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mardi 6 décembre 2022

Vaccination universelle annuelle

La crise du covid 19 pourrait représenter une opportunité: celle de lutter simultanément contre la grippe et contre le covid avec un vaccin unique comprenant les deux injections. Or, on constate que pour l'instant, on n'a même pas le choix de ce "deux en un" sur Doctolib, au moment de la prise de rendez-vous. 

Tout d'abord un petit mot sur la vaccination des personnels soignants. Bien qu'ayant une amie d'enfance infirmière et qui refusait, en septembre 2021, de se faire vacciner, je considère que la vaccination doit être obligatoire pour les personnels soignants. 

Le covid a fait près de 160 000 morts en France en trois ans. Même compte tenu d'un chiffre plus élevé au début quand il n'y avait pas le vaccin, à son rythme actuel, c'est entre un peu moins de 20 000 morts par an et 36 000 morts. Plus les morts annuels de la grippe. C'est trop.

Les chiffres exacts des covid longs sont difficiles à obtenir, mais on est peut-être au-delà des deux millions de personnes affectées en France.

Si vous avez fait le choix de soigner et que vous ne croyez pas suffisamment en la science pour vous faire vacciner, malgré le recul qu'on a maintenant sur les vaccins, malgré toutes les preuves de son efficacité, vous pouvez encore faire votre métier, mais en cabinet privé. Pas dans l'hôpital public, ça me semble clair. Il y a une incompatibilité majeure, car ce qui fonde la médecine, c'est la science. Chaque personnel soignant devrait être au clair par rapport à sa vision de la science et de ce qu'elle peut apporter. Si on refuse les preuves scientifiques, si on préfère aller sur des infos supportées par peut-être 5% des scientifiques, c'est un choix, mais qu'il faut assumer.

Sans état d'urgence permanent, la vaccination universelle annuelle ne peut être obligatoire. Et un état d'urgence permanent, ça n'existe pas, c'est une dictature. Donc, selon moi, la vaccination annuelle ne peut être obligatoire pour la population. 

Par ailleurs, il y a toujours les cas particuliers de personnes qui ne peuvent être vaccinées pour raisons médicales, qu'il faut bien sûr prendre en compte. 

Mais actuellement, on a tendance à mettre la pression sur les personnes les plus âgées, 80 ans et plus, pour qu'elles se fassent vacciner tous les 3 mois. Et tous les 6 mois pour les plus de 60 ans. 

C'est une pression sociale discriminatoire. Cette pression devrait se faire de manière uniforme, pour tous les citoyens, et une fois par an. 

Avec les nouveaux vaccins plus efficaces contre les derniers variants associés avec le vaccin contre la grippe en une seule injection, nous avons moyen de motiver puissamment le citoyen pour se faire vacciner, et enfin désemplir les hôpitaux. Pas forcer. Motiver.

L'Etat devrait envoyer à chaque citoyen, une fois par an, une invitation à se faire vacciner. 

Pour le moment, quand on veut prendre rendez-vous pour une vaccination sur Doctolib, on ignore:

- si on aura droit à un double vaccin, comprenant à la fois la grippe et le covid, en une seule injection
- à quel type de produit on va avoir droit
 
Il y a peut-être moyen de savoir, mais il faut avoir franchi toutes les étapes de validation, et on ne le sait qu'au moment où c'est trop tard, où on s'est engagé à honorer le rdv. Non!
 
On devrait le savoir bien avant, ça éviterait d'appeler les centres de vaccination à chaque fois. 
 
Les autorités se plaignent du faible nombre de vaccinations, mais elles ne jouent pas cartes sur table. 
 
Organisons une vaccination universelle, pour le moment annuelle, en espérant que les futurs vaccins verront leur durée s'accroître au fil des ans, et nous aurons moyen de réduire les conséquences sur la société de ce double fléau qu'est la grippe et le covid. Sans pour autant ne mettre la pression que sur nos aînés. C'était déjà injuste avec la grippe, ça l'est d'autant plus avec le covid.  

jeudi 30 décembre 2021

L'erreur originelle des antivaccins

En mathématiques, même l'équation la plus élaborée, la plus complexe et la plus splendide va s'effondrer si le tout premier calcul est faux. Les personnes qui militent contre la vaccination au covid 19, parvenant parfois à rallier dans leurs cortèges des citoyens vaccinés, lesquels s'opposent à toute obligation vaccinale au nom de la défense des libertés, ont toutes, à de rares exceptions près, commis cette erreur initiale. Aussi spectaculaires et élaborés que soient les arguments qu'ils présentent ensuite, ceux-ci ne peuvent tenir la route.

Quelle erreur ont donc commises ces personnes militant contre la vaccination? Confrontées à l'épidémie, elles ont fait le choix de ne pas se faire vacciner.

