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samedi 8 août 2026

La Boutique Alan Spade

C'est une demande récurrente de lecteurs rencontrés en séances de dédicaces : est-il possible de vous acheter vos livres directement sur votre site? Si j'étais totalement cynique, je dirais qu'il faut y voir seulement les bonnes intentions dont l'enfer est pavé. Mais j'ai déjà eu des lecteurs qui sortaient le portefeuille devant moi, et qui voulaient vraiment m'acheter un ou plusieurs livres en centre commercial. Beaucoup savent les galères que l'on peut vivre en étant indépendant, et veulent authentiquement aider. Bien sûr, je leur explique que ce n'est pas possible, qu'il faut rémunérer le centre commercial, que tout le monde s'y retrouve. Mais la chance, et Chat GPT, ont voulu que d'un seul coup, il me soit devenu possible de vendre facilement des ebooks sur une boutique en ligne en conservant 95% du prix hors-taxe. Avec même la possibilité d'exporter les boutons d'achat sur mon site d'auteur, Alan Spade. Pour l'instant, je ne vends que les ebooks mais il est possible que je passe aussi aux livres papier si suffisamment de personnes sont intéressées.

Vous trouverez ma boutique en ligne en suivant ce lien. Comme je le disais, on peut aussi acheter mes ebooks en me permettant de conserver 95% de ma marge hors taxe sur mon site d'auteur en français, et en anglais. Toutes les couvertures de livres sur la colonne de droite de ce blog ont désormais leur lien sur ma boutique en ligne.

Celle-ci se divise en dix sections. La principale et la plus exhaustive, All Products, est aussi la plus bordélique. Je conseille de naviguer plutôt en empruntant les différentes sections que sont Science-Fiction, Thriller, Fantasy, Essai, Autobiographie, et Ebooks bilingues / Bilingual ebooks. Il existe également trois sections pour celles et ceux qui préfèrent lire en anglais, Fantasy (English), Thriller (English), et Science-Fiction (English). Dans chacune des principales catégories, Fantasy, Thriller et Science-Fiction, vous trouverez un ebook gratuit à télécharger. 

Faisons maintenant un peu d'histoire (avec un petit h, pour le coup). En 2008, à la suite de brainstormings intenses avec d'autres auteurs indépendants, nous avons donné naissance au concept Babelpocket. L'objectif? Permettre aux auteurs de devenir totalement indépendants, aussi bien des éditeurs que des libraires, grâce à la vente sur Internet. 

Le site Sci-fi Universe en avait parlé, à l'époque. 

L'objectif correspondait à un idéal, bien sûr. Mais à l'instar de Lucinda, le personnage principal de Memoria, roman de SF que je devais écrire nettement plus tard, je m'efforce de me donner les moyens de réaliser mes idéaux tout en surmontant les épreuves. Et en fouinant sur le net, j'ai fini par dénicher le site Payloadz, qui permettait, avec les adresses email Paypal des auteurs, de déclencher les téléchargements d'ebooks tout en rémunérant directement les auteurs. 

C'était juste avant la révolution du Kindle en 2009. Nous étions donc précurseurs. 

Je me suis du coup improvisé webmaster, avec un résultat bien sûr très amateur. Avec ce système de Payloadz, je n'avais aucune idée des ventes des auteurs, l'argent rentrant directement sur le compte Paypal de ces derniers, sans que je ne touche aucune marge. Du bénévolat pur et dur, sans même la récompense de savoir si cela fonctionnait pour les autres. 

Cependant, comme on s'en aperçoit en lisant la charte Babelpocket, j'avais conscience de devoir, en cas de succès, être rapidement débordé par la tâche, et, afin de me décharger du boulot, j'invitais d'autres auteurs à jouer ce même rôle de webmaster. Une telle chose n'est jamais arrivée. Peut-être parce que je n'ai pas assez appris aux autres comment faire, je me suis retrouvé seul à la barre. 

A l'époque, la mise au point de ce site m'a pris deux mois de travail intensif et répétitif au possible. J'avais le feu sacré, tout en connaissant une limitation importante de Payloadz : si nous dépassions un certain seuil de vente, il faudrait passer à l'abonnement sur le site, ce qui n'arrangeait personne et limitait nos perspectives. Payloadz, pour moi, n'était pas une solution d'avenir.

Malheureusement, les ventes n'ont pas suivi, d'après les retours des autres auteurs et mes propres constatations. Comme on dit dans le Sud, je me suis "empégué le mur" -- fracassé sur le mur de la réalité. Les auteurs ont peu à peu vogué vers d'autres rivages, et le site n'est plus fonctionnel.

