lundi 23 février 2026

Fin de partie pour L'Essence des Sens

Il est facile, pour un auteur autoédité, de se tromper. C'est plus difficile de reconnaître son erreur, l'ego faisant souvent barrage. Donc oui, je me suis planté pour L'Essence des Sens. Le titre n'était pas assez signifiant. Je n'ai pas écouté le conseil de mes proches, peu convaincus par ce titre. Je savais que le temps des livres en autoédition est un temps long, et je voulais vraiment laisser sa chance à L'Essence des Sens. La sortie du roman a également coïncidé avec un ralentissement général des ventes de livres sur le marché, donc, j'avais mes raisons pour ne pas tenir compte du premier indice, la quasi non vente du livre en ebook (un seul en tout et pour tout). La difficulté pour cet ouvrage à trouver son public en dédicace a achevé de me convaincre. Place donc à L'Indicible Complot, un titre un peu plus explicite, mais qui conserve sa part de mystère. 

Depuis sa parution en juillet 2024, L'Essence des Sens s'est vendu à 116 exemplaires dans sa version papier. Mieux que rien, mais pas tout à fait au niveau de ce que j'attendais. Même si l'on considère que Memoria a surperformé depuis sa sortie en 2022, avec 1138 exemplaires papier vendus, ce qui fait presque 300 par an, j'étais en droit d'attendre mieux qu'une cinquantaine par an avec sa suite, L'Essence des Sens. Pour moi, la couverture n'est pas en cause dans ce semi-échec, ou en tout cas pas autant que le titre. 


 

Pour resituer le contexte, pour la première fois depuis mes débuts en tant qu'auteur, j'aborde dans ce roman une science-fiction nettement plus politique, voire satyrique. Cela situe L'Indicible Complot dans la lignée d'un autre journaliste-auteur, un certain George Orwell. 

Evidemment, la comparaison avec La Ferme des Animaux ou 1984 n'est pas entièrement valide. D'autres influences sont très fortes dans le roman, celle d'Asimov bien sûr pour le côté space opera, mais aussi celle de Philippe K. Dick pour l'aspect dystopien et cyberpunk. Néanmoins, on pourrait dire que c'est ce que j'ai écrit qui se rapproche le plus d'Orwell. Sans chercher à le copier bien sûr. 

Le roman m'est venu dans l'inspiration du moment, et n'aurait bien sûr pas existé sans la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine. Cela pour retracer le contexte. 

J'ai réécrit la quatrième de couverture, ou présentation du roman:  

Plus c’est gros, plus ça passe : pilier de bar de son état, Grendchko va bénéficier d’un coup de piston aussi phénoménal qu’inespéré numéro deux d’une multinationale. Mais sa véritable obsession est autre : rendre sa grandeur à son peuple. Il va se lancer en politique, et son ascension sera irrésistible.

Ingénieur talentueux spécialisé dans les réacteurs, Jaynak a croisé son chemin. Il se pose des questions, au sujet de l’accession récente d’un personnage aussi controversé que Grendchko au pouvoir. Jaynak a-t-il vraiment eu le choix au moment de son vote ? Les élections ne seraient-elles pas truquées ?

Déterminé à examiner toutes ses options, il va se rapprocher des Réfractaires, une société secrète organisant la résistance. Jaynak ignore que ce faisant, il vient de sceller son destin.

Quelles étapes pour L'Indicible Complot? Le roman est d'ores et déjà disponible dans sa version papier sur Amazon, en version ebook sur le même site, en version audio française sur Amazon.com pour 5,26 dollars (narration virtuelle avec une voix IA), et en version ebook sur Kobo et Apple. A l'instar de tous mes romans sur Kobo, L'Indicible Complot est téléchargeable dans la bibliothèque Kobo+. En revanche, pour des raisons d'exclusivité demandées par Amazon, on ne le retrouvera pas dans la bibliothèque Kindle. 

Le prix des ebooks ne change pas, 3,99 €. Le prix du livre papier baisse d'un euro à 18 €. 

Notez bien toutefois que pour le moment, L'Indicible Complot dans sa version papier est une exclusivité Amazon. En effet, L'Essence des Sens va continuer d'être vendu à la commande en librairie, et en dédicace, jusqu'à épuisement du stock des 184 exemplaires qu'il me reste. Contrairement aux gros éditeurs, en tant qu'auteur autoédité, je suis engagé dans une démarche de développement durable qui m'interdit de pilonner, ou de faire détruire, si vous préférez, mes ouvrages. Je vais donc continuer à présenter les exemplaires restants en séance de dédicace. 

Cela fait d'office, bien sûr, de ces livres des exemplaires à tirage limité. Ce qui va les rendre plus rares, et donc peut-être plus précieux. A vous de voir si vous voulez en commander à votre libraire, ou me rencontrer à l'occasion de l'un de mes déplacements sur l'Ile de France et l'Oise pour vous en procurer un.

Afin d'éviter toute confusion, L'Indicible Complot va bénéficier d'un nouvel ISBN au moment de sa sortie papier (hors Amazon). Le contenu reste identique à celui de L'Essence des Sens. Donc, ne vous précipitez pas en pensant avoir affaire à quelque chose de nouveau, seul l'emballage, pour ainsi dire, change. 