Malgré les douloureux mois d'attente avant un vaccin, pendant lesquels les morts s'entassaient, malgré les expériences pendant des mois, expériences couronnées de succès grâce au courage des volontaires et à l'expertise des spécialistes, malgré la validation des vaccins par les comités réunissant les meilleurs scientifiques de chaque pays, malgré les 5,5 millions de morts au niveau mondial, un chiffre dont l'OMS estimait en mai dernier qu'il est sous-estimé et devrait être multiplié par trois, malgré l'entassement des évidences, elles ont fait ce choix de ne pas se faire vacciner.

Je ne parle pas bien sûr des personnes souffrant de contre-indications médicales. Un vaccin n'est pas anodin et certaines personnes doivent demander le conseil de leur médecin avant toute vaccination. Nous n'avons pas tous le même passé médical, ni le même corps, c'est normal. 

Je parle bien de ces personnes qui ont pris cette décision de ne pas se faire vacciner en l'absence de toute contre-indication. Une décision irrationnelle? Pour moi, le seul élément de rationalité était l'absence de recul sur les vaccins. Dans l'idéal, il aurait fallu en effet 5 ans de recul. J'y reviens en fin d'article.

Dans l'idéal. Mais nous étions confrontés à une mortalité galopante de nos personnes les plus fragiles, et à un personnel hospitalier en détresse, avec à l'esprit le douloureux souvenir du confinement de mars 2020. Une fois les vaccins enfin disponibles, la seule décision possible devait s'appuyer sur la logique: il fallait prendre le risque du vaccin à partir du moment où celui-ci était scientifiquement validé. Ce qui a été le cas.

Mais bien avant que cela n'arrive, de nombreuses personnes avaient déjà choisi de ne pas se faire vacciner. Si elles s'en sont tenues à leur résolution malgré l'évidence rationnelle, malgré l'enjeu de sauver des centaines voire des milliers de leurs concitoyens, malgré tous les chiffres qui démontraient la grande efficacité du vaccin (surtout contre le virus initial), c'est parce que ce n'est pas le cerveau qui a décidé. C'est les tripes. La peur d'un produit inconnu dans les veines. 

En cela, ces individus sont les descendants viscéraux (et non intellectuels, puisque ce sont les viscères qui ont parlé) des Anglais qui se sont opposés à la vaccination obligatoire contre la variole en 1853. A cette époque, comme nous le disent les chercheuses Annick Guimezanes et Marion Mathieu dans l'ouvrage Vaccination : agression ou protection ? (Inserm, Le Muscadier), les adversaires de la vaccination obligatoire contre la variole pour les enfants invoquent le « danger » d'injecter des produits issus d'animaux, des « motifs religieux » ou encore l'« atteinte aux libertés individuelles ».

La nouveauté des vaccins à base d'ARN messager ne saurait être plus déstabilisante pour nos contemporains que la nouveauté vaccinale en 1853. N'en déplaise à tous les vaccinés contre le covid qui se sont ralliés aux antivaccins, la vaccination obligatoire a permis d'éradiquer la variole, le dernier cas relevé remontant à 1977. C'est un fait historique indéniable.

L'erreur au début de l'équation, elle est là: réagir avec ses tripes, par la peur. Tout le reste, ensuite, va découler de biais de confirmation. Dans une logique partisane, on va chercher tous les défauts des vaccins à base d'ARNm, on va vouloir justifier sa décision par tous les moyens possibles et imaginables. Les trésors de logique et d'analyse déployés se heurtent toutes au fait qu'à l'origine, la décision n'avait rien de rationnelle. 

Et comme on le voit, dans le passé, on n'hésitait pas non plus à brandir l'étendard de la liberté pour conforter une décision irrationnelle, prise la peur au ventre. 

Tous les fervents anti-vaccins n'agissent pas par peur, ou pas uniquement: des libertaires à tendance anarchistes, par exemple, peuvent y voir l'occasion de combattre ce qu'ils estiment être un nouvel ordre de la bienpensance, en politisant à l'excès ce qui ne devrait procéder que de la logique médicale. Quand de grandes luttes s'organisent, vous aurez toujours des opportunistes qui viennent s'agréger d'un côté ou de l'autre, qui y voient un moyen de se défouler sans croire particulièrement à une cause ou à l'autre.

Un antivaccin vous parle des casseroles du labo Pfizer? De toutes les malversations du laboratoire américain? Demandez-lui pourquoi il ne s'est pas fait vacciner au Moderna. Ce n'était pas possible au tout début, mais maintenant, on a le choix en France.

Un antivaccin dénonce la faible efficacité dans le temps des vaccins à base d'ARNm? On a en effet appris que ceux-ci n'immunisaient à 80% que pendant les 10 premières semaines contre l'omicron. Ensuite cela tombe à 47%, mais le vaccin reste efficace contre les formes graves, celles qui emmènent les malades en réanimation. Demandez-lui dans ce cas pourquoi il ne s'est pas fait vacciner à l'Astrazénéca.

