créativité liée aux maladies mentales. Si vous vous rendez sur la page Wikipédia qui traite des personnalités ayant le syndrome d'Asperger (une variante de l'autisme, elle-même dérivée, donc, de la schizophrénie), vous pourrez lire ceci: Albert Einstein, Isaac Newton, Charles Darwin, William Butler Yeats et Thomas Jefferson entre autres, présentent des traits associés au spectre de l'autisme ainsi qu'une intelligence et une créativité hors normes. Les excentricités du pianiste virtuose Glenn Gould ont souvent été reliées au SA. Plusieurs psychiatres ont conclu que l'ancien champion du monde d'échecs Bobby Fischer était également autiste Asperger.
J'ajouterais à cette liste Elon Musk, qui présente notamment des difficultés d'élocution. Ces différentes personnalités, Einstein, Newton, Darwin, Yeats, Musk, etc. peuvent être considérés comme des locomotives, des gens qui à eux seuls font avancer l'humanité.
Bon, je nuance, quand même. Quelqu'un comme Elon Musk sait s'entourer et ne serait pas arrivé à ce niveau s'il n'avait pas d'excellents collaborateurs à ses côtés. Son hyper agressivité a parfois été un frein, mais souvent, il a su la canaliser pour en faire un atout. S'il parvient à réaliser son rêve de coloniser Mars, son nom restera davantage dans l'Histoire que celui de Christophe Colomb. Mais il a d'autres choses à son actif: Tesla, The boring Company, et... Neuralink.
Et Neuralink, justement, c'est ce qui rend la mention d'Elon Musk si pertinente par rapport à cet article. Neuralink envisage notamment de supprimer des affections comme Alzeimer grâce à des implants dans le cerveau. Mais l'objectif final de Neuralink va plus loin: permettre à l'homme d'absorber et d'échanger de plus grands volumes d'information en interne pour suivre le rythme infernal des intelligences artificielles.
On peut se demander si Neuralink ne sera pas tenté de supprimer des affections mentales comme la schizophrénie. Et elle est là, toute l'ironie savoureuse de la chose: si Elon Musk parvient à nous supprimer le gène de la schizophrénie (ce que je crois impossible), il empêchera l'humanité, dans le futur, de faire naître d'autres Elon Musk. Il n'y aura plus de personnes victimes du syndrome d'Asperger, et capables d'une créativité débridée. Tant il est plus facile de supprimer que de créer ce que la nature, la créatrice la plus fertile, a conçu.
Donc l'eugénisme ne devrait être utilisé que dans des cadres strictement réglementés comme ceux de la procréation médicale assistée, pour éviter des drames familiaux.
Bien meilleure que l'eugénisme, me semble-t-il, serait l'idée, pour chaque individu, de bénéficier d'une
sorte de cartographie génétique remontant sur trois ou quatre
générations -- les gènes peuvent sauter une génération. Savoir de quelles affections génétiques souffrent nos parents ou grands-parents, ou ce que l'on peut léguer à nos enfants peut s'avérer extrêmement précieux. Et pas seulement pour certaines formes de cancer ou les maladies rares.
En effet, à partir du moment où des gènes peuvent influer sur des comportements, de la même manière que vous pouvez vous prémunir, ou anticiper les actes d'un harceleur au bureau en définissant son profil psychologique, de la même manière vous pourrez le faire à la maison. Vous pourrez même essayer d'éduquer vos enfants à l'empathie et de la développer chez eux, car les formes de psychopathie pure, qui interdisent cet apprentissage, sont rares. Vous pourrez aussi travailler sur la mise à distance, y compris sur vous-même.
Et qu'en est-il des auteurs, me direz-vous? Nous autres auteurs sommes-nous tous des malades mentaux, nous aussi? Nous vivons de nos affabulations. Nous manipulons nos personnages, et à travers eux, le lecteur. A la manière des prestidigitateurs, nous détournons l'attention du lecteur pour mieux réaliser nos tours de passe-passe. Nous manipulons aussi les lecteurs par d'autres moyens, et notamment, l'émotion. Certains d'entre nous sont créatifs, ont de l'imagination.
