mardi 18 novembre 2014

[Archive 22 juillet 2013] La deuxième identité secrète de J.K. Rowling

Cela a été révélé récemment : l'auteur de Harry Potter, J.K. Rowling, avait écrit un polar, The Cuckoo's Calling, sous l'identité secrète de Robert Galbraith. Polar qu'elle avait fait éditer, sans doute par l'intermédiaire de son agent. Et si nous nous laissions aller à une petite fiction? Qui sait si elle n'a pas autoédité, sous une deuxième identité secrète (un troisième nom), un autre roman?

Cela peut paraître fou de se dire qu'une auteur plus riche que la reine d'Angleterre aurait autoédité un livre. Elle ne l'a sans doute pas fait, bien sûr. Mais l'idée, c'est qu'elle a pu le faire.

En réalité, elle a à tout moment la possibilité, de chez elle, d'autoéditer un ebook sans en parler à personne, et en particulier sans en parler à son agent, en prenant un autre nom de plume. De nos jours, l'édition, et l'autoédition, est quasiment devenue aussi simple que de presser un bouton - et oui, c'est une grande et belle chose.

Et vous savez quoi ? Si j'étais auteur édité, mais que mes relations avec mon éditeur ne se passent pas bien, c'est ce que je ferais dans un premier temps avec un roman inédit, pour "tester les eaux". Dans un deuxième temps, bien sûr, si l'essai est concluant, je m'arrangerais pour récupérer mes droits sur mes romans publiés, et pour les passer progressivement en autoédition.

Je crois fort possible, à l'avenir, d'avoir des révélations de type : tel auteur célèbre a secrètement autoédité l'un de ses livres. Pourquoi ? Parce que les auteurs édités, en particulier aux Etats-Unis, ont depuis longtemps été habitués à prendre de nouveaux noms de plume lorsqu'ils connaissaient l'échec commercial et que l'un de leurs noms se retrouvait "grillé".

lundi 17 novembre 2014

[Archive 9 mai 2012] Aux Etats-Unis, les mauvais comptes ne font plus les bons amis

Je tiens à saluer ici le courage des auteurs américains Kristine Rusch et Joe Konrath. La première, pour avoir dénoncé des malversations dans le paiement de ses droits d'auteur et pour avoir mis en lumière le comportement plus que douteux de certains agents littéraires. A la suite de ses dénonciations, elle s'est fait pirater ses sites internet. Le second, pour avoir donné la parole à une auteur d'Harlequin qui, après calcul, s'est rendue compte qu'elle ne percevait que 2,4% de droits d'auteur par livre. Joe Konrath appelle les auteurs à témoigner sur son blog et à se révolter contre ces tarifs outrageusement bas, qui n'apparaissent souvent pas en tant que tels dans les contrats.
 
Ceux qui regardent de près le contenu de ce blog savent que je ne fais pas dans le manichéisme. Il ne s'agit pas de dire que les éditeurs sont tous pourris et les auteurs, tous des anges. Il est évident, à mes yeux, que ce qui était caché jusqu'à présent dans les contrats d'édition arrive à la lumière grâce à l'arrivée du premier véritable concurrent aux éditeurs qu'est Amazon (dans le domaine du livre, dans la musique, Apple avait joué le même rôle).
 
Donc, de nombreux auteurs savaient. Ou du moins, ils se doutaient. Ils fermaient les yeux. Ce qui me fait dire ça ? Le fait d'avoir vu, sur Internet, un auteur commenter sur un blog qu'il serait prêt à toucher 0% de droits d'auteur pour être présent dans toutes les librairies. Certains auteurs seraient prêts à signer à 0%.
 
J'irais plus loin : je ne serais pas surpris que certains l'aient déjà fait. Après cette révélation de droits d'auteur à 2,4% chez Harlequin, je ne serais pas surpris d'apprendre que des auteurs se soient faits éditer pour leur premier livre à compte d'auteur déguisé par de grands éditeurs. C'est à dire que de grands éditeurs aient accepté de l'argent en provenance d'auteurs pour les éditer à 0% de droits d'auteur sous le couvert d'une édition à compte d'éditeur. Etant donné l'opacité des contrats et l'omerta (loi du silence) dans le milieu de l'édition, comment ferait-on pour le savoir ? Bien sûr, je n'ai aucune preuve. Il s'agit uniquement de supputations de ma part.
 