Vous réaliserez alors que tout cela n'est que prétexte. Que ces gens ne sont pas prêts à mouiller le maillot pour les autres -- pas de cette façon, en tout cas. Que le cynisme consistant à dire "inutile de se protéger, on va être couverts par l'immunité naturelle de l'Omicron" va nécessairement accroître grandement, au moins dans un premier temps, le nombre de personnes à l'hôpital, et le nombre de décès parmi les plus fragiles. La France ne bénéficie pas d'une pyramide des âges aussi jeune que l'Afrique du Sud. Le seul espoir est que nos plus fragiles sont en grande majorité vaccinés -- mais ce n'est pas grâce aux antivaccins ni à leur propagande.

Toutes ces personnes réagissent en fait en fonction de cette peur viscérale de départ, celle du produit inconnu dans les veines. 

Et pourtant, l'Histoire nous démontre qu'avec bien moins de connaissances scientifiques, en allant vers la vie et les solutions pour la préserver à chaque fois, on a épargné des millions de vies. Les scientifiques ne sont pas tous des scientistes. Ils ne croient pas à chaque fois que la science peut tout résoudre d'un coup de baguette magique. Ils ne se prennent pas tous pour dieu. En fait, ils suivent des chemins expérimentaux, validés par des pairs, qui ne réussissent pas toujours à 100% du premier coup, parce que la médecine n'est pas une science exacte. 

Les paramètres sont trop nombreux, en médecine, pour être tous maîtrisés. On ne connaît pas bien les fonctions quantiques du cerveau, mais on sait qu'elles existent. On ne sait pas encore comment les gens attrapent des Covid longs, mais on en a l'évidence sous les yeux, d'après leurs témoignages. Et on sait que les conséquences physiques, sur la santé, sont loin d'être anodines dans la population.

Contre-argument : la peur du virus

Je présentais en septembre 2021 le témoignage d'une infirmière qui n'a pas souhaité se faire vacciner. Elle soutenait l'hypothèse inverse: c'est la peur du virus qui nous fait prendre une décision émotionnelle et qui n'a rien de rationnel, en se faisant vacciner avec un produit qui n'a pas fait ses preuves sur 5 ans. 

Son argument, selon moi, revient à pointer du doigt la personne qui regarde à droite et à gauche avant de traverser: "pourquoi regarde-t-elle à droite et à gauche? Cette personne a peur et réagit irrationnellement."

Et pourtant, pas besoin de connaître les statistiques pour se douter que ceux qui traversent sans regarder sont les plus nombreux à se faire écraser. 

Nous avons des stats de décès au niveau mondial, nous savons qu'il faut se protéger pour protéger les autres, nous savons que nous allons sauver les vies de personnes fragiles, et que la valeur de la vie humaine n'est en rien corrélée à l'âge des individus, ou en tout cas ne devrait pas l'être. 

Nous savons qu'en laissant l'omicron régner sans suffisamment le contrarier, de nouveaux variants risquent de se développer chez les moins protégés, comme le craignent les autorités indiennes. Nous savons qu'une population moins bien vaccinée peut nous amener une nouvelle évolution plus ou moins dangereuse ou contagieuse du virus tant que nous n'aurons pas avancé suffisamment sur la vaccination mondiale. Nous savons tout cela. 

Et pourtant, certains d'entre nous continuent de justifier des décisions fondées sur la peur, et colportent les rumeurs de bas-étage issues d'internet. Ou se servent de chevaux de retour en quête de gloire comme destriers sur lesquels parader, comme le docteur Raoult ou Robert Malone, l'inventeur de l'ARNm expulsé de Twitter pour ses mensonges sur le Pfizer et le Moderna

Big Pharma et les enjeux financiers

Cela ne signifie pas que ceux d'entre nous qui ont conservé suffisamment de bon sens vont pour autant signer un chèque en blanc à Big Pharma, et en particulier à Pfizer.

Le pass vaccinal obligatoire est selon moi une bonne chose comme le vaccin obligatoire contre la variole était une bonne chose, mais avant tout pour les personnes non vaccinées. 

Si ce pass vaccinal devait contraindre les citoyens à se revacciner toutes les dix semaines, ce serait excessif, et d'autant plus excessif que certains pays ne sont couverts qu'à 10% par la vaccination. 

La marge de progrès sur la vaccination mondiale est énorme. C'est vers là qu'il faut aller avant tout. 

Personnellement, je comprends la lassitude des Français par rapport à tout ça. Leur désenchantement. L'idée d'avoir encore autant de restrictions alors qu'on est vaccinés, oui c'est dur. Ce n'est pourtant pas l'inefficacité des vaccins qui est en cause, mais la trop faible vaccination au niveau mondial.

Il nous faut maintenant espérer que la compétition entre labos va pouvoir déboucher sur des vaccins nettement plus durables, et encore plus efficaces.