Tout cela s'inscrit en effet dans le champ d'une hétérodoxie mentale. Aliénation serait peut-être un peu fort, mais il n'empêche que le fait de s'incarner dans un personnage peut faire penser au fameux dédoublement de la personnalité, ou en tout cas rendre plus vulnérable aux troubles de la personnalité.
Faut-il pour autant ne jamais s'approcher à moins de cinq mètres des auteurs? Les considérer comme des gens toxiques et peu fiables? Eh bien, demandez-vous quelle est l'intention derrière leurs écrits. S'il s'agit juste de vous distraire, il me semble que cela fait partie des demandes fondamentales de l'humanité, et que nous répondons donc à un besoin, une nécessité.
Il est peut-être plus difficile de juger un auteur par ses actes, parce que souvent, nos actes sont nos écrits, mais cela reste une grille de lecture valable, me semble-t-il.
De manière générale, on pourrait juger les maladies mentales sous le prisme de la bienveillance ou de la malveillance dans le comportement des individus. Manipulation, oui, mais à quelle fin? Qu'est-ce qui relève des gènes, qu'est-ce qui est guérissable ou ajustable? Comment la méditation peut-elle être un meilleur remède que pas mal de médicaments? Comment nos sociétés trop individualistes empirent-elles le mal par l'internement ou d'autres formes punitives? Vaste sujet à explorer.
Nous arrivons à la fin de ce billet de blog. Il y a des articles que vous lisez sur Internet qui d'un seul coup, vous permettent d'envisager le monde sous un autre angle. Ces articles sont précieux. Celui-ci m'a demandé pas mal de documentation et de travail. Je
ne serais pas arrivé à ces conclusions, bien sûr, sans un cheminement
personnel qui a commencé il y a longtemps, mais qui s'est accéléré avec
la rédaction de la Lettre à moi-même.
Si vous trouvez que cet article vous a apporté quelque chose et que vous souhaitiez me récompenser, merci de télécharger la Lettre à moi-même, sur un site payant de préférence (AmazonKoboAppleGoogle).
Vous pouvez aussi la lire, par simple curiosité.
[EDIT 23/11/2020] Le gène de la paranoïa, s'il existe, nous a quant à lui été transmis pour faire de nous, non de meilleurs prédateurs, mais de meilleurs survivants. A l'époque où les premiers hommes évoluaient dans les hautes plaines, ceux qui croyaient que seul le vent faisait bouger les herbes étaient défavorisés par rapport aux plus paranos, qui pensaient que c'étaient des prédateurs.
L'ascension au pouvoir de Donald Trump a été rendue possible par le cynisme des précédents gouvernements aux Etats-Unis, lesquels, en devenant toujours plus corrompus, en trahissant leurs promesses à l'égard des minorités, sont devenus mûrs pour accueillir un sociopathe à la Maison blanche. De la même manière, les gens qui, en France, disent que rien ne va changer sous Joe Biden font preuve de cynisme.
Le cynisme tel que pratiqué par Diogène dans la philosophie grecque prônait la sagesse et la vertu. Mais avec le temps, le sens du mot s'est altéré. Le dictionnaire dit maintenant ceci: "Mépris des conventions sociales, de l'opinion publique, des
idées reçues, généralement fondé sur le refus de l'hypocrisie et/ou sur
le désabusement, souvent avec une intention de provocation."
Par rapport à cette définition, je dirais que ce que j'entends, moi, par le cynisme contient une bonne part de fatalisme pouvant aller jusqu'au désespoir -- ce que le dictionnaire appelle "désabusement". Avec parfois une dose d'humour noir à la Charlie Hebdo. Il engendre chez les gens qui le pratiquent une sensation de supériorité intellectuelle par rapport à ceux qui le refusent.