Alors, qui serait coupable, dans ce cas-là ? L'auteur, ou l'éditeur ? Les deux, mon commandant. Et quel est le mobile du crime ? Le fait de vouloir être diffusé le plus largement possible, pour l'un et de tirer parti de cette demande pour l'autre. De la même manière, des auteurs autoédités, dont je fais partie, vont mener des opérations de gratuité ponctuelle sur un ouvrage numérique, afin d'augmenter leur lectorat. Tout n'est pas tout blanc ou tout noir en ces matières. Il y a des nuances de gris.
 
Evidemment, ce n'est pas parce que l'esclavage volontaire existe dans le milieu de la littérature qu'il ne faut pas le dénoncer. Dans le cas de ce qui se passe aux Etats-Unis, même si les auteurs savaient, ou se doutaient, un contrat est quelque chose de légal. Si ses termes ne sont pas respectés, on est en droit d'attaquer en justice. L'action actuelle de Joe Konrath et de Kristine Rusch est on ne peut plus légitime, et devrait apporter un bol d'air sain dans un milieu on ne peut plus vicié.
 
Pourquoi les auteurs apparaissent-ils si souvent comme la cinquième roue du carosse, l'élément dont on peut se passer dès qu'il s'agit de rémunération ? Tout simplement parce que l'offre, en matière de manuscrits, est pléthorique. Pour un éditeur, il n'y a qu'à se baisser pour ramasser. Et c'est d'autant plus facile, lorsque l'on bénéficie du prestige de l'éditeur.
 
Je pense sincèrement que les choses vont évoluer. Avec les actions menées par des auteurs comme Kris Rusch et Joe Konrath, les éditeurs vont enfin perdre de leur aura.
 
Dans un univers numérique dominant, les myriades d'ebooks gratuits et à 0,99 € écrits par des auteurs d'aujourd'hui seront identifiés comme suspects par les lecteurs. Des ebooks plus chers autoédités seront des succès, et rapporteront 70% à leurs auteurs.
 
C'est pour cela que je milite à fond pour les ebooks et livres numériques. Parce que le prix de l'édition et la diffusion des livres papier en librairie se paie trop souvent au prix fort pour les auteurs. Celui de l'esclavage. Parce qu'il est plus facile de vérifier avec Amazon si une vente effective se traduit en droits d'auteur. Les choses sont beaucoup plus transparentes.

vendredi 14 novembre 2014

[Archive 18 septembre 2012] S'éduquer au numérique

Le numérique est un fantastique outil de démocratisation de la culture. Je pourrais ajouter, "à condition de le mettre à portée de tous en terme de prix et de facilité d'achat", mais cette condition ne se pose même pas grâce aux sites de téléchargements illégaux. A ce sujet, vous croyez que toutes les oeuvres numériques sont piratées ? C'est faux. Pour un artiste, avoir son oeuvre piratée est une marque de reconnaissance du public. A titre personnel, je suis satisfait de savoir que mes ebooks ont la possibilité d'être diffusés par ce canal. Néanmoins, la diffusion n'est pas tout. Je suis persuadé que nous autres auteurs, musiciens, chanteurs, dessinateurs, réalisateurs et créateurs de tout poil devons nous éduquer au numérique, et éduquer à ce sujet nos enfants. Simple question de bon sens.
 
Loin de moi l'idée de dire "c'est mal de pirater", ou "c'est mal de télécharger". Les enjeux tuent le jeu, dit-on. Le piratage peut se trouver détourné à des fins financières ou pour des motifs idéologiques ou politiques, mais par essence, c'est un jeu entre l'attaque numérique et la défense.
 
Le téléchargement illégal peut quant à lui répondre à des motifs de curiosité, de prix trop élevés, de produits non disponibles sur le marché, ou même de volonté parfaitement légitime de ne pas acheter plusieurs fois le même produit (sous forme physique et numérique). Dans le cas notamment de la curiosité, il joue un rôle d'ouverture culturelle. Il peut même s'avérer bénéfique pour l'achat ultérieur d'autres œuvres de l'artiste.
 
Là où le téléchargement illégal devient condamnable, à mon humble avis, c'est quand il se transforme en réflexe systématique de consommation. "C'est numérique, donc ça doit être gratuit. Ça ne peut pas se consommer d'une autre manière que gratuitement. Puisqu'il y a moyen d'obtenir les fichiers gratuitement, on se ferait avoir si on devait les payer." Cet idéal du tout gratuit est évidemment destructeur pour les artistes à partir du moment où tout le reste n'est pas gratuit dans la société.
 