Revenons au présent. En procrastinant, je tombe sur le site Sellfy, qui permet aussi de transférer des fichiers numériques de type ebooks, et de les vendre. Je m'aperçois que le site a le même type de système d'abonnement que Payloadz, mais à tout hasard, je pose à Chat GPT la question des opinions des gens au sujet de cette plate-forme. 

Et là, le miracle. Chat GPT me sort une réponse plus longue que prévue, en me listant plusieurs sites ayant les mêmes fonctionnalités, comme Shopify, Gumroad, Woocommerce, et Payhip. Entre tous, il me recommande Payhip. 

Je découvre que le business system de Payhip est idéal: la formule gratuite permet d'emblée de bénéficier de toute la puissance de la plate-forme, et ce, de manière pérenne, c'est à dire sans limite de temps. En gardant, donc, 95% du prix hors taxe de l'ebook, ce qui est carrément le meilleur deal du marché. Bien mieux qu'Amazon, Apple, Kobo/la Fnac, etc.

Le site est conçu de manière admirable, et permet une prise en main hyper rapide. J'avais mis deux mois à mettre en place la plate-forme Babelpocket de manière un peu complète. J'ai mis trois jours à créer la boutique Alan Spade, ainsi que les boutons de vente sur mon site d'auteur. Il faut dire que pour la première fois depuis Babelpocket, j'ai retrouvé le feu sacré, cette énergie intense qui avait parcouru mes veines en 2008.

Et je pense que le résultat est sympatoche. 

J'ai demandé à Chat GPT depuis quand la plate-forme Payhip existait. Réponse, 2011. Une époque où je n'avais pas encore abandonné Babelpocket, mais où j'avais cessé de rechercher une alternative à Payloadz. J'avais d'autres projets, et Babelpocket était sur le déclin, n'ayant pas décollé. 

Et donc, oui, merci Chat GPT. Des années que j'attendais ce type de solution. C'est fou de voir comme la technologie du net a progressé en 18 ans!

Je vais voir si je me fracasse de nouveau sur ce mur de la réalité. Même si ça arrive, cela dit, je suis content d'avoir retrouvé ce niveau d'énergie pour un projet. Et très heureux d'en avoir fini avec cette boutique en trois jours!

Je terminerais en rappelant comme je le décris dans cet article et dans celui-ci, que non seulement mon compte Facebook, mais aussi mon compte Instagram, après avoir été suspendus par Méta, ont été supprimés définitivement. Et que je ne compte pas revenir sur ces réseaux, privilégiant BlueSky

La raison? Mon activisme politique anti-Trump, qui n'a pas plu à Zuckerberg ou ses sbires. Oui, l'une de mes marottes. Je suis habitué, puisque les lieutenants de Musk m'avaient déjà viré de Twitter après des critiques en série du milliardaire high-tech. Il peut m'arriver, à la marge, de ne pas avoir la langue dans ma poche.

Toujours est-il que je me retrouve sans possibilité de communiquer sur ces réseaux. Donc, si vous trouvez ma boutique d'auteur sympa, et que vous souhaitiez en faire la promo un peu partout (y compris Tiktok et autres), ne vous gênez surtout pas! 

Afin de fêter l'ouverture officielle de cette boutique, l'ebook Le Souffle d'Aoles et Eau Turquoise (tome 1 et 2 du cycle d'Ardalia, Fantasy), sont vendus respectivement à 0,99 et 1,99 € au lieu de 3,99 et 4,99 €. Même chose pour les versions anglaises de ces titres. Attention, les prix sont annoncés hors taxe sur le site. Ils paraissent moins cher que sur des sites de vente tels Amazon, mais ce n'est pas le cas. Sauf peut-être quand ils sont en promo... ;)    

mardi 14 mars 2017

Auteurs autoédités et syndicalisme

Un article très complet sur la problématique actuelle des auteurs autoédités vient d'être publié par Chris Simon sur son blog. Le titre, Est-il souhaitable de rassembler les autoédités dans un pôle unique?, constitue déjà une réponse en soi. Chris développe une thématique que j'avais à peine effleurée dans mon article Nous sommes nos propres labels, le syndicalisme des auteurs autoédités. Elle pointe aussi vers un autre article intéressant sur le sujet, celui de la romancière Lizzie Crowdagger. 