J'ai écouté le discours de victoire de Joe Biden, et je trouve que c'est le plus beau discours que j'ai jamais entendu d'un homme politique. Vous pouvez accéder à l'intégralité de son discours en cliquant sur ce lien. Un discours d'union, de rassemblement et de bienveillance. Mais pas seulement. C'était la première fois que j'entendais un président américain parler de "racisme systémique" aux Etats-Unis.
Biden, qui se définit comme "le mari de Jo" a été élu par les minorités, et il le sait. Il a fait parler Kamala Harris, sa vice-présidente de couleur, avant lui -- le discours de Kamala n'était pas mal non plus.
S'il n'y a pas de changement aux Etats-Unis avec Joe Biden et Kamala Harris au pouvoir, il n'y en aura jamais. Le changement, de toute façon, est déjà arrivé: il suffisait de voir les foules faire la fête le 7 novembre 2020, jour de la victoire de Biden. Ce changement est déjà arrivé, parce que celui qui fait figure de modèle, c'est désormais le nouveau président élu, et non le clown narcissique, pathétique et infantile de la Maison blanche, qui ne vit que par et pour son ego. Kamala va, avec Michelle Obama, constituer un très beau modèle pour les petites filles, et en particulier les petites filles noires. C'est la première fois qu'on a une vice-présidente à la Maison blanche, bon sang!
La première décision qu'a pris Joe Biden est celle qui va marquer sa présidence: c'est la décision bienveillante de mettre au point une "task force" pour contrer le coronavirus.
J'aurais beau sortir tous les arguments du monde en faveur de Joe Biden, je sais la réponse que me feront certains. "Tu es naïf, Alan", ou bien "Tu vis dans un monde de bisounours".
C'est la réponse classique des cyniques. Des gens désabusés. Des gens qui ont désappris à regarder le monde avec leurs yeux d'enfants. Qui ont désappris l'espoir.
Ce cynisme nous a mené, en France, à élire le président le plus cynique de la Vème République, Emmanuel Macron. C'est à dire que la prochaine étape, si nous continuons sur cette pente, va consister à élire un ou une présidente sociopathe. Nous sommes mûrs pour cela.
Le cynisme va aussi consister à dire: "ce ne sont que les vieux qui meurent du coronavirus", on ne va pas faire de confinement sévère. Ou pas de confinement du tout.
Hé, les gens. Nous avons eu 86 852 contaminés, et avons dépassé les 40 000 morts le jour où Joe Biden a été élu 46ème Président des Etats-Unis. Le 7 novembre. Une semaine après le début du reconfinement. Les lits de réanimation sont occupés à plus de 85% en France. Ce ne sont pas que les vieux qui meurent du covid. Et même si. Elle est où, la bienveillance, elle est où l'empathie? On se tirera de cette épidémie ensemble, ou pas du tout.
Posez-vous la question: y aurait-il eu une Sécurité sociale en France sans un minimum d'espoir, de foi en l'avenir, ou dans les vertus du partage de ressources?
Cela fait déjà une semaine que j'écrivais dans un article que le confinement est voué à l'échec. Le confinement tel que voulu par Macron, en tout cas. Car pas assez strict, loin de là. Il ne définit pas non plus de limite temporelle, ce qui est catastrophique économiquement, mais aussi du point de vue du moral pour les Français, et de l'indispensable bienveillance dont il faut faire preuve. Mais qu'attendre d'autre d'un président aussi cynique que le nôtre? Un président incapable de passer un contrat moral avec les Français, parce qu'il ne leur fait pas confiance -- il préfère la répression.
J'en suis désolé, mais ma voix est trop faible pour que cet article ait porté ses fruits. Il aurait fallu pour cela qu'un nombre massif de gens le partagent sur les réseaux sociaux.
Un grand message d'espoir nous est venu des Etats-Unis. Vous êtes libres d'en ignorer la portée ou la signification. Vous êtes libres de dire que je vois le monde avec des verres de lunettes colorés en rose. Mais je crois bien que le cynisme ne nous mènera nulle part.