Jusque là, ne baissons pas les bras et continuons à protéger nos plus fragiles et nos personnels hospitaliers. Continuons à nous protéger les uns les autres, comme des frères d'armes.

P-S : pour ceux qui se demandent, non je ne signe pas la pétition contre le pass vaccinal. Je n'aurais pu accepter que si la pétition demandait à réviser le pass pour éviter de revacciner les Français trop souvent. Pas question non plus de faire un chèque en blanc aux antivaccins. 

P-S-bis : le projet de pass vaccinal ne mentionne la vaccination que sur un cycle complet, c'est à dire deux doses. Dans ces conditions, il est évident que j'y suis favorable.  

 

dimanche 19 septembre 2021

Vaccination covid-19: le témoignage d'une infirmière

Je peux comprendre que tout le monde n'aie pas comme critère premier de décision la science ni les avancées médicales. Je peux accepter que des personnes aux Antilles ou dans les DOM-TOM préfèrent se soigner avec des thés plutôt que de faire de la prévention avec la vaccination, parce que la tradition est le premier critère pour ces personnes. Mais je me demandais comment les infirmières pouvaient être en France en nombre si important à refuser la vaccination au virus du covid-19, étant donné leur formation. J'ai posé la question à ma mère, qui a été sage-femme, et elle n'a pas su répondre. Puis, j'ai eu au téléphone une amie d'enfance qui est infirmière, et qui m'a expliqué pourquoi elle refusait cette vaccination. Elle sait que je tiens un blog, et a accepté que je relate notre conversation, sous le couvert de l'anonymat. Je ne l'ai pas enregistrée, mais voici ce que j'en ai retenu, et mes réactions au fur et à mesure. 

"Il faut savoir que lors de la première vague du covid, alors que pas mal de collègues avaient la fièvre et étaient à 40°, les responsables de l'hôpital leur demandaient de venir travailler. Oui, quand même. Au début, nous les infirmières n'avions pas droit aux masques FFP2. Seuls les chirurgiens et médecins y avaient droit. On n'avait pas l'impression d'être toujours très bien protégées, loin de là."

Je demande à mon amie d'enfance si les massages cardiaques sur les patients covid étaient autorisés. J'avais vu dans une série, Chicago Med, qu'ils ne l'étaient pas. En France, ou en tout cas dans son hôpital, cette interdiction n'existait pas.

"On a même eu un infirmier qui a donné un coup de poing dans la côte d'un patient qui faisait un arrêt. Il lui a cassé la côte, mais son geste a permis à son cœur de redémarrer à temps. C'est un geste interdit, mais si on avait attendu de le brancher sur une machine, ça aurait été trop tard et le patient serait devenu un légume. Mais du coup, le patient l'a attaqué en justice. Alors que l'infirmier lui a sauvé la vie. C'est comme ça que ça se passe la médecine de nos jours."

Et sa vie quotidienne, au boulot, avec le pass sanitaire, tout ça? Quelle est l'ambiance? 

"Là je suis en arrêt maladie. Mais l'ambiance n'est pas bonne, ça se tire dans les pattes entre vaccinés et non vaccinés. A côté du tableau des prochaines gardes, il y en a un autre avec le nom du personnel vacciné et non vacciné. C'est contraire à la loi."

Après notre conversation, j'ai évoqué cela avec ma femme, et elle m'a dit que le mieux était de prendre une photo de cet affichage et de faire un signalement auprès de la CNIL. C'est en effet une pratique illégale, en entreprise comme à l'hôpital. 

 "Les gens qui ne veulent pas se faire vacciner sont qualifiés de meurtriers. Le gouvernement a créé une nouvelle instance officielle pour chapeauter l'ordre des médecins, et faire pression. Du coup, les médecins qui ferment leur cabinet ne le font pas par choix, mais parce qu'ils y sont poussés. Alors que je connais des médecins qui sont des gens intègres, des gens bien. Ce ne sont pas des métiers comme les autres. C'est le même niveau d'intensité et d'implication que des pompiers, par exemple. Les professionnels de la santé qui ne veulent pas se faire vacciner ont parfois donné énormément d'eux-mêmes pour sauver les autres, pendant leur carrière. Et ils se retrouvent d'un seul coup, comme ça, au banc des accusés."

A ce stade de notre conversation, j'étais hésitant. Ma première intuition était que mon amie ne voulait pas se faire vacciner. Cette intuition était confirmée par son discours, hormis le fait qu'elle parlait de "ceux qui ne veulent pas se faire vacciner" comme si elle n'en faisait pas partie. Comme je ne voulais pas lui demander directement si elle l'avait été, ce qui aurait sonné trop accusateur à mes propres oreilles, je lui ai demandé si elle avait eu des effets secondaires indésirables. C'est là qu'elle m'a dit ne pas vouloir se faire vacciner. 