Nous vivrions dans un Etat providence, où le travail se ferait sur la simple base du volontariat et où chacun aurait de quoi se nourrir et se loger gratuitement, je n'aurais pas de problème avec le tout gratuit numérique. Nous n'en sommes pas (encore ?) là.
 
Donc, je n'aime pas l'idée de faire la morale ou de devoir pointer du doigt les uns ou les autres, mais désolé, à partir du moment où un artiste se procure exclusivement des fichiers en téléchargement illégal, il se tire une balle dans le pied. S'il donne cet exemple, comment s'étonner après qu'il ne puisse vivre de ce qu'il fait ? 
 
Pour recevoir, il faut aussi savoir donner. Je veux dire, il y avait 8000 intermittents du spectacle dans les années 80 en France, il y en a plus de 100 000 à présent. Et combien y a-t-il d'auteurs ? Un million en France ? Davantage ? Nous allons vers une société de loisirs. Une société de loisirs majoritairement numériques, en attendant peut-être une autre technologie, qui sait.
 
Eduquons-nous. Achetons des morceaux de musique quand un artiste nous plaît. Apprenons à nos enfants à reconnaître les mérites du travail artistique. Donnons-leur cette culture. Apprenons-leur que les fichiers MP3 ne restituent pas l'intégralité des sons.
 
Quand on ne connaît pas un romancier, télécharger illégalement l'un de ses ebooks, oui pourquoi pas, si les extraits du livre sont trop courts pour se faire une idée, si l'ebook est trop cher et si vous ne le trouvez pas en bibliothèque. Mais à un certain moment, il va falloir apprendre à récompenser le travail des uns et des autres, si l'on espère soi-même en faire un moyen de subsistance.

jeudi 13 novembre 2014

[Archive 2 septembre 2012] Les chiffres du numérique et comment les interpréter

Le "mommy porn" Fifty Shades of Grey s'est vendu à trente millions d'exemplaires dont la moitié d'ebooks. Parallèlement, Hachette Book Group aux Etats-Unis annonce que le numérique représente 27 % de ses profits. Et à titre personnel, ma nouvelle gratuite Les Explorateurs a été téléchargée plus de 10 000 fois sur l'iTunes Store d'Apple. Qu'indiquent ces chiffres ? Que les choses bougent, bien sûr, mais on peut déjà faire certaines déductions plus fines sans risque de se tromper.
 
Mettons de côté le cas Fifty Shades of Grey, parce qu'on est dans l'érotique, que les livres électroniques permettent davantage de discrétion dans la lecture et que ce chiffre n'est sans doute pas tout à fait représentatif du marché. Celui qui me frappe le plus est celui d'Hachette Book Group: 27% des profits avec les ebooks !
 
Hachette a tendance à vendre ses ebooks plus cher qu'il ne devrait pour protéger ses ventes papier. Et on parle de profits. Cela signifie qu'en terme de nombres d'exemplaires, les ebooks représentent déjà au moins 30 ou 35 % du nombre d'exemplaires vendus par Hachette aux Etats-Unis. 
 
Imaginez maintenant, si Hachette Book Group divisait par deux le prix de ses ebooks. On peut imaginer qu'en termes de nombres d'exemplaires vendus, cela représenterait au moins 60 ou 70% du total. En termes de profit, on serait à au moins 50%.
 
Le chiffre total de vente d'ebooks aux Etats-Unis en 2012 représenterait environ 25% du total tous livres confondus. Mais ce sont les chiffres officiels. Ces chiffres prennent-ils vraiment en compte les autoéditeurs, qui vendent leurs ebooks moins cher ? J'ai un doute.
 
Je ne serais pas surpris qu'en termes de nombre d'exemplaires, on soit déjà à plus de 50% d'ebooks vendus aux Etats-Unis, tous livres confondus.
 
Pourquoi le nombre d'exemplaires est-il si important ? Parce que cela détermine le nombre de lecteurs que l'on touche. Tous les auteurs édités savent qu'ils touchent moins de lecteurs que s'ils autoéditaient le même ebook en fixant eux-mêmes son prix, parce que les éditeurs ont des frais, et augmentent donc le prix des ebooks. Plus vous touchez de lecteurs, plus vous avez de chances de vendre d'autres livres. C'est là que la logique de l'éditeur diverge profondément de celle de l'autoéditeur.
 