L’autoédition grâce à la technologie (numérique, POD, réseaux sociaux) est une irruption dans le système éditorial. Elle fonctionne bien en système de cellules indépendantes, en réseaux car elle est plus proche de l’ADN d’une guérilla que d’une corporation. Je ne suis pas sûre qu’elle fonctionnerait en une structure qui engloberait entièrement. De plus l’autoédition me semble plus gérable en petites unités qui communiquent, car le bénévolat à ses limites et ne peut être érigé en un système quand le temps de chacun est limité - Chris Simon

Voilà une citation importante. J'ajouterais une chose: est-il raisonnable de penser parvenir à fédérer tous les auteurs autoédités? La Fédération des auteurs indépendants d'Elen Brig Koridwen, que Chris et moi soutenons, rassemble peut-être 200 auteurs indés, alors qu'il existe aujourd'hui des milliers d'auteurs indés en France! 

Je dirais, vraiment à vue de nez, que les indés sont au bas mot 2000 à s'autopublier sur Amazon, la plate-forme la plus populaire.

Et au niveau des syndicats à proprement parler? Il faut bien sûr, comme le dit Chris dans son article, regarder du côté de l'existant. En France, le SNAC, Syndicat National des Auteurs Compositeurs, peut-il réellement prétendre avoir pour adhérents inscrits l'intégralité des auteurs et compositeurs qui touchent des droits d'auteur de manière traditionnelle? 

J'en doute.

Quand je regarde aussi du côté de l'Authors Guild aux Etats-Unis, je peux vous affirmer que ce syndicat ne comporte qu'une infime minorité d'auteurs traditionnellement publiés - sans même tenir compte, bien sûr des "indies"!

Donc, côté représentativité, il ne faut pas se leurrer, un syndicat des auteurs indépendants ne sera qu'un groupe de pression comme un autre. 

Je reconnais, bien sûr, l'utilité théorique d'un tel groupe, pour avancer notamment sur le statut des auteurs indépendants. Si un candidat élu à la Présidence de la République cherchait à demander conseil à ce sujet, il se tournerait vers l'instance la plus représentative des indés... même si elle ne devait compter que 200 auteurs.

Mais d'un autre côté, je mets aussi en garde contre les dérives possibles. On l'a vu avec l'Authors Guild aux Etats-Unis, qui a joué à fond le jeu du groupe des auteurs traditionnellement édités ayant le plus de pouvoir. On peut citer par exemple le soutien de l'Authors Guild au Mandat d'Agence dans l'affaire Amazon/Hachette (impossibilité pour Amazon d'abaisser le prix des ebooks les plus chers par des promos, afin de rendre l'ebook plus attrayant). Et, surtout, le soutien par ce même syndicat des grosses agences littéraires, lesquelles servent bien davantage les intérêts des gros éditeurs que des auteurs pourtant censés être représentés par ces agences! 

Un syndicat est un contre-pouvoir, ce qui est une bonne chance parce que c'est indispensable d'en avoir. 

Mais en étant un contre-pouvoir, le syndicat qui réussit devient aussi un lieu de pouvoir, et court le risque intrinsèque de ne représenter les intérêts, non seulement que des adhérents, mais bien plus encore, du petit groupe d'adhérents ayant le plus d'influence au sein du syndicat.

Autre risque possible, être repris en sous-main par certaines puissances financières: je ne voudrais pas d'un syndicat qui s'aligne systématiquement sur Amazon, par exemple. 

Donc, assez rapidement, le syndicat risque de ne plus représenter ni les idées du plus grand nombre d'auteurs ni même de la majorité de ses adhérents.

Je ne fais, on l'a compris, pas une panacée de l'idée de syndicat, et c'est là mon opinion strictement personnelle. C'est pourtant, je dirais, un mal nécessaire, à partir du moment où les intérêts économiques d'une catégorie d'auteurs convergent. La part de marché de ces intérêts étant bien sûr en augmentation avec l'ebook, mais surtout très mal connue du fait de son caractère officieux. Nous restons une industrie de l'ombre.

C'est un peu moins le cas aux Etats-Unis, grâce au site Author earnings.

Je pense donc qu'il devrait exister quelque chose de très basique, un syndicat des indés, tout en ayant conscience de la fragilité intrinsèque d'une telle structure, qui dépendrait de la bonne volonté de quelques-uns. Je sais, je me répète par rapport à mon article sur les labels, mais c'est un point important.

Relisez l'article de Chris Simon, et vous constaterez la précarité d'existence des structures mises en place par les indés. Je sais de quoi je parle, moi qui avais mis en place à l'époque un site appelé Babelpocket, destiné à vendre les ebooks des auteurs indépendants.

Il m'a demandé énormément d'heures de travail, qui auraient mieux été employées à écrire. Je plaide coupable!