"Mes parents sont vaccinés, et j'ai fait vacciner ma fille. Elle a fait une forte fièvre, et de la tachycardie, et elle a été malade pendant deux jours."

Comme elle me disait avoir eu de nombreux discours l'accusant d'irresponsabilité, surtout dans sa situation de soignante, je n'ai pas voulu en rajouter une couche. Elle est consciente que de nombreux collègues refusant de se faire vacciner se retrouvent suspendus, mais ce n'est pas un souci immédiat car elle-même s'est mise en arrêt de travail, suite à un problème physique lié à son travail épuisant. 

L'impression que m'a laissé son discours est celle d'une personne victime de nombreux abus professionnels. Manque de reconnaissance, horaires délirants, exigences inhumaines de la hiérarchie, salaire misérable... De manière générale, j'ai le sentiment que quand vous pratiquez un métier de passion, à moins d'être au top et complètement irremplaçable, ce qui arrive rarement, la société vous le fait payer en vous exploitant jusqu'au trognon. Surtout dans le public.

J'ai bien conscience que la hiérarchie n'est pas la seule à être mise en cause, étant elle-même victime du manque de moyens affecté à l'hôpital public.

J'ai été longtemps dans l'écoute de mon amie, mais nous avons quand même eu un débat concernant le pass sanitaire. Elle pense qu'il viole tout à la fois le droit à disposer de son corps et les droits de l'homme, et que ce sont les seuls paramètres à prendre en compte. 

Mon avis, c'est que nous sommes dans une situation où le gouvernement est forcé de se comporter de manière machiavélique -- dans le sens de Machiavel. C'est à dire qu'il faut parfois sacrifier dix hommes pour en sauver cent. Les arbitrages impossibles du pouvoir.

Plus précisément, dès le discours de Macron début juillet, d'une part j'ai trouvé ça extrêmement brutal, et d'autre part, j'ai réalisé qu'il s'agissait d'un énorme coup de bluff, puisque début juillet, le gouvernement n'avait pas les doses pour que les Français soient vaccinés à 80%. On vient seulement d'avoir les doses nécessaires au moment où j'écris cet article, à la mi-septembre 2021. 

C'était comme si Macron demandait à tous les Français, ou au moins 80%, d'être vaccinés dès la fin juillet alors que l'Europe n'avait de toute façon pas donné suffisamment de doses à cette période pour que les choses se fassent si vite. 

Non seulement le pass sanitaire était plus que limite sur les droits de l'homme, mais là pour le coup, c'était très injuste. 

Le gouvernement a rétropédalé sur le pass sanitaire des adolescents 24h plus tard, heureusement. Sa méthode très brutale a néanmoins provoqué un électrochoc dans la population, et, alors que les courbes de vaccination auraient dû s'affaisser pendant l'été, elles se sont maintenues, et la France est devenu l'un des pays les mieux vaccinés en Europe. 

En y réfléchissant, j'en ai conclu que les Français avaient besoin d'un coup de pied aux fesses, peut-être pas tous, mais beaucoup d'entre eux. Ils avaient besoin d'un chef, ce que personnellement je trouve assez déplorable dans la mesure où cela signifie que le peuple, dans son intégralité, n'a pas la maturité suffisante pour prendre les bonnes décisions, et ce malgré les nombreuses sources d'information scientifiques. 

A la place de Macron, j'aurais agi avec honnêteté intellectuelle, en attendant d'avoir les doses pour mettre en place le pass sanitaire, en n'essayant pas de me venger d'avoir été laminé aux régionales en faisant cette annonce de manière brutale, alors même que les Français avaient déjà pris leurs dispositions pour les vacances d'été. Je serais beaucoup plus allé dans la diplomatie. 

Mais j'ai beau ne pas porter ce gouvernement dans mon cœur, je ne suis pas sûr du tout que ma méthode aurait été aussi efficace pour entraîner les gens vers la vaccination. Et l'efficacité, dans une situation digne de Machiavel comme celle-ci, est primordiale. Deux mois de gagnés, ce sont des centaines, peut-être des milliers de personnes de sauvées.

Ce que j'ai dit à mon amie, c'est : "tu peux maîtriser ton discours sur la liberté et les droits de l'homme, mais tu ne maîtrises pas la biologie de ton corps". Ce qui revenait à dire en gros que la nature n'en a rien à faire des droits de l'homme. Et qu'on était dans une situation où il fallait se caler sur la nature, pas sur les droits de l'homme. En gros, il faut choisir ces combats, et ce combat-là n'était pas le bon pour faire avancer les droits de l'homme. 

Mon amie n'était pas d'accord, bien sûr. 

Malgré ses révélations, mon opinion sur elle n'a pas changé. Je la considère toujours comme une amie. Je ne suis pas là pour la juger. 