Après, bien sûr, il y a la question du "prestige de l'éditeur". Mais attention, parce que là, on entre dans le TRES subjectif.
 
Mais la France, dans tout ça ? Totalement à l'écart du phénomène ? Pas tant que cela. L'éditeur de l'imaginaire Voy'el explique dans une interview sur iDBOOX que ses chiffres de vente sur le numérique lui permettent de survivre. Les retours de livre papier lui coûtent en effet trop cher, et sans le numérique, Voy'el aurait sans doute déjà dû mettre un terme à son activité.
 
Ce n'est pas une surprise pour moi. Tous les libraires que je vois en séance de dédicaces me parlent du déclin de la vente des livres, et l'on sait par ailleurs que les éditeurs les plus prospères louent les meilleurs emplacements pour les ventes, au détriment des autres.
 
Cette année 2012 de l'ebook en France est en tout cas porteuse d'espoir. En ce qui me concerne, il faut une cinquantaine de téléchargements gratuits pour avoir une vente d'un exemplaire payant, soit du recueil complet Les Explorateurs, soit d'une autre des nouvelles payantes du même recueil (je dois être à 200 ebooks vendus de mes nouvelles de SF et du recueil pour l'année 2012).
 
L'intérêt, c'est aussi les notes et les commentaires, pour les ebooks gratuits. Les Explorateurs a été noté 81 fois sur iTunes. Il m'est arrivé à plusieurs reprises d'encourager des proches à me rédiger des commentaires en ligne, mais je ne le fais plus. J'ai décidé de laisser les choses se faire d'elles-mêmes pour ne pas truquer le système. Et si vous regardez le seul commentaire fait sur ma nouvelle Les Explorateurs sur iTunes, il y a un vrai parfum d'authentique, non ?
 
Le parfum que j'apprécie le plus, celui de la sincérité.

mercredi 12 novembre 2014

Vers plus de transparence dans l'édition : les chiffres de Lune Ecarlate Editions

Suite à la demande d'information du précédent billet, l'éditrice de la maison Lune Ecarlate, Nathy, dévoile en toute transparence ses chiffres. Une initiative que je ne peux que saluer, et qui mérite un coup de chapeau. En effet, bien qu'étant auteur autoédité, j'essaie d'être pragmatique et non dogmatique, et de donner au maximum des éléments permettant aux auteurs de faire leurs choix. Si d'autres maisons d'édition souhaitent faire de même ici, elles sont les bienvenues. 

Le bon vieux paradigme de l'édition, c'est qu'une maison d'édition n'a pas à faire de publicité, sur le net ou ailleurs, pour attirer des auteurs. Les auteurs sont ceux qui doivent être motivés pour se faire publier, c'est à eux de s'informer sur les salons, auprès des professionnels, d'autres auteurs, etc. Une maison d'édition ayant à faire de la publicité est une maison d'édition qui n'a pas "fait ses preuves", d'après cette théorie.

On peut se demander à quel point les petites ou moyennes maisons d'édition ne sont pas victimes de ce paradigme: elles proposent la plupart du temps de meilleurs chiffres de droits d'auteur que les grosses maisons, elles permettent parfois une plus grande souplesse avec une cession de droits d'auteur limitée dans le temps, sans bénéficier véritablement de cet avantage concurrentiel par manque de communication. 

Oui, je parle de concurrence, parce qu'il est évident qu'avec l'essor de l'autoédition et des plates formes comme KDP Publishing ou Kobo Writing Life, où l'auteur ne donne que 30% de marge sur le prix de ses ebooks sans concéder ses droits, cette concurrence existe de fait pour les éditeurs.

Lune Ecarlate n'est pas le premier éditeur à faire preuve de transparence, je sais que d'autres le font lorsqu'on les interroge, et s'ils veulent me communiquer leurs chiffres, je les publierai également sur ce blog.

Le but est évidemment d'aider les auteurs à faire leur choix en toute impartialité, chiffres à l'appui.

Lune Ecarlate est, il faut le savoir, une maison d'édition qui travaille essentiellement en numérique. Les livres papier sont imprimés à la demande, sur le site de Lune Ecarlate ou sur Amazon via Createspace. La maison d'édition dispose bien sûr d'un comité de lecture. 