Mais c'est une seconde chance que je tiens vraiment à donner à cet ouvrage, lequel, à mon sens, la mérite.  

mercredi 4 février 2026

Artistes, auteurs et réseaux sociaux : visibilité ou invisibilité?

L'avènement d'Internet, puis des réseaux sociaux, semblait promettre aux artistes, parmi lesquels les auteurs, une visibilité quasi universelle, synonyme d'exposition pour nos œuvres, et bien sûr de rentrées financières importantes. Ou en tout cas suffisantes pour vivre de notre art. Et puis il y a eu la montée en puissance de Facebook, laquelle nous a confronté à la réalité. Facebook, c'est 3 milliards d'utilisateurs actifs par mois en 2024. On pourrait donc penser que la portée de nos publications y est exponentielle. En réalité, c'est allé dans l'autre sens: Facebook nous a invisibilisés. Dans mon précédent article de blog, je parlais d'un statut "viral" parce qu'il avait dépassé les 270 réactions, et qu'il devait donc avoir été vu par entre 3000 et 4000 personnes. Mais j'avais 3900 personnes qui étaient censées me suivre à l'époque où j'étais sur Facebook (mon compte y étant toujours suspendu)! Et le pire dans tout ça, c'est que si je parlais de "viralité", c'était en comparaison avec mes posts habituels, qui provoquaient dix fois moins de réactions, et touchaient de dix à cent fois moins de personnes! Alors, oui, il y a eu une forme d'insensibilisation des gens sur internet. De manque de réactivité. D'apathie. Néanmoins, on peut penser qu'une bonne part du problème actuel vient de la situation de quasi monopole de Facebook. Si Facebook était divisé en plusieurs entités qui se feraient concurrence pour offrir aux artistes la meilleure visibilité possible, il est évident que nous toucherions beaucoup plus de monde de manière organique, sans avoir à monétiser les choses. Malheureusement, l'administration Trump 2025 est celle qui ne lance aucun procès antitrust. Ce procès, dans le cas de Facebook, devrait déjà avoir eu lieu depuis un bon moment. 

Depuis août dernier et le décès de ma belle-mère, je me suis mis à utiliser beaucoup plus le site Leboncoin pour revendre la montagne de bricoles que celle-ci nous a légué. Avec, à la clé, un gain de près de 1400 €. 

J'ai le sentiment, depuis que je suis quelque peu monté en puissance sur ce site, de toucher bien plus de monde avec mes annonces que je ne touchais de monde sur Facebook. Ce qui signifie bien sûr une chose : il n'est pas nécessaire d'avoir un réseau connecté à plusieurs milliards de personnes pour toucher du monde. Quelques millions suffisent. Plus précisément, en 2024, Leboncoin a touché 28 millions d'utilisateurs uniques par mois. 

J'adore Leboncoin, parce que c'est de l'organique qui fonctionne. Les fonctions payantes ne se font pas, à ma connaissance, et jusqu'à nouvel ordre, au détriment de l'organique. Ce qui n'est bien sûr pas le cas de Facebook. 

Alors non, je n'utilise pas Leboncoin pour vendre mes livres, puisqu'il s'agit de seconde main, et que les livres que je vends en temps normal sont neufs. On peut trouver certains de mes romans sur Leboncoin, mais ce n'est pas moi qui les vend. Et je ne suis pas vendeur pro sur Leboncoin. Uniquement particulier.

Comme Facebook, Leboncoin fait de la vérification d'identité. Mais comme j'y utilise mon nom d'état civil et non mon nom de plume, je n'ai pas été expulsé du site. 

Réfléchissez, d'ailleurs, à l'absurdité de la suspension de mon compte sur le réseau social de Zuckerberg: toutes proportions gardées, c'est comme si Johnny Halliday avait, de son vivant, eu son compte Facebook suspendu parce qu'il employait un nom d'artiste. Alors qu'à ses débuts, Facebook était le concurrent de sites comme Myspace!

Cela dit, Johnny Halliday était rarement un artiste engagé, contrairement à votre serviteur. 

Lui ne dénonçait pas, en tout cas, les big techs en situation de monopole, et qui invisibilisent les gens qui ont le plus besoin de visibilité pour vivre, à savoir les artistes et auteurs. 

Car plus le nom d'Alan Spade, et son association en tant qu'auteur de Fantasy, de Thrillers et de SF se répand, plus il y a de chances que quelqu'un fasse une recherche sur ce nom sur Amazon, et y déniche mes livres en version papier, ebook ou audio. Ou sur Kobo, ou Apple, pour les ebooks. 

Et vous savez quoi?  Ce que j'ai dit au sujet de Facebook s'applique dans une large mesure à Amazon également. Si Amazon était scindé en plusieurs se faisant concurrence, il y aurait plus de chances que l'un d'eux rende les recherches organiques (et non monnayées) sur le site plus payantes, ce qui bénéficierait bien sûr aux auteurs.

Cette administration Trump ne permettra pas cela, car elle a été élue grâce aux Big Techs. C'est pourquoi le changement d'administration pour un gouvernement démocrate peut avoir un véritable impact pour nous autres auteurs. A condition bien sûr que la prochaine administration lance ces fameux procès antitrusts, qui permettront un renforcement de la classe moyenne et non plus des milliardaires.