En revanche, j'ai mon opinion sur son profil psychologique. Je pense que c'est une dure à cuire qui a un grand cœur. Elle a été victime de choses super dures sur le plan professionnel. Elle a été abusée par sa hiérarchie. Mais elle a tenu, parce qu'elle avait un idéal, mais aussi sans doute, parce que c'est un métier où l'on est porté par l'adrénaline, et que mon amie est une femme d'action. 

Son discours était parfois paradoxal, parce qu'à un moment, elle me dit que sa hiérarchie la mettait en danger avec le covid, et ensuite, elle me révèle qu'à l'hôpital, pendant la deuxième vague, ils n'ont eu que deux patients covid. A ce moment de son discours elle semble vraiment remettre en cause la dangerosité du virus.

Et pourtant, et pourtant elle me dit qu'à l'heure actuelle, elle n'essaie pas d'obtenir le pass sanitaire en se faisant tester, elle préfère rester confinée, ne pas sortir et ne mettre en danger personne. Nouvelle contradiction. 

En fait, elle se met en situation d'être inattaquable puisqu'elle prend sur elle pour ne faire prendre aucun risque à la population. 

Quand elle me dit ça, quand elle m'indique que les gens se font peut-être vacciner par peur, parce qu'ils ont peur du covid, je me dis que si la population devait suivre son exemple, il faudrait tous que nous fassions comme elle et que nous attendions dix ans pour voir si ce vaccin n'aurait pas vraiment des effets très indésirables. 

Or, ce n'est évidemment pas jouable sur un plan sociétal. Sur le plan économique, ce serait la catastrophe. Sur le plan psychologique, toute la société n'est pas composée d'individus qui sont des durs à cuir comme mon amie. 

Je n'oublie pas non plus qu'elle a fait vacciner sa fille, bien sûr, ce qui indique que mon amie n'est pas une antivax. 

En réalité, je crois que sur le plan psychologique, nous sommes à la fois dans l'affirmation de soi et dans la rétribution. 

L'affirmation de soi parce qu'on s'affirme en disant "non". Et quel meilleur moment pour dire "non" que celui ou tout le monde doit se faire vacciner sous peine d'être marginalisé? Vous devez me prendre en compte, prendre en compte ma différence, voilà le discours sous-jacent. 

Et là, de la part d'une infirmière, bien sûr, on est aussi dans la rétribution. Nous avons été abusés par la société, et donc, la société va cesser de nous oublier car nous allons refuser de jouer le jeu. 

J'ai d'ailleurs terminé la conversation avec mon amie en lui disant: "résiste, prouve que tu existes".

Cela pour lui montrer que je comprenais son état d'esprit. Moi, j'ai la possibilité de dire que je choisis mes combats, et que le combat contre la vaccination est un mauvais combat, que je n'aurais jamais choisi. Mais il est envisageable que sa personnalité et son vécu aient irrésistiblement poussé mon amie vers cette décision.

Et nous devons prendre conscience que c'est seulement à présent que nous avons suffisamment de doses pour 80% de vaccinations complètes en France. Soyons tolérants envers les hésitants. Il est encore temps de changer d'avis. Surtout lorsque l'on constate l'efficacité de la vaccination en Europe et en France, par exemple, par rapport aux Etats-Unis. Les Etats-Unis ont encore eu près de 3400 morts en 24h le 16 septembre 2021. A la même date, la France a eu 65 morts en 24h, soit 52 fois moins. La France est entièrement vaccinée à 70%, les Etats-Unis à 53,75%. 

vendredi 11 décembre 2020

Jean Castex reconnaît l'échec du reconfinement

Jean Castex n'a pas dû lire mon article de blog du 29 octobre 2020. Dans son allocution du 10 décembre, il a omis de dire: "l'auteur Alan Spade avait raison sur son blog. Le reconfinement tel que nous l'avons mis en place était voué à l'échec". Il s'est contenté de reconnaître son échec à demi-mot, en disant: "la partie est loin d'être gagnée", et en confessant que le nombre de contaminations ne baissera pas à moins de 5000 par jour d'ici le 15 décembre. Il devrait lire mon blog, car je l'avais prédit.

Je ne suis pas Nostradamus. Même avec des variables aussi fluctuantes que celles du covid-19, il était aisé de faire cette prédiction en étant presque sûr de la pertinence de celle-ci. Les principales variables qui fluctuent sont: 

- le comportement du virus, plus agressif l'hiver car il y a beaucoup moins d'évaporation des gouttelettes, qui restent donc actives dans l'air et contaminantes

- le comportement des Français, qui s'est avéré plus adapté à la situation que je ne l'aurais cru

- les avancées médicales, qui permettent de vider les hôpitaux sur un rythme plus rapide qu'ils ne se remplissent, et en particulier pour les services de réanimation, avec une efficacité, là encore supérieure à mes prévisions

Les deux derniers facteurs, quoique positifs, n'ont pas été suffisants pour faire baisser le nombre de contaminations en dessous de 5000 par jour, en raison de l'ouverture des frontières, de l'ouverture maintenue des collèges, lycées et écoles, d'une activité en télétravail limitée, occasionnant de nombreuses personnes dans les transports en commun, et enfin, du fait que tous les Français n'appliquent pas les gestes barrières, nombreux étant ceux qui se contentent de faire semblant de porter le masque.