Les chiffres de Lune Ecarlate : 

Tirages : impression à la demande
Avances: aucune
Imprimé : 10%
Numérique : 30%
Rémunération sur la couverture pour l'illustrateur : 5%

Paiments des droits :  à l'année en avril de l'année suivante 
Cession de droits :  trois ans renouvelables par tacite reconduction de trois ans.

Le pourcentage correspond au prix HT total des livres ou ebooks. Il faut toujours se méfier avec les pourcentages, parce qu'un éditeur communiquant sur 25% net signifie en réalité: "25% sur ce que nous rapportent les ebooks". A savoir, un éditeur recevant 70% du prix de l'ebook sur Amazon va reverser 25% sur ces 70%, c'est à dire en réalité, 17,5% du prix de l'ebook.

Concernant les livres papier, l'éditrice précise qu'un auteur Lune Ecarlate désirant vendre lui-même ses livres dans un salon se verra accorder la remise libraire de 35% sur les livres qu'il acquerra auprès de Lune Ecarlate. 

Pour Lune Ecarlate, il s'agit bien, en numérique, de 30% sur le prix total hors taxe des ebooks (100% du prix), donc près de deux fois ce que propose un gros éditeur. 

Si je juge important de donner les chiffres, c'est parce qu'il est essentiel dans le projet de vie d'un auteur de savoir si son activité d'auteur pourra être partielle, en complément d'une autre activité ou à plein temps. En d'autres termes, va-t-il pouvoir en vivre? Ne nous le cachons pas, en France, 99% du temps la réponse sera négative.

Après, d'autres paramètres, qui ne sont pas discutés ici, sont à prendre en compte, comme la réputation de la maison d'édition, le travail sur les textes, etc. En général, il est bien sûr recommandé d'acheter des ouvrages de cette maison pour savoir si le travail éditorial vous plaît en tant qu'auteur. 

Si vous êtes auteur, je ne me prononcerai bien sûr pas à votre place sur votre choix : je reste un auteur autoédité "pur jus", mais cela ne m'empêche pas d'admirer l'abnégation de certaines petites structures.

[Archive 21 février 2014] D'utilité publique : les chiffres des droits d'auteur et d'avances

Si un blogueur en France informe sur les droits d'auteur et avances des éditeurs français, je serais heureux de reproduire ici son billet, avec un lien vers son blog. Voici en tout cas les droits d'auteur et avances aux Etats-Unis tels qu'on peut les retrouver sur le blog de Brenda Hiatt. Et notamment ceux d'Harlequin, Hachette, Pocket... Je ne pense pas qu'une traduction soit utile, les chiffres parlant d'eux-mêmes...

Le premier chiffre en haut à droite est le nombre de titres inclus dans l'étude.
Avon/HarperCollins………………………………………………………………………61
Average advance (first book): $17,400  Median: $8000
Average advance (subsequent books): $28,300  Median: $12,500
Advance range: $5000 – $180,000
Standard print royalty: 8%  Electronic: 25% (net)
Average earn-out: $18,000  Median: $13,500  Range: $9,000 – $35,000

Baker/Revell……………………………………………………………………………….12
Average advance: $8800  Median: $9250
Advance range: $6700 – $10,000
Standard print royalty: 8-17% (net) Electronic: 25-50% (net)
Average earn-out: n/a

Ballantine………………………………………………………………………………….21
Average advance (first book): $40,000  Median: $40,000
Average advance (subsequent books): $172,000  Median: $175,000
Advance range: $40,000 – $275,000
Standard print royalty: 8%
Average earn-out: n/a

Bantam/Dell……………………………………………………………………………….15
Average advance: $17,000  Median: $20,000
Advance range: $7500 – $25,000
Standard print royalty: 8%
Average earn-out: n/a

Barbour & Co. (Novellas) …………………………………………………………………12
Average advance: $1000  Median: $1000
Standard print royalty: 2.5%
Average earn-out: n/a

Barbour & Co. (Trade Fiction) ……………………………………………………………4
Average advance: $8750  Median: $8750
Standard print royalty: 8%
Average earn-out: n/a

Belle/Bell Bridge Books……………………………………………………………………..7
Average advance: $330  Median: $250
Standard print royalty: 8% Electronic: 40% (net)
Average earn-out: $13,000  Median: $10,600