Jean Castex s'appuie donc sur la baisse assez modérée des hospitalisations et du nombre de personnes en réanimation pour transformer ce confinement en couvre-feu après 20h00. J'avais prédit que le gouvernement serait forcé de maintenir le confinement, je me suis donc trompé. Mais disons-le tout net, c'est surtout parce que j'ai sous-estimé le cynisme de ce gouvernement, qui préfère maintenir l'économie en faisant courir un risque mortel aux plus âgés et aux plus fragiles. 

Rappelons les chiffres les plus importants, ceux que Jean Castex et Olivier Véran n'ont finalement que peu mentionné le 10 décembre: un peu plus de 36 000 morts du covid-19 le 30 octobre 2020, jour du reconfinement, près de 57 000 morts le 10 décembre, jour de l'allocution. Près de 21 000 morts pendant tout le mois du confinement et les dix jours qui ont suivi, c'est beaucoup trop. C'est le chiffre le plus important. La stratégie du gouvernement est inefficace. 

C'est inefficace, d'abord parce que Macron s'y est pris trop tard pour reconfiner, comme il l'a reconnu lui-même dans son discours de reconfinement. Il disait qu'il ne reconfinait qu'à plus de 20 000 contaminations par jour, alors que l'Allemagne prenait des mesures importantes à partir de 6000 contaminations par jour. Il affichait ainsi sa faiblesse de président, en cédant aux Français les plus râleurs.

Mais s'il cédait ainsi aux Français les plus râleurs, c'est qu'il n'avait pas mis de contrat en place avec eux: il n'avait su avoir suffisamment confiance en eux, et obtenir suffisamment de confiance de leur part, pour leur promettre de déconfiner le 15 décembre, et se préparer ainsi à la reprise du travail. 

Et bien sûr, comme je le disais, les mesures étaient loin d'être suffisamment strictes. S'il avait mis en place des mesures suffisamment strictes, le secteur de la culture, notamment, aurait pu être déconfiné le 15 décembre. 

La France, au cours de ce mois et demi de confinement, a connu une mortalité liée au covid similaire à celle des Etats-Unis de Trump, dont les chiffres sont catastrophiques. Les Etats-Unis ont cinq fois plus de population que la France. Donc, 57 000 morts multiplié par cinq, cela fait 285 000. Les Etats-Unis sont aujourd'hui à 292 000. Et ils ont eu Thanksgiving, eux. Nous sommes presque sur le même rythme de mortalité qu'eux, alors même que nous sommes encore en confinement jusqu'au 15 décembre. 

Il n'y aurait pas un petit problème? Alors, oui, l'Italie et la Grande-Bretagne ne s'en sont pas mieux sortis que nous. L'Allemagne connaît elle-même un hiver très douloureux. Mais l'Espagne a fait assez nettement mieux que nous. Et l'on peut considérer que c'est la politique européenne dans son ensemble, de toute façon, qui est défaillante. La politique individuelle des Etats de l'Europe, plus précisément, ce qui prouve qu'un fédéralisme Européen suffisamment strict nous aurait été utile en la circonstance.

Avec la possibilité de sortir juste avant Noël, les gens vont se presser dans les magasins. Il n'y aura pas de couvre-feu à Noël, donc possibilité de se rassembler nombreux autour du sapin. Il y aura le couvre-feu pour le réveillon du Nouvel An, mais cela n'empêchera pas ceux qui le souhaitent de se rassembler à 30 dans un même logement pour y faire la fête, à condition de passer la nuit ensemble. 

Un fort rebond des contaminations, des hospitalisations, des personnes en réanimation, et des morts me semble inéluctable. 

Je vais être franc, même si le gouvernement Macron avait lu mon article de blog du 29 octobre et suivi mes recommandations, même s'il nous avait permis de faire largement redescendre le nombre de contaminations, il aurait dû mettre en place des règles drastiques pour le jour de Noël et celui du Nouvel An. Ce qui n'aurait pas empêché de déconfiner dès le 15 décembre, notez-le bien.

Et je reconnais aussi que ces règles pour ces moments festifs auraient été particulièrement ardues à respecter, et qu'il y aurait sans doute eu un rebond, malgré tout, de l'épidémie. Mais un rebond certainement moins douloureux que celui que nous nous apprêtons à vivre. Le discours à tenir aurait été celui-ci: "oui, le sacrifice que vous demande le gouvernement, celui de Noël et du Nouvel An, est considérable. Mais la lumière est au bout du tunnel. Les vaccins arrivent. Et il nous faut tenir jusqu'à l'arrivée des vaccins."

Et surtout, surtout, nous ne serions pas à près de 60 000 morts en France du covid. 

A titre personnel, j'ai perdu une tante, un oncle par alliance (tous deux Belges, preuve de l'échec au niveau européen) et le père de ma belle-sœur, lequel avait déjà une affection respiratoire auparavant. Tous frappés par le covid.

[Autre article sur le même sujet :] Pourquoi le nouveau confinement est voué à l'échec.

Post scriptum: Le jour où a été écrit cet article, il y a eu 627 morts du coronavirus et 13406 nouveaux cas confirmés en France.

jeudi 29 octobre 2020

Pourquoi le nouveau confinement est voué à l'échec

Il m'est impossible de jouer le jeu de l'unité nationale quand je vois les mesures prises par Emmanuel Macron pour le reconfinement du 30 octobre. Le chef de l'Etat demande aux Français de se cacher derrière leur petit doigt. Je prédis que dès le mois de décembre, le gouvernement sera forcé de durcir le confinement, et que celui-ci va perdurer au moins jusqu'en février 2021. En voici les raisons. 

Sauver Noël. Empêcher la propagation du virus. Eviter aux hôpitaux de se retrouver débordés. Tels sont soi-disant les objectifs de ce nouveau confinement. Malheureusement, le gouvernement n'a pas pris des mesures suffisamment vigoureuses, loin de là:

- les écoles, collèges et lycées, restent ouverts

- le télétravail n'est que fortement encouragé, mais les entreprises continuent à tourner

- de nombreuses dérogations existent, comme le fait d'aller voir ses proches en Ehpad

- les frontières restent ouvertes, alors que le virus circule très activement en Europe

Bref, ce gouvernement a surtout pour vocation de maintenir à flot tant bien que mal l'économie du pays.

Souvenons-nous du premier confinement en mars dernier. Les mesures avaient été nettement plus sévères, avec notamment la fermeture des écoles, collèges et lycées, et la fermeture des frontières. Malgré cela, le confinement avait duré beaucoup trop longtemps, et le virus circulait encore un peu trop, même au moment du déconfinement. 

Avec le recul, il paraît évident que le confinement aurait dû être beaucoup plus dur en mars dernier. Il aurait fallu pratiquer un confinement à la chinoise, afin de limiter la durée d'autres restrictions, nettement plus draconiennes. 

Qu'est-ce que l'on voit aujourd'hui en France? Le virus circule encore beaucoup plus qu'en mars dernier, les gestes barrières et les masques ne suffisent pas, toutes les régions sont touchées, et on sait déjà que quoi que l'on fasse, les lits de réanimation seront tous occupés aux alentours du 15 novembre. 

La seule mesure intelligente et courageuse à prendre, c'est donc un confinement à la chinoise, ce qui suppose: 

- fermeture des frontières

- fermeture des écoles, collèges et lycées

- fermeture de toutes les usines ou entreprises non essentielles qui ne pratiquent pas le télétravail

- arrêt total de tous les transports en commun

Bref, il nous faut une France à l'arrêt quasiment total. C'est le seul moyen de faire comprendre à nos concitoyens la gravité de ce que nous vivons. C'est l'unique moyen de resserrer dans le temps ce confinement, et de sauver effectivement Noël. 

Tout se passe comme si le gouvernement connaissait déjà l'inefficacité de ses propres mesures. Tout se passe comme si le gouvernement voulait confiner les gens pendant tout le mois de novembre, décembre, janvier et peut-être février et au-delà, tout en laissant tourner l'économie au ralenti. 

En dehors du fait de laisser tourner l'économie, le but, pour le gouvernement, serait de générer des contraintes suffisamment étendues dans le temps pour garantir la motivation des Français à se faire vacciner, une fois le bon vaccin sélectionné. 

Qu'est-ce qui vaut mieux? Une économie qui va tourner au ralenti, en battant de l'aile, dans les 4 à 6 prochains mois, avec un virus qui continue à circuler et à faire des morts, ou une économie à l'arrêt total pendant 6 semaines, qui peut ensuite redémarrer à peu près normalement, avec de bien meilleures possibilités pour casser les chaînes de contamination? 

Demandez aux Chinois. Eux ont fait le bon choix. Notre gouvernement, une nouvelle fois, agit de manière totalement irresponsable. On se retrouve en décembre et on en discute.

[EDIT 11 novembre 2020] : le tableau le plus pertinent pour se faire une idée du nombre de personnes en réanimation et comparer avec le premier confinement qui a commencé le 16 mars 2020 ci-dessous. Retenez-bien une chose: la baisse du nombre de personnes en contamination ne s'est amorcée que cinq semaines après le début du premier confinement. Mais le chiffre que nous atteignons à présent est déjà bien plus élevé que deux semaines après le premier confinement. Et le second confinement est beaucoup moins strict que le premier.