Berkley/Jove………………………………………………………………………………78
Average advance (first book): $8100  Median: $7000
Average advance (subsequent books): $12,200  Median: $8000
Advance range: $4000 – $40,000
Standard print royalty: 6% – 8% Electronic: 15% (cover) – 25% (net)
Average earn-out: $15,700  Median: $10,000  Range: $5000 – $50,000

Berkley (novellas) ………………………………………………………………………………4
Average advance: $6900  Median: $6300
Standard print royalty: 2-3.75%
Average earn-out: n/a

Breathless Press …………………………………………………………………………………8
Average advance: none
Standard electronic royalty: 40%
Average earn-out: $200  Median: $150

Cerridwen/Blush (EC)……………………………………………………………………………9
Average advance: none
Standard print royalty: 7.5% Electronic 37.5% onsite 37.5% (net) elsewhere
Average earn-out: $400  Median: $100

Dutton/Signet/NAL……………………………………………………………………………..35
Average advance (first book): $9400  Median: $10,000
Average advance (subsequent books): $21,000  Median: $12,500
Advance range: $6000 – $85,000
Standard print royalty: 7.5 – 8%
Average earn-out: n/a

Ellora’s Cave……………………………………………………………………………………..138
Average advance: none
Standard print royalty: 7.5% Electronic 40% onsite 40% (net) elsewhere
Average earn-out: $3100  Median: $2300  Range: $250 – $14,000

Ellora’s Cave (anthologies/novellas) ………………………………………………….38
Average advance: none
Standard electronic royalty: varies by number of authors
Average earn-out: $2250  Median: $2100  Range: $430 – $7100

Entangled…………………………………………………………………………………11……….11
Average advance: none
Standard print royalty: 9% Electronic 40% onsite 40% (net) elsewhere
Average earn-out: $89,000  Median: $32,600  Range: $500 – $500,000

Five Star/Thorndike (hardcover) ………………………………………………………….8
Average advance: $1150  Median: $1000
Advance range: $750 – $2000
Standard print royalty: 10%
Average earn-out: $1850  Median: $850  Range: $750 – $4000

Grand Central Publishing (Warner/Hachette) ……………………………………….61
Average advance (first book): $7000  Median: $6000
Average advance (subsequent books): $16,500  Median: $10,000
Advance range: $5000 – $75,000
Standard print royalty: 8%
Average earn-out: $38,500  Median: $31,500  Range: $8300 – $100,000

Harlequin American…………………………………………………………………………..23
Average advance (first book): $4400  Median: $4500
Average advance (subsequent books): $5000  Median: $5000
Advance range: $4000 – $8500
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out: $7100  Median: $7600 Range: $4500 – $10,100

Harlequin Blaze………………………………………………………………………………..31
Average advance (first book): $4350  Median: $4000
Average advance (subsequent books): $5500  Median: $5300
Advance range: $4000 – $10,500
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out: $12,500  Median: $12,300  Range: $10,500 – $15,000

Harlequin Desire ……………………………………………………………………………..42
Average advance (first book): $4400  Median: $4000
Average advance (subsequent books): $5600  Median: $5000
Advance range: $4000 – $8,000
Standard print royalty: 6%  Electronic 6%
Average earn-out: $17,200  Median: $17,000  Range: $11,000 – $26,000

Harlequin Historical …………………………………………………………………………33
Average advance (first book): $3400  Median: $2500
Average advance (subsequent books): $5400  Median: $5500
Advance range: $2500 – $8,000
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out: $9100  Median: $8650  Range: $6700 – $13,000

Harlequin Intrigue……………………………………………………………………………..23
Average advance (first book): $3900  Median: $4000
Average advance (subsequent books): $4700  Median: $4500
Advance range: $3500 – $7000
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out: $12,000  Median: $12,000  Range: $8,000 – $17,500

Harlequin Mills & Boon (Incl. Medical) ……………………………………………….24
Average advance (first book): $3600  Median: $4000
Average advance (subsequent books): $3900  Median: $4000
Advance range: $2000 – $5000
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6% (20%net)
Average earn-out: n/a

Harlequin Nocturne……………………………………………………………………………..10
Average advance: $6300  Median: $62500
Advance range: $6000 – $8000
Standard print royalty: 6%  Electronic 20% (net)
Average earn-out: n/a

Harlequin Nocturne (Bites)…………………………………………………………………..5
Average advance: $1000  Median: $1000
Standard print royalty: 6%  Electronic 20%
Average earn-out: $1000  Median: $1000

Harlequin Romance……………………………………………………………………………..16
Average advance (first book): $2400  Median: $2400
Average advance (subsequent books): $3200  Median: $2400
Advance range: $2400 – $7000
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out:  $10,100  Median: $10,000  Range: $7400 – $12,800

Harlequin Romantic Suspense ……………………………………………………………..13
Average advance (first book): n/a
Average advance (subsequent books): $5600  Median: $5500
Advance range: $4000 – $7500
Standard print royalty: 6%  Electronic 6%
Average earn-out: $11,000  Median: $11,000 Range: $9500 – $13,500

Harlequin Special Edition ……………………………………………………………………29
Average advance (first book): $4100  Median: $4000
Average advance (subsequent books): $7300  Median: $8000
Advance range: $4000 – $13,000
Standard print royalty: 6%  Electronic 6%
Average earn-out: $17,500  Median: $17,000  Range: $12,000 – $23,000

Harlequin Superromance……………………………………………………………………..73
Average advance (first book): $5000  Median: $5000
Average advance (subsequent books): $5500  Median: $5500
Advance range: $4000 – $7000
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out: $15,000  Median: $15,000  Range: $8,000 – $28,000

HQN………………………………………………………………………………………14
Average advance: $18,000  Median: $19,000
Advance range: $8500 – $55,000
Standard print royalty: 8%  Electronic: 25% (net)
Average earn-out: n/a

Harper Teen………………………………………………………………………………………..8
Average advance: $51,000  Median: $40,000
Advance range: $20,000 – $80,000
Standard print royalty: 6% trade 10% hc Electronic: 25% (net)
Average earn-out: n/a

Kensington/Zebra………………………………………………………………………149
Average advance (first book): $3500  Median: $3000
Average advance (subsequent books): $7100  Median: $3700
Advance range: $1750 – $60,000
Standard print royalty: 6 – 8%  Electronic: 25% (net)
Average earn-out: $6200  Median: $3800  Range: $2500 – $17,800

Kensington (novellas) ……………………………………………………………………………29
Average advance:  $2750  Median: $1500
Advance range: $750 – $9000
Standard print royalty: 2 – 3.75%
Average earn-out:  n/a

Liquid Silver………………………………………………………………………………………14
Average advance: none
Standard electronic royalty: 40%
Average earn-out: $900  Median: $230  Range: $70 – $3400

Loose Id…………………………………………………………………………………………..25
Average advance: none
Standard print royalty: 7%  Electronic: 35%
Average earn-out: $2200  Median: $1450  Range: $200 – $9000

Love Inspired ………………………………………………………………………………………….71
Average advance (first book): $4200  Median: $4000
Average advance (subsequent books): $5750  Median: $5500
Advance range: $3500 – $9500
Standard print royalty: 6%  Electronic: 6%
Average earn-out: $11,400  Median: $10,900  Range: $6500 – $18,000

Medallion Press………………………………………………………………………………………..6
Average advance: $1200  Median: $1000
Advance range: $1000 – $2000
Standard print royalty: 10%
Average earn-out: n/a

MIRA………………………………………………………………………………………8
Average advance: $80,000  Median: $17,500
Advance range: $15,000 – $450,000
Standard print royalty: 8%  Electronic: 8%
Average earn-out: n/a

Pocket……………………………………………………………………………………..30
Average advance (first book): $10,400  Median: $5000
Average advance (subsequent books):  $16,700  Median: $12,500
Advance range: $5000 – $50,000
Standard print royalty: 8 – 10%  Electronic: 25% (net)
Average earn-out: n/a

Random House/Delacorte (YA)…………………………………………………………………….7
Average advance (first book): $28,000  Median: $18,000
Average advance (subsequent books):  $90,000  Median: $92,500
Advance range: $15,000 – $125,000
Standard print royalty: 6 – 10%
Average earn-out: $110,000  Median:  $128,000

Red Sage (novellas) …………………………………………………………………………………11
Average advance:  $550  Median: $750
Advance range:  $50 – $1000
Standard print royalty: 1.5 – 6% (varies by # of authors)
Average earn-out: $2300  Median: $2250  Range: $1000 – $3600

St. Martin’s Press…………………………………………………………………………………….35
Average advance (first book): $18,000  Median: $7500
Average advance (subsequent books): $37,000  Median: $18,000
Advance range: $4500 – $200,000
Standard print royalty: 7.5-10% Electronic: 25% (net)
Average earn-out:  n/a

Samhain………………………………………………………………………………….28
Average advance: $60  Median: $100
Advance range: $0 – $100
Standard print royalty: 8 – 10%  Electronic: 40% onsite 30% elsewhere
Average earn-out: $3500  Median: $1750  Range: $300 – $15,000

Simon & Schuster Pulse/McElderry/UK (YA)……………………………………………..7
Average advance: $17,000  Median: $22,000
Advance range: $10,000 – $25,000
Standard print royalty: 6%mm 7% t 10%hc
Average earn-out: n/a

Siren Bookstrand………………………………………………………………………………26
Average advance: none
Standard print royalty: 6%  Electronic: 40% onsite 50%(net) elsewhere
Average earn-out: $5500  Median: $1700  Range: $100 – $24,000

Sourcebooks………………………………………………………………………………43
Average advance (first book): $2000  Median: $1600
Average advance (subsequent books): $4200  Median: $1700
Advance range: $1000 – $17,500
Standard print royalty: 6-8%  Electronic: 8-25% (net)
Average earn-out: n/a

Tor/Forge…………………………………………………………………………………22
Average advance (first book): $11,000  Median: $10,000
Average advance (subsequent books): $14,000  Median: $14,000
Advance range: $7500 – $20,000
Standard print royalty: 8%
Average earn-out: n/a

Wild Rose Press………………………………………………………………………………………21
Average advance: none
Standard print royalty: 7%  Electronic: 35% onsite 35% (net) elsewhere
Average earn-out: $3500  Median: $230  Range: $50 – 65,000

© 2001 – 2013 by Brenda Hiatt  (last update: 7/13)

vendredi 7 novembre 2014

[Archive 20 février 2014] Nouveau rapport sur 54 000 ebooks sur Amazon.com

Hugh Howey et son informaticien anonyme, Data Guy, révèlent à présent sur le site authorearnings.com, un rapport qui concerne les 54 000 ebooks les mieux vendus sur Amazon.com, tous genres confondus. De quoi commencer à répondre aux critiques sur l'aspect trop partiel de la première étude (7000 titres). Les tendances se confirment, avec de bien meilleurs revenus pour les auteurs indépendants, et un nombre de ventes qui fait des auteurs indépendants sur amazon.com le premier éditeur d'ebooks américain, si ce n'est mondial.


Pour les auteurs français, bien qu'il s'agisse d'une étude exclusivement américaine, les graphiques les plus intéressants sont à mon sens ceux des auteurs de fiction littéraire (étude portant sur 900 ebooks): ce sont les genres les mieux vus en France, ceux qui donnent souvent lieu aux prix Goncourt, par exemple. On s'aperçoit que les auteurs littéraires, même aux Etats-Unis, sont formidablement "captés" par l'édition traditionnelle, même si en ce qui concerne les revenus ebooks, ils gagnent moins que s'ils s'étaient autoédités.

D'après Hugh Howey et Data Guy, les auteurs indépendants gagnent en effet 5,6 fois plus sur les ventes d'ebooks par rapport aux auteurs traditionellement édités. Ces derniers ont donc intérêt à se rattraper fortement sur les ventes de livres papier.

On comprend mieux, en tout cas, pourquoi dans un pays comme la France, qui donne autant la prééminence aux auteurs de littérature blanche (en dehors, donc, du polar, de la SF, de la Fantasy ou de la littérature sentimentale et érotique), les grands éditeurs ont encore le vent en poupe, et les ventes d'ebooks ne représentent officiellement que 4% des ventes totales.

Je parle bien de prééminence sur un plan dogmatique, liée à la culture et à l'éducation. Je serais curieux de connaître les chiffres réels en France, avec le nombre de ventes en genres littéraires comparés avec les ventes de littérature dite "blanche". Aux Etats-Unis, dans cette étude sur Amazon.com, sur 50000 ebooks les auteurs de fiction littéraire ne représentent que 5% du nombre de ventes quotidiennes, et 6% du revenu total des ventes. 

[EDIT 07/11/2014] Tous les rapports